Chapitre 5 :

Le jour du départ arriva enfin. Brass et Sofia se chargèrent d'emmener l'équipe à l'aéroport. Le policier passa prendre Sara et Grissom chez eux. Le couple terminait ses derniers préparatifs. Lorsque Sara le fit entrer, il entendit la voix de son ami crier à travers la maison.

« Chérie ! Tu as pensé à prendre mon costume et ma cravate, tu sais la bleu marine ? Celle que je mets pour aller à la cour ?

_ Dans ta valise, rangée dans une housse, mon cœur, répondit celle-ci avec un sourire. Et dépêche-toi. Jim est là ! Jim, café ?

_ Oui, volontiers, merci Sara.

_ Oh ! bonjour Jim ! fit Griss en arrivant. Excuse-moi, je termine et j'arrive !

_ Non laisse, doué comme tu es, on ne va pas s'en sortir. Je m'occupe de terminer ta valise.

Gil grimaça, mais sourit tout de même. La jeune femme disparut laissant les deux hommes en tête à tête dans la cuisine, bavardant tranquillement. Elle revint quelques minutes plus tard, sa besogne terminée. Grissom lui proposa un café. Ils s'installèrent dans la cuisine et bavardèrent.

« Vous allez vous en sortir tous les deux ? demanda Brass en les observant, Sara assise en face de lui, Grissom debout appuyé au plan de travail. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec l'équipe…

_ Il le faudra bien, fit Griss en souriant. Tiens, ton café, fit-il à Sara en lui tendant une tasse.

Jim sourit. Premier surpris de cette relation, et aussi le seul à être au courant, il était heureux de voir sa fille adoptive et son meilleur ami heureux, même si cela le surprenait toujours lorsqu'il les voyait ensemble hors du travail.

_ Vous formez un beau couple tous les deux. Bon, c'est bien beau tout ça, mais il faut qu'on y aille ?, mais il faut qu'on y aille. Au fait, les affaires de Hank sont prêtes ?

_ Oui, tout est là, fit Sara en désignant une caisse. J'ai dit à Gil que ce n'était pas la peine de prendre tout cela, mais tu le connais !

_ Mon chien va s'ennuyer. Je lui ai mis sa couverture, ses jouets et ses croquettes, fit Gil en flattant le flanc de son chien, assis à ses pieds. Mon pauvre toutou, je t'aurais bien emmené avec moi mais… En réponse à cela, il eut droit à un coup de langue, qui lui lava littéralement le visage.

_ Brigand !

_ Au moins, il ne met pas en doute ta sincérité, fit Jim. Alors, mon vieux ! ajouta-t-il en s'adressant au chien. On va faire équipe pour une semaine ? Tu as intérêt d'être sage hein !

_ Mon chien est une sagesse, fit Grissom.

_ Pas comme son maître, riposta Sara.

_ J'aurais plutôt dit comme sa maîtresse. Vous êtes aussi têtus l'un que l'autre , répliqua Griss.

Sara lui fit une magnifique grimace qui se mua en sourire quand elle vit celui qu'il arborait. Ils échangèrent un regard, plus explicite que des mots.

_ Bon, allez, en route la jeunesse ! s'exclama Jim, les faisant sortir de leur bulle. Gil, tu m'aides à mettre vos bagages dans la voiture ? »

Les deux hommes s'activèrent tandis que Sara fermait la maison et prenait le chien. Gil tendit les clefs de leur demeure à son ami.

_ Au cas où il manquerait quelque chose à Hank.

Ils partirent enfin, et retrouvèrent Catherine chez elle. Celle-ci donnait ses dernières directives à sa mère et à sa fille. Elle les embrassa tandis que les deux hommes mettaient sa valise dans le coffre de la Taurus de Jim.

_ Ma pauvre voiture… Mais qu'est-ce que vous allez faire tous avec deux sacs ?

_ Nos valises et de quoi s'occuper pendant le vol, fit Sara. Et nos affaires pour une semaine.

_ Et je ne pars jamais sans ma trousse de maquillage, fit Catherine. C'est un principe. Encore moins sans un bon livre. Au cas où, j'en ai pris deux. Et toi Griss ?

_ Mon ordinateur portable pour pendant le vol. Je dois m'occuper de cette conférence… »

Le quatuor partit en direction de l'aéroport. Sofia et les trois hommes s'y trouvaient déjà. Eux aussi avec d'immenses valises. Ils bavardèrent tous les six, les deux policiers regrettant de ne pouvoir venir.

_ Les passagers en partance pour Los Angeles sont priés de se présenter porte d'embarquement C. »

Après un dernier au-revoir, que Griss abrégea le plus possible, les six experts montèrent dans l'avion. Aucun d'eux réalisant encore le fait qu'ils étaient en vacances.

****

« Tu as pris ta crème solaire ? Avec ta peau tu risques de brûler.

_ Oui chérie, j'ai pris ma crème solaire.

_ Tu n'as rien oublié ?

_ Non. Tu as vérifié toi-même ma valise hier soir.

_ Et tu m'appelles dès que tu es arrivé, hein ?

Horatio sourit. Il sentait sa femme au bord des larmes et cela l'attendrit. Il se tourna vers son équipe. Tous comprirent. Les deux femmes et Ryan s'éloignèrent tout en bavardant. Eric serra sa sœur dans ses bras et l'embrassa sur le front.

_ Prends soin de toi grande sœur.

Il rejoignit le trio, laissant le couple seul. Le lieutenant prit les mains de sa femme et les serra. Elle se mit à jouer avec ses doigts, s'attardant sur son alliance. Il la prit dans ses bras.

_ Tu fais attention à toi hein ? Et… et appelles-moi.

_ Tous les jours je te le promets, lui dit-il en la prenant contre lui. Il sentit une goutte tombée sur sa main et ses yeux remontèrent vers le visage de Marisol, pour constater, avec un serrement de cœur, qu'elle pleurait. Il les sécha avec ses pouces.

_ Ne pleure pas… Ma chérie…

Un nœud lui serrait la gorge. Voir sa femme pleurer lui rendait ce départ plus difficile qu'il ne l'était déjà. Il déposa un chaste baiser sur ses lèvres et la serra plus fort contre lui. Mais la voix désincarnée de l'hôtesse les sépara en annonçant la porte d'embarquement pour son vol. Ils soupirèrent de concert et se détachèrent à contre-cœur.

_ Je t'aime, lui souffla-t-il dans l'oreille.

Eric serra de nouveau sa sœur dans ses bras, pendant que son beau-frère prenait Franck à part.

_ Franck, je vous demande de veiller sur Marisol. Prenez soin d'elle en mon absence.

_ N'ayez crainte, répondit ce dernier en souriant.

_ Merci.

_ Fais attention à toi mon amour », murmura Horatio tout contre ses lèvres.

Un dernier baiser et il partit. La dernière chose qu'il vit lorsqu'il se retourna fut sa femme et, à côté d'elle, Franck.

****

Mac Taylor vérifia une seconde fois sa valise. Non, il n'avait rien oublié, pas même le portrait de Peyton qu'elle avait mis d'autorité dans sa valise en premier avant même le tube de crème solaire. Il attendit que Stella et Flack viennent le chercher. Et ensemble, ils prirent le chemin de l'aéroport où ils rejoignirent Hawkes, Danny et Lindsay.

_ Veinards ! s'exclama Flack, je ne peux pas m'empêcher de vous en vouloir.

_ SI tu penses qu'assister à ce congrès sera une partie de plaisir… marmonna Dany, Écouter les autres parler ne m'intéresse pas, j'aurais l'impression de revenir à l'école…

_ C'est mieux que rien, fit remarquer Stella. Le soleil me manque… Mais pas autant que toi, fit-elle à Flack.

_ Voilà qui me rassure grandement !

_ Allez en route, ordonna Mac, l'avion ne nous attendra pas.

Il se tourna vers sa fiancée.

_ Appelle-moi quand tu arrives. Lui ordonna-t-elle.

_ Oui, ne t'inquiètes pas. Je t'aime.

_ Tu rentres vite.

_ Je ferais ce que je peux. Sourit Mac.

****

_ Quelqu'un a pensé de la crème solaire ? demanda Stella une fois qu'ils eurent décollé.

_ Grande question purement féminine ! fit Danny. Donc parfaitement inutile.

_ Il paraît que le soleil là-bas est assez violent, riposta Lyndsay. Je n'ai pas envie d'être rouge comme uneécrevisse à mon retour !

_ Pas besoin, rétorqua Hawkes, je n'attrape jamais de coup de soleil.

_ Remarquez, sourit Mac, qu'à New York c'est assez rare. Et vous avez la peau mate.

_ J'en ai, répondit Lindsay. Je me vois, sur la plage au soleil avec un bon livre… ou en thalasso… Je n'ai pas pris de vacances depuis…. Une éternité. Et toi ? demanda-t-elle à Stella.

La jeune femme sourit.

_ Approximativement pareil que toi…

_ Faux, fit Mac. Je vous ai signé vos congés il y a trois mois, pour les vacances de Pâques précisément.

_ Ah oui tiens ! J'avais oublié mes vacances en Grèce.

_ Tu étais partie avec Flack en plus ! fit Danny.

_ Nos premières vacances… murmura Stella rêveuse.

****

Tout contre la vitre, il observait d'un air absent le paysage cotonneux du ciel. Ses pensées l'absorbaient tellement qu'il ne lisait pas le livre pourtant ouvert sur ses genoux. Eric sourit à ce spectacle. Il croisa le regard de Calleigh et comprit qu'elle pensait à la même chose que lui. Tous deux savaient que le couple était uni et avait du mal à se séparer plus d'une journée. Horatio adorait sa femme. Dès qu'il prononçait son nom ou dès qu'il la voyait, son regard brillait d'une lueur que personne ne lui avait connue jusque là. Dès qu'une enquête devenait trop pesante, trop personnelle pour lui, il prenait alors deux heures, confiant l'équipe à son beau-frère ou à Calleigh et partait se réfugier dans les bras de sa femme. Lorsqu'il revenait, il était, en général, plus détendu et plus serein. Le couple était heureux, cela se voyait. Cette séparation, la plus longue depuis l'hospitalisation de Marisol, suite à une tentative de meurtre, leur coûtait à tous les deux.

« Horatio, fit doucement Calleigh, en posant une main fraîche sur son bras.

Le lieutenant se tourna vers elle.

_ Tout va bien ?

_ Oui… merci Calleigh.

_ Vous semblez ailleurs…

_ Je pensais, c'est tout.

_ Dix jours, c'est vite passé, fit Eric en souriant, devinant sans peine au regard de son beau-frère que ce dernier pensait à Marisol.

_ Si tu le dis… soupira Horatio.

_ Mais oui, j'en suis sûr !

_ Tu ne dirais pas ça si ta moitié n'était pas côté de toi, fit Calleigh en se tournant vers lui.

_ C'est vrai, admit Eric en échangeant un long regard avec elle.

Horatio sourit devant cet échange. Il regrettait de la laisser seule. Mais, il n'en avait pas le choix. S'il avait pu, il serait resté…