La pluie battait furieusement les vitres de la voiture moldue qu'utilisaient ses parents pour certains de leur voyage. On était le 1er septembre, depuis deux jours la pluie s'était abattue avec fureur sur tout le pays, comme pour annoncer de la plus voyante des façons la fin des vacances. Pietro regardait dehors, la tête négligemment posée sur le carreau de la fenêtre arrière, son père et sa mère se tenait devant, dans une grande conversation. Pietro se taisait à l'arrière, anxieux de tout ce qui allait lui arriver, il n'avait toujours aucune envie d'aller à Poudlard, mais au point où en était les choses, il ne pouvait plus reculer. Il se contentait donc de faire une moue continuelle depuis quelques jours, au grand dam de ses parents qui eux se réjouissaient de voir leur fils devenir un sorcier à part entière. Pietro n'avait manifesté d'intérêt ces derniers jours que pour son chat, Riso. Le chaton avait prit un peu de poids depuis son achat, et il était particulièrement joueur…Pietro le considérait comme un camarade d'infortune, destiné à passer une année dans une école où il ne désirait pas aller, dans un pays qu'il n'appréciait pas, et où il pleuvait bien trop à son goût. Il fallait dire que le climat anglais n'avait rien de comparable à celui de la région de Naples. Mis à part cet entêtement à ne pas vouloir aller à Poudlard, l'autre chose qui avait fait beaucoup parler chez les Frateli, fut le port de deux baguettes différentes par leur fils. Jamais ils n'avaient vu ça, ni entendus parler…quelque chose d'extrêmement rare à en croire Ollivander, le plus surprenant dans l'histoire étant que chacun des baguettes fonctionnant parfaitement dans une main, ne semblaient pas réagir si on les échangeaient.

« Pietro, je crois que tu vas être un sorcier formidable, lui avait dit sa mère.
- Deux baguettes, deux fois plus de puissance, continuait son père sur le même ton amusé. »

Pietro ne voyait pas ce qu'il y avait d'amusant, en tout cas, cela lui plaisait, ces deux baguettes lui donnait un sentiment de supériorité. La pluie sembla se calmer pour se transformer en une bruine fine mais ininterrompue alors que Felipe garait la voiture en face de la garde de King's Cross. Son père apporta un chariot et on chargea tout le barda du jeune sorcier, mieux valait un chariot vu la masse d'affaires à emporter. Ils entrèrent ensuite dans la gare et se dirigèrent au plus vite vers les voies…Pietro ne comprit pas tout de suite le coup de la voie 9 ¾, mais son père lui montra l'exemple, c'était finalement assez simple de traverser un mur. Ils arrivèrent dans un quai où se pressait plein de gens, habillés à la façon des moldus, certains mêmes étaient assez ridicules. Le plus impressionnant dans tout ça était l'impressionnante locomotive crachant des panaches de fumées blanches, derrière elles s'alignaient bien plus de wagons qu'il n'avait put en voir sur des trains moldus. Au moins ici il se sentait dans son élément, tous les enfants qu'il pût voir avaient avec eux de lourds chariots chargés de marchandises tout aussi surprenantes que les siennes. Les Frateli s'approchèrent de l'un des wagons, Pietro semblait assez calme, un coup d'œil sur ses parents pour savoir qu'il n'en allait pas de même pour eux. Sa mère se baissa pour se mettre à sa hauteur, elle avait les yeux embués.

« Tu deviens un grand garçon, il va falloir que tu sois courageux là-bas.
- Ca va plutôt être à vous de ne pas trop vous faire de soucis pour moi.
- Très perspicace mon fils ! déclara son père en rigolant.
- Oui c'est vrai, mais prends soin de toi, je suis sûr que tu deviendras meilleur sorcier que nous ne l'avons jamais été. »

Le jeune garçon ne s'attendait pas à un tel compliment, cela le toucha profondément, il aimerait devenir un bon sorcier, mais il savait que ses parents étaient déjà très doués, reconnus en Italie, et déjà en Grande Bretagne…comment les égaler. En tout cas, il prit sa mère dans ses bras et se contenta d'un.

« Je ferais de mon mieux ! »

Caterina embrassa son fils sur une des joues et se releva, Felipe s'approcha de son fils, un peu plus décontracté que sa compagne. Il lui posa une main sur la tête et lui ébouriffa encore une fois les cheveux.

« Tu reviens à la maison pour Noël, je suis sûr que tu auras beaucoup de choses à nous raconter, tu verras, je suis certain que tu te plairas à Poudlard.
- On verra.
- Allez, le train va partir, montes vite. »

Pietro monta ses affaires dans le wagon, Caterina s'accrocha au bras de son mari, une unique larme roulait sur sa joue, Felipe la regarda et lui marmonna à l'oreille que la première année de séparation serait la plus difficile à supporter. Ils firent de grands signes d'au revoir à leur fils, beaucoup d'autres parents étaient amassés au bord du quai pour saluer leur progénitures. Finalement le Poudlard Express quitta la gare et commença son voyage. Pietro trouva un compartiment vide et y entra, il eu quelques difficultés à poser ses lourdes bagages dans le filet prévu à cet effet, mais après quelques minutes d'effort il put enfin s'asseoir confortablement. Il se mit aussitôt contre la fenêtre, Riso toujours posé sur ses genoux…le chat semblait avoir adopté le rythme tranquille du train, il s'allongea sur les jambes de son maître et s'endormit en ronronnant sec. Pietro afficha alors la mine la plus dépitée qu'il pouvait, plus moyen de faire marche arrière maintenant, il devait se résoudre à passer une année dans cette école de sorcellerie…il essaya de relativiser. A quoi bon retourner en Italie, il y serait tout autant dépaysé qu'ici, trois qu'il vivait ici, là-bas, pas sûr qu'il retrouve ses anciens amis, pas sûr qu'il résista aux chaleurs qu'ils faisaient parfois là-bas…mais fini les délicieuses glaces, les repas succulents et énormes. Il manifesta tout son dépit dans un long soupir, perdu dans ses pensées, il sursauta en entendant la porte du compartiment s'ouvrir.

« Oh désolé, je ne voulais pas te déranger, je peux m'asseoir ici ? »

Pietro regarda le nouvel arrivant, il était plus grand que lui, sûrement plus vieux, assez maigre, le regard calme et un peu triste dans le fond. Les cheveux châtains clairs coupés court, les traits du visage très fins, une peau claire, légèrement rosée au niveau des joues. Il portait des couleurs mornes, gris et blancs, il traînait derrière lui un chariot tout aussi chargé que celui de Pietro auparavant.

« Euh, oui, entres. »

Le nouveau venu s'installa assez vite, et prit bientôt ses aises…un calme assez gênant s'instaura bien vite. Pietro n'aimait pas ce genre d'ambiance, lui qui avait hérité de l'habitude de son père à facilement engagé la conversation, il allait parler quand son voisin lui dit.

« Mignon ton petit chat, c'est ton animal de compagnie ?
- Oui, il s'appelle Riso…
- Marrant comme nom, moi j'ai une chouette, je l'ai appelée Lune.
- Etrange comme nom.
- Une petite fantaisie, une façon de me faire penser à mon père…au fait, je me suis pas présenté, je m'appelle Teddy Lupin.
- Pietro Frateli, j'entre en première année à Poudlard.
- Ah, tu es nouveau, moi je suis en troisième année, tu verras, Poudlard est un endroit magnifique !
- Si tu le dis… »

Malgré l'apparente joie de Teddy, Pietro ne pouvait s'empêcher de penser qu'il allait au bagne, son interlocuteur le remarqua et lui demanda.

« Tu vis ici depuis pas très longtemps ?
- Trois ans, l'Italie me manque…
- Ah, tu es Italien, je comprends que tu dois être un peu dérouté, c'est très différent de vivre là-bas ou ici, ne serait-ce que pour le temps, fit-il en regardant par la fenêtre.
- En effet, mais j'ai plus le choix…faut s'habituer quoi.
- Tu sais, moi aussi il a fallu que je m'y habitue, je n'ai jamais connu mes parents, c'est difficile de vivre orphelin au milieu des autres.
- Ah…euh, je suis désolé, je…
- Ne t'en fais pas, j'ai appris beaucoup de choses sur eux depuis le temps, ils étaient de grands sorciers, et même si je ne les ai pas connus, je suis heureux d'être leur fils, et puis, beaucoup de gens se sont bien occupés de moi.
- Je sais que ça ne se demande pas, mais…pourquoi ne sont-il plus là ?
- Ils sont morts pendant la Guerre Noire, Remus Lupin et Nymphadora Tonks, ils se sont battus courageusement contre Voldemort, ils sont morts en héros ! »

Pietro, pour le coup, en oubliait son malheur, Teddy faisait preuve d'un grand courage malgré ce qu'il avait subi, il semblait même fier de ça, ses parents devaient être des gens d'une grande importance. Teddy semblait un peu plus à l'aise que quand il était entré, il souriait maintenant en regardant par la fenêtre.

« Et toi, pourquoi tu es arrivé en Grande Bretagne.
- Pour le travail de mon père, il travaille ici depuis peu…à l'ambassade.
- Oh, Frateli, tu es le fils de Felipe Frateli l'ambassadeur, j'ai entendu parler de lui.
- Oui, comme tout le monde. »

Ils passèrent encore un petit moment à parler de choses et d'autres, puis vers midi ils furent interrompus par une vieille dame poussant un chariot remplies de toutes sortes de friandises. Teddy et Pietro achetèrent pour 2 gallions, 10 mornilles et 4 noises de bonbons en tous genres, bien assez pour couvrir les sièges inoccupés de paquets de friandises. La femme s'en alla, et elle fut suivie par deux garçons, un brun assez grand et robuste, et l'autre plus petit, blond et le visage joufflu.

« Hey, Teddy, on te cherchait…oh, bonjour !
- Désolé, j'ai fait connaissance avec Pietro, et je suis resté ici.
- Salut Pietro, je suis Marc Tweed, dit le blond joufflu.
- Et moi Matthew McLeagan, déclara le brun baraqué, on est des amis à Teddy.
- Ben, je m'appelle Pietro Frateli…
- Il est en première année, fit Teddy aux deux autres.
- Tu vas voir, tu vas découvrir des choses fantastiques, eh, vous avez plein de bonbons, on a raté le chariot parce qu'on était parti aux toilettes, fit Marc l'air enjoué.
- Ben, asseyez vous, y'en a assez pour quatre. »

Sur l'invitation de Pietro, les deux autres troisièmes années se firent une place dans le compartiment, et tout ce petit monde se mit à dévorer goulûment les friandises. Pietro semblait de plus en plus détendu, Marc était vraiment très drôle, Matthew sûr de lui et très cynique, Teddy quand à lui était plus calme, mais il avait quelques mots d'humour particulièrement impressionnants. L'hilarité fut générale lorsque Marc recracha violemment une Dragée surprises de Bertie Crochue, qui selon lui avait le goût d'épinard. Le soleil commençait à tomber quand Matthew se releva suivi par Marc.

« C'est pas qu'on s'ennuie ici, mais on va allez se changer.
- A plus tard Pietro, en espérant te voir arriver à Gryffondor, dit Marc avant de s'en aller. »

En entendant le nom de Gryffondor, Pietro se souvint de ce détail, son père lui avait expliqué qu'il existait quatre maisons à Poudlard, Gryffondor était l'une d'entres elles. Vu l'allégresse de Marc, et l'amitié de ces trois là, Pietro supposa qu'ils étaient tout trois à Gryffondor. Il se tourna vers Teddy qui était occupé à rassembler les emballages vides de bonbons, Pietro l'imita, c'est qu'ils en avaient mangés des cochonneries. Il commençait déjà à y avoir du remue ménage dans le couloir, beaucoup d'élèves quittaient des compartiments pour entrer dans un autre, comme l'avait fait Matthew et Marc. Teddy attrapa sa valise et sortit ses habits de sorciers, Pietro fit de même…ce n'est que là qu'il remarqua que la nuit était complètement tombée, et au loin, derrière une montagne, il vit se dresser un château. Sa vision semblait féerique, il était grand, ses fenêtres étaient éclairées, il avait tant de tours que Pietro n'arriva pas à les compter. Teddy venait d'enfiler son chapeau pointu quand il remarqua la stupéfaction de son nouvel ami.

« C'est Poudlard, notre maison à tous.
- Magnifique ! »

Teddy rigola, se rappelant que Pietro avait dit un peu plus tôt qu'il ne voulait pas venir ici, et encore, il n'était pas au bout de ses surprises. La pluie battait toujours les fenêtres du train lorsque celui ci s'arrêta. Teddy intima à Pietro de le suivre, ce qu'il fit sans demander son reste. La masse d'élèves se pressait maintenant dans le couloir, le jeune italien fut un peu découragé en voyant que beaucoup d'entres eux étaient bien plus grands que lui, mais lui aussi grandirait. Enfin ils arrivèrent à l'extérieur, Pietro remarqua que la pluie n'était finalement pas si forte que ça, et Teddy s'éloigna quelque peu.

« C'est ici que nos chemins se séparent pour le moment, à tout à l'heure ! »

Pietro le vit rejoindre Marc et Matthew, tout trois grimpèrent dans des calèches, calèches auxquelles rien n'était attelés, et comment ces choses étaient sensées avancer. Il entendit alors une voix tonner, une voix puissante et forte, ayant pourtant quelque chose de doux dans le fond. Il tourna la tête, quel spectacle, un géant, il devait approcher les 3m, une grosse barbe et une chevelure hirsute, le tout grisonnant. Le géant leur intima de les suivre, ce qu'ils firent. Heureusement que le géant était là, car le chemin par lequel ils passèrent n'avait rien d'encourageant, un garçon un peu plus petit que lui à sa gauche serrait fermement son chapeau entre les mains…il devait être effrayé, et pour tout dire, Pietro ne se sentait pas vraiment rassuré non plus. Après cinq petites minutes de marches qui parurent durer des heures aux élèves de première année à cause de la peur et de la pluie qui rendait leur robe pesante et froide, la rive du fameux lac noir apparut aux yeux des enfants. Le géant tonna que les enfants devaient se rendre vers les canots le long de la rive et monter dedans…sans chahuter. Bien entendu, ces petits nouveaux, apeurés par le géant et impressionnés par la majesté du lieu s'exécutèrent sans demander leur reste. Pietro se retrouva, bien malgré lui, aux cotés du garçon qui serrait fermement son chapeau, dans le même canot. Sans qu'aucune rame, ou moteur n'actionne les canots, ils avancèrent sur l'eau à un rythme lent, les faisant malgré tout s'approcher un peu plus de l'immense château. Avec eux il y avait aussi une jeune fille brune comme la nuit ambiante, avec l'air d'être très sûre d'elle, et un garçon blond foncé, les joues épaisses. Tout quatre, tout comme tout les autres enfants, échangeaient quelques mots, leur barque se contenta de ces quelques phrases.

« Ce château est impressionnant, fit Pietro, dans l'espoir de briser le silence de l'embarcation.
- J'ai hâte d'être répartie dans une des maisons, fit la fille brune.
- Il paraît que le banquet de début d'année est énorme ! lança le garçon blond.
- Et que le plafond est une représentation du ciel, fit le petit timide. »

Les canots entrèrent dans un tunnel long et large, courant sous le château, et finalement les canots s'arrêtèrent d'eux mêmes dans une petite crique. Le géant fut le premier à descendre de son canot, et agitant sa lanterne et élevant la voix, il intima à tous de le suivre. Dans les bruits de pas, de robes qui gouttaient sur le sol de pierre, de chuchotements, les premières années grimpèrent plusieurs escaliers avant d'arriver dans un hall immense, garni de vieux tableaux particulièrement causant. Un petit homme trapu et en habits de moine dans l'un des tableaux semblait regarder le groupe avec attention, une dame habillé avec une robe aux reflets d'or et d'argent semblait s'indigner en voyant l'apparence de certains. Pietro avait souvent vu des tableaux, ou photos agir, parler, mais être aussi expressifs, jamais. Tous se tassèrent devant la grande porte en chêne massif, qui était le plus bel ornement de ce hall.

« Tu crois que tu iras à Gryffondor, lui demanda le jeune garçon timide.
- Je n'en sais rien du tout…et puis pour moi l'essentiel c'est de suivre des cours.
- Pourtant, beaucoup de héros de la Guerre Noire étaient à Gryffondor, comme Harry Potter, s'exclama-t-il.
- Tu sais je… »

Pietro aurait bien voulu réponde que, ne venant pas de ce pays, il ne connaissait presque rien de la grande guerre, et qu'il ne voyait pas quel prestige il y avait à être dans la même maison qu'Harry Potter, mais il fut coupé par les pas du géant. Ce dernier s'approcha de la porte, et il frappa trois fois. Chaque coup résonnant dans le corps de Pietro, et marquant à chaque fois un peu plus le fait qu'il ne pouvait plus reculer, il ferait ses études ici.