Parenthèse(s) : (Le chapitre précédent était ben ben court, alors voici le suivant sans plus (trop) attendre ! Au programme de l'ACTION et de la ROMANCE ! (enfin, romance... disons que Néji et Naruto se rencontrent pour la première fois, c'déjà pas mal non ? Le yaoï commence, enfin pour l'instant, le yaoï... quand l'un croit que l'autre est une fille, c'est difficile d'appeler ça du yaoï (J'aime beaucoup le mot "yaoï". Hm. Ouais. Tu parles.(C'est tout c'que tu sais faire!)))).


Chapitre sixième : pour une voix basse et cassée


Ce n'étaient pas des habitants d'Hokkaido.

Ils ne ressemblaient à vrai dire pas du tout à des japonais. Ils étaient une vingtaine, tous très grands et gros, le torse nu, vêtus de peaux pas même tannées et de fourrures d'ours. Leurs casques étranges étaient décorés de crânes d'animaux et leurs armes étaient lourdes et grossières : masses d'armes, énormes boucliers, épées droites en comparaison desquelles le katana de Naruto avait l'air menaçant comme une tige de roseau.

Le kusanagi examinait la situation d'un œil expert. Le samouraï au cimier blanc avait déjà dégainé. Son compagnon tenait à la main quelque chose qui miroitait faiblement, sans doute des poignards à lancer. Le combat allait éclater d'un instant à l'autre.

Dès que les deux combattants seraient occupés, il enlèverait la princesse. Naruto se mit en quête d'un abri proche où ils seraient invisibles. Si les barbares les poursuivaient, il ne pourrait pas les semer avec sa proie dans les bras. Sa future épouse, ricana-t-il intérieurement. Prépare-toi ma jolie, j'arrive...

Lorsqu'il eut trouvé et camouflé l'endroit idéal, il revint sur sa colline et profita du spectacle, gardant un œil sur la princesse. Le samouraï faisait honneur au bushido : son sabre avait tué ou gravement blessé une demi-douzaine de barbares, qui gisaient sur le sol glacé, mais cette bravoure avait un prix. Trop engagé dans le groupe ennemi, il était encerclé.

Une masse d'armes lui laboura le dos, le faisant tomber à genoux. À travers le sifflement du vent qui lui rabattait ses mèches trop courtes sur le visage, Naruto entendit le vrombissement discret de la lame lancée vers sa cible. Quatre barbares tombèrent sans avoir compris d'où venait la mort.

La horde restante se divisa en deux groupes, mis à part l'un des leurs qui tournoyait autour du samouraï : c'était déjà lui qui l'avait blessé au dos. Les deux groupes, l'un derrière l'autre, s'élancèrent vers le compagnon de la princesse. Elle tenait des deux mains un sabre court, mais ne bougea pas.

C'est le lanceur de couteaux qui accueillit les barbares, par une nouvelle volée de lames. La première vague tomba, et le lanceur se retrouva à court d'armes. La seconde vague s'abattit sur lui. Quand il cria, Naruto s'aperçut avec surprise qu'il s'agissait d'une femme.

La princesse s'enfuit sans un regard pour ses compagnons. Un seul barbare la poursuivit, jugeant la proie aisée à prendre.

– Touche pas mon gros, grogna Naruto. Celle-là est pour moi !

Il les rejoignit sans se faire remarquer, silencieux et rapide malgré sa taille et son équipement. Pour avoir étudié les environs juste avant, il savait qu'ils se dirigeaient ver un cul-de-sac. Il n'aurait pu espérer mieux.

Il les contourna silencieusement pour se jucher en hauteur là où ils s'arrêteraient, et encocha une flèche. Il n'était pas très bon à l'arc, mais à cette distance, c'était du gâteau.

La princesse arriva vite, en chaussettes sur le sol gelé, le kimono retroussé sur des pantalons d'homme. Son suge kasa pendait dans sa nuque, et son chignon à moitié dénoué volait derrière elle. Elle était talonnée par un grand guerrier à la peau blafarde, les cheveux teints en rouge, armé d'une de ces lourdes épées droites, un crâne de loup sur le front.

À la stupeur de Naruto, constatant l'impasse, la princesse se retourna et attaqua son poursuivant. Ce dernier, tout aussi stupéfait, n'eut pas le réflexe de bloquer sa première attaque.

Le sabre court dessina un grand sourire rouge sur sa poitrine.

Il perdait du sang, mais la plaie n'était pas assez profonde. Dans un grognement de douleur, il para. La flèche au bout des doigts, Naruto observait l'affrontement, médusé.

La princesse sautillait autour du guerrier, l'assaillant de toutes parts, évitant toutes ses attaques. Naruto ne comprenait pas pourquoi elle n'approfondissait jamais ses coups. Peut-être manquait-elle de force ?

Puis, l'évidence lui frappa les yeux : la jeune fille s'amusait à écorcher lentement son agresseur. Elle avait visiblement des tendances sadiques.

La neige se mit à tomber, de plus en plus épaisse.

Naruto décida de tirer avant de ne plus y voir. Le guerrier, la flèche en travers de la gorge, tomba lourdement en avant, sur la princesse qui, dans un réflexe, brandit sa lame vers le haut, empalant le corps sur son sabre, tombant à genoux sous le poids de l'homme.

Naruto descendit en vitesse, contrarié par la neige où il s'enfonçait déjà. Du manche de son sabre, il frappa juste au dessus du suge kasa. La princesse chancela.

Naruto fit basculer le cadavre qui la couvrait presque entièrement, desserra ses doigts crispés sur le manche de l'arme et hissa la princesse inconsciente sur son épaule. Elle était grande, pour une femme, et plutôt lourde. Il ne prit pas le temps de la regarder et s'enfuit vers la côte Sud, rebroussant chemin.

De toute façon, son visage était couvert de sang.

Il attrapa juste à temps le passeur, qui maugréa fortement qu'avec cette neige, la traversée était périlleuse, et qu'il y aurait un supplément. Naruto, qui n'avait plus le sou et avait projeté de le tuer, lui promit autant qu'il voudrait.

La princesse reprit conscience au cours de la première nuit, et le réveilla en se débattant dans son étreinte. Il pensait la maîtriser sans mal, mais quand la lutte traîna, il perdit patience et lui colla un kunai sous la gorge.

– Tiens-toi tranquille. Nous sommes sur les flots, on pourrait chavirer. T'as rien à craindre de moi. J't'ai sauvé lors de la bataille avec... ces hommes étranges.

– Ces hommes étranges, répéta-t-elle dans un murmure, d'une voix basse et cassée, leurs cheveux rouges... Où sont Lee et Tenten ?

– Morts. Tiens, bois, fit-il en lui tendant une gourde. Et puis rendors-toi.

– Tu es... le kusanagi ? demanda-t-elle entre deux gorgées, mais sa voix restait toujours aussi basse et cassée.

– Comment le sais-tu ?

– Lequel ?

– Kyushu. Honshu a déserté. Pourquoi ? Et comment tu sais ça ?

La princesse eut une étrange réaction : un éclat de rire silencieux secoua tout son corps comme un spasme.

– Pour rien, répondit-elle avant de se reposer contre lui, s'endormant aussitôt.

Dans le corps fatigué de Naruto, la colère montait vite. Je la laisse tranquille pour la traversée, décida-t-il, mais une fois les pieds sur terre, elle devra se montrer moins impertinente.

Il resserra doucement son corps contre lui, respirant l'odeur de ses cheveux. Son corps était dur, et le sang avait caillé sur la soie de ses vêtements, mais ses cheveux étaient doux contre sa joue, et ils avaient une odeur qu'il n'avait jamais senti chez aucune femme. Son parfum était d'une pureté minérale, comme l'odeur d'une cascade, quand l'eau frappe l'eau avec violence avant de se fondre en elle.

Se fondre en elle...