Ton corps au rythme de ma mélodie
(Partie 2)
Bonsoir ou bonjour,
On est le 4 mai, il est 00h38, 5 mois depuis ma dernière publication, je m'améliore lol.
Celui qui a dit que quand on était célibataire on avait plus de temps libre, et bien je veux lui dire que c'est faux! Je suis tellement occupée que j'ai pas le temps d'écrire.
Je suis passé chez les vieux (25 ans, un quart de siècle) et du coup, je l'ai fêté pendant 3 semaines d'affilées mdr
Enfin bon, je reviens avec 2 malheureux chapitres mais bon, c'est mieux que rien
Donc en cette matinée, je me suis décidée à publier après mon devoir de finance (juste 7h de boulot) et j'attaque avec du management, vive l'école…
Au passage, je tiens à préciser que Yuki m'a abandonner officiellement (officieusement, elle me fournie encore quelques idées lol) pour Card Mistress Sakura, je me retrouve donc seule avec cette fic que j'adore mais qui prendra plus de temps à paraître du coup. Comme le reste lol
Bref, passons aux remerciements:
- à ceux/celles qui m'ont ajouté en favorite story ou author : julien10, vvjulyvv, setsuna05, PeNnY AsAkUrA Li, Tinoubebe, Sednareinedeseaux, lanaika, Smille, Maitresse Des Cartes, louloutebanana, jade sheppard, lulilafly, SakuraLionel, Lilou-chan-yaoiste4ever, Thoru-chan, Umbris
- à ceux/celles qui m'ont laissé des reviews:
* lilichoco : ça va te faire plaisir, voici le chap 2 ^^
* stitch : merci beaucoup, voici donc la suite
* Syann : oui j'ai changé mon style, je voulais faire quelque chose de plus, une histoire ayant plus d'impact. Je n'abandonne pas le reste, c'est juste par manque de temps mais je persévère ^^. En ce qui concerne les suites, il n'y a rien de prévu pour my brother's woman, j'ai déjà du mal à finir les ones en cours!
* vvjulyvv : oui je suis de retour, ravie que l'idée de l'histoire te plaise ^^
* setsuna05 : désolé, ça m'a pris 5 mois pour écrire la suite, le "rapide" n'a pas été d'occasion. Je pense que 3 chapitres seront amplement suffisants, surtout que là maintenant, je sèche pour la suite mdr
* Tinoubebe : ne désespère pas pour prohibited love, la suite arrivera c'est juste par manque de temps. J'esaaye dejà de finir tous mes ones en cours + fanfics mais le plus horrible c'est que j'ai une idée qui germe toutes les 2 semaines mdr donc je me retrouve avec trop de one shots en cours mais ca vient ^^
* Maitresse Des Cartes : merci pour tes compliments, la suite de la destinée des élus est prévu prochainement (c'est une de mes priorités) car c'est mon fic préféré et mon chouchou vu que c'est le 1er que j'ai écrit ^^
* setsuna05 : je n'ai pas abandonnée la destinée des élus rassure toi! ca arrive ^^ tout chaud sur un plateau et plusieurs chap pour la peine
* Anaïs: merci beaucoup, ca me fait plaisir ^^
* misamisa : la suite de my last breathe n'est pas prévu pour tout de suite mais elle est sur ma liste ne t'en fais pas ^^. Pareille pour the doll. Par contre, pour card mistress sakura, un peu de patience, il arrive ^^
Bon voila, j'ai fait ma béat et je retourne à mon management.
A dans un mois si tout va bien avec la destinée des élus je pense ^^
Bisoux et merci de me suivre ^^
Sab
J'avais joué chaque soir durant une semaine, Meilin était ravie de la foule que nous avions attiré dans son club car les recettes dépassaient ses espérances. Elle m'avait, une nouvelle fois, tentée avec son physique de rêve en guise de "remerciements" mais j'avais décliné son offre gentiment.
Les rumeurs commencèrent alors à fuser dans le quartier car les élèves savaient pertinemment que le violoniste prodige du club (comme ils m'appelaient) faisait partit de notre école et l'enquête débuta.
Donc, depuis, je m'étais abstenu de jouer à l'école devant les autres, je n'avais réellement pas envie de perturber mon existence jusque là si tranquille. De plus, j'étais ravi que mon existence reste secrète, cela gardait une part de mystère qui me satisfaisait.
Au premier soir de la semaine suivante, alors que je fis mes premiers sur scène avec Jun, je me raidis, Sakura et sa famille se trouvait dans la salle, dans un coin. Visiblement, la curiosité l'avait attiré… elle aussi
Je soufflais un bon coup et mon ami me fit signe de me détendre, il savait ce qu'elle provoquait chez moi, j'étais totalement à sa merci et je ne pouvais rien faire.
Jun débuta lentement, je fermais les yeux, je ne devais pas penser à elle. Je fis le vide dans ma tête et j'écoutais juste le rythme de la mélodie puis, ce fut mon tour.
De nouveau, je me laissais emporter et quand je rouvris les yeux au bout de deux minutes, je vis Sakura qui, au milieu de la piste, dansait et souriait. J'avais l'impression d'être un charmeur de serpent, ce qui me parut vraiment étrange sur le moment.
Mais le rythme était tel qu'elle y réagissait en remuant ses hanches et sa buste avec grâce. Je fus alors saisis par les mouvements de son corps et sans m'en rendre compte, j'étais descendu de la scène pour m'approcher d'elle. Ses pas se fondaient dans ma musique, elle suivait chaque note avec son corps, comme si nous étions prédestinés l'un l'autre, comme si cette rencontre était inévitable.
Il y avait de l'attirance entre nous et beaucoup trop de sensualité pour que je garde le parfait contrôle de moi-même mais Toya s'approchait dangereusement de nous, je regagnais donc la scène en un saut habile pour l'éviter.
A la fin de notre petit numéro, je sortis en douce par les portes arrières du club, préférant ainsi éviter ma horde d'admiratrices. Dans un coin de la ruelle, je vis Sakura qui croisait les bras et attendait
- Ce n'est pas prudent pour une jeune demoiselle de rester ici en pleine nuit avais-je soufflé
Elle s'approcha de moi et me toisa avec des yeux pleins d'admirations et d'excitation. Je ne savais pas ce qu'elle pensait et cela me frustrais. Elle posa une main sur ma joue, sa main était fraîche alors que mon visage, lui, était brûlant de fièvre. Je fermais les yeux, profitant de cet instant, aussi éphémère fut-il
- Tu as attiré ma curiosité me dit-elle simplement
- Est-elle apaisée ? Demandais-je en rouvrant les yeux
J'entendais les bonds de mon cœur dans ma poitrine, ils résonnaient en écho avec le tintement de la batterie venant du club. Je tentais de me calmer en respirant régulièrement mais de nouveau, une passion folle s'anima au plus profond de moi, un désir auquel je n'avais pas d'emprise, quelque chose de tellement fort que s'en fut effrayant, même pour moi. Je retirais sa main de mon visage et remonta le violon sur mes épaules
- Attend ! Me supplia-t-elle
Je me stupéfiais par cette soudaine demande, qu'attendait-elle de moi ? Que cherchait-elle ?
- Je dois partir
J'étais à présent à sa hauteur. Elle se tourna vers moi et me força à en faire autant, me saisissant par le bras. Des frissons d'excitement traversèrent mon corps tout entier et mon souffle se fit plus rapide cette fois
- Tu… Même si tu le voulais, tu ne pourrais pas…
Qu'insinuait-elle ? A croire qu'elle avait lu en moi comme dans un livre ouvert, à croire quelle devinait à quel point j'avais envie d'elle, de la prendre par la taille pour l'enlacer tendrement, ni trop fort de peur de la briser ou qu'elle se sauve, ni trop délicatement pour lui montrer l'attrait que je lui portais. Je convoitais son être tout entier, mes pulsions aussi primaires fussent-elles me quémandaient un contact physique, tout était si intense quand elle se tenait tout près de moi que je suffoquais presque.
Quand je repris mes esprits, je m'aperçus qu'elle était dans mes bras, j'avais une main enroulé autour de sa taille parfaite. De l'autre, je tenais son visage d'ange. De son coté, elle avait posé ses mains sur mes bras et ne bougeaient pas. Mais qu'est-ce que je faisais ? Quand était-ce arrivé ?
Je la repoussais difficilement, à regret. Elle me regardait sans comprendre et je me mordis les lèvres de frustration avant de m'enfuir comme un lâche. Je ne me retournais même pas, je ne voulais pas prendre le risque de faire demi tour et l'étreindre pour de bon. Mon corps avait agi sans que je ne lui en donne l'ordre, comme lorsque j'étais dans mon petit monde. Mon esprit n'avait même pas calculé ces gestes. Je réalisais alors que je la désirais à un point de non retour et que c'était dangereux pour elle. Par sa seule présence, mon corps pouvait agir d'une manière désinvolte que ma raison aurait absolument condamnée. Je décidais donc de prendre mes distances avant que tout ceci ne prenne une ampleur disproportionnée
J'avais bravé la colère de Jun dans la matinée quand je lui avais annoncé que je ne remettrais plus les pieds au club, du moins, pour le moment. J'avais vu les traits de son visage virer au blanc puis au rouge, déformé par la fureur et l'incompréhension. Je ne savais pas comment lui expliquer que tout ceci était à cause de mes instincts de… male.
Je savais que je pouvais tout lui dire mais son état était tel qu'il n'aurait pas vraiment saisit la profondeur de mes paroles. Il avait boudé toute la journée bien qu'il fut en ma compagnie, prétendant ne pas l'être vraiment. De la colère, il était passé au chantage, à l'argent et enfin aux supplications.
Je savais ce qu'il ressentais quand nous étions au club, je le savais car j'éprouvais le même sentiment. Mais… je ne voulais pas risqué de croiser Sakura une fois de plus, je ne voulais pas me laisser porté par mes désirs. Je n'avais pas non plus remis les pieds à la bibliothèque, par peur d'être à son contact. Elle devait vraiment me prendre pour un moins que rien mais je voulais préserver son innocence de mes hormones !
Pendant le dîner, je regardais par la fenêtre, l'air absent. La pleine lune avait atteint son paroxysme et nous étions vendredi soir… J'avais tellement envie de jouer, j'étais venu pour ça après tout ! Et maintenant, je me l'interdisais, c'était vraiment ridicule. Jun me toisa soudain, un sourire narquois se dessinait sur ses lèvres, je savais qu'il avait deviné mes pensées mais il n'ajouta rien.
Perdu dans mes rêveries, je m'aperçus subitement qu'un corps féminin se dressait devant mes yeux. Revenant à la réalité, je réalisais que c'était Sakura qui se plantait en face de moi, l'air contrarié. Je parcourus brièvement la cafétéria des yeux, tout le monde avait cessé de parler ou de bouger pour nous scruter et je déglutis. Jun faillit s'étouffer avec son bol de nouilles et toussa en se tapant le torse en la voyant
- Je te trouve enfin ! Lâcha-t-elle, un coup d'œil amusé sur mon ami
Je ne pus prononcé un mot, elle me devança
- Pourquoi m'évites-tu ? Demanda-t-elle, très peinée
Je sentis une aura maléfique et commune de part et d'autre de moi, tous les garçons présents me fusillaient du regard, comme si j'avais commis un crime que seule ma mort suffirait à expier
- Je… Je ne t'évites pas balbutiais-je, j'ai été très occupé…
- Ah bon ! Souffla-t-elle ravie, parce que tu vois, j'ai encore besoin que tu m'aides
A ce moment, c'est comme si une flèche avait traversé mon corps, si j'avais été un loup, elle aurait été le petit lapin que je m'apprêtais à déguster. Avait-elle seulement conscience des phéromones qu'elle dégageait ? De l'effet qu'elle produisait sur nous autres, les males ? J'avoue, pas tous (dont Jun faisait partie) mais en majorité. C'était jouer à tenter le diable
- Tu viendras ce soir ?
Devant mon hésitation, j'aperçus quelques garçons prêts à se lever pour se porter volontaires, peu importe ce qu'elle aurait demandé, tout lui aurait été accordé. Toya fit alors son apparition, visiblement de très mauvaise humeur.
Tout le monde se figea à la présence soudaine d'une atmosphère encore plus meurtrière que celle qu'ils avaient eux-mêmes créés. Cela apaisa leurs ardeurs et ils retournèrent à leur conversation initiale. Toya me fixa longuement et Sakura lui tapa sur le bras, il se détendit
- Arrête de faire peur à tout le monde
- Je protège tes arrières, c'est qui lui ? Demanda-t-il en hochant la tête dans ma direction
- Syaoran, c'est mon professeur de mathématiques
Il se dérida un peu plus voyant que notre relation se limitait à « élève-professeur » mais une tension sérieuse flottait tout de même. L'évocation de ce lien hérissa mes cheveux sur ma tête, moi, le professeur, pouvant profiter allégrement d'elle, mon élève. Les rôles auraient été inversés, elle m'aurait admiré comme je l'admirais. Devant l'ampleur de mes fantasmes démesurés, je me résignais à lui donner une réponse négative, je voulais la préserver de moi, bien entendu
- Je ne p…
Jun me donna un coup de pied sous la table et me fit les gros yeux pour que j'observe la réaction de Toya. Je me crispais, il avait de ces regards qui disaient « tout ce que ma sœur demande est absolu et ne t'avise pas de la toucher ou je te tue ». J'avalais lentement ma salive et me forçais à sourire
- Bien sur… lançais-je hésitant
Il parut satisfait de ma réponse et tira sa sœur par les épaules. Je me cachais derrière mes cheveux, de peur de croiser une nouvelle fois ses yeux. Il était tellement terrifiant qu'il aurait été le chouchou de la mafia s'il en avait fait partit. Un homme de main hors pair, aussi efficace qu'effrayant. Je ne doutais pas que pour lui aussi, tout ce qu'il demandait était absolu
J'étais concentré, vraiment très concentré, enfin c'est ce dont j'essayais de me convaincre. Elle était installé devant moi, j'avais pris mes précautions en installant un maximum de distance entre nous. Moi, je lisais un livre, tachant de ne pas l'examiner. Exercice très difficile, même inconcevable. Mais je m'efforçais de le faire. Je me cachais donc derrière mes longues mèches de cheveux et les pages de mon livre. Minable, pathétique, me direz-vous. Je le savais.
Elle, elle faisait des exercices en maudissant la géométrie et les équations de temps à autre. Je ne pus m'empêcher de rire intérieurement dans ces moments là, feignant l'ignorance.
Soudain, je sentis son regard se poser sur moi. Mauvais, très mauvais. Je fis mine de ne pas y prêter attention
- Je ne comprends pas cet exercice lança-t-elle soudain
En prenant une profonde inspiration, je posais mon livre et contournais la table, calmement. Arrivé à sa hauteur, j'avais cessé de respirer pour ne pas humer son odeur très particulière, pêche.
Je tentais de lui expliquer tant bien que mal, me tenant à l'écart le plus possible, les yeux rivés sur son cahier et non pas sur elle. Soudain, elle m'interloqua
- Pourquoi tu es si distant ?
Question poignante, que devais-je dire ? La vérité, que je désirais son corps tout entier ou juste qu'elle m'attirait ? Non, mentir, c'était mieux. Je ne voulais pas qu'elle prenne peur et me traite d' « obsédé pervers »
- Je n'aime pas trop le contact
Cette réponse ne parut pas la convaincre, je n'en étais pas moi-même convaincu alors mon mensonge n'en paraissait pas réellement un. Elle ne me quittait pas des yeux, puis, fronça les sourcils
- Avec moi ou tout le monde ?
Aïe, elle avait touché un point sensible, vite, il fallait trouver un autre mensonge
- En général avais-je répondu le plus naturellement possible
Elle se figea de stupeur et écarquilla les yeux, cette réponse non plus ne la contentait pas apparemment car je la vis de nouveau réfléchir. Je continuais l'explication en tentant de ne pas y faire attention
- Tu as peur des filles !
Elle avait formulé cette phrase comme si une soudaine révélation s'était imposée à elle. Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire et elle rougit.
- Non, je n'ai pas peur souris-je
Alors, elle fit un moment auquel je ne m'étais pas attendu ni ne m'était préparé. Elle se leva brusquement de sa chaise et me fit face. Mes yeux plongés dans les siens, le flot de désirs ressurgit en un instant.
Partant d'une boule dans mon ventre, elle alla trouver chaque partie de mon corps, en passant par mes bras, mon torse et enfin mon cœur. Je l'entendis battre à tout rompre, tandis qu'elle se dressait devant moi. Par instinct, je reculais. Par peur de la toucher de nouveau, de… la blesser
- Pourquoi t'es tu enfuis l'autre soir alors ?
La stupeur me paralysa, elle ne pouvait pas savoir, si ? Non, impossible. Quand l'avait-elle découvert ? Quand avait-elle pris conscience que j'étais le violoniste prodige ? Qu'allait-elle penser de moi ? Que pensait-elle de moi ? Me détestait-elle ? Non sinon, elle aurait fui. Logique. Mais alors, pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi se trouvait-elle devant moi ? Je fis mine de ne pas comprendre sa question, histoire de sauver les meubles et surtout les apparences
- Je ne saisis pas bien où tu veux en venir
Elle soupira puis, eut un petit rire amusé. Certes, elle était craquante avec sa moue mais elle était aussi très espiègle, je le voyais bien
- Je réitère ma question. Pourquoi es-tu partit la semaine dernière alors que nous étions dans la ruelle à l'arrière du club ?
Mouvement indescriptible dans ma poitrine, il me fallait encore une fois, contourner sa question
- Je crois que tu te trompes de personne soufflais-je en détournant les yeux
- Non, je ne me trompe pas ! Cria-t-elle
Cette fois, je l'avais contrariée, ses yeux étaient empreints d'une lueur de rage que je ne lui connaissais pas. Elle avança vers moi, main tendue. Par réflexe, je lui attrapais le poignet, avec peut-être trop de force. Elle ne broncha pas et je desserra ma poigne.
C'était mauvais, tout cela était très mauvais.
La pleine lune au dehors agitait mes sens plus que jamais en éveil. Je me rappelais clairement des paroles de mon père il y a quelques années « la pleine lune est le moment propice au réveil d'un instinct primaire presque animal ».
Je la relâchais et baissais les yeux, conscient que j'étais allé trop loin. Que j'étais complètement omnubilé, voir obsédé par cette jeune femme et que je m'y perdais peu à peu. Plus inquiet de ce que j'avais peur de lui faire subir que par vivre tranquillement mon existence. Mais je savais aussi que cette flamme ne s'éteindrait que lorsque j'aurais assouvit mes désirs
Elle s'approcha de nouveau lentement vers moi et releva mes cheveux à l'aide de sa main droite, je la laissais faire. Je savais que c'était trop tard, je n'étais plus qu'un pion, un pantin qu'elle pouvait contrôler à sa guise. Elle m'avait prise au piège, elle m'avait capturé telle une araignée fixant sa proie au dessus de sa toile. J'étais à elle, entièrement et je ne pouvais rien y faire
- Même si tu voulais, tu ne pourrais pas… partir
Ses mots me revinrent en mémoire, la dernière fois aussi elle avait prononcé ces paroles. Ainsi, elle était consciente de l'effet qu'elle produisait sur moi, elle avait délibérément tissé sa toile, elle était bel et bien une veuve noire.
- La dernière fois aussi, tu as dit ça
Elle leva mon visage pour que je la regarde dans les yeux, ils étaient allumés d'un feu brûlants et elle me souriait. Je ne sus pas exactement si elle se voulait sincère ou si elle se moquait
- Tu ne devrais pas faire un pas de plus vers moi l'avertis-je
J'avais répliqué cela malgré moi, sachant trop ce que j'allais faire par la suite, pris d'une frénétique ivresse, celle de sa présence, de son corps qui me rendait plus soul d'elle à chaque minute qui passait.
Mais avant qu'elle n'ait pu faire ou dire quoi que ce soit, mes bras l'avaient déjà saisit par la taille pour la coller contre moi, son corps fiévreux me fit frissonner et je la toisais. Pas un passant pour m'arrêter, juste la lune qui observait mes gestes honteux, ronde et pleine, sa lueur diffusait une ambiance d'interdit.
Quand bien même elle aurait crié à l'aide, je ne fus pas sûr que j'aurais su freiner mes ardeurs. Je la plaquais sur une des tables et plongeait dans son regard enivrant une nouvelle fois. Elle ne parlait pas, ne bougeait pas et je sentis sa respiration contre ma joue, saccadée. Cette douce chaleur me fit fermer les yeux un instant, je m'imprégnais totalement de tout son être.
Je posais alors mes lèvres sur les siennes, un baiser passionné, pas tendre comme dans tous les couples que l'on pouvait voir à la télévision. Quelque chose de sauvage, d'animal… Elle me rendis mon baiser, je la sentais rougir à mon contact. Une de mes mains se libéra pour caresser tout le haut de son corps et elle se crispa.
A cet instant, je compris que j'étais allé trop loin. Je reculais brusquement jusqu'à touché la fenêtre Elle me regardait, un air hébété sur le visage et je glissais lentement pour tomber sur mon fessier. Mais à quoi pensais-je
- Je… suis désolé murmurais-je
Ma voix n'était qu'un faible tintement. Elle se releva et s'assit en face de moi. Je n'osais lever les yeux, de peur de lui faire face. J'avais encore agis sans réfléchir. Et avant que je ne comprenne très bien ce qui se passait, elle se jeta dans mes bras
- N'aie pas peur, ne t'excuse pas me susurra-t-elle, je ressens la même chose
Je ne saisissais absolument pas le sens caché de ses mots. Cette fois, j'affrontais son regard et distinguais, étonnamment, un sourire qui s'étirait sur ses lèvres
- Je ne comprends pas
- Je l'ai su bien avant toi, avant même que tu ne commences à jouer. Nous nous attirons mutuellement. Mon corps répond à ta musique. Mon désir répond au tien, comme un écho nous nous appelons
Je tombais des nues, elle savait depuis le début ? Pas étonnant qu'elle m'ait adressé la parole dans ce cas ! Non mais, attend. Que je réfléchisse, ce n'était pas bien. Ce n'était pas sain, c'était mal même ! Peu importe d'avoir une attirance mutuelle, nous n'allions quand même pas avoir des relations physique sans lendemain sous ce prétexte !
Je la repoussais en la toisant vraiment durement et me relevait, elle était planté sur place et s'inquiétait
- Je dois partir
- Attends ! Dit-elle en se relevant, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien ne va dis-je froidement, si cette attirance n'est que physique, elle ne m'intéresse pas !
- Mais… Tu sais que la moitié des garçons de cette école s'arracherait cette opportunité ? S'écria-t-elle, froissée
- Je ne veux pas de ça. Pas de sentiment, pas de relation. Et je ne suis pas un de ceux la. Trouve t'en un autre !
Sur ce, je récupérais mes affaires et sortit en claquant la porte. Je marchais sans me retourner jusqu'à ma chambre et déposa mes affaires à terre avant de m'affaler sur mon lit. Et là, je tapais mon oreiller du poing.
Mais bon sang ! Elle ne demandait que ça ! Et moi, il avait fallu que je lui sorte mon discours du type bien sous tout rapport ! J'inspirais. Non, c'était mieux comme ça, je me reconnaissais. Au moins, demain, je pourrais me regarder dans un miroir. Je m'assis et mis ma tête entre mes mains.
Mais qu'est-ce qui m'avais pris ? M'énervais-je de nouveau, j'étais à deux doigts de l'avoir ! D'avoir ce que je voulais ! Stop ! Le diablotin et l'angelot de mon esprit me fatiguaient, pas de ça ce soir.
Je me couchais de nouveau, elle avait sûrement du me trouver vieux jeu. Tant pis. Pas de sentiments alors ? Juste une envie de d'éteindre mes frustrations ? Je commençais à douter. Me remémorant le baiser (chose que je n'aurais pas du), je me rendis compte à quel point mon comportement avait été osé.
Jamais je ne m'étais rué ainsi sur une fille, certes, j'avais eu quelques petites amies mais rien de descriptible à ce que je ressentais en ce moment. Et puis, une sensation bizarre me parvint, une fille qui désirait mon corps ? Trop bizarre ! D'accord, Meilin n'avait pas été insensible mais il fallait me regarder ! Je ne ressemblais pas aux top models des magazines, assez grand oui je l'avoue mais des yeux bruns banals, des cheveux châtains en bataille. Je n'étais pas spécialement musclé ni maigre, un juste compromis entre les deux
On frappa soudain à la porte, je m'immobilisais, et si c'était elle ? Impossible, pas après ce qui venait de se passer. Sans doute Mika qui venait chercher Jun. Je me hissais sur mes jambes tranquillement et ouvrit le battant. Impossible et pourtant si, elle se tenait devant moi, ma princesse… Elle avait les joues enflammées et baissait les yeux. Je me pinçais les lèvres, non ! Arrête tout de suite de penser à ce que tu pourrais éventuellement faire !
- On… On peut discuter ? Demanda-t-elle timidement
- Bien sûr dis-je en l'invitant à entrer
Je refermais derrière moi et soudain, une illumination. Non, non ! Mauvaise idée ! Mais je suis totalement débile ou quoi ? La faire entrer alors qu'on est seul !
- Tu dois sûrement me prendre pour une fille facile !
Cette réflexion m'avait fait sortir de mes réflexions et je voyais qu'elle se forçait à en rire, j'avais le visage grave, moi je ne riais pas. Et puis, contre toute attente, elle éclata en sanglot, je voyais les larmes perler sur ses joues. Elle se retourna de façon à ce que je ne vois pas son visage. J'hésitais, puis me décida à approcher pour la prendre dans mes bras. Je ne voulais pas qu'elle ait mal, je ne voulais pas lui faire du mal
- Non avais-je souffler pour tenter de la calmer
Elle essuya ses pleurs du revers de la main et s'écarta pour me faire face. Nous nous toisâmes longtemps, trop longtemps. Nos sentiments, nos désirs étaient tels que chacun de nous ignorait comment les assouvir sans nous blesser mutuellement.
Nous avions une attirance anormale et aussi trop forte, tellement forte qu'elle nous étouffait. Je ne savais trouver les mots pour la consoler, je ne savais que dire pour la rassurer. Peut-être la solution était-elle de nous laisser aller. Mais une relation basée uniquement sur le physique, sans amour ne ferait que nous meurtrir davantage.
Je me posais des questions. Il était plus facile, pour nous les hommes, d'avoir une histoire sans lendemain que pour les femmes. Nos instincts primaires pouvaient nous suffirent au besoin d'un simple désir charnel mais pas elle… Elle ne méritait pas ceci, elle méritait plus.
Derrière son masque d'idole du lycée, on trouvait une jeune fille douce, fragile et ne demandant qu'à aimer pour être aimer en retour. J'étais même quasiment sûr qu'elle n'avait jamais eu de petit ami, comment lui voler ce qu'elle avait de plus précieux dans ces circonstances ? Même si c'était dans ces moments la qu'elle était la plus craquante, la plus vulnérable et par conséquent, la plus désirable.
Je savais pertinemment aussi qu'une part de moi voulait l'étreindre, lui prendre son innocence. Je voulais qu'elle s'épanouisse et devienne femme à mes cotés
Elle enroula soudain ses bras autour de ma nuque et leva les pieds pour se retrouver à ma hauteur, je reculais immédiatement mais elle ne lâchait pas prise
- S'il te plait me demanda-t-elle suppliante
Je la laissais faire, je ne pouvais pas lutter, ce serait comme si j'allais à l'encontre de ma nature. Nos lèvres se croisèrent pour la seconde fois et un flot d'émotions partagé m'envahit subitement, comme un ouragan qui aurait balayé toutes mes certitudes et tous mes doutes. Puis, brutalement, je la forçais à me relâcher. Elle ne broncha pas, se contentant de me fixer.
Contrairement à elle, j'avais plus d'aisance à me contrôler, à contrôler mes pulsions. Peut-être était-ce du au fait que j'avais déjà eu quelques relations mais en me tentant de la sorte, elle ne m'aidait pas à la préserver
- Pas comme ça, pas juste à cause de nos pulsions la suppliais-je à mon tour
Je m'assis sur mon lit, tête entre les genoux. Elle grimpa dessus et se mit derrière moi, enroulant ses bras autour de ma nuque et posant son visage dans mes cheveux. Je fronçais les sourcils. Et maintenant ? Et après ?
J'entendais son cœur battre à la chamade et sa respiration heurtée, elle se forçait visiblement à ne rien faire, à ne rien dire, juste à me réconforter
La porte s'ouvrit à grands fracas, je sursautais et m'assit rapidement sur le lit. Je plissais les yeux pour comprendre ce qui se passait quand on me traîna de force pour me plaquer violemment contre le mur.
Mon crâne me faisait atrocement souffrir et je levais les yeux pour voir Toya me lancer un regard déformé par la haine et la colère
- Qu'as-tu fait à ma sœur ? Hurla-t-il
Je vis Sakura descendre de mon lit et prendre les bras de son frère en lui ordonnant de me reposer. Tout se bousculait dans mon esprit et je ne saisis pas tout de suite ce qui se déroulait
- Il ne s'est rien passé ! J'ai fait un malaise hier !
Je sentis la poigne relâchée de sa pression puis je me laissais glisser à terre, Sakura se pencha vers moi, inquiète. Elle hurla de nouveau sur son frère et il sortit en claquant la porte.
- Syaoran, tout va bien ?
Je secouais la tête pour me remettre les idées en place, Jun venait de rentrer dans la chambre et se rua à mes cotés, comprenant ce qui venait de se passer, l'inévitable. Il m'aida à me relever et scrutait ma tête avec attention
- Juste une petite bosse la rassura-t-il
Elle soupira et me toisa avec regret, je m'assis sur mon lit et elle se pinça les lèvres. Elle se contenta de déposer un baiser sur mon front et sortit discrètement tandis que Jun revenait avec une poche de glace.
Depuis cet incident, je n'avais pas revu Sakura. Elle m'avait cependant laissé un mot dans mon casier dès le lendemain. Elle s'excusait maintes fois et promis de me laisser tranquille. A partir de ce jour, je ne la vis plus à la bibliothèque, je ne la croisais plus dans les couloirs, pas même au club. Elle avait tout fait pour ne plus me causer d'ennui et c'était réussi. Mais quelque part au fond de moi, je sentis un vide se creuser et s'agrandir chaque minute un peu plus. J'avais beau ne pas la voir, je savais qu'elle était là quelque part, peut-être même tout près de moi. Et cette part de moi recherchais sa présence, son parfum… le vide cherchait à se combler tout seul. Mon seul moment de répit se trouvait etre les soirs où je pouvais jouer au club, où je pouvais m'abandonner totalement mais mon esprit et mon cœur étaient envahis par elle, si bien que je finissais par jouer non pour moi mais pour elle et uniquement pour elle. Jun le savait, il l'avait remarqué et m'en avait parlé immédiatement
- Tu l'aimes ?
Je m'étais étouffé avec ma bouché de nouilles, je toussais, essayant désespérément de rester en vie
- Pas du tout ! Avais-je dit fièrement
- Oh ! Elle arrive ! Me souffla-t-il
Je m'étais figé à cette remarque et m'étais retourné très lentement, étant dos à la porte. Lorsque cette dernière fut dans ma champ de vision, je la cherchais en vain. Je reportais alors mes yeux colériques vers Jun qui me tirait la langue
- C'est pas vrai
- Arrete de jouer les momes ! M'emportais-je
- Oui, c'est moi qui joue les gamins… siffla-t-il
Je m'étais levé, fou de rage, mon plateau en main. Jun me retint par la manche et me jeta un regard grave
- Arrete de nier l'évidence, c'est écrit sur ton front et ta musique me le crie ! C'est usant !
Ses dernière paroles m'avaient tellement contrariées que j'étais partit sans le saluer. J'avais réagit avec excès. Je parcourais les couloirs en observant le soleil se coucher, lorsque que mes yeux fixèrent le chemin devant moi, je la vis. Elle était en sens opposé et nos regards se croisèrent l'espace d'une seconde, elle baissa les yeux et accéléra le pas. Sans me preter plus d'attention, elle m'avait dépassé et je m'étais retourné pour la regarder partir.
Comment avais-je pu ne pas voir ? Comment avais-je pu me mentir à ce point ? Bien sur que j'étais épris d'elle ! Et ce, depuis le début ! Mais… l'attirance presque effrayante que je lui portais m'avait mené sur une fausse piste. Et le pire, c'est qu'elle ne devait certainement pas éprouver la même chose.
J'avais joué toute la nuit dans la salle de musique, je l'avais appelé, ma mélodie avait cherché son partenaire : son corps. Mais elle n'est jamais venue.
En désespoir de cause, j'avais joué toutes les nuits suivantes pendant trois joues, je l'avais attendu, j'avais espéré mais encore une fois, il n'y avait que son absence. Et mon cœur devint aussi aride que le désert. Elle ne répondait même plus à ma musique. Ce soir-là, je scellais mon violon à l'intérieur de son étui
- Syaoran…
- Quoi ? Avais-je répondu froidement à l'intention de mon ami
- Le professeur Koto veut te voir dans son bureau… tout de suite
Je soupirais en refermant violemment mon livre, puis, je sortis de la bibliothèque après avoir rangé mes affaires. La chaleur de l'après-midi pesait sur mon dos ou alors était-ce l'absence de ma princesse, son sourire et ses mimiques : sa moue quand elle ne comprenait rien de ce que je lui expliquais en maths, son rire cristallin quand elle s'étonnait de mes réactions…
Je frappais à la grande porte et entrait franchement, quoi que monsieur Koto ait a me dire, je m'en fichais éperdument. Pourtant, je n'aurais pas du, il avait été celui qui était venu me trouvé dans mon village perdu, il avait été le seul à me donner une chance de faire valoir mes talents ici. J'aurais du etre reconnaissant mais les éclats de mon pauvre cœur éparpillé étaient un frin à ma musique, à mon désir de jouer
- Ah Syaoran…
- Oui, professeur Koto répondais-je poliment
- Syaoran, que vous arrive-t-il ? Vous avez séché tous les cours de musique depuis mercredi…
- Je sais hésitais-je
- Syaoran, si vous ne jouez pas, vous n'avez plus rien à faire ici, vous serez renvoyé…
Durant vingt minutes durant, il m'avait sermoné comme peronne même si je me doutais qu'il ne voulait pas que je renonce, il savait comme Jun que j'étais capable de quelque chose, que j'avais un tant soit peu de talent… Mais dès que je voyais mon violon, je pensais à elle, trop de souvenirs, trop de douleur et j'étais un lache
J'avais refermé lentement la porte de la salle des professeurs, pensif, levant les yeux vers le magnifique soleil qui me souriait. Ma peau était aussi froide que mon ame, mon soleil à moi, c'était Sakura
J'entendis alors des réprimandes au bout du couloir, curieux, je m'y hatais, sachant pertinemment qu'il s'agissait de la salle de danse. Elle devait y etre, elle devait comme toujours y danser à la perfection. Je verrais son sourire radieux à chacun de ses mouvements, je verrais un peu de sa grâce quand elle s'approprirait la musique comme elle s'était approprié la mienne…
Mais en réalité, elle ne souriait pas, elle ne dansait pas, elle était à terre, repliée sur elle-même, les larmes aux yeux. Les réprimandes qui lui étaient adressées, chose que je n'aurais jamais cru possible, accentuait sa déroute. Son frère l'aida à se relever et sécha ses larmes en passant une main réconfortante sur sa joue. Ils reprirent et je me stupéfiais, elle était si… gauche, maladroite, incertaine. Elle ressemblait à une débutante qui faisait ses premiers pas. Pourquoi ?
La porte s'ouvrit alors, un couple de danseurs venait de sortir, elle me vit. Nos regards se croisèrent et elle détourna rapidement les yeux. En revanche, Toya me toisa longtemps et intensément. Puis, il soupira, relachant sa sœur. Il lui adressa quelques mots avant de sortir à son tour en claquant la porte. Je n'avais pas bougé, les yeux rivés sur la porte close. Je la voyais à travers le carreau qui se laissa glisser le long du mur en pleurant de plus belle. Jj'aurais voulu la rejoindre, la prendre dans mes bras, lui dire à quel point je l'aimais alors elle n'avait pas besoin de pleurer. Mais, je ne pouvais pas, c'était elle qui nous avait séparé, c'était elle qui avait choisi. Devais-je mettre mon égo et ma fierté de coté au risque qu'elle me jette une nouvelle fois ? Je n'avais pas la force, physiquement et mentalement j'étais déjà mort, comment sauver le peu qui me restait ? Je fermais les yeux et tourna les talons pour vaquer à mes occupations
J'étais assis à terre, l'étui de mon violon en face de moi, il était vingt deux heures et Jun était partit avec Mika. Depuis combien de temps étais-je la en train de contempler mon instrument ? J'étais vide sans ma musique. Autrefois, cette chose ne se serait jamais produite. Je passais mon temps à jouer, du matin au soir, pour oublier ma misérable vie. Il fallait que je me ressaisisse, il fallut que je réagisse. Sortir, oui, c'est ça, je devais sortir…
Mes pas me conduisirent sur le terrain de football, l'air était frais, la lune pleine. Je m'allongeai sur l'herbe dont la douceur m'apaisait et fixait le ciel. Impossible de distinguer ne serait-ce qu'une étoile, le ciel était trop chargé de pollution mais j'aurais aimé. Une lumière à un bâtiment attira soudain mon attention et je me rendis compte qu'il s'agissait de la salle de danse. Avant que mes pensées eurent guider mon corps, je me trouvais déjà levé en direction du lieu où j'espérais qu'elle se trouve. Prudent, j'épiais à travers le carreau de la porte. Elle était debout, les yeux fermés avec pour fond sonore une des musique que Jun et moi avions interprété un soir.
Ma main ouvrit la porte et mes jambes me portèrent derrière elle, mes yeux étaient fermés, comme par peur de me réveiller à tout moment. J'enlacais sa taille, je la sentis sursauter puis se tourner vers moi. Ses doigts explorèrent mon visage en douceur puis, je sentis son souffle tout contre ma nuque. Mon cœur était prêt à exploser à tout moment, comme une bombe à retardement mais je m'en fichais. Je savourais ces instants de bonheur éphémère car je savais que demain, tout serait pareil à aujourd'hui. Elle enroula ses bras autour de mon cou et posa sa tete sur mon épaule. Je la maintenais fermement et nous nous laissâmes entraîner au rythme sensuel de la musique. Lorsque je me décidais à rouvrir les yeux, je la vis m'examiner. Je m'emparais de ses joues et déposa un baiser sur ses lèvres. D'abord timide, il devint de plus en plus passionné. Nos corps résonnaient pour nous, nos corps réfléchissaient pour nous tandis que nos esprits vagabondèrent vers un lieu proche du paradis.
