« Bonjour Mr Frateli, vous prendrez bien un verre aujourd'hui ?
- Toujours pas Tom, j'emmène mon fils sur le Chemin de Traverse, les fournitures a acheter, tout ça…
- Je ne vous retiens pas ! »
Comme à son habitude, le barman du Chaudron Baveur était plus jovial que quiconque, Felipe et Pietro semblaient à leur aise, en réalité, la renommée de la famille Frateli était assez grande. Depuis 5 ans maintenant, les échanges entre les différents pays du monde chez les sorciers s'étaient intensifiés, tout ceci depuis l'épisode de Voldemort, la communauté magique s'était rendue compte que le seigneur noir avait eu sous ses ordres des magiciens et des monstres venus d'un peu partout en Europe, ses opposants étaient en revanche essentiellement anglais. On créa des ambassades, calquées sur le modèles des moldus, afin de créer des relations entre les communautés de chaque pays pour qu'en cas de conflit, les secours puissent venir d'un peu partout dans le monde. Pietro et ses parents étaient arrivés en Grande Bretagne trois ans auparavant, son père fut l'objet d'une interview dans la Gazette du Sorcier aux cotés d'Herbert Dolov, nouveau Ministre de la Magie. Felipe Frateli travaillait à l'embrassade, et avait des contacts avec énormément de gens, que ce soit dans les hautes strates, ou même dans l'Allée des Embrumes. Il côtoyait régulièrement une foule de personnes, et s'était fait en trois ans une renommée certaine. Sa mère, guérisseuse de grand talent en Italie était entrée à Ste-Mangouste, elle travaillait au quatrième étage, au service Pathologie des Sortilèges, ainsi qu'au deuxième étage, au service des Blessures par Créatures Magiques. Beaucoup de gens là aussi la connaissaient pour ses très bons traitements, certains mêmes lui devait la vie à la suite d'une morsure particulièrement dangereuse, ou un sort raté. Pietro s'était malgré lui retrouvé pris au milieu de tout ça, il apprécia au début qu'on le reconnaisse dans la rue comme le fils de ces deux « grands magiciens méditerranéens ». Mais il se sentit bientôt effacé par la renommée de ses parents, comme si il ne comptait pas, ce qui ne l'empêchait pas d'aimer énormément ses géniteurs.
Tandis que les quelques sorciers et sorcières présents dans le bar saluèrent l'ambassadeur et son fils, ces deux derniers traversèrent la pièce et allèrent dans la petite cour cerclée par un mur en petite brique. Felipe frappa une brique particulière à trois reprises et le mur s'anima, laissant place à une large arcade. Tout deux s'engouffrèrent et débouchèrent sur le très animé Chemin de Traverse. Des dizaines de boutiques s'alignaient tout le long du chemin et la foule semblait particulièrement animée. Pietro étira ses lèvres en un véritable sourire, première fois depuis ce matin, il aimait beaucoup cet endroit pour ses couleurs, la bonne humeur qu'il pouvait vous insuffler, c'était vraiment…magique !
« Bon, première étape, Gringotts. »
Felipe attrapa la main de son fils et l'entraîna à travers la foule imposante et compacte, il croisa sur le chemin quelques personnes qui lui adressèrent un bonjour rapide puis repartaient à travers les gens. Finalement, à l'aide de quelques légers coups de coudes, Frateli père et fils arrivèrent devant la grande bâtisse blanche dont l'entrée était gardée par un gobelin à l'air hargneux. Il existait une banque du même genre en Italie, mais elle était gardée par des nains, créatures moins effrayantes que ces gobelins. Le vacarme à l'intérieur était horrible, on entendait sans cesse le bruit des tampons être frénétiquement frappé sur quelques documents d'une certaines importances, et la mine assez sombre et angoissante des créatures ne rendait pas le lieu très agréable. Quoiqu'il en soit Felipe s'avança d'un pas tranquille vers le comptoir.
« Bonjour, nous venons prendre un peu d'argent dans le coffre des Frateli.
- Vous avez la clé.
- Bien entendu. »
Il plongea la main dans sa poche et en ressortit une petite clé en argent. Le gobelin au comptoir fit un signe de tête vers l'un de ses semblables, ce dernier armé d'une lanterne intima les Frateli de le suivre, ce qu'ils firent. Ils traversèrent un étroit passage très sombre et arrivèrent en face d'un wagonnet, Pietro regarda cette machine d'un air ravi, il adorait grimper dans ces machins, sa mère étant née de parents moldus il eu souvent l'occasion d'aller dans des parcs d'attraction, ce wagonnet lui rappelait certaines machines à fortes sensations. Ils grimpèrent, et s'ensuivit une petite descente tumultueuse au travers d'un véritable dédale souterrain pendant environ deux minutes. Finalement les trois passagers descendirent, le gobelin prit la clé et ouvrit la massive porte sur laquelle était gravé le nom de la famille. Derrière cette dernière, on pouvait voir un amoncellement assez important de pièces d'or, d'argent et de bronze. Il fallait dire qu'un ambassadeur, et qu'un grand médecin devaient assez bien gagner leur vie. Ils en remplirent un petit sac et remontèrent, avant de s'en aller aussi vite qu'ils étaient venus.
« Tu vas aller chez Mme Guipure, tu sais la vendeuse de prêt à porter, pendant ce temps je vais t'acheter tes bouquins et tes ustensiles…ensuite on ira te trouver une baguette tout les deux…au fait, tu veux un animal de compagnie ?
- Oui, un chat.
- Très bien, allez, à tout à l'heure. »
Pietro se faufila maintenant tout seul à travers la foule, moins compacte, car beaucoup de gens se tassaient maintenant dans les boutiques, à la recherche de l'affaire du moment. Malgré tout ce n'est pas sans mal qu'il poussa enfin la porte du magasin de Mme Guipure. Une petite sorcière, toute vêtue de rose lui sauta presque dessus.
« Bonjour mon petit, c'est pour Poudlard…à te voir oui, environ 1m45, des épaules assez larges, une belle allonge, attend ici, j'ai ce qu'il te faut ! »
L'hystérie de cette vendeuse avait quelque chose d'effrayant, mais au moins on était vite servi, Pietro flâna un petit peu dans la boutique, admirant de très beaux costumes de soirée, des robes radieuses, deux autres familles étaient aussi là entrain d'admirer et d'acclamer leurs enfants, les gratifiants d'un « tu es grand maintenant », ou d'un « tu portes très bien l'uniforme de l'école ». Ce genre de réaction ne plaisait pas vraiment à Pietro, ses parents l'aimaient beaucoup, mais jamais ils ne s'étaient répandus en bonté et compliments sur leurs fils, et ils les remerciaient pour lui épargner une telle chose. Mme Guipure revint enfin tenant plusieurs petits paquets dans ses bras, robes, chapeau, gants et cape, le tout y était. Pietro paya la somme de 30 gallions et 15 mornilles avant de sortir de cet Eden du tissu, des ciseaux, et de l'épingle. L'important était maintenant de retrouver son père pour aller lui chercher une baguette, encore une fois la foule s'avérait assez gênante, si bien que par la force des choses il se retrouva tout près de la vitrine d'un magasin qu'il n'avait pas remarqué jusque là. En tout cas, une foule d'enfants se massait devant, admiratif, il leva les yeux et lut le nom du magasin, Farces pour sorciers facétieux. Curieux, il n'avait jamais remarqué ce petit magasin, mais il semblait intéressant, son père n'était toujours pas là…rien de mal à aller jeter un petit coup d'œil. Il poussa doucement la porte et entra dans un monde coloré, ou tout semblait animé, des objets sifflaient, d'autres explosaient, à la joie des personnes venues ici pour faire quelques achats. C'était un magasin de farces et attrapes, il regarda vers le comptoir, un homme roux se tenait derrière apparemment ravi de la populace qui se pressait dans son magasin, un autre, lui ressemblant étrangement était appuyé à coté du comptoir, tout deux semblaient en grande discussion. Pietro regarda par ci et par là, avant de remarquer des bonbons d'une étrange couleur…on aurait dit des Dragées Surprises de Bertie Crochue. Il lut la petite affiche en dessous.
BONBONS COLORANTS !
Ils ont l'air de bonbons ordinaires, faites en manger un à quelqu'un à qui vous voulez faire une farce, ou même quelqu'un que vous n'aimez pas.
Vous verrez presque instantanément sa peau prendre la teinte du bonbon qu'il a mangé.
De plus, un mélange entre deux bonbons peut donner des couleurs inédites.
Fou rire garanti !
5 noises les 10 bonbons.
Pietro examina d'autres articles, des farces et attrapes traînaient partout, tous assez inventif par rapport à ce qui se faisait déjà. Amusé il remplit un sachet de 20 bonbons et s'approcha du comptoir. Apparemment, les deux hommes devaient être en grande conversation, puisqu'ils ne le remarquèrent pas tout de suite.
« Ca marche toujours aussi bien ici, Fred aurait été heureux de voir ça !
- Ron, c'est honorer sa mémoire que de continuer à faire aussi bien marcher les affaires, enfin bon, toi ça va ?
- Bien, Hermione est à la maison, pas facile de s'occuper de nos deux monstres…
- Rose et Hugo, ils sont sympas pourtant…quoi que le petit pleure autant que tu le faisais au même âge.
- C'est ce que n'arrête pas de me répéter maman ! »
Tous deux devaient avoir un lien de parenté, en tout cas ils rigolèrent bien suite à cette dernière réplique. Finalement celui accoudé au comptoir tourna son regard vers le petit Frateli, Pietro remarqua que le regard de cet homme était empli d'une gentillesse assez certaine, mais il y avait quelque chose de sérieux aussi, comme si il avait vécu beaucoup de choses.
« George, je crois que tu as un client.
- En effet, bonjour petit, alors…20 bonbons colorants, ça nous fait 10 noises. »
Pietro tandis la somme désirée, et empoigna le sachet de bonbons. Le dénommé Ron, pour le peu qu'il avait entendu de la conversation, se pencha vers lui.
« Ton père n'est pas là ?
- Il est parti acheter ce qu'il faut pour rentrer à Poudlard.
- Oh, tu entres à Poudlard à la rentrée, pas trop effrayé ?
- Pourquoi je le serais…et puis, je suis trop grand pour avoir peur de n'importe quoi. »
Ron rigola à la remarque de cet enfant qui ne manquait pas de tempérament quand une voix assez forte se fit entendre, Pietro reconnut aussitôt celle de son père, sûrement avait-il cherché son fils pendant un moment. Le jeune garçon craint un moment la colère de son père…cependant Felipe s'avança près du comptoir, Pietro vit qu'il tenait quelques chose de volumineux sous son bras, recouvert d'un drap.
« Très intéressant votre magasin, en Italie nous ne raffolons pas des farces et attrapes, pourtant on aime rigoler.
- Vous venez d'Italie, demanda George.
- Oui, nous habitons ici depuis trois ans maintenant…oh vous devez me connaître, l'ambassadeur d'Italie, Felipe Frateli.
- Ah, c'est vous, vous avez dû rencontrer mon père, Arthur Weasley, je suis son fils, Ronald Weasley, et assistant au ministère…et voici mon frère, George.
- Enchanté Mr l'ambassadeur, on a souvent parlé de vous dans la Gazette il fut un temps.
- Pas de Mr entre nous, clama Felipe d'un geste de dédain, gardons ces formules pour le travail…mais Weasley…vous avez participé à la Guerre Noire, vous étiez même des proches d'Harry Potter si je ne me trompe. »
Ron et George prirent un visage un peu plus sérieux, Felipe en fit de même en voyant leur réaction. George prit enfin la parole.
« Une sombre époque, mais on s'en est sorti tant bien que mal…
- Excusez moi, je n'aurais pas dû parler de ça.
- Ne vous en faîtes pas, c'est à nous de tourner la page, dit enfin Ron sur un ton plus enjoué, c'est pas que je m'ennuies mais je dois retrouver mon père au ministère, à la prochaine George, Felipe, heureux de vous avoir rencontré, en espérant vous revoir. »
George adressa un signe de main à son frère, il échangea à son tour des au revoir avec Felipe, et finalement Pietro et son père se retrouvèrent à nouveau à l'extérieur. Son père l'emmena sans un mot vers une autre boutique, un peu décrépite, mais dégageant quelque chose d'indescriptible aux yeux de Pietro, Ollivander. Son père poussa la porte, et reprit enfin la parole.
« Charmant ces gens non ?
- Les Weasley, oui !
- Bonjour. »
Pietro sursauta presque à l'écoute de cette troisième voix, une voix douce et légèrement traînante, un vieil homme s'approcha d'eux, des yeux pales, légèrement courbé, des cheveux très blancs, le front légèrement dégarni. Felipe poussa légèrement son fils et déclara sur ce ton dégagé qui lui était si particulier.
« On m'a dit que l'on ne faisait pas mieux que vous en ce qui concerne les baguettes magiques, Mr Ollivander c'est ça ?
- Je me débrouille dirons nous…petit, de quelle main tiens-tu ta baguette ?
- La droite monsieur, murmura presque Pietro impressionné, lui même ne sachant pas pourquoi, par cet homme.
- Bien… »
Mr Ollivander s'éloigna de deux clients, c'est là que Pietro remarqua vraiment comment était l'intérieur de la boutique. Tout semblait si vieux et usés, beaucoup de choses étaient recouvertes de poussières, mais le plus surprenant était encore ces milliers de boites rectangulaires qui s'empilaient encore et encore…certaines étaient attaqués par l'humidité, d'autres couvertes d'épaisses couches de poussières, d'autres jaunies pas le temps…Pietro était émerveillé. Il jeta un coup d'œil vers son père, même en tant que « grande personne qui avait vu beaucoup de choses dans sa vie », lui aussi semblait troubler par ce lieu insolite. Ollivander revint finalement, chargé de trois boites, toutes ayant une taille sensiblement différentes, il retira de la première une baguette légèrement courbé à la surface polie et brillante.
« Bois de chêne et crin de licorne, 21.3 centimètres, très flexible. »
Il la lui posa dans la main, Pietro fit un petit geste et Ollivander la lui reprit aussitôt, il en sortit une autre.
« Bois d'if et plume de phénix, 25.7 centimètres, rigide et très résistante. »
Le même manège, Pietro bougea un peu la baguette, et aussitôt Ollivander lui posa la troisième dans la main en clamant.
« Bois d'érable et crochet de cobra, 23.9 centimètres, souple. »
Toujours pas de réaction, Ollivander alla reposer ses trois boites et revint avec trois autres, qu'il dû rapporter à leur tour et revint avec une autre. Pietro vit que le dénommé Ollivander semblait s'irriter peu à peu, il jeta un regard à son père, comme pour lui demander son secours. Felipe se contenta de remuer les épaules, et fit un geste lui intimant d'être patient. Ollivander ouvrit cette énième boite et tandis la baguette à Pietro en annonçant.
« Bois de chêne et peau de dragon, 31 centimètres, très résistante. »
Quelque peu affolé par ce manège, Pietro attrapa la baguette avec sa main gauche au lieu de la droite…à ce moment là il fit un geste et une gerbe d'étincelles blanches et noires s'échappèrent du bout de la baguette. Ollivander était éberlué, il regardait les mains du jeune homme.
« Tu m'avais pourtant dit que tu tenais ta baguette de la main droite, essaie avec ta main droite… »
Pietro ne comprenait pas ou voulait en venir le vendeur de baguette, il avait l'impression de faire une erreur, il prit la baguette dans sa main droite et l'agita…rien ne se produisit. Ollivander se leva et reparti chercher une autre boite…Pietro l'avait entendu dire « Stupéfiant ! » avant de repartir. Le vieux vendeur revint tenant dans sa main une baguette.
« Bois de saule, peau de dragon, 31 centimètres, très souple, prend là dans ta main droite et essaie avec ta main gauche. »
Le jeune homme agita la baguette avec sa main droite, provoquant l'apparition d'étincelles rouges et noires. Ollivander afficha, pour la première fois depuis qu'ils étaient rentrés dans la boutique, un sourire presque enjoué, en tout cas ses yeux brillaient d'une surprenante lueur de contentement. Il attrapa Pietro par l'épaule.
« Mon garçon, ces deux baguettes sont à toi, tu te dois de les utiliser toutes les deux…c'est un phénomène extrêmement rare, mais cela arrive…ce sont des baguettes qui ont une histoire, toute deux serties de peau de dragons, ils s'avèrent que les peaux en questions furent prélevées sur deux dragons né de la même portée, des frères…apparemment liées l'une à l'autre. »
Pietro serra les baguettes dans les mains, il éprouvait un sentiment étrange, il se sentait extrêmement lié à ces deux baguettes, à leur pouvoir, il les aimait déjà toutes les deux. De plus, quelle classe, il serait sûrement le seul à Poudlard à posséder et utiliser deux baguettes. Felipe s'avança et paya les 16 gallions nécessaires à l'obtention des deux baguettes, et tout deux sortirent de la boutique. Pietro se retourna et vit le regard d'Ollivander se poser sur lui à travers la vitrine, il préféra vite détourner son regard, et regarda l'étrange chose recouvert d'un drap que tenait son père.
« Papa, c'est quoi ça ?
- Oh oui, avec cette affaire de doubles baguettes, j'en avais oublié ça. »
Il retira le drap, cachant un assez grande cage au milieu de laquelle sommeillait un petit chaton tout noir, à l'exception d'une tache blanche sur sa tête et le bout des pattes avant blanche. Pietro, adorant les chats, tomba sous le charme.
« Il te plait, lui demanda son père sûr de la réponse de son fils.
- Oui, il est magnifique…je l'appellerais…Riso…je peux le prendre ?
- Attends d'être à la maison. »
Tout deux, réjouis de leur petite journée rentrèrent aussi vite qu'ils le purent chez eux après avoir mangé au Chaudron Baveur.
