Notre d'auteur : Merci à tous pour vos reviews :) Lily : j'espère que ce chapitre te plaira autant que le précédent ! ; Drottingulove : Oui, c'est ma première fanfiction, même si j'ai souvent fais des tentatives. Je suis bien contente que ce début te plaise. Pour Petra, c'est un de mes persos préférés, et je me suis inspirée de ma véritable meilleure amie pour ce personnage ;) ( elle était ravie mdr ) Une ligue anti-maraudeurs ? Hm...en voilà une idée intéressante ! Mais ne t'inquiètes pas, les maraudeurs auront déjà trop de choses à gérer ! N'allons pas leur rajouter deux petites sadiques ;) En tout cas, je n'avais jamais pensé que Gaby' ressemblait à Lily', mais c'est vrai qu'il y a un petit quelque chose qui les relient. Pour ce qui est de l'humour, j'essaie au maximum de créer des situations où Gaby' sortira des répliques bien senties ;) Et puis, ce sont surtout les personnages qui y font, Sirius a cette personnalité, très taquine, moqueuse, et il n'est pas difficile de faire réagir gaby' face à ça ! mdr Merci pour ta review, et crois-moi je serais bien hypocrite de te voir comme une pipelette, étant donné la longueur de ma réponse x) Bon, sur ce, je vous laisse lire, en espérant que ce chapitre vous plaira. ! Bonne lecture ! :)


"Chapitre deux : Toute parole a son lot de conséquences"


Matin du 3 Septembre - 1976

pov Sirius Black

Je fus tiré du sommeil par un bruit sourd. Peter était tombé face contre terre, à côté de son lit, et les rires de Remus et James ne tardèrent pas à venir se mêler aux jurons du maladroit. Je ne souris même pas, trop endormit encore pour réagir. Une pensée me traversa l'esprit. Gabrielle. Aussitôt, j'eus envie de soupirer. Cette fille était vraiment désobligeante ! Jamais elle ne baissait sa garde, pas une seule fois, quoique hier soir avait été plutôt amusant. Mais que faire pour se rapprocher d'elle, et de mon but par la même occasion ? J'avais mis en place tout un plan destiné à la faire craquer. Je savais que j'y parviendrais, mais la question était : quand ? Quand est-ce qu'elle finira par m'apprécier, par me laisser une chance d'approcher véritablement d'elle ? Etais-je si déplaisant pour elle ? Selon ses dires, j'étais ce que la terre avait fait de pire : un être arrogant, aux chevilles enflées comme des pasthèques, et au cerveau remplit d'espace vide. Charmant, n'est-ce pas ?

Un sourire se dessina enfin sur mes lèvres. Le genre de sourire qu'elle déteste. Un mélange d'amusement, et de moquerie. Ca avait le don de la mettre en rogne, et merlin sait combien elle peut être adorable quand elle est énervée ! J'aimais la comparer mentalement à un chaton qui se croyait être un tigre, et qui sortait ses petites griffes en miaulant aussi fort qu'il pouvait. Elle pensait m'impressionner, me faire peur ? Grave erreure ! La seule chose qui pouvait me faire peur, c'était que mon plan tombe à l'eau !

Je me redressai dans mon lit, me frottant les yeux en gemissant de mécontentement. Je détestais me lever si tôt le matin, ça nuisait à mon image de Donjuan de Poudlard. Comment voulez-vous que je n'ai pas de cernes après une nuit si courte ! Même pas 12 heures de sommeil ! Je reçu,s la seconde suivante, un oreiller en pleine tête. Je me retournai vers le coupable. James me fis un grand sourire, l'air innocent.

- C'était pour te réveiller en douceur, se justifia-t-il.

Je levai un sourcil.

- Tu appeles ça en douceur ? lançai-je, de mauvais poil.

Il haussa les épaules. Je voyais son air fier et terriblement amusé d'ici. Le sale traitre !

- Je ne t'ai pas jeté le réveil non ? fit-il remarquer avec un sourire taquin.

S'en suivit alors une bataille d'oreillers plutôt ...décoiffante ! Quoique, ça avait eu le mérite de mettre tellement les cheveux de James en bataille, qu'il n'aurait sans doute pas besoin de passer sa main dedans, toutes les trente secondes. Nous finîmes tout de même par nous habiller, nous laver, et nous recoiffer - sauf James ! - . Comme tous les matins, Remus râlait de voir la prochaine pleine lune arriver à grand pas, et Peter se révélait être un parfait bout en train, et pour ce qui est de Cornedrue, il continua comme d'habitude à me parler de cette chère Evans. Merlin, achevez- moi !

Mon seul plaisir, de la matinée, fut à 7h15, quand Kipenson arriva dans la grand salle pour déjeuner, accompagnée par sa meilleure amie un peu folle. Comme à chaque fois que je la voyais, je ne pouvais qu'avouer intérieurement que cette fille était décidément très belle. Mais pas d'une beauté banale, elle ne se contentait pas d'être jolie ou mignonne, d'avoir un beau visage ou d''être bien formée. Non, c'était différent. Et je ne disais pas ça parce que j'étais un coureur de jupons. Kipenson avait une sorte de...de charme qui ne cessait de m'émerveiller. Elle rayonnait. Vraiment. Son sourire sincère et éblouissant, ses yeux d'un bleu océan si intense qu'il m'était impossible de ne pas y plonger les miens - il fallait d'ailleurs que j'arrête de me faire piéger par ses deux orbes bleues hypnotisantes - . Tout en elle me faisait penser au soleil. Sa longue chevelure blonde et ondulé, qui descendait en cascade, son visage délicat aux traits fins, sa bouche charnue dont la couleur foncé contrastait avec sa peau clair et parfaite. Et puis il y avait autre chose. Une chose qui ne me laissait pas indifférent. Son rire. Son magnifique rire, celui d'une enfant, une enfant heureuse. Ca avait le don de me pincer le coeur, allait savoir pourquoi d'ailleurs !

Euh...venais-je de faire tout un descriptif sur la beauté de Kipenson ? Par la barbe de Merlin ! Il fallait vraiment que je reprennes mes esprits ! Au plus vite !

- Siryyyyychouu ! Siriiiiuuuuuuuus ! appela avec impatience la voix de Kailey.

Assise à côté de moi, ma "petite amie" du moment semblait avoir remarquer ma petite absence. Je me tournai vers elle, les sourcils froncés.

- Quoi ? fis-je de mauvaise humeur.

Cela faisait deux jours que nous étions ensemble. C'était déjà trop ! Il fallait que je m'en débarrasse de toute urgence, et le plus tôt serait le mieux ! Elle avait le don de m'insupporter, avec ses babillages incessant. En fait, elle m'intérressait surtout pour ...soyons honnêtes, elle avait des formes généreuses ! Très généreuses, et mes yeux avaient vite lorgnés sur son décolleté.

- Tu me fais un bisou avant que je partes avec Malorie ? fit-elle d'un ton mielleux.

Je soupirai et l'embrassai. Elle approfondie le baiser, sans que je ne puisse l'arrêter, - oh, et puis à quoi bon ? - et s'en alla avec sa copine. Je ne savais pas ce qu'elles allaient faire, et franchement je m'en contre fichais royalement. Cependant, à peine était-elle partie qu'une voix s'éleva non loin de James, Peter, Remus et moi.

- "A plus tard mon Sirychounet d'amuuuuur " imita Petra à la perfection tandis que Kipenson était pliée en deux.

Toutes deux semblaient bien s'amuser à se moquer de Kailey.

- "Tu m'fais un bisouuuuuuuuuu mon Sirychouuuuu ?" fit Kipenson à tour.

Petra éclata de rire, et fit un bisou sur la joue à Gabrielle toujours en imitant Kailey. Autour de la table, les rires fusèrent.

- "Hannnnn, mon Sirychou, qu'est-ce que tu bizouttttes biiiien ! Viens, on va faire un bébé !" fit Kipenson en lançant un regard charmeur à Petra.

Je fis un sourire en coin, à la fois énervé d'autant de moqueries, mais conscient que Kailey n'était pas l'image de la fille la plus intelligente de la terre - ça c'est sûr ! - . Je les trouvais tous de même dures, mais au moins elles ne m'avaient pas imité moi. Je grimaçai cependant en entendant les fameux surnoms que la plupart de mes groupies me donnaient.

A côté de moi, James et Peter n'en pouvaient plus de rire, tandis que Remus souriait faiblement, cachant son hilarité derrière le journal qu'il était en train de lire.

- Tu t'amuses bien Kipenson ? lançai-je alors en jetant un regard à la gryffondore qui se trouvait à quelques places plus loin de moi, de l'autre côté de la table.

Elle se tourna vers moi, un air de défi dans les yeux, et un sourire sur ses fines lèvres.

- Serais-tu vexé Black ? Il faut dire que tu sais bien les choisir ! Sait-elle faire autre chose que bomber les fesses et les agiter devant ton nez ? asséna-t-elle.

Je perdis mon sourire aussitôt. Elle me faisait payer la journée d'hier !

- Pourquoi ? Serais-tu jalouse, parce que toi, tu n'as rien de bien intéressant à remuer ? rétorquai-je sans me démonter.

Cette fois, ce fut à son tour de ne plus sourire. Et elle me renvoya un regard noir. Furibonde, elle me toisa par la suite avec mépris.

- Navré, mais je ne fais pas dans le superficiel moi. J'avais oublié que je parlais au professionnel des dindes sans cervelle, pardonne-moi d'avoir oublié que tu ne sortais pas avec de vraies filles ! Tu sais, celles qui sont normalement constituées, et qui sont équipées d'un cerveau, avec des neurones qui se connectent entre eux ? cracha-t-elle.

Je serrai les dents, restant impassible. Mon sourire taquin apparut alors, et ça ne fit que la rendre encore plus furieuse.

- Tu parles de toi là ? Parce que le terme " normalement constituée" ne te convient pas vraiment Kipenson ! Je te décrirais plutôt comme une gamine hargneuse qui veut passer pour une grande, dis-je en buvant comme si de rien était un peu de jus de citrouille.

Au bord de la crise de nerfs, elle se leva, menaçante et furieuse, à un tel point que sur le coup je m'arrêtai de boire. Ses yeux bleus étaient devenus sombre, et lançaient à présent des éclairs qui - j'en étais certain - m'auraient tué sur place si cela avait été possible. Elle prit la carafe devant elle et m'aspergea de ce qui me semblait être du thé à la vanille. J'en restait éberlué. Ca, ce n'était vraiment pas prévus...

- Ravales tes paroles Black, sinon ta vie pourrait vite devenir en enfer ! dit-elle avec humeur.

Puis, dans une tempête de fureur, elle s'empara de son sac, et sortis de la grande salle, déclenchant les murmures sur son passage. Toute la table me regardait, et je sus à cet instant que j'avais été un peu trop loin. Elle ne me pardonnerait pas aisément, et j'étais mal parti pour devenir son ami.

- Je sens que je vais devenir un homme riche, dit James en me donnant une tape sur l'épaule.

Je lui lançai un regard lourd de sens. Génial, j'allais devoir me changer maintenant. Cette sale gamine allait avoir ma peau !


12h00 - 3 Septembre - 1976

J'avais revêtu un uniforme propre avant d'aller en cours. Cours qui se révéla plutôt tendu, étant donné que Kipenson semblait toujours aussi énervée. On aurait pu croire que cette matinée allait la calmer, et faire disparaître sa rage, mais... non. Bien au contraire ! Si elle avait parut furieuse et menaçante tout à l'heure, elle arborait à présent un calme et une froideur glaciale, qui avait tendance à me faire grincer des dents. Je m'attendais à tout venant d'elle, et sa vengeance ne tarderait pas à venir s'abattre sur moi. Pas que j'avais peur d'elle, mais je devais bien avouer que je n'avais pas l'habitude de la voir si froide. Elle ne m'avais pas accordé un seul regard, pas une seule parole taquine, ou désagréable - qui aurait cru que ça allait me manquer - qui rythmait habituellement nos journées. Evidemment, je ne cherchais pas à avoir son pardon. Je ne regrettais pas du tout ce que j'avais dit, car c'était en réplique à sa propre méchanceté, mais je savais que je l'avais blessé. Ce qui, jusqu'à aujourd'hui, n'étais jamais arrivé. Je l'avais agacé, énervée, torturée en l'enquiquinant, mais jamais je ne l'avais blessé. Et j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas, car ça n'entrait pas dans mes plans. J'avais juste besoin de la pousser un peu à bout, de l'irriter, de la faire craquer pour la pousser dans ses retranchements, pas de lui faire du mal.

Mais j'allais réparer mon erreure. En aucun cas pour m'excuser, juste pour ramener l'équilibre d'avant. Cet équilibre parfaitement contrôlé, qui me permetterait d'arriver à mes fins. James était bien trop heureux que les choses dérapent ainsi, en sa faveur, et j'étais prêt à faire n'importe quoi pour empêcher ça. Ce ne fut que pendant le repas de midi que j'eu l'idée parfaite qui conviendrait à la situation. Hélas pour moi, Gabrielle n'était pas venue manger. D'ailleurs, après notre dernier cours de la matinée, elle avait disparu sans que je ne m'en rende compte. Petra et Melindra semblaient pourtant discuter tout à fait normalement à table. Où était donc Kipenson ?


12 h 30 - 3 septembre - 1976

pov Gabrielle

Les nuages gris, qui avaient planés au dessus de nos têtes toute la matinée, avaient finalement commencé à déverser une pluie fine, sur Poudlard. Adossée à l'arbre imposant ,sous lequel les maraudeurs avaient l'habitude d'aller, je fixai le lac qui s'étendait devant mes yeux. Des milliers de petites gouttes créaient des cercles autour d'elles, touchant la surface de l'eau avec frénésie. Mes genoux ramenés vers mon corps, je m'en servais comme appuit pour écrire. Une plume dans les mains, le regard vague et fixé sur l'horizon, je tenais un carnet vert dont les motifs ressemblaient à des arabesques sans fin.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas écrit dans ce carnet, d'ailleurs je ne l'avais pas sortit de tout l'été. Les vacances avaient été tellement ennuyeuses, que je n'avais su quoi écrire. Je sais, un journal intime, c'est typiquement féminin ! Et quel manque d'originalité ! Mais le besoin tacite de mettre noir sur blanc mes pensées et les évènements les plus marquants de ma vie, était bien trop fort. En réalité, j'avais peur. Peur d'oublier. De ne plus avoir de souvenirs des années merveilleuses passées ici. Dans cette école, qui pendant longtemps avait été ma maison, mon véritable chez moi, et qui le resterait jusqu'à mon départ. Alors, peu importait finalement que ce soit stupide, ridicule, ou même superficiel, je me devais de ne rien oublier, de mémoriser et d'écrire chaque détail, car on oublie trop souvent les éléments les plus banals, en essayant de trop se souvenir de l'important. Rien n'est plus important que les petits souvenirs, les moments de bonheur éphémères que le temps efface et emporte.

Et pour marquer le coup, j'avais décrit avec précision le début de cette année scolaire. En passant de Aaron, à Petra, pour finir avec Black. Ce Black qui m'avait fait perdre mon sang froid ce matin, et qui semblait se faire un malin plaisir à me pourrir la vie en toutes circonstances...Je n'avais encore rien écrit aujourd'hui, et à vrai dire, je ne savais pas vraiment pas où commencer.

Cher Journal, - super original ! -

Je me suis encore levée ce matin en me demandant ce que cette journée allait me réserver. Allais-je rire ? Pleurer ? Passer d'agréables moments avec mes amis ? Ou serait-ce encore une de ces journées sans grand intérêt, ennuyeuse à mourir, remplis de soupires ? En fait, je ne vois pas la raison qui me pousse à me poser autant de questions. J'aurais du profiter de mon levé pour me préparer à cette journée. Pas en me demandant ce qui allait se passer. Non. J'aurais du savoir qu'aucune réponse ne serait la bonne. Et pour cause, je ne m'attendais pas à cela. Oui, comme tu t'en doutes, Sirius Black est passé par là.

Pour être honnête, peut-être l'avais-je cherché ? Sans doute, n'aurais-je pas du me moquer de Kailey, avec Petra, et le provoquer ainsi devant tout le monde. Mais je n'avais pu résister. En fait, c'était plus fort que moi. Dès qu'il est dans les parages, il me faut une raison de m'énerver contre lui, de lui montrer qu'il n'est pas le plus fort, le plus intelligent, le plus doué et surtout le centre de l'univers. Je veux lui prouver que tout le monde n'est pas à ses pieds. Mais ce matin, j'aurais sûrement du réprimer cette envie. A tous les égards, je suis une fille impulsive, généralement rieuse et douce, mais dès que j'étais irritée ou blessée, je devenais vite incontrôlable. Oui, c'était le mot. Je ne m'étais pas contrôlée. J'avais jeté ce thé sur Black avec rage, et m'étais éclipsée par la suite, en pestant contre lui. C'était sa faute ! Certes, j'avais commencé, mais il avait fini en me laissant furieuse et surtout vexée. Il m'avait blessé, car au fond je savais que je n'étais pas normale. Je n'avais pas une vie normale. Ni une manière de penser qui était banale.

Je n'avais pas été élevée par mes parents. Je n'avais ni mère, ni père, juste un oncle. Je n'étais ni intelligente, ni stupide, ni belle, ni laide. J'étais au milieu de toutes ces choses sûrement. Mais ce milieu était pour moi difficile à accepter, car au choix, j'aurais préféré ne pas y être. J'aurais aimé avoir une vie normale. Avoir deux parents qui s'aiment, qui s'occupent de moi. J'aurais aimé ne pas passer mes vacances seule au manoir, en essayant d'obtenir l'attention d'Aaron, j'aurais voulus être bien. Juste bien. Heureuse. Pas entre heureuse et malheureuse. Pas entre souriante et triste, pas entre satisfaite et insatisfaite. Je ne voulais plus être au milieu ! Je voulais être quelque chose de concret. Pas entre deux choses. Une seule suffisait ! Heureuse. Juste heureuse. Satisfaite. Confiante. Mais il y avait ce vide. Ces questions qui me hantaient. Ce trou dans ma poitrine qui ne semblait pas vouloir se refermer. Ce même trou que mes parents avaient laissé, et que le temps n'avait pas rebouché. Et voilà présent que Black faisait remarquer, devant tout le monde qui plus est, que je n'étais pas "normalement constituée" ou même que je n'étais qu'une "gamine hargneuse, se faisant passer pour une grande" ! Je savais que ces paroles avaient été retournées contre moi, par simple esprit de vengeance. Mais les entendre de sa bouche avait été comme un électrochoc...

- J'ai l'impression de ne pas être le seul à aimer cet arbre..., dit une voix derrière moi.

Je me retournai vivement, laissant tomber mon carnet par terre. Je n'avais pas eu beaucoup d'occasions de connaître Remus Lupin, mais il était, à tous les égards, un garçon charmant, gentil, et sérieux. Rien à voir avec ses amis. Il se tenait là, devant moi, et arborait un sourire sincère. Les mains dans les poches, il s'avança, et ramassa le carnet.

- Tu écris ? demanda-t-il alors.

J'haussai les épaules, lui reprenant le carnet des mains.

- Rien d'important..., dis-je en me rasseyant au pied de l'arbre.

Il fit de même, et je fus surprise de ne pas le voir loucher sur mon carnet. N'importe quel garçon aurait été curieux de savoir ce qu'il y avait d'écrit.

- Je voulais excuser l'attitude de Sirius pour ce matin..., dit-il d'un ton prudent.

Je soupirai, en levant les yeux au ciel. Dédaigneuse de connaître les excuses qu'il donnait à son ami. Pour moi, il n'y en avait pas.

- Ne prends pas la peine de le défendre Remus, je ne suis pas disposée à lui pardonner ce qu'il a dit, assénai-je.

Il sourit en coin, et reprit.

- Non, je ne cherche pas à le défendre. Mais je sais qu'il ne s'excusera jamais complètement, alors je le fais à sa place, dit-il.

- Pourquoi ? demandai-je, interloquée.

- Parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse, répondit-il d'une voix douce.

Il semblait être à des années lumières de ses amis. James, Sirius et Peter paraissaient tellement agités et immatures comparé à son calme et à sa douceur légendaire, car quiconque connaissait les maraudeurs de près ou de loin savait que Lupin se démarquait par sa maturité.

Je sourit faiblement, et me tournai vers lui.

- Ce n'est sûrement pas la première fois qu'on te pose la question, mais... qu'est-ce que tu fiches avec ces trois imbéciles ? demandai-je, avec une moue taquine.

Il rit doucement.

- Parfois je me le demandes ! fit-il. Non, plus sérieusement, ils te paraissent sûrement idiots et insupportables, mais ce ne sont que deux adolescents irresponsables, ils ne sont pas méchants...cependant, ils mesurent mal le mal qu'ils peuvent faire, surtout Sirius... , ajouta-t-il en me fixant intensément.

J'acquiesçai, méditant ces paroles.

- Je ne le comprends pas, il cherche à être mon ami, mais il ne cesse de faire tout pour m'énerver, j'ai l'impression qu'il se moque bien de moi..., fis-je avec une pointe d'amertume.

Je vis Remus se tendre, et devenir si crispé que les expressions sur son visage se bousculèrent soudainement. Est-ce possible que j'ai vu juste ? Il n'ajouta rien, mais ses yeux en disaient assez. Sirius se moquait de moi, et sûrement n'était-ce qu'un jeu pour lui. Un jeu qui finirait par se retourner contre lui... j'en fais le serment.


18 h 00 - 3 septembre 1976

pov Sirius Black

Je soupirai une nouvelle fois. Au fur et à mesure que les minutes passaient, j'étais de plus en plus certain que l'ennui était dangereux pour la santé d'un être humain. Voir, mortel. Une heure déjà que j'étais dans cette salle sombre et silencieuse, dans les cachots. Rusard balayait la pièce des yeux, attentif au moindre de nos mouvements. Je n'étais pas seul évidemment. Quelques élèves semblaient, tout comme moi, payer les fruits de leurs bêtises. Je reconnus quelques gryffondors plus jeunes que moi, un poufsouffle et malheureusement, le Destin avait croisé ma route avec celle des soeurs Olmes. Les deux serpentardes étaient sûrement les pires pestes que l'on pouvait trouver en stock chez les verts et argents. Unies dans l'adversité par leur sens de la manipulation, et par leur égoïsme flagrant, elles étaient en permanence collées l'une à l'autre, murmurant, complotant et crachant telles des vipères affamées.

Alors que je pensais sérieusement à sauter par la fenêtre avant la fin de cette retenue, la porte de la salle s'ouvrit dans un léger grincement qui me fit me retourner. Toutes les têtes se tournèrent, et Rusard renifla avant de désigner de son menton pointu, la table du fond.

Elle se tenait là, dans l'encadrement de la porte, une paire de livres dans les mains, et son sac sur l'épaule, les cheveux attachés en une queue de cheval qui lui allait fort bien. Elle ne m'accorda aucun regard, si bien que je crus tout d'abord qu'elle n'avait pas remarqué ma présence. Je me raisonnais cependant en me disant qu'il était impossible de ne pas me remarquer. Quoi ? Un gaillard comme moi ? Invisible ? Impossible !

Elle s'assit au fond de la salle, à l'opposé de l'endroit où j'étais. Évidemment...j'aurais du m'en douter. Concentrée sur ses devoirs qu'elle semblait faire avec le plus grand sérieux du monde, elle ne regardait que ses livres et ses parchemins. Frustré, je décidai de passer à l'action. Rusard guettait toujours le moindre mouvement de ma part, et je pris l'air le plus innocent qu'il soit - pas trop quand meme, restons réalistes - . Je me levai, prenant mon sac avec moi.

- Monsieur Rusard, puis-je m'installer à côté de Gabrielle, nous avons des devoirs en communs ? demandai-je d'un ton poli et maîtrisé.

Il ronchonna, mais devant mon expression dénuée de sourire moqueur ou malicieux, qui aurait pu me donner un air canaille, il acquiesça en maugréant. Je sourit, victorieux.

Je la vis légèrement relever la tête, et même si elle ne m'accorda aucun regard, elle serra les lèvres et inspira de façon déterminée, avant de retourner à ses parchemins. Je me dirigeai vers elle, et m'assis à ses côtés avec désinvolture. Nous restâmes ainsi quelques minutes, durant lesquelles je sortis quelques livres et une plume, pour que mon mensonge reste crédible, et que Rusard ne me demande pas de me séparer de Kipenson.

Après un petit moment, je me penchai vers elle, ma tête près de son épaule, mon nez quasiement collé dans ses cheveux, tandis qu'elle continuait à écrire son devoir de métamorphose.

- Tu n'es pas très douée en métamorphose, hein ? fis-je.

Sa nuque si délicate était à quelques millimètres de moi, et je la vis se tendre. Ses doigts se crispèrent sur sa plume, et je souris, satisfait. Elle ne répondit cependant pas, me décevant grandement. Je m'attendais au moins à une pique bien placée, comme elle savait si bien le faire, mais rien ne vint. Je parlais à un mur. Un mur qui ne tarderait pas à exploser.

- Tu sais, je ne suis pas un grand spécialiste, mais je crois que tu devrais prendre des cours particuliers, disons, ...avec moi ? proposai-je d'un ton taquin. Je suis un très bon professeur...

Toujours aucune réaction, mais elle se tendait au fur et à mesure que je parlais. Ca ne tarderait pas à venir, et je savais pertinemment qu'elle se retenait pour ne pas balancer deux ou trois joutes verbales de son cru. Je pris une mèche de ses cheveux entre mes doigts, et l'entortillais autour de mon index.

- On n'est pas obligé de parler, c'est vrai... on peut faire des tas de choses sans parler..., dis-je.

C'était le coup de grâce ! J'étais certain qu'elle craquerait ! Elle détestais mes sous-entendus, et avec les années j'avais pu voir à quel point cela la mettait mal à l'aise, et la rendait furieuse, pour une raison qui m'étais inconnue. Elle se retourna vers moi, posant calmement sa plume sur la table. Un sourire tendu se dessina sur ses lèvres roses.

- Qu'est-ce que tu veux Black ? asséna-t-elle de but en blanc.

Je pris un air étonné, et relâchais la mèche blonde entortillée sur mon doigt.

- Que crois-tu que je veuilles ? rétorquai-je.

- Je pense que tu es là pour t'excuser mais que tu n'es tellement pas habitué à le faire, dans ta triste et misérable vie, qu'à présent tu n'y arrives pas, dit-elle froidement.

Je levai un sourcil, et prit un air moqueur, mais malgré mon air détaché, je pensais qu'elle n'avait pas tout à fait tord. Elle avait raison sur un point, je n'arrivais pas à m'excuser, c'est pourquoi ce n'était pas le but de la manoeuvre. Non, je voulais me faire pardonner, d'une manière ou d'une autre, qu'on puisse tourner la page sur ce malheureux incident de ce matin, et qu'on reviennes à la normale. Hélas, elle ne semblait pas disposée à oublier facilement.

- Tu ne me donnes pas très envie de te présenter des excuses Kipenson, répliquai-je alors. Et puis, qui te dis que c'est à moi de m'excuser ?

Elle s'offusqua aussitôt.

- Parce que c'est à moi de la faire ? s'exclama-t-elle un peu trop fort, ce qui nous valut un regard noir de Rusard. Elle baissa alors le ton. Si tu n'avais pas été aussi cruel avec moi je ne t'aurais pas envoyé une carafe remplie de thé !

- Je n'ai fait que répliquer à ta propre méchanceté Kipenson, crois-tu que se moquer de Kailey et me provoquer par la suite était un acte innocent ? C'est toi qui as commencé, ne le nie pas. J'ai une dizaine de témoins. Quant à d'éventuelles excuses, je pense qu'elles devraient venir de toi...!

- Jamais ! cracha-t-elle.

Elle se tourna, reprenant le cours de ses révisions. Je levai les yeux au ciel. Elle était tellement butée ! Je me rapprochai d'elle, et chuchotai à son oreille quelques mots.

- Sois raisonnable Gabrielle, admet que tu as eu tord. Tu as commencé, j'ai répliqué, tu t'es vexée. Tu voulais que ça tourne mal, sinon tu n'aurais pas imité Kailey avec Petra. Tu as eu ce que tu voulais, tu as enfin une raison de me détester ! Maintenant, pourrions-nous oublier cette stupide dispute ?

- Si tu crois que ça marche comme ça...! se moqua-t-elle. Je n'ai jamais eu besoin de raisons de te détester, tu m'en donnes déjà suffisamment. En outre, le jour où tu me verras m'excuser, et admettre que j'ai tord, il pleuvra des grenouilles en forme de bonnet de bain !

Je ne pus m'empêcher de sourire.

- Pourquoi tant de haine ? susurrai-je à son oreille.

- Parce que tu le mérites..., répondit-elle sur le même ton.

Nous sourîmes. J'avais réussi.


pov Cassiopée Olmes

Qui aurait pu croire qu'une simple heure de retenue allait se révéler aussi intéressante ? J'avais assisté à la petite scène entre le maraudeur et la gryffondor avec délectation, et mes yeux affutés n'avaient pas loupé une miette. J'avais vu leurs sourires, la manière dont elle se tendait et se crispait à ses côtés, celle qu'il avait de jouer avec ses cheveux. Et une idée avait germé dans mon esprit. Une idée qui ne tarderait pas à détruire ce misérable groupe de rouges qui se prenaient pour la fierté de leur maison. Les maraudeurs ne seraient bientôt qu'une vulgaire plaisanterie. La honte de leurs semblables.

Je jetai un coup d'oeil discret, à ma soeur et sourit en voyant son ton virer au vert en observant les deux gryffons ensemble. Oui, cette année promettait d'être mémorable...


Et voilà pour ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous a plu ! Le chapitre 3 est en cours d'écriture, patience, patience ! ;) Review ?