RIGHT?

Blabla de l'auteur :

Salut à toi, voyageur ! Paix et guérison sur ton peuple !

Et comme d'habitude me revoila avec un nouveau chapitre. Enfin pas tout à fait comme d'habitude. Ce chapitre est l'avant-dernier. Donc, si vous suivez, vous aurez compris que le prochain chapitre sera le dernier. (Faut y aller lentement, on sait jamais qui nous lit =P niééééé) Oui, et alors, me répondrez vous. Si je publie le vendredi (oui parce que le truc inhabituel en fait c'est qu'à l'heure où je publie ce chapitre, on est vendredi en fait, pas samedi comme d'habitude) c'est parce que pour des raisons de symbolique personnelle, j'ai décidé de publier le chapitre 7 le 15 mars, c'est-à-dire lundi. (ouah le vilain mystère super mystérieux ! Quels drames peuvent pousser l'auteur à faire ça =O ) Et donc, j'ai avancé d'un jour la mise en ligne de ce chapitre-ci aussi. Voili voilou, te voila rassuré petit lecteur angoissé par cette mise à jour un peu précoce. Enfin précoce, précoce, dans un quart d'heure on est samedi hein :P Je vous bouscule pas trop non plus!

Un chapitre plutôt long où il se passe plein de choses (normal, on approche du dénouement en même temps…) ! J'espère que ca continuera à vous plaire, que ca répondra plus ou moins à vos attentes, que vous allez bien et que la vie est belle pour vous. Pour moi, ça va =)

Le retour tant réclamé (pas du tout en fait mais bon je le fais quand même =D) des notes débilo-culturelle dans ce chapitre ^^

Sinon que dire. Merci pour toutes vos reviews, un émerveillement perpétuel pour moi, des gens qui me lisent, des gens qui me suivent, des gens qui aiment ce que je fais. Toucher des inconnus, c'est un truc de ouf. J'adore vraiment publier ! Donc merci d'être là, c'est vraiment un grand bonheur pour moi d'avoir un public à mes délires.

Vous savez à quoi sert le bouton vert « Review… » en bas, pas besoin de vous faire un dessin, ou bien l'habituel couplet sur l'échange de bon procédé lecteur/auteur (genre je me casse pas le cul pour des clopinettes alors laissez une p*tain de reviews bande de crevards !), non, promis, sur ce chapitre je ne dirais rien, ne vous inciterais pas à reviewer (comment ça trop tard ? =) ) et je vous laisse choisir de laisser (ou pas) un commentaire ! La liberté toussa toussa ! Pas de message subliminaux ou de propagande promis !

Bonne lecture

Comme disait ma grand-mère, fais toi plais' !

Nella

Disclaimer : Rien ne m'appartient à part mon histoire, mon chien et ma plume (vous ne me volerez jamais ma plume Mouhahaha ! Libertad !). Mais au fond, qu'est-ce qui m'appartient vraiment ? Et puis c'est quoi, appartenir ? Voila, aujourd'hui à la place d'un disclaimer kikou lol, c'était un disclaimer philisophie de bazar. Vous aimez, ou je devrais plutôt me remettre à l'humour ? J'hésite ^^

Dédicace spéciale : A Bins dont c'était l'anniversaire hier ! Comme promis ;) Bonne lecture et bon anniv, mademoiselle

Fond musical Proposé : Aujourd'hui, je copie sur les voisins. Oui, c'est mal. Ma maman m'a pas élevée comme ça. Mais z'avez qu'à me dénoncer au prof si vous l'osez, bande de lèche-bottes ! Et donc ma voisine, c'est Pilgrim 67 (et ouais, j'ai des voisins qui ont la classe, c'est comme ça ! Soyez pas jaloux !) Et elle a écrit que la réponse à la question 14/ b. c'est « Peut-être un pigeon. » Mais sinon la musique que je pique à Pil' (ouais c'est ma voisine, j'ai le droit de lui donner des petits surnoms et tout :P), je l'ai donc découverte chez elle, elle la conseille au début du chapitre 23 de sa fiction Avant Ta Peau (chef d'œuvre à lire absolutely si on est près à se prendre une claque de talent dans la gueule , of course) et c'est Creep, de préférence la reprise de Korn, mais pour les bisounours allergiques à la voix brisée et troublante de Jonathan Davis, vous pouvez toujours écouter l'original, de Radiohead (et je conseille le clip, avec Johnny Deep et Charlotte Gainsbourg quand même !) Bisou à pil' si elle passe par ici un jour ^^

Je propose, tu dispose petit lecteur citoyen (n'oubliez pas d'aller voter Dimanche, même si personne sait pour quoi on vote =D )

Enjoy


CHAPITRE VI : INTEMPERIES

Le blond se sentait toujours perdu dans un brouillard agréable, et ne comprenait pas vraiment la réaction du brun. Il se contenta de s'allonger dans son lit après avoir maladroitement enlevé son t-shirt. Il tenta d'enlever son pantalon mais ses mains refusaient de lui obéir. Il abandonna et sombra dans un sommeil sans rêve.

Quand Drago se réveilla le lendemain, la chambre était inondée de lumière. Il était encore allongé en travers du lit, torse nu et en pantalon. Quand il bougea, sa tête protesta. Il se sentait vaseux, la bouche un peu pâteuse, les membres lourds. Il se redressa difficilement, s'asseyant au bord du lit. Il frissonnait. Il se leva, se débarrassa de son pantalon et le troqua contre un gros sweat-shirt qui appartenait à Harry et un pantalon de pyjama relativement ridicule qu'il lui avait offert, sur lequel des petits lapins faisaient du ski (1). Il se frotta les yeux et remarqua un bleu autour de son poignet gauche. Il chercha dans ses souvenirs ce qui lui était arrivé. Il se souvenait de la soirée devant la cheminée avec Harry. Le vin. Les questions. Il revoyait Harry parlant de sa solitude. De son homosexualité aussi. Il se rappelait aussi avoir parlé de la prison et du manoir. Il se souvenait des bras du brun autour de lui. Et d'un vieil homme… Il n'arrivait plus à savoir pourquoi Harry avait parlé d'un vieil homme. Et la fin de la soirée s'effaçait dans un brouillard obscur. (2)

Il chassa ces pensées, se torturer l'esprit était apparemment vain, il pourrait toujours demander au brun des éclaircissements. Il s'étira. Il alla jusqu'à la fenêtre. Un soleil radieux brillait dans le ciel bleu de printemps, où quelques petits nuages trapus flottaient paresseusement. Il regarda dans le jardin et vit le chien qui courait sur le gazon vert. Il ouvrit la baie vitrée et se pencha un peu au dessus de la balustrade en fer forgé pour profiter de la fraicheur matinale et suivre du regard la course du chien qui entra dans la véranda comme une fusée. Il distingua le corps brun de Harry qui nageait une quinzaine de mètres plus bas, le soleil froid faisant miroiter l'eau et diaprant la véranda de reflets d'or. Il resta quelques minutes perdu dans ses pensées, tentant à nouveau d'identifier cet étrange sentiment qu'il avait depuis qu'il s'était réveillé, comme quelque chose qui manquait en lui. Un poids en moins. Son regard suivait les allers et retours du Survivant, mince silhouette dans le rectangle bleu scintillant trois étages plus bas.

Il soupira et se redressa. Il avait envie de sourire mais ne savait pas pourquoi. Pour la première fois depuis très, très longtemps, il avait dormi comme un bébé, et il se sentait bien. Vraiment. Enfin si on oubliait les pulsations désagréables dans son crâne.

Le soleil l'éblouissait un peu alors qu'il balayait du regard le panorama. Une brise fraiche le fit frissonner. Le printemps. Déjà. Cela faisait un mois qu'il était sorti de prison. Et il ne se lassait pas de la verdure, de la musique, des odeurs et des saveurs, de la liberté et de la sécurité qu'il avait trouvées ici. Il avait envie de chocolat. Il sourit à cette idée. Du chocolat. Ca faisait longtemps que même s'il appréciait les petits plats de son hôte, il n'avait pas eu une envie. Il se dit bêtement qu'il avait envie de vivre, comme un espoir étrange et infondé qui montait en lui soudain. Peut-être était-ce le soleil, le printemps, le fait d'avoir parlé à cœur ouvert avec Potter, ou bien des restes de l'alcool dans son sang, en tout cas il se sentait bien, serein, malgré une légère gueule de bois.

Il descendit d'un pas sautillant les escaliers, se traitant intérieurement de Poufsouffle, et alla jusqu'à la cuisine. Il était tôt, Harry n'avait pas préparé de petit déjeuner, ne l'attendant probablement pas avant longtemps. Il se mit à préparer des pancakes après avoir mis la musique. Le chien le rejoignit bientôt, attiré par le bruit puis retenu par l'opportunité d'avoir à manger. Dix minutes plus tard, Drago retournait des pancakes avec la dextérité d'un Dieu de la crêpe, tout en laissant ses gestes s'accorder à la musique, un large sourire aux lèvres.

Everybody is Kung fu fighting,
Your mind becomes fast as lightning
Although the future is a little bit frightening
If
you look at your life then you're arriving

Tout le monde fait du Kung Fu

Ton esprit devient aussi rapide que l'éclair

Bien que le futur soit un peu effrayant

Si tu regardes ta vie, alors tu y arrives.

(3)

« Et après tu te moques de ma façon de danser ? »

Drago fit volte face, Harry était debout dans l'encadrement de la porte, ne portant qu'un maillot de bain bleu et se séchant les cheveux avec une serviette. Il allait répliquer quand Harry ricana de plus belle :

« Bordel Drago, tu es trop sex comme ça ! »

Le blond se retourna et se regarda dans la porte du four encastré dans les meubles. Il constata en rougissant qu'il offrait effectivement un spectacle assez inhabituel : ses cheveux blonds étaient ébouriffés avec une telle virtuosité qu'il aurait pu en cet instant rivaliser avec le Survivant lui-même, et ses yeux étaient encore un peu bouffis de sommeil, une longue ligne barrant sa joue, vestige des plis de l'oreiller. Pour couronner le tout, la tenue qu'il portait soulignait encore ces détails et donnait un ensemble assez pittoresque et tout à fait indigne d'un Malefoy. Il grogna :

« Si tu dis un mot de plus Potter, pas de pancakes pour toi ! »

Il retourna devant le four et enleva les deux derniers pancakes qui se trouvaient dans la poêle, coupa le feu et posa l'assiette contenant la pile de pancakes fumants sur le plateau déjà chargé de couverts. Il prit le plateau, et d'une démarche raide, le menton en l'air, méprisant et digne, il se dirigea sans un regard pour le brun vers la salle à manger. Harry, amusé par le manège de son invité, le suivit et trouva la table déjà mise, couverte de bouteilles de lait, jus d'orange, et d'une thermos de café ainsi que de diverses douceurs destinées à couvrir les pancakes. Drago s'assit et se servit quelques pancakes sur lesquels il déposa des carrés de chocolat. En attendant qu'ils fondent, il se servit un café.

« Tu vas t'assoir ou tu vas rester debout à exposer ta musculature avantageuse et ruisselante en me regardant manger ? »

Harry rit de la remarque faite sur un ton froid et cinglant et le rejoignit à table, lui souriant.

« Au fait, Potter, j'aurais besoin d'une aspirine et de quelques éclaircissements sur ce qui s'est passé hier soir, notamment sur comment cette chose est apparue. »

Alliant le geste à la parole, Drago releva la manche de son pull, dévoilant la marque bleu violette sur son poignet diaphane, où on voyait clairement se dessiner des traces de doigts. Le brun rougit et balbutia :

« Euh désolé… C'est moi qui… Tu ne te souviens pas du tout de comment c'est arrivé ?

‒ Et bien non, sinon je ne te demanderais pas ! Je me souviens d'avoir parlé de la prison, du manoir, et tu as aussi parlé d'un grand père mais c'est à peu près tout. La suite est floue, je ne sais pas comment je suis allé jusqu'à ma chambre.

‒ Et bien, tu… Tu… Tu as voulu te lever mais tu tenais plus debout alors je t'ai rattrapé, c'est probablement là que je t'ai fait ce bleu. Et je t'ai emmené dans ta chambre. Voila. »

Il baissa les yeux sur ses pancakes, feignant d'être concentré sur le sirop d'érable qu'il faisait couler généreusement. Drago fronça les sourcils, soupçonneux. Mais il savait qu'Harry était bien trop Gryffondor pour profiter de lui et de son ébriété. Restait à savoir ce qu'il cachait dans ce cas. Il haussa les épaules, trop détendu pour s'inquiéter de ce trou dans sa soirée, et reprit :

« Alors, c'est quoi le plan pour aujourd'hui ?

‒ Et bien je me suis dit qu'on… Qu'on pourrait aller se promener sur le Chemin de Traverse. »

Drago laissa tomber sa fourchette qui heurta l'assiette bruyamment, faisant sursauter le chien qui avait posé son énorme gueule au bout de la table, étalant sa bave sur le bois précieux.

« Ne te sens pas forcé hein ! C'est juste une proposition. C'est toi qui vois. Tu pourrais faire réviser ta baguette chez Ollivander, après toutes ces années ça ne ferais pas de mal. Et il me faut une robe de sorcier pour une soirée qu'organise le ministère le week-end prochain. Tu aimais faire des Potions aussi si je me souviens bien, alors si tu veux on irait t'acheter de quoi t'y remettre. J'ai rien ici. Et on pourrait…

‒ C'est bon, c'est bon. J'ai compris. Je peux pas fuir indéfiniment. Va pour une incursion dans le monde magique. »

Il fit un sourire apaisant au brun qui était angoissé à l'idée de brusquer son protégé. Harry se rasséréna. Il lança une autre proposition dans la foulée.

« Et on pourrait sortir ce soir! Aller prendre un verre, profiter de notre jeunesse !

‒ Potter si c'est encore une tentative foireuse pour que je me trouve une fille sache que je suis assez grand pour…

‒ Oh allez, pour me faire plaisir ! Tu n'as pas besoin de repartir avec quelqu'un, tu peux juste… juste danser et t'amuser ! »

Le blond soupira. Cela ne le tentait vraiment pas. Mais le brun semblait en avoir vraiment envie. Il était surement plus attiré par l'idée de « rencontrer quelqu'un » que par l'idée de danser, et cela dérangea Drago sans qu'il veuille se l'avouer. Il finit par céder. Pour lui faire plaisir. Parce qu'à cause de lui, cela faisait un mois que le Survivant n'avait pas pu profiter de la « vigueur de sa jeunesse ». Il pinça les lèvres à cette idée, mais le brun ne le remarqua pas, cette fois sincèrement concentré sur son petit déjeuner.

Une fois le petit déjeuner terminé, les crêpes englouties dans un silence paisible, Drago se leva :

« Bon, cette fois c'est moi qui ait cuisiné alors c'est toi qui fait la vaisselle ! Je vais prendre ma douche ! »

Il s'en alla sans laisser au brun la possibilité de protester mais celui-ci n'aurait de toute façon rien trouvé à redire, trop amusé par les grands airs que se donnait le Serpentard pour compenser sa tenue débraillée. D'un coup de baguette magique, il débarrassa la table et emmena tout jusqu'à la cuisine où la vaisselle se lava toute seule dans l'évier pendant qu'Harry jouait avec le chien à côté.

Une demi-heure plus tard, Drago était debout dans l'entrée, se regardant dans le miroir qui y trônait, remettant nerveusement ses cheveux en place, et lissant les plis imaginaires de son pull. Il avait déjà enfilé ses chaussures et son manteau quand le brun arriva enfin, décontracté. Il s'arrêta en haut des escaliers et regarda le petit manège du blond devant le miroir. Il sourit, heureux que celui-ci soit maintenant capable d'affronter son reflet avec aisance, même s'il n'était pas encore aussi fier de son reflet qu'autrefois. Il le rejoignit ensuite.

« T'es si pressé que ça, P'tit Prince ?

‒ Non pas le moins du monde, Monsieur le Renard.

‒ Allons, je t'ais déjà dit de m'appeler Fox ! »

Ils se sourirent. Drago avait fini par trouver un surnom au brun, après plusieurs soirées à se perdre en tentatives douteuses. Le brun s'était mis à l'appeler parfois « Petit Prince » depuis l'entrevue que Drago avait eu avec le jardinier qui l'avait entre autre informé que les prisonniers du Manoir le nommait « le Prince ». Et tout naturellement, Harry s'était donc vu confier le rôle du Renard. (4)

Ensemble ils gagnèrent le garage, et comme à chaque fois qu'ils allaient au centre-ville de la métropole, ils rejoignirent en Mustang la bouche de métro la plus proche. Le blond s'était habitué au métro, et Harry ne lui avait donc plus repris la main depuis leur premier voyage. Parfois, au retour, quand il était fatigué, Drago se laissait aller à franchir ce pas. Comme tous les autres gestes intimes qu'ils faisaient, ils n'en parlaient jamais. Ce qui était fait était fait. Les mots auraient compliqués les choses qui semblaient naturelles dans le silence.

Cette fois pourtant, Drago était extrêmement nerveux et il serra fort la main du brun à ses côtés dans la rame. Harry ne dit rien mais lui sourit, rassurant, caressant le dos de sa fine main blanche avec le pouce.

Ils marchèrent en silence jusqu'au Chaudron Baveur. Une fois arrivés là, Harry laissa quelques secondes au blond pour rassembler ses forces, souffler un grand coup, et ils rentrèrent dans le bar sombre et enfumé après s'être lâchés. Harry salua Tom avec naturel, pendant que Drago se contenta d'un hochement de tête, tenant d'ignorer la façon dont le patron et les habitués surtout le fixaient. Ils gagnèrent la cour, et Harry ouvrit l'arche du bout de sa baguette. Il fit un pas en arrière, mimant une courbette galante et laissant le blond s'engager en premier. Il franchit le pas, le regard fixé devant lui, la mâchoire serrée. Une fois là, il dut résister à l'envie de prendre le brun par la main.

Ils allèrent jusqu'à la boutique d'Ollivander, Harry faisant une fois de plus tout son possible pour détendre son ancien rival. Il discutait d'un ton léger, montrant les gens et les boutiques autour, commentant les quelques changements qui s'étaient opérés lors des dernières années dans la rue. Heureusement, très peu de personnes les remarquèrent. Enfin, ils rentrèrent dans l'atmosphère feutrée et intime de la boutique de baguettes.

« Monsieur Malefoy, quel plaisir de vous revoir après tout ce temps. Une très belle baguette. 30 cm, aubépine, crin de licorne. Dommage qu'elle ait été si mal employée pendant tant d'années… »

Le vieil homme sortit de l'ombre, aussi théâtral que d'habitude, ses yeux de glace brillants étrangement. Il sembla à Drago qu'il n'avait pas changé depuis l'époque où il lui avait vendu sa baguette, une douzaine d'années plus tôt. Ollivander adressa au blond un sourire qui eu pour seul effet de le faire frissonner, et tendit sa main avec une vivacité surprenante venant d'un homme aussi âgé. Drago lui donna sa baguette, qu'il examina aussitôt.

« Tss tss tss, vous devriez vous en resservir Monsieur Malefoy. Il est inutile de craindre la magie. Il n'y a pas de mauvaise baguette, que des mauvais sorciers, elle ne fera que ce que vous lui ordonnerez de faire, peu importe ce que vous lui avez fait faire par le passé. Une baguette n'est pas corruptible. Elle est juste fidèle à son porteur. Si vous ne voulez plus faire de mal, vous n'en ferez plus, magie ou pas. »

Drago était stupéfait. Ce vieil homme l'avait à peine regardé dans les yeux quelques secondes et faisait maintenant tourné le fin artefact magique entre ses doigts décharnés tout en lâchant nonchalamment des vérités qui touchèrent le jeune homme en plein cœur, répondant à ses angoisses les plus intimes. Le silence choqué perdura. Ollivander murmura quelques sorts de routine pour s'assurer que la baguette était effectivement en bon état, puis tendit sa baguette au blond en souriant cordialement.

« Elle est parfaite. Elle n'attend plus que vous. »

Puis sur ses mots, l'étrange artisan repartit dans son arrière boutique de son pas félin, laissant les deux jeunes sorciers plantés dans sa boutique. Après quelques secondes, Drago enfouit sa baguette dans son sac et ressortit, suivit de près par Harry qui n'osait briser le silence. Une fois dans la rue, Drago prit une profonde inspiration puis se tourna vers le brun.

« Quelle est la destination suivante, Maitre Renard ? »

Harry lui sourit et l'entraina vers Madame Guipure. Elle avait vieilli, ses cheveux étaient maintenant entièrement blanc, couronne duveteuse qui entourait son visage débonnaire. Elle vint à leur rencontre, sa boutique étant étonnamment vide pour un samedi après-midi. Elle fit monter Harry sur un tabouret et son mètre ruban prenait les mesures adéquates pendant qu'elle lui montrait des modèles de robes de soirée et des tissus. Drago était assis sur une chaise, observant patiemment. La petite vendeuse ne l'avait jamais trop aimé, il avait été trop méprisant avec elle trop souvent, sans doute. Mais elle l'avait accueilli avec un sourire égal, sans montrer une quelconque curiosité à son égard, et il lui en était reconnaissant.

La cloche tinta, indiquant que quelqu'un était entré dans la boutique.

« Nous revoilà Madame Guip… Harry !! Ca faisait si longtemps. »

Drago ne reconnut pas la voix féminine mais l'identité de l'inconnue lui fut vite révélée puisqu'elle remonta l'allée en trottant pour enlacer un Harry souriant et un peu embarrassé : Ginny Weasley, effectivement enceinte jusqu'aux yeux. Une voix masculine que Drago identifia aussitôt comme celle de son ancien meilleur ami salua Harry avec chaleur. Le blond s'était figé, raide sur sa chaise. La rousse l'avait cependant vu. Elle fronçait les sourcils. Le Serpentard se leva, se sentant étrangement en faute sous le regard scrutateur de la femme de son meilleur ami. Il tourna la tête vers le sorcier à la peau d'ébène qui s'était figé près de l'entrée. Il lui fit un sourire timide. Harry toussota, tentant de rompre le silence polaire qui s'était installé pendant que Ginny fixait avec mécontentement le blond qui lui-même regardait son meilleur ami, dans l'expectative.

« Tu… Tu es rayonnante Ginny. »

Ce bredouillement incongru du brun eut l'effet escompté. Blaise s'avança, un peu incertain, pour se poster à côté de sa femme sans pour autant détacher son regard du blond toujours muet et incapable de choisir quoi faire. Ginny parlait du bébé avec Harry, jetant par moment des regards noirs à Drago. Les Serpentards se fixaient toujours. Drago finit par ne plus supporter ce silence, et soupira.

« Je t'attends dehors Harry. »

Il sortit et alla s'assoir devant la vitrine, la tête entre les mains, bouleversé de cette rencontre. Il entendit après quelques minutes la porte s'ouvrir à côté de lui et quand il releva la tête, il trouva Blaise debout devant lui, les mains dans les poches, le regardant d'un air indéchiffrable.

« Tu sais que t'as vraiment foiré vieux frère ?

‒ Je crois avoir remarqué effectivement. J'ai eu le temps de réaliser, fais moi confiance. »

Le noir sourit d'un air moqueur à la grimace amère que fit son ancien camarade et il lui tendit la main. Le blond la saisit avec émotion et son ancien ami le tira à lui avec force, le faisant décoller littéralement de sa place. Drago lâcha un piteux couinement de surprise quand il se retrouva comprimé par une étreinte fraternelle dans les bras de Blaise et il lui rendit l'étreinte, cherchant ses mots.

« Je suis désolé Blaise. Tu as eu tellement raison. Je ne vais pas répéter ce que je t'ais dis dans les lettres mais…

‒ Quelles lettres ?

‒ Les…Enfin… Les lettres que je t'ai envoyées depuis Azkaban enfin ! Pendant les deux premières années, je t'en envoyais toutes les deux semaines ?! »

Il s'écarta sans comprendre et vit son ami passé de la perplexité à la colère, avant de rentrer en trombe dans le magasin.

« GINNY ! » (5)

Drago mit quelques secondes avant de comprendre pourquoi il n'avait pas reçu de réponse de son ami et il entra à son tour. Blaise tempêtait sur la rousse qui répondait sur le même ton, sous l'œil effaré du brun, toujours debout sur son tabouret, pendant que Madame Guipure derrière lui hésitait entre faire comme si de rien n'était ou intervenir pour demander au petit couple de cesser de se disputer. Finalement, Blaise cessa de hurler, lâchant un glacial « On en reparlera à la maison ! ». Puis il revint vers son ami et lui sourit.

« Ecoute, je t'envois un hibou dès que je rentre, il faut qu'on se voit. Tu m'as manqué mon vieux ! A bientôt ! »

Après une dernière accolade, il s'en alla, suivit de la fille Weasley qui lui lança un dernier regard glacial et partit en tentant de conserver un air digne tout en trottinant derrière son mari qui avançait à grandes enjambées furieuses.

« Et bin… »

Drago tourna la tête vers le brun qui était halluciné, toujours figé sur son piédestal. Il lui sourit. Le blond sentait une bulle de bonheur gonfler dans son cœur. Cette journée était décidemment une belle journée. Il l'avait pressenti en se levant. Il se sentait tellement bien. Son meilleur ami lui reparlait enfin. Il se sentait plus léger. Ollivander l'avait rassuré sur son aptitude à faire de la magie. Et les paroles du brun la veille, bien qu'il n'en ait gardé aucun souvenir précis, avait semble-t-il allégé sa culpabilité qui l'oppressait depuis tellement d'années. Madame Guipure profita du calme retrouvé pour terminer la conception de la robe du Survivant et lui promis qu'elle serait prête dans l'heure qui suivait. Ils purent donc sortir et allèrent prendre une glace chez Florian Fortârome qui avait rouvert boutique tout comme Ollivander après la guerre. Harry était heureux de voir le blond si bien. Ils recommencèrent à discuter du sort qu'il devait choisir pour reprendre la magie. Une grosse heure plus tard, ils allèrent récupérer la robe du brun et rentrèrent, ayant eu assez d'émotions pour la matinée.

Une fois arrivés au Manoir Potter, ils cuisinèrent ensemble, le brun prenant un malin plaisir à donner des ordres à l'ex préfet. Après manger, ils allèrent s'allonger au bord de la piscine sur les chaises longues avec des livres, la baie ouverte pour laisser filtrer une brise printanière. Harry s'endormit bientôt, son livre tombant au sol dans un bruit mat. Drago lut encore pendant une heure puis le regarda dormir pendant de longues minutes, détaillant les traits détendus du Survivant qui était attendrissant, faisant de petites mimiques d'enfants dans son sommeil. Il finit par se lever et alla passer son maillot de bain dans sa chambre, puis revint et entra dans l'eau avec douceur, tentant de ne pas réveiller son hôte toujours endormi. Il nagea avec délice sans répit pendant longtemps.

L'apparition des jambes du brun dans l'eau l'arrêtèrent, et il sortit la tête de l'eau pour trouver Harry assis au bord de la piscine, l'air encore un peu endormi, le pantalon replié jusqu'au genou, lui faisant un petit signe de la main. Malgré un souffle un peu court, il prit son ton le plus pompeux :

« Bonjour, Ô mon Beau Renard au Bois Dormant ! Comment allez-vous ?

‒ C'est ça, moque toi ! J'ai dormi longtemps ?

‒ Ca dépend. J'ai nagé longtemps ? »

Le brun lui répondit avec un sourire complice et s'allongea, les pieds toujours dans l'eau, regardant le ciel bleu au dessus de la véranda.

« Je crois, d'après la position du soleil, que l'après-midi touche presque à sa fin. On devrait bientôt… »

Il ne put finir sa phrase, car le blond avait saisi sa cheville et l'avait tiré vigoureusement à lui, et le seul bruit qu'il eu le temps de produire avant de tomber dans l'eau fut un glapissement fort peu viril. Le brun refit vite surface, ses lunettes de travers, sa chemise bleu clair flottant autour de lui, riant en s'ébrouant comme un chien.

« Tu vas me le payer, vil serpent ! »

Il attrapa le blond et tenta à son tour de le couler, encerclant son torse de ses bras mais ledit serpent était aussi glissant qu'une anguille et particulièrement agile dans l'eau, échappant à l'étreinte du Survivant avec aisance et riant aux éclats. Drago partit en nageant loin du brun qui tenta de le rejoindre, moins habile cependant avec ses vêtements alourdis par l'eau qui l'encombraient. (6) Le blond profita de son avance pour aller jusqu'à l'échelle, cependant le brun fut trop rapide et l'attrapa par la taille pour l'empêcher de gravir les dernières marches et de fuir. Le Serpentard se retrouva coincé entre l'échelle et le brun qui le tenait fermement, reprenant son souffle. Le blond tenta de se dégager en grognant mais l'Auror était plus fort, le ceinturant fermement, et il approcha son visage du cou du blond qui se figea en sentant la respiration erratique d'Harry s'écrasant sur sa nuque. Puis le nez du brun vint caresser son oreille avec douceur et il l'entendit susurrer :

« Alors, comment comptez-vous vous en sortir cette fois, mon bon Prince ? »

Le blond trembla violemment alors que l'instant s'étirait, le torse du Survivant collé à son dos, son bras autour de sa taille, et son souffle dans son cou. Alors que le blond était sur le point de s'abandonner à cette étrange étreinte, le brun rompit le contact, lâchant Drago et repartant à la nage. Le blond se retourna et ne put retenir une exclamation déçue :

« Et c'est tout ?

‒ Tu voulais que je te noie pour te montrer que j'avais gagné ? Allons, je suis un Gryffondor mon Prince, et je ne noie pas les gens. Tu étais déjà asservi, il n'y aurait eu aucune gloire à t'achever ! »

Le blond rougit et ne dit plus rien, sortant vite de l'eau. Il regagna à grands pas les chaises longues et s'emballa dans la serviette qu'il s'était sorti, tentant de contenir son trouble. Le brun arrivait au bout de la piscine, en face du blond, et s'extirpa de l'eau à la force de ses bras. La chemise bleue ciel collait à son torse, il ruisselait.

« Rah c'est malin ! Une chemise toute neuve ! »

Il se mit à se déshabiller avec le plus grand naturel tout en reprenant le fil de ses idées qui avait été rompu par la farce du blond, imperméable à l'émoi de celui-ci.

« Je disais que vu l'heure, on allait bientôt pouvoir se préparer pour sortir ! »

La chemise tomba dans un bruit spongieux. Drago se forçait à avoir l'air passionné par le bleu sur son poignet pendant que le brun déboutonnait son pantalon, mais il finit par trouver une excuse pour fuir.

« Bon dans ce cas là je vais prendre ma douche !

‒ D'accord. Je vais faire un truc à manger vite fait avant de partir ! »

Le serpentard se leva et partit à grandes enjambées, se retenant de ne pas courir, les yeux fixés obstinément sur ses pieds. Le brun le regarda partir pensivement.

Quand Harry eut prit sa douche, il resta quelques secondes sur le palier du deuxième étage à écouter les bruits provenant de l'étage supérieur. Drago était encore sous sa douche. Il haussa les épaules, et gagna sa chambre où il alla enfiler une tenue qui soit en adéquation avec ses projets pour la nuit.

Il hésita longuement dans le dressing, finissant par arrêter son choix sur un t-shirt vert qui allait parait-il très bien avec ses yeux, et qui faisait également ressortir sa musculature durement acquise, ainsi qu'une chemise blanche qu'il laissait ouverte sur le t-shirt émeraude pour avoir l'air sexy mais pas m'as-tu-vu. Il enfila cela ainsi qu'un jean large qui lui donnait l'air cool et décontracté, et qui soulignait l'effet avantageux de son t-shirt moulant par contraste. Il descendit ensuite ainsi vêtu mettre une pizza surgelée au four.

Quelques minutes plus tard, il alla jusqu'à l'entrée pour prévenir le blond que le repas était prêt, mais Drago ne l'avait pas attendu et était déjà en train de descendre les escaliers. Et Harry resta muet devant la vision de son Prince descendant les marches, hésitant, un peu gêné, tellement beau dans la tenue qu'il s'était choisi, à la fois élégante et simple: le blond portait une chemise blanche cintrée qui soulignait sa silhouette élancée et fine tout en laissant deviner la musculature nerveuse qu'un mois de sport au Manoir lui avait redonnée. Son pantalon noir lui donnait beaucoup de classe et révélait ses longues jambes. Il avait replié les manches de sa chemise pour avoir l'air plus décontracté, et des mèches blondes tombaient sur son front et caressaient ses joues. Harry réalisa en cet instant que les séquelles de la prison avaient quasiment disparu du corps mince du Serpentard : il n'était plus maigre, ses joues n'étaient plus creuses, il souriait à nouveau. En fait, il était même encore plus beau qu'avant la prison, parce qu'il y avait une timidité, un doute qui teintait ses gestes de douceur et de fragilité, le rendant encore plus touchant dans sa grâce princière qu'auparavant. Ses yeux avaient gagné une profondeur, le petit garçon était devenu un homme, les blessures lui avaient apporté une gravité qui accentuait son air d'ange tombé du ciel.

Le Serpentard descendit en rougissant jusqu'au brun :

« Arrête de me regarder comme ça, je ne suis pas une princesse !

‒ Non Drago, tu es mon Petit Prince ! C'est pas pareil. A table ! »

Il lui adressa un sourire enjoué et alla jusqu'à la cuisine, le blond soupirant sur ses talons. Harry détacha l'un des bracelets qui ornaient ses poignets, une large lanière de cuir, et la tendit au Serpentard derrière lui.

« Tiens, ça masquera un peu ton bleu de femme battue. »

Drago saisit le bracelet avec un grognement, l'attachant tout en prenant place sur un des tabourets de la cuisine pendant que le brun sortait la pizza du four.

En posant le plat sur la table, le Survivant fit tomber son couteau et s'accroupit pour le ramasser.

« Potter, je te signale qu'on voit ton caleçon. »

Le brun se redressa, fit face au blond qui avait un air choqué, et lui adressa un sourire goguenard tout en relevant son t-shirt pour dévoiler sa taille où on voyait effectivement dépasser du jean l'élastique de son sous-vêtement.

« Ouais, t'as vu, c'est sex, tu trouves pas ?

‒ Non Potter, c'est ridicule ! Et puis… Bordel Harry c'est quoi ce caleçon ?!

‒ C'est un plan du métro de Londres ! Cool hein ? »

Le blond eut l'air à la fois effaré et navré, faisant éclater de rire le brun qui redescendit son t-shirt pour cacher son ventre plat et la vision de son caleçon qui désolait le Serpentard.

Ils mangèrent en bavardant, Drago ramenant le débat à la question du caleçon du Gryffondor et le ridicule de la mode moldue. Quand ils eurent fini, Harry était surexcité et Drago nerveux. Harry avait décidé de l'emmener dans un bar moldu qu'il aimait, et où il y avait toujours « une ambiance de fou ! » le samedi. Ils prirent la voiture, Harry bavardant avec entrain, tout à sa joie de sortir après tout ce temps. Enfin, ils arrivèrent devant le petit bar du brun qui se révéla être plus proche d'une grande boite de nuit que d'un chaleureux petit pub.

Ils entrèrent sans problème, et il devint vite évident qu'Harry était effectivement un habitué : le vigil au physique de rugbyman à l'entrée et la charmante demoiselle asiatique qui tenait le vestiaire le saluèrent chaudement et tout deux détaillèrent le blond au passage, la jolie asiatique le dévorant particulièrement du regard. Harry dégageait un calme et une confiance impressionnante, on sentait qu'il était dans son élément. Il alla faire la bise au barman, échangeant quelques mots en se penchant au dessus du bar pour se faire entendre, dévoilant au passage une nouvelle fois la ceinture blanche de son boxer londonien, faisant rougir de blond qui détourna les yeux avec pudeur et constata que plusieurs hommes et femmes dans la salle ne se donnaient pas la peine de regarder ailleurs, hypnotisés par la chute de rein du Survivant. Il fronça les sourcils, les toisant méchamment, mais cela n'eut guère d'effets puisqu'ils étaient bien trop concentrés sur le brun.

Harry se retourna vers le blond, et le tira à lui. Drago se figea en se retrouvant quasiment collé au brun qui se pencha sur lui :

« Tu veux boire quelque chose, Petit Prince ? »

Drago déclina l'offre, estimant que son ivresse de la veille était suffisante pour la semaine, mais Harry insista, et lui tendit un petit verre contenant un liquide ambrée qu'il lui fit signe de boire cul-sec. Drago le fit et sentit un liquide chaud et sucré envahir sa bouche, et descendre dans sa gorge en occasionnant une douce brulure. Il toussa, faisant rire le Survivant qui lui proposait de lui servir une seconde tournée. Cette fois, le blond déclina fermement l'offre et indiqua d'un signe au brun qu'il allait faire un tour. Harry acquiesça et continua de discuter avec le barman en exhibant sa chute de rein. Drago entreprit de traverser la piste pour rejoindre les toilettes mais une demoiselle aux courbes plus qu'avantageuses lui barra le chemin et se pencha vers lui, un sourire tentateur incurvant ses lèvres brillantes de gloss :

« Salut, beau gosse, tu danses ? »

Il allait refuser mais il se retourna et vit le brun accoudé au bar en train de sourire d'un air appréciateur à un jeune homme blond qui l'avait accosté, et cela remua quelque chose en lui. Il hocha la tête et laissa la brune plantureuse se coller à lui, ondulant vulgairement contre lui. La musique était trop forte, il faisait chaud, l'atmosphère était lourde et chargée d'odeurs désagréables, mélange de sueur et de dizaines d'eau de toilettes bon marché capiteuses. Lentement, Drago se laissa emporter, il ne restait plus que les pulsations bourdonnantes de la musique, la chaleur et l'alcool fort qui lui montait doucement à la tête accentuant sa transe.

La fille contre lui se faisait de plus en plus audacieuse, se frottant sans pudeur contre lui, ses mains courants sur lui sans pour autant qu'elle arrive à attirer son attention. La musique dominait tout le reste en lui, comme toujours. Il avait les yeux fermés, et c'est seulement quand il sentit la main de la brune sur son entrejambe qu'il les ouvrit, la repoussant vertement. Les injures de la fille éconduite se perdirent dans la musique et le blond continua à danser tout seul.

Bientôt il sentit quelqu'un derrière lui, qui collait ses hanches à ses fesses, calquant ses mouvements sur les siens. Il continua à danser, mais une fois encore la main qui s'était posée sur son ventre se fit conquérante, et il se détacha du corps chaud, faisant volte face. Il s'apprêtait à insulter la demoiselle trop entreprenante mais ses mots se coincèrent dans sa gorge quand il constata que la « demoiselle » était musclée, barbue et qu'une érection naissante déformait son pantalon en cuir.

Il décida de fuir et chercha des yeux le Survivant, mais le localisa contre un mur, en plein échange de salive avec le jeune homme blond qui l'avait abordé à leur arrivée. Il resta figé quelques secondes, puis soudain fit volte-face et traversa la piste jusqu'aux toilettes. Il s'enferma dans une cabine, ressentant le besoin d'être seul quelques secondes pour reprendre ses esprits. Malheureusement, le silence qu'il avait trouvé en entrant fut vite brisé puisque des soupirs lascifs s'échappaient de la cabine voisine. Il se redressa et ressortit, horrifié du nombre de vices qui étaient réunis en un si petit espace. Alors qu'il ouvrait la porte, il faillit percuter quelqu'un. Il recula, hébété, et leva les yeux : le prétendant de Potter. Il en profita, et fila jusque dans la salle pour parler à Harry qui était momentanément seul. Il était assis au bar, souriant, vidant un verre d'un air décontracté.

En s'approchant, Drago sentit son estomac se contracter douloureusement en apercevant les lèvres rouges et un peu gonflées du brun. Harry remarqua enfin le blond qui s'avançait vers lui et eut l'air inquiet. Il se pencha vers Drago pour entendre ce qu'il disait.

« Harry, j'ai envie de rentrer.

‒ Pourquoi ? Il y a un problème ?

‒ Non, je veux juste partir.

‒ Oh non Drago, déjà ?! On vient à peine d'arriver !

‒ Oui je sais mais… s'il-te-plait je ne me sens pas bien, je…

‒ Oh aller Petit Prince, il y avait une jolie brune qui se frottait à toi, pourquoi tu n'essayes pas de la retrouver ?

‒ Les filles faciles ne m'intéressent pas Harry. »

Drago avait répondu d'un ton sec et tranchant, il commençait à être exaspéré par les mœurs du brun, qui le poussait à céder aux avances de la première venue. Il n'avait certes pas forcément été très chevaleresque à l'époque de Poudlard, les filles ne passant pas plus de une ou deux nuits dans son lit, mais au moins elles n'étaient pas des trainées qui venaient se frotter au premier venu. Ce genre de filles l'avait toujours laissé de marbre, l'idée de passer après une centaine d'autres mecs le répugnait. Harry quant à lui ne semblait pas très motivé à l'idée de partir alors qu'une longue soirée prometteuse s'offrait visiblement à lui, et les caprices du blond commençaient à le lasser.

« Ecoute Drago, si tu veux partir, très bien, demande au barman de t'appeler un taxi de ma part, je te donne un peu d'argent moldu et tu rentres ! »

Le blond tenta de cacher sa déception, mais hocha la tête. Il regardait le brun fouiller ses poches à la recherche d'un billet pour payer le taxi quand soudain il sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna, et se retrouva face au prétendant du brun, revenu des toilettes et apparemment fort mécontent de trouve Drago là.

« Et toi, la pétasse blonde, tu l'approches pas, il est à moi ! »

Le Serpentard ôta d'un geste brusque la main du moldu de son épaule, une moue méprisante se peignant sur son visage, et il grogna :

« Ne me touches pas ! »

La colère du jeune homme sembla être décuplée par l'attitude glaciale du Serpentard et il le poussa violemment, le faisant trébucher et tomber durement sur le sol dégoutant du bar. Drago grimaça de douleur quand il sentit un éclat de verre s'enfoncer dans la paume de sa main. Alors qu'il était en train de se relever avec l'intention de faire passer au moldu l'envie de s'en prendre à lui, le Survivant s'interposa et avant que Drago ait pu ouvrir la bouche ou faire un geste, il vit Harry mettre un monumental coup de poing au garçon qu'il embrassait encore cinq minutes plus tôt. Le jeune homme tomba en arrière, choqué par l'attaque inattendue. Il se tenait le nez et leva les yeux vers le sorcier avec l'intention de protester, et se figea en voyant l'air menaçant du brun qui dégageait une aura de violence terrifiante. Drago était derrière lui, le brun s'étant glissé entre eux comme pour faire barrage, et il ne voyait donc pas le visage du Survivant, mais il sentait la magie d'Harry vibrer dans l'air. Il se releva et posa sa main sur l'épaule du brun pour le calmer. Harry se retourna, posa un billet sur le comptoir, saluant d'un signe de tête le barman qui le regardait, bouche bée, et sans lancer un regard à Drago il lui prit la main et le tira vers la sortie, la colère faisant encore briller dangereusement ses yeux.

Une fois devant la voiture azur sur le parking, il se détendit. Il alla ouvrir d'abord la portière du blond, soupira et le regarda enfin d'un air contrit.

« Je suis désolé. Je n'aurais pas du te forcer. Désolé Drago.

‒ C'est pas grave, mon courageux renard. C'est moi, je te gâche ta sortie. J'ai voulu venir pour te faire plaisir mais c'était pas une bonne idée, j'aurais dû…

‒ Merde, t'es blessé ! »

Drago sourit de la soudaine panique du brun à la vue de sa main en sang.

« C'est rien qu'une petite coupure voyons ! Ne t'excite pas, Ô mon Preux Chevalier ! »

Harry lui lança un regard courroucé, mais enleva sa chemise et entoura la main du blond dedans.

« Harry, tu vas pas ruiner une chemise pour une coupure ?!

‒ Arrête de faire l'homme fort et insensible, monsieur le cow-boy, et essaye de pas foutre de sang dans ma voiture ! »

Le survivant fit le tour de la voiture et s'assit à sa place, démarrant le moteur pendant que Drago prenait place en soupirant, un sourire aux lèvres. Ils rentrèrent dans un silence pensif, Harry ruminant sa colère contre le moldu et Drago regardant les rues défilées, l'alcool le rendant encore un peu léger. Il regarda la chemise de Potter et se rendit compte qu'elle était déjà rouge de sang. La douleur l'avait dégrisé mais il se sentait à nouveau s'envoler légèrement. Quand ils arrivèrent, il serrait toujours sa main sans un mot. Il avait un peu la nausée, le sang en grande quantité l'avait toujours chamboulé, déjà à l'époque de la guerre. Quand Harry se fut garé dans son garage, il fit le tour de la voiture et ouvrit la portière à Drago. Le blond s'extirpa du bolide et vacilla un instant, et aussitôt le brun passa un bras autour de ses épaules et un autre derrière ses genoux, le portant avec aisance.

« Bordel Potter, je suis pas une princesse je t'ai dis !

‒ Tais toi, imbécile, tu vas me faire un malaise si ça continue ! »

Il l'emmena jusqu'à la cuisine où il le força à s'assoir. Il lui intima l'ordre de l'attendre puis partit à grands pas. Il revint une minute plus tard, son retour précédé des fracas qu'il produisait en dévalant les escaliers antiques, et il portait une petite valise blanche avec une croix rouge. Drago sourit, narquois.

« Mon chevalier est aussi infirmière ? C'est trop sexy ça Potter. »

Le brun se retint de rire à l'ironie de son patient, s'agenouillant devant lui et ouvrant la mallette, et lança d'une voix volontairement chaude :

« C'est que le début, bon blond ! »

Il lui fit un clin d'œil espiègle puis reprit son sérieux, ôtant précautionneusement la chemise imbibée de sang de la main du blond. Une entaille barrait sa paume, blessure très superficielle heureusement, ne nécessitant visiblement pas de suture. Le brun nettoya et désinfecta avec application, provoquant des protestations douillettes du Serpentard, puis il plaça une compresse stérile sur la plaie et banda la paume blanche pour comprimer la blessure. Il attendit quelques secondes, la main du blond entre les siennes, patientant pour voir si le sang traversait le bandage ou si celui-ci suffisait.

« Merci. Je suis désolé de t'avoir gâché ta soirée Harry.

‒ Bah, c'est rien, c'était un pauvre con. »

Il lui sourit, toujours à genou devant lui. Ses doigts caressaient tendrement la main bandée du blond. Drago avait toujours l'esprit un peu brumeux, l'alcool et le léger malaise d'avoir perdu tout ce sang faisant un peu tanguer la pièce autour d'eux. Mais il fixa son regard sur les prunelles vertes en face de lui, sur le sourire doux du brun, ses lèvres encore un peu rouges. Il revit l'autre blond l'embrasser au club. Il revit la main cuivrée qui se perdait dans les boucles blondes du moldu. Il fronça les sourcils. Et il se pencha sur le brun, mû par une pulsion qu'il réprimait depuis des jours maintenant. Il posa sa main libre sur la joue du Survivant qui s'était figé. Il s'approcha encore et sentit le souffle du brun sur ses lèvres, et la respiration de Harry se faisant irrégulière contre sa peau. Il ferma les yeux. Ca faisait trop longtemps qu'il avait envie d'embrasser son renard. Mais alors que ses lèvres allaient enfin toucher celle du brun, celui-ci se recula brusquement et se releva avec agilité, l'air agité.

« Désolé Drago, mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Tu le regretteras demain. Tu as bu. Tu as la tête qui tourne. Tu es en état de choc. Trop d'émotions en une seule journée. Tu confonds tout. C'est pas grave. Je vais me coucher. Tu devrais faire ça aussi. Et bois un grand verre d'eau avant d'aller au lit. Bonne nuit ! »

Il avait parlé vite, en dansant sur ses pieds, le regard fuyant et les joues rouges, et aussitôt qu'il eut souhaité bonne nuit au blond il déguerpit en courant presque, laissant Drago seul dans la cuisine trop lumineuse, assis sur le rebord de sa chaise, encore penché en avant, la main toujours suspendue là où se trouvait la joue de son hôte quelques secondes auparavant, la mallette de premier secours du brun encore étalée sur le carrelage. Et le Serpentard resta figé ainsi longtemps après que la cavalcade effrénée du brun dans les escaliers se fut tue, longtemps après que la porte de la chambre du Survivant ait claquée. Il était seul, dans le silence, rejouant encore et encore la scène. Il avait voulu embrasser Harry Potter. Et Harry Potter l'avait repoussé.

Le lendemain matin (7), Drago s'était levé tôt, il avait mal dormi. Quand Harry descendit, l'air endormi, ne portant qu'un pantalon de pyjama, il le trouva assis devant un café dans la cuisine, déjà habillé. Il rougit et le salua timidement, surpris. Le blond était tendu. Raide. Il semblait chercher ses mots.

« Harry, je voulais te dire… Enfin je suis désolé pour hier soir. C'était vraiment…

‒ Ecoute arrête de t'excuser. C'est rien. Je n'aurais pas dû te forcer à sortir. Je… C'est de ma faute d'accord. C'était une erreur. On n'en parle plus. »

Drago fronça les sourcils. Harry était sur la défensive. Il avait parlé vite. Le blond ouvrit la bouche mais le Survivant le devança :

« Ecoute, j'ai… j'ai une course à faire, je ne sais pas combien de temps ça prendra. Il faut que je me sauve. Je reviens plus tard d'accord ? »

Il hocha la tête, comme pour lui-même, et partit sans attendre la réponse du blond, montant les escaliers quatre à quatre. A peine cinq minutes plus tard, la voiture du brun s'engageait dans la rue dans un rugissement.

Et voila, ce que Drago craignait le plus après l'épisode de la veille se réalisait. Harry le fuyait maintenant. Il monta dans sa chambre, la mort dans l'âme.

Quand Harry revint une heure et demie plus tard, il trouva le blond assis par terre dans son entrée, le chien couché à ses côtés, une valise posée non loin. Drago se releva, soupira douloureusement et se mit à parler, comme s'il récitait un texte qu'il avait appris par cœur.

« Je voulais te remercier de m'avoir tendu la main, de m'avoir aidé alors que je n'avais personne. Merci de m'avoir donné une seconde chance. J'ai profité de ta générosité et de ton hospitalité assez longtemps, et je crois que j'ai largement franchi les limites de ce qui était autorisé. Merci encore, je ne l'oublierais pas. Je… Blaise va m'héberger pendant quelques temps. Je ne sais pas encore quand ni comment, mais c'est promis je te rembourserai tout l'argent que tu m'as prêté. Je t'emprunte un parapluie si ça ne te dérange pas, c'est le déluge dehors. Je te le rendrai bientôt. Je… Je vais aller prendre le Magicobus. Merci encore pour tout Harry. Désolé d'avoir été un poids. Merci pour ce mois de paix. Tu m'as sauvé la vie. »

Il tenta de faire un sourire sincère au brun, mais c'était plus près d'une grimace douloureuse. Il attendit quelques secondes, comme une perche tendue, une porte ouverte, une dernière chance. Le brun était figé. Le silence fut la réponse que Drago attendait. Il enfila son manteau, prit un parapluie dans le seau près du porte manteau, attrapa sa valise et sortit sans un regard en arrière. La dernière chose qu'Harry vit, c'était le blond qui ouvrait son parapluie et avançait sous les trombes d'eau sans un regard en arrière. Puis la porte se referma dans un bruit sourd. Puis le silence, lourd, assourdissant.


NOTES

(1) Ce pantalon de pyjama ridicule, c'en est un de ma collection alors pas de moquerie :P

(2) J'espère que vous ne me détesterez pas, j'ai esquivé la difficulté qui excitait tant votre imagination, ce réveil et les souvenirs de ce qu'il avait fait la veille d'inavouable :P C'était juste pas ce que j'avais envie de raconter, j'ai décider de faire autrement ! J'espère que ça vous decevra pas…

(3)Kung Fu Fighting, la version de Jack Black of course! Parce que j'adore Jack Black, que ce soit dans Tenacious D (groupe de rock à ne surtout pas manquer =) ) ou en tant qu'acteur, parce que j'adore Kung Fu Panda (dont c'est le générique de fin) et parce que je surkiffe cette musique qui me donne la giga patate et l'envie de faire une super chorégraphie à base d'arts martiaux! Et je dois avouer que quand je dis que Drago bouge sur cette musique, je le vois assez faire cette chorégraphie improbable =P

(4) Le Petit Prince, Saint-Exupéry tout ça quoi.

(5) J'avoue, j'aime lui donner des rôles de garce ! C'est mesquin, je sais. Mais je me soigne, promis ^^

(6) Non, désolé, il ne se mettra pas tout nu pour autant :P

(7)Et oui, j'ai décidé d'écrire un chapitre qui ne se termine pas avec Drago endormi quelque part ! ^^ Ca fait quand même quatre chapitres de suite que c'est comme ça que je clos mes chapitres !


Voila, j'espère que vous n'allez pas trop me détester. J'espère que ça vous a plu.

Le prochain chapitre est plutôt court (genre la moitié de celui là XD) et ce sera le der des der. Après, adieu Fluffy, Pygmalion, le Manoir Potter. Adieu Right & Wrong. Adieu Black et Decker. Euh…

Je crois que je fais du surmenage, excusez moi :) Mon psy a une théorie plus tordue et plus sombre à propos de Freud, le stade Anal (je suis pas trop fan de foot alors je sais pas dans quelle ville il se trouve ce stade :/), mon père, un couteau qui sert de pénis, et mon caca, mais c'est un peu flou et un peu bizarre à raconter :P (lol je sais pas vous, mais moi je rigole de mes conneries, c'est assez triste XD)

Sur ce, je vais me tagueuler (j'aime ce néologisme, désolé, je l'ai déjà adopté ^^) et vous laisser cliquer sur le bouton vert. Je ne dirais pas lequel sinon ce serais influencer le lecteur et j'ai dit que je le faisais pas 0=)

Bise

A bientôt pour la fin

Snif ='(

Nella