"Chapitre un : Il faut croire que les premiers jours, sont souvent

pleins de premières fois. "


Soir du 2 Septembre - 1976

pov Gabrielle Kipenson

Premier jour de cours. Premier levé matinal, depuis la fin de ma cinquième année scolaire. Premier réveil difficile avec une Petra surexcitée. Premier rêve insencé - faisant l'objet d'un meurtre, plutôt bien inspiré, mettant en scène Sirius Black et Petra Robinson - . Première fois depuis un certain temps - quatre mois - que je du me rappeler où j'étais. Premier long soupire, en disant long sur ma motivation à aller à en cours. Première bagarre avec Nikkie Hartson, serpentarde de mon cours de potions, depuis ce début d'année. Premier cours de Potions raté. Première heure de retenue. Première prière pour que le meurtre, mettant en scène Sirius Black et Petra Robinson, se réalise.

Voilà. Je crois avoir fait le listing complet des problèmes rencontrés, lors de cette première journée de sixième année. Je ne reviendrais pas sur les passages les moins nobles de cette journée. Je pense, et ce pour le bien de tous, qu'il ne vaudrait mieux pas décrire en détails les péripéties de ce premier jour de cours. Une chose est sûr : si Black ne meures pas dans les prochaines 48 heures, je vais me pendre dans la douche de mon dortoir.


7h00 - 2 Septembre - 1976

Ce fut un bruit sonore et strident qui me réveilla d'un sommeil profond. Sommeil qui se serait sûrement passé d'un rêve - pitié, faites que ce soit réel ! - plutôt intéressant, sur le meurtre d'un Sirius Black très réaliste, commis par une Petra Robinson reconvertie dans l'art du découpage. Je me serais cela dit, passé également d'être réveillée par ma camarade de chambre - oui, la découpeuse - qui semblait être finalement, une cousine proche de l'insecte connut sous le nom de : puce .

Encore endormie, la trace de l'oreiller sur la joue droite, je me redressai dans mon lit. . J'eus quelque peu du mal à reconnaître ma meilleure amie, alors qu'elle avait l'air d'avoir essuyé une tempête de couleurs pendant la nuit. Ses cheveux, d'habitude méchés de rose, avaient pris des teintes bleues, vertes, et fushia. Je clignai plusieurs fois des yeux, croyant à une hallucination.

- Tes tombé dans un pot de peinture ? m'écriai-je, stupéfaite.

Elle était en train de fouiller mon armoire à la recherche de je ne sais quoi, et au fur et à mesure jetait les vêtements à travers la pièce. Je vis passer mes débardeurs, mes jeans, quelques sous vêtements, et même mon uniforme noir.

- Tu ne vas pas me dire que dans ton armoire pleine à craquée, tu n'as pas un seul soutif vert pomme ? s'indigna-t-elle comme si je n'avais rien dit précédemment.

Vert pomme ? Je fis une grimace plutôt explicite.

- Pourquoi as-tu besoin d'un soutif vert pomme ? demandai-je prudemment en me levant pour rejoindre la folle dingue, qui était en train de semer mes affaires, un peu partout autour d'elle.

Elle se retourna vers moi, et une lueure dansante apparut dans son regard. D'accord, c'était clair, Petra était devenue complètement barjo pendant la nuit. Quoique...elle l'avait toujours été ! Elle me prit alors par les épaules, l'air grave.

- Gab', j'ai vraiment besoin d'un soutif vert pomme. C'est la saison du vert. J'ai besoin d'un vêtement vert ! s'écria-t-elle en me secouant.

J'enlevai ses mains de mes épaules, et m'éloignai.

- Alors, déjà tu te calmes, ensuite, je ne vois pas l'intérêt de mettre un soutif vert que de toute évidence, personne ne verra ! dis-je. Je suis sûr que tu peux t'en passer...


5 min plus tard

Je tapai trois coups sur la porte en bois sombre et massive du dortoir des garçons. Une moue résignée et un air peu amène collé sur le visage, je croisai les bras en attendant qu'on m'ouvre. Par la barbe de Merlin, cette Petra Robinson aurait ma peau ! Après une minute entière à prier pour que personne ne répondes, la porte s'ouvrit alors, laissant apparaître un Sirius Black encore tout endormis, et surtout à moitié dénudé. Je levai les yeux au ciel.

- Tu connais les chemises ? grondai-je alors que je le poussais pour passer.

Surpris par une invasion si matinale, il mit plusieurs secondes à réagir, tandis que je regardais si Kailey était dans la chambre. Je vis que James était toujours avachit sur son lit, un pied dehors, un pied dedans. Face contre le matelas. Je retins un sourire.

- Pourrais-je, si ce n'est pas trop te demander, savoir ce que tu fais là Kipenson ? dit-il de mauvais poil.

Ouh ! Monsieur n'était pas du matin ! Bon à savoir...

-Figures-toi que Petra est à la recherche d'un soutien-gorge vert pomme, et que par le plus grand des hasard, ta "petite-amie du moment" en possède un. N'est-ce pas merveilleux ce genre de coïncidence ? dis-je, ironique et moqueuse.

Il fit un sourire taquin.

- Je n'ai aucun souvenirs d'un soutient gorge vert pomme ma belle, mais Kailey n'est pas ici. Tu la trouvera sûrement dans son dortoire.

A cet instant, si j'avais été seule, j'aurais poussé un hurlement de rage.

- Petra m'a dit qu'elle l'avait vu venir ici il y a cinq minutes, rétorquai-je, furibonde contre ma meilleure amie, qui semblait m'avoir bien mené en bateau.

Son sourire s'élargit, et il alla regarder sous son lit, à la fois joueur, et moqueur.

- Hm...non, il n' y a personne. - il regarda sous ses couvertures - Là, non plus ! - il ouvrit son armoire en désordre - Rien qui ressemblerait à une fille ici ! - il ouvrit la porte de la salle de bains, où un Remus indigné poussa un juron - Ah, non ça c'est pas une fille c'est sur ! , ajouta-t-il en fermant la porte, l'air terriblement amusé par tout ça.

Je soupirai, maudit Petra mentalement, et jetai un regard noir à Sirius.

- Je suis ravie que tu t'amuses de ci-bon matin, mais moi ça me fait pas rire ! fis-je les bras croisés sur ma poitrine.

Il revint vers moi, et appuya son épaule droite contre la porte encore ouverte. Il me regarda avec son éternel sourire moqueur, et je du détourner les yeux pour ne pas avoir envie de le gifler.

- Pourquoi es-tu là réellement Kipenson ? lança-t-il soudain.

Surprise, je fis les gros yeux.

- Pour te demander la météo imbécile, répliquai-je, sarcastique.

Il fit un sourire en coin, et se rapprocha de moi. Je reculai, et découvrit que le mur derrière moi n'était pas si loin. Je savais déjà comment j'allais cacher le corps de Petra une fois que je l'aurais tué...

- Sérieusement Gabrielle, cette histoire de soutif vert pomme, c'est mignon mais on sait tous les deux que ce n'est qu'une excuse pour venir me voir, dit-il, tout près - trop - de mon visage. Admets-le, tu espérais me surprendre dans ce genre de tenue...

Choquée par son arrogance, je le repoussai et m'éloignai de lui.

- Non mais tu délires ! L'espace vide qui emplit ton crâne de petit prétentieux fait pression sur tes quelques neurones ou quoi ? Moi ? Intéressée par toi ? Oh, je t'en prie ! Il faudrait que tu sois le dernier homme sur terre, et que j'ai au moins perdu la vue, et l'ouïe par dessus le marché !

Sûrement avait-il été blessé dans son orgueil, car il me jeta un regard furibond, et tint la porte grande ouverte, me faisant bien comprendre qu'il était temps que je partes.

- On verra si tu seras toujours aussi désagréable dans un mois..., dit-il la mine sérieuse.

Son air mystérieux et pleins de sous-entendus ne me plaisait guère, pire cela m'inquiétait. Bien sûr, je n'étais pas assez stupide pour le montrer, et je fis une petite révérence, le regard plein de défi, et un sourire provocateur sur les lèvres. Je sortis, et mon sourire ne s'effaça que quand il referma la porte. Je devais vite savoir ce qu'il prévoyait...pourquoi dans un mois ?


1 heure plus tard

- Combien de fois devrais-je m'excuser ? demanda Petra alors que nous entrions en cours de Potions.

Horace Slughorn était un vieux professeur de Potions, directeur également des verts et argents. Il collectionnait avec fierté les meilleurs éléments de ses classes, les plus doués, une sorte "d'élite" si l'on peut dire. Avec les années, je compris bien vite que les potions n'était pas vraiment ma matière de prédilection, et je n'avais jamais été invité à l'une des soirées privées de Slughorn. Le club de "Slug" n'était pas vraiment l'une des mes priorités. Et pour dire, l'année dernière s'était même très mal passée...

Je soupirai alors que je posais mon sac sur la table que moi et Petra occupions. Elle s'assit à côté, et commença à sortir ses affaires. Le gros livre vert où un chaudron fumant était dessiné sur la couverture, attérit brutalement sur la table.

- De la délicatesse miss Robinson ! dit Slughorn en passant devant notre table.

Il affichait cet air désolé, et répugné en nous observant. Je levai les yeux au ciel. Dès que nous n'étions pas doués en potions, le professeur nous estimait peu intéressant. Quoique...cela m'arrangeait à vrai dire !

- Je ne suis pas sûr de pouvoir te pardonner ça, dis-je en chuchotant une fois assise.

-Ca ? répéta-t-elle avec une mine outrée. C'était une magnifique mise en scène destinée à te rapprocher du splendide spécimen, plus communément appelé Sirius Black.

- Une magnifique mise en scène ? C'est plutôt une immonde trahison ! fis-je scandalisée, ma voix montant dans les aigus sans que je m'en rende compte.

J'eus droit au regard réprobateur de Slughorn. Je n'en tint pas compte et sortis mes affaires en lançant un regard noir à Petra.

- Ecoutes, je sais bien que tu le détestes, mais personnellement je le trouves plutôt amusant, et vous formeriez un beau couple..., murmura-t-elle.

Je m'étouffais presque sur le coup, et la regardai comme si elle était une échappée d'un asile psychiatrique. Derrière moi, une main me tapota l'épaule. Je me retournai.

- Franchement, je suis d'accord avec Petra, dit Melindra.

Mélindra Parston, était une de mes amies proches, mais qui se trouvait à serdaigle. Nous avions le même âge, et elle et moi nous étions rencontrées lors de notre deuxième année. Elle était gentille, et amusant, bien que timide et réservée, mais ses idées me paraissaient peu censées parfois. Elle et Petra se serrèrent la main avec un sourire complice.

J'ouvris des yeux ronds, et m'insurgeai.

- Merry, ne t'y mets pas ! Tu vas l'encourager dans son délire de psychopathe complètement barjo, lançai-je un peu trop fort.

- Chuuuuuut, siffla Nikkie.

Assise au premier rang, à notre droite, elle mordillait le bout de sa plume, les fesses bombées en arrière, droite comme un piquet. Elle nous regardait avec mépris, et je lui renvoyai un regard noir. Elle m'ignora et fit semblant d'écouter le professeur de potions qui expliquait comment préparer la potion de confusion. Nikkie Hartson était une élève de serpentard, toujours aussi vulgaire, menteuse et hautaine. Elle faisait toujours croire aux profs qu'elle était une élève modèle, alors qu'en réalité, elle payait les plus doués de la classe pour faire ses devoirs.

- Gaby', il est beau, tu es magnifique, il a de l'humour, tu en a a revendre ! , vous avez de la répartie tous les deux, et si vous ne passiez pas tout votre temps à vous faire la guerre..., continua Merry.

Je l'interrompis, agacée.

- Oh, oh, oh,...c'est lui qui me pourrit la vie, pas moi, s'il ne me parlait pas, je pourrais tranquillement ignorer sa présence ! répliquai-je.

Elle leva les yeux au ciel en même temps que Petra.

- Certes, mais admets que tu ne lui fais pas de cadeaux non plus ! dit Petra.

Je soupirai, et me tournai vers les deux cachotières.

- Je vous préviens, peu importe vos arguments, ou vos motivations à le faire, si vous agissez dans mon dos pour me rapprocher de cet imbécile, je vous attache à un des poteaux du terrain de quidditch ! C'est clair ? dis-je en commençant à écrire les indications écrites sur le tableau.

Elle se lancèrent un drôle de regard.

- Limpide ! dirent-elles en même temps.

Je soupirai, et serrai les dents. J'étais certaine que ces deux là allaient forcément tenter quelque chose. Génial ! Comme si je n'avais déjà pas assez de soucis comme ça. D'abord les sous-entendus de Black, ensuite Marry et Petra qui complotent dans mon dos...quand cela allait-il prendre fin ?

Apparement pas tout de suite ! Car quelques instants plus tard, nous passions au côté pratique du cours de potions. Nous avions une demi-heure pour faire une potion de confusion, et le cours devint un réel cauchemar. Je crois que les choses avaient commencés à tourner mal quand Slughorn avait dit : " Miss Kipenson, miss Robinson, je crois que vous allez changer de partenaire cette année. Pour voir si certain talents cachés ne ressurgiraient pas avec un camarade disons...plus à l'aise avec cette matière".

Ma mine réjouie du l'éblouir à cet instant. Je regardais Petra, l'air paniquée, car je savais qu'avec la chance que j'avais...j'allais finir avec quelqu'un que je ne portais pas dans mon coeur. A dire vrai, j'avais bien peur d'être obligée de supporter Black tout le cours, mais ce ne fut finalement pas ce à quoi je m'attendais...

- Tiens, miss Hartson se fera un plaisir d'être votre binôme ! melança-t-il soudain.

Quand je vous disais que mon calvaire n'allait pas en finir...


Un quart d'heure plus tard, et plusieurs morceaux de cervelle de crapauds gâchés...

- Puisque je te dis qu'il fallait le mettre avant et pas après ! m'époumonai-je à bout de nerfs.

Nikkie me jeta un regard furibond, et posa brutalement le couteau sur la table, me faisant face. Elle me toisa avec mépris.

- Ecoutes moi maudite blondasse, je fais comme je l'entends, et t'es sûrement la dernière personne à pouvoir critiquer ma façon de faire ! fit-elle.

Je la regardais avec toute la fureur qui montait en moi. A bout de patience, je pris le morceau de cervelle de crapaud qu'on devait utiliser pour fabriquer la potion, et le posai sur le bord de la table. Je saisi alors le couteau - normalement utilisé pour coupé et eppluché toutes sortes d'ingrédients - et plantai l'ustensile dans le morceau de cervelle.

- Tu vois ça ? C'est ce qui va t'arriver si tu me parles encore une fois sur ce ton ? Alors tes petites manies de serpy hautaine et méprisante, tu les ravales ! Parce que la "maudite blondasse", comme tu dit, elle est bien gentille mais elle a pas beaucoup de patience, ni de self-control, donc je te conseille de revoir ta façon de faire, qui soit dit en passant, est complètement stupide ! Quoique...venant de toi, j'imagine qu'on pouvait pas s'attendre à mieux...!

Autant vous dire que les choses avaient bien vite dérapées après ça. Moi et Nikkie nous étions jetées l'une sur l'autre, renversant notre chaudron et celui de nos voisins par la même occasion, gaspillant ainsi plusieurs ingrédients, cassant plusieurs récipients, et finalement... nous fument arracher l'une de l'autre par des bras costauds. Attirée en arrière par une poignée ferme, et un bras de fer, je me débattis tout d'abord dans l'espoir d'arracher quelques autres mèches de cheveux de cette brune décoloré. Elle n'était même pas brune, ses racines avouaient tout quant à sa couleur naturelle, qui se rapprochait de la mienne ! Quelle hypocrite !

Petra voulut m'aider mais Remus la retint à temps. Pour l'instant, j'étais traînée tel un sac à patate, sur l'épaule de celui qui m'avait empêché de faire sa fête à Hartson. Bon sang ! Mais voulait-il bien me lâcher ? Je fus brutalement jetée par terre, dans le couloir des cachots, non loin du cours de Potions. Je relevai alors le visage vers le futur mort.

- Non mais ca va pas ! La délicatesse tu connais Black ? m'époumonai-je en me relevant.

Il me faisait face, les bras croisés sur son torse, toujours avec son air taquin insupportable.

- Je ne te savais pas si hargneuse Kipenson ! Une vraie tigresse ! dit-il en riant presque.

Sous le coup de la colère, je voulus lui mettre une gifle, mais ma main se stoppa alors, arrêtée par la poigne ferme de Black. Je le fixais, et il se rapprocha.

- Tu ne crois pas en avoir déjà fait assez ? dit-il. D'abord Nikkie, ensuite moi ? Il faudrait vraiment que tu t'inscrives à une réunion des "agressifs" anonymes tu sais !

Je grognai, et me détachais de lui pour prendre le prochain couloir qui menait au hall d'entrée. Petra récupèrerait mes affaires, je n'avais pas à m'inquiéter pour ça. Ce qui me tracassait, c'était que cette histoire avec Hartson n'allait pas s'arrêter là, et que j'allais probablement récolter une heure de retenue. La sale fausse brune allait tourner la situation à son avantage, il n'y avait pas à s'en faire !

Je retournai à ma salle commune pour me changer d'uniforme, le mien étant taché et déchiré. Je retrouvai par la suite Petra et Merry en cours de Sortilèges, et la journée se poursuivit à peu près normalement. Heureusement, nous n'avions aujourd'hui pas beaucoup de cours en commun avec les verts et argents - seulement Potions et Défense contre les forces du mal - . Encore heureux, car je ne supportais pas leurs regards haineux et dédaigneux. Quoiqu'il en soit, j'avais eu raison. Nikkie avait dit à Slughorn que je m'étais jetée sur elle, sans qu'elle n'y soit pour quelque chose, et j'avais deux heures de retenue de prévus demain soir.

Merlin, pitié, pourquoi tant de haine ?


Soir du 2 Septembre - 1976

J'étais donc assise, sur un des imposants fauteuils rouges de la salle commune, lorsque je fis le récapitulatif de cette affreuse première journée. Il était tard et l'horloge, suspendue au dessus de la cheminée, affichait 23h18. La pièce était déserte, et seule devant le feu qui crépitait et mourrait doucement entre les buches carbonisées, je soupirai de bien être. Un peu de calme enfin. Epuisée, je rejetai la tête en arrière sur le dossier du fauteuil, et fermai les yeux quelques secondes. Secondes durant lesquels je ne remarquai pas la présence de quelqu'un derrière moi. Un souffle balaya mon visage, et j'ouvris les yeux en sursautant. Penché au dessus de moi, son visage près du mien, Black me fixait en souriant. Il affichait une expression que je ne lui connaissais pas. Un air mi amusé, mi attendrit. Il ne dit rien, et moi non plus. Il restait cependant penché au dessus de moi, et moi toujours la tête penchée en arrière. Que me voulait-il encore celui-là ?

Ce ne fut finalement qu'après une poignée de secondes, qu'il ouvrit la bouche.

- Tu sais que tu as presque l'air adorable comme ça ? dit-il le plus sérieusement du monde.

Je fronçai les sourcils.

- Ce doit être difficile pour toi de faire des compliments, non ? rétorquai-je moqueuse.

- On peut dire ça oui, mais va savoir pourquoi j'ai encore plus de mal avec toi, avoua-t-il.

Sourire taquin, le retour ! Je me redressai, et allai m'assoir sur le grand canapé en soupirant. Les jambes en tailleur, je tâchai d'ignorer l'imbécile.

- Tu sais, on pourrait être amis..., commença-t-il mais je l'interrompis très vite.

- On pourrait, mais on ne l'est pas ! lançai-je d'une voix claironnante, sans le regarder.

A dire vrai, son regard me dérangeait. Me mettait mal à l'aise. Il avait le don de plonger ses yeux dans les miens, et ses deux prunelles bleus-grises, si intenses et profondes, m'embrouillaient l'esprit. C'était comme s'il cherchait à m'hypnotiser.

- ...ce serait si horrible pour toi d'être gentille l'espace d'une seconde ? Je commence à croire que je t'ai fait du mal dans une vie antérieure ! s'exclama-t-il en venant s'assoir à côté de moi.

Je lui lançai un regard interrogateur.

- Et pourquoi devrais-je l'être avec toi ? dis-je.

Franchement, on ne pouvait pas dire qu'il était un modèle de gentillesse non plus. Il passait son temps à venir m'enquiquiner, pour je ne sais qu'elle raison, et à faire des sous-entendus.

Il soupira, leva les yeux au ciel.

- Je ne sais pas...voyons voir, parce qu'on est censé être des gens civilisés ? proposa-t-il en souriant.

- Censé..., relevai-je.

Nous nous sourîmes, comme si nous avions pensé à la même chose. Et ce fut étrange de ce dire, qu'au final, même si nous nous détestions et nous lancions des piques à longueur de journée, il y avait quelque chose - bien caché certes - qui nous poussait à aller vers l'autre. Je ne sais pas ce que c'est précisément, mais il était grand temps que ça cesse !

Je me levai, et me postai devant lui.

- Puisque nous sommes des gens civilisés...je te souhaites une bonne nuit Black,... en espérant que tu ne t'étouffes pas avec ton coussin, rajoutai-je au dernier moment.

Il me renvoya un sourire moqueur, et acquiesça en me fixant.

- Bonne nuit Gabrielle, dit-il .

Ce fut ici que ma soirée se termina, et je filai me coucher en espérant que la journée de demain serait meilleure... L'espoir fait vivre !


J'espère que ce premier chapitre vous aura plu ;) Review ?