Une semaine s'est écoulée et tout va pour le mieux. J'ai retrouvé mon phlegme habituel et mon agréable quotidien. Le taxi s'arrête devant mon immeuble et je lui file quelques billets en le remerciant poliment. J'ai hâte de rentrer chez moi pour enlever la sueur et l'odeur de parfum de mon corps. A peine j'arrive dans mon appartement que je me précipite vers la douche.
Mes vêtements tombent dans un bruit sourd et je referme la vitre de plexiglas derrière moi. Le jet d'eau est puissant contre ma peau. J'aime cela. Mes muscles fatigués par l'effort physique se réveillent en un clin d'œil et je grogne de plaisir. Le shampoing ainsi que le savon font leur œuvre tandis que je me frotte vigoureusement pour faire disparaître toute trace d'odeurs qui ne m'appartiennent pas.
Je sors rapidement de la douche et je n'ai même pas le temps d'enrouler la serviette de bain autour de mes hanches que mon portable de travail se met à vibrer. Cela m'agace. J'espérais avoir un peu plus temps devant moi pour me reposer, un verre de whisky pur feu en main. Tant pis.
Je m'essuie les mains en quatrième vitesse et attrape mon portable. C'est un message de...le portable me tombe des mains.
- Merde !
Je n'arrive pas à le croire ! Potter veut ma mort, c'est pas possible ! J'expire un bon coup et ramasse mon foutu portable. Le message qui s'affiche à l'écran me met carrément hors de moi.
« Sois chez moi à 11h pétante. ».
Mais pour qui il se prend, ce minable ? Il croit peut-être qu'il n'a qu'à claquer des doigts pour que j'accoure ? Et en plus pour me faire perdre mon temps ? Je suis tenté de lui dire que les baby-sitters coûtent moins cher dans cette foutue ville, mais bien élevé que je suis, je me retiens.
La fumée me sort limite des narines tellement je bouillonne de rage! J'ai d'autres clients, moi. Potter est loin d'être une de mes priorités. Bon, il est vrai que je n'ai pas encore reçu d'appel pour ce soir. Théoriquement, je pourrais y aller, mais il n'est pas question que je me laisse traiter comme si j'étais sa pute personnelle !
Je décide donc de lui envoyer un message pour lui faire comprendre qu'il va devoir supplier pour m'avoir.
« Potter, la politesse est une condition pour que je vienne. Fais-toi pardonner... »
J'envoie mon petit message, le sourire en coin. Je vais le faire chier. Oh oui, ce soir, j'irai chez lui et je le ferai payer pour m'avoir pourri ces deux mois.
Sa réponse ne se fait pas attendre.
« Je ne fais que te rendre la monnaie de ta pièce, Malefoy. La manière dont tu m'as traité chez moi n'était vraiment pas polie, c'est le moins qu'on puisse dire. Alors, s'il te plaît, essaye de venir à 11h. J'aimerais en quelque sorte retenter l'expérience. ».
Bon, il ne s'est pas excusé mais a quand même changé sa formulation. Je lui renvoie donc que j'accepte tout en me disant que je l'obligerai à demander pardon au pieu.
Il est 9h30 et rien que pour le faire chier, je vais me rendre chez lui avec une heure d'avance. Seulement j'espère qu'il n'aura pas le culot de m'interdire d'entrer. Je m'habille donc en vitesse et m'asperge d'eau de Cologne pour enivrer (écœurer) Potter. Je me sèche les cheveux et les laisse retomber devant les yeux. Parfait.
Avant de me rendre chez sainte nitouche, je décide de manger quelque chose. N'ayant pas le temps de cuisiner, je fais décongeler un plat tout fait et l'avale en un temps record. Un coup de brosse à dent et je suis enfin prêt à exercer mes charmes.
Je quitte mon appartement et prends un taxi. Je ne vous l'ai peut-être pas raconté, mais je n'ai jamais eu le droit passer mon permis de transplanage. Apparemment, un ex-Mangemort qui transplane, ça fait peur...
Bref, après 35 min, je me trouve devant l'interrupteur qui est censé me mener au septième ciel. Je sais, la blague n'est pas digne de mon Q.I. Mais au cas où vous n'auriez pas fait attention, j'ai utilisé le terme de censé, ce qui paraît déjà trop optimiste lorsque je fais référence à Potter le péteux. Je retiens un rire moqueur lorsque j'appuis sur le bouton de l'interrupteur.
- Oui ?
- C'est Malefoy.
- Tu l'as fait exprès n'est-ce pas ?
- De quoi parles-tu ? dis-je d'un ton innocent, tout en sachant que j'ai plus d'une heure d'avance.
Potter soupire et j'entends un léger cliquetis venant de la porte m'indiquant qu'il me laisse monter. Même si je souris victorieusement, mon estomac commence à se nouer, comme à chaque rendez-vous. J'entre dans l'ascenseur, priant le ciel qu'il ne se bloque pas à mi-parcours. Oui, en plus d'avoir peur du noir, je suis un peu claustrophobe.
Par chance, j'arrive au cinquième étage sans problème. Le couloir pue la clope et le renfermé. J'accélère donc le pas en respirant par la bouche comme un poisson hors de l'eau, la classe en plus. N°59 au fond du couloir. C'est là que crèche le bigleux. Je m'arrête devant sa porte et me passe les mains dans les cheveux pour leur redonner un peu de volume. Me sentant fin prêt, je frappe deux coups assez forts contre la porte en bois, couleur rouge bordeaux. J'entends un troupeau d'éléphants s'approcher à grandes foulées et je ne peux m'empêcher de me demander comment Potter fait pour être si bruyant tout en étant si maigre. La porte s'ouvre, laissant apparaître un Potter étonnamment calme.
- Entre.
- Bonsoir à toi aussi, dis-je dans l'espoir vain de l'agacer un peu.
- C'est ça.
Potter me tourne le dos et me laisse l'honneur de fermer la porte. Autant dire que c'est trop d'honneur. La porte reste ouverte et je suis Potter dans le salon. Il se retourne et me fait face.
- Tu veux un verre ?
- Non, merci. Je n'ai pas besoin d'être bourré pour passer au lit.
- Comme tu veux.
Sans rien dire, Potter se dirige vers sa chambre quand il voit la porte de son appartement grande ouverte. Il soupire et va la fermer tandis que j'entre dans sa chambre, un sourire satisfait sur le visage.
- Déshabille-toi.
Potter est juste derrière moi. Sa voix n'est plus qu'un murmure et je frissonne avant de m'en être rendu compte. Le salaud.
- Les conditions et l'argent d'abord.
- Cette fois-ci, il n'y a que moi qui aie le droit de toucher. Tu passeras la nuit ici sans qu'il ne se passe autre chose. Voici tes billets et 100 de plus pour que tu ne fasses plus de remarques désagréables. Si tu ne dis rien, ça me va aussi. Je te demande juste de te laisser faire.
Je me mords la langue pour ne pas lui dire d'aller se foutre ses billets là où je pense. Il croit vraiment qu'il peut acheter mon silence comme ça ?
- C'est d'accord.
Finalement, c'est un défi qu'il me lance. Pas question de le laisser gagner. En plus, j'ai rien à faire. Cette soirée sera quand même reposante. Je luis prends les billets des mains et les fourre dans ma poche.
- Très bien. Maintenant, déshabille-toi.
Je fais comme demandé et me retrouve bientôt en sous-vêtement. Deux mains chaudes se posent sur mes hanches.
- Entièrement.
Je ne discute pas et fais glisser mon boxer noir sur le sol. Je déglutis. Le silence me gêne et me retrouver nu devant Potter est plutôt perturbant. Mettez-vous à ma place. Imaginez-vous devant la personne que vous détestez le plus complètement nu. C'est vraiment désagréable et même humiliant quand vous pensez que lui est toujours habillé et qu'il vous détaille de la tête au pied sans rien dire.
Ses mains se posent à nouveau sur moi, mais cette fois-ci sur mes omoplates. J'essaye de ne pas me raidir.
- Allonge-toi sur le dos.
Je fais ce qui m'est demandé, de plus en plus mal à l'aise. Potter enlève au moins son jean délavé et son pull. Il est maintenant en boxer bleu nuit avec un t-shirt flottant noir.
- Tu as froid ?
Je secoue la tête, incapable de parler. La colère s'est étrangement évaporée de mon corps. Je regarde Potter allumer la lampe de chevet et la couvrir d'un tissu orange foncé. Il éteint maintenant la lampe principale, ce qui nous plonge dans une lumière tamisée plutôt apaisante. J'expire lentement tandis que Potter monte sur le lit et s'assoit tout près de moi sur ses talons. Nos regards ne se lâchent plus. J'ignore l'expression qu'arbore mon visage en ce moment, mais en tout cas, celle de Potter est indéchiffrable.
Sa main droite s'approche lentement de mon bras pour s'y poser sans bouger. Ses yeux verts sont toujours sur moi, ce qui m'amène à fermer les miens au bout d'un moment. Ce que je ressens est très étrange et contradictoire. D'un côté, je me sens très mal à l'aise et d'un autre côté, la présence de Potter m'apaise. C'est un peu comme si j'étais en train de me dédoubler ou peut-être que mon esprit est gêné tandis que mon corps se relaxe peu à peu. Je me sens perdu.
La main de Potter commence à glisser lentement le long de mon bras. Son autre main se pose dans le creux de mon cou avec douceur. Ses deux mains descendent en parallèle le long de mon torse et s'arrêtent sur les os de mes hanches. Ma respiration se bloque en sentant les lèvres de Potter se poser sur mon nombril et mon ventre se creuse plus par surprise que pour l'échapper.
- Doucement...
Sa voix se fait également caresse. Jamais je n'aurais pu soupçonner qu'il puisse être aussi délicat et attentionné. Même s'il m'a payé pour faire cela, je réalise que personne ne m'a jamais traité avec autant d'égard qu'il en a maintenant pour moi et cela m'émeus considérablement. J'aimerais reprendre le contrôle et stopper tout ça, mais c'est impossible. Je suis comme paralysé, à sa merci.
- Tu sens tellement bon...
Je souris légèrement en pensant qu'il doit avoir le nez bouché pour ne pas être agressé par l'odeur vu la dose. Ses dents me mordillent la peau du ventre alors que ses mains remontent vers mon torse. Il ose finalement s'installer à califourchon sur moi. J'ouvre légèrement les yeux pour voir l'expression de son visage. Un léger sourire étire ses lèvres. Ses yeux pétillent.
- J'étais sûr que tu ne mordais pas...
Je n'ai pas le temps de répondre qu'il reprend son exploration. Ma respiration devient haletante et mes mains agrippent les draps. Je perds vraiment pied. Pourtant, Potter ne fait que m'embrasser le ventre. Ses mains glissent maintenant dans mes cheveux, toujours sans agressivité. Il m'embrasse le cou et je ne sais pour quelle raison, je sens des larmes de tristesse monter. Paniqué, je cligne rapidement des yeux et pose mes mains sur les épaules de Potter pour qu'il stoppe ses caresses.
- Est-ce qu'on pourrait arrêter et reprendre plus tard ? Je suis vraiment épuisé.
Je n'ai pas pris le risque d'ouvrir les yeux pour qu'il s'aperçoive à quel point je suis bouleversé.
- D'accord.
Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je n'ai pas pleuré depuis plus de deux ans et là au moins, j'avais de bonnes raisons (Se faire fouetter quand on a la tête penchée en avant déclenche automatiquement les larmes. Cela n'a rien d'émotionnel.). Je m'installe en chien de fusil pour tourner le dos à Potter.
Ce dernier éteint la lumière et maintenant, en plus d'être ému, j'ai peur. Les larmes noient mes yeux et pourtant, j'arrive encore à les refouler en battant furieusement des paupières. Je sais, c'est pathétique d'avoir peur du noir à mon âge, mais ça n'a pas toujours été le cas. Azkaban et ses détraqueurs m'ont profondément marqué. A ma sortie, je faisais des terreurs nocturnes comme les jeunes enfants et même si aujourd'hui, je ne cauchemarde pratiquement plus, je suis incapable de dormir dans le noir.
Je tremble de la tête au pied et lorsque Potter s'installe dans le lit et qu'il pose une main sur moi, il n'a aucune difficulté à le sentir. Je me mords la lèvre inférieure de honte. Mais heureusement pour moi, il se trompe de raison. Sans rien dire, il attrape les draps qui étaient roulés au fond du lit et les ramène sur nous.
J'expire bruyamment en espérant me calmer un peu. J'agrippe fermement les draps et les ramène jusqu'à couvrir mon cou. Potter bouge derrière moi et je réalise malheureusement trop tard que c'est pour m'envelopper de ses bras sous les couvertures. Il se colle complètement à moi et pose sa tête dans le creux de mon cou.
Cette position est tellement intime et protectrice que je craque en silence. Les larmes dévalent mes joues et j'essaye autant que possible de les essuyer discrètement. Mais avec la chance que j'ai, mon nez s'humidifie et je renifle par réflexe.
Potter se raidit. Merde, il a compris.
- Malefoy, qu'est-ce qui a ?
Sa voix est toute sauf moqueuse, mais ça ne change rien au fait que je sois mort de honte. J'essaye de me dégager de ses bras.
- C'est rien. je crois qu'il vaut mieux que je rentre.
- Parle-moi...
Je me rends compte que je n'ai ni la force de lutter contre son étreinte, ni la force de parler. Je n'ai même plus envie de l'insulter. Potter m'a fait toucher le fond.
Ses mains me caressent pour me réconforter et ça n'a pour effet que de me faire pleurer davantage. Je m'agrippe à ses poignets, lui faisant stopper ses mouvements. Je renifle et hoquette en même temps. C'est l'humiliation totale. Je grogne de honte.
- C'est rien. Ça va aller, Malefoy.
- Non, ça va pas et tout ça c'est de ta faute. Je m'en sortais très bien avant que tu ne m'appelles.
- Tu sais bien que c'est faux et que je n'y suis pour rien.
Je laisse tomber. Je me battrai demain.
Bonsoir! :)
Je voulais juste mettre les choses au point: ce n'est pas un plagiat. Si vous avez toujours un doute, on peut en discuter même si je préfèrerais ne pas perdre mon temps à prouver ma bonne foi. D'un autre côté, je trouve ça rassurant parce que j'aimerais aussi que des lecteurs réagissent si on plagiait ce que j'écris. Mais ce n'est absolument pas mon style de m'abaisser à ce genre de pratique.
Bref, merci pour vos reviews et bonne soirée!
