Harry et moi. Moi et Harry.

Cela a duré 2 ans, 4 mois, 15 semaines, 3 jours, et 9 heures...

La période la plus heureuse de ma vie.

Aujourd'hui, j'ai perdu la seule chose qui comptait le plus pour moi, et tout ça parce que j'ai été trop lâche pour lui avouer que je ressentais la même chose que lui. Bon, pour être tout à fait honnête, il n'y avait pas que ça. Ma fierté entrait en jeu. Mon instinct de survie aussi.

Je déteste qu'on me pose des ultimatums. Et c'est l'erreur fatale qu'Harry a faite.

Même si ça fait plus de 6 mois que je ne le vois plus, il n'y a pas un jour où je ne me demande pas ce qu'il est en train de faire, avec qui, et où. Je sais que je l'ai fait énormément souffrir en continuant de me prostituer, alors que ce que nous vivions ressemblait à une relation sérieuse.

Je ne peux nier que ce que nous avions était spécial, mais j'ai toujours fait de ma survie une priorité. Et si cela impliquait de quitter Harry, alors je l'aurais fait sans hésiter. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Il n'a peut-être pas réalisé qu'il me mettait au pied du mur, mais c'est ce qu'il a fait.

J'ignore lequel d'entre nous a le plus souffert de cette situation. De mon côté, j'ai fait comme d'habitude : j'ai gardé la tête haute et j'ai quitté son appartement alors qu'il me hurlait dessus. J'ai continué d'avancer sans me retourner. Mais ça ne signifie pas qu'au fond de moi, je n'étais pas brisé.

Je ne cherche pas à savoir si ma vie n'a plus de sens. Elle est ce qu'elle est à présent. Je sais ce que je dois faire et cela me suffit. Je me lève et me prépare pour une journée de travail. Quand je rentre enfin chez moi, je prends une douche et m'installe dans mon fauteuil, un verre de Whisky pur feu dans la main droite, un plat réchauffé dans l'autre. En général, je laisse refroidir la nourriture, optant pour l'alcool et sa chaleur.

J'ai récemment acheté deux poissons, des betas mâles, vous savez, ceux qu'on appelle aussi les combattants siamois parce qu'ils s'entretuent au premier regard. Quand je suis entré dans cette animalerie moldue, j'ai trouvé deux bocaux avec dans chaque un poisson. L'un avait des écailles jaunes, l'autre était tout noir. Ils se faisaient face en gonflant leurs branchies et leurs ailerons pour impressionner l'autre.

Cela m'a fait penser à Harry et moi.

Depuis, ils sont tous les deux sur ma petite table en verre en face de mon fauteuil. C'est plutôt divertissant de les regarder s'affronter à travers la vitre. Parfois, j'ai envie de les mettre dans le même bocal et voir s'ils s'entretuent vraiment. Peut-être qu'ils finiraient par s'entendre au bout d'un moment. J'aime à le penser en tout cas.

Enfin, vous en avez probablement rien à secouer de mes deux compagnons d'infortune. Je parie que vous attendez désespérément que je vous raconte les détails croustillants de ma rupture avec Harry.

Eh bien soit, je ne voudrais pas vous décevoir aussi...

Mais d'abord, il me semble utile de vous raconter les étapes importantes de notre relation, histoire que vous saisissiez mieux ce que Harry représentait pour moi à la fin.

Les trois premiers mois qui ont suivi notre pacte d'amitié ont été conventionnels dans le sens où nous avons fait tout ce que peuvent faire deux amis de sexe masculin. C'était facile, à vrai dire bien plus que ce que j'aurais pu imaginer. C'était vrai, simple, reposant et rassurant.

Je passais toujours plus de temps chez lui, jour et nuit. La seule règle que j'avais fixée entre nous était de ne jamais évoquer mon métier. Je savais que cela trottait dans sa tête et que cela ne mènerait nulle part que d'en parler, ma position étant inflexible à ce sujet.

Pour deux personnes qui ont été les pires ennemis du monde, je trouve qu'on s'en est sorti admirablement bien, du moins avant qu'Harry ne foute tout en l'air en me demandant de choisir entre lui et mon métier, ma survie.

Je me souviens très bien des moments qu'on a passés ensemble, de l'effet que cela me faisait d'être avec lui. Je me souviens notamment du fameux soir où notre relation a basculé d'amicale à autre chose. En réalité, ce n'était pas un basculement mais plutôt une continuité logique de ce que nous étions en train de vivre et de ressentir. Il n'y a rien eu de bizarre, d'incontrôlable. Nous avons juste avancé lorsque nous nous sommes sentis prêts pour ça.

Ce soir-là, Harry et moi étions installés sur son vieux sofa à regarder un feuilleton débile à la télé. On avait tous les deux posé nos pieds nus sur la table à café et nos mains se frôlaient dans le bol de pop-corn qu'on avait placé entre nous. Harry se marrait de temps à autre, un sourire éclatant toujours bien en place. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne me suis pas plaint du programme à la télé. Pendant qu'Harry regardait son feuilleton, moi je l'observais du coin de l'œil.

A un moment soi-disant super drôle, il a éclaté de rire et a tourné la tête vers moi, histoire de vérifier si je partageais son enthousiasme. En me voyant le fixer sérieusement, il a arrêté de sourire et sans me quitter du regard, il a posé le bol de pop-corn sur la petite table avant d'avancer vers moi à quatre pattes. Je l'ai laissé me chevaucher et s'assoir sur mes cuisses. Ses mains ont fini par se poser sur mes joues et Harry m'a cloué de son regard vert. Je haletais comme un malade, fou de désir pour lui.

Quand Harry a écrasé ses lèvres contre les miennes, j'ai cru que j'allais exploser. Mes doigts ont agrippé ses cheveux noirs avec violence et je l'ai forcé à se lever. Connaissant la configuration de son appartement par cœur, je nous ai guidés dans sa chambre, les yeux fermés, les lèvres contre les siennes.

Je lui ai arraché ses vêtements, lui s'est occupé des miens, puis nous nous sommes retrouvés sur le lit dans un tourbillon de sentiments et de membres emmêlés. Harry s'est planté en moi dans un cri d'agonie. A cet instant, j'aurais pu mourir de plaisir. La violence, la passion d'Harry, je pouvais gérer tout ça. Cette nuit s'est terminé dans le sang, le sperme et la sueur. Ce que j'ai toujours connu. C'était facile.

Ce qui l'était moins était arrivé bien vite. Harry et sa tendresse, une véritable épreuve pour moi. Alors que je voulais m'envoyer en l'air encore et encore, Harry avait décidé qu'il était temps que je surmonte cette aversion étrange pour l'affection et ses démonstrations niaises. J'ai refusé au début de reprendre notre petit jeu des caresses et des baisers. Mais Harry sait se montrer très persuasif quand il veut. J'ai tenu deux semaines avant de craquer et de le laisser faire ce qu'il voulait de mon corps. Je ne le cache pas, j'ai beaucoup pleuré avant d'arriver à simplement apprécier ce qu'il avait à m'offrir. Harry a été d'une patience infinie et d'une compréhension incroyable. Il a su me redonner confiance en l'homme et sa capacité à aimer l'autre. Il m'a prouvé que je méritais d'aimer et d'être aimé. Je sais c'est con et naze de dire ça, mais c'est la pure vérité. Harry m'a donné tout ça. Harry et sa compassion, son amour, sa gentillesse.

J'ai perdu tout ça.

Par peur.

Mais c'est trop tard.

Quand Harry m'a dit « c'est moi ou c'est ton job de putain », je lui ai répondu que jamais je ne laisserai quelqu'un interférer dans ma vie et m'obliger à faire les mauvais choix. Il a pété un plomb en disant que je n'avais aucun respect pour lui, pour ce qu'on avait vécu. Je lui ai calmement rétorqué qu'il ne m'avait jamais aimé, mais qu'il était attaché à une image qui n'existe pas. Il m'a supplié de lui dire que je l'aimais et là, je l'ai achevé de ma cruauté. Je lui ai répondu « Pas plus qu'un autre client... ». Je fuis son appartement sous un déluge d'insultes et de pleurs.

Voilà, vous savez tout ce qui trotte dans ma tête en permanence. Je voudrais oublier tout, mais ce foutu cerveau n'en fait qu'à sa tête. A la longue, je dois avouer que cela m'épuise et me rend d'humeur maussade. Enfin, c'est ma vie. Je ne suis ni heureux, ni malheureux, juste un peu fatigué, blasé, un peu mort quoi.

J'ai un dernier rendez-vous à 8 h ce soir. C'est la première fois que cet homme me contacte, mais d'après ce que j'ai compris, il est prêt à claquer une belle liasse de billets pour quelques pratiques bizarres. Je dis toujours oui et pour ce soir, ce sera pareil. Je ferais ce qui m'est demandé sans me plaindre, sans grimacer, tant que la paye est bonne.

Ce mec est un riche moldu, père de famille et tout le tralala. Je suppose que devoir faire semblant qu'on est parfait tout le temps doit amener à vouloir péter un câble. En tout cas, c'est ma théorie. Ce mec doit être de ces tordus qui se défoulent sur la populace des trottoirs et pour cette raison, je vais emmener ma baguette. Au cas où...

Le taxi me dépose au pied d'un luxueux hôtel à la façade d'un blanc parfait. Des fleurs de couleur fuchsia décorent les rebords de fenêtre et je reste un instant à les admirer. Je me reprends vite. Mes pas sont assurés lorsque j'entre dans le hall bondé de personnes à l'allure soignée. Sans que personne ne me remarque, je me dirige vers l'ascenseur aux portes dorées.

Chambre 419. J'expire d'un coup sec et frappe à la porte. Celle-ci s'ouvre peu de temps après et c'est un homme aux épaules aussi large qu'une armoire à glace qui m'accueille. Son visage est rasé de prêt, ses cheveux gris coupés courts et des yeux pâles à vous glacer le sang. Son sourire ne m'inspire pas du tout confiance et mon instinct me dit que quelque chose ne va pas. Je devrais faire demi-tour, maintenant.

- Bonsoir Drago, je t'en prie, entre.

Je serre la mâchoire et avance droit devant moi. La porte se referme dans un clic. J'avale ma salive.

- Alors, que voulez-vous exactement ? Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, je veux savoir tout ce que vous comptez faire, ensuite vous me payez et seulement après je suis à votre disposition.

- Pas de problème. Viens assieds-toi. Je vais nous servir une coupe de champagne.

Je m'installe sur le canapé qui fait face au sofa de la pièce. Le mec a déjà tiré les rideaux beiges alors qu'il fait encore jour dehors. Je regarde nerveusement la porte d'entrée.

- Tiens.

Je bois une gorgée avec prudence puis repose la coupe sur la table.

- Alors ? Que voulez-vous ?

- Dis donc, tu es bien pressé. Tu as sans doute d'autres rendez-vous après moi.

- C'est exact.

Autant mentir. Je crois que plus vite j'en aurais fini avec lui, mieux ce sera pour mes fesses.

- Bon, très bien. Parlons affaire.

Je hoche la tête pour l'encourager. Il pose sa coupe de champagne à son tour.

- Tu vas te soumettre à tous mes ordres. Je te traiterai comme une chienne en chaleur et tu vas prendre ton pied autant que moi. Je te veux dans toutes les positions possibles et je veux t'entendre hurler, histoire que tout l'étage en profite.

Son ricanement est tout à fait écœurant et je me demande soudain pourquoi je m'impose des clients pareils. J'en ai plein d'autres qui savent respecter ma personne alors pourquoi je fais tout ça ? Harry m'a dit une fois que je le faisais pour me punir. Je commence à croire qu'il n'avait pas tord. Un tas de billets est jeté sur la table. Au diable mes pensées. De toute façon, Harry ne sera plus là pour moi.

- D'accord.

Je ramasse le fric dans mon portefeuille.

- Bon, commence par te désaper. Ensuite, je veux que tu portes ce collier de chienne.

Je fais ce qui m'est demandé sans réfléchir. Son collier de clébard me serre un peu trop, mais je me la ferme. Je suis là pour exécuter.

- Très joli...Maintenant, fiche-toi à quatre pattes juste là, et présente-moi ton jolie cul. Je sais que tu en as envie...

Toujours comme un automate, je me fiche par terre dans la position indiquée. C'est la routine. C'est facile. Les émotions ne me submergent pas comme quand j'étais avec...STOP. Je ferme les yeux pour oublier mon passé.

L'homme me file quelques claques sur les fesses et son ricanement sadique se mêlent à mes gémissements de douleur.

- Oui, c'est ça...Je veux t'entendre.

Je me force à gémir plus fort tandis qu'une dernière claque s'écrase sur ma peau sensible. Soudain, ses doigts s'enfoncent en moi et cette fois-ci je ne contrôle pas mon cri de douleur.

- Oui! Vas-y, supplie-moi! Dis-moi que tu veux ma queue!

Je suis incapable de reprendre mon souffle pour parler. Mes jambes tremblent de douleur et ma tête touche le sol.

- Hey! Je t'ai ordonné de me supplier!

Une main de fer empoigne mes cheveux et me relève la tête sans ménagement. Ce fils de pute m'oblige à le regarder. Ses yeux son brillants de folie et je n'arrive toujours pas à sortir un mot. Je ne peux m'empêcher de penser à Harry en cet instant, à la façon dont il me prenait dans ses bras, à la façon dont il me caressait les cheveux, à sa manière de me regarder. Les larmes perlent sur mes joues en réalisant une fois de plus ce que j'ai perdu et en échange de quoi.

Je regrette mais c'est trop tard.

C'est trop tard.

C'est trop tard.

- Pourquoi tu chiales, salope? C'est trop bon, c'est ça? T'en veux encore plus, j'ai compris.

Il relâche ma tête et retire ses doigts de mon corps. Je reste apathique sur le sol, sans bouger, me laissant à la merci de ce porc.

J'hallucine la chaleur des bras d'Harry autour de mon corps nu, tandis que l'autre sadique se met à sniffer deux rails de cocaïne qui sont alignées sur un plateau d'argent posée sur la table basse. Il est toujours derrière moi, le buste tourné vers la table, la tête rejetée en arrière. Il prend son pied.

Je ferme les yeux un moment jusqu'à ce que le bruit d'un sachet de capote qu'on déchire me ramène à la réalité. Je devrais lui foutre mon poing dans sa gueule et lui rendre son pognon, mais je n'ai plus envie de lutter. A quoi bon? J'ai perdu Harry. La seule personne qui voulait que je change. Je ne suis qu'une pute pour les autres et je ne le veux plus. J'aimerais qu'on m'aime pour tout ce que je suis.

Je m'étouffe dans un désarroi sans fond quand l'autre porc s'enfonce en moi, m'arrachant un hurlement d'agonie. Mon estomac se tourne, se tord, se froisse et broie l'acide et l'alcool qui s'y trouvent. La bile monte dans ma gorge et se déverse dans ma bouche. Je l'avale et la ravale, les larmes brouillant ma vision. Mes ongles percent la fine peau de mes paumes tandis que les vas et viens dans mon corps se font de plus en plus brutaux. Mes cris de rage emplissent maintenant la pièce, faisant grogner le connard de plaisir.

Ayant toujours le front posé sur le sol, je ne vois pas pourquoi il ralentit la cadence de ses coups, mais je sens seulement qu'il se retire un peu de mon corps et qu'il attrape quelque chose dans un tiroir de la table.

Clic.

Un objet froid sur ma tempe.

Non.

Je vais mourir.

Harry...

Aide-moi.

Sauve-moi.

Je veux vivre...

Avec toi...

Je t'aime...

- Putain, tu es tellement bandant, Drago. Mais je vais te dire ce qui va me faire exploser, c'est te voir friser avec la mort. Ou peut-être que ta tête va exploser. Il se peut que tu n'aies pas de chance mais moi j'aurais le meilleur des orgasmes!

- P...pitié, fais pas cette connerie...

- Regarde, je te laisse ta chance...

Le barillet est ouvert et une seule balle s'y trouve. Il fait rouler le barillet et ferme le flingue avant de me le poser contre la tempe.

La roulette russe.

Bordel de merde. Il a fallu que je tombe sur un taré.

Je ne veux pas mourir, mais je suis paralysé par la peur et incapable de me défendre.

- Pitité...

Ses vas et viens reprennent de manière erratique et j'hurle en sentant la mort qui m'attend. Son doigt presse la détente et son cri de jouissance se mêlent à mes cris de désespoir.

Il ne s'est rien passé.

Pour une fois, j'ai eu de la chance.

Le porc se retire de mon corps et s'étale de tout son long sur le sol. Je me retourne et vois son sourire de satisfaction sur le visage. Personne ne m'a jamais traité aussi mal.

La haine s'immisce en moi et je n'ai plus qu'une envie, c'est de lui faire payer. Je rampe vers mon manteau et sort ma baguette, les larmes de rage dégoulinant sur mes joues. Mes doigts tremblent autour de ma baguette tandis que je prononce le sort impardonnable.

- Imperium...

Son visage devient inexpressif. Sa main reprend le flingue et le colle contre sa propre tempe.

- Presse la détente, fils de pute.

J'espère qu'il aura autant peur que moi. Un clic retentit mais pas seulement. Une détonation, un crâne qui explose et du sang partout. Des bouts de cerveau sont projetés dans toutes les directions.

Merde. Je ne voulais pas tuer.

Je n'ai jamais tué personne, même pendant la guerre.

Je reste là, tremblant sans savoir quoi faire. Le sang coule sans interruption de son crâne émietté et je me rends compte que je suis moi-même couvert de son sang.

C'est l'agitation provenant du couloir qui me décide finalement à bouger. Je remets mes vêtements en vitesse, arrache le collier de chien, range ma baguette et quitte la chambre. Apparemment tout le monde est sorti de sa chambre pour savoir d'où provenait le bruit.

Une vieille dame s'approche de moi et j'espère qu'elle ne remarque pas mon visage bouffi et mes yeux rouges.

- Vous avez entendu ça ? Je mettrais ma main à couper que c'était un coup de feu. Et je pense aussi avoir entendu des cris.

- Moi aussi. Je pense que cela provenait d'une des chambres sur notre gauche.

- Je ne sais pas.

- Restez ici, je vais prévenir la réception.

- Très bien.

Je quitte l'hôtel sans prévenir personne. De toute façon, je n'ai même pas d'identité dans le quartier moldu. Mais les aurors n'auront aucune difficulté à savoir que je suis l'auteur de ce meurtre. Ma vie est finie.

Je pleurs de nouveau et les passants me jettent tantôt des regards désolés, tantôt des regards inquiets. J'arrête un taxi et lui donne l'adresse d'Harry. Même si ça fait six mois qu'on se voit plus et qu'il a probablement refait sa vie avec quelqu'un d'autre, j'ai besoin de le voir une dernière fois. Il n'y a personne dans ma vie de toute façon.

Je donne tout le fric que j'ai sur moi au conducteur du taxi qui me fait les yeux ronds. Je me précipite au pied de l'immeuble et débloque la porte d'un coup discret de baguette. Je n'ai pas la patience d'attendre l'ascenseur et passe par l'escalier. Arrivé devant l'appartement d'Harry, je tambourine à sa porte de mes poings.

- Allez, Harry...

J'essuie mes yeux et mon nez avec la manche de mon manteau noir quand la porte s'ouvre. Une musique dansante s'échappe de son appartement. Des éclats de rire. Plein de voix. Manifestement, j'interromps une fête. C'est bien. Harry a réussi à aller de l'avant. Au moins, je peux être fier de l'avoir sorti de son isolement et de sa dépression.

- Drago? Euh, qu'est-ce que tu fais là?

Je reviens à la réalité. Hermione Granger se tient face à moi. Je m'appuie contre l'encadrement de la porte, un peu fragile sur mes jambes.

- Est-ce ça va?

- Où est Harry?

Ma voix est chevrotante. J'ai l'impression que je vais mourir d'un moment à l'autre. Soudain, le visage d'Harry apparaît devant moi. Je ne cherche même plus à parler. Mes bras s'enroulent automatiquement autour de son cou et je pose mon visage sur son épaule.

- Drago...mon dieu, Drago...

Harry me décolle du sol et me porte jusqu'à la salle de bain. Il me dépose par terre et ferme la porte à clef derrière nous. Je me remets à pleurer comme un enfant et Harry me serre à nouveau dans ses bras.

- Parle-moi, je t'en prie.

- J'ai tué quelqu'un. Je suis bon pour le baiser du détraqueur.

C'est sorti de ma bouche sans que je ne puisse le contrôler. Je ne comptais pas lui dire pourquoi j'étais là. Je voulais juste lui dire adieu comme si c'était une conclusion à notre relation.

Harry se recule de moi et jauge mon expression. Il sait que je ne mens pas. Ses traits se durcissent.

- Un de tes clients?

Je hoche la tête.

- Comment?

- Par un imperium. Je l'ai forcé à se tirer une balle dans la tête après qu'il ait fait la même chose avec moi. Une roulette russe...Je ne voulais pas le tuer, juste lui rendre la pareille...

Harry me regarde sans rien dire un instant avant de se lever finalement et de se diriger vers la porte.

- Attends-moi...

Harry revient très vite, sa baguette en main. Un moment, je me demande s'il veut m'arrêter, mais je sais au fond qu'il en serait incapable.

- Laisse-moi être le gardien de ton secret, comme ça personne ne pourra jamais savoir que c'est toi.

Je reste sans voix.

- Et je te demande à nouveau d'arrêter ce que tu fais et de venir t'installer avec moi.

- Après tout ce temps, tu m'attends toujours?

- Qu'est-ce que tu crois? Que j'allais t'oublier comme ça? Passer à autre chose? Tu m'as redonné vie, Drago.

- Je ne sais pas quoi te dire.

- Dis que tu acceptes.

Un léger sourire étire enfin ses lèvres. Ses mains se posent sur mes joues. Je suis ému par tout ce qui m'arrive.

- D'accord, Harry.

On s'embrasse finalement, comme pour sceller ce pacte.

Harry et moi. Moi et Harry.

Certaines choses ne changent jamais.


Voilà!

J'espère ne pas vous avoir choqué ou déçu. J'ai à peine modifié les passages crus mais j'espère que ça suffira pour ne pas avoir d'ennui avec le site.

C'était la fin la plus heureuse que j'avais en magasin. A la base, je voulais que Drago soit assassiné dans une ruelle par des jeunes mais finalement je me suis dite qu'un happy end ne serait pas mal venu.

Merci pour vos commentaires et votre soutien et j'espère à une autre fois!

Bisous