Un drabble très très court cette fois-ci, sûrement le plus court pour l'instant. J'aime plutôt bien le fait que Hibari soit un enfoiré, et il aurait beaucoup perdu à être autrement. J'adore Kusakabe, aussi, je le trouve attendrissant. Donc voilà, j'ai décidé de m'attaquer à eux, en espérant que ça vous plaira !
Tout le monde, à Namimori, savait qui était Hibari Kyouya et le respectait (le craignait ?) à juste titre; c'est pourquoi nul n'avait jamais osé énoncer à voix haute cette vérité que chacun pensait tout bas: le chef de leur ville, avec ses traits réguliers et fins, passait parfois pour très féminin. L'imaginer en jupe, en effaçant délicatement le froncement de ses sourcils, en conférant à son visage rembruni un air plus doux, plus mélancolique, ne leur paraissait pas le moins du monde étrange. Oui, à n'en pas douter, le chef du comité de discipline aurait fait une ravissante jeune fille comme Shamal les aimait.
Seulement voilà, il n'avait rien de doux ni de mélancolique, le plaisir de se battre et le rictus qui en découlait déformait son visage de telle façon qu'on eut davantage cru à un démon plutôt qu'à une dame, et le jour où il porterait une jupe serait celui où il serait devenu schizophrène, ou quelque chose de ce genre.
Toutefois cela n'empêchait personne d'imaginer, en son for intérieur, que le préfet avait une sœur jumelle cachée, une beauté froide ou une lolita, selon les goûts et aspirations des uns et des autres. Kusakabe, lui, était heureux que son chef soit une espèce de dictateur de sexe masculin sans bonté enfouie ni côté mélancolique et doux, car ainsi il n'en était que plus fier d'avoir été accepté à ses côtés.
