Titre : Almost (Presque)

Auteur : Native

Résumé : Drabbles, OS et autres histoires courtes, pas forcément en rapport les unes avec les autres.

Rating : K+ pour le moment

Note : Merci à Iroko pour son intérêt et ses remarques !

Note 2 : Vous retrouverez peut-être quelques phrases piochées d'autres chapitres de Black List - C'est normal. :)

Note 3 : Inspiration et lyrics – Almost, Tracy Chapman (Let It Rain).


BLACKLIST

ALMOST


Un pied devant l'autre. Vite, vite. C'est une course éperdue vers la mort, un pari désespéré, une chute, des larmes devant ses yeux, le cœur au bord des lèvres, un battement sourd aux tympans, jusqu'au miracle, puis à l'échec. Leurs regards s'accrochent pour ne plus se lâcher, et bientôt, sous ses yeux d'enfant déjà vieux, il voit la lueur s'éteindre, l'étincelle disparaître, Solo l'abandonner.

Puis il se réveille.

Terrifié par les battements désordonnés dans sa poitrine et l'eau à ses yeux. Non. Aujourd'hui non plus, il ne pleurerait pas. Il ne l'avait pas fait devant les monceaux de cadavres que la Fondation déblayait avec des engins de chantier à l'époque, et il ne le ferait pas non plus maintenant que son devoir avait été accompli. Non. C'était… hors de question.

Et il se lève.

Lentement, pour ne pas réveiller la personne endormie près de lui. Heero. C'est un nom qu'il aime prononcer, tellement éloigné de ce qu'il a connu avant. Si peu commun, vraiment très beau, simple aussi. Il le lui a dit, une fois. Et là, là… quelque chose, dans ces yeux bleus, a changé. De la chaleur… et on aurait dit, même si la couleur était différente, même s'ils n'avaient rien en commun…

Un moment, il...

Bien sûr, Heero n'est pas vraiment son nom. Mais Solo non plus. Il n'a pas les yeux verts, et il ne sera jamais aussi grand que celui que Duo imagine, parfois, et il n'est pas blond non plus. Il ne mâche jamais ses mots, et ne rit pas beaucoup, mais au-delà de cela, il y a ce profond sens du devoir, et le goût du sacrifice. Même si les comparer ne veut rien dire, Duo le fait.

Il distrait ses propres pensées, oublie ses rêves.

Parfois, on le lui dit. Heero, en fait. Avec douceur, avec douleur aussi, parce que ses mots n'ont encore jamais franchi ses lèvres, et que son espoir d'une réponse est à chaque fois déçu. Il ne lui répondra jamais, jamais en ces termes. C'est au-delà de ses forces, au-delà de son rôle, au-delà de tout. Son masque lui-même ne peut l'en sauver.

L'espace d'un instant, concilie l'asiatique et son frère, fait une trêve…

… Qui dure jusqu'à la nuit. Duo n'attend pas le soir avec impatience. Il ne refuse jamais rien à Heero, ni de la douceur, ni une caresse. Il travaille souvent tard, et parfois, ne dort pas. Ce n'est pas qu'il se dérobe, mais il ne les attend pas non plus, même si c'est son seul moyen de revoir Solo, de le revoir vivant, même s'il est toujours déçu. – Parce qu'à chaque fois, il se réveille.


OWARI.