Hola a todos !

Le titre de ce chapitre fait référence à un haïku d'un haïkiste célèbre (oui, je sais plus qui).

Nos deux protagonistes rentrent sagement à la maison. Il semblerait que Naruto pourra enfin "Narutogakure" ! Mais n'y a-t-il pas comme un problème avec cette princesse ? En tout cas c'est sûr, elle a "quelque chose en plus"...

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Chapitre septième : Quand je me suis retourné, le monde derrière moi avait disparu


Naruto et sa captive chevauchaient à vive allure vers le Sud. Silencieux. Leurs chevaux se talonnaient, attachés l'un derrière l'autre.

Naruto était pensif. La princesse n'était pas comme il l'avait imaginé. L'assassinat du passeur avait à peine réussi à lui faire détourner la tête et elle n'avait pas protesté davantage lorsqu'il lui avait attaché les mains au pommeau de sa selle. Elle n'avait pas tenté de refaire son chignon, et éperonnait régulièrement son cheval, pressant leur course.

À ces moments-là, elle parvenait à son niveau, et il pouvait l'observer chevaucher. Elle montait avec une assurance qui portait sur les nerfs, la nuque raide, les jambes plaquées contre les flancs de sa monture. Seuls ses reins bougeaient, accompagnant le trot, mais son premier kimono était chiffonné à ce niveau, et il l'empêchait de voir la courbe de ses fesses.

L'atmosphère le pesait, mais solliciter sa conversation lui paraissait une faiblesse. Aussi, à la première ville de quelque importance qu'ils rejoignirent, il se précipita dans une taverne, assoiffé de paroles, tirant la princesse par la corde qui lui liait les mains. Certains clients s'indignèrent de voir la jeune fille ainsi attachée.

– Garde à vous, gronda Naruto. Je suis l'kusanagi de Kyushu, et ceci est ma proie !

Personne ne contesta, mais les lieux se vidèrent discrètement en quelques minutes.

Les deux voyageurs s'attablaient quand un marchand vint à leur rencontre. Il était assez richement vêtu, et portait une fine moustache qui lui tombait jusqu'à la poitrine. Il en était d'évidence très fier.

– Pardonnez mon inexcusable curiosité, seigneur kusanagi, mais quelle est l'identité de ce charmant gibier ? Avec tous les bouleversements que nous avons connus ces derniers jours, une information politique de cette importance est fort monnayable... si vous voyez ce que je veux dire...

Naruto ne voyait pas. Quels bouleversements ?

Il fit un rapide calcul. La traque et la capture l'avaient éloigné de la civilisation presque deux semaines. Quel évènement d'importance avait-il pu se produire ? Un coup d'état ? à moins qu'il ne parle de la désertion de Sasuke ?

– La princesse Hinata d'Honshu est ma proie, répondit-il avant de réfléchir.

À sa droite, la princesse, le suge kasa à nouveau sur la tête, fut secouée de son bref éclat de rire silencieux. Tout son corps ondula brusquement, avant de s'immobiliser, comme un unique hoquet général. Les yeux du marchand s'écarquillèrent, et un sourire fit trembloter ses joues :

– La princesse Hinata d'Honshu ? répéta-t-il, du ton de quelqu'un qui en a une bien bonne à raconter. Mais elle trône à Naruto en ce moment même ! L'assassinat d'Hiashi-ô lui a offert les rênes de Shikoku il y a cinq jours à peine, et la princesse en est déjà à sa troisième tentative de coup d'état ! Certaines langues fourchues susurrent que Shikoku ne sera plus très longtemps aux mains des Hyuga. Les chefs de clans devraient être des guerriers, comme à Honshu.

– Honshu ?

Naruto était trop abasourdi pour en demander plus.

– Mais le Ino-Shika-Cho ! Où étiez-vous passé ? Trois seigneurs se sont unis pour déferler sur la grande île, les Yamanaka, les Nara et les Akimichi. Le clan Uchiha a été massacré. Ino-Shika-Cho ne craint plus que le retour de l'ancien kusanagi, qui demeure introuvable, mais seul, il ne pourra pas changer la donne. Le monde change... En bien ou en pire, l'avenir nous le dira. Personnellement, même si les affaires fleurissent ces derniers temps – je suis dans le transport de marchandises, et autant vous dire qu'il y a du mouvement – je ne pense pas que ces bouleversements soient bénéfiques à long terme, avec les frontières qui se ferment entre les îles...

– Attendez ! Frontières ? Les frontières s'ferment ? Et Kyushu...

– Kyushu particulièrement, seigneur. Plus aucune communication n'est possible. Mais en tant que kusanagi, vous avez bien sûr accès à des informations qui pourraient aisément régler ce problème... Hmm ?

Le marchand attendit quelques instants que le blond lui monnaye un passe-droit pour ravitailler Kyushu, mais Naruto ne digérait toujours pas les nouvelles. Il fixait le bois de sa table, hébété.

Comment était-ce possible ? Comment les choses avaient-elles pu changer si vite ? Et Kyushu barricadée... Sa jungle, ses esprits, sa faune multicolore, sa flore luxuriante...

Pouah.

Ses moustiques, sa boue, sa chaleur étouffante. Il ne la regretterait pas. L'opium y était moins cher, et à part ça ? Il se lamentait intérieurement bien plus de la Cour de Shikoku, qu'il avait, elle aussi, perdue. Oh, bien sûr, il pouvait toujours tenter un coup d'état... avec les autres. Rien à voir avec son plan bien tranquille pour accéder en douceur à un pouvoir établi et, croyait-il, stable.

Il fut interrompu dans ses geignements mentaux par la (soi-disant !) princesse qui n'était plus secouée d'un éclat de rire silencieux, oh non, elle riait véritablement, et avec force. D'ailleurs son rire n'avait rien de la clochette cristalline d'une vraie princesse. Cela ressemblait plus aux caquètements d'une vieille marchande d'opium.

Une vague de fureur irraisonnée le saisit et il attrapa sa captive par les cheveux, lui relevant la tête vers lui d'un coup sec :

– Qui es-tu ? T'agissais au nom de Hiashi-ô, n'est-ce pas ? C'était une conspiration ?

– Hiashi-ô, ah ah ah ah ah... Hiashi ! Mort ! Assassiné !

La nouvelle semblait la remplir de joie. Elle exultait. Ses yeux si gris étaient bordés de larmes de rire, les rendant encore plus brillants de délire, de jubilation meurtrière et d'orgueil.

– S'il est mort, je suis libre ! continua-t-elle entre ses hoquets d'allégresse. La Cour de Naruto croira à ma mort et m'oubliera vite. Je pourrais enfin... partir... Vivre...

Son ton s'apaisait, elle se calmait un peu, et son sourire dément s'adoucissait. Obéissant aussi promptement à ses envies qu'à sa colère un instant plus tôt, Naruto fondit sur ce sourire doux qu'il voyait pour la première fois sur les lèvres de l'imposteur. Comme il s'y attendait, sa proie se débattit férocement, toujours avec cette force étonnante qu'il avait déjà remarquée au cours du voyage. Quand elle réussit à se reculer assez, elle cracha contre ses lèvres :

– Tu ne sais même pas qui je suis. Si tu le savais, kusanagi, tu t'en brûlerais les lèvres !

Voyant que la scène tournait au pugilat conjugal, le vendeur s'était éclipsé sans les informations qu'il n'aurait de toute façon pas obtenues.

Commença alors un insolite jeu de devinettes, alors qu'ils étaient toujours empoignés, l'un agrippant l'épaisse chevelure noire, l'autre les poings crispés sur un col :

– Qui es-tu ? T'as été élevée à la Cour...

– Pour servir !

– T'as les yeux des Hyuga, qu'on rencontre nulle part ailleurs... (par leur couleur comme par l'arrogance qui s'y lit d'ailleurs, pensa Naruto).

– Le frère d'Hiashi-ô, le kusanagi de Shikoku... Il est mon père.

– Hizashi ? Il a pas d'enfants !

– Pas d'enfants légitimes... Mais les plus basses courtisanes peuvent être mères !

– ...

– Plus de voix kusanagi ? Tu n'y avais jamais pensé ? Vous êtes tous les mêmes, à vous croire supérieurs alors que vous ne valez pas la boue que vous jetez sur les gens ! C'est facile d'être le meilleur quand on est né au bon endroit ! Aucun mérite ! Mais ma mère n'était pas qu'une paire de jambes dans un fourreau de soie ! Elle est allée réclamer ce que la Cour lui redevait. Ils lui auraient bien craché dessus, mais je ressemblais déjà trop à mon père pour qu'ils puissent prétendre qu'elle affabulait. Toute ma vie j'ai été esclave, jusqu'à cette mission suicidaire et déshonorante, je peux bien te le dire maintenant...

Elle avait parlé sans reprendre son souffle et haletait à présent.

– J'ai réussi. Les kusanagi ne sont pas arrivés à temps pour sauver leurs seigneurs... Shikoku a été emportée par la guerre qu'elle avait elle-même enclenchée dans l'ombre de toute façon, plus rien ne me retient... Je suis libre, répéta-t-elle.

Ils restèrent un instant à partager leurs respirations, avec leurs fronts qui se frôlaient, quand elle se mit à le secouer :

– Alors LÂCHE-MOI !

Il se reprit, la laissa se redresser, lui attrapant le poignet pour l'empêcher de s'enfuir.

– Dis-moi ton nom...

– Il ne te dirait rien.

– Pour savoir qui j'vais allonger sur la paille tout à l'heure, continua-t-il en souriant.

– Pardon ?

Ses pommettes avaient rosi et sa voix éraillée s'était étranglée dans sa gorge. Pucelle, jugea Naruto. Quoique... elle a très bien compris de quoi je voulais parler...

– Tout ce que je t'ai dit ne te suffit pas ?

– Soit, t'es pas princesse. Et alors ? Besoin d'un arbre généalogique pour écarter les jambes ?

– Quel...

Pour la première fois, elle cherchait ses mots, le teint rouge, peut-être d'indignation.

– Très bien, finit-elle par souffler, j'ai honte de le dire à voix haute, mais ma fierté est déjà bien trop piétinée pour que cela puisse la blesser davantage. Je ne suis pas la fille naturelle d'Hizashi...

–...

– Je suis son fils.


[...]


(grande révélation. Je SENS que vous êtes surpris...)

Attention ! Le prochain chapitre est le dernier et ultime (oui, je redonde).

Il a lieu après une ellipse assez importante.

(Continuez à lire ! Vous n'allez pas arrêter maintenant ? Le LEMON arrive la fois suivante)

Ne manquez pas le huitième chapitre (ça porte bonheur) : "L'épouse attachée" !