Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre : Tranche de vie.
Bêta auditrice : Tenshimizu
Bêta lectrice : Hitsugayakun
Acteurs : Heero, Duo.
Chapitre 2
Déjà quatre mois que Duo en sait plus sur son passé s'il veut faire confiance à la constellation. S'il s'est senti rassuré, il y a maintenant un autre vide. Il a envie de rencontrer sa mère, si elle est toujours en vie. Il a envie de comprendre pourquoi il a été abandonné, surtout si elle l'aimait comme la personne lui a dit.
Depuis cette période, Maxwell s'est rendu à la réunion tous les mois. Personne ne l'a encore choisi comme représentant pourtant il s'assied directement dans le rond maintenant.
Ce soir, il y a une constellation familiale, il est debout à l'entrée du salon. Il passe sa veste en demandant.
-« Tu es sûr de ne pas vouloir venir ? »
-« Non, Duo, ça ne m'intéresse pas. »
-« À tout à l'heure. »
-« Je t'attendrai. » Précise son compagnon.
-« Tu n'es pas obligé, je sais que tu fais le matin. »
-« Je peux au moins être là quand tu reviens puisque je ne t'accompagne pas. » Rappelle Yuy.
Maxwell vient embrasser son homme et s'en va.
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Heero attend que la porte claque pour aller chercher son ordinateur. Depuis trois mois et demi, il avait entrepris des recherches qu'il faisait dans le dos de son amant. Il ne voulait surtout pas qu'il soit déçu, s'il n'aboutissait pas à quelque chose.
En utilisant ses relations au sein des Preventers, il avait fait diffuser un avis de recherche. Ce n'est pas qu'il y croyait vraiment, mais son amant bien. Et puis au fond de lui-même, il s'accrochait à un espoir qu'il n'avait encore jamais avoué à Duo. Si participer avait réussi à son compagnon, peut-être pourrait-il tenter l'expérience et en savoir plus sur ses origines.
Il avait beau dire qu'il n'était pas intéressé, c'était un mensonge. Souvent il se réveillait la nuit en se demandant comment il était arrivé dans les mains d'Odin Lowe.
Est-ce qu'il avait été recueilli par le mercenaire après une mission où il aurait massacré sa famille ? Est-ce qu'il avait été kidnappé à ses proches ? Si Duo se doutait qu'il avait été abandonné depuis le début. Lui avait une impression de déchirement, de séparation brutale, comme l'avait été le reste de sa vie.
Depuis qu'il avait entrepri de séduire son ami. Il savait que si un jour, il voyait dans les yeux de Duo qu'il n'était pas heureux de le retrouver après une mission, il le quitterait pour ne pas se faire jeter.
Pour l'heure, il allait vérifier s'il y avait de nouvelles réponses aux annonces et affiches qu'il avait faites diffuser sur L2 dans l'ancien quartier de l'église Maxwell et un peu plus loin. Ça lui avait coûté un peu d'argent. Néanmoins, si ce que l'on avait ne pouvait pas aider ceux qu'on aime, à quoi ça servait ?
Son affiche se composait ainsi.
Jeune homme recherche sa mère qui l'a abandonné en AC 180.
Pas de récompense pour des informations.
On pouvait lui envoyer un mail directement, sur une adresse qu'il avait créée pour l'occasion ou en s'adressant à un bureau de police ou preventer.
Il y avait déjà eu des demandes de personnes espérant de l'argent contre des informations. Heero ne donnait pas de suite à ceux-là. Il se disait que si comme Duo l'avait ressenti, sa mère l'avait aimé et abandonné pour son bien. Elle voudrait des nouvelles pour le plaisir et non pas pour l'argent.
Depuis dix jours, il conversait via mail avec une personne qui pourrait bien être la mère de son amant. Elle avait donné des informations que Duo lui avait données et qu'il ne lâchait pas à tout le monde ? Dernièrement, elle avait accepté le test ADN sans l'ombre d'une hésitation. Elle voulait savoir si elle avait retrouvé son fils.
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Pendant ce temps, Duo était arrivé à la salle. Il avait dit bonjour à deux, trois personnes qui étaient comme lui présentes à chaque fois. Après, il s'assied sur une chaise pour attendre le début de la séance.
La thérapeute arrive et sert plusieurs mains. Elle vient mettre une main sur l'épaule de Maxwell et lui sourit.
-« Ça va ? »
-« Très bien et Sylvie ? Vous avez des nouvelles ? » Interroge-t-il.
-« Oui, elle est là à côté de sa cousine. Elle est en rémission depuis un mois. Les scanners ne montrent plus rien. » Dit-elle avant d'aller chercher une femme dans l'assistance.
Duo aimait ça aussi. Elle avait toujours l'air de surprendre quelqu'un en détresse à la fin de la séance. Même si la personne ne le savait pas, ça avait été son cas.
Comme à chaque fois la thérapeute commence son pitch. Maxwell lève une fois la main. Elle présente une jeune fille à côté d'elle.
-« Voici Déborah, elle va vous raconter un peu sa vie. »
-« Bonjour, je suis née dans une famille où nous étions quatre filles. Il y a trois mois, ma sœur est décédée. Depuis, je me sens perdue. » Dit-elle en rendant le micro.
-« Bien, Déborah. Comment s'appelait votre sœur ? »
-« Justine. »
-« Déborah, vous allez choisir un représentant pour votre esprit, un pour celui de votre sœur. »
La jeune femme choisit une femme légèrement corpulente pour son esprit puis une femme maigre pour celui de sa sœur.
Les deux esprits sont attirés l'un vers l'autre. L'animatrice demande à Déborah d'aller chercher quelqu'un pour le corps de sa sœur. C'est ce qu'elle fait directement; elle choisit une dame juste à côté de Duo. Ce dernier se demande la raison de ce choix.
-« Venez placer le corps de votre sœur ici. » Dit la thérapeute à Déborah.
Le corps se couche près du pied de l'animatrice. De suite, l'esprit de Déborah semble attiré par le corps allongé. La représentante de l'esprit finit par venir se mettre à genoux près du corps alors que l'esprit de Justine se recroqueville sur le sol dès que l'esprit de Déborah s'en éloigne. Sans une once de regret, l'esprit va vers le corps de Justine.
-« Déborah, allez chercher un représentant pour votre corps. »
La jeune femme se lève et se dirige vers Duo qu'elle fait lever. S'il avait voulu un jour participer, il ne s'était pas attendu à ce genre de rôle. Comment pouvait-on ressentir ce genre de chose. Pourtant, Maxwell devait bien l'admettre, il se sentait comme en hypnose, il ne s'appartenait plus vraiment.
Déborah le laisse loin de son esprit et du corps de Justine comme si elle avait peur que son corps puisse venir se mêler de l'histoire. Il est loin aussi de l'esprit de Justine qui est presque en position fœtal sur le sol.
De suite Duo se sent perdu, il oscille. Il se sent vide, abandonné, il ne sait pas ce qu'il doit faire. Comme livré à lui-même. Perdu dans un univers qu'il ne maîtrise pas.
Dans le lointain, il entend la voix de la thérapeute parler au corps de Justine et lui dire:
-« Ordonnez à l'esprit de Déborah d'aller vers son corps. »
C'est ce que la représentante fait. L'esprit regarde vers son corps. Duo se sent attiré, hypnotisé par la connexion qui vient de se faire. Il fait un pas dans sa direction, mais l'esprit a du mal à quitter le corps de sa sœur. Dès que le visuel se coupe, Maxwell se sent à nouveau perdu et seul au monde.
Sous les demandes de la thérapeute, plusieurs fois le corps de Justine ordonne à l'esprit de sa sœur d'aller vers son corps. Ça semble une éternité pour Duo avant que l'esprit de Déborah se tourne vers lui et avance sans le perdre du regard. Pour un pas de l'esprit, le corps en fait deux. Pour finir, ils sont l'un en face de l'autre. Duo se sent moins vide, il tend la main et caresse la joue de son esprit qui sourit enfin. Dans l'autre coin, l'esprit de Justine se relève et vient s'allonger près du corps de Justine. (1)
La thérapeute frappe dans ses mains. Duo sent qu'il reprend possession de ses sensations. Après avoir flotté, il se sent lourd. Il comprend mieux ceux qui ont joué son rôle et ce qu'ils peuvent avoir ressenti. C'était étrange, être soi mais ne pas ressentir ce qu'on ressent d'habitude.
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Ragaillardi par son expérience, Duo rentre chez lui. Il sait maintenant qu'on ne l'a pas trompé, qu'on est motivé par quelque chose d'autre, même s'il ne sait pas d'où viennent les ordres que son corps reçoit à ce moment-là. Il va pouvoir exposer tout ça à Heero pour qu'il tente aussi l'expérience.
Maxwell ouvre la porte de l'appartement, enlève ses chaussures et sa veste dans le hall. Il se dirige vers Heero qui est devant la télévision comme à chaque fois.
Yuy coupe le poste à son entrée, preuve qu'elle est plus allumée pour lui tenir compagnie d'autre chose.
-« Ça a été ? » Demande Heero.
-« Très bien, j'ai participé. Je n'aurais jamais cru qu'on puisse ressentir tout ça. Je n'avais plus vraiment l'impression d'être moi, c'est assez étrange et enrichissant. » Explique-t-il fébrilement.
-« Je ne sais pas si j'apprécierais d'être un représentant. » Admet Heero après un moment de réflexion.
-« C'est sûr qu'il faut lâcher du mou. Heero, tu devrais venir la prochaine fois, juste pour voir. Si tu ne veux pas être représentant, tu restes en dehors du cercle, c'est tout. »
-« Je vais venir, si je ne suis pas en mission. »
-« Je peux te demander à quoi est dû ce revirement ? » Demande après un moment Maxwell tellement il est surpris par l'accord venu si rapidement.
Il pensait devoir insister pendant plusieurs jours.
Yuy ne peut s'empêcher de sourire, il n'a pas dupé son amant une fraction de seconde.
-« J'ai retrouvé ta mère. Elle a fait un relevé ADN. J'avais envoyé un échantillon du tien. Le laboratoire est formel; c'est ta mère. Du moins elle fait partie de ta famille proche. »
-« Elle est toujours vivante ? »
-« Je lui ai pris un hôtel dans le coin pour la semaine prochaine. Je sais que c'est ta petite semaine. Je peux prendre des demi-journées si tu veux que je sois présent. » Expose-t-il calmement.
-« J'aurais pu aller la voir. » S'indigne Maxwell.
Maintenant qu'il est près de la rencontre. Il commence à paniquer et si ses impressions étaient fausses. Si elle ne l'avait jamais aimé, il pouvait s'être bercé d'illusions.
-« Je voulais te faire plaisir et une surprise. » Admet Heero un rien déçu de ne pas avoir été à la hauteur.
-« Je le sais. » Dit Duo en caressant la joue de son homme. « C'est parce que j'ai peur. Si ça n'avait pas été un acte d'amour ? » Avoue-t-il en se mordant la lèvre.
-« Tu n'as plus confiance dans cette méthode ? » S'informe-t-il en plissant des yeux.
Maxwell cligne plusieurs des paupières, surpris par la question.
-« Si, tu as raison. Quant à ta question de savoir si tu dois prendre congés, je préférais un premier contact en tête-à-tête dans un lieu public. »
-« C'est aussi pour ça que je ne l'ai pas invité ici. » Rétorque le métis.
Duo s'avance et vient l'embrasser tendrement.
-« Merci. Je pouvais aussi me rendre sur L2. » Réalise Maxwell.
-« Tu dis toujours que tu n'as pas envie de laisser tomber tes clients. Je me suis dit qu'elle aurait plus de facilité que toi. Elle était ravie de quitter pour la première fois de sa vie L2. » Expose Heero en caressant le dos de son amant.
Durant toute la semaine, Yuy avait géré les derniers détails. Son amant étant trop nerveux pour s'en mêler. Sa mère arriverait lundi dans la journée mais l'entrevue n'aurait lieu que mercredi après-midi. Duo préfèreant que son homme soit à la maison au retour de l'entrevue. Mardi, ce dernier avait une réunion qu'il ne pouvait repousser.
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En poussant la porte du café « le bienvenu », Duo retient sa respiration; c'est le moment de vérité qu'il ne peut plus repousser. Si les choses se passent bien, il proposera un restaurant, demain soir avec son homme.
À une table près de la fenêtre, il y a une dame d'une quarantaine d'années, les cheveux châtains remontés en queue de cheval haute. Elle a ses deux mains autour de sa tasse de café et scrute la porte d'entrée. Son visage s'illumine à l'entrée de Maxwell.
Ce dernier avance vers la table, lentement, jusqu'à ce qu'il arrive près d'elle.
-« Susan Lewis ? »
-« Je suppose que tu ne t'appelles plus Andrew. » Dit-elle en lui prenant une de ses mains.
-« Non, je me fais appeler Duo. » Rétorque ce dernier, un peu surpris par la tendresse qu'il y a dans son regard.
-« Assieds-toi, je suis tellement heureuse que ton ami ait voulu me retrouver. »
-« Ça m'a fait une surprise aussi. » Admet Maxwell en s'asseyant en face d'elle pour pouvoir l'observer à son aise.
-« Qu'est-ce que tu deviens ? » Demande-t-elle les yeux brillants.
-« Je fais des ménages chez les gens. J'aime beaucoup ça. »
-« Je te comprends. J'ai fait ça après le décès de mon mari. J'en fais encore maintenant mais pour une société. » Explique-t-elle.
-« Vous avez pris congé pour venir me voir ? » S'estomaque Duo.
-« J'aurais perdu ma place pour te retrouver et venir te voir. Je ne pensais pas que tu me recherchais. J'ai perdu ta trace à la destruction de l'Eglise Maxwell. »
-« Je ne comprends pas. » Lâche-t-il, un peu de tristesse dans le regard.
Si elle savait où il était pourquoi ne pas l'avoir gardé près d'elle.
-« Qu'est-ce que tu ne comprends pas, mon chéri ? » Dit Susan en mettant sa main sur celle de son fils.
-« Que vous saviez où j'étais et que vous m'ayez abandonné. » Dit-il avant de tourner sa tête vers le serveur. « Un café. »
-« Je l'ai fait pour te protéger. Mon mari était parti de L2 pour trouver du travail. Il m'envoyait de l'argent régulièrement. J'habitais dans la maison de sa famille pendant ce temps là. À l'époque, je n'avais pas beaucoup de dépenses. Il y avait un an qu'il était parti quand j'ai eu une aventure. Je m'ennuyais seule, jeune mariée. Je sais ce n'est pas une excuse mais c'est comme ça. Ton père m'a fait miroiter qu'il m'emmènerait avec lui quand il retournerait sur Terre. Tu n'étais pas prévu au programme mais durant toute ma grossesse et encore plus quand tu es né, j'ai su que je ne serai plus seule. »
La femme s'arrête, le serveur dépose la tasse de café devant Duo et demande s'ils veulent autre chose.
-« Non, merci. » Dit-elle avant de reprendre son récit. « Dès qu'on aurait pu voir que j'étais enceinte, je ne suis plus sortie. Je n'aurais pas voulu que les amis de mon mari lui disent que je l'avais trompé. Il estimait que j'étais sa chose, que mon rôle c'était de l'aimer et d'entretenir la maison. Ton père, lui, a quitté L2 sans m'emmener dès qu'il a su que j'étais enceinte. Il ne me restait plus que toi. J'en étais heureuse. J'ai accouché seule à la maison et je n'ai pas été te déclarer. J'avais bien trop peur qu'on puisse prévenir mon mari. Alors à ce moment-là, je me serai retrouvé à la rue avec toi. Il y avait deux ans que mon mari était parti, je n'attendais plus trop son retour, je dois dire. Mais un jour, j'ai reçu une lettre qu'il rentrait, qu'il s'était fait muter sur L2 parce que je lui manquais. Je savais très bien qu'il m'en voudrait, qu'il t'en ferait baver. Alors, je me suis décidée à te déposer dans un endroit pour que la bande de jeunes livrés à eux-mêmes te recueille. Je savais que beaucoup de personnes laissaient des restes de nourriture pour eux. »
-« Pourquoi ne pas m'avoir déposé chez le Père Maxwell ? » Interroge-t-il, c'est ce que lui aurait fait plutôt que de confier son enfant à des gamins des rues.
-« Le père Maxwell replaçait les enfants. Ça m'a étonné que tu ne te fasses pas adopter quand tu t'y es retrouvé. » Réalise Susan.
-« Tu savais que j'y ai été ? » S'estomaque Duo.
-« Bien sûr, je t'ai regardé grandir. Je me disais que si mon mari acceptait l'idée que j'ai pu avoir un enfant de quelqu'un d'autre, j'irai te rechercher. C'est pour ça que je ne t'ai pas déposé à l'Eglise. Excuse-moi Andrew, j'ai été égoïste. Je t'ai empêché d'avoir des vrais parents. »
-« J'ai aimé Solo comme un grand frère, Sœur Hélène et le Père Maxwell comme mes parents. Il ne faut pas regretter ça. J'ai tout fait pour ne pas me faire adopter. Plusieurs fois j'ai été placé et on m'a toujours ramené. Peut-être que je t'attendais intérieurement. » Rassure-t-il.
-« Mon mari est mort en AC 190 mais j'avais déjà perdu l'espoir de te reprendre puisque l'Eglise avait été détruite et que la personne qui y avait survécu avait disparu dans la nature. J'ai été surprise par l'annonce de ton ami. Je ne pensais pas que tu pouvais toujours être vivant. Mais je n'ai pas voulu passer à côté de cette chance là. C'est pour ça que je suis parti répondre à l'annonce depuis un cybercafé. »
-« C'est mon compagnon. » Dit d'une petite voix Duo comme s'il avait peur de déjà perdre sa mère pour un choix de vie.
-« Je ne jugerai jamais aucun de tes actes, mon chéri. » Rassure Susan en mettant sa main sur celle de son fils. « Si tu es heureux avec lui. En tout cas, il a l'air charmant d'après ses mails. »
-« Tu le verras demain, nous dînerons ensemble, si tu veux bien. »
-« Je voudrais bien connaître celui qui m'a permis de te retrouver Andrew. »
-« C'est Duo, j'y tiens ! » Insiste-t-il.
-« Je vais m'y habituer. »
Les discussions continuent, ils reprennent chacun un autre café. Au bout d'une heure, Duo préfère rentrer. Il n'a pas envie que Heero s'inquiète de trop pour lui. Il désire aussi pouvoir revivre tout ça avec son amant, pour mieux tout analyser.
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Maxwell, couché sur le torse de Yuy, n'arrête pas de babiller, raconter ce qu'ils se sont dit, ce qu'il a ressenti. Heero caresse d'une main distraite le dos de son compagnon. Il ne sait pas s'il désire connaître ses origines, s'il a envie de rencontrer ses parents. Tout est confus dans sa tête. Il veut savoir d'où il vient sans subir de changements. Celui qui lui apporte sa stabilité, c'est Duo, c'est lui qui lui a permis de s'ouvrir. Est-ce qu'en découvrant son passé, il aura quelque chose de plus ou quelque chose de moins ?
Tout d'un coup, il n'est plus aussi chaud d'en savoir plus, mais ça à l'air tellement important pour Duo. S'il ne veut plus y aller est-ce qu'il sera déçu ?
-« Ro', Qu'est-ce qu'il y a ? » Interroge Maxwell en se redressant un peu. « Tu ne veux plus rencontrer ma mère ? Elle a sa vie sur L2, ma vie est ici près de toi. » Rassure-t-il.
Heero ressert le corps chaud contre lui et embrasse la chevelure de son amant.
-« Je ne suis pas sûr que j'accepterai mon passé aussi bien que toi. » Avoue-t-il.
-« Il faut juste que tu saches si le pire, c'est de savoir ou de ne pas savoir, après c'est ton choix. J'ai hésité à rencontrer ma mère. Je m'étais fait un film de mon abandon, j'avais peur de savoir que ma vie n'avait pas été le roman à l'eau de rose que je m'étais imaginé. On me l'a dit, la peur est l'envers de l'amour. Je viens de le comprendre. La peur peut empêcher de faire le pas en avant et de trouver l'amour. »
-« J'ai fait les recherches en espérant ne rien trouver et te prouver que c'était faux tout ça. » Rétorque Heero.
-« Et tu as peur ? » Insiste Duo.
-« Oui. » Admet Yuy.
-« Heero, c'est ton choix, si tu ne veux pas venir avec moi, ça reste ton choix. Si tu ne ressens pas de souffrances, de manque, alors tu n'as pas besoin d'en savoir plus. Mais une souffrance entraîne une autre souffrance. » Affirme Maxwell.
-« Duo, je crois que tu vas trop à tes réunions, tu commences à parler comme un thérapeute. » Lâche le métis en repoussant le corps chaud sur lui pour se lever.
-« Non, je ne crois pas. Quand je cherchais mon passé, j'estimais que tu devais le retrouver. J'essayais de t'imposer mon ressenti, mon manque pour le partager, que je ne sois pas seul à souffrir. J'ai trouvé une stabilité. Du coup, je peux comprendre que tu n'en aies pas besoin. »
Debout au milieu de la chambre, Heero passe son boxer en regardant son amant.
-« Je ne sais plus où j'en suis. »
-« Je crois que tu as espéré ne rien trouver parce que tu as peur de découvrir ton passé et qu'il ne soit pas aussi rose que tu le voudrais. » Accuse-t-il.
-« Duo, il ne peut pas être rose. Reste logique, tu dis toujours que si tu sais donner de l'amour, c'est parce que tu en as reçu. Je ne dois pas te faire un dessin pour la suite. » Gronde le métis.
-« Tu as du respect pour Odin, de l'affection, il doit y avoir une raison. »
-« Je ne veux plus en parler. » Lâche lHeero en quittant la pièce.
Maxwell laisse retomber sa tête sur le matelas, il n'avait jamais senti autant de tension dans le corps de son homme. Même à l'époque de la guerre, il était mieux dans sa peau qu'à ce moment précis pourtant ce n'était déjà pas fameux. Heero se sentait responsable de tout ce qui ne marchait pas. Comment pouvait-il être si égocentrique avec une telle abnégation ? Ça faisait un mélange détonnant et attendrissant.
Pour quelqu'un qui adorait les explosifs durant la guerre, son copain était une mine d'or à désamorcer constamment.
Duo se redresse et sort du lit. Il ramasse son boxer et le passe. Le salon donnant sur un autre appartement, mieux valait ne pas se promener dévêtu surtout qu'il n'y avait pas de volet, ni de tentures.
Il retrouve son homme dans la cuisine, une tasse de cacao chaud en main.
-« Tu sais donner de l'amour et du bonheur. Tu me rends pleinement heureux, tu as de multiples attentions qui me remplissent de joie. » Dit Maxwell en mettant du lait sur la poudre de chocolat avant de mettre l'ensemble dans le micro onde.
-« Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « je ne veux plus en parler ? » » Demande-t-il sèchement.
-« Ta motivation. »
Yuy écarquille les yeux, surpris par la réponse. D'habitude quand il fuyait, son amant lui laissait du temps.
-« Après ça reste ton choix. » Conclut Maxwell en sortant sa tasse du micro-onde et en s'installant face à son homme. Avant de rajouter. « J'ai dit à ma mère que nous irons « au craquelin » pour le souper, on s'y retrouvera pour 19h. »
-« Hn »
-« J'irai seul, si tu ne veux plus venir. »
-« Je veux voir ta mère. »
-« Pour la constellation familiale, je prendrai deux places mais tu n'es pas obligé de venir. J'en ai parlé avec ma mère aujourd'hui, ça ne doit pas forcément revenir sur le tapis. » Expose-t-il calmement après avoir bu un peu de cacao à sa tasse.
-« Duo ! »
-« Je sais que tu ne veux plus en parler. Je t'ai dit tout ce que je voulais te dire. » Sourit Maxwell pour rassurer son amant.
-« Et je t'aime. »
-« Et moi donc. »
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Le lendemain, Heero et Duo attendent l'arrivée de Susan « au craquelin ». Quand la femme entre, Yuy est persuadée que c'est elle, pas seulement parce que son amant a les traits qui se détendent. Non, c'est surtout parce qu'elle a les cheveux de la même couleur et les mêmes reflets que son homme, un nez semblable, la même forme pour les yeux sauf que les siens sont plus verts que bleus.
Après avoir repéré son fils, elle s'avance dans le restaurant, Duo se lève et vient vers elle. Heero se contente de se lever et de rester à sa place.
Susan vient jusqu'à lui et lui donne un baiser sur la joue en lui disant.
-« Merci. »
Yuy se doute que son compagnon a hérité aussi de sa bonne humeur et sa spontanéité de sa mère. Ça l'intrigue que sans vraiment se connaître durant autant d'années, il peut y avoir de telles similitudes. Puis, il se rappelle ce qu'il a cherché à propos de la thérapie par constellation familiale. Il avait lu un article racontant que des orphelins, qui ne connaissaient rien de leurs parents, retraçaient le même parcours que leurs géniteurs, comme si c'était inscrit dans leurs gênes. C'était sur cette option que les américains dans le temps se basaient pour choisir du sperme ou un ovocyte lors de grossesse in vitro.
Les discussions vont déjà bon train, Duo raconte sa journée et décrit les maisons dans lesquels il travaille. Heero l'écoute d'une oreille distraite.
Le serveur arrive. Ils commandent tous des jus d'orange avant leur menu, un plat du jour pour tout le monde; carbonnade à la Niçoise, pommes de terre en chambre.
-« C'est étrange, mais j'ai commencé comme toi, quand mon mari est décédé, je me suis retrouvée sans revenu. J'avais bien un toit sur ma tête, mais je n'avais plus d'argents pour me nourrir. Une voisine m'a proposé de faire le ménage chez elle et de fil en aiguille, j'en suis arrivée à travailler. »
-« Il y a longtemps que votre mari est décédé ? » Demande Yuy.
-« En AC 190, quand j'ai voulu aller chercher Duo à l'Eglise Maxwell, c'était trop tard. Tout était détruit. Personne ne savait qui était le jeune survivant, ni où il était. J'ai cherché sans succès en espérant. » Avoue Susan.
-« J'avais émigré dans un autre quartier à l'époque, près de l'embarcadère vers l'espace, il y avait du travail, de la nourriture. » Explique Maxwell.
-« Je n'aurai jamais pensé partir te chercher si loin, même si je t'ai vu grandir, tu restais un bébé pour moi. » S'excuse presque Susan en mettant la main sur celle de son fils.
Le serveur arrive avec les plats, brisant ce petit moment de tendresse. Ils commencent à manger en silence, savourant une nourriture étrangère pour Susan. Heero reste perdu dans ses pensées. Duo se sent bien. Il ne ressent pas le besoin de briser le silence pour être certain que quelqu'un d'autre est près de lui et qu'il n'est pas seul.
-« Il est bien silencieux. » Murmure Susan en montrant Yuy perdu dans ses pensées.
-« Heero ? Souvent, j'aime sa force tranquille. »
-« Qu'est-ce qu'il fait dans la vie ? » Questionne la femme.
-« Je suis Preventer. » Rétorque Yuy.
Susan sursaute, surprise qu'il l'ait entendu alors que Duo sourit tendrement à l'homme de sa vie.
-« C'est bien de vouloir protéger la paix, il en faut. » Admet la mère de Maxwell.
Le militaire sonde son compagnon, celui-ci secoue légèrement la tête de gauche à droite.
-« Oui, c'est bien et nécessaire. » Ajoute Duo. « Il en faut pour qu'on puisse vivre libre. »
-« Je suis d'accord avec toi. Risquer sa vie pour que d'autres puissent vivre sereinement, c'est une noble cause. » Sourit Susan en déposant sa main sur celle du métis.
Ce dernier continue de regarder son amant, l'incitant à parler.
-« Tu as honte de ça ? » Finit par dire Heero.
-« Non, je n'ai pas honte, c'est surtout que j'aurai l'impression de me mettre en avant. » Rétorque Duo.
-« Je t'ai dit que tu pouvais tout me dire. » Rappelle Susan.
-« Je sais, maman. »
Maxwell s'arrête surpris que le mot soit sorti tout seul. Susan se retient de ne pas se précipiter dans les bras de son fils. Elle a les larmes qui coulent silencieusement, le long de son visage.
Heero sent un coup de poignard dans son cœur. Il a l'impression qu'il est encore plus seul qu'avant. Est-ce qu'il connaîtra cette joie de voir le visage de sa mère s'illuminer comme si on venait de lui offrir cent millions de crédits ? Pourquoi cette impression qu'il y aura du dégoût sur celui de sa mère ? Qu'elle ne sera jamais fière de lui ?
Susan vient embrasser Duo sur la joue avant de recommencer à manger. Heero sait maintenant qu'il ira à la constellation. Il veut pouvoir mettre son passé à jour, de manière à ne plus se poser de questions auxquelles il n'a pas de réponse. Il a horreur de ça.
-« Duo, j'irai. »
-« Oh et où est-ce qu'il veut aller ? » S'informe de suite Susan.
-« Excuse-moi maman, mais ça restera entre lui et moi. Le repas te plait ? »
-« Enormément, c'est délicieux. »
µµµ
Ils quittent le restaurant vers 21 heures.
-« Je vais reconduire ma mère. » Dit Duo quand ils sont devant l'établissement.
-« Ça va aller, l'hôtel est au coin de la rue. Circuler sur L2, c'est bien plus dangereux. Rentre avec ton ami. »
-« Demain, je viens te chercher pour te conduire à l'aéroport quand j'ai fini ma journée de travail. » Rappelle Maxwell.
-« On peut passer par l'hôtel, ça ne fait pas un grand détour. » Dit Heero qui se voyait mal assumer un accident de Susan à Sank.
Après tout ce qu'il avait entrepris pour retrouver la mère de Duo, ça aurait été vraiment stupide qu'il lui arrive quelque chose en leur rendant visite.
À Suivre…
(1) Constellation vue sur Youtube, mais je n'avais pas la fin, je l'ai imaginé à partir du moment où la thérapeute demande à l'esprit d'aller vers son corps.
