Salut à tous !

Tout d'abord, je tiens à m'excuser de mon absence de publication depuis plus d'un mois. En effet, j'ai été assez malade sur la quasi totalité du mois de Janvier et Février, du coup, je n'ai pas eu le courage de corriger les chapitres en attente.

J'espère que vous êtes en tout cas ravis de lire la suite.

Je vous laisse donc le soin de la découvrir !

Bon samedi et... Enjoy :)


Le mardi suivant, Dorea fixait la table des professeurs dont la chaise d'Albus Dumbledore se trouvait vide depuis le week-end précédent. Seule elle, Harry, Ron et Hermione l'avaient remarqué. Où était-il ? Que faisait-il ?

Hermione était persuadée que c'était en rapport avec l'Ordre, mais Dorea en doutait. La plupart des professeurs faisaient partie de l'Ordre du Phénix et ils n'avaient plus une Ombrage dans les pattes pour ne pas pouvoir discuter librement de ce qu'il se passait à l'extérieur.

Les jours défilaient et la chaise de Dumbledore restait inlassablement inoccupé. Elle avait dû le voir deux fois en tout et pour tout. Ainsi la jeune femme porta son attention sur une tout autre personne : Drago Malefoy. Et ce, à son plus grand détriment. Mais elle ne pouvait s'en empêcher.

Dès qu'elle l'apercevait, il était soit accompagné d'Astoria Greengrass, systématiquement pendue à son bras ou bien de Crabbe et Goyle qui faisaient souvent grises mines.

Dorea partageait son temps libre entre ses amis et Harry, Ron et Hermione et était bien plus heureuse d'avoir retrouvé son équilibre. Néanmoins, elle ignorait invariablement Aidan Vaisey, bien que la colère qu'elle avait ressentie, à l'égard du jeune homme, s'était vite dissipée. Elle était consciente qu'elle avait été excessive dans son comportement, mais tout ce qui rapportait à Malefoy la mettait dans un tel état de nerf…

- Tu devrais retenter une approche, lui avait suggéré Daphné un soir à la fin Septembre.

- C'est vrai, ça fait quinze jours que tu ne lui adresses plus la parole. Ça devient un peu ridicule, remarqua Blaise.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit pour t'énerver autant ? questionna Théo pour la énième fois.

- Rien.

- Et bah alors ?! s'exclama Daphné d'un ton excédé.

- Je ne sais pas comment rattraper les choses, voilà tout.

- Tu trouveras bien, la rassura Théo.

Heureusement, il y avait son inconnu, qui chaque soir, se faisait pour mission de la divertir. Et ça marchait plutôt bien.

Leurs discussions étaient redevenues très vite platoniques bien que Dorea se demandait si elle en était parfaitement satisfaite ou bien si elle souhaitait réellement s'engager dans un chemin tout à fait inconnu pour elle. Cette perspective l'excitait, mais aussitôt, ses expériences passées la ramenaient à la réalité et la peur l'engourdissait. L'admirateur tentait, tant bien que mal, à engager la conversation vers quelque chose de plus intime, mais Dorea ne pouvait sauter le pas. Chaque soir, c'était donc la même rengaine et la jeune Artwood refermait son carnet, encore plus frustrée.

Le vendredi soir, alors qu'elle était installée dans un coin de la salle commune, lisant posément la missive de sa tante avec qui elle échangeait régulièrement, une ombre la surplomba, lui dissimulant la lumière vivotante de la petite bougie posée sur la table circulaire. Lorsqu'elle releva la tête, ce fut donc avec lassitude qu'elle s'aperçut qu'il s'agissait de Drago Malefoy. Elle ne put s'empêcher de remarquer que le jeune homme arborait une tenue quelque peu débraillée et sa chevelure habituellement minutieusement coiffée était parfaitement en bataille. Et vu l'expression béate d'Astoria Greengrass qui se trouvait non loin d'eux, il ne fallait pas être Merlin pour deviner ce à quoi le couple s'était adonné durant l'heure passée.

Dorea lâcha un soupir las, repliant le papier pour le ranger dans l'enveloppe. Le sourire narquois du blond l'agaçait déjà avant même qu'il n'ait ouvert la bouche.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle dans la hâte d'en finir au plus vite avec cette joute verbale sur le point d'exploser.

Il s'esclaffa et son sourire en coin s'agrandit. Il l'observa de toute sa hauteur, l'air condescendant et introduisit ses mains dans les poches. La jeune Artwood, et à son plus grand dépit, nota qu'il était toujours aussi séduisant. Autant dans son attitude que physiquement.

Il lui paraissait donc clair qu'elle était réellement masochiste.

- Je me demandais Artwood, qu'est-ce qui n'as pas marché avec ce vaseux de Vaisey ?

- Je crois dire que ça ne te regarde pas.

- Quoi ? Il ne t'a pas fait grimper aux rideaux ? dit-il avec un ton moqueur. Remarque, pour une fille aussi frigide que toi, ça ne doit pas être facile d'atteindre le septième ciel.

- Tout comme un éjaculeur précoce de ta trempe ? rétorqua sèchement Dorea en se relevant de sa chaise.

Drago la fixa un instant, puis se recula d'un pas.

- Tu te donnes de grands airs avec tes belles robes et tes beaux tailleurs de lady-sainte-nitouche, mais on sait tous les deux qui tu es réellement.

- Tout comme on sait tous les deux que tu es un connard condescendant doublé d'un froussard qui se cache dans les jupes de son père mangemort, déblatéra-t-elle avec mépris. Sur ce, je vais me coucher.

Le sourire narquois du blond fana aussitôt. Il serra la mâchoire autant que ses poings, ses orbes métalliques lançant des éclairs de fureur à l'adresse de la jeune femme.

- Tu n'es qu'une foutue Artwood, siffla-t-il entre ses dents.

- Laisse-moi en paix Malefoy, murmura-t-elle.

À cet instant, Aidan Vaisey, Terence Higgs et Colin Warrington firent leur entrée dans la salle commune. Aidan, depuis maintenant quelques jours, ignorait Dorea tout autant qu'elle le faisait avec lui. Il avait certainement dû se fatiguer de son indifférence.

Drago, qui avait jeté un coup d'œil par-dessus son épaule, se retourna vers elle, son sourire en coin de nouveau collé à son visage.

- Personne ne veut de toi, Artwood, cracha-t-il. C'est ce que je m'évertue à te faire comprendre depuis plusieurs mois maintenant.

Puis il fit volte-face et rejoignit la cadette Greengrass qui était avec ses amies près de la cheminée. Le blond s'installa alors près d'elle et l'embrassa de façon si sensuelle, que les jeunes filles autour se mirent à glousser.

Ne souhaitant pas assister une seule seconde de plus à cette pantalonnade, qui, elle en avait tout à fait conscience, était orchestrée uniquement pour la mettre hors d'elle, elle se dirigea vers son dortoir.

Elle fit rapidement sa toilette, revêtit son t-shirt et s'installa dans son lit, saisissant son journal. Elle l'ouvrit donc à la page où s'était arrêtée sa dernière conversation avec l'admirateur :

« Que connais-tu de la volupté Dorea ? »

« Pas-grand-chose. J'ai eu une ou deux expériences, mais très peu concluantes. »

Plusieurs secondes passèrent sans qu'aucune réponse ne vienne. Finalement, au bout d'un temps interminable où Dorea retenait quelque peu, son souffle, une écriture légèrement tremblotante s'inscrivit sur le parchemin.

« Je suis certain que tu serais très heureuse d'expérimenter certaines choses de la vie. »

« Peut-être, mais en attendant, je dois me coucher. Bonne nuit ».

La serpentard soupira, cognant la tête contre le dossier de son lit, l'image de Drago Malefoy embrassant avec passion Astoria Greengrass s'imposant dans son esprit. Elle ferma les yeux et s'imagina aussitôt à la place de la brune.

Soudainement, elle rouvrit ses prunelles, horrifiée de ce à quoi elle venait de penser.

Non, cela devait suffire. Et ce, dès maintenant.

Il n'était plus admissible qu'il ait perpétuellement une telle emprise sur elle.

« Tu devrais peut-être profiter de cette attention et explorer quelque chose de nouveau, si tu vois ce que je veux dire ».

Cette phrase la hantait et il fallait reconnaître comme Théo avait raison…

Sans plus tergiverser, elle se releva de son lit, attrapa son déshabillé de satin noir qu'elle referma d'un nœud sec et sortit en trombe du dortoir pour dévaler les escaliers.

Elle se dirigea directement vers le groupe de septième année et Aidan, prévenu par ses amis, se retourna vers elle alors qu'elle n'était plus qu'à quelques mètres, la démarche confiante et assurée.

Lorsqu'elle fut donc assez près, elle l'attrapa par la cravate et lui donna un baiser passionné.

Quelques secondes s'écoulèrent, un silence de plomb tombant dans la salle commune et sur les élèves présents. Puis enfin et au plus grand soulagement de la jeune femme, Aidan y répondit, la saisissant machinalement par la taille.

La plupart de leurs camarades et surtout de sixième et septième année sifflèrent et applaudir autour d'eux, tandis que Dorea insérait sa langue dans la bouche du jeune homme, rendant le mouvement tendancieux.

Lorsqu'enfin, à bout de souffle elle se recula, elle vit Aidan rouvrir les yeux, lui démontrant qu'il avait plus qu'apprécié le geste.

- À demain Aidan, murmura-t-elle dans un soupir des plus lascif.

Puis elle fit volte-face et distingua brièvement la mine ébahie de ses trois meilleurs amis et celle bien moins réjouie d'un certain blond. Ce fut donc avec un sentiment de pleine victoire qu'elle remonta dans sa chambre.

0o0

Le lendemain, c'est sans surprise que Dorea pénétra la Grande Salle sous le regard curieux et les chuchotements persistants des élèves.

Comme de si rien n'était, elle prit place entre Blaise et Théo, et attrapa la carafe de jus de citrouille dont elle servit son verre. Notant effectivement que les trois verts et argents avaient suspendu leur discussion à son arrivée, elle lança d'un ton détaché :

- Allez-y, dites ce que vous avez à dire.

Et ce fut brusquement un flot de remarques, d'admirations et de questions qui l'englobèrent.

- Mais enfin, qu'est-ce qu'il t'a pris ?! s'exclama Daphné.

- Dorea tu te révèles enfin, sourit Blaise contenant une pensée graveleuse.

- Par Salazar, ça m'a même donné même chaud, fit Théo.

- Dott', pourquoi as-tu fait ça ? questionna de nouveau Daphné plus calmement.

- J'ai réalisé qu'après tout, je n'avais qu'une jeunesse et je ne sais pas pour dans combien de temps j'en ai. Alors j'ai appliqué vos conseils.

Blaise applaudit silencieusement, Théo exécuta une révérence exagérée et Daphné se mit à sourire d'un air tendre.

- En-tout-cas, nous sommes très contents que tu sois passé à autre chose, dit-elle.

La jeune Artwood interrompit son geste, alors qu'elle beurrait une tartine tandis que ses amis retournaient quant à eux à leur plat. Ses pensées se dirigèrent aussitôt vers un jeune blond, qui heureusement ne se trouvait pas dans les parages ce matin-là.

Elle tourna la tête vers le bout de table et vit Aidan, entouré de ses propres amis, lui jeter de temps à autre un regard significatif.

Cependant, c'est à cet instant qu'elle sentit une boule se former en son creux évaporant la culpabilité qu'éprouvait son subconscient depuis la veille au soir. Elle avait cette étrange sensation de tromper… De se tromper elle-même, son monde, et bien plus grave encore, de tromper la personne dont elle était toujours amoureuse.

Un sentiment de mal-être s'insinua ainsi en elle.

Mais qu'avait-elle fait ? Était-elle en train de creuser un peu plus le fossé qui la séparait avec le jeune Malefoy ?

Puis soudainement, elle secoua la tête, tâchant de remettre de l'ordre dans ses pensées.

Non, en fait, elle faisait le bon choix. C'était lui qui avait commencé et donc, à présent, c'était ainsi. Ses sentiments, avec le temps, se tariraient. En attendant, elle était bien décidée à appliquer sa nouvelle résolution : oublier ce blond de malheur. Et Aidan l'aidera à le faire. Il était gentil, beau, brillant. C'était le parfait garçon pour oublier une enflure telle que Drago Malefoy.

Lorsque Blaise annonça qu'il était temps de se rendre sur le terrain de Quidditch en apercevant Colin et Aidan quitter la Grande Salle, Dorea talonna son ami, accompagné de Daphné et de Théo.

Elle jeta un coup d'œil à la table des gryffondors et repéra son frère qui la salua, un sourire gêné accolé sur son fin visage.

Dorea déboucha sur le Hall d'Entrée et avant qu'elle ne sorte rejoindre le parc, un bras puissant le happa.

Une bouche, puis une langue caressa la sienne et c'est sans plus réfléchir, qu'elle répondit aussitôt au baiser. Elle s'accrocha ainsi à la nuque du septième année pour approfondir la caresse, tâchant de retrouver les sensations qu'elle avait éprouvées avec le jeune Malefoy.

Non, il ne fallait pas qu'elle compare. C'était irrémédiablement différent.

Le baiser était doux, vaporeux, léger…

Aidan et elle se détachèrent pour ne rester qu'à quelques millimètres l'un de l'autre, leur nez s'effleurant.

- J'ai pensé à toi toute la nuit, souffla-t-il

- Tu veux dire que tu as passé une nuit blanche ? sourit moqueusement Dorea.

Le jeune Vaisey sourit à son tour, encrant son regard noisette dans ses billes émeraude.

- Pourquoi ? demanda-t-il dans un chuchotement.

- Je me suis rendu compte que je pouvais, peut-être, passer à côté de quelque chose de… sympa.

- Quelque chose de sympa ? répéta-t-il en haussant un sourcil.

- Si ça te tente. Sinon, je trouverai quelqu'un d'autre qui veut bien passer du bon temps avec moi ? dit Dorea sur un ton légèrement provoquant.

- N'y pense même pas, souffla Aidan. Allez, viens, fit-il en se reculant. Si on est en retard, on va avoir droit à un sermon du capitaine, ajouta-t-il en saisissant sa main.

Ils partirent en direction du parc et arrivèrent ensemble dans le vestiaire, changèrent de robe rapidement puis rejoignirent le reste de l'équipe réunit sur le terrain.

- Malefoy était dans les vestiaires ? demanda Warrington.

- Pas que je sache, répondit Aidan.

- Bien alors commençons, dit le capitaine. Aujourd'hui, j'aimerais que l'on mette en place une nouvelle tactique pour le premier match de la saison. Une fois n'est pas coutume, nous allons affronter les Gryffondors. Mais d'abord faites trois tours de terrain pour vous échauffer.

Dorea et les autres serpentard de l'équipe posèrent leur balai sur le coin droit du terrain et commencèrent leur course. Vingt minutes plus tard, ils se retrouvèrent tous en l'air pour jouer un match d'entraînement.

La jeune Lady nota que Colin ne cessait de lancer successivement des coups d'œil à sa montre et à la porte des vestiaires menants à ceux de la maison Serpentard.

Elle réalisa alors que Malefoy avait volontairement séché l'entraînement. Ce qui était étonnant pour le blond, lui qui ne cessait de vouloir écraser une bonne fois pour toutes, Harry, au Quidditch. Et c'était déjà la deuxième fois consécutive.

Dorea zigzaguait entre les joueurs et lança le souaffle afin de viser l'un des anneaux d'or. Mais Aidan bloqua une nouvelle fois, de peu, le tir. Il lui lança un clin d'œil complice tandis que Colin les félicitait encore.

Lorsqu'une heure plus tard ils se retrouvèrent dans les vestiaires, Colin la retint quelques instants alors qu'elle s'apprêtait à sortir en compagnie d'Aidan et Blaise.

- Qu'est-ce qu'il y a, Colin ?

- Ça fait deux fois que Drago manque à l'appel. Je pense qu'il ne jouera pas le prochain match et qu'il va déclarer forfait.

- Ça m'étonnerait Colin. Tu sais entre lui et Harry, c'est…

Mais Colin l'interrompit d'un geste de main.

- Je veux qu'à la prochaine séance, tu t'entraînes au poste d'attrapeur.

- Quoi ?! s'exclama Dorea tout à coup.

- Tu m'as bien compris. Et inutile de dire quoi que ce soit à ton frère. Il faut garder l'effet de surprise. Ça le déstabilisera lui et son équipe

- Pourquoi moi ?

- Ça me fait mal de le dire, mais Potter est excellent au poste d'attrapeur et ton père n'était-il pas le meilleur attrapeur de sa génération à Poudlard ?

- Si, mais…

- Tu as ça dans le sang Artwood, déclara le capitaine d'un ton sans équivoque.

- Mais qui me remplacera ?

- Théo a émis le souhait de jouer au Quidditch cette année, mais il n'a pas osé passer les essais. Je vais lui proposer. Il est plutôt bon sur un balai. Je peux compter sur toi Dott' ? Et sur ton silence ?

Le jeune femme eut un moment d'hésitation, n'en revenant pas de ce que Colin venait de lui annoncer puis finalement, hocha la tête.

Le septième année lui adressa un sourire reconnaissant et se dirigea à son tour vers la porte pour l'ouvrir et sortir des vestiaires.

La rousse s'affala sur un des bancs qui se trouvaient près d'elle, quelque peu sur le choc.

Si Malefoy ne pointait pas le bout de son nez au prochain entrainement, elle allait devoir jouer contre son frère. Il fallait qu'elle lui parle. Elle ne savait pourquoi il manquait les entrainements et par ailleurs, elle n'en avait rien à faire. Mais ses actes ou plutôt ses absences d'actes se répercutaient sur elle.

Elle soupira puis se redressa de l'assise et sortie à son tour du vestiaire.

Dorea, totalement plongée dans ses pensées, marcha d'abord quelques mètres avant de remarquer, tout juste devant l'entrée du terrain, Aidan et Harry discuter ensemble.

Prise d'une soudaine nervosité, elle accéléra le pas.

- Salut, fit-elle à l'adresse de son frère lorsqu'elle arriva à leur hauteur.

- Salut Dott', répondit le brun.

Il y eut un moment de silence, le malaise s'insinuant entre eux trois, puis n'y tenant plus, Dorea l'interrompit.

- Alors, vous discutiez de quoi ?

- De Quidditch, dit Harry

- Et de toi, ajouta Aidan.

- De moi ? répéta Dorea dont la fébrilité grandissait à vue d'œil.

Ce que dû remarquer Harry. Il afficha alors un sourire qui se voulait rassurant.

- Je disais simplement à Vaisey qu'il fallait qu'il prenne soin de toi, maintenant que vous vous affichez en tant que couple.

- Tu menaçais, Potter. C'est différent.

Au plus grand étonnement de Dorea, le serpentard et le gryffondor échangèrent un sourire presque complice.

- Harry ! dit Dorea sur un ton de réprimande.

- Quoi ?! Tu ne vas pas me reprocher de veiller sur toi ?

Dorea secoua la tête de dépit et lança un regard désolé au jeune Vaisey.

- Je dois y aller, j'ai un devoir à rendre pour lundi. Mais ravi d'avoir pu discuter avec toi, Potter.

Tous deux se serrèrent la main, puis Aidan se tourna vers Dorea et lui donna un rapide baisé sur la bouche. Lorsqu'il se recula, il lui souffla :

- Je serais à la bibliothèque durant l'après-midi. Si tu veux me rejoindre…

Puis il se redressa et partit en direction du château.

- Plutôt sympathique celui-là, dit Harry en suivant des yeux le vert et argent qui se dirigeait vers les serres.

Dorea haussa un sourcil et croisa les bras sur sa poitrine.

- Dois-je en conclure que j'ai ton assentiment ?

- On sait parfaitement que tu n'as besoin d'aucun assentiment pour sortir avec qui tu veux, répondit le rouge et or en reportant son attention sur elle. Mais ce sera toujours mieux que Malefoy, non ? ajouta-t-il.

Les joues de Dorea se mirent instantanément à chauffer et elle n'eut pas le temps de répondre que l'équipe des gryffonfors arrivèrent au loin.

- Et toi ? demanda-t-elle en recouvrant sa verve

- Quoi moi ?

- Hé bien… Personne en vue ?

- Salut Dorea, fit Ginny Weasley en passant derrière Harry, cheminant vers les vestiaires, accompagnée de son frère et des autres membres de l'équipe.

- Salut Ginny

C'est à cet instant qu'elle perçut le regard de son frère qui fixait la chevelure de feu de la cadette Weasley. Un mi sourire s'accrocha sur les lèvres de la serpentard. Ce qui ne manqua à pas au brun.

- Quoi ? fit-il de nouveau en haussant les épaules.

- Rien…

- C'est la sœur de Ron, soupira Harry.

- Autant dire chasse gardée, termina la rousse. Elle ne sort pas avec Dean Thomas ?

- Si, dit Harry quelque peu penaud.

- Alors laisses les choses se faire, conseilla-t-elle dans un murmure.

- Venant de toi, c'est étonnant de maturité un tel conseil, s'esclaffa Harry.

- N'est-ce pas ? sourit la jeune Lady. Bon – elle jeta un coup d'œil à sa monte - je vais aller déjeuner, enchaîna-t-elle. À plus tard, fit-elle en l'embrassant sur la joue.

- À plus tard Dott'

Dorea se retourna et emprunta le même chemin qu'avait pris quelques minutes auparavant son petit ami.

Lorsqu'elle s'installa à côté de Daphné dans la Grande Salle, Blaise et Théo étaient en train de parler tactique de Quidditch. Colin avait certainement dû déjà annoncer que le jeune Nott intégrait l'équipe et jouerait le prochain match, au vu de son regard brillant et de son expression aussi réjouie qu'un enfant de cinq ans déballant ses cadeaux un matin de Noël.

- Tu devras adopter le jeu de Dott', pour plus de facilité. N'est-ce pas Dott' ? fit Blaise.

- On travaillera dessus ensemble, Théo, assura-t-elle en se servant de petits-pois et de carottes.

- Vous pensez vraiment que Drago manquerait une occasion d'écraser Potter à un match de Quidditch ? demanda Daphné dubitative.

- Dans tous les cas, en tant que capitaine, Colin est obligé de prendre des décisions.

- Il est vraiment bizarre, ces derniers temps, remarqua pensivement Daphné.

- Qui ? Warrington ? interrogea Blaise.

- Non, Drago. Je le trouve de plus en plus fatigué. Et Astoria m'a dit qu'il était un peu distant avec elle.

- Il l'est avec tout le monde, en ce moment, soupira Théo.

Dorea préféra ne pas participer à la conversation sur Malefoy. Néanmoins, elle ne pouvait que donner raison à ses amis. Malefoy avait un comportement étrange depuis plusieurs jours. Au-delà de la fatigue, il était de plus en plus fourré avec Crabbe et Goyle et s'isolait progressivement dans un mutisme inquiétant.

0o0

Blaise et Théo finissaient leur partie d'échecs sur le lit de ce dernier, lorsque le jeune Malefoy débarqua dans le dortoir.

- Tiens, tu rentres tôt ce soir, remarqua Blaise en consultant sa montre.

Sans répondre, mais haussant un sourcil calculateur à l'adresse de son meilleur ami, il se dirigea vers sa propre couche pour se préparer à se mettre au lit.

- Échec et Mat ! s'exclama Théo en levant les poings en l'air.

- Franchement, c'est impossible de te battre, souffla Blaise dépité. S'en est presque frustrant.

- Presque seulement, éclata de rire Théo tout en rangeant les pièces et le plateau dans la boite réservée à cet effet.

Blaise se leva du lit et se tourna vers le blond qui rangeait un carnet cuirassé dans sa malle au pied de son lit.

- Au fait, Colin était furieux ce matin.

- Laisse-moi deviner : petit capitaine Warrington a menacé de me virer de l'équipe si je manquais encore une fois l'entraînement ? rétorqua Drago d'un ton narquois.

- Presque, répondit Blaise. Il veut te suspendre.

- Grand bien lui fasse ! soupira Drago de son ton éternellement nonchalant.

- Je ne te comprends pas, Drago.

- Précise ? demanda ce dernier en se délestant de sa cape de sorcier pour commencer à se déshabiller.

- Tu disparais, tu reviens à pas d'heures, tu manques les entraînements de Quidditch, tu te récoltes des retenues parce que tu ne rends pas tes devoirs…

- Je n'y peux rien si cette vieille chouette de McGonagall a une dent contre moi.

- Ta retenue est tout à fait justifiée Drago, intervint Théo.

- Toi, ta gueule. On ne t'a pas sonné, cracha le blond à l'adresse du jeune Nott.

Le serpentard roula des yeux et ferma les rideaux de son baldaquin, ne souhaitant pas rentrer en guerre ouverte avec son ami.

- Drago, reprit Blaise, on se fait juste du souci pour toi. Tout ceci ne te ressemble pas. Tu n'as même plus d'intérêt pour des devoirs de préfets.

- Pansy s'en sort très bien toute seule.

- Et Astoria, alors ?

- Quoi Astoria ?

- Elle a dit à Daphné que tu avais légèrement pris tes distances avec elle. D'habitude, quand tu as une nouvelle conquête dans le sillage, tu fais tout pour conclure. Et d'après mes infos, tu n'as même pas cherché à la dépuceler. Étrange pour le Grand Drago Malefoy, non ?

- C'est différent avec elle. Je ne veux pas la brusquer.

Blaise croisa les bras sur son torse, grignant le front tout en considérant le jeune Malefoy.

- J'y croirais un peu plus si tu ne cessais d'épier Dorea du coin de l'œil, chaque fois qu'elle se retrouve dans la même pièce que toi.

- Je m'en fiche d'elle ! répondit Drago un peu trop vivement au goût de son ami.

Un ricanement moqueur se fit entendre derrière le rideau du baldaquin de Théo.

- Tant mieux, donc tu n'auras aucun mal à apprendre qu'elle et Vaisey forme un couple charmant ? demanda Blaise, un sourire en coin.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Dott' et Aidan ont eu l'approbation de Potter, déclara fièrement Nott à travers le rideau.

- Et même que Dott' nous a dit qu'elle aimerait passer à la vitesse supérieure avec Aidan, rajouta Blaise.

- Pardon ?! se récria Drago en faisant un pas vers son meilleur ami. Mais comment ça « passer à la vitesse supérieure » ?

- Bah sous la ceinture quoi ! gloussa Théo toujours derrière le rideau. Il paraît que c'est très… Très chaud pendant leur séance de bécotage.

- Mais ça ne fait que depuis hier qu'ils sont ensemble.

- Elle nous a dits qu'elle n'aurait aucun mal à franchir le pas avec lui, conclut Blaise. Pas vrai Théo ?

- Tout à fait vrai.

Drago, qui était devenu rouge de colère contracta la mâchoire, jaugeant son ami durant quelques secondes afin de déterminer si ce dernier était réellement sérieux sur les propos qu'il venait de déclarer. Constatant que le jeune Zabini n'avait pas du tout l'air de faire de l'humour au vu de son expression impassible, il fit volte-face avant de s'introduire dans son lit et de fermer rageusement les rideaux. À cet instant, Théo jeta un œil dans le dortoir et échangea un clin d'œil complice avec Blaise.

0o0

La première sortie à Pré-au-lard fut organisée pour la mi-octobre, soit quinze jours plus tard. Le vendredi précédent, alors que Dorea sortait de son cours de métamorphose, elle fut attrapée entre deux couloirs, alors qu'elle approchait de la salle de classe du professeur Babbling, par le jeune Vaisey. Aussitôt, il l'embrassa avec une ferveur qu'elle ne lui connaissait pas.

Il se détacha d'elle, le regard lumineux.

- Tu m'as manqué, tu sais ?

- On s'est vu ce matin, s'esclaffa Dorea.

- Je pense continuellement à toi Dott', souffla Aidan.

- J'espère bien que non, ce serait assez flippant, répondit-elle sur le ton de l'ironie.

Le sourire de jeune homme s'agrandit tandis qu'il replaça une mèche derrière son oreille.

- Je me disais que demain, on pourrait profiter de cette sortie pour un premier rendez-vous ? Qu'en penses-tu ? fit-il en posant ses mains sur sa taille.

Dorea l'observa un instant et déglutit avec difficulté, quelque peu mal à l'aise de la réponse qu'elle s'apprêtait à lui donner.

- En fait, je crois que ce ne sera pas possible.

- Pourquoi ? interrogea le septième année en fronçant des sourcils.

- Parce que j'ai promis à mon frère de passer un peu de temps avec lui, dit-elle tout en grimaçant.

L'expression d'Aidan ne se fit pas attendre et passa du trouble à la déception avant même qu'elle n'ait pu dire Quidditch.

- Je suis désolé, Aidan, mais…

- Non, je comprends, fit-il en se détachant d'elle.

- Mais si tu veux, on pourra passer un peu de temps ensemble durant la fête d'anniversaire de Théo.

- Tu es consciente qu'il y aura beaucoup de monde à cette fête ? Et c'est ton meilleur ami, donc ton attention sera forcément portée sur lui.

- Eh bien, je suis certaine que l'on trouvera un moment seul ensemble, lui souffla Dorea.

Le serpentard haussa un sourcil, la contemplant d'un regard brillant et plein de promesses. Dorea s'avança vers lui et l'embrassa avec lascivité.

C'est à cet instant qu'elle vit du coin de l'œil Drago Malefoy, accompagné d'Astoria Greengrass, ainsi que de Daphné et Blaise, débarquer à l'autre bout du couloir.

La rousse ressentit soudainement un monstre rugir au plus profond d'elle-même lorsque le blond chuchota à l'oreille de la brune et que cette dernière se mit à glousser tout en les observant.

C'est donc sans plus réfléchir qu'elle glissa ses mains dans les cheveux du septième année afin d'approfondir le baiser. Le jeune homme glapit alors dans sa bouche et elle sentit ses mains, qui étaient posées sur le bas de son dos, glisser sur ses hanches et la rapprocher de lui.

Le sourire du blond s'effaça aussitôt et c'est le regard dément qu'il lâcha la main de la jeune Greengrass pour se diriger vers la salle de classe, d'un pas rageur.

0o0

Quelques minutes, plus tard, il fut rejoint par la rousse, les joues rougies d'exaltation.

Le cours débuta sans que Dorea ne perçoive la fureur qui émanait de son camarade à sa gauche. Et pourtant, ce dernier ne cessait, depuis près d'une demi-heure à présent, d'élaborer un plan pour faire payer son ancienne partenaire.

Il ne supportait pas de voir la jeune femme échanger des séances de bécotages énamourées avec un autre que… Bref, il ne le supportait pas. Jamais il n'avait partagé ses jouets favoris et ça n'allait certainement pas commencer maintenant. Il fallait que cette mascarade cesse instamment.

Il vira légèrement son regard vers la droite et observa Dorea recopier les notes, inscrites sur le tableau, sur son propre parchemin.

Il fallait qu'il trouve un plan, et ce, très rapidement. Car sa mission commençait à en pâtir.

Elle était à lui et à personne d'autre.


Ooouuuuuh, mais qu'il est possessif ce Drago ! Une idée sur ce qu'il projette de faire ?

A samedi prochain ;)