Note de moi: Coucou tout le monde Euh non je ne suis pas morte... Et non je n'abandonne pas cette fic pour ceux qui se posent éventuellement la question. C'est juste que j'ai beaucoup hésité sur ce chapitre, sur pas mal de choses, il y avait des trucs flous ( que j'ai préféré laisser tel quel mais rassurez-vous plus pour très longtemps ) et il y peu y avoir des incohérences, mais c'est fait exprès. je n'ai malheureusement pas su l'expliquer à ma bêta et pourtant, elle a bien essayé de comprendre --' Allez savoir!
Donc je vous livre ce nouveau chap' avec son feu vert donc ça ne doit pas être si nul que ça. lol
Je tiens aussi à préciser que bien entendu, le secret ne se résume pas à ce que j'ai révêlé lors du dernier chapitre, sinon la fic serait bien vite terminée et il y a tellement de choses que vous devez encore découvrir...
Je remercie tous mes lecteurs et mes reviewers, je vous embrasse tous à la prochaine et très bonne lecture!
PS: Pas de POV particulier encore une fois... Mais c'est plutôt du côté d'Harry...
Sur le Chemin de Traverse
oOoOo – oOoOo
Il était devant une porte de chambre d'hôtel miteux, qui portait le numéro 77 et se demandait vaguement pourquoi il était là.
Il pensa à Ginny qui devait s'inquiéter de ne pas le voir rentrer. Mais il était là, c'était plus fort que lui.
Comme à chaque fois, il était là.
Il savait que la personne qu'il désirait depuis des mois se trouvait derrière cette porte.
Harry posa une main légèrement tremblante sur le loquet de la porte et le tourna. A peine l'eut-il entre-ouverte, qu'une main blanche aux doigts étonnement fins l'attira à l'intérieur.
Son coeur battit plus vite. Sa gorge se fit plus sèche.
Comme à chaque fois, le brun ne voyait pas son visage. Il sentait juste ce souffle trop chaud dans son cou. Ces mains trop avides de peau qui déboutonnaient maladroitement sa chemise. Cette bouche trop brûlante sur sa clavicule...
Aller plus loin. Toujours plus loin...
Contre ce corps, il se sentait bien, il oubliait tout. Il se sentait aimé mais d'une tout autre façon que ne l'aimait sa femme. Il se sentait passionné ; dévoré par ce feu incessant. Par ce goût de l'autre. Par ce désir de vouloir plus... Toujours plus...
Acculé contre ce mur si froid, il essayait vainement de toucher à son tour, mais n'arrivait jamais à atteindre sa cible. Il était juste à la merci de cet inconnu ( car, à en juger par son souffle rauque, il ne pouvait s'agir que d'un homme ). Il était frustrement passif, alors que ses sens se réveillaient peu à peu, que cette inévitable envie de faire l'amour l'assaillait lentement mais sûrement...
Il voulait toucher... Il voulait...
Un bruit indistinct fit sortir Harry de son rêve trop vite fini ou trop tôt commencé, c'était selon. Il resta néanmoins les yeux fermés un instant, le coeur battant aussi vite que s'il venait de vivre ce leurre trop réel, pensant désespérément qu'il pourrait pour une fois le terminer.
Parce que ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre de rêves.
Non... Il en faisait depuis des années.
C'était toujours la même personne, et c'était toujours dans la même pièce. Mais jamais il n'avait réussi à terminerson fantasme. Il se réveillait toujours trop tôt, comme si quelqu'un ne voulait pas qu'il sâche...
Et puis un homme... Merlin, un homme...
« Sors de ma tête... « ne put s'empêcher de penser Harry, sans trop savoir pourquoi.
Voyant que son rêve ne revenait toujours pas, Harry ouvrit les yeux en se passant une main nerveuse sur son visage, alors que les coups se faisaient encore entendre à la porte.
L'ex-Gryffondor soupira. Il avait horreur qu'on le dérange le matin et surtout quand il se trouvait dans cette chambre-là.
Machinalement, il chercha des yeux le cadre représentant son mariage, et vit avec une certaine adoration Draco Malfoy tourner la page du livre sous le grand chêne. Contrairement aux autres photos, Harry ne l'avait jamais vu quitter son cadre. Il lisait et relisait inlassablement le même livre depuis des années, comme s'il ne voulait pas le quitter.
Les coups à la porte se firent plus bruyants et Harry en se levant, failli se prendre les pieds dans le drap. Il s'apprêta à crier en ouvrant la porte, mais fut surpris de ne voir personne.
« Bonjour, Maître. Fit une voix au dessous de lui.
- Oh... Kreattur, c'est toi ? Bonjour... lui répondit-il alors que l'elfe s'inclinait très bas.
- Il est dix heures du matin, Maître. Et la maîtresse m'a demandé de venir vous réveiller parce que vous allez sur le Chemin de Traverse, aujourd'hui.
- Elle veut y aller aujourd'hui ? marmonna Harry en resongeant tout à coup à son lit.
- Oui, Maître. Et maîtresse Ginny a bien dit que vous devez venir également. Vous avez rendez-vous avec Monsieur Longdubat et son épouse, Monsieur. «
Le brun soupira. Pour une fois qu'il avait son week-end entier, Ginny ne pouvait pas s'empêcher de faire des siennes. Résigné, il inclina légèrement la tête vers l'elfe lui signalant qu'il pouvait se retirer, puis, après un « pop « discret, Kreattur disparut.
oOoOo- oOoOo
Dans la cuisine, Albus, James et Lily déjeunaient alors que Ginny parlait avec Luna à travers la cheminée.
« ... Oui. Nous serons là vers 11 h 30. On se retrouve devant Fleury et Bott, comme d'habitude ? demanda la rouquine.
- Bien sûr ! Venus sera ravie. Attendez-nous si nous sommes en retard. J'ai prévu de montrer des Nargols aux enfants avant de venir. Heureusement que j'ai trouvé cette ravissante petite chaumière au milieu de la forêt de Sherwood grâce à laquelle nous communiquons... Quel dommage qu'il fasse aussi beau. Nous allons devoir attendre une petite averse. Mais ne t'inquiètes pas, nous serons là.« Répondit la voix de Luna.
Ginny se contenta d'aquiesser et se releva.
« Elle est toujours persuadée que ces créatures existent ? demanda Albus.
- Tu connais Luna... répliqua sa mère en soupirant.
- Oui, elle est bizarre.
- Disons qu'elle est unique.
- N'empêche qu'elle est bizarre...
- Maman ! Je peux mettre ma robe blanche avec les fleurs bleues que Mamie Molly m'a offert pour mon anniversaire ? « demanda Lily avec un sourire qu'elle voulait irrésistible.
Un « pop « résonna à côté de la cheminée et Kreattur se précipita sur James qui se versait un verre de jus d'orange pour le faire à sa place.
« Lily... Tu sais bien ce que Mamie a dit ! C'est pour les grandes occasions...
- Mais Maman ! On va acheter mes premières fournitures ! C'est pas une grande occasion, ça ?
- ... Tu sais bien que tu es très maladroite. Regarde ta chemise de nuit : depuis tout à l'heure, tu as fait trois tâches.
- Oh ! Allez ! S'il te plaît ! Je te promets de faire attention ! supplia-t-elle en essayant de cacher son méfait.
- Je ne sais pas...
- Laissez faire Miss Lily, Maîtresse Ginny. Kreattur sera ravi de nettoyer la robe de Miss. « Répliqua l'elfe en s'inclinant devant la petite rouquine.
Lily sourit largement à sa mère derrière l'elfe qui regardait sa maîtresse les yeux larmoyants.
« Kreattur espère que la robe de Miss sera très tâchée... « insista l'elfe.
Ginny capitula et accepta alors que Lily hurla sa joie en grattant Kreattur derrière les oreilles.
« Si elle met sa robe blanche, je veux mettre mon polo de Quidditch. Fit James d'un ton buté.
- James ! Ne commence pas ! répliqua sa mère.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? « demanda une voix à l'entrée de la cuisine.
Tous se tournèrent vers Harry mais personne ne prononça un mot.
« Bonjour à vous aussi. Dit-il d'une voix dure.
- Maître voudrait-il son bol de thé à la menthe avec ses quatre toasts au bacon, Monsieur ? demanda l'elfe en se précipitant vers lui.
- Oui, merci Kreattur. «
Le brun s'installa à table alors que Ginny pinçait ses lèvres et que les enfants plongeaient leur nez dans leur bol.
« Alors, qu'est-il prévu aujourd'hui ? demanda-t-il sur le ton de la conversation alors que l'elfe lui servait son assiette de toasts.
- Nous allons sur le Chemin de Traverse. Répondit Albus.
- Vous savez déjà dans quels magasins vous voulez aller ? Pas comme l'an dernier et l'année d'avant... Je n'ai pas envie d'y passer la journée, surtout à moins d'une semaine de la rentrée, vous savez très bien que le Chemin est bondé !
- Oui. On a fait la liste avec Maman hier soir. Après le Quidditch... répliqua James sur un ton acide, ce qui étonna son père qui se tourna vers lui.
- Il y a un problème ?
- Je voulais te montrer mes progrès hier soir ! Et tu es resté enfermé dans cette satanée chambre toute la soirée !
- James ! Ne parle pas comme ça à ton père ! ne put s'empêcher de dire Ginny.
- Pourquoi ne pas me les montrer ce soir dans ce cas !
- Trop tard ! Je les ai montrés à Maman ! « répliqua l'aîné en se levant d'un bond pour sortir de la cuisine d'un pas énervé.
Ginny jeta un regard furibond à Harry et sortit après son fils tandis que Lily et Albus observaient leur père.
« Quoi ?!
- Rien ! s'écrièrent-ils d'une même voix.
- Que se passe-t-il ? Ce n'est pas la première fois que je passe la soirée dans cette chambre !
- Maman était très triste ce matin quand on est arrivés dans la cuisine. Elle n'avait pas l'air d'avoir dormi beaucoup. Elle n'aime pas que tu t'enfermes là haut. « Répliqua Lily sur un ton décidé.
Albus ne répondit rien et détourna le regard de son père, mal à l'aise.
Harry le regarda sans trop le voir et reprit :
« Vous savez bien que cette pièce est très importante pour moi. Qu'elle représente beaucoup de choses...
- Tellement de choses que tu en oublies ta famille, Papa ! « lui répondit Lily.
Le Survivant sentit comme si on lui avait donné un coup de point dans l'estomac et reposa le toast qu'il venait de prendre, alors que Kreattur se précipitait vers lui pour lui demander ce qui n'allait pas.
« Non, rien Kreattur, mais je... Cest ce que votre mère pense ? «
Les deux enfants se regardèrent, navrés, alors que Kreattur s'emparait discrètement de l'assiette d'Harry pour la remplacer par une nouvelle.
« Tu devrais lui parler, Papa. C'est tout ce que j'ai à te dire. « lui conseilla Lily en se levant.
Elle prit la main d'Albus et tout les deux quittèrent à leur tour la pièce, laissant Harry seul avec ses pensées.
Il savait que Ginny n'aimait pas qu'il s'enferme dans cette pièce, mais de là à ce qu'elle en soit affectée au point d'en perdre le sommeil... Elle ne comprenait donc pas qu'il avait besoin d'y aller régulièrement ? Que cette chambre était pour lui un remède contre ses plus profondes blessures ? Qu'elle était vitale ? Qu'elle l'obcédait des fois au point qu'il en oubliait tout ?
Des pas dans le couloir le sortirent de ses réflexions, et Ginny entra à nouveau dans la cuisine, les traits tirés.
Lily avait raison : ses cernes prouvaient qu'elle n'avait pas dû fermer l'oeil, et ses yeux rougis montraient qu'elle avait même dû pleurer. Harry s'en sentit encore plus mal à l'aise.
« Comment va James ? finit-il par demander.
- Pourquoi ne vas-tu pas le voir toi-même ? « répliqua-t-elle d'un ton cassant.
L'ex-Gryffondor se leva et alla à la rencontre de sa femme. Elle était en train d'enlever les bols de la table alors que Kreattur marmonnait qu'il était inutile qu'elle se donne cette peine, lorsqu'il passa ses bras autour de sa taille fine.
Ginny avait eu trois enfants, mais cela ne se voyait pas du tout. Elle était toujours aussi mince, elle avait toujours ce même caractère trempé dont Lily avait hérité, elle avait toujours cette merveilleuse cheveulure rousse dans laquelle il aimait tant passer ses mains.
Toute fois, elle se raidit un peu lorsqu'elle sentit son mari collé à son dos.
« Pardonne-moi... « chuchota-t-il dans son cou.
Ginny ne répondit rien et essaya même de se dégager. Sans grande conviction...
« Pardonne-moi... « insista-t-il.
Elle était amoureuse...
Il le savait parfaitement.
« Je t'ai trop pardonné, Potter. Je ne te comprends pas. Je ne te comprends plus ! « lui répondit-elle en se tournant vers lui.
Harry vit avec horreur que ses yeux étaient plein de larmes.
« Je ne le referai plus...
- Tu mens, Harry ! Tu ne pourras pas t'en empêcher ! Tu sais que j'ai pensé à demander à Hermione s'il n'existait pas un sortilège pour murer définitivement cette pièce ?
- Tu ne le ferais pas ! s'écria-t-il.
- Pour sauver mon mariage, je le ferai, Harry !
- On dirait que je te trompe !
- C'est bien ce que je pense, en effet ! Ca ne serait pas la première fois, n'est-ce pas ? «
A ce moment-là, les larmes coulèrent de ses yeux, et Harry paniqua complètement. D'une main maladroite, il essuya les goûtes d'eau, mais Ginny ne semblait pas prête à le laisser faire. Alors il se pencha vers elle, et recceuillit ses lèvres avec les siennes. Elle le frappa à l'épaule mais approfondit le baiser.
Elle était amoureuse...
Il aurait tant aimé en dire autant.
« Ca ne marche pas comme ça, Harry. chuchota-t-elle contre ses lèvres.
- ... Je te promets de faire des efforts.
- Je ne te crois pas...
- Je te promets. «
Elle se serra fortement contre lui, et il se sentit apaisé. Ginny avait le don de le rassurer malgré leurs disputes, comme si, par ses gestes, elle lui disait que c'était normal, que tout ne pouvait pas être rose dans un couple, qu'il y avait des moments comme ça.
« Il faudra que l'on discute ce soir... J'espère que tu me feras l'honneur de ta présence dans notre chambre... Je vais chercher les enfants. Tu nous attends dans le Grand Salon ? «
Elle n'attendit pas sa réponse et sortit à nouveau de la pièce.
Harry se passa une main nerveuse dans les cheveux.
« Vous ne mangez pas, Monsieur ? lui demanda timidement le vieil elfe.
- Si ! Si bien sûr... « répondit-il.
Mais il n'avait plus tellement faim...
oOoOo – oOoOo
Quelques minutes plus tard, dans le Grand Salon, tout le monde s'apprêtait à partir. Lily n'arrêtait pas de tourner dans sa belle robe blanche, James boudait malgré le fait qu'il ait mis son polo de Quidditch alors qu'Albus se cachait de son père derrière Ginny et que celle-ci donnait ses dernières consignes à Kreattur.
Harry l'avait remarqué et n'aimait pas que son fils le craigne autant. Doucement, il s'approcha de lui.
« Al ? « dit-il d'une voix douce.
Albus sursauta en voyant son père à côté de lui et rougit légèrement.
« Je ne vais pas te manger, tu sais.
- Je sais...
- Alors pourquoi me fuis-tu ? Si c'est pour hier soir, je suis désolé. Je suis un peu... nerveux ces derniers temps.
- Je sais...
- Tu m'en veux ? «
Le jeune garçon leva ses yeux vers son père. Harry faisait tout son possible pour paraître le plus désolé qu'il pouvait. Albus lui fit un sourire timide et haussa les épaules.
« On oublie ? lui demanda alors son père en lui rendant son sourire.
- ... Oui.
- Alors ? Pourquoi cherchais-tu mes photos de Quidditch ? «
Albus rougit et détourna les yeux.
« Tu veux faire partie de l'équipe ?
- J'aimerais bien, ouais...
- Quel poste ?
- Attrappeur ! « fit Ginny en souriant.
Harry tourna son regard vers elle et vit, à son plus grand soulagement, qu'elle avait l'air beaucoup mieux. Peut-être ne voulait-elle pas paraître malheureuse devant les enfants et avait fait le nécessaire pour... Il sourit à son tour et observa à nouveau Albus qui ne savait plus où se mettre.
« Je t'y vois bien.
- Tu m'as jamais dit que tu m'y voyais bien à moi ! s'écria James.
- Tu es un très bon Gardien, il paraît. C'est ton côté Weasley qui ressort. Ton oncle Ron pouvait faire des merveilles quand il n'était pas stressé.
- Il avait des problèmes avec le stress ? ne put s'empêcher de demander James, un brin curieux.
- Ouhla oui ! Il ne te l'a jamais raconté ?
- Non ! Il m'a juste dit qu'il était très bon à ce poste et qu'on avait même inventé une chanson en son honneur . Weasley est notre roi, un truc du style. «
Harry et Ginny éclatèrent de rire, complices.
C'était comme ça qu'il aimait sa femme : quand elle souriait et qu'elle ne voulait pas aller trop loin dans son âme.
Il s'était souvent demandé ce qui arriverait si un jour elle le quittait. Il n'arrivait pas à voir sa vie sans elle, aussi étrange que cela puisse paraître. Ils avaient traversé tellement d'épreuves... Ils s'étaient tellement aimés... Ils auraient pu vivre le vrai conte de fées s'il n'y avait pas eu Draco Malfoy.
S'il ne l'avait pas revu sur la tombe de Rogue.
S'il ne l'avait pas embrassé ensuite...
S'il n'y avait pas eu ce vide les jours suivants.
S'il n'y avait pas eu ces rêves étranges.
« Harry ! Tu y vas en premier ? demanda Ginny.
- Quoi ? Oh ! Oui, bien sûr ! «
Il entra dans la cheminée et prit une poignet de Poudre de Cheminette. La dernière chose qu'il vit, ce fut Lily qui le regardait avec curiosité, puis, il disparut.
Dix minutes plus tard, la famille Potter sortait au complet du Chaudron Baveur sous le soleil éclatant de cette fin de mois d'Août.
« Onze heures 20. On a dix minutes pour arriver devant chez Fleury et Bott. Fit Ginny en regardant sa montre.
- On ne peut pas commencer directement les achats ? Au fait ! Vous avez tous votre liste ? demanda Harry.
- C'est moi qui les ai. Répliqua Ginny. On a rendez-vous devant Fleury et Bott avec Neville et Luna. Mais elle m'a dit qu'ils seraient sans doute un peu en retard.
- Elle veut montrer des Nargols à Alix et Venus, il paraît. Dit James sur un ton moqueur.
- Oui, Luna a toujours était un peu...
- Bizarre. Répondirent James, Lily et Albus d'une même voix.
- Ils sont là ! » s'écria Ginny en faisant de grands signes de la main.
En effet, Neville, Luna et leurs enfants se tenaient près de l'entrée de la célèbre librairie, Alix et Venus, légèrement moroses.
« Bonjour ! claironna Ginny. Que se passe-t-il ?
- Oh rien ! Les enfants sont juste un peu déçus. Répondit Luna avec un sourire.
- Elle nous a fait lever à 6 h du matin pour aller dans la forêt de Sherwood. Il paraît que c'est là bas que se trouvent les plus beaux spécimens de Nargols. Elle pensait qu'il faisait moins beau qu 'ici. Sauf que les Nargols ne se montrent qu'en temps pluvieux. Arrivés à Sherwood, il faisait déjà 25 degrés ! Mais Maman n'a pas perdu espoir et pensait que la température allait baisser... Heureusement que Papa en a eu marre et nous a fait transplaner ici directement. expliqua Alix à James.
- Alors on y est allés pour rien ! « acheva Luna avec un grand sourire.
Harry regarda Neville qui observait sa femme, navré.
« Comment vas-tu ? demanda le Survivant.
- Ca va... Mac Gonagall m'a envoyé un hibou, hier soir. Les nouvelles plantes tropicales sont arrivées, j'ai hate de les voir... Alors ça y est. Ta fille va faire son entrée à Poudlard...
- Tout comme la tienne.
- Oui. Le temps passe si vite... Hier, elle prononçait sa première formule, aujourd'hui, elle entre à Poudlard, demain, elle aura ses ASPICs. C'est la vie ! Lily veut être dans quelle maison ?
- Aux dernières nouvelles, c'est Serpentard. Répliqua Ginny en regardant sa fille.
- Mais hier, elle disait qu'elle n'avait pas l'esprit assez tordu pour y entrer. Renchérit Albus.
- Mais regardez la vérité en face : il y a de prestigieux sorciers qui sont sortis de cette maison, qui c'est vrai, n'a pas toujours eu une excellente réputation. Fit Lily sur un ton logique.
- Bien raisonné. Tu aurais ta place à Serdaigle. Lui dit Luna.
- Elle est hardie et n'a pas sa langue dans sa poche, elle aurait sa place à Gryffondor aussi. Fit remarquer Ginny.
- Le travail ne lui fait pas peur, elle est déterminée et reste une enfant loyale, Poufsouffle t'acceuillerait sans doute aussi. Enchaîna Neville.
- Et elle est attirée par le côté obscur de Serpentard... Ce sera à toi de faire ton choix de toute façon. Termina Harry.
- C'est trop compliqué. On ne pourrait pas dire : « J'appartiens à la maison Poudlard « ? « répondit la jeune rouquine.
Tout le monde éclata de rire.
« Bon, on va à Gringotts et on se sépare là bas ? Avec les garçons, on prend le Nord du Chemin de Traverse, on va faire un tour dans la boutique de Quidditch, on s'occupe des nécessaires à Potions, il faut qu'on aille dans l'Animalerie Magique, les filles, vous partez sur le Chemin de Traverse- Sud, vous vous occupez des livres, des baguettes et des robes pour l'école ? Et on se retrouve à treize heures devant la boutique de Farces et Attrappes de Georges et Ron, ok ? « suggéra Harry.
Ils parurent tous satisfaits de l'intiative, et après avoir prit de l'argent chez Gringotts, les garçons prirent à gauche et les filles à droite.
« Alors, James ! Tu ne m'as pas raconté tes essais d'hier. « Fit Harry en marchant à côté de son fils aîné.
Ce dernier fut très heureux d'avoir toute l'attention de son père et lui décrit dans les moindres détails ce qu'il avait fait la veille.
« C'est bien. Tu vas pouvoir aider ton frère.
- Mouais...
- Il y a un problème ?
- ... C'est juste que je ne le vois pas trop dans l'équipe. «
Harry jeta un regard à son dernier fils qui parlait avec Neville et Alix de ce qu'ils avaient fait durant les vacances.
« Et pourquoi ? Ce n'est pas parce que tu as raté les essais, j'espère.
- ... Je ne sais pas. Tu le vois, toi, Attrappeur ? Tu as vu sa taille ?
- Je n'étais pas plus grand que lui à son âge. Mentit le Survivant. Et je n'étais pas si mal que ça...
- Tu plaisantes ! Tu étais le meilleur ! Même dans le Quidditch, tu es devenu une légende à l'école.
- Il ne faut rien exagérer, et on trouve toujours mieux que soi.
- Pas toi en tout cas.
- ... James... C'est ton frère. Je sais que cette jalousie est passagère...
- Je ne suis pas jaloux !
- Si, tu l'es...
- Non, je... «
Ils étaient arrivés devant la boutique de Quidditch et allaient pénétrer à l'intérieur, lorsque le porte s'ouvrit à la volée sur un jeune garçon à l'étonnante chevelure blonde, qui ne devait pas avoir plus de 14 ans.
Harry eut un tel haut le coeur en voyant ce visage qu'il connaissait si bien, qu'il dût se rattraper à son fils pour ne pas tomber.
Skorpius Malfoy ...
Les mêmes traits que son père, le même air arrogant que lorsqu'il était à Poudlard, la même bouche, la même peau, la même couleur de cheveux et des yeux étonnement noirs.
Les yeux de sa mère.
« Skorpius ! Viens m'aider à porter ces trois paquets, je ne suis pas ton elfe de maison ! Pourquoi ta mère est-elle allée au Ministère aujour... « fit une voix grave et irritée en arrivant sur le pallier.
Il était là en face de lui. Il était là beaucoup trop tôt.
Harry n'avait pas prévu de le voir aujourd'hui, il avait commencé à se préparer afin de le voir sur le quai 9 ¾, le Premier Septembre, comme à son habitude.
Les yeux verts croisèrent les yeux gris.
Ils s'observaient, s'accrochaient, se fouillaient.
Le Survivant savait que, comme à chaque fois qu'ils se regardaient, Draco pensait à ce qu'il s'était passé entre eux à Poudlard sur les tombes de Dumbledore et de Rogue et que ce souvenir le hantait encore.
Il voyait ses pupilles qui se dilataient toujours en se posant sur lui. Il voyait également un voile passer devant ses yeux, et il devenait triste, mélancolique, comme s'il voulait s'excuser.
S'excuser de quoi ? Des conneries qu'ils avaient fait adolescents ?
« Skorpius... Va chez Fleury et Bott prendre tes manuels scolaires, les livres que ta mère a commandés et attends-moi là-bas. « chuchota Draco sans quitter Harry des yeux.
« Entrez dans la boutique... Je n'en ai pas pour longtemps. « fit le brun sur le même ton.
N'osant pas le contredire, Neville appela les enfants et passa un peu précipitamment devant le blond qui ne fit aucun commentaire lorsqu'il le poussa légèrement pour pouvoir entrer.
Harry et Draco restèrent seuls sur le Chemin de Traverse devant l'une des boutiques les plus fréquentées du lieu. Ils se faisaient souvent bousculer, mais ne semblaient pas y faire attention, préférant regarder les yeux de l'autre.
L'ex-Gryffondor ne savait pas pourquoi il ne rentrait pas. Il ne savait pas pourquoi il restait là, devant cet homme à qui il pensait trop souvent. Et il ne savait pas non plus pourquoi autant d'émotions le submergeait lorsqu'il le voyait.
« Alors Potter... Tu viens espionner mon fils ? « demanda Draco au bout de longues minutes.
Harry frissonna au son de cette voix chaude, et machinalement, se rapprocha de l'ex-Serpentard.
La provocation... Comme à Poudlard.
« Pourquoi ?... Il y a quelque chose à espionner ? « souffla Harry sans quitter ses yeux.
Un sourire en coin naquit sur les lèvres fines et le Survivant sentit son coeur battre un peu plus vite.
« Il paraît que ton fils veut entrer dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor. C'est ce que l'on raconte en tout cas. Au poste... d'Attrappeur ? Quelle coïncidence... «
Harry regardait ces lèvres bouger et il avait envie, oh oui, il avait envie d'y regoûter une seconde fois. Pour voir si elles avaient la même texture. Si elles avaient la même saveur. Si elles s'épousaient toujours aussi parfaitement avec les siennes...
Il s'avança encore un peu plus...
« ... Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda alors le blond d'une voix plus rauque.
- Je... «
Il n'eut pas le temps d'inventer un mensonge car Draco le saisissait par le bras et le traînait derrière lui jusqu'à la ruelle déserte à côté de la boutique. Là, il le plaqua contre le mur, détailla un instant son visage, la bouche entrouverte et s'éloigna brusquement.
Harry sentait son coeur battre dans ses oreilles. Il se moquait bien que ses enfants soient à quelques mètres de lui. Que sa femme pouvait arriver à n'importe quel moment. Il se moquait bien qu'une porte pouvait s'ouvrir n'importe quand sur la ruelle.
Tout ce qu'il voulait depuis des mois se trouvaient devant lui... Le reste ? Qu'avait-il d'important ?
Le blond faisait les cent pas devant lui en se passant une main nerveuse dans les cheveux. Harry le trouvait magnifique. Il n'avait pas sa robe de sorcier. Il portait une chemise blanche, légèrement entrouverte et un pantalon à pince noir. Exactement le genre de vêtements que le brun avait horreur de porter mais qui allait si bien à l'ancien Serpentard.
« Tu crois que c'est facile, Harry, de te voir apparaître comme ça ? Au moment où je m'y attends le moins. Sur le Chemin de Traverse alors que je me préparais à te voir le Premier Septembre ? «
Harry sentait son corps trembler : ainsi donc, lui aussi se préparer à sa rencontre chaque année...
« Tu crois que c'est facile de voir ta vie accomplie ? Un homme qui a tout réussi dans la vie, travail, argent, famille. Famille... Des enfants avec elle ! «
Le brun sentait que son coeur allait exploser : rêvait-il ou était-ce de la jalousie dans sa voix ?
Tout à coup, le blond se retourna vers lui et posa une main de chaque côté de sa tête. Il s'avança si près qu'Harry sentait son souffle balayer chaque centimètre carré de son visage.
Il voyait le regard gris fou, il entendait la respiration rauque, il sentait ce corps à quelques millimètres du sien...
« Il y a une question que je me suis souvent posée, Potter... Lui faisais-tu l'amour après m'avoir embrassé ? «
Draco se dégagea à nouveau mais Harry lui saisit la nuque et posa ses lèvres sur les siennes.
Se sentir entier... Juste une fois.
Le blond le plaqua à nouveau contre le mur et passa une main sur le début d'érection du brun tout en approfondissant le baiser.
Harry grogna et plaqua son bassin contre celui de l'ex-Serpentard. Il léchait, suçait, caressait. Il l'embrassait comme s'il l'avait attendu toute sa vie. Il avait envie de lui faire l'amour, là tout de suite, dans cette ruelle à côté de la rue la plus fréquentée du monde sorcier en Grande-Bretagne et à en juger par l'érection qu'il sentait contre la sienne, il n'était pas le seul à vouloir aller plus loin. Il posa ses mains tremblantes sur le pantalon et le déboutonna. Lorsqu'il passa ses doigts sur le sexe tendu du blond, celui-ci s'écarta brusquement.
Il observa Draco, la respiration rauque, les yeux dilatés, les lèvres gonflées qui reboutonnait maladroite son pantalon. Lorsqu'il eut fini, il se précipita d'un pas titubant en dehors de la ruelle.
Draco était parti, comme lui était parti à Poudlard ; sans un regard en arrière.
Et pour, il lui semblait, la première fois, Harry sentit dans quel état avait pu être le blond après son départ ce jour-là...
A suivre...
