Bonjour !
Comme promis, un nouveau chapitre le lundi. Voici le troisième chapitre, bien plus long. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture !
A Jeudi pour la suite.
Ceycey
Chapitre 3 :
Comme le temps passe vite lorsque nous sommes en bonne compagnie. Les jours défilaient et je ne l'aurais sans doute pas remarqué si l'automne ne s'était pas installé, avec ses pluies quotidiennes et les arbres qui prenaient une jolie couleur vermeille.
Comme prévu, nous n'avons pas remis les pieds au Pur Feu. Le propriétaire devait sérieusement se poser des questions. On se rejoignait toujours devant sa porte et, étant toujours la première arrivée, je voyais bien qu'il était intrigué par notre petit manège.
Nick avait promis qu'il me trouverait de nouvelles occupations. Moi, du moment que c'était avec lui, ça m'était égal. En un mois, nous avons visité les plages d'Ireland, la campagne d'Ecosse et quelques villes à proximité de Londres. J'étais finalement heureuse d'avoir mon permis de transplaner. Je me rappelle qu'à mes dix sept ans je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de le passer mais cela se révélait bien utile finalement. En revanche, il fallait avouer que jouer aux touristes n'était pas très marrant à la longue. J'ai finalement eu la permission de choisir les occupations grâce à ma connaissance du monde moldu.
Nous avons ainsi assisté à quelques match de Football (ce qui lui a beaucoup plu d'ailleurs, les hommes alors …), vu quelques films au cinéma et découvert de nombreuses cuisines étrangères.
J'en venais presque à oublier que le pays était secoué par la terreur et les rares fois où j'y pensais, je me sentais coupable, me trouvant égoïste.
-Hé ma petite dame, je t'offre un verre ?
Un vieux bonhomme, a qui il manquait quelques dents et dont la barbe était incroyablement fournie, venait de me sortir de mes pensées. Je le dépassais de deux têtes mais ça ne l'empêchait pas de me faire peur un minimum. Je me trouvais devant le bar Pur feu depuis dix bonnes minutes, à attendre Nick sous la pluie. J'espérais qu'il ne tarderait pas.
-Non … merci, j'attends quelqu'un.
-Ah ah, celle là on ne me l'a fait pas à moi. Aller, fais pas ta timide avec moi !
Il s'était permis de m'attraper le poignet et tentait de m'emmener de force à l'intérieur.
-Mais lâchez-moi, j'ai autre chose à faire !
Le bonhomme allait répliquer et moi je me préparais à devoir user de ma baguette mais ce fut inutile. Etonnée, j'avais sentit un bras se poser doucement mais fermement autour de mes épaules et puis cette odeur familière qui émanait de lui.
-Tout va bien, chérie ?
Chérie ? Comme ce mot paraissait exceptionnellement plaisant en sortant de sa bouche. J'avais évidemment compris pourquoi il l'avait employé mais je n'avais pas pu empêcher mon cerveau (ou mon cœur d'artichaut) d'imaginer que ce « chérie » puisse être justifié … un jour, peut être.
-Maintenant oui, avais-je répondu avec un sourire alors même que l'homme retirait sa main.
Il maugréa des excuses inintelligibles puis entra enfin dans ce foutu bar. Je me tournais vers mon sauveur, un sourire amusé sur les lèvres.
-Tu tombes à pic Superman !
-On dirait bien … il ne t'a pas trop embêté ? Demandait-il soucieux.
-Non … et puis il n'en aurait pas eu le temps, je peux être un vrai monstre quand je veux !
-Toi ? Un monstre ? Alors là, je demande à voir !
Je riais avec lui, encore perdue dans ses yeux bleus. Il était trempé, l'eau dégoulinait de ses cheveux bruns et sur son visage. Il était adorable. J'aurais pu encore le dévisager longtemps s'il n'avait pas froncé ainsi les sourcils, un air intrigué sur le visage.
-Qu'y a-t-il ?
-Euh … il pleut, répondis-je bêtement.
-Oui, en effet, tu veux y aller ?
-Hum … ce serait une bonne idée.
-Quel est le programme ce soir ?
-C'est une surprise, on va bien s'amuser !
Je pris sa main, comme chaque fois que c'était moi qui choisissais la destination sauf qu'à force, je ne tremblais plus au simple contact de sa peau. J'avais entendu parler d'une fête foraine au bord de la manche et j'avais bien sur vérifié que la pluie n'y serait pas au rendez-vous.
Une fois arrivés, nous nous sommes retrouvés derrière un camion. Mieux valait transplaner là qu'en pleine foule.
-Où sommes-nous, pourquoi y a-t-il de la musique ?
Avec un sourire et sans lâcher sa main, je l'ai mené de l'autre côté du camion qui servait en faite de comptoir. Lorsque nous fûmes dans la foule je le lâchais enfin et épiais sa réaction. Je ne me lassais pas de son air étonné, voir émerveillé parfois.
-C'est une fête foraine, l'informais-je, les forains sont des gens qui voyagent toute l'année, ils s'arrêtent dans différentes villes et installent leurs manèges pour une durée déterminée. Les moldus en raffolent, tu vas comprendre pourquoi. Enfin, j'espère.
Nous avons fait le tour de la fête avant de nous décider. Il y avait les manèges à sensations fortes, les stands de tirs, les attractions pour les plus jeunes et de très bonnes choses à manger.
-Par quoi veux-tu commencer ?
-Ce que tu veux, me répondait-il, dérouté par le lieu.
J'avais peur qu'il ne s'ennui alors je décidais d'une activité qu'il aimerait surement mieux que moi : le stand de tirs. Il regardait les autres personnes étrangement. Quand il vit les carabines, son visage se réjouit. C'était adorable à regarder.
-On dirait la même que dans le film d'hier soir ! S'était-il exclamé en s'en emparant.
-Hep hep jeune homme, d'abord on paye, s'était exclamé le forain d'un ton bourru.
Je lui ais tendus quelques pièces et il laissa Nick s'emparer de l'objet. Celui-ci observait la carabine sous tous les angles avant de se décider, le temps de comprendre ce qu'il devait en faire.
-Essaies de gagner la plus grosse peluche, lui demandais-je comme une gamine qui faisait son caprice.
-Ce gros chien là ? Mais à quoi te servira-t-il ?
-Ce sera un souvenir, ais-je dis d'un ton égal.
Il m'a ensuite adressé un grand sourire puis a acquiescé. Je l'ai observé étendre les bras et pointer la carabine vers les cibles. Il à fermer son œil gauche, viser puis … PAN ! Le bruit et le tressautement de l'arme le firent sursauter tandis que j'éclatais de rire.
-Waouh ! S'était-il écrié, sonné.
-Bravo ! Encore deux cibles et le chien en peluche est à moi !
-Tu le veux vraiment ?
-Oui !
-Alors tu l'auras.
Un petit clin d'œil pour moi et il se concentrait à nouveau. Cette fois-ci, la cible bougeait, il fallait bien corser le jeu ! Ce fut un nouveau succès, en plein dans le mille. Quelques personnes étaient venues regarder, faisant leurs petits commentaires. La troisième cible était plus loin et bougeait également. Je vis Nick la considérer comme si c'était son plus grand ennemi. Se demandant surement si cette fois, il allait y arriver. Prise par un élan soudain, je m'étais avancée vers lui, mise sur la pointe des pieds, pour déposer un baiser sur sa joue. Surpris, il m'a longuement regardé avec une lueur dans les yeux indescriptible, comme l'air perdu où je n'aurais su dire quoi. J'avais le sentiment d'avoir fait quelque chose qu'il ne fallait pas, c'était pourtant innocent pour moi. Mais je décidais de faire comme si de rien n'était.
-C'est pour te porter chance, ais-je dis avec un sourire et un haussement d'épaules pour minimiser mon geste.
-Ah.
Il s'était empressé de viser. Je le sentais plus distrait que les fois précédentes et pourtant la dernière cible s'est abattue encore plus vite que les autres. Le forain avait l'air ennuyé, cette peluche était énorme et devait coûter bien cher. La foule derrière nous applaudissait et Nick me tendit le chien en peluche avec un sourire extrêmement fier.
-Merci !
J'étais très contente, l'épisode du baiser sur la joue oublié, ou en partie du moins. Nous avons quitté le stand de tirs mais je regrettais d'y être allé en premier, la peluche était encombrante. Retournant discrètement derrière une des camionnettes, je sortais ma baguette. Un sortilège de rétrécissement et je fourrais la jolie peluche dans mon sac.
Une fois de retour dans la foule, Nick s'est brusquement arrêté.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Oh, c'est le palais des glaces, l'informais-je avec un ton ennuyé.
-Qu'est-ce qu'on y fait ?
Je lui expliquais alors le principe : qu'il fallait déambuler dans un labyrinthe dont les parois étaient uniquement faites de miroirs. Et puis il a fait un truc étrange : il à éclaté d'un rire jusque là inédit et s'est avancé vers le guichet.
-C'est génial ! On le fait ?
Un vrai gosse ! Je soupirais, ne sachant pas comment lui dire que cette fois ce serait sans moi. Mais il ne m'a pas laissé le temps, il m'avait empoigné vivement, me tirant vers la file d'attente.
-Tu n'as pas l'air d'en avoir envie, remarquait-il enfin.
-Pas vraiment, j'en garde un mauvais souvenir, maugréai-je.
Je vis ses magnifiques yeux bleus devenir intrigués, inquisiteurs même. Ils étaient beaux avec cette expression. Ils étaient beaux avec n'importe quelle expression ! Du moins c'est ce que j'imaginais, je ne les avais pas encore vu exprimé la colère ou la tristesse, mais je n'étais absolument pas pressée.
-Pourquoi ça ? S'enquit-il.
-Quand j'avais huit ans je l'ai fait avec mon père. J'ai fini par me perdre et cédant à la panique j'ai voulu sortir au plus vite sans faire attention où j'allais. Je me suis pris plusieurs miroirs et il a fallut qu'on démonte une partie de l'attraction pour me faire sortir.
Il regardait les glaces pendant que je lui racontais ma mésaventure. Il avait l'air de les évaluer. Sans cesse il me faisait penser à un héros de films hollywoodiens confronté à diverses situations périlleuses. Il avait toujours l'air sur le qui-vive, en train de réfléchir à ce qui pouvait se passer chaque seconde. Il analysait tout, c'était un peu flippant. Puis il tournait vers moi un visage rieur.
-Je ne te permets pas de te moquer de moi ! M'étais-je emportée.
Ses fossettes ont disparues pour réapparaître. Il ne pouvait apparemment pas se contrôler. Ce n'était pourtant pas si drôle. A moins qu'il ne se soit imaginé la scène, moi me prenant violemment une vitre dans le visage (pour rester polie) et retombant à terre, inerte. Alors oui, dans ce cas ça pouvait être tordant d'un point de vue extérieur.
-Tu as confiance en moi ?
-Euh … pourquoi ?
-As-tu confiance en moi, insista-t-il, cherchant a accroché mon regard.
Sa question me déroutait et il avait l'air d'attendre ma réponse comme s'il en attendait bien plus que ce que je pouvais soupçonner. Et moi, sa question, je la trouvais stupide ! Si je n'avais pas confiance en lui, je n'aurais pas passé toutes mes soirées pendant un mois en sa compagnie.
-Bien sur que oui !
-Alors viens, je te jure qu'on sortira en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et sans aucune égratignure !
J'acquiesçais et m'avançais avec lui vers le guichet pour payer l'entrée. Comme si j'avais eu le choix ? Il m'était impossible de lutter contre lui !
Les personnes devant nous constituaient une famille entière (et très bruyantes). Ils étaient sept et la femme qui s'occupait de l'attraction décida de les laisser seuls à l'intérieur. Ce fut parfait car quand notre tour vint, il n'y avait plus que nous. Je ne voulais pas me retrouver avec des inconnus qui, eux, ne se gêneraient pas pour se moquer de moi. Je sais que cette histoire de glaces tournait ridiculement à l'obsession, mais quand on est traumatisée par quelque chose, on l'est à vie !
On s'est engouffrés là dedans, coupés soudainement de la musique et du chahut provoqué par la foule. C'était d'autant plus impressionnant qu'il faisait nuit dehors et le labyrinthe de glaces n'était évidemment pas très éclairé. Sans cela il n'aurait pas été difficile de repérer quels étaient les réels miroirs avec les nombreuses traces de doigts laissées auparavant.
-Alors, c'est de ça que tu as peur ? S'est-il exclamé en pouffant et chuchotant.
Je m'étais contenter de le frapper où je pouvais, je ne le distinguais pas vraiment mais apparemment c'était en plein milieu de son dos. Si je m'étais écouté, je n'aurais pas retiré ma main. J'avais sentie ses muscles se contracter et mon ventre aussi par la même occasion. Mais il fallait avouer que mon geste n'aurait pas eu la même signification si je m'étais attardée.
Après avoir ricané une dernière, fois il s'est emparé de ma main pour me guider dans le dédale de miroirs. Nous progressions bien, sans encombre mais il semblait s'ennuyer car au bout de quelques minutes il s'est brusquement retourner vers moi.
-Et si on corsait un peu les choses ?
Je distinguais faiblement son visage mais je vis son sourire envoutant. Il avait une idée derrière la tête visiblement, et je n'étais pas sure qu'elle me plairait.
-Si par là tu entends que l'on se cogne délibérément la tête contre les murs, c'est non.
-Mais non, tu as de drôles d'idées, avait-il dit en riant encore, je pensais qu'on pourrait avancer de la même façon mais en courant.
Et c'est moi qui avais de drôles d'idées ? On ne voyait rien à part nos innombrables reflets et Monsieur Téméraire voulait que je coure ? Après ce que je lui avais raconté ?
-En courant ? Tu me fais marcher ?
-Non, Allie, je compte te faire courir, plaisantait-t-il.
Quel humour renversant. Je levais les yeux au ciel, me retenant de rire car je n'avais pas envie de le flatter. Malheureusement, niveau blague je suis un bon public et il l'avait déjà remarqué (et en usait).
Toutefois, je m'apprêtais à répliquer quand j'ai entendu un grondement sourd derrière moi - se rapprochant à toute vitesse - et un cri terrifiant qui s'élevait dans le labyrinthe.
En grande peureuse que je suis, j'eus seulement le temps d'entre apercevoir une forme sombre sur le point de s'abattre sur nous. J'ai poussé moi-même un cri, qui n'est certainement pas passé inaperçue dans les alentours, et me suis mise à courir comme si ma vie en dépendait. Je n'ai même pas pris le temps de me demander ce qui avait bien pu se passer, j'ai seulement pensé à attraper la main de Nick et à l'entraîner avec moi. J'ai couru en évitant les culs-de-sac, sans me prendre une seule vitre. Près de la sortie, il fallait prendre un virage serré. Là, nous avons été littéralement aveuglés par un flash qui sortait d'on ne sais où.
Une fois dehors, nous nous sommes brusquement arrêtés, essoufflés, du moins pour ma part. J'étais en état de choc : me retrouver dehors, au milieu de la foule en quelques secondes … Et la femme qui s'occupait de cette attraction qui brandissait une sorte de papier, riant aux larmes. J'étais comme déconnectée, je ne comprenais rien à se qui se passait.
-Ah ah, ça alors, vous avez été les plus drôles !
Je jetais un coup d'œil à Nick pour voir s'il comprenait plus que moi. Il eut plutôt l'air de penser que la vieille dame était folle. Elle arrivait d'ailleurs à ma hauteur, je me redressai, enfin remise de mes émotions et pris en main le papier qu'elle me tendait. C'était en fait une photographie. Nick et moi en train de courir dans le labyrinthe ! Voila pourquoi il y avait eu un flash.
-Vous nous avez photographiés ? Me suis-je écrié.
-Et bah oui, comme tout le monde. Pour la période d'Halloween on fait toujours ça, on met un monstre en carton dans le labyrinthe, un cri effrayant et on prend en photo les visiteurs ! C'est pas un beau souvenir, ça ? A-t-elle répondu avec une forte voix.
-Mais, il doit y avoir un problème ça ne bouge pas, remarquait Nick en observant la photo.
-Comment ça, ça bouge pas ?
-Euh … non, rien, il voulait dire euh … enfin il plaisante.
Je donnais quelques pièces à la femme pour qu'elle nous laisse tranquille, et Nick recommençait à contempler la photographie, qui ne m'avantageait vraiment pas d'ailleurs.
-Chez les moldus les photos ne bougent pas, chuchotais-je à l'attention de Nick.
Il se contenta de dire « Oh » puis regarda la photo une nouvelle fois, un sourire amusé aux lèvres.
-Ah ah, ces moldus, quel humour ! Ils nous ont bien fait marcher, enfin surtout toi ! A-t-il dit en riant.
-Nick ! Tu trouves ça drôle ?
Son rire s'amplifiait, j'écumais de rage ! Je détestais qu'on s'amuse à me faire peur, surtout dans un endroit pareil ! Je lui aurais bien arraché son sourire s'il n'avait pas été si craquant avec.
-Et tu ne cours pas très vite, a-t-il observé entre deux éclats de rire.
-Tu me provoques en plus ?
J'avais encore les jambes flageolantes et mon cœur n'avait pas repris son rythme normal, ce qui augmentait ma colère, sans parler de son sourire moqueur et insolent.
-Oh ne te vexe pas, aller viens, je t'emmène diner.
Avec un charmant sourire (comme à son habitude), il à posé son bras autour de mes épaules pour me faire avancer mais il ne l'a pas laissé assez longtemps. Il s'est vite éloigné, encore, pour se mettre a une distance respectable de moi (pas moins d'un mètre).
Après diner, nous sommes retournés à la fête foraine, il voulait découvrir encore quelques attractions. Je fus soulagée qu'il ne veuille pas essayer la maison hantée. Si une simple galerie des glaces m'avait fait hurler de terreur, je n'osais pas imaginer quel effet cette maison hantée aurait eu sur moi.
-Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
-La maison hantée, avais-je répondu en craignant qu'il ne me force à y aller.
-Et ça ?
Il désignait du doigt l'étage de la maison. Sur une sorte de balcon, il y avait des statuts grandeurs nature de toutes sortes de créatures que les moldus aiment particulièrement pendant la période d'Halloween.
-Euh … la maison hantée est faite pour faire peur alors ils l'illustrent avec toutes sorte de monstres.
Il faisait la grimace et fixait les statuts. Particulièrement, et c'est là que je compris, la sorcière au nez crochu, avec plein de verrue et l'air franchement pas commode.
-C'est comme ça qu'il se représente les sorcières, l'informais-je amusée.
-Sympathique, et à côté ?
-A côté c'est un vampire, puis il y a un fantôme et les autres tu dois reconnaître.
-C'est horrible, s'emporta-t-il.
Bon d'accord, le fantôme n'était pas très ressemblant. C'est vrai qu'à Poudlard ce n'était pas de simples draps qui flottaient dans les airs. Mais le vampire était plutôt fidèle : les dents pointues, le teint cireux, la cape noire avec le col rouge et rigide.
De retour sur le chemin de Traverse, c'était le moment de se dire au revoir et de convenir du programme du lendemain.
-Et si on mangeait chez moi demain soir ? Proposais-je avant que nous nous quittions.
-Tu crois que nous avons écumé toutes les formes de restaurations du pays ? A-t-il demandé amusé.
-Oh non, pas de risques. En revanche, je crois que mon compte en banque ne survivra pas longtemps à ces sorties quotidiennes !
-Ah oui, j'oubliais.
Toujours pas de réponse, même pas un « non » ou un « je ne sais pas ». On ne peut pas faire plus clair en réalité.
-Bon, si ça ne te tente pas laisse tomber l'idée, lui ais-je dis, résignée.
-Non ce n'est pas ça, c'est juste que je ne suis pas forcément à l'aise chez les autres et …
-Si ce n'est que ça, nous n'avons qu'a manger chez toi, proposais-je.
-Ah non ! Non, chez toi c'est parfait !
-Tu es sûr ?
Je le trouvais bien étrange tout à coup. Il ne voulait pas venir chez moi, refusait que j'aille chez lui et finalement il acceptait de venir chez moi. Qu'avait-t-il à cacher chez lui ?
-Oui, oui, ce sera parfait, on dit vingt et une heure pour que j'ai le temps de me préparer après le travail ?
J'hochais la tête avec un sourire satisfait, lui indiquais où j'habitais pour qu'il puisse s'y rendre puis repartais le pas léger vers mon petit appartement bien douillé.
Le lendemain, j'étais presque stressée. J'appréhendais beaucoup la soirée. D'habitude, si on s'ennuyait ou si ça se passait tout simplement mal je savais que je pouvais rentrer à tout moment avec n'importe quel prétexte. Alors que là, je serais déjà chez moi et il était difficile de demander gentiment à son invité de prendre congé.
Vers dix neuf heure, en revenant des courses, je commençais à regretter mon idée. J'avais envie de changer un peu nos plans. Je commençais à me sentir lasse des sorties dans les quatre coins du pays. Mais surtout, j'éprouvais un réel besoin de me retrouver seule avec lui et le fait que je l'ai invité à diner était surement révélateur. Quoique dans le cas de Nick, je n'étais pas sûre qu'il l'ait remarqué.
Depuis un mois, on s'entendait très bien. Nous avions appris à nous connaître mais il s'évertuait toujours, peut être inconsciemment, à garder une certaine distance. Chaque fois qu'il y avait un quelconque rapprochement, qu'il vienne de moi ou de lui, la seconde d'après il était à nouveau à un mètre de moi. La situation devenait d'autant plus frustrante que plus les jours passaient et plus je ne pensais qu'à ça, qu'à lui. J'avais besoin de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il voulait car moi il était clair que la seule chose que je souhaitais c'était me blottir dans ses bras. Il m'obsédait et c'est pourquoi j'avais peur de l'issue de cette soirée car, évidemment, mon invitation n'était pas si innocente que cela.
Mon inquiétude mêlée à l'excitation me rendait gauche. En préparant le diner, j'ai bien dû casser un ou deux verres. Qu'importe, ils étaient vite réparés mais il fallait tout de même que je me calme.
Trois quart d'heure avant l'heure fatidique, je commençais à me préparer. Chez moi, la température était agréable alors je me permettais un tee-shirt noir avec un décolleté discret, un jean et (j'avais longuement hésité entre décontracté et habillé jusqu'au bout) mes simples chaussons bleus, après tout j'étais chez moi. Un peu de maquillage, du parfum, et les cheveux joliment lâchés. Si avec ça il ne comprenait pas le message, je ne savais plus quoi faire.
Finalement je m'étais tellement affairée que je fus surprise en entendant frapper à la porte. Un dernier coup d'œil à la propreté de l'appartement et dans le miroir puis j'ouvrais la porte en affichant un grand sourire sur les lèvres.
Il était là, sur le pas de la porte évidemment, avec sa cape noir et une boîte à la main. Tout simplement renversant mais au bout d'un mois je commençais à m'habituer à cette beauté.
-Bonsoir.
-B'soir, répondit-il, pas très à l'aise, j'ai entendu dire que c'était poli d'emmener un cadeau à son hôte.
Il me montrait alors la boite dans laquelle il y avait du chocolat. Je m'en emparais en le remerciant puis l'invitait à entrer en le débarrassant de sa cape.
-Ca sent bon, fit-il remarquer, qu'est-ce que tu nous as préparés?
-Une blanquette de veau.
-Ah et c'est … ?
-Français, répondis-je en riant, ma mère était une passionnée de cuisine étrangère.
Le repas se déroulait très bien. Il était finalement à l'aise, comme d'habitude, avec ses blagues et ses remarques parfaites pour détendre l'atmosphère. Moi je ne pensais plus à ce qui me tracassait et cela me permettait d'être à l'aise également. J'étais contente que mon repas soit apprécié.
Nous nous sommes ensuite installés sur le canapé, dégustant les petits chocolats tout en buvant une délicieuse bièraubeurre.
-Tu ne m'as encore jamais parlé de ta famille.
-Hum … toi non plus, ais-je dis en portant mon attention sur ce que je mangeais pour détourner la sienne.
-Oui, mais … c'est moi qui en parle en premier, déclara-t-il en essayant d'avoir l'air amusé.
J'avais bien sur remarqué qu'il était curieux, surtout sur ce sujet-là. En même temps il aurait été étonnant qu'il ne pose pas de questions alors qu'il m'entendait parler de ma famille au passé et vaguement. Quant à lui, aucune information ne filtrait. Pas une seule fois il avait prononcé le nom d'une personne ni même parler de son père ou de sa mère. Malheureusement pour lui j'étais curieuse aussi.
-Est-ce que … ça te gêne de m'en parler ?
-C'est simplement douloureux.
J'évitais son regard, si c'était pour y découvrir de la pitié, non merci. La soirée ne prenait pas le tournant que j'aurais souhaité. Mais qu'importe, s'il fallait que je me confie à lui pour qu'il en fasse de même…
-Je t'ai dit que je tenais une sorte de commerce ? Commençais-je, la voix légèrement brisée.
-Oui, avec une amie.
Avec mon amie. Je fermais les yeux pendant quelques secondes pour empêcher toutes larmes de se faire la malle.
-C'est ça. Notre local se trouvait sur le chemin de traverse, près du magasin de Quidditch. Ca marchait plutôt bien. Dés le début de la guerre de nombreux sorciers paniqués nous on demandé notre aide mais il ne s'agissait plus de vacances, juste de quelques allés simples, parfois pour des familles entières. Quand j'y pense, c'est ce que nous aurions dû faire nous aussi.
J'émis un soupire et il percevait surement mon anxiété. Je ne regardais que mes mains mais je savais que lui me scrutait, son corps était légèrement incliné dans ma direction : il était attentif.
-Le trente Aout de l'année dernière, en fin de soirée, j'ai dû m'absenter pour récupérer des affaires chez mon ex petit-ami, bref, elle … enfin Lara (une boule vint se loger dans ma gorge à l'évocation de son prénom) était seule à la boutique et je me suis absentée plus longtemps que prévu, ratant mon rendez-vous avec mes parents chez moi. Ils ont dû se rendre là-bas, pour voir si j'y étais. Lara les à fait attendre avec elle, certainement.
Je bus plusieurs gorgées de suite, utile pour ce que je m'apprêtais à dire. Je n'en avais encore jamais parlé. Surement parce que je n'avais parlé à personne depuis a part le patron du bar Pur Feu et encore c'était pour commander un verre. Nick glissa ses doigts dans ma main puis la serra fort. C'était un contact chaud, doux et réconfortant.
-A mon retour, le chemin de traverse était sans dessus dessous. Il y avait pas mal de corps qui jonchaient le sol. Encore des mangemorts qui voulaient passer le temps, en profitant par la même occasion pour nous rappeler que nous vivions nos derniers jours de répit. Tout en marchant, je priais pour que notre boutique ait été épargnée. Il y avait des chances puisqu'elle est assez reculée. Mais quand j'y suis arrivée, ils … étaient …
Impossible de continuer. Le souvenir était encore trop présent. Je n'avais pas pu retenir mes larmes plus longtemps et je serrai très fort la main de Nick pour éviter une grande crise de larmes comme j'en ai eu à l'époque.
-Je l'ai laissé seule ! Et si j'étais arrivé à temps chez moi, mes parents n'auraient pas eu à y aller !
Je chuchotais mais intérieurement je hurlais. Nick se pencha vers moi et me prit dans ses bras. Ce n'était pas vraiment dans ce contexte que je l'avais imaginé quelques heures plus tôt mais je m'y blottis tout de même. Il y a un an je n'avais pas de bras dans lesquels pleurer. Lara était ma seule amie depuis Poudlard et j'étais fille unique. Pas de cousins, ni de grands parents. Personne.
-Je n'aurais pas dû partir !
-Ce n'était pas ta faute.
Il aurait eu beau me répéter ça cent fois, c'était pourtant ce que je pensais et c'est encore le cas. J'ai le sentiment d'avoir abandonner les trois seules personnes que j'aimais ! C'est impardonnable !
-Si tu avais été là, tu aurais eu le même sort.
-J'aurais préféré! Répliquai-je.
-Ne dis pas de bêtises ! En tout cas ce n'est pas ce qu'ils auraient voulu, me dit-il d'une voix douce.
-Pourtant ça aurait été préférable !
-J'espère que tu n'es pas en train de dire que tu ne mérite pas d'avoir survécue jusque là, me sermonnait-il.
Et voila, me lancer ce regard sévère en me faisant la morale, un beau prétexte pour s'éloigner encore de moi ! Je gardais tout de même sa main dans la mienne. Je la serrais tellement fort qu'il lui aurait été difficile de la retiré l'air de rien de toute façon.
-Je suis en train de dire que ça ne valait pas la peine si c'était pour vivre sans personne ici avec pour seule distraction un bar pourri ! M'énervai-je. C'est misérable et je me fais pitié à moi-même ! Tu parles d'une vie ! N'avoir personne avec qui la partager, autant être morte, non ?
Il semblait vexé. Je n'aurais pu dire si c'était parce que je m'énervais contre lui ou pour autre chose. J'attendais une quelconque réaction pour m'éclairer et elle ne tarda pas. Elle eut même le mérite de me prendre au dépourvu.
-Mais tu n'es pas seule, je compte pour du beurre de citrouille moi ?
-J'ai pas dit qu…
-Mais a t'entendre, si !
Oui, bon, peut être. Mais ce n'est pas parce qu'il était là depuis un mois que j'allais occulter toute une année passée comme je l'avais décrit plus tôt. Il semblait de plus en plus ennuyé et vexé par mon manque de réaction, comme si c'était un aveu à une question pas tout a fait formulée.
-Non, arrivais-je enfin à dire, m'approchant de lui sans m'en rendre compte. Tu es là maintenant mais … j'ai toujours l'impression que ça ne va pas durer, que tu vas repartir aussi vite que tu es arrivé, or, j'ai besoin de toi. Maintenant.
Il ne disait rien alors je continuais, ne voulant pas qu'un silence gênant s'installe.
-Si je commence à me dire que maintenant tout va bien, que je ne suis plus tout à fait seule et qu'à présent je suis sure de pouvoir rire a nouveau comme je le fais avec toi, je sais que ça va être encore plus dure quand ce sera fini !
-Mais pourquoi veux tu que cela finisse ? S'étonnait-il.
-Je ne sais pas, les gens finissent toujours par se lasser de moi, lâchais-je d'un ton amer.
Il éclata de rire, ce qui selon moi était tout à fait inapproprié mais je remarquai aussi que son corps venait de se détendre subitement, il avait l'air moins rigide. Ses défenses tombaient, j'en profitais pour m'approcher imperceptiblement. Il m'avait pris dans ses bras une fois, maintenant c'était comme une sorte de drogue, il fallait que j'y sois à nouveau. Profiteuse, moi ? Non, non, il faut juste savoir saisir sa chance quand elle est à porté de main et là je pouvais presque refermer mes doigts dessus.
-Non … je ne partirais pas.
Il avait l'air si sur de lui, j'en était très étonnée et il devait percevoir mon air septique.
-Et je ne me lasserais pas non plus.
-Comment peux-tu en être sur ? Le questionnais-je, réellement septique cette fois-ci.
-Parce que …
Merlin que ses yeux étaient magnifiques d'aussi près ! Le bleu océan était plus sombre en cet instant, surement à cause de la faible luminosité et j'y découvrais une nouvelle émotion. Mais je n'aurais pu dire ce que c'était exactement. Il était en tout cas séparé de son air sur de lui et de sa maitrise habituelle.
Il ne termina pas sa phrase et je ne saurais jamais les raisons qu'il s'apprêtait à dévoiler parce qu'après plusieurs secondes à m'avoir regardé également, il s'est penché vers moi. C'est arrivé si rapidement que je n'ai même pas eu le temps de paniquer. J'ai senti des milliers de fourmillements dans les lèvres lorsque les siennes s'y sont posées. C'était tellement agréable et je n'essayais même pas de me rappeler la dernière fois que j'avais embrassé quelqu'un. Ca remontait à loin en tout cas et ça ne pouvait être aussi agréable qu'avec Nick ! La surprise passée - très rapidement cela dit, c'était tout de même ce que j'attendais depuis un long moment – je posais ma main sur sa nuque, craignant qu'il ne s'éloigne encore trop rapidement.
Hélas, c'est peut être le contraire que j'aurais dû faire. Car à peine ma main avait touché sa peau, il s'est retiré brutalement, me repoussant d'une façon presque vexante. Il s'est levé précipitamment, prenant sa cape.
-Non, désolé mais …
-Mais qu'est-ce que tu fais ?
-Je suis désolé Allie, je dois y aller !
-Tu quoi ? Mais … Nick !
Et la porte claqua. Je l'entendis raisonner longtemps dans ma tête d'ailleurs. Ce bruit désagréable qui signifiait bien qu'il était parti au moment le plus important ! Assise, ou plutôt avachie sur mon canapé, je ne cessai de me demander ce qui clochait chez lui. Ou alors chez moi. Peut être que si j'avais été une grande blonde a forte poitrine il serait resté et pour plus longtemps que je ne le voulais pour le moment d'ailleurs.
Il semblait que je n'avais pas refermé ma main à temps. Pour me consoler, je me suis couchée en me disant « peut être la prochaine fois ». Après tout, il avait dit qu'il ne partirait pas, alors je restais persuadée que je le reverrais. De plus, c'est lui qui avait commencé !
