Et voilà la lettre E ! Mention de D18... Plutôt à sens unique je dois dire, car le coeur de Kyouya est pris depuis l'arc Kokuyo, si si.
Bonne lecture !
Ah, les joies de l'hiver: les batailles de boules de neige, le ski, la patinoire, les chocolats chauds dégustés au coin du feu avec la personne aimée… Dino avait tout prévu depuis le mois de Juin déjà, alors que Kyouya ne lui adressait même pas encore la parole dans un but autre que de le provoquer ou le défier. Tenant bon, il en était finalement arrivé à la saison tant attendue et avait réussi à traîner le jeune préfet dans une balade en tête-à-tête… Ou presque. Romario ne se tenait jamais bien loin, de sorte que le blond ne chute pas sur une plaque de verglas et ne se retrouve à l'hôpital.
Tout se passait donc comme prévu ce jour-là; les deux promeneurs marchaient l'un à côté de l'autre, Dino se rapprochant le plus discrètement possible, Kyouya le repoussant le plus froidement qu'il pouvait. Ce manège dura assez longtemps pour que l'adolescent décide qu'il avait froid aux mains. Il énonça cette terrible vérité à voix haute, s'amusant de la lueur d'espoir que cela venait d'allumer dans les yeux du Cavallone. Il ricana et plongea la main dans sa poche à la recherche de sa paire de moufles; il chercha un instant, puis fronça les sourcils en changeant ses mains de poche. Toujours rien. C'est alors qu'il remarqua que non seulement la prunelle de son tuteur resplendissait d'espérance, mais également d'une satisfaction trop peu dissimulée.
"Qu'est-ce que tu as fait de mes gants ?" demanda-t-il, les dents serrées.
Le rire insouciant du propriétaire d'Enzo lui tinta aux oreilles, parachevant de l'agacer. Sentant un regard haineux le perforer de place en place, Dino tenta tant bien que mal de regagner son sérieux et déclara, en prenant l'air le plus angélique possible:
"Je ne sais pas. Je ne les ai jamais vus."
Trop angélique peut-être puisque le numéro un du comité de discipline l'attrapa par le col dans un geste menaçant. Sentant poindre la crise, Dino sortit de sa poche une seconde paire de gants. En effet, étant un homme très prévenant, il s'était dit qu'au cas même où il ne pourrait pas tenir la main de son jeune élève, si celui-ci mettait les gants qu'il lui prêtait, ça revenait un peu au même, non ? Comme les baisers indirects. Plus ou moins. Alors qu'il tendait au brun les protections de laine, une petite boule de plumes qui semblait braver le froid depuis un bon moment retrouva enfin sa place, à savoir nichée contre le cou chaud et bienfaiteur de son maître.
"Qu'est-ce que tu fiches ici, toi ?" questionna Hibari d'une voix radoucie.
L'oiseau pépia légèrement, grelottant de froid. C'est alors que l'adolescent eut un geste qui marqua à tout jamais l'esprit du Cheval ailé, le gelant sur place aussi efficacement qu'une avalanche: il attrapa délicatement son petit compagnon et le glissa avec douceur dans une des moufles avant de rendre la seconde à son tuteur.
"Mais Kyouya, tes mains …"
Il n'acheva pas sa phrase car de toute façon, trop occupé à cajoler son animal de compagnie, ledit Kyouya ne l'écoutait déjà plus.
Le soir venu, Romario eut sur les bras un patron anéanti par la vérité: il s'était fait voler la place par un canari.
