Et voici l'épisode 3! Désolée pour l'attente! Bonne lecture!
Episode 3: Son secret révélé.
Une lumière blanche très vive se manifesta tout autour d'eux. Sarah, étouffant encore dans l'étreinte de la créature de flammes, entreprit cependant de regarder autour d'elle. La lumière s'étant dissipée, elle pouvait discerner un lieu totalement désertique, des kilomètres de dunes s'étendaientt vers l'horizon. Elle était bien loin de Munich, le paysage n'y ressemblait plus en rien. Mais ce n'est pas ce qui la surprit le plus. Le ciel était étrange. Il était rougeoyant, comme un immense brasier, sans nuage. Il n'avait rien d'un ciel bleu normal. Était-elle en Enfer?
Le groupe se mit alors en marche. Burst l'avait relâchée, mais il lui avait enchaîné les poignets, et la traînait à présent dans le sable. Il savait bien qu'un être humain normal ne supporterait pas plus longtemps la haute température de son corps, et il ne fallait pas qu'elle meurt, ils en avaient encore besoin. En s'éloignant, Sarah jeta un œil en arrière pour voir où ils avaient atterri. Une immense obélisque se dressait au sommet d'une dune, couverte de symboles étranges gravés dans la pierre. Une faible lumière l'entourait d'un halo blanc. Sans nul doute, c'était grâce à cela qu'ils étaient parvenus dans ce lieu, pour le moins surprenant. Plus ils avançaient, plus elle voyait des débris de métal éparpillés ça et là dans le sable. Ils avaient une forme étrange, certains morceaux ressemblaient à ce qui avait pu être tantôt un bras, tantôt une jambe, mais plus du type androïde qu'humain. Sarah leva les yeux, et vit qu'on l'emmenait dans une sorte de forteresse d'acier, qui se présentait sous la forme d'une grande tour dont la base, fichée dans le sol, disparaissait sous un amoncellement de roches diverses. De même, des centaines de câbles de multiples couleurs sortaient du sol pour aller s'accrocher à différents endroits des parois de la tour. Rien, absolument rien n'était semblable au monde qu'elle connaissait.
«Cet endroit est étrange. Trop étrange pour être un coin reculé de notre planète. Et trop effrayant aussi. En temps normal, je ne me serais pas aventurée à de telles hypothèses, mais avec tout ce qui m'est arrivé jusque là, j'en suis quasiment certaine. Nous sommes dans une autre dimension, un monde totalement parallèle au nôtre.»
Elle tourna la tête et regarda une fois de plus l'obélisque. Elle se rappela alors le grand cercle de mégalithes, et la lumière bleutée qui s'en dégageait. C'était le même scénario, à peu de choses près.
«Mais oui! Ce monument doit sans doute agir lui aussi comme une porte inter-dimensionnelle! Ce médaillon aurait-il un tel pouvoir? Celui d'envoyer son détenteur voyager à travers le temps et l'espace?»
Pendant qu'elle y réfléchissait, ils étaient arrivé au pied de la forteresse. Madame Rosso tendit alors la main et la posa contre la roche. Il se produisit un étrange phénomène: la surface rocailleuse devint alors molle comme de la guimauve, parcourue de cercles concentriques qui trouvaient leur source dans le contact de la main sur la paroi. Alors, ils s'avancèrent au travers, et Sarah fut surprise de passer aussi simplement qu'un couteau dans du beurre mou. De l'autre côté, il faisait totalement noir. Elle entendit néanmoins quelques pas sur sa droite, puis un claquement sec et un bruit semblable à la diffusion de rayons X; surgit alors une lumière éclatante produite par des centaines de grosses ampoules. Elle remarqua le savant fou qui s'éloignait d'un gros interrupteur, devinant donc que c'était lui qui avait actionné l'éclairage. Ils se mirent en route le long d'un interminable corridor. De temps à autre, Sarah entendait des gouttes d'eau tomber sur le sol, ou encore des bruits de succion, comme si quelque chose de visqueux se déplaçait le long des parois; mais pour sûr, elle ne voulait pas en savoir davantage. De toute manière, il y avait autre chose qui l'inquiétait. Bizarrement, elle se sentait de plus en plus faible, comme si ses forces l'abandonnaient petit à petit. Il lui arrivait même de voir un peu trouble. Peut-être était-elle un peu malade...
Une faible lueur se faisait de plus en plus visible à mesure qu'ils avançaient. Bientôt, le couloir prit fin, et ils aboutirent dans une grande salle plus ou moins circulaire. Sarah ne put s'empêcher de ressentir un profond malaise. Des câbles parcourus l'ensemble de la salle, tantôt regroupés sur le sol, tantôt suspendus en travers de la pièce, de manière totalement anarchique. Au centre se trouvait une sorte de grosse matrice, une boule de métal couvertes de câbles venant du très haut plafond; cette boule semblait diffuser une lumière ocre. Tout autour de la salle, contre les parois, étaient accrochées de nombreuses passerelles, sur lesquelles circulaient d'étranges petits êtres, au crâne chauve et portant de grosses lunettes, vêtus de blouses blanches; leur peau semblait huileuse. Ils semblaient s'affairer autour de la matrice, prenant des notes, calculant sur des tableaux, serrant un ou deux boulons par-ci par-là. En les voyant, Arkibald s'extasia, des étoiles à la place des yeux:
«Ooh, mes chers petits Toaders! Aaah, je les aime! Ils sont si intelligents et si organisés! Je peux partir et les laisser seuls, ils feront toujours du bon travail, et toujours dans les temps! Oooooooooh je suis un génie! Un GENIE! HA HA HA HA...!»
Et tandis qu'il hurlait des louanges pour lui-même et pour ses créatures, en gesticulant dans tous les sens, la lumière ocre se faisait de plus en plus éclatante. C'est alors qu'une silhouette s'avança sur la passerelle qui surplombait la matrice. Cette personne ne dévoilait aucune partie de son corps, car elle était vêtue d'un drapé de couleur beige, qui lui cachait entièrement le visage. A son arrivée, les sons métalliques, qui provenaient manifestement de sous eux, s'estompèrent. Une voix féminine et monotone s'éleva, une voix qui faisaient hérisser les poils de la nuque de Sarah.
«Arkibald! Tes créatures ont-elle fini leur travail?»
«Oui, Dame Katell. Le mécanisme est achevé. Cependant, il nous faut la clé qui lui permettra de se mettre en marche.»
«Très bien. Heureusement, nous aurons bientôt cette clé en notre possession. Il est désormais temps de mettre notre plan à exécution, chers amis.»
«Viens par-ici toi!» lança Madame Rosso à l'intention de Sarah.
Burst brisa ses chaînes et la projeta dans les bras de la dame en rouge. Cette dernière la traîna alors vers la matrice. Sarah commençait à sentir le danger, elle se mit à se débattre de toutes ses forces.
«Arrêtez! Lâchez-moi! Qu'est-ce que vous allez me faire? Lâchez-moiiii!»
«Pourquoi hurles-tu? Tu devrais être heureuse! Lui dit Madame Rosso, d'une voix glaciale. Tu vas réaliser notre rêve.»
Alphonse venait de finir de tracer le cercle. Ed, perdu dans ses pensées, ne l'avait pas entendu l'appeler.
«Comment fait-on pour activer ce médaillon, se disait-il.»
« Ed! ED! »
Il réagit enfin. Félicitant Al pour son travail, il s'empressa d'examiner le cercle au sol. Il ne voyait décidément pas du tout en quoi le pendentif et ce cercle pouvaient interagir.
« Al. T'as pas une idée? Je sèche là. Et on a pas beaucoup de temps. »
« Apparemment, ils ont pas fait grand chose de compliqué. Elle tenait le médaillon, et, ensuite... » Al s'éloigna et ramassa un morceau de tôle de la camionnette qui brûlait encore. Il revint vers Ed.
« Ensuite, ils ont mis le feu à ce cercle. On n'a qu'à juste essayer ça, pour l'instant, qu'est-ce que t'en dis frangin? »
« Ben... J'en dis que j'ai franchement pas d'autre idée. J'te fais confiance. » lui répondit Ed avec un clin d'œil.
Il se plaça au centre du cercle, et mis le médaillon de Sarah autour de son cou. A son contact, il avait l'impression de sentir un petit cœur battre. Il sentait aussi une étrange puissance qui le parcourait; mais il mit tout cela sur le compte de son imagination, et attendit son frère. Alphonse le rejoint, attrapa son bras, et jeta la tôle sur le sol. Au bout de quelques secondes, le cercle commença à happer les flammes, et tout à coup, il s'embrasa entièrement. Les deux frères paniquèrent un peu, mais se rendirent vite compte que le feu ne les brûlait pas. Il était entièrement absorbé par le cercle de transmutation. Alors, il s'illumina en même temps que le médaillon autour du cou d'Edward, qui se sentit envahit par une vague de violents frissons causés par une énergie incontrôlable. Tous deux ne savaient pas quoi faire ensuite. Comment se rendraient-ils auprès de Sarah? A vrai dire, à cet instant, ils ne pensèrent qu'à elle, à leur désir de voler vite à son secours. Soudain, tous deux disparurent dans un gouffre noir et oppressant, et réapparurent au pied d'une obélisque, au milieu d'un immense désert. Ils observèrent un peu les alentours.
« Qu'est-ce que c'est que ce truc? »Demanda Edward, les yeux et la bouche grands ouverts, en voyant l'énorme forteresse qui se tenait devant lui.
« Aucune idée! Répondit Al, un peu décontenancé par l'air stupide de son frère. Mais c'est ici! Je suis sûr que c'est ici que l'on devait aller.»
Sûrs d'eux, ils s'approchèrent de l'édifice. Cependant, un nouvel obstacle se présentait. Ils eurent beau en faire plusieurs fois le tour, ils n'y décelaient aucune entrée. Ils tentèrent de briser la roche, de monter dessus, de creuser dessous, rien n'y faisait. Cet endroit peu rassurant ne faisaient qu'amplifier leurs craintes concernant Sarah. Si elle se trouvait bel et bien là-dedans, que pouvaient-ils bien lui faire?
Pendant ce temps, Sarah avait été attachée à une sorte de table avec plusieurs lanières à boucle. A l'aide d'un moulinet, Burst redressait cette table, et Arkibald plaçait deux électrodes de part et d'autre de la tête de la jeune fille qui se débattait violemment, essayant d'arracher les ceinturons qui maintenaient ses membres le long de son corps.
« Mais qu'est-ce que vous allez me faire? criait Sarah toujours en s'efforçant de se glisser hors de ses liens. Je refuse de devenir une chimère, vous m'entendez! Relâchez-moi! »
« Une chimère? Dit Madame Rosso en riant. Sache que nous t'estimons un peu plus que ça, ma chère. Tu vas servir à de plus glorieux desseins. »
Sarah s'était tut et observait la dame vêtue de rouge d'un œil intrigué. Que voulaient-ils donc?
Mais au moment où Arkibald allait actionner un levier, Katell l'interrompit.
« Dehors, il y a des intrus que j'aimerais faire entrer. Arkibald, je préférerais que tu les laisses entrer avant toute autre chose »
Surpris et déçu, Arkibald s'exécuta et alla actionner un autre levier.
Edward, qui tentait maintenant – et de façon plutôt ridicule- de faire bouger la roche en la poussant de toutes ses forces, réalisa d'un coup qu'elle s'était ramollie. Il bascula au travers, et Alphonse avec, celui-ci ayant attrapé un pan du manteau d'Edward pour l'empêcher de tomber. Les voici donc tous les deux dans ce même corridor éclairé par des ampoules. De plus en plus certain qu'ils touchaient au but, les deux frères avancèrent alors d'un pas décidé jusqu'au bout du couloir. A la sortie, ils ne prirent pas le temps d'observer la salle. La première chose qu'ils virent, c'est leur amie attachée et visiblement heureuse de les voir.
« Ed! Al! Cria-t-elle! J'étais sûre que vous comprendriez! » dit-elle avec un sourire, les larmes aux yeux.
« Sarah! » crièrent-ils en chœur.
« Eh bien, eh bien, ces retrouvailles sont très touchantes, mais nous ne sommes pas là pour votre complaisance, dit Katell. Je suis ravie que vous soyez ici, Alphonse et Edward Elric. Mais vous allez sagement attendre votre tour, car vous me serez bientôt très utile. Maintenant que tout est prêt, je ne voudrais pas gâcher plus de temps. »
Le visage fendu dans un sourire sadique, Arkibald activa sans plus tarder le levier de sa machine. Sarah se mit alors à hurler de douleur. Ed et Al, alertés par ses cris déchirants, se lancèrent à son secours, mais une bande de petits bonshommes au crâne dégarni et aux lunettes trop grosse pour leur visage leur tombèrent dessus, surgissant de nulle part. Débordés, les deux frères se résignèrent à se battre contre eux avant de détacher Sarah. Un étrange écran holographique se trouvait au-dessus d'elle, et plus elle criait, plus on pouvait distinguer des formes, floues d'abord, puis de plus en plus nettes. Arkibald augmenta un peu plus la puissance, Sarah redoubla de souffrance, et bientôt, elle s'évanouit. Alors, les images étaient clairement visibles. Toutes se succédaient très vite, mais on voyait bien les scènes. Une petite fille aux boucles brunes sur une bicyclette, qui roulait de façon maladroite, puis tombait. Puis un homme aux cheveux roux, avec des lunettes carrées et une longue tresse qui lui tombait jusqu'au bassin, qui l'aidait à se redresser avec un grand sourire. Puis la même petite fille soufflait des bougies d'anniversaire, apprenait à nager, lisait un livre, récitait une leçon en classe... Katell s'impatientait.
« Arkibald. Tout cela ne nous intéresse pas. Il faut aller plus profonds! »
Le scientifique fou acquiesça avec un sourire plus grand encore, et augmenta la puissance une fois de plus. Cette fois, Sarah avait grandit. Elle faisait des fouilles, et semblait avoir trouvé quelque chose de fabuleux, mais on eu pas le temps de voir ce que c'était. Les images s'accéléraient de plus en plus, les scènes se raccourcissaient. Un livre d'alchimie, une étrange porte, deux enfants blonds qui riaient en tenant la main d'une femme brune, une petite fille blonde qui les suivaient avec son chien, un homme aux cheveux blonds devant une tombe, un jeune homme aux cheveux noirs qui faisait surgir des flammes, accompagné d'une femme blonde...
Le visage de la Sarah réelle, évanouie, se crispa un peu. Elle semblait à nouveau en proie à la douleur. Mais elle semblait résister, elle voulait à tout prix éviter que plus d'informations ne s'échappent. Elle se concentra dans son subconscient, et son visage était de plus en plus crispé. Alors, on ne vit plus que des bribes d'images. Elle ne parvenait à fermer totalement son esprit, la puissance était trop difficile à combattre. Des visages étranges se succédaient, une femme aux longs cheveux noirs, avec un tatouage sur la poitrine, un monstre se jetant sur un homme pour le dévorer, un autre homme avec une cicatrice sur le front, un garçon avec un bras et une jambe de métal, une grande armure, des combats, des cercles, des militaires vêtus de bleu, des chimères, et ces mêmes enfants, l'un en sang, l'autre disparaissant à travers une porte... Katell jubilait, ils allaient toucher au but...
Mais alors Sarah se mit à hurler plus fort encore. Sa souffrance semblait à son paroxysme. On voyait encore un jeune homme blond réaliser une fusée, et un jeune garçon vêtu d'un manteau rouge qui s'élançait pour attraper une armure qui disparaissait dans un cercle de transmutation...
« Non! Ils ne sauront rien! Ils ne doivent pas savoir! Je les protégerai! Je les protégerai! »
Sarah ouvrit les yeux, et tenta une fois de plus de fermer son esprit. Cette fois, elle réussit. La machine qui leur permettait de lire dans les pensées se mit à fumer et à faire jaillir des étincelles, et l'écran devint noir. Arkibald se mit à nouveau à gesticuler dans tous les sens, gémissant que son chef-d'œuvre allait se briser.
Alphonse profita de cette confusion pour voler au secours de Sarah. Il se débarassa du dernier Toader qui grimpait sur son dos, et s'élança. Madame Rosso voulu le stopper avec ses lances, mais Ed arriva juste à temps pour protéger son frère. Avec sa mécha-greffe, il paraît les coups acharnés. Alphonse parvint à détacher Sarah et l'emporta dans ses bras. Edward, qui n'aimait pas fuir, termina son combat contre la dame en rouge. Il évita l'une de ses lances en réalisant une superbe pirouette dans les airs, puis, avant même qu'elle ne s'en rende compte, il avait surgit au dessus d'elle et lui infligea un énorme coup de poing qui la projeta contre un mur, et ne parvint pas à se relever. Edward en profita alors pour s'élancer à la suite de son frère. Ils repassèrent à travers le corridor. Burst tentait de les ralentir en faisant exploser chaque ampoule, mais rien n'y faisait. Les frères courraient à toutes jambes, leur but étant de mettre Sarah en sécurité le plus vite possible. Edward eu tout de même la bonne idée d'emporter l'une des ampoules enflammées. Alphonse s'inquiétait de voir que Sarah, dans ses bras, semblait si pâle qu'elle en devenait presque transparente. Elle était à moitié consciente, mais ne parvenait plus à dire un mot, tant elle se sentait faible.
« Arkibald! Cesse de pleurer sur cette machine et ferme la porte »hurla Katell.
Reprenant ses esprits, il s'exécuta immédiatement. Mais le temps qu'il atteigne le levier, Al et Ed étaient dehors. Ils accoururent vers l'obélisque, Edward dessina rapidement le cercle dans le sable, et jeta l'ampoule à terre. Le médaillon de Sarah s'illumina, et à nouveau, ils furent happés dans des ténèbres étouffantes, loin de ces fous furieux, loin de cette machine horrible, loin de ce désert.
Katell était folle de rage. Elle ordonna à Arkibald de réparer son Reading Memoria, et leur promit à tous une très sévère punition s'ils échouaient la prochaine fois.
Edward, Alphonse et Sarah étaient de retour dans leur époque, au milieu du cercle de mégalithes. Ils s'empressèrent de rentrer pour que Sarah puisse prendre du repos. Quand elle fut allongée dans son lit, Edward rendit son médaillon à Sarah, estimant qu'il devait avoir beaucoup de valeur pour elle. Quand ils revinrent la voir quelques heures plus tard, elle était parfaitement réveillée, et avait repris ses couleurs. A leur entrée dans la chambre, elle leur sourit avec tellement de chaleur que les deux frères en devinrent écarlates. Cependant, bien qu'ils étaient soulagés de voir qu'elle allait bien, ils ne pouvaient s'empêcher d'être en colère contre elle. Noah arriva avec du linge propre qu'elle déposa sur une chaise, et regarda Sarah avec le même air mécontent que ses amis. Edward s'approcha de la fenêtre et regarda le paisible paysage pendant quelques minutes. Puis il décida de rompre le silence.
« Sarah. Maintenant, dis-nous la vérité. » dit-il calmement, sans se retourner, et en regardant toujours droit devant lui.
Alphonse et Noah avaient déjà tourné leur tête vers elle, attendant sa réponse. Sarah les regarda avec des yeux brillants, puis elle baissa la tête. Bien sûr, ils avaient sans doute vu eux-aussi ce qui défilait sur l'écran. Des questions, ils devaient en avoir des tas.
« Très bien. »
Elle se leva et pris son livre dans sa besace.
« C'est vrai, je n'ai pas été tout à fait honnête avec vous. Mais je ne vous ai pas menti. Je suis bien Sarah Macdowell. Je suis archéologue et historienne à l'Université de Munich, c'est la vérité. Mais pas de la ville de Munich que vous connaissez. Cela va sans doute vous choquer, mais en fait... Je viens du futur. »
Noah, Edward et Alphonse la dévisagèrent avec des yeux ronds. Puis, Ed se mit à rire.
« Allez, allez, Sarah! On voulait pas te faire peur à ce point-là. Tu peux tout nous dire, on va pas te manger! Allez, tu peux pas nous dire « Je viens du futur » comme ça et croire qu'on va tout gober! »
Sarah l'observa, puis elle sourit à son tour.
« C'est pourtant ce que je fais »
Ed se figea comme un bloc de glace. Les deux autres affichèrent encore des visages incrédules, mais Sarah n'y prêta pas attention et choisit de continuer. Si elle devait dire la vérité, alors elle dirait tout, et tout de suite.
« En fait, je suis née en 1961, et l'époque d'où je viens est l'année 1979. Je vis à Munich avec mon oncle, mais il a disparut, il y a 8 ans de cela. Si je suis ici, c'est par pur hasard... Ou peut-être pas. Je n'en sais rien, tout cela est trop confus dans mon esprit. Ces étranges personnes sont venus m'attaquer lorsque je tentait de sauver mes travaux d'un incendie qui a ravagé ma maison; en fait, je suis persuadée que ce sont eux les responsables, c'est cet homme de flammes qui a y a mis le feu. Quand j'ai voulu leur échapper, mon médaillon s'est mis a briller, et je suis passé au travers d'un cercle de transmutation. Après, j'étais ici... »
« Mais pourquoi ces types te poursuivent-ils? Demanda Alphonse. Est-ce que ça à quelque chose à voir avec... ce qu'on a vu... dans ton esprit? »
« Oui en fait, ça aussi, il faudrait que tu nous explique! Comment ça se fait que tu saches autant de choses sur nous? » s'indigna Edward.
Évidemment, il allait bien falloir le leur dire. Pourtant, elle voulait les protéger. Mais il sera peut-être plus facile de le faire s'ils savent un peu à quoi s'attendre avec elle.
«Eh bien, en résumant ça de façon simple, il m'est très facile de connaître votre histoire passée puisque je viens de votre futur. Mais bien sûr, rien n'est jamais simple, surtout avec vous. »
Ed et Al firent un peu la moue, l'ai légèrement outrés. Sarah rit un peu en voyant leur tête, puis elle continua.
« Je vais vous expliquer. Depuis toute petite, je me suis intéressée à toutes sortes de mythologies, grecque, nordique, orientale... Et puis, dans un livre pour enfant sur les légendes celtiques, j'ai découvert l'alchimie, dont il était dit qu'elle était pratiquée par les druides. Je me suis alors tout de suite passionnée pour cette science. J'ai entreprit de faire tout un tas de recherches à ce sujet, et j'ai consulté des centaines de livres. Certains disaient que l'alchimie n'était qu'un mythe, utiliser dans les contes de fées par des magiciens. Dans notre monde, que ce soit à votre époque ou à la mienne, l'alchimie n'existe de pas. Cependant, j'avais la chance d'avoir un oncle qui possédait une gigantesque bibliothèque, avec des centaines d'ouvrages, qui parlaient de toutes sortes de sciences, dont l'alchimie, pour la plupart d'ailleurs. Parmi ces livres, il y en a qui parlaient de l'alchimie comme d'une vraie science, ayant réellement existé, mais dans un monde parallèle au nôtre, et plus tard, je l'ai assimilé à votre monde d'origine. »
« Mais, comment as-tu pu savoir que nous venions d'un autre monde? » s'étonna Alphonse.
« En fait, c'est un peu compliqué. Je n'avais jamais su jusqu'à aujourd'hui comment mon oncle s'était procuré tous ces ouvrages. Avec ce qui vient de m'arriver, je pense maintenant qu'il a dû trouver le moyen d'aller dans votre monde pour les récupérer. Peut-être est-il allé dans des dizaines de mondes différents... En tout cas, parmi ces ouvrages, il y avait aussi des dossiers militaires. Je sais maintenant qu'il les a ramenés directement de Central, en Amestris. Dans l'un de ces dossiers, il est écrit absolument tout votre parcours, depuis votre tentative de transmutation humaine jusqu'à votre passage à travers la porte de Shamballa, en passant par tout votre périple pour créer une pierre philosophale, et tous vos amis y sont cités. Très vite, j'ai décidé de consacré ma vie à étudier la vôtre. »
A ces mots, Sarah rougit quelque peu, et les deux frères rougirent davantage. En fait elle était un peu gênée de devoir leur montrer son livre, à eux. Mais il le fallait; ainsi, ils la croiraient.
« Dans ce livre, j'ai rassemblé toutes mes connaissances repêchées à droite et à gauche, sur vous, et sur l'alchimie. En fait, c'est en quelque sorte votre biographie. Je ne m'en sépare jamais, car je pense toujours pouvoir y ajouter des choses. Et puis, il a une grande valeur sentimentale maintenant. La toute première chose que j'y ait écrite, c'est l'une de mes plus extraordinaires découvertes. Lors d'un stage de fouilles archéologiques, j'ai trouvé enfouie dans le sol une armure, en tout point semblable à celle qui était décrite dans les dossiers de Central, et dans laquelle était enfermée l'âme d'Alphonse Elric. En fait, j'ai été vite déçue de constater qu'il ne s'agissait pas de l'armure authentique, mais d'une autre armure dans laquelle ne figurait pas le sceau de sang fait par Edward. »
« Mais... Ce ne serait pas l'armure dans laquelle je me suis caché pour te suivre frangin? » remarqua Alphonse.
« Ben... en fait, je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre. » répondit Edward.
Ils écoutaient l'histoire de Sarah avec une telle fascination qu'on eut dit qu'elle racontait une véritable fiction.
« C'est bien celle-là, du moins c'est aussi ce que je pense, dit Sarah avec un sourire radieux.
Quand j'ai trouvé cette armure, j'ai décidée de recenser toutes mes découvertes dans ce livre. C'est ainsi que j'y ai aussi précisé le jour où j'ai trouvé le manteau d'Edward et les gants d'Alphonse chez un antiquaire! Les vrais, cette fois! Par chance, les informations vous concernant ne s'arrêtaient pas là. Lorsque vous avez décidé de rester à Munich et de détruire le portail de Shamballa, il y a eu encore des traces de votre existence en abondance dans ce monde. Vos propres écrits, mais aussi les archives municipales ou nationales, et plein d'autres choses comme ça. »
« On va écrire des choses? » Dit Alphonse, les yeux brillants.
« On va devenir célèbres!» s'exclama Edward avec un sourire malicieux.
Sarah ne répondit que par un simple sourire sans joie. Ce qu'elle voulait à tout prix éviter, c'était ce genre de questions. Néanmoins, l'ambiance s'était radoucie, et la tension qui régnait auparavant n'était plus qu'un lointain souvenir. Maintenant qu'ils savaient cela, Ed, Al et Noah se sentaient un peu plus en confiance, mais ils étaient encore pour le moins abasourdis. Sarah savait donc tout de leur vie, et apparemment, ces individus cherchaient à exploiter ses connaissances, sans qu'ils ne sachent pourquoi.
Mais de toute évidence, elle restait en danger à tout moment.
