Court chapitre où Naruto galère un peu moins (et c'est censé être le meilleur traqueur, hein -_-"), en suivant le cimier blanc (et non le lapin. Et il n'arrive pas au Pays des Merveilles, pas vraiment.)
En vedette, pseudoHokkaido !
Chapitre cinquième : en suivant le cimier blanc
Avant de repartir vers le Sud, Sasuke lui avait glissé vers quelle village se rendre. La rumeur courait qu'une dame riche s'y était faite agresser et que sa suite avait réduit en miettes les bandits. Naruto ne voyait pas trop le lien avec la princesse, car les villageois prétendaient que la dame avait avec elle une escorte de soixante soldats à l'armure brillante, et qu'elle se déplaçait dans un palanquin luxueux, entouré de petits singes qui avaient causé de redoutables dégâts dans le village.
Il s'aperçut vite qu'il n'y avait pas grand chose de vrai dans tout ça, et se mit à douter sérieusement. Ce serait bien le genre de Sasuke de l'envoyer sur une fausse piste, juste pour l'énerver.
Il s'apprêtait à repartir quand un vieil homme puant l'alcool lui rentra dedans. Lorsqu'il le vit, il poussa un petit cri de terreur. Habitué, Naruto soupira et allait passer son chemin lorsque l'ivrogne lâcha :
– Non, ne m'me torturez pas ! Je vous prie ! Que votre volonté soit faite m'm'm'ma dame... Vous n'allez pas à Hokka-kka-ido, non, pas du tout. Princesse, votre-
– Princesse ? reprit Naruto en faisant volte-face. Parle, ordonna-t-il en saisissant le vieux par le col. Il le secoua un peu pour faire bonne mesure, mais l'autre était déjà mort de trouille.
– Me torturez pa-a-as ! La dame riche qu'est venue à l'auberge de mon fils... Je n'suis qu'un pauvre vieillard, pitié-é-é...
– Parle-moi d'elle ! Comment était-elle ?
– Belle... aussi belle qu'un lever de soleil. Il y avait sa servante et un samouraï avec elle... Ils sont partis vers le Nord...
– Ça correspond... Où ça vers le Nord ? Elle t'a parlé ?
– Ou-oui. Elle m'a adressé la parole, reprit le vieux avec un sourire rêveur, elle si terrifiante et si noble. Non, non, non, je ne dois pas le dire, je ne dois pas, grommela-t-il en secouant la tête comme un épileptique.
– Parle, ou j'te tue !
– Pitié, pitié... Il ne faut pas prendre le détroit...
– Le détroit ? Alors ils comptent vraiment traverser ?
– Je ne sais rien, rien...
– Ouais, c'est ça... Dernière chose : t'es sûr que c'était la princesse d'Honshu ?
– Oui, pitié... oui, c'était elle... si belle... Ses yeux gris comme... comme les galets lavés par l'orage et tant d'orgueil... Seuls les yeux d'une vraie princesse peuvent briller avec tant d'orgueil, siffla-t-il, sa bouche tout près de celle de Naruto, ses yeux flous plantés sans les voir dans les yeux bleus.
Naruto s'attarda au village pour faire confirmer l'histoire du vieux, puis se lança à la poursuite de ses fugitifs, mais il avait trop tardé. Après avoir parcouru la péninsule en long, en large et en travers, il dût se rendre à l'évidence : ils avaient déjà traversé. Il mit plusieurs jours encore pour trouver le passeur qui les avaient pris. Il en profita pour prendre de nouvelles descriptions de quelqu'un qui, pour une fois, n'était pas ivre.
– Un samouraï au cimier blanc, une servante irrespectueuse et une dame qu'a pas prononcé un mot de tout l'trajet. L'avait son chapeau sur la figure d'ailleurs, ç'aurait pu être un fantôme que j'm'en serais pas aperçu. Monsieur, ajouta prudemment le passeur.
– Fais-moi accoster au même endroit qu'eux. Allez, bouge, on part maintenant.
– Hein ? C'est que... j'ai fini ma journée, moi...
– J'ai d'jà perdu assez de temps. Tu seras récompensé.
Il graissa amplement la patte du passeur, lui faisant promettre de ne pas reprendre le trio s'il le revoyait sur l'autre rive, et de l'attendre, lui. Il se rendit compte qu'il arrivait au bout de l'argent qui lui avait été alloué pour sa chasse par son maître Kyubi.
On verrait ça plus tard. De toute façon, il n'était plus question de prendre une chambre à l'auberge. Si près de sa proie, commençait la traque rapprochée.
– Tu pourras pas t'enfuir jusqu'au bout du monde, ma jolie, murmura Naruto dans sa barbe. À propos de barbe, faudrait que je rase ça, continua-t-il en pensée, tout en se caressant le menton. Inutile d'effrayer les gens plus encore que d'habitude. Mais ma foutue barbe pousse si vite maintenant. Je peux pas passer une lune...
Naruto passa quatre jours dans l'embarcation du passeur. Il emprunta la première route qu'il vit à bon train, tentant de se réchauffer. L'hiver était déjà là.
Sa marche dura longtemps, car il ne trouvait aucun abri pour s'arrêter hors d'atteinte du vent. Il obliqua vers la droite, longea une forêt épaisse aux arbres couverts de mousse, déboucha brusquement en haut d'une colline. Sa respiration faisait de la fumée devant sa bouche.
Ses yeux s'écarquillèrent. À moins d'un jo de lui, en contrebas, luisait l'armure d'un samouraï.
Son cimier était blanc.
Il y avait quelqu'un à côté de lui, et une autre personne en retrait derrière eux. Cette dernière portait un suge kasa. La princesse et son escorte. Presque à portée de flèche, lui tournant le dos.
Devant eux, leurs épées à la main, se trouvait une horde barbare.
