Note de l'auteur/traducteur: voici déjà le 3e chapitre, et j'aime toujours autant traduire les mots de Mariagoner!
Mais par contre, si quelqu'un lis cette histoire, une petite review dites voir?? Pour la route?? Ca réchaufferait mon petit coeur! lol
Chapitre 3
Avant même qu'elle ne puisse retenir son geste, Jo ouvrit grand la bouche, choquée. Elle ne pouvait détacher son regard de Laurie, se demandant où il voulait en venir. Il avait toujours eu un talent certain pour la provocation et les grandes annonces, et adorait provoquer la surprise chez les gens bien plus souvent que nécessaire, selon Jo.
Il ne pouvait pas être sur le point de… Non, ce n'était pas possible qu'il veuille lui… Si on y regardait bien, avec toutes les différences irréconciliables entre eux et…. Certainement, Laurie lui-même, malgré son entêtement légendaire, avait depuis longtemps compris qu'ils ne jouaient pas dans la même cour, leurs milieux sociaux respectifs…
Toutes considérations de leurs différences de niveau sur l'échelle sociale s'envolèrent toutefois très vite lorsque Laurie baissa doucement, patiemment, la tête vers elle, frôlant de ses lèvres le lobe de son oreille, si près que la jeune femme pouvait sentir les boucles échappées de son chignon se soulever à la moindre inspiration de son compagnon, qui, pour autant, évitait soigneusement de la toucher réellement.
Distraitement, Jo nota qu'il arrivait toujours à la toucher, ou plutôt à ne pas la toucher, de cette manière, ces derniers temps. Il faudrait vraiment qu'elle arrive à ne plus y prêter tant d'attention !
Elle y songerait dès qu'elle aurait finit de briser tous ses espoirs, ici et maintenant.
Jo avait à peine fermé les yeux, anxieuse des mots que Laurie allait bien pouvoir lui dire, et qu'elle savait être au bord de ses lèvres depuis si longtemps quand celui-ci laissa échapper un rire à son oreille. Et quand, enfin, il se décida à parler, les mots furent tels qu'elle ouvrit les yeux, sous le choc, relevant son visage pour lui faire face, sa bouche à elle frôlant sa bouche à lui tant ils étaient proches, prisonniers d'un minuscule espace.
« Je me demandais », Laurie commença, un sourire doux et tellement sincère illuminant son visage, « si vous voudriez bien accorder votre bénédiction à mon projet de voyage en Europe, à la poursuite de mes rêves d'artiste. »
Sous le choc, Jo tenta de reculer un peu trop brutalement. Son dos cogna contre le mur glacé du garde-manger, la propulsant instantanément à nouveau dans les bras de Laurie, effaçant la maigre distance qu'elle avait essayé de maintenir entre leurs deux corps tandis que le jeune homme s'était précipité vers elle pour l'accueillir dans ses bras. Elle dut pratiquement arracher sa tète à l'épaule de Laurie avant de pouvoir lui répondre, bien trop consciente de son corps contre le sien, intimement pressés l'un contre l'autre, mais trop impatiente de comprendre ce qu'il venait de lui annoncer pour pouvoir y prêter trop d'attention.
« Comment ? » s'écria-t-elle, avant de se reprendre, essayant de paraitre moins désespérée, « Je veux dire…. Je ne sais pas… ce n'est pas que je ne sois pas heureuse pour vous mais… qu'est ce que vous voulez dire exactement ? »
Quand, enfin, après une longue hésitation, Laurie se décida à répondre, il semblait manquer de souffle, et Jo se répéta encore et encore que c'était seulement parce qu'elle venait de le faire trébucher, quoi d'autre ?
« Je… je ne veux rien dire d'autre que ce que je viens de vous dire, Jo. Vous savez depuis combien de temps Grand Père parle de m'amener parcourir l'Europe à la fin de ce semestre, lorsque j'aurai mon diplôme. »
Timidement, Jo tenta de formuler une réponse : « Oh bien sur Teddy que je le sais, vous m'en avez souvent rabattu les oreilles et je vous comprends ! Oh… si seulement je pouvais vous…. »
Vous accompagner. Ce qui était une idée totalement ridicule ! Oui, ils étaient les meilleurs amis du monde depuis des années, mais il restait malgré tout un jeune homme, et elle, une jeune femme et, vu les regards qu'il lui jetait depuis un certain temps du bout de ses longs cils, il en était tout particulièrement conscient et elle-même n'arrivait pas à l'occulter. Elle ne pouvait pas plus lui demander de venir avec lui dans son périple européen qu'elle ne pouvait lui demander de l'épouser.
Et vu qu'il était hors de question, bien sur, qu'elle le lui demande, tout comme elle ne voulait pas non plus qu'il lui fasse ce genre de demandes, elle se contenta de fermer la bouche, brusquement, regrettant d'avoir commencé une telle phrase.
Sans relever, du moins en apparence, le trouble de sa meilleure amie, le jeune homme reprit la parole, joyeusement.
« Ne vous en faites pas Jo ! Avec votre talent, il ne fait aucun doute que vous aussi aurez un jour la possibilité de voir l'Europe, même si votre vieille bique de tante ne vous y amène pas. Vous apprécierez bien plus le voyage sans elle de toutes manières ! »
L'espace d'un instant, Jo fut tentée de laisser encore une fois sa traitresse de langue lui dire de ne pas parler d'un membre de sa famille ainsi, aussi désagréable la personne en question soit-elle. Mais elle se rappela comment la dite tante laissait de plus en plus entendre qu'Amy serait une compagne idéale, et elle se contenta de lui adresser un sourire ironique, « J'apprécie particulièrement votre optimiste. »
« C'est n'est qu'une de mes nombreuses qualités » répondit-il, content de lui. « Et l'une des raisons pour lesquelles vous m'appréciez ! »
Et alors que Jo éclata de rire, le frappant légèrement à l'épaule pour le punir de son manque de modestie évident, elle devait se rendre à l'évidence qu'il ne disait rien de plus que la vérité.
Apres tout, elle aimait ce trait de caractère chez Laurie qui consistait à toujours attendre le meilleur de ce que le futur pourrait leur apporter. Même quand elle était au plus bas, il réussissait toujours à lui faire reprendre espoir, en l'embarquant dans de nouvelles aventures, en lui rappelant que le monde autour d'elle ne pourrait jamais être si sinistre tant qu'il était là, près d'elle.
Et il lui avait assuré à de nombreuses reprises qu'elle avait exactement le même effet sur lui. A cette pensée, Jo fut assaillie par le souhait vif et amer de ne pas le distraire ainsi, de ne pas avoir ce pouvoir sur lui, si fort, au-delà de leur amitié, d'une façon qu'elle n'arrivait pas à comprendre mais qui finirirait par détruire les liens qui les unissaient.
Elle se mordit les lèvres, le remord parant ses joues d'une rougeur que Laurie ne pourrait pas manquer, elle en était sure, tout en reprenant la parole.
« L'Europe… Vous ! Parcourant L'Europe, pratiquant la musique ! Oh je ne suis pas contre bien sur, comment pourrais-je l'être ! Vous avez du talent Laurie, vraiment, et ce ne serait que pur gâchis de vous enfermer dans une banque ! »
Le sourire large et presque stupide qui se dessina aussitôt sur le visage de Laurie réchauffa le cœur de la jeune femme de manière similaire, justifiant son compliment, alors qu'il était si rare qu'elle se laisse aller à le féliciter.
« Mais… » Jo se détesta de devoir continuer, de devoir pointer du doigt les failles de son plan, mais sachant qu'elle se le devait, qu'elle le lui devait. « Que va penser votre Grand-père ? Vous savez qu'il a déjà pris toutes les dispositions pour votre avenir professionnel. »
