«Qu'est-ce que signifie 'apprivoiser'?»

«C'est une chose trop oubliée,
dit le renard.
Ça signifie 'créer des liens'…»

«Créer des liens?»

«Bien sûr,
dit le renard.
Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons.
Et je n'ai pas besoin de toi.
Et tu n'a pas besoin de moi non plus.
Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards.
Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre.
Tu seras pour moi unique au monde.
Je serai pour toi unique au monde…»

«Je commence à comprendre,
dit le petit prince.
Il y a une fleur… je crois qu'elle m'a apprivoisé…»

— Dans "Le Petit Prince" d'Antoine Saint-Exupéry —


Retrouvailles au Celestial Garden


'Où crois-tu pouvoir aller?'

La voix provenait à la fois de partout et de nulle part. Était-ce le Maître? Non, il était mort, elle le savait. Tout comme elle avait conscience du fait d'être en plein rêve.

'Tu ne pourras pas fuir éternellement.'

Elle s'efforça de se dépêtrer des rets oniriques qui l'engluaient comme une toile d'araignée. En vain.

— Laisse-moi tranquille! s'écria-t-elle.

'Je ne peux pas.'

— Mais enfin, qui es-tu?

La vision d'un loup au pelage étincelant s'imposa à elle. Et sans que cela lui paraisse étrange, elle comprit que la voix était la sienne.

'Ce n'est pas la bonne question.'

Elle sentit ses prunelles d'or s'appesantir sur elle, comme si elles pouvaient voir jusqu'au tréfonds de son âme.

'Celle que tu dois poser, c'est…'

Une sorte de terreur irraisonnée l'envahit, alors que les derniers mots retentissaient dans son esprit.

'…Docteur qui?' (1)

Toc, toc, toc, toc.

La détonation d'une bombe n'aurait pas eu plus d'effet. Avec un cri étranglé, Rose sursauta violemment avant de considérer d'un œil hagard celui qui venait de la réveiller en tambourinant le comptoir.

— Debout, mademoiselle Smith! Je ne vous paie pas pour roupiller!

Ce n'était pas le Maître ressuscité, mais juste le vieux O'Sullivan, l'antiquaire pour qui elle travaillait. Enfin, antiquaire… façon de parler. Même pour une profane comme elle, il apparaissait clairement que la plupart des objets exposés dans la boutique n'avaient pas la moitié de son âge. Raison pour laquelle, sans doute, les gens ne se bousculaient pas au portillon.

— Je dois aller faire l'inventaire, alors tâchez de rester éveillée!

Quand son employeur disparut par la porte menant à la réserve, elle poussa un long soupir. La matinée s'était écoulée sans qu'un seul client pointe son nez, et l'après-midi s'annonçait tout aussi mortellement calme.

Cling.

Comme pour démentir ses pensées, la clochette placée à l'entrée émit un tintement. Mais au lieu d'un éventuel pigeon venu se faire plumer, elle aperçut quelqu'un qui lui ôta toute envie de somnoler à nouveau: l'inégalable capitaine Harkness, précédé par ses effluves de phéromones à relever un mort.

— Jack? Que faites-vous à Londres?

A son exclamation le chef du Torchwood répondit par une autre, la fixant d'un air ébahi.

— Mais qu'avez-vous fait à vos cheveux?!

Elle porta immédiatement la main à sa coiffure et ne constatant rien d'anormal, elle demanda:

— Il y a un problème?

— Vous n'êtes plus blonde!

Il paraissait consterné, comme si le fait qu'elle se soit teinte en châtain présageait la fin du monde.

— Ça ne va pas du tout, ça… murmura-t-il pour lui-même. Il faut que vous soyez blonde…

— Pourquoi? rétorqua-t-elle, légèrement vexée. Je suis moche en brune?

— Hein? Non! C'est parce que le Doc…

Puis il marqua un pause, comme pour reprendre contenance, avant de poursuivre:

— Oubliez ce que j'ai dit. Vous êtes toujours aussi exquise, bien sûr. Un vrai ravissement pour les yeux.

Des propos outrageusement flatteurs, qu'elle accueillit assez dubitativement. Alors il lui dédia un de ses sourires capables de dégeler le pôle nord, la désarmant totalement.

— Vous êtes impossible, soupira-t-elle, riant à demi.

A moins d'être un robot, il était difficile de résister au charme ravageur du capitaine. Le pire, c'était qu'il le savait et qu'il en usait sans parcimonie.

— Eh oui, je suis une aberration vivante… plaisanta-t-il avant d'ajouter affectueusement. Vous avez l'air de bien vous porter.

— Ça peut aller.

— Pas de réminiscences?

— Non.

— Pas de visiteurs indésirables?

Elle secoua négativement la tête. Jack avait été un ami dans sa vie d'avant l'amnésie, et continuait à l'être après. En apprenant qu'elle n'avait pas suivi le Gallifréen, il avait veillé sur elle, notamment en se chargeant de lui créer une nouvelle identité. Sans cela, elle aurait eu de sérieux démêlés avec les diverses agences du gouvernement enquêtant sur les crimes du Maître en tant qu'Harold Saxon.

— Tant mieux, fit-il. Mais si jamais vous êtes découverte…

— Je vous contacte tout de suite. Vous êtes juste passé pour prendre de mes nouvelles ou il y a autre chose?

— Un peu des deux. Je mourrais d'envie de revoir votre jolie frimousse…

Il lui adressa un clin d'oeil, qu'elle feignit d'ignorer.

— Et de vous parler du Docteur.

— Quoi, le Docteur?

— Je crois qu'il a des ennuis.

Elle sauta sur ses pieds, soudain sur le qui-vive.

— C'est une supposition ou une certitude?

— Une supposition hautement probable, expliqua-t-il, visiblement amusé par sa réaction. Il est à Londres, mais bizarrement, je n'arrive pas à le joindre sur son portable.

— Peut-être qu'il est trop occupé pour décrocher.

— C'est précisément ce qui m'inquiète. Il doit encore être plongé jusqu'au cou dans un quelconque complot alien, pour ne pas déroger à ses bonnes habitudes. Vous le connaissez, Rose.

— Non, dit-elle doucement. Je ne ne le connais pas.

Jack donna l'impression de vouloir se mordre la langue, se reprochant le lapsus. Un silence gêné s'installa, qu'elle finit par balayer d'un haussement d'épaule.

— Pourquoi venir m'en avertir, Jack? Si vous craignez qu'il ne soit en danger, vous devriez aller le retrouver sans tarder!

— J'en avais l'intention, seulement Toshiko vient de me prévenir que la faille montrait une activité inhabituelle. Je suis obligé de rentrer à Cardiff, alors…

En croisant les bras, il lui coula un regard en biais:

— Vous voulez bien vous en charger?

...

Après le départ du capitaine, Rose resta songeuse, ses doigts décrivant des cercles sur le comptoir. Elle ne croyait pas que le Docteur fut réellement en danger. Si cela avait été le cas, Jack serait allé le retrouver, activité de faille ou pas.

Mais elle devait se l'avouer, elle ne pouvait s'empêcher d'être inquiète. C'était comme si un poids énorme lui écrasait la poitrine. Et ressentir une telle angoisse pour quelqu'un qu'elle connaissait à peine était éprouvant pour ses nerfs.

De plus en plus agitée, elle commença à arpenter la boutique de long en large. Les paroles de Jack avant qu'il ne la quitte ne cessaient de lui revenir en mémoire.

Il n'a personne à ses côtés, Rose. Et c'est mauvais pour lui d'être seul.

Comme tout un chacun. Elle l'avait constaté elle-même, la solitude était mauvaise conseillère. Elle lui faisait commettre toute sorte d'erreurs… d'une gravité limitée, puisqu'elle n'était qu'une simple vendeuse. Mais quand on était un Seigneur du Temps confronté à des menaces venant des quatre coins de la galaxie, les conséquences pouvaient s'avérer désastreuses…

Et puis zut.

— Je vais rentrer tôt, aujourd'hui, Mr Sully! cria-t-elle en attrapant sa veste.

Puis elle claqua la porte, ne prêtant guère attention aux protestations hurlées depuis la réserve.

Dehors, elle n'avait pas fait vingt pas qu'elle se heurtait à un blondinet à peine plus âgé qu'elle.

— Hé, Rose! J'ai deux tickets pour un concert rock et j'ai pensé que… Mais où vas-tu comme ça?

Préoccupée, elle lui lança un vague "Salut, Jerry." avant de continuer son chemin. Il la suivit, aussi curieux qu'un chiot.

Jerry était un étudiant en art qu'elle avait rencontré en faisant la queue à Starbucks Coffee, des semaines auparavant. Depuis, sur son insistance, elle avait accepté de partager avec lui quelques pauses-café, et même deux ou trois déjeuners. Une manière de maintenir l'illusion d'avoir une vie sociale.

— Encore une course pour le vieux shnock? voulut-il savoir. Il est à court de cigarettes?

— Non, j'ai quelque chose à faire au centre-ville.

— Tu veux que je t'y conduise? Ma voiture est garée près d'ici.

— Je pensais prendre le métro.

— Il est bondé, à cette heure-ci. Non, je t'assure, tu ferais mieux d'accepter mon offre.

Plus loin, dissimulé derrière un échafaudage, l'homme au manteau militaire observait toute la scène, les sourcils froncés. Il n'était pas reparti pour Cardiff, bien entendu, pour la bonne raison que la faille ne montrait aucune activité suspecte. Ce n'était qu'une invention pour inciter Rose à aller à la recherche du Docteur.

Jack était peiné que ses deux plus chers amis ne soient pas ensembles. Enfin, leur séparation n'avait-elle pas suffisamment duré? Alors il avait voulu donner un coup de pouce au destin, en indiquant à la jeune femme l'endroit où le Gallifréen avait été localisé… sans oublier d'insinuer qu'il se trouvait peut-être dans une situation périlleuse. Il savait que Rose ne supporterait pas cette idée, amnésie ou pas.

Tout aurait été parfait sans l'apparition de ce gamin. Qui était-ce, d'ailleurs? Il était hors de question qu'un trouble-fête s'invite aux retrouvailles entre le Docteur et sa compagne!

En les voyant monter à bord d'un smart, il s'empara de son portable.

— Tosh, fit-il sans préambule, j'aimerais des renseignements sur le propriétaire d'un véhicule immatriculé à…

Il l'entendit pianoter sur le clavier de l'ordinateur, telle une virtuose. Et d'intéressantes informations ne tardèrent pas à tomber.

«Il appartient à un certain Jeremiah Cole, un journaliste freelancer.»

Tiens donc. Aurait-il reconnu en Rose la fiancée de l'ancien Premier ministre?

A son tour, Jack grimpa dans son véhicule et brancha le portable sur le kit main-libre, pendant que Tosh continuait à parler.

«Et… waouh, il va bientôt être riche comme crésus.»

— Comment ça? répliqua-t-il en démarrant.

«C'est le neveu de Lord
Cole de Traminster, et son seul héritier depuis le décès tragique de sa fille, Lucy.»

— Lord Traminster? Ce nom m'est familier.

«Rien d'étonnant à cela. Il est l'actionnaire majoritaire de la société qui a mis en place le réseau Archange.»

En suivant le smart à une distance respectable, le capitaine fit la moue. Peut-être que cette histoire allait plus loin que l'enquête d'un journaliste en vue d'un article.

«Pourquoi est-ce que ce gars t'intéresse? …Arrête, rends-moi ça!»

Il y eut des fioritures, puis une voix masculine remplaça celle de l'informaticienne.

«Tu veux des renforts, Jack?»

— Non merci, Owen. Je vais me débrouiller.

«Sale égoïste, va. Tu veux t'amuser tout seul alors qu'on s'ennuie comme des rats morts, ici.»

— Trouve-toi une occupation. Nourris Myfanwy, nettoie les cellules du sous-sol, je ne sais pas, moi.

«Pour les travaux ménagers, Ianto est en train de s'en charger avec zèle. Depuis ce matin, il a tellement astiqué l'intérieur du hub que tout brille comme un sou neuf. Si on le laissait faire, il briquerait même les crânes des Weevils.»

— Qu'est-ce qui lui arrive? dit-il, bien que le ton narquois du médecin lui avait mis la puce à l'oreille.

«Monsieur pique une crise de jalousie, figure-toi. Il a peur que tu succombes au désir de t'envoler vers les étoiles avec le cinglé dans sa Boîte Bleue.»

— Mais je n'en ai nullement l'intention!

«Si tu le dis. Au fait, pense à rapporter une photo du Docteur. Dédicacée, si possible.»

— Depuis quand es-tu un de ses fans, Owen?

«C'est pour Tosh. Elle est complètement gaga lorsqu'il s'agit de… Aïe, mais t'es folle!»

La ligne fut brutalement coupée. Jack se permit un petit rire avant de constater qu'il avait perdu la voiture de Jeremiah dans le trafic londonien. Ce n'était pas grave. Il savait exactement où ils se rendaient.

...

Le Celestial Garden était un jardin botanique novateur, qui avait fait coulé beaucoup d'encre avant même d'être inauguré. Toutes confinées dans un gratte-ciel de plus de cinquante étages de haut, ses plantes n'avaient de contact direct ni avec le soleil, ni avec le sol. Et malgré tout, elles restaient florissantes, au grand désespoir des scientifiques qui ne comprenaient pas pourquoi elles ne dépérissaient pas.

Mais ce n'était pas tout. Ce qui avait le plus défrayé la chronique, c'était que le coût faramineux de sa création avait été entièrement pris en charge par une célèbre multinationale.

— Contribuer à la préservation du règne végétal, fit Jerry en poursuivant son explication. C'est ce qu'ont prétendu ses dirigeants. Tu ne trouves pas ça bizarre? Que des magnats de la finance jouent soudain aux fervents écolos?

— Tu as l'air d'avoir potassé le sujet, remarqua Rose, quelque peu étonnée.

— J'aime me tenir au courant, c'est tout.

Elle ne releva pas la teneur évasive de sa réponse, reportant toute son attention sur ce qu'elle voyait. Car le spectacle avait de quoi impressionner même les plus blasés.

— Ce n'est pas un jardin, souffla-t-elle, c'est un jungle.

Mêlés aux autres visiteurs, ils empruntaient une allée qui serpentait au milieu d'une végétation incroyablement luxuriante. Les haut-parleurs dissimulés parmi les feuillages diffusaient des cris d'animaux exotiques, complétant ainsi l'illusion de se promener en Amazonie. Et pourtant, ils n'étaient pas au Brésil, mais bien au 16 ème étage d'un building en plein centre de Londres.

— D'après le guide, dit Jerry en consultant le dépliant remis à l'entrée, ce niveau est consacré aux forêts tropicales. Tu crois que ton copain est ici?

Rose ne répondit pas, légèrement ennuyée. Elle ne s'attendait pas à une telle immensité des lieux. Fouiller chaque recoin d'un endroit aussi vaste se révélait du domaine de l'impossible.

Et il y avait également le problème que lui posait la présence de Jerry. Durant le trajet en voiture, elle avait commis l'impair de lui laisser entendre qu'elle allait à la recherche d'un ami qui était peut-être en difficulté, et il avait insisté pour l'aider. Gentillesse de sa part, source d'embarras pour elle, qui aurait souhaité chercher seule le Docteur.

«CELESTIAL GARDEN FERMERA SES PORTES DANS 30 MINUTES. MERCI DE VOTRE VISITE. NOUS ESPERONS VOUS REVOIR TRES BIENTOT…»

L'annonce les surprit, n'ayant pas vu passer l'heure. Alors que tous ceux d'autour d'eux se dirigeaient vers les ascenseurs, Jerry interrogea Rose du regard.

— Tu devrais rentrer, suggéra-t-elle.

— Moi? Et toi? Que comptes-tu faire?

— Me trouver une bonne cachette.

Tout était devenu silencieux depuis un long moment lorsque Rose émergea des toilettes des femmes, tandis que Jerry en faisait de même de celles des hommes.

— Tu n'étais pas obligé de rester, soupira-t-elle.

— Il faut bien que quelqu'un surveille tes arrières!

Elle s'abstint de lui répliquer qu'elle avait autant besoin de sa protection que d'un troisième pied. Inutile de se montrer désagréable, pas vrai? Et elle n'avait pas de temps à perdre.

— Dans ce cas, un conseil: même s'il commence à se produire des trucs pas très normaux, essaie de garder ton calme, d'accord?

Elle était de plus en plus persuadée que la réalisation de ce jardin n'était possible que par une technologie extraterrestre. Sinon comment expliquer la vitalité presque agressive de toute cette flore privée de photosynthèse?

Jerry, qui ignorait dans quoi il s'était embarqué, demanda naïvement:

— Qu'entends-tu par "pas très normaux"?

Si seulement elle le savait.

— Du genre complètement dingue, qui sortirait tout droit d'un film de science-fiction… ironisa-t-elle.

— Du gen… genre… une plante carnivore géante? bégaya-t-il.

— N'exagérons pas, quand même.

Puis elle s'aperçut de l'extrême pâleur de son visage. Il fixait un point derrière elle, ouvrant de grands yeux affolés. Elle déglutit avant de se retourner lentement.

Une créature végétale faisant au moins le double de leurs tailles se dressait devant eux. Sa forme n'était pas sans rappeler celle de l'hydre, pourvue comme elle était de nombreuses tiges, se terminant toutes par de gigantesques feuilles-mâchoires hérissées d'épines. (2) Elles se mirent à claquer dans le vide, avides de les dévorer.

— Aaaaaaaaaaaah!

Plus que le monstre, ce fut le hurlement épouvanté de Jerry qui fit sursauter Rose. Il s'égosilla à nouveau, puis prit ses jambes à son cou. Sans elle.

Qu'avait-il prétendu, déjà? Qu'il allait surveiller ses arrières?

Une feuille-mâchoire s'abattit sur elle, qu'elle évita de justesse. Elle recula, se disant que pour elle aussi l'heure était venue de détaler comme un lapin.

Elle fit volte-face et se mit à courir. La créature la poursuivit, évidemment. Elle se déplaçait avec une rapidité étonnante, malgré l'absence de membres.

La course poursuite n'en finissait pas. Le monstre ne pouvait-il pas se trouver un autre casse-croûte? Hors d'haleine, elle trébucha et tomba. Du moins, faillit tomber. Une main la saisit vivement et avant qu'elle ne puisse comprendre quoi que ce soit, elle fut entraînée derrière un épais tronc d'arbre. Un doigt vint se poser sur ses lèvres, afin de prévenir toute protestation.

— Chut… Il sent les vibrations de l'air, alors restez très très tranquille.

Elle écarquilla les yeux, retenant son souffle.

Le Docteur se tenait devant elle, un grand sourire accroché à la figure. Mais peu à peu, son expression réjouie se figea et se mua en consternation.

— Qu'est-il arrivé à vos cheveux? murmura-t-il, choqué.


Note de l'auteur — (1) Ça sonne tellement mieux en anglais… Doctor Who? J'avais dit pas de spoiler, et ce n'en est pas un. Je n'ai même pas encore vu la fin de la saison 6. Mais j'ai visionné une espèce de preview sur le net, et dans la video, on entend la voix d'un homme scander ces mots, en disant qu'une question attend toujours le Docteur. Allez savoir ce que ça signifie. Ça m'a juste inspiré pour le rêve de Rose.
(2) Une feuille-mâchoire est un piège dont est muni certaines plantes carnivores, comme la dionée. Si vous êtes curieux, allez voir sur wiki une photo de cette charmante plante. Imaginez-la deux fois plus grande qu'un homme, et vous aurez la créature de ce chapitre.