Hey Girls !

Voici le quatrième chapitre. Je n'ai pas grand-chose d'autre à dire à part bonne lecture.

Merci de me lire et double merci pour les reviews )

Ceycey

Chapitre 4 :

J'aurais tout donné pour ne pas me tromper, au moins cette fois-ci. Malheureusement, il semblait que Nick était de ceux qui font des promesses dans le vent. Il m'avait dit qu'il ne partirait pas ni se lasserait mais les faits étaient là : deux semaines s'étaient écoulées et je ne l'avais pas revu une seule fois.

Les six premiers jours je l'ai attendu devant le bar habituel, en vain. Je le trouvais culoté d'oser m'infliger ça ! Je ne savais même pas où il habitait ! J'ai donc eu l'idée de l'attendre de pied ferme à Gringotts. Ne sachant pas à quelle heure il était censé finir le travail, je l'y ai attendu pendant plusieurs heures. Il n'est jamais sorti.

Bien sur, j'aurais pu lui envoyer un hibou. Un hibou sait toujours où trouver son destinataire. Mais j'ai ma fierté, il était hors de question qu'il comprenne à quel point il m'était devenu indispensable.

Inutile alors de vous décrire ma déception, ma tristesse même. Je me sentais abandonnée et je le détestais pour ça ! On ne s'était fréquentés que pendant un mois, mais un mois c'est déjà bien assez pour s'habituer, non s'accrocher, à quelqu'un.

Je commençais petit à petit à devenir la même qu'avant, c'est-à-dire une vieille fille qui n'a rien à faire de sa pauvre vie. C'était la déprime totale, et ça à durer plusieurs semaines.

Je me refusais finalement à me retrouver devant le Pur Feu. Ce bar miteux, malgré son aspect repoussant, me renvoyait surtout des souvenirs partagés avec lui. La première fois que je l'y ai vu, la première fois que nous avions bu un verre ensemble et toutes ces autres fois où c'était devenu un point de rendez vous.

Mais il fallait bien que je fasse quelque chose dans ma vie. Même si cette chose consistait uniquement à boire un verre dans un bar pourri. J'avais au moins l'impression d'avoir une vie, de sortir au moins une fois par jour de chez moi. Alors je décidais de me rendre dans un autre bar, plus loin de chez moi mais tant pis, je pouvais toujours transplaner.

Il n'y avait pas énormément de bars sorciers à Londres et il y en avait encore moins qui étaient encore ouvert à ces heures si tardives. Ils étaient trois, plus précisément. Peu de gens prenaient le risque de sortir par des temps pareils. Moi c'était différent, je n'avais absolument rien à perdre, du moins personne.

Le premier soir où je me suis rendue dans l'un de ces deux autres bars, je n'avais rien fait de plus qu'au Pur Feu. Je m'étais contentée de commander une biéraubeurre tout en discutant avec le gérant de l'établissement. Un point positif : il était plus jeune et plus sympa que celui du Pur Feu. J'appris par la même occasion qu'il s'appelait Hans.

Alors que j'en étais à ma deuxième chope, il me semblait avoir entendu la porte s'ouvrir, mais comme pour les autres arrivants, je ne m'étais pas donné la peine de me retourner. Je me contentais de fixer ma chope de bièraubeurre.

-Tu comptes revenir ici ? Me demandait alors le jeune barman.

-Je ne sais pas, répondis-je après avoir soupiré.

-Ce serait bien, je dois avouer que je m'ennuie ferme chaque soir avec ces ivrognes, me révélait Hans.

-Désolé, ai-je dit en riant, mais je pense que demain j'irais voir le dernier bar ouvert de la ville.

-Aucun bar ne peut être aussi bien que le mien, répondit-il en souriant.

J'acquiesçais, un mince sourire aux lèvres, tandis qu'il se tourna vers le nouveau venu pour lui demander ce qu'il voulait boire. Il n'eut pas de réponses, et j'entendis l'homme en question s'éloigner.

-Bizarre, marmonna-t-il.

Intriguée, je me suis retournée vers la porte. Je n'eus pas le loisir de voir de qui il s'agissait. Tout ce que j'avais pu apercevoir c'était une cape noire me faisant penser à Nick.

Nick, toujours Nick ! N'étais-je pas capable de passer une seule soirée sans penser à lui ? Evidemment que cette cape me faisait penser à la sienne. C'était une cape noire, sans signes distinctifs, tout ce qu'il y a de plus banale. Inutile de s'emporter. En réalité, j'étais forcée de constater que j'avais secrètement espérer le retrouver ici. Et mon imagination avait fait le reste. Vraiment pathétique !

Le soir d'après, encore plus déprimée par la déception de la veille, je suis finalement retournée au même bar. A quoi bon changer ? Celui là était aussi lugubre que les autres mais au moins je pouvais me distraire en parlant au gérant qui était plutôt sympathique et pas le moins du monde collant.

Malheureusement pour lui ou pour moi, nous n'avons pas tant discuté que ça ! Ce soir là j'ai bu plus que de raison, et pas de la bièraubeurre. C'est pour cela que j'eus une réaction aussi étrange …

Un client est venu s'installer non loin de moi au bar. Encapuchonné comme la plupart des autres clients. Il commandait un verre de whisky pur feu mais je n'y prêtais aucune attention. L'idée qu'il me faisait également penser à Nick m'a traversé l'esprit mais je l'ai vite chassée, me trouvant stupide, comme la veille. Et pourtant quand il a enlevé sa capuche, j'ai bien cru le reconnaître. Je devais être sacrément éméchée pour cela !

Quoiqu'il en soit, dans cet état, rien ne me retenait. Après l'avoir longuement détaillé d'un regard vitreux dû au taux d'alcool que mon sang contenait, je me suis adressée à lui, presque en criant :

-Nick ? C'est toi ?

L'homme a sursauté ! Il ne m'avait apparemment pas remarqué alors que je le regardais fixement depuis quelques secondes. Il eut un mouvement de recul et semblait vouloir s'enfuir. Ce type n'était pas tranquille mais en même temps je devais lui faire bien peur à le prendre pour quelqu'un d'autre. J'ai donc réalisée que je m'étais trompée et qu'il fallait que j'arrête de boire. Le barman, en attendant, me prenait légèrement pour une folle.

-Oh ! Non, désolé ! Ai-je dis d'une voix trop aigue pour être normale. Ca ne peut pas être lui !

L'homme s'est finalement avancé et s'est même mis à renifler mon verre. Aussitôt il fit une grimace qui me fit mourir de rire. J'étais littéralement écroulée sur le bar.

-Du whisky pur feu, constata-t-il, combien de verres a-t-elle bu ?

Cette voix ! Je voulais tellement l'entendre que je m'imaginais que cet inconnu avait la même. Une belle voix masculine et harmonieuse.

L'homme à ensuite posé sa main sur mon épaule et tenté de me secouer en me demandant si j'allais bien. Quoi ? J'avais l'air d'être malade ? Ah oui ! Je m'endormais sur le bar à présent. Comme je ne répondais pas et que le barman commençait à se demander s'il n'aurait pas du éviter de me servir autant de whisky, l'homme s'est mit à me secouer comme un prunier.

-Allie tu es saoule ! Fit-il remarquer l'air profondément agacé.

-Touché coulé, me suis-je exclamé en riant.

Et puis je n'ai plus bougé, un air extrêmement perdu et perplexe sur le visage. Je le fixais intensément, en essayant de garder mes yeux ouverts. Il m'avait appelé par mon prénom, il avait sa voix et il lui ressemblait ! Alors je ne rêvais pas depuis qu'il était entré ? C'était bien lui ? C'était bien …

-Nick ?

-Elle n'a pas perdu la tête au moins, marmonnait-il.

-C'est vraiment toi ?

Il ne répondait pas, visiblement mal à l'aise et désireux de se sauver. D'ailleurs je me demande toujours pourquoi il ne l'a pas fait finalement.

Quoiqu'il en soit, le revoir là alors que j'étais dans un état plus que lamentable, en partie par sa faute, cela me rendit extrêmement énervée, voir en colère. Je me souviens m'être mise à le frapper du mieux que je le pouvais, du moins quand je visais juste. En temps normal il aurait rit, mais là nous n'étions pas dans une situation normale. J'étais tout de même en train de l'insulter de tous les noms tout en pleurant comme une idiote. L'alcool n'a jamais été mon allié, il faut bien l'avouer.

-Calme-toi !

-Que je me calme ? C'est moi qui vais te calmer tu vas voir ! M'énervais-je encore plus.

-Je ne sais pas ce que vous lui avez fait mais vous feriez mieux de la laisser tranquille, s'énervait maintenant Hans.

-Vous, mêlez-vous de vos affaires, s'emportait Nick.

Hans allait répliquer mais Nick s'est approché de lui, se contentant de le regarder. Je n'ai pas compris pourquoi, mais ça a suffit à calmer le barman. Pire encore, il avait l'air terrifié. Nick faisait-il si peur que ça ?

Ensuite, tout est assez flou pour moi. Il me semble que nous sommes sortis. Il pleuvait des cordes, comme d'habitude. Mon flot d'insultes n'avais pas diminué et j'entreprenais de rentrer jusqu'à chez moi de ma démarche incertaine, comme tous les gens qui ont un coup de trop dans le nez. Nick me suivait, ce qui m'agaçait. Et plus je m'énervais, plus je marchais en zigzag et en trébuchant. A la dernière chute, c'était le trou noir.

Je me suis retrouvée soudainement dans mon lit, toute habillée, la lumière du jour envahissant mon appartement.

Mes yeux se sont ouverts avec difficultés tandis que j'essayais de me remémorer la soirée de la veille. Avais-je rêvé ? C'était bien possible depuis le temps que j'espérais le revoir. Quand je me suis redressée dans mon lit, je sentis aussitôt la gueule de bois me rattraper. Et c'est à peine quelques secondes plus tard que je le vis, assis sur le sol, en face de mon lit. Surprise, je suis tombée de ce dit lit. Quel réveil en douceur !

Essayant de me relevée avec difficulté, je bafouillais un vague « questcetufouslà ? ». Il s'esclaffa puis se leva pour m'aider à me relever. Il essaya même de me forcer à me recoucher, je le repoussais sans réussite.

-Ca va mieux ? Demandait-il alors d'une voix douce.

-Humpf !

Je le vis disparaître dans l'autre pièce puis me ramener une tasse contenant un liquide suspect.

-Tiens, c'est mon remède perso contre la gueule de bois.

Je pris la tasse mais le toisait durement. Qu'est-ce qu'il me voulait au juste ?

-A quoi tu joues ? Demandais-je perplexe.

-Euh … a rien du tout !

-Tu te fous de moi ? Tu disparais, ne donne plus de nouvelles sans aucunes raisons valables et tout d'un coup te re voila et tu t'inquiètes pour moi !

-Je sais, répondit-il en soupirant, désolé.

Désolé. Il était désolé ! Bah voyons ! Je buvais ma tasse dans un silence pesant. Ce truc était infect ! Il voulait m'empoisonner maintenant ? J'avais l'impression que ma tête allait exploser. Tout ceci était dur à enregistrer. C'était trop d'évènements à la suite alors que pendant des semaines il ne s'était absolument rien passer dans ma vie.

-Qu'est-ce que … comment on est arrivés là ? Balbutiais-je.

-T'as trébuché, tu t'es assommée alors je t'ai porté jusqu'ici, expliqua-t-il. D'ailleurs tu dois avoir une bosse quelque part à l'arrière du crâne.

Je tâtais l'arrière de ma tête jusqu'à toucher le point sensible qui se réveilla aussitôt. Effectivement j'avais une belle bosse et ça faisait très mal. Il avait dû bien rire ! Quelle honte !

-Pourquoi t'es encore là ?

-Bin … j'ai pensé que si je partais comme un voleur ce serait remuer le couteau dans la plaie, a-t-il répondu, gêné.

-Quelle délicate attention, ironisais-je.

-Allie, s'impatientait-il.

-Quoi ? Je n'ai pas le droit de t'en vouloir ?

-Si mais si ça peut te rassurer, j'ai dormi par terre, plaisantait-il.

Il trouvait le moyen de faire de l'humour ! L'imbécile ! Ma rage commençait à remonter petit à petit. Je me levais donc, m'empêtrant lamentablement dans les draps. Merlin, je ne suis pas si maladroite habituellement. Je me promettais alors de ne plus jamais boire autant d'alcool.

Je me dirigeais vers la cuisine, posait ma tasse puis prenait la direction de la salle de bain. J'avais une tête à faire peur ! Nick me voyait comme ça ? Je n'eus pas le temps de m'en formaliser, à travers la glace je le voyais hésiter sur le pas de la porte.

-Bon, salut !

-Quoi ? Tu comptes encore partir comme si de rien n'était ? M'exclamais-je en sortant en trombe de la salle de bain.

Je croyais rêver. Quel culot ! Et le pire, c'est qu'il avait vraiment l'air ennuyé de devoir rester quelques secondes de plus. Enfin qu'est-ce que j'avais bien pu lui faire pour qu'il ne veuille absolument plus me voir ?

-Tu ne crois pas que tu me dois des explications ?

-Non ! Enfin, si … mais je ne peux pas t'en parler.

-Pourquoi tu me fuis ? Enfin, qu'est-ce que je t'ai fait ?

-Mais rien, ce n'est pas de ta faute.

On aurait dit un vieux feuilleton moldu à l'eau de rose ! Je ne comprenais absolument rien à son comportement, il était totalement illogique. Et le voila qui me sortait l'éternelle et si efficace excuse : « ce n'est pas de ta faute ».

Je m'imaginais passer à nouveau des journées longues sans lui et c'est ce qui me poussa à m'appuyer contre la porte d'entrée, un air sévère sur le visage. S'il voulait sortir, il faudrait qu'il me passe sur le corps. Perspective qui aurait pu être intéressante dans d'autres circonstances. Rah, je secouais vite ma tête pour en chasser une idée pareille.

-Tu crois vraiment être capable de m'empêcher de passer ? Plaisantait-il en riant.

-Absolument, je peux être redoutable si je veux !

Il s'esclaffa, visiblement amusé par mon comportement. Attendait-il que je lui foute une claque magistrale ? Car c'est tout ce qu'il méritait !

-Tu sais que je peux toujours transplaner ?

-Oui mais tu serais alors très mal poli ! Répliquais-je de très mauvaise humeur.

L'air toujours aussi déterminé je lui fis comprendre qu'il ne sortirait pas tant qu'il n'aurait pas vidé son sac. Malheureusement il semblait aussi têtu que moi. Du moins c'est ce que je pensais pendant les cinq premières minutes de silence au bout desquelles il s'est finalement installé dans mon canapé en soupirant.

Il baissait sa garde, mais c'était peut être une ruse. Okay, j'allais rester collée à la porte jusqu'à ce que j'en aie terminé avec lui !

-J'avoue m'être comporté comme un imbécile, mais je t'assure que j'ai mes raisons.

-Très bien, explique les-moi !

C'était un ordre et il grimaça. Merlin qu'il était beau aussi quand il était contrarié ! Stop ! Je devais penser à autre chose, garder à l'esprit la situation. Si je commençais à redevenir mièvre il allait voir mon visage se radoucir et penser que je lui avais déjà pardonné.

-Ce n'est pas facile, dit-il avec un énième soupir, et ça peut être long.

-J'ai tout mon temps !

-Autant être clair tout de suite alors … Je voyais bien que notre amitié commençait à évoluer vers quelque chose de plus … intime. Malgré tout, j'espérais que je me faisais des idées ou alors que j'arriverais à faire en sorte que l'on reste de simples amis.

J'aurais peut être dû m'asseoir pour écouter ses explications. Je ne me sentais pas bien, pire j'étais honteuse. Comment j'avais pu imaginer et même espérer qu'un homme tel que lui puisse être intéressé par moi ? Il était beau, intelligent, drôle, … Enfin il avait tout pour lui et moi, pauvre loque qui passait ses soirées accoudée au bar, je pensais sérieusement qu'il puisse y avoir quoique ce soit entre nous ? Jamais je ne m'étais sentie aussi misérable et ce fut pire lorsque je vis de la pitié dans ses yeux.

-Je suis désolé Allie mais je ne souhaite vraiment pas aller plus loin. Notre relation telle qu'elle était me suffisait amplement.

Tout en disant cela il avait l'air nerveux, et ses yeux faisaient tout pour éviter de croiser les miens. Je devais le dégouter, ou que sais-je encore ?

-Tu veux dire que je ne te plais pas, c'est ça ?

-C'est pas ç …

-Pourtant je te rappelle que c'est toi qui m'as embrassé ! M'exclamais-je soudainement agacée.

C'était à n'y rien comprendre ! Il m'embrasse puis me dit qu'il ne veut pas de moi comme petite amie mais comme simple amie. A ma dernière phrase, il semblait encore plus mal à l'aise et puis il à changer de tactique.

-Bon okay ! Tu me plais beaucoup mais je ne veux pas qu'on aille plus loin !

-Tu te drogues ? Demandais-je perplexe. C'est quoi ? Des potions ? Des herbes ? Peut être même que c'est moldu !

-N … non pas du tout, pourquoi ça ?

-Alors c'est peut être une blague, proposais-je faussement enjouée.

Il s'est levé, l'air impatient et commençait à remettre sa cape. Oh que non ! Je n'allais pas le laisser s'en sortir à si bon compte.

-Je n'ai pas fini !

-Moi si ! Répliquait-il. Tu ne peux pas comprendre, d'ailleurs tu ne cherches même pas à le faire.

-Eh bien aide moi ! Tu me plais beaucoup et tu viens de dire que c'est réciproque. Où est le problème ? Moi je n'en vois aucun.

Il eut l'air surprit de m'entendre dire cela sans aucun détour, ni aucune gêne. C'est qu'il ne connaissait pas la vraie Allie. Celle que j'étais il y a quelques années disait toujours tout franchement sans tourner autour du pot. A quoi bon ? J'avais à l'époque une totale confiance en moi, rien ne me résistait. Et je détestais perdre mon temps avec des futilités. Comme je regrettais cette époque d'ailleurs.

-Ce n'est pas aussi simple !

C'était quoi cette manie de toujours tout compliqué ? Ah je commençais à devenir sérieusement folle à cause de lui !

-Je ne peux pas me le permettre, il faut que tu comprennes au moins ça ! Ce serait une perte de temps, dit-il alors d'une voix radoucie.

-Que … Quoi ? Tu es marié ou quelque chose comme ça ?

Il répondit « non » en riant. Ah ravi de voir que j'étais drôle. N'empêche qu'en posant cette question je m'étais fait une belle frayeur.

-Alors quoi ? Pourquoi une perte de temps ? Tu es malade ? Tu comptes partir vivre ailleurs ? Tu es un mangemort ? Un agent secret ?

En d'autres circonstances j'aurais bien ri … Là j'étais calme et j'attendais qu'il éclaire un peu ma lanterne. Petit à petit, je m'étais décollée de la porte pour m'approcher de lui et ce n'était même pas intentionnel.

-C'est quelque chose dans ce goût-là, a-t-il répondu en baissant la tête. Ecoute, par les temps qui court, s'enticher de quelqu'un ça n'a rien de raisonnable.

-Et maintenant tu vas me sortir la carte de l'amour impossible, raillais-je en levant les yeux au ciel.

Il déglutit, très mal à l'aise, se passant même une main dans les cheveux. Trop craquant ! Je fondais littéralement dans mon salon tout ça parce qu'il s'y trouvait un mannequin qui avait un air adorablement embarrassé sur son visage si parfait !

-Donc, tu essayes de me dire qu'on ne peut pas être ensemble car on est incompatibles puisque tu semble avoir un secret ou quelque chose comme ça, concluais-je.

-Tu ne crois pas si bien dire, marmonna-t-il.

-Quoi ?

-Je disais … enfin pourquoi tu poses tant de questions ? Tu ne peux pas te contenter de ça ?

Il était maintenant frustré. Que faire ? Je ne voulais pas qu'il reparte et ne plus jamais le revoir et en même temps je ne voulais pas l'agacer au point qu'il puisse ne vraiment plus vouloir me revoir !

-Et toi pourquoi tu te compliques la vie ? Lui ais-je demandé en franchissant le dernier mètre qui nous séparait.

Je vis qu'il avait tenté de reculer, puis peut être a-t-il changé d'avis pensant que je me vexerais pour de bon. J'essayais alors de détendre l'atmosphère pour éviter de le voir s'enfuir. Sauf que je n'étais pas très douée pour cela.

-Laisse-nous la jouer à la Roméo et Juliette, proposais-je avec un sourire enfantin et très amusé.

Je levais la tête pour le regarder. Il était tellement grand, ce ne serait pas étonnant si je me retrouvais avec un torticolis. Il me regardait maintenant en souriant aussi. Ma phrase n'était peut être pas si bidon ! J'ajouterais même que son visage s'était adoucit grâce à ma bêtise. C'était agréable de voir ses yeux bleus me couver comme cela. Qu'est-ce qu'il avait pu me manquer. Peu importe ce qu'il avait à cacher ou ce qu'il craignait, je ne voulais plus qu'il me quitte.

-Reste avec moi s'il te plait, l'ais-je supplié comme une petite fille, en me nichant dans ses bras.

Il s'est raidit puis à posé finalement ses bras autour de moi. Mais il ne disait toujours rien. Moi je profitais de la situation en humant son parfum plus que de raisons.

-Nick, je m'en fous comme de ma première chocogrenouille de ton problème ou ton secret, appelle ça comme tu veux ! Ca n'a aucune importance pour moi.

-C'est parce que tu ne sais pas de quoi tu parles, objecta-t-il mais en me gardant dans ses bras.

-Peut être mais je suis décidée, je te prends entier même avec tes défauts car, crois moi, cette envie de tout compliqué c'est un gros défaut, le sermonnais-je.

-Et ton obstination ainsi que ton inconscience sont également des défauts qui pourraient te coûter cher, répliquait-il en levant les yeux au ciel.

-M'en fiche, ais-je répondu en faisant encore l'enfant. Je ne te lâcherais plus !

-On ne va tout de même pas rester comme ça toute la journée ?

Il avait raison, il fallait bien que je le laisse respirer un peu. Je m'éloignai donc, en lui faisant promettre de ne pas s'enfuir.

Une fois assis sur le canapé, un détail plus que futile m'ait venu à l'esprit. Peu importe, il fallait bien engager la conversation sur quelque chose de plus neutre.

-Tu dis que je me suis assommée ?

-Hum hum, a-t-il fait distraitement.

-T'as raison, je suis totalement inconsciente alors ! Réalisais-je. Qu'est-ce qu'il me serait arrivé si j'avais été seule ? Si un mangemort ou un des alcooliques du bar m'avais trouvée inconsciente dans la rue ?

-Mais ce n'était pas le cas alors ce n'est pas utile de revenir là dessus.

-Si, parce que me balader en pleine nuit, saoule au point de perdre conscience c'est la chose la plus stupide à faire ces temps-ci ! Je dois être une véritable petite sotte inconsciente ! Je me mets en danger toute seule.

-Mais non, j'étais là pour te protéger!

-Hum ! Si tu me protèges aussi bien que tu ne te « lasses et ne pars pas », je ne donne pas cher de ma peau.

Il fit la moue. C'était peut être pas sympa de ma part, mais je ne pouvais pas lui pardonner si facilement. Je l'ai finalement convaincu de passer la journée à regarder la télé en buvant du chocolat chaud et de la biéraubeurre à tour de bras. Et c'était tout aussi bien comme ça.

A lundi prochain )