Chers lecteurs ! Oui c'est bien moi ! Haruko les enfants ! Je suis de retour ! J'espère pour un bon moment cette fois-ci ! (bon je vous cache pas que dans moins d'un mois j'ai mes seconds partiels à passer, que j'ai loupé le premier et que donc j'ai également les rattrapages mais on s'en fout 8D) J'ai cru comprendre que certains se sont plaints de la longueur du précédent chapitre 8D J'ai donc accéder à votre requête et nous sommes bien loin des six maigres pages de la dernière fois. Si certains veulent s'amuser à me dire combien il y en a en plus cette fois-ci je serais ravie d'écouter leurs estimations ! Ohohohhohoho :o Franchement ça fait un bien fou de se replonger dans les fanfics, vous n'imaginez pas à quel point. J'ai encore eu une période émo en plus =_= mais vous êtes toujours là pour moi chers lecteurs et je vous aime ! Vos reviews et votre soutient me font chaud au coeur ! J'espère que nous passeront encore pleins de bons moments ensemble !

Sarameen : XD ouaw je me rend compte à quel point j'ai tardé pour poster ce chapitre en relisant ta reviews ! Décembre dis donc, eh bien si j'ai pu te rendre heureuse avec six pages, je me demande ce que ce sera pour ce chapitre-ci (eh non je ne donne pas le nombre, je te laisse deviner :p) Pour l'instant je me cosplay en lapin de pâques ! XD Je n'ai pas du tout commencé le quatrième chapitre par contre, j'espère que tu ne m'en veux pas éè mais je pense que celui-ci devrait te plaire ! Merci beaucoup pour ta reviews en tout cas ! =D

fan du hinagaara alias Angy : haaaaaaan une nouvelle lectriiiiice ! *0* bienvenue dans le monde merveilleux de Haruko mon enfant (un monde où les chapitres mettent des mois avant d'être postés 8D) je suis contente de savoir que tu aimes mes fics à ce point ! Vraiment très très très contente ! Ce n'est pas grave si c'est seulement le premier, il faut un début à tout (nan je t'encourage pas du tout à en poster à chacune de mes fics voyons... qu'est-ce que tu vas t'imaginer 8D ohohooho) et ça ne me dérange pas du tout que les reviews soient longues au contraire j'aime bien avoir plein de choses à lire ! Et en plus ça me fait bien rire quand je lis la vie de mes lecteurs, ça me détend XD Oui hein Naruto arrête de déranger Gaara quand il drague stp u_u xP les lemooons ahalalala ça fait un bail que j'en ai pas écrit. Cette fic en contiendra un, c'est certain mais je le réserve pour le dernier chapitre 8D Héhéhéhé les fins de chapitres, je précise quand même que ce procédé ne vient pas de moi, j'ai vu ça avec Nanarusasu et j'ai trouvé ça tellement drôle que j'ai commencé à m'y mettre aussi. Et en voyant le nombre de personne qui me disent à quel point ils s'amusent, je ne regrette pas xD Parce que vous êtes là pour passer un bon moment en ma compagnie, du début à la fin ! Et ouais Hinata c'est trop une privilégiée (oui c'est une beauté diiiiiiiiviiiiiiiiiine ! ça me fait trop penser au chat potté dans Shrek XD) mais tkt elle sait la chance qu'elle a 8D voilà voilà une reply à la Haruko ! Merci beaucoup pour ta reviews ! J'espère que ce chapitre te plaira !

Bonne lecture !

Desiderata-girl ou Haruko

Somnambule

Chapitre 3 : Troisième crise.

Le lendemain, Gaara se réveilla en pleine forme. C'était leur jour de congé et Hinata devait probablement avoir préparé le petit-déjeuner à en juger par l'heure qu'indiquait son réveil, soit neuf heures et quelques. La perspective d'une assiette remplie de pancakes au sirop d'érable fut une motivation non négligeable pour se lever, car il s'agissait du plat spécifique à leur journée de repos lorsqu'elle se trouvait aux fourneaux. Il chaussa donc ses pantoufles et se rendit dans la cuisine pour y découvrir… Rien du tout. Ce vide manifeste fit tiquer le Sabaku No qui alla jeter un coup d'œil dans la chambre voisine à la sienne, des fois que la propriétaire dorme encore. Pourtant, le lit était vide. Peut-être était-elle sortie faire une course ? Alors qu'il inspectait les clefs de l'appartement, il remarqua qu'aucune ne manquait. De plus en plus étrange.

Il ne restait plus qu'une solution : la salle de bain. Il s'approcha et frappa quelques légers coups contre la porte.

_ Hinata, tu es là, l'appela-t-il d'une voix neutre.

Pas de réponse, il allait pour tirer sur la poignet lorsque celle-ci s'ouvrit d'elle-même, dévoilant sa colocataire dans une tenue plus qu'insupportable pour chaque homme normalement constitué. En effet, la jeune femme ne portait qu'une simple serviette recouvrant juste ce qu'il fallait tout en accentuant ses magnifiques courbes féminines. Sa poitrine généreuse et ses cuisses aguicheuses provoquaient à elles-seules une incitation au péché. Des gouttes d'eau perlaient le long de son corps dénudé à cause de ses longs cheveux ébène encore humides et rendait sa peau laiteuse plus tentatrice que jamais. Ses joues et ses lèvres pleines rougies sans doute par la chaleur du bain la faisaient paraître sous un jour totalement différent de celui auquel il était habitué. Jamais il n'avait autant ressenti dans tout son être le désir pour une femme. Son boxer commençait à devenir trop petit et le plaçait dans une situation vraiment inconfortable.

_ Pardon Gaara je venais tout juste de sortir la baignoire quand tu m'as appelée, expliqua-t-elle la respiration légèrement haletante. Il y a un problème ?

Un problème ? Oh oui il y avait un problème, et de taille assez conséquente si l'on se référait à la taille de la bosse dans son pantalon de pyjama. On n'avait pas idée de montrer une vision aussi excitante dès le réveil à un homme !

_ Non, je voulais simplement aller aux toilettes, répondit-il en essayant de contrôler sa respiration.

Bon sang, s'il restait une minute de plus, tout son self-control allait foutre le camp ! Et le pire était que la jeune femme n'avait même pas l'air gênée de la situation ! Le bain lui avait tourné la tête ou quoi ?

_ Oh je me dépêche alors, déclara-t-elle avant de fermer précipitamment la porte.

L'homme à la chevelure sanguine s'adossa au mur et prit sur lui le temps qu'elle ressorte. Ça faisait vraiment trop longtemps qu'il n'avait pas eu ce genre de réactions pourtant naturelles pour un membre de la population masculine. Fort heureusement pour lui, la cause de son émotion finit par ouvrir la porte et il put s'y engouffrer avant de la refermer aussi sec. Ses vêtements valsèrent rapidement à travers la pièce et il se hâta de libérer le membre de sa prison devenue trop étroite pour lui. Après s'être assit sur le petit tabouret, il fixa son érection. Non pas qu'il ne savait pas comment faire pour s'en débarrasser mais il n'osait pas, de peur de penser à son amie pendant l'action. Pourtant, il fallait bien que son sexe reprenne une taille normale et il n'avait pas la patience d'attendre que cela dégonfle. Il essaya de se souvenir du visage de l'une de ses précédentes conquêtes, mais tout son esprit lui renvoyait les images du corps si attrayant de la Hyûga.

K'so… plus il y pensait et plus cela devenait difficile de se retenir. Finalement ne pouvant se contrôler davantage, il hésita à exécuter l'action rapidement ou à prendre son temps… Il décida d'y aller à l'instinct, ça faisait trop longtemps qu'il ne s'était pas livré à ce type d'activités. Lentement, il pressa son gland entre son pouce et son index tandis qu'un frisson parcourait son dos. Il avait oublié à quel point ça pouvait être agréable, même si ça n'était qu'un exercice en solitaire. Alors que ses doigts caressaient mollement sa verge, les images de sa colocataire commencèrent à affluer dans son esprit au même rythme que le sang dans la région inférieure de son corps. Il l'imaginait nue devant lui et aussitôt les gestes disparus lui revinrent comme s'il s'était masturbé la veille pour la dernière fois.

Gaara ferma les yeux pour rendre cette vision plus claire encore. À cet instant il fit une croix sur ses principes, car la raison allait rarement de paire avec le désir. Pendant que sa main se refermait avec plus de force sur sa hampe, il réalisa pour de bon qu'il désirait son amie. D'ailleurs sa divine illusion lui souriait en disant qu'elle se fichait bien de cette relation et qu'elle aussi avait envie de lui. Sans s'en apercevoir, trop concentré par ses pensées peu catholiques, ses mouvements s'intensifièrent. Il exécutait des va-et-vient langoureux tout le long, ne se pressant pas pour faire durer le plaisir.

_ Hmm… Hina… ta… hm, gémit-il le plus doucement possible pour ne pas alerter l'intéressée.

Plus le désir augmentait et plus ses gestes devenaient rapides, la pression fut de plus en plus forte et il sentait sa limite approcher. Ses râles devenaient plus intenses malgré la faiblesse de sa voix. Il se mordit la lèvre inférieure en sentant une violente chaleur envahir son corps. Il y était presque, encore quelques minutes. La voix douce et sensuelle de la jeune femme résonna dans sa tête, murmurant son prénom de façon très érotique et le suppliant de la prendre. Ce fut à cet instant qu'il explosa, un jet long et brûlant se répandit dans sa main alors qu'il se mordait le poing pour ne pas crier de jouissance. En haletant, il observa à travers ses yeux embués la semence qui salissait le sol carrelé de la salle de bain. Heureusement qu'il pouvait nettoyer facilement ces choses-là, se rassura-t-il en prenant le seau remplie d'eau qu'il versa immédiatement sur la preuve de son crime.

Lentement, le Sabaku No lécha le liquide blanchâtre duquel sa main était recouverte, en pensant à la personne qui avait causé ce dérapage imprévu. Juste parce qu'il l'avait vue à moitié nue, cela avait suffi à le conduire à cette réaction. Pourtant ce n'était pas la première fois, au début de leur colocation cela était déjà arrivé qu'il la surprenne involontairement dans une tenue semblable. Mais jamais jusqu'alors il n'avait ressenti autant de désir envers elle, et à présent son corps n'avait qu'une seule envie : faire plus ample connaissance avec celui de la Hyûga. C'était forcément les événements récents qui l'influençaient, sa rupture avec Naruto, leur rapprochement dû à cette dernière, son somnambulisme, ses baisers… Tout cela mit bout à bout lui faisait percevoir la jeune femme de façon totalement différente alors qu'il n'en avait pas le droit. C'était vraiment méprisable de vouloir son corps à ce point alors qu'ils n'étaient que des amis. Comment réagirait-elle si elle savait ? Probablement très mal… peut-être même qu'elle le détesterait… et c'était bien la dernière chose dont il avait envie.

L'homme aux turquoises refusait de perdre une personne aussi chère à ses yeux, car c'était la première fois qu'il accordait autant d'importance à quelqu'un. Rapidement, il fit sa toilette et se glissa dans le bain encore chaud, ayant accueilli sa colocataire quelques instants auparavant. Il songea que son corps nu s'était reposé dans cette eau agréablement brûlante. Aujourd'hui, cela lui inspirait des pensées érotiques, chose qui ne lui était jamais arrivée jusqu'à présent. Il tenta malgré tout de contrôler les idées en question et de faire le vide dans sa tête, n'ayant pas envie de continuer sa séance de travaux manuels…

Une fois débarrassé de ses délires pervers, une question s'imposa à lui. Comment allait-il la regarder en face en sortant de la salle de bain ? Il lui avait déjà caché ses deux visites nocturnes et maintenant il venait de se masturber en pensant à elle. Il allait droit dans le mur, ce n'était pas bon du tout. Pourquoi avait-il autant de mal à se contrôler ce matin ? Que faire si cela empirait ? Que faire s'il avait de plus en plus besoin de la toucher ? Que faire si ses doigts se trouvaient irrémédiablement attirés par cette idée de la caresser, ne serait-ce que doucement, furtivement mais de façon plus que réelle ? Que faire si ses lèvres commençaient à chercher les siennes lors d'un rapprochement accidentel ? Plus il y songeait et plus la tentation augmentait. Promptement il sortit du bain qui était en train de l'étourdir plus qu'il ne faudrait. Il se sécha rapidement et remit son pyjama ainsi que son boxer puisqu'ils étaient propres.

Une fois qu'une serviette recouvrit ses cheveux mouillés, Gaara sortit de la salle de bain et se rendit dans la cuisine d'où s'échappait une délicieuse odeur de pancakes au sirop d'érable. K'so, s'il avait su qu'elle ne les préparait que maintenant, il se serait levé plus tard. Ainsi la vision de Hinata à moitié nue dans la salle de bain et la séance de travaux manuels qui en avait découlé n'aurait jamais eu lieu. Mais à présent, il était trop tard pour faire marche arrière. Il prit une assiette dans le placard et s'approcha de sa colocataire qui venait d'éteindre le gaz. Elle se tourna vers lui avec un sourire, la spatule à la main, puis fronça un sourcil réprobateur. Elle posa son instrument de cuisine et leva les bras pour attraper la serviette humide sur la tête rousse.

_ Gaara tu vas attraper froid si tu ne te sèches pas les cheveux mieux que ça, le gronda-t-elle en lui frictionnant doucement la tête à l'aide du tissu éponge.

Comme elle était plus petite que la moyenne, la Hyûga devait se mettre sur la pointe des pieds, alors pour l'aider il se pencha légèrement en avant. Ce fut une mauvaise, très mauvais idée car ce faisant, il avait désormais une vue imprenable sur la naissance de ses seins et même un peu plus que ça. Pourquoi diable fallait-il qu'elle porte ce genre de pull décolleté ?

_ Voilà c'est bon, déclara-t-elle joyeusement.

S'arrachant le rapidement possible à une nouvelle vision tentatrice, le Sabaku No remarqua tout à coup un détail auquel il n'avait pas fait attention.

_ Tu peux parler en matière de séchage, rétorqua-t-il en prenant une mèche ébène humide entre ses doigts. En plus tes cheveux sont beaucoup plus longs que les miens. C'est toi qui risque d'attraper froid.

La jeune femme recula en rougissant.

_ C'est que je, je me suis dépêchée de sortir de la salle de bain pour que tu puisses y aller, se défendit-elle en tripotant nerveusement la mèche en question. Je n'ai pas eu le temps de me sécher correctement les cheveux. M, mais je, je vais y aller maintenant t, tu n'as qu'à te servir pendant que c'est encore chaud, je reviens.

Sur ce, elle partit précipitamment sous le regard étonné de son vis-à-vis. Pourquoi s'était-elle mise à bégayer tout à coup ? D'habitude, cela ne lui prenait que lorsqu'elle était gênée et cela faisait un moment que ça ne lui était pas arrivé. Par ailleurs, avait-il rêvé ou avait-elle réellement rougi quand il lui avait touché les cheveux ? Vraiment étrange ce comportement, songea-t-il en plaçant deux pancakes dans son assiette. En s'asseyant il fixa la nourriture devant lui, cela lui mettait l'eau à la bouche mais ce serait impoli de ne pas l'attendre pour commencer à manger. Alors il patienta le temps qu'elle revienne et une dizaine de minutes plus tard, elle pointa le bout de son nez dans la pièce.

_ Tu, tu m'as attendu, s'étonna-t-elle en remarquant le plat encore plein de son colocataire. C'est, c'est gentil mais tu aurais dû manger pendant que c'était encore chaud.

Toujours aussi prévenante, égale à elle-même, ne put-il s'empêcher de penser en la voyant se dépêcher de se servir à son tour pour lui éviter d'attendre davantage. Cette façon de faire à laquelle il était pourtant habitué lui arracha un bref sourire attendri. Dès qu'elle fut assise, ils commencèrent à manger et Gaara songea qu'il était temps, car son ventre réclamait de la nourriture depuis un moment.

_ On fait quoi aujourd'hui, demanda-t-il après qu'ils aient fini.

_ Je pensais aller au cinéma, ça te dit, proposa-t-elle en rangeant les assiettes dans le lave-vaisselle.

Le Sabaku No s'étira quelques secondes et acquiesça.

_ D'accord, accepta-t-il d'un ton neutre. Il y a un film en particulier que tu veux voir, ou c'est juste comme ça ?

Aussitôt la Hyûga se mit à agiter ses mains devant elle et à secouer violemment la tête de gauche à droite.

_ Oh non, non, non, pas, pas, pas du tout, nia-t-elle brusquement. Ce, c'est, c'est juste comme ça ! N'im, n'importe quel film fera l'affaire ! Je te laisse choisir !

En résumé, cela signifiait qu'elle avait très envie de voir un film mais qu'elle avait peur que celui-ci ne lui plaise pas. Parfois elle était vraiment facile à deviner.

_ Dis-moi lequel tu veux voir, je ne vais pas te manger tu sais ?

Elle baissa la tête avec honte et se mit à tripoter ses index, chose qu'elle n'avait pas faite depuis un moment. Cela devait vraiment l'embarrasser. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Une comédie romantique peut-être, il est vrai qu'elle avait l'habitude d'aller voir ce genre de films avec Naruto avant. À chaque fois qu'elle lui proposait d'aller au cinéma, elle disait toujours en souriant : « choisis le film Gaara, je sais que tu n'aimes pas celui-là. Ce n'est pas grave, j'irais le voir avec Naruto la prochaine fois. » Et effectivement, ils regardaient toujours le film choisi par l'homme aux turquoises, mais il aurait voulu lui faire plaisir parfois et l'emmener voir celui qu'elle voulait. Cependant, elle ne lui en laissait jamais le temps.

_ Ben je… je… j'aimerais bien… ahem euuh… aller, aller voir T… Toy Story 3, finit-elle par avouer d'une toute petite voix et les joues en feu.

Gaara la fixa avec de grands yeux écarquillés. Un film d'animation ? Un film destiné au grand public mais en particulier les enfants ? Un film mettant en scène des jouets ? C'était ça le film en question ? Il plaqua sa main sur sa bouche et se tint au dossier du canapé en tremblant. Bon sang, surtout ne pas éclater de rire. Elle avait eu tant de mal à lui avouer que c'était ce film qu'elle voulait voir, il n'allait quand même pas se moquer d'elle. Mais… une jeune femme sérieuse de vingt deux ans qui allait voir un film pour gosses ! C'était bien trop hilarant ! Il pouffa sans le faire exprès et cela alerta l'objet de son hilarité qui redressa la tête et le dévisagea avec incompréhension.

_ Ga, Gaara, l'appela-t-elle légèrement inquiète en s'approchant de lui.

En voyant sa petite bouille anxieuse, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Il éclata de rire et se tint plus fermement au canapé pour éviter de s'écrouler par terre.

_ Gaara, s'exclama-t-elle plus que stupéfaite, Sabaku No Gaara qui riait aux éclats était un spectacle assez surréaliste en soi. Que, qu'est-ce qui te prend ?

Le pauvre ne parvenait plus à s'arrêter et Hinata l'observait comme s'il avait perdu la raison. Au bout de cinq longues minutes, il finit par s'asseoir par terre, le souffle court et un mal atroce aux abdominaux. La Hyûga s'accroupit en face de lui et tendit la main pour la poser sur son front. Immédiatement, cela le ramena à la réalité.

_ Qu'est-ce que tu fais, s'étonna-t-il en haussant son arcade sourcilière.

_ Je vérifie que tu n'as pas de fièvre, expliqua-t-elle plus que sérieuse. Je ne t'ai jamais vu rire de cette façon, et même rire tout court d'ailleurs ! Je suis persuadée que tu couves quelque chose !

_ Arrêtes de raconter n'importe quoi, soupira-t-il en lui prenant le poignet.

_ Ah attention, s'écria-t-elle en sentant le peu d'équilibre sur lequel reposaient ses pieds l'abandonner tout à coup.

Quelques secondes plus tard, la jeune femme se retrouvait contre lui. À ce moment, son cœur rata un battement. Son corps frêle contre le sien, sa douce odeur qu'il ne put s'empêcher de respirer l'espace d'un instant… Pourquoi toutes ces choses arrivaient justement aujourd'hui ? Ce contact ne dura que quelques secondes à peine car Hinata s'écarta de lui brusquement, la figure cramoisie.

_ Ex, ex, excuses-moi Gaara je, ce, c'est ma faute ! J'au, j'aurais dû me tenir mi, mieux que ça, pa, par, pardon ! Je, je ne t'ai pas fait mal, paniqua-t-elle sans réaliser qu'il tenait encore son poignet.

Pourquoi cette réaction ? Pourquoi cet air embarrassé ? Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui pour avoir envie de la prendre dans ses bras maintenant, alors qu'il n'en avait jamais eu la moindre intention auparavant quelques soient les personnes ?

_ C'est bon, fit-il d'un ton neutre en la lâchant, j'ai rien. Allez, on y va.

Il se redressa et alla chercher sa veste ainsi que son portefeuille. Hinata le suivit et ils sortirent de l'appartement en silence.

_ Si, si on se dépêche on pourra avoir la séance de onze heures, déclara-t-elle au bout de dix minutes de trajet en ère glacière. Mais Gaara tu, tu es sûr que tu veux bien aller voir T, Toy Story ? Je, enfin, ce n'est pas ton genre de films pas vrai ? Alors on peut toujours…

_ Aujourd'hui j'ai envie de te laisser choisir, la coupa-t-il en accélérant l'allure. Un peu de diversité ne fait pas de mal et il n'y a pas de raison pour qu'on ne regarde pas ensemble des films qui te plaisent à toi aussi.

_ Ah d'a, d'accord, fit-elle en rosissant légèrement.

Quelques instants plus tard un sourire apparut de nouveau sur son visage, en constatant cela, l'irritation de Gaara s'atténua. Ils arrivèrent devant le cinéma et se hâtèrent de prendre leurs places avant que la séance ne commence. Alors qu'il mettait ses lunettes 3-D, la Hyûga commença à rire en essayant d'être la plus discrète possible.

_ Quoi ? Pourquoi tu rigoles alors qu'on n'a même pas encore vu les bandes d'annonces, s'étonna-t-il en fronçant un sourcil perplexe.

_ Tu devrais te voir avec les lunettes, pouffa-t-elle en se tenant les côtes sur son siège.

_ Tu peux parler, rétorqua-t-il sèchement, t'es aussi ridicule que moi.

En temps normal, elle l'aurait certainement mal prit, mais fort heureusement cette fois-ci elle était bien trop hilare pour tenir compte de sa remarque. Elle continua à rire jusqu'à ce que les lumières s'éteignent et que le film commence enfin. Le Sabaku No réajusta ses montures et mit son portable sur silencieux puis il concentra son attention sur les images hautes en couleur qui venaient d'apparaître à l'écran.

_ Je n'arrive pas à croire que tu ais pleuré dans un film d'animation pour gosses, déclara-t-il en levant les yeux au ciel après être sorti de la salle.

La jeune femme se mit à renifler et prit son mouchoir.

_ M, mais je, j'y peux rien, se plaignit-elle avec une moue boudeuse. Je suis hyper émotive ! C'est pas ma faute si dès que je vois une belle scène ou bien une scène triste, j'ai les larmes qui montent toutes seules !

_ Qui montent toutes seules, répéta-t-il en secouant la tête avec exaspération.

_ Arrêtes de me regarder comme si j'étais une bête curieuse ! Pour la peine tu vas m'attendre ici pendant que j'irais aux toilettes, lui ordonna-t-elle en tournant les talons pour se rendre dans le lieu en question.

Depuis quand était-elle aussi autoritaire ? Et puis sérieusement, il n'allait tout de même pas l'attendre dehors dans le froid de janvier ? Elle se payait sa tête ! Mais en même temps, il n'allait pas non plus rester devant la porte des toilettes comme un imbécile. Oh, et puis zut ! Il se rendit d'un pas traînant devant les portes du cinéma et boutonna sa veste jusqu'en haut, sans oublier d'ajuster son écharpe de manière à ce qu'elle lui couvre au moins le bas du visage. Il croisa les bras sur son torse et s'adossa au mur en affichant une mine renfrognée. Pourquoi est-ce qu'il faisait ce qu'elle voulait au juste ?

Tout à ses réflexions, Gaara n'avait même pas remarqué que deux jeunes femmes en minijupes malgré le froid qui fouettaient leurs jambes nues, ne cessaient de le dévisager depuis qu'il était sorti. Alors qu'elles se dirigeaient langoureusement vers lui, Hinata arriva de derrière et lui agrippa le bras.

_ Désolée pour l'attente, s'excusa-t-elle en lançant un regard foudroyant aux prédatrices qui s'approchaient d'une démarche féline, que le Sabaku No ne vit pas. On y va ?

Elle lui souriait comme si de rien n'était et il se contenta de hausser les épaules. Ils se mirent en route et serrèrent les dents sous le vent de janvier. Cependant, cela lui faisait bizarre qu'elle lui tienne le bras de cette façon. Il était courant pour les couples de le faire mais pas pour deux amis. Au début, il croyait que c'était simplement pour lui signaler sa présence, mais au bout de dix minutes de trajet elle était encore agrippée à lui.

_ Hinata ? Tu n'es pas obligée de te tenir à moi comme ça, tu sais, l'informa-t-il en fronçant un sourcil perplexe.

_ Mais j'ai froid, se plaignit-elle en resserrant sa prise comme pour appuyer ses paroles.

Le Sabaku No soupira avec résignation, si ce n'était que ça au moins il pouvait arranger facilement ce problème.

_ Dans ce cas on va prendre le métro, ça te réchauffera sûrement, décida-t-il en l'entraînant vers l'entrée la plus proche.

Ils descendirent les escalators et achetèrent leurs tickets avant de se rendre sur le quai pour attendre que le véhicule arrive.

_ Encore trois minutes, constata la jeune femme en jetant un œil à l'horloge électronique. Tu es sûr que ça ne te gêne pas qu'on rentre tout de suite ? Tu ne voulais pas te balader encore un peu ?

_ Non c'est bon, je n'aime pas trop me promener par un froid pareil et si on avait continué je n'aurais probablement plus eu de bras d'ici la fin de la journée, ajouta-t-il d'un ton ironique.

La Hyûga ne dit rien, mais il sentit en revanche parfaitement sa colère lorsqu'elle tenta de broyer son bras. Il lui lança un regard exaspéré pour lui faire comprendre que ce n'était pas la peine d'être vexée pour si peu. Ils étaient en train de s'engager dans une bataille visuelle quand le métro rentra en gare. Malgré le fait qu'il soit rempli presque au point de déborder, ils s'y faufilèrent et furent involontairement poussés par la masse des autres passagers dans une position assez inconfortable. La jeune femme se retrouva coincée entre la paroi et son ami qui calla ses coudes des deux côtés de son visage pour essayer de ne pas trop l'écraser.

_ On étouffe, suffoqua-t-elle en levant la tête pour confronter son regard plaintif à celui fatigué de l'homme aux turquoises.

_ Vois le bon côté des choses, au moins tu n'as plus froid, railla-t-il en baissant la tête pour lui montrer son sourire narquois.

Même si l'espace d'un instant il pu en profiter pour se moquer d'elle, il réalisa bien vite à quel point c'était une mauvaise idée. Dans ce métro où la température ne cessait d'augmenter à cause de la chaleur humaine dégagée par tous les passagers, son corps collé au sien malgré la couche de vêtements entre eux lui rappelait combien il était attiré par elle désormais. Et le fait d'avoir leurs visages si proches dans cette position involontairement intime, ne laissait plus place dans son esprit que pour une seule idée : « j'ai envie de l'embrasser ». Néanmoins, il se reprit en détournant la tête, échappant ainsi à la vision de ses lèvres tentatrices. Imbécile, s'insulta-t-il intérieurement. Comment se serait-il expliqué après ? L'excuse du : « ce n'était qu'un accident » aurait peut-être fonctionné dans la mesure où le baiser ne durerait qu'une seconde mais se connaissant, il savait très bien qu'il aurait eu envie de plus que cela. Et puis profiter de la situation serait malhonnête, sa colocataire n'avait pas besoin de ça.

Après Naruto, il lui fallait une relation stable et basée sur la sincérité. Quelqu'un qui s'intéresse à elle pour de vrai, qui ait toujours son bien être à l'esprit et qui fasse surtout son possible pour qu'elle ne soit pas malheureuse. Il se sentait sale d'en vouloir à son corps alors que jusqu'à présent leur relation avait toujours été établie sur la confiance et une amitié saine. Leurs longues discussions, les moments partagés alliant tristesse et joie, ce genre de rapports humains qu'il n'avait pourtant jamais entretenu avec personne. De toute façon, il savait pertinemment que lors de ses crises ce n'était pas lui qu'elle embrassait, mais son ancien petit ami. Pour elle, il n'était rien de plus que son ami Gaara, son colocataire… oui rien d'autre que ça… Et pour la première fois depuis de nombreux mois de vie commune, cette idée ne lui plaisait pas. Il réalisa que l'amitié ne le satisfaisait plus et cela lui fit peur car il n'avait jamais éprouvé de sentiments aussi forts que l'amour pour personne. S'il tombait amoureux d'elle, comment allait-il le gérer ? N'était-ce pas déjà trop tard ?

Une brusque secousse le tira de ses pensées et força la femme aux orbes nacrés à se cramponner à lui.

_ Pardon Gaara, s'excusa-t-elle précipitamment.

Alors qu'elle allait le lâcher, il attrapa sa main.

_ C'est bon, il vaut mieux que tu te tiennes à quelque chose si tu ne veux pas tomber, la rassura-t-il en appuyant ses paroles d'un regard confiant.

Contrairement à l'instant d'avant, il refusa de briser le contact visuel qui était en train de s'établir entre eux. Au bout de quelques secondes, de légers rougissements apparurent sur les joues habituellement pâles. Sans doute était-ce leur proximité qui la gênait ? Ce n'était pas la première fois qu'elle rougissait aujourd'hui, mais d'habitude elle ne le faisait jamais. Ce genre de choses n'était généralement réservé qu'à l'Uzumaki. Peut-être ne lui était-il pas aussi indifférent qu'il le croyait ? Et dans ce cas, peut-être que ce qu'il s'apprêtait à faire serait moins risqué qu'il ne l'avait songé. Lentement, il pencha son visage, l'inclina de manière aussi discrète que possible. Il se dit que c'était certainement un fantasme de son imagination mais pourtant, il lui sembla que Hinata faisait la même chose de son côté. Imagination ou pas, le fait est que leurs bouches se rapprochaient dangereusement sans se toucher pour autant. Ils restaient là, à quelques millimètres sans vouloir franchir cette limite invisible. Sentir sa respiration se mêler à la sienne le rendait dingue, mais il n'osait pas aller plus loin. En avait-il réellement le droit ? Cette fois-ci, elle était parfaitement éveillée, ce baiser-là… elle s'en souviendrait. Voulait-il vraiment prendre le risque ?

Pendant qu'il hésitait, une voix préenregistrée cracha le nom de leur station dans les haut-parleurs. Ils venaient d'arriver et il n'avait même pas vu le temps passer alors qu'ils faisaient presque la ligne en entier. Finalement, peut-être était-ce un signe du destin pour lui dire de renoncer ? Gaara soupira intérieurement. Il devait vraiment être fatigué pour tenir un tel raisonnement. Il s'écarta de la jeune femme qui le lâcha immédiatement en baissant la tête. Ce fut dans un silence un peu gêné, qu'ils sortirent de la bouche de métro. Jusqu'à ce qu'ils rentrent dans leur appartement, aucun mot ne fut échangé. Le Sabaku No se demanda s'il n'avait pas fait une erreur.

_ Euh Gaara… tout à l'heure dans le métro, commença-t-elle d'une voix craintive.

_ Oui je sais, c'était bizarre, la coupa-t-il avant qu'elle n'ait le temps de finir.

Il n'osait même plus la regarder dans les yeux et elle se détourna pour se rendre dans la cuisine où il la suivit.

_ Tu as raison, rit-elle en prenant le tablier sur le portant, vraiment bizarre, pendant une seconde j'ai cru qu'on allait s'embrasser…

Ses poings se serrèrent tandis qu'il faisait un effort pour parler de la façon la plus neutre possible.

_ N'importe quoi, renchérit-il sur le même ton moqueur. Comme si on pouvait faire ça.

Ils continuèrent la plaisanterie sans se rendre compte chacun de leur côté, que leur rire sonnait faux. Pendant que Hinata faisait à manger, Gaara s'assit sur le canapé et ouvrit un livre au hasard. L'ambiance n'était plus naturelle comme avant. Quelque chose clochait et il savait que la faute lui en incombait. Malgré le fait qu'elle en rit, il se doutait bien qu'elle essayait de lui cacher son malaise. Il aurait dû être au courant que cette amorce de baiser était une mauvaise idée, qu'elle serait gênée par la situation. Et maintenant il était bien bête d'ignorer le moyen de régler ça pour revenir à la normale. Mais le pire dans tout ça… c'est qu'il n'avait même pas envie de revenir à la normale justement. Il ne pouvait plus faire marche arrière désormais, ses sentiments avaient évolués. Malheureusement, cela ne semblait pas être le cas de son amie.

Combien de temps lui faudrait-il avant d'oublier Naruto ? L'oublierait-elle un jour ? Ressasser ce souvenir n'aurait d'autres conséquences que de la faire souffrir, mais il ne pouvait pas la forcer à l'aimer.

_ Quelque chose ne va pas Gaara, lui demanda-t-elle subitement.

Il redressa la tête pour voir la Hyûga qui le dévisageait d'un air soucieux.

_ Non ce…

Il ne pouvait tout de même pas lui avouer qu'il était en plein conflit interne à cause de ses nouveaux sentiments pour elle !

_ C'est simplement ce livre, le développement… ne se passe pas comme je le voudrais, déclara-t-il d'un ton amer.

Elle haussa les sourcils avec étonnement puis sourit.

_ Tu n'en es qu'à la moitié, ça s'arrangera sûrement, déclara-t-elle avec gentillesse.

_ Ce serait bien… mais je sais pas si j'aurais la patience d'attendre jusque là, marmonna-t-il.

_ Une attente est toujours récompensée ! D'ailleurs, j'ai fini de préparer le déjeuner, tu viens manger ?

Il acquiesça sans grande motivation et la suivit jusqu'à la table où le déjeuner était servi. Elle avait préparé une omelette aux petits légumes et des escalopes milanaises. Comme d'habitude ça sentait atrocement bon.

_ J'ai encore du mal à croire parfois, que tu faisais partie d'une famille aussi riche que les Hyûga, lâcha-t-il en se servant un verre d'eau.

Hinata se contenta d'hausser les épaules, elle avait beaucoup moins de mal avec ce sujet aujourd'hui. Gaara se plaisait à penser qu'il y était peut-être pour quelque chose. Lorsqu'ils venaient tout juste de se connaître la jeune femme avait du mal à parler de sa famille. Elle avait refusé le mariage arrangé que lui proposait ou plutôt imposait son père pour vivre librement sa relation avec Naruto. Elle voulait prouver qu'elle était capable de s'en sortir toute seule, sans avoir recours au prestige de son nom. Elle avait enchaîné plusieurs boulots et avait mis assez d'argent de côté pour se louer son propre appartement. Néanmoins sa situation risquait d'être assez difficile et elle avait eu la chance qu'il recherche une colocation. Le fait que l'héritière principale de la famille Hyûga renonce à sa fonction avait fait énormément de bruits via les médias, pourtant le Sabaku No n'en avait absolument pas entendu parler. Il ne s'intéressait que très peu aux actualités.

Aussi lorsque cette simple employée de bureau, cette jeune femme qui lui préparait de délicieux repas et parlait de sujets tout à fait banals avec lui, avoua un jour qu'elle faisait partie de la prestigieuse famille Hyûga, il eut du mal à la croire. Pour lui les nobles ne faisaient pas à manger, ni le ménage et ne vivaient pas dans de petits appartements. Ils ne se mêlaient pas au petit peuple et passaient leurs journées à se prélasser (du moins c'était ainsi que vivait son père avant que la Sabaku Corp ne fasse faillite…). Lui s'était toujours débrouillé dans la vie, il n'avait jamais compté sur l'aide de son père. Il avait su très jeune comment se faire une place dans la vie active, au lycée il faisait déjà des petits boulots pour pallier à l'héritage qui était parti en poussière pour rembourser les dettes de la famille. Des dizaines de millions qui s'envolaient sous son nez à cause de l'incompétence d'un seul homme. Néanmoins, il ne se plaignait pas, cela lui avait conféré une certaine expérience. Et il était assez autonome pour avoir toujours su gérer ses études et son travail, il avait donc obtenu son diplôme sans trop de mal.

S'il avait choisi des boulots avec horaires de nuit, c'était en parti à cause de ses anciennes insomnies. Il était guéri désormais, cependant son corps s'était habitué donc il continuait. Aujourd'hui, il remerciait presque ces troubles du sommeil grâce à qui il avait pu rencontrer la jeune femme. Néanmoins, plus il apprenait à la connaître et plus il songeait à changer ses horaires. Il voulait passer davantage de temps avec elle, se croiser par hasard dans la journée, partager seul un jour de congé ce n'était plus assez aujourd'hui. Il fallait qu'il en parle avec son patron avant de le lui annoncer. Etant donné qu'il faisait du bon travail, il ne pensait pas qu'on lui refuserait cette faveur. Après tout, il ne demandait jamais rien, il était satisfait de son salaire, poli avec ses collègues, l'employé modèle en somme.

_ … penses Gaara ?

Il redressa la tête en réalisant que Hinata venait de lui parler.

_ Pardon ?

Elle se mit à sourire. Et mince, elle lui avait sûrement posé une question. Vraiment, il ne supportait pas ces absences qui lui faisaient oublier sa présence.

_ Je te demandais si tu voulais regarder un DVD cet après-midi, répéta-t-elle toujours aussi aimable.

_ Hum, c'est journée film aujourd'hui, constata-t-il, d'accord. Tu veux voir lequel ?

Elle haussa les épaules sans cesser de sourire. Il aimait la voir avec cette expression sereine sur le visage.

_ Peu importe, mais de préférence un qui ne demande pas trop de réflexion. J'ai juste envie de m'installer sur le canapé et de ne pas bouger.

Gaara se mit à réfléchir.

_ Y avait pas ce film que tu avais acheté en promotion la dernière fois au vidéoclub ? C'était quoi déjà le titre…

Aussitôt une lueur d'intérêt s'alluma dans les prunelles nacrées.

_ Orgueil et Préjugés, s'exclama-t-elle avec une excitation mal dissimulée.

_ Oui c'est ça, confirma-t-il avec amusement. Tu veux le voir ?

Avait-elle réellement besoin de répondre ? Son regard pétillait d'impatience, c'était évident qu'elle en mourrait d'envie. Il se leva, débarrassa la table et se pencha pour murmurer à son oreille.

_ Ben qu'est-ce que tu attends pour aller le mettre ?

Il ne put le voir en se retournant pour accéder au lave-vaisselle, mais Hinata venait de virer au cramoisie. Elle se leva rapidement pour accéder au meuble contenant les DVD et commença à farfouiller.

_ Je fais des pop-corn, ou tu en as eu assez tout à l'heure, lui demanda-t-il en observant l'intérieur des placards.

_ Ça va aller merci. Je pourrais toujours faire pause pendant le film si j'en ai envie, dit-elle avec un léger rire.

Il approuva silencieusement et alla s'asseoir sur le canapé en attendant qu'elle finisse de programmer le lecteur. Une fois qu'elle eut cliqué sur l'icône « démarrer le film », elle posa la télécommande sur la petite table et écarta les coussins pour venir se blottir contre lui. Elle cala sa tête confortablement contre son épaule, le sourire aux lèvres et le regard rivé sur l'écran de télévision. Elle le faisait de plus en plus souvent ces temps-ci, alors qu'auparavant jamais. Il en appréciait d'autant plus l'initiative aujourd'hui. La sentir juste à côté de lui était vraiment agréable, il n'avait même plus envie de se concentrer sur le film. Ses yeux fixaient un point droit devant lui, mais son attention était accaparée par cette présence tant désirée à ses côtés. Jamais dans son enfance, il n'avait vécu de moments comme celui-ci. Sa famille n'était pas ce que l'on pourrait appeler soudée, c'était plutôt chacun pour soi. Ils avaient chacun une télévision dans leur chambre et un ordinateur portable. Personne ne ressentait le besoin de faire des activités en groupe.

Avec la Hyûga, il avait appris à se sociabiliser davantage, à faire des efforts dans la cohabitation et à ne plus se contenter du strict minimum vital. Elle qui était si timide, elle l'avait entraîné à parler de lui, à se confier. Ils étaient devenus chacun le confident de l'autre. Ce genre de relations lui plaisait mais… il ne pouvait pas s'empêcher d'en vouloir plus à l'heure actuelle. Et elle, changerait-elle un jour de regard sur lui ? Il l'observa et vit ses prunelles s'agrandirent d'intérêt.

_ Kyaaaaaah ! Monsieur Darcy, s'écria-t-elle avec excitation.

Brièvement, il observa l'homme en question pour voir pourquoi il suscitait un tel effet. Etant donné qu'il n'avait pas suivi le début du film, il ne savait pas si c'était dû à son physique ou au personnage en lui-même. Néanmoins, comme il n'avait pas envie de la déranger en voyant sa mine concentrée, il ne dit rien. Son film à lui se déroulait en direct dans cet appartement. Son personnage principal c'était elle, elle riait, qui était surprise, qui s'énervait contre ces êtres de fiction, qui pleurait…

_ Tu pleures encore, chuchota-t-il en remarquant ses yeux humides.

_ Oui, c'est émouvant, mais chut ! Tu vas me faire rater la scène, le gronda-t-elle à voix basse.

Il n'avait pas fait attention sur le coup, mais durant cette fameuse scène elle avait commencé à s'agripper à lui. Sa main tenait son chandail et sa tête reposait désormais contre son torse. Plus le temps passait et plus elle prenait de libertés et… de place. Lorsqu'elle s'allongea, prenant ses cuisses pour oreiller il songea qu'elle ne lui en voudrait probablement pas s'il laissait choir sa main sur sa taille. Dire que plusieurs mois auparavant, il lui aurait sans hésitation demander de se redresser… cela lui paraissait irréel de partager ce genre de positions aussi sereinement. Depuis sa rupture avec Naruto, il ne lui avait jamais refusé une seule demande de contact. Et ce soir, il se laissa même aller jusqu'à caresser doucement son crâne. Comme il ne reçut aucun refus de sa part, il glissa furtivement ses doigts dans sa chevelure ébène. Ce genre de gestes tendres, jamais il n'en avait eu pour personne. Il n'était pas assez proche de sa famille. Il ne recherchait que du sexe auprès de ses conquêtes. Et pourtant, avec elle cela semblait tellement naturel.

L'amour n'avait jamais été sa priorité. Des atmosphères comme celle-ci, il n'en avait jamais vraiment souhaité. Aujourd'hui, il réalisait ce qu'il avait manqué durant toutes ces années. Néanmoins, cette façon de lui toucher les cheveux, il aurait voulu que ce soit celle d'un amant et non d'un ami. Il aurait voulu découvrir les gestes des amoureux avec elle. Naruto avait certainement déjà eu cette chance de nombreuses fois au cours de leur relation. A présent lorsqu'il l'imaginait dans ses bras, il en avait mal au cœur. Dire que cela ne lui faisait ni chaud ni froid seulement quelques semaines avant… Le Sabaku No secoua la tête pour chasser ces pensées. Ils avaient rompu alors , au diable l'Uzumaki !

Comme il aurait voulu que la Hyûga partage son avis. Il ignorait ce qui se passait actuellement dans son cœur, comment pourrait-il s'y faire une place ? Il ne voulait pas être un simple remplaçant à ses yeux. Il aspirait à beaucoup plus que cela. Néanmoins, il n'avait jamais tenté d'obtenir le cœur de qui que ce soit. Il ne savait pas du tout comment s'y prendre. Il n'avait jamais ressenti ce besoin d'être unique pour quelqu'un. Il s'était toujours contenté du peu qu'on lui donnait. Désormais, il voulait que la jeune femme le voit lui et lui seul. Il voulait qu'elle lui remontre ses rougissements, il voulait les provoquer, être la cause de toutes ses émotions. Il se pencha légèrement vers elle dans une recherche inconsciente de proximité. Elle était tellement calme qu'il la crut endormie, cependant comme pour lui donner tort, elle se retourna pour se mettre sur le dos.

Il se crispa lorsque leurs regards se croisèrent. Le fait qu'elle ait changé de position le mettait mal à l'aise. Il avait l'impression désagréable que ses mains n'avaient plus rien à faire sur son corps. Alors qu'il allait les enlever, ce fut elle qui tendit la sienne pour la poser sur sa joue.

_ Je t'ai déjà dit que tu me faisais penser à Monsieur Darcy Gaara, l'interrogea-t-elle en souriant.

Il mit du temps à lui répondre. Cette façon qu'elle avait de le regarder le déstabilisait complètement. Même en étant réveillée, la brune continuait de le tenter. Est-ce que c'était inconscient ou bien fait exprès ? Il n'en savait rien. L'homme aux turquoises aurait voulu se pencher davantage et capturer ses lèvres d'un tendre baiser, mais il n'osait pas. Dire qu'elle était là, à sa portée et qu'il ne pouvait rien faire. C'était atrocement frustrant.

_ Non tu ne me l'avais jamais dit, répondit-il calmement.

Elle remonta légèrement sa main, caressant sa peau du bout des doigts. Si vraiment elle le faisait exprès, qu'elle le dise ou qu'elle cesse cette agréable torture !

_ En fait vous avez tous les deux ce genre de regard perçant, à la fois troublant et captivant, déclara-t-elle sans le quitter des yeux.

Sa main descendit peu à peu, laissant à ses doigts le temps de s'attarder sur sa bouche. Elle repassa sa lèvre inférieure à l'aide de son pouce. Bon sang si ce n'était pas une invitation, qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ?

_ Hinat…

_ Autre chose, l'interrompit-elle en le fixant toujours, vous êtes incapables de dire ce que vous ressentez véritablement, alors que tout ce que l'on attend… c'est que vous vous confessiez.

Que voulait-elle dire par là ? Aurait-elle compris ses sentiments ? Se serait-elle rendu compte que son amitié avait évolué et qu'il la désirait désormais en tant que femme ? Si elle attendait sa confession, serait-ce pour y répondre positivement ? Il ne pouvait que l'espérer. Et même si ce n'était pas le cas, il tenterait malgré tout de la séduire car elle était la première femme dont il tombait amoureux. Il n'avait pas l'habitude d'éprouver un tel sentiment mais il comptait bien trouver le bonheur à ses côtés. Il ne voulait qu'elle. Tout doucement, il lui fit redresser la tête et se pencha tout aussi lentement. Elle ne fit rien pour le repousser au contraire, ses paupières s'abaissèrent au fur et à mesure que leurs visages se rapprochaient. Sa main vint se cramponner à son chandail, juste au niveau de ses clavicules. La femme à la chevelure de nuit combla un peu plus l'écart entre eux et enfin leurs lèvres se rencontrèrent. Cette fois-ci c'était la bonne, songea-t-il tandis qu'elle les pressait plus fort pour approfondir le baiser.

Leurs langues s'enroulèrent sensuellement l'une autour de l'autre, profitant pour la première fois de l'éveil mutuel de leur propriétaire. Il l'avait tellement espéré cet échange, cet accord réciproque entre eux. Pouvoir l'embrasser en toute liberté, enfin. Discrètement, il fit remonter la main se trouvant sur sa taille en dessous de son pull. Il caressa sa peau chaude et douce. Ce contact la fit frissonner l'espace d'un instant, mais elle en profita pour se coller davantage à lui. Il allait et venait lentement le long de son dos s'arrêtant juste en dessous de son soutien-gorge. Malgré le fait qu'il ne soit pas rassasié de ses lèvres, il s'en sépara pour partir à la conquête de son cou. Hinata poussa un faible soupir lorsqu'il fit glisser sa langue le long de sa carotide. L'auburn parsema sa nuque de baisers papillons et se préparait à l'embrasser de nouveau sur la bouche quand la sonnette de la porte d'entrée se mit à retentir dans l'appartement. Immédiatement, ils s'écartèrent l'un de l'autre comme pris en faute. Gaara se gratta l'arrière du crâne avec à la fois gêne et irritation.

Dire qu'il était parvenu à obtenir un vrai baiser et pas l'attaque nocturne d'une somnambule, qui pouvait bien le déranger dans un moment pareil ? Quelque soit cette personne, elle avait intérêt à avoir une excellente raison ! Le gêneur s'excitait sur la sonnette, mettant les nerfs du Sabaku No bien plus à vif qu'ils ne l'étaient déjà.

_ Où sont ces putains de clefs, grogna-t-il en farfouillant sur le meuble de l'entrée.

La Hyûga lui apporta précipitamment l'objet en voyant que son exaspération augmentait avec la prolongation de la sonnerie stridente.

_ Tiens les voilà.

_ Merci, marmonna-t-il en se dépêchant d'ouvrir la porte avec la sérieuse intention de tuer la personne qui se trouvait derrière.

Aussi quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'à peine le panneau de bois ouvert, l'intrus se jeta dans ses bras.

_ GAARA, s'exclama en larmes une jeune femme aux cheveux châtains.

L'interpellé écarquilla les yeux en reconnaissant la meilleure amie de son frère.

_ Matsuri ? Mais qu'est-ce que tu fous ici, s'énerva-t-il en repoussant son assaillant.

La jeune femme essuya ses sillons et le dévisagea avec un air réprobateur.

_ Dis donc, tu pourrais me traiter un peu plus gentiment ! Je viens en pleure chez toi, j'ai passé la moitié de ma journée dans un train bondé pour rejoindre ta fichue ville, tout ça pour marcher dans le froid pour trouver ton fichu appart et c'est comme ça que tu me reçois, s'exclama-t-elle avec colère.

_ C'est toi qui t'invites et tu me déranges, je ne vois pas pourquoi je devrais me montrer aimable juste parce que tu chiales, grogna-t-il.

Sérieusement, à cause de cette idiote il venait de gâcher un instant unique avec Hinata. Il n'allait quand même pas l'accueillir à bras ouvert alors qu'elle venait de foutre en l'air un miracle ! En plus il était persuadé qu'elle venait simplement pour une broutille, comme quoi Kankurô n'arrêtait pas de tourner autour des filles alors qu'il savait très bien qu'elle était amoureuse de lui et blablabla. Il connaissait la rengaine par cœur. Et s'il s'agissait effectivement de ça, alors il devrait faire un gigantesque effort sur lui-même pour ne pas la mettre à la porte dans la seconde. Il devait malheureusement montrer un tant soit peu de savoir vivre devant sa colocataire… En effet, celle-ci l'observait avec inquiétude. Etre civilisé, être civilisé, se répéta-t-il en boucle.

_ Très bien, fit-il en roulant des yeux, entre.

Il tendit le bras vers l'intérieur de l'appartement pour l'inciter à entrer. Elle ne se fit pas prier.

_ Tu n'as pas quelque chose à boire ? Je meurs de soif, se plaignit-elle en faisant la moue.

_ Je peux vous faire un café si vous voulez, proposa gentiment Hinata.

Matsuri la considéra un instant puis hocha de la tête avant de fusiller Gaara du regard.

_ Franchement, avec un caractère comme le tien c'est vraiment un miracle d'avoir trouvé une petite amie aussi aimable, rétorqua-t-elle avec dédain.

Ladite « petite amie » se mit à rougir et accéléra le pas jusqu'à la cuisine pour commencer à préparer le café. Pourquoi n'avait-elle pas nié ? Juste rougir de cette façon l'engageait encore plus à espérer quelque chose de sa part. Néanmoins, il n'eut pas vraiment le temps de réfléchir à tout ça son intruse, invitée, avait décidé de faire le tour du propriétaire.

_ Tu ne me fais pas visiter, demanda-t-elle comme si c'était l'évidence même.

En traînant les pieds, il lui montra le salon, la salle de bain, les chambres utilisant le moins de mots possibles pour décrire l'ensemble.

_ Eh bien quelle surprise ! C'est vraiment charmant chez toi, j'imagine que c'est ta copine qui s'est chargée de la déco, commenta-t-elle avec un petit sifflement admiratif.

Il ne releva même pas le fait qu'elle venait de critiquer ses goûts en matière d'ameublement, la seule chose qui revêtait un quelconque intérêt dans ses paroles était le terme qu'elle avait utilisé pour définir sa colocataire. Donnaient-ils réellement l'image d'un couple ? Même s'ils vivaient ensemble cela ne signifiait pas pour autant qu'ils sortaient ensemble. Néanmoins, il ne prit pas la peine de rectifier l'erreur de son amie. Il se complaisait dans ce malentendu. Et il se demandait d'ailleurs comment réagissait la Hyûga à cela. Serait-ce le baiser de tout à l'heure qui l'avait chamboulé ? Il avait encore du mal à s'y faire, pas qu'il n'avait pas apprécié… mais c'était tellement inattendu. Pouvait-il réellement attendre quelque chose de sa part ? En avait-il seulement le droit ? Il l'observa discuter tranquillement avec son amie d'enfance, un sorte de sourire gêné mais heureux sur le visage.

_ Alors ça fait combien de temps que vous êtes ensemble tous les deux, l'interrogea Matsuri. Gaara donne rarement de ses nouvelles à sa famille tu sais ? Kankurô se plaint souvent de ça…

Alors que Hinata reprenait des couleurs, son expression devint davantage inquiète lorsqu'elle vit la tristesse dans les prunelles de son vis-à-vis.

_ Matsuri-san ? Que vous arrive-t-il ?

Gaara ne commenta pas, il savait très bien que dans quelques minutes elle allait à nouveau fondre en larmes. Comme d'habitude… Autrefois, elle lui avait demandé de la consoler pour oublier son frère. Cependant, même durant leurs ébats elle ne cessait de penser à lui. Ils n'étaient pas vraiment sorti ensemble à proprement parler, car aucun d'eux n'éprouvait de sentiments pour l'autre. Ce semblant de relation ne les menait nulle part et le Sabaku No avait décidé à cette époque de changer d'air. Ce n'était pas à cause de Matsuri, il avait simplement besoin de découvrir de nouveaux horizons. Après tout, il était majeur et rien ne le retenait vraiment dans sa ville natale. Tout le monde était indépendant dans sa famille, personne ne le suppliait de rester alors… Il avait donc quitté Suna pour Konoha et c'est à ce moment-là qu'il avait rencontré son actuelle colocataire. Ils avaient noué un lien et c'était bien la première fois de sa vie qu'il découvrait le sens du mot amitié. Mais aujourd'hui cette amitié ne lui suffisait plus.

Et il comprenait un peu mieux la situation de la jeune femme désormais. Discrètement, il se mit à chercher dans les placards de la cuisine et finit par trouver ce qu'il cherchait. Il s'approcha et lui tendit une tablette de chocolat Crunch.

_ Tiens, fit-il pendant qu'elle le regardait avec étonnement de ses yeux humides, tu adores ça non ?

Une fois qu'elle eut compris sa tentative de consolation, un sourire reconnaissant s'épanouit sur son visage. Elle accepta volontiers ce qu'il lui offrait.

_ Si, merci beaucoup Gaara…

Il prit une chaise et s'assit en face d'elle, croisant les bras sur la table.

_ Alors, qu'est-ce qu'il a fait cette fois-ci, demanda-t-il en soupirant.

Son sourire s'effaça graduellement tandis que la Hyûga les observait, cherchant à comprendre le sujet de leur discussion.

_ On devait aller faire les magasins, il lui manquait de la peinture pour sa nouvelle marionnette, expliqua-t-elle d'une voix teintée de regrets. On lui a suspendu son permis récemment alors je devais passer le prendre à son appartement.

L'homme aux turquoises passa une main lasse dans ses cheveux, il imaginait très bien la suite.

_ Il n'était pas seul j'imagine, comme d'habitude…

Pour toutes réponses, des larmes s'amoncelèrent dans les prunelles noisette.

_ C'est encore une de ses pétasses qui a ouvert la porte, sanglota-t-elle en enfouissant son visage dans ses mains tremblantes.

Nouveau soupir de la part de l'auburn, c'était tellement prévisible. Mais quand est-ce que Kankurô cesserait-il ce jeu stupide ? Il l'aimait pourtant, il était fou de Matsuri depuis des années, ce n'était pas un secret. Et malgré cela, il ne pouvait s'empêcher de s'envoyer en l'air avec la première fille facile qui passait à sa portée. Sans doute avait-il peur, il ne s'était probablement pas remis de son échec. Le plus jeune des Sabaku No se souvenait encore parfaitement de l'histoire. A l'époque, Matsuri sortait avec un certain Shino dont elle était très amoureuse, mais il n'était pas très explicite dans ses sentiments. Un jour, après s'être plainte de nombreuses fois auprès de son meilleur ami et avoir promis qu'elle mettrait fin à cette histoire qui ne la menait nulle part, celui-ci l'avait prise dans ses bras et s'était laissé emporter au point de l'embrasser fougueusement. D'abord choquée, la jeune femme l'avait repoussé et était partie en courant de son appartement. Ce ne fut qu'à la moitié du chemin qu'elle réalisa les sentiments qui étaient enfouis en elle.

Elle appela donc son petit ami pour lui dire la vérité, qu'elle aimait Kankurô et qu'elle ne pouvait plus sortir avec lui. Quand l'Aburame arriva sur le lieu du rendez-vous, il l'écouta patiemment et comprit que leur relation n'avait plus lieu d'être. Ils se quittèrent sur un dernier baiser sans savoir qu'un spectateur les observait la figure décomposée. Matsuri voulait absolument réparer son erreur et retrouver Kankurô le plus vite possible pour lui avouer ses sentiments, ce fut dans ce but qu'elle se rendit chez lui pour la seconde fois. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, elle avait le double des clefs. Ses chaussures se trouvaient dans l'entrée mais elles n'étaient pas les seules. Une paire d'escarpins rouge s'y trouvaient également, comme jetés à la va-vite. Son cœur se serra mais elle se reprit en songeant qu'ils appartenaient peut-être à Temari. C'était bien son genre de porter ça. Elle avança dans l'appartement sans rencontrer personne, et une fois qu'elle eut fait toutes les pièces son regard se porta vers la chambre.

Elle refusait l'évidence, pourtant elle s'approcha et tira sur la poignée le plus discrètement et silencieusement possible. Les faibles murmures qui lui parvinrent firent s'amonceler les larmes aux bords de ses yeux et l'obligèrent à quitter pour de bon cet endroit. Kankurô ne comprit la bêtise qu'il avait commise que quelques jours plus tard lorsqu'elle lui apprit qu'elle avait rompu avec son petit ami. Depuis ce jour-là il n'avait cessé d'enchaîner les conquêtes et elle de se morfondre pour cet amour qui lui échappait. Jusqu'à présent Gaara n'avait rien fait pour les aider mais maintenant qu'elle venait jusque chez lui (et le dérangeait en plein milieu d'un baiser avec Hinata) il ne pouvait plus rester sans rien faire.

_ Pourquoi tu ne tenterais pas une approche, lui proposa-t-il calmement.

A ces paroles, la femme aux cheveux châtains secoua la tête d'un air abattu.

_ Il n'est jamais seul, expliqua-t-elle d'une voix résignée.

Un énième soupir s'échappa de ses lèvres, elle allait lui devoir un énorme service sur ce coup.

_ Très bien, voilà ce qu'on va faire. Tu vas rester dormir ici au moins ce soir, je vais appeler Kankurô et lui dire de venir.

Matsuri le dévisagea comme si un ange auréolé de lumière venait brusquement d'apparaître devant ses yeux.

_ Tu, tu ferais ça, balbutia-t-elle à la fois émerveillée et stupéfaite.

_ Tant que tu promets d'arranger les choses avec lui, oui.

Elle renifla et acquiesça tandis que le bonheur illuminait son visage pour la première fois de la soirée. Eh bien voilà, il venait de faire sa BA du jour !

_ Heureusement que vous avez une chambre d'amis sinon j'aurais dû aller sur le canapé, plaisanta-t-elle.

Gaara et Hinata se regardèrent avec étonnement. De quelle chambre d'amis parlait-elle ? Ils avaient chacun une chambre, il n'y en avait pas de troisième. Ah moins que… Il finit par comprendre et si sa colocataire avait également fait le lien, elle risquerait de se sentir assez gênée. Car en effet, le fait qu'ils semblent avoir une chambre d'amis, induisait qu'ils partageaient la première. Donc qu'ils partageaient le lit et qu'en conclusion ils étaient intimes, ce qui bien entendu… n'était absolument pas le cas. Le fait qu'elle se méprenne sur leur relation de la sorte, les plaçaient dans une situation assez délicate. Peut-être que le moment était venu de lui expliquer la vérité. Au pire, il passerait simplement une nuit sur le canapé, ce n'était pas si grave. Cependant, au moment où il comptait prendre la parole, la Hyûga le devança.

_ Oui effectivement, c'est une chance, renchérit-elle avec un sourire aimable.

Le Sabaku No ne comprenait pas sa réaction. Pourquoi ne pas nier ? Pourquoi ne pas lui expliquer ce qu'il en était réellement ? Que cherchait-elle au juste ? Est-ce qu'elle réalisait que s'il jouait son jeu, ils risquaient fortement de dormir ensemble ce soir ? Et si c'était ce qu'elle voulait ? Non c'était forcément son imagination débordante qui lui jouait des tours… Mais après ce baiser et son comportement de tout à l'heure, il ne savait plus quoi penser.

_ Il est déjà dix-huit heures, remarqua-t-elle, vous voulez que je vous prépare un bain Matsuri-san ?

_ Ce serait très gentil, la remercia-t-elle en se levant.

L'homme aux turquoises alla chercher son sac et le déposa dans sa chambre.

_ Je te prépare le lit, comme ça tu pourras aller te coucher dès que tu le voudras, la prévint-il.

_ Merci beaucoup Gaara ! Dire que je suis venue ici sans prévenir, vous êtes vraiment adorables toi et ta petite amie, s'extasia-t-elle.

Son expression le fit tiquer une fois de plus mais il ne dit rien. Est-ce que sa colocataire l'avait entendu ? Elle était dans la salle de bain, impossible de la savoir. Cette situation le rendait tendu, il fallait qu'il lui en parle. Il changea rapidement les draps ainsi que la taie d'oreiller et se dirigea vers la pièce où se trouvait la jeune femme à la chevelure de nuit. Une fois à l'intérieur, il ferma la porte derrière lui. Elle le dévisagea avec étonnement lorsqu'il s'approcha.

_ Pourquoi est-ce que tu as fermé la porte Gaara, l'interrogea-t-elle avec surprise.

_ Il faut que je te parle et avec Matsuri dans nos pattes c'est assez dur, répondit-il légèrement agacé.

Elle fronça les sourcils, quelque peu inquiète et posa les produits nettoyants pour le bain qu'elle tenait encore à la main.

_ De, de quoi veux-tu me parler ?

Il prit une inspiration, cherchant bien ses mots et se lança.

_ Depuis tout à l'heure, elle se méprend sur notre relation et tu ne fais rien pour nier. Pourquoi ?

Des rougissements apparurent brusquement ses joues tandis qu'elle détournait aussitôt le regard. Elle resta quelques instants silencieuse, jouant avec ses mains, ses doigts. Il voulait bien se montrer patient, mais Matsuri risquait de se poser des questions s'ils restaient aussi longtemps tout les deux enfermés dans la salle de bain.

_ Hinat…

_ Et toi, l'interrompit-elle sans crier gare, p, pourquoi tu ne nies pas, toi non plus ?

Cette question le prit au dépourvu. Elle ne faisait que fuir au final cependant, il aurait eu l'air très puéril en répondant « je t'ai posé la question en premier ». Il était adulte, il devait donc se conduire comme tel. Mais… devait-il réellement lui avouer ses sentiments aussi facilement ? C'était si dur de se jeter comme ça, sans filet. S'il lui disait, est-ce que son honnêteté serait récompensée ?

_ C'est parce que je…

_ Tu, l'encouragea-t-elle en le fixant intensément.

Cette pression à laquelle elle le soumettait fit s'évaporer toute la motivation qu'il aurait pu mobiliser quelques instants auparavant.

_ Parce que je me disais que si elle nous croyait ensemble, elle ne tenterait pas une seconde fois de me demander de la consoler pour oublier mon frère. Elle a besoin de se confronter une bonne fois pour toutes avec Kankurô si elle veut régler la situation. Je suis désolé de t'avoir entraîné là-dedans, s'excusa-t-il en se sentant vraiment minable de ne pas pouvoir exprimer clairement ce qu'il éprouvait.

Ce n'était pas vraiment un mensonge dans un sens mais il ne disait pas toute la vérité… Il omettait volontairement le plus important. La figure de la brune s'assombrit à la suite de son explication, néanmoins cela ne dura qu'une fraction de seconde.

_ Ce n'est pas la peine de t'excuser, je comprends parfaitement que tu veuilles aider ton amie, le rassura-t-elle en souriant d'un air aimable.

Ses paroles sonnaient faux, elle lui cachait quelque chose et il était bien déterminé à savoir quoi.

_ Au fait, tu n'as pas répondu à ma question Hinata, répliqua-t-il sur un ton sérieux.

Elle se pencha pour récupérer ses produits de nettoyage et entreprit de continuer l'astiquage du bain.

_ Je me suis simplement dit que tu avais une bonne raison de me faire passer pour ta petite amie, donc j'ai suivi le mouvement c'est tout, rétorqua-t-elle d'une voix assez sèche.

_ Pourquoi avoir rougi dans ce cas, insista-t-il en fronçant ses sourcils quasi inexistants avec irritation.

_ Parce que c'était embarrassant bien sûr ! Une personne qui se trompe comme ça sur notre relation, tu ne croyais pas que j'allais rester de marbre tout de même ! Nous ne sommes que des amis je te rappelle Gaara, s'énerva-t-elle en haussant le ton de sa voix.

Cette dernière phrase l'atteint assez durement. Il serra les poings de rage et de déception. Quel idiot il avait pu être d'espérer quelque chose de son étrange réaction, de ce baiser également ! Il réalisait sa bêtise à présent. Pour elle, ils ne resteraient jamais rien d'autre que des amis…

_ Oui excuse-moi, j'oubliais que des amis avaient l'habitude de s'embrasser langoureusement sur un canapé, cracha-t-il avec un froid sarcasme en tournant les talons pour sortir de la pièce.

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer et ferma la porte derrière lui, peut-être un peu trop brutalement. En effet, leur invité le dévisagea avec stupeur ainsi qu'une légère inquiétude.

_ Quelque chose ne va pas Gaara ? Tu as vraiment l'air furieux, constata-t-elle en inclinant la tête sur le côté pour mieux l'observer.

Il ne chercha même plus à lui dissimuler la vérité tant sa colère lui empoisonnait l'esprit.

_ On n'est pas ensemble, grogna-t-il en allant se servir une tasse de café.

_ Pardon ?

_ Hinata et moi, précisa-t-il en avalant le liquide amer. On ne sort pas ensemble, on est simplement colocataires et amis

La femme aux prunelles noisettes posa une main sur sa bouche avec un air stupéfait et coupable à la fois.

_ Oh je, je suis désolée, je ne pouvais pas savoir ! Vraiment quelle idiote, c'est atrocement gênant, s'exclama-t-elle fautive.

L'auburn secoua la tête en finissant sa tasse avant de se servir à nouveau.

_ Non c'est moi qui aurait dû dissiper ce malentendu depuis le début, tu n'as pas à t'excuser, déclara-t-il froidement.

Un long silence s'installa durant lequel la jeune femme ne cessait de le regarder. Lui se contentait de boire son café et concentrait son attention sur cette boisson noirâtre qui s'écoulait au fond de sa gorge.

_ Tu es amoureux d'elle, n'est-ce pas Gaara, demanda-t-elle tout à coup.

Il faillit recracher tout le liquide qu'il était en train de boire à cause du choc occasionné par ces simples mots. Il faillit s'étouffer également mais parvint à se contrôler juste assez pour ne pas trop inquiéter son amie.

_ Qu'est-ce que tu…

_ Pas besoin de mentir, ta réaction à l'instant suffit à le confirmer. Pourquoi tu ne tentes pas ta chance ? Elle ne m'a pas l'air indifférente, déclara-t-elle d'une voix posée.

Cette phrase fit apparaître un rictus sur les lèvres de l'homme aux turquoises.

_ Si c'est ton intuition féminine qui parle, il vaudrait mieux que tu évites de te reposer dessus à l'avenir. Hinata m'a fait très clairement comprendre que nous n'étions rien de plus que des amis, marmonna-t-il amèrement.

_ Ce n'est pas parce qu'elle le dit qu'elle le pense forcément, rétorqua-t-elle plus que sérieuse. A mon sens, ce serait plus une façon de se protéger. J'ai bien vu la façon dont elle te regarde, ça ne trompe personne.

Le Sabaku No refusa d'en écouter davantage et se leva dans l'optique de préparer le repas du soir. Le discours de Matsuri sonnait beaucoup trop irréel pour lui. Il ne voulait plus se laisser bercer d'illusions. Elle n'avait pas vu, ni entendu la façon dont la Hyûga l'avait refoulé à l'instant. Pour lui cela avait eu le mérite d'être très clair. Il n'avait rien à espérer et pourtant… pourtant demeurait le souvenir de ce baiser qu'ils avaient échangé. Que représentait-il pour elle ? Pourquoi y avoir participé s'ils n'étaient que des amis ? Il ne lui semblait pas qu'elle était du genre à embrasser n'importe qui. Alors pourquoi ? Pourquoi l'avoir laissé espérer l'espace d'un échange langoureux ? Une femme aussi gentille ne pouvait devenir aussi cruelle. Il y avait certainement une explication mais il ignorait laquelle.

_ Matsuri-san, le bain est prêt, l'avertit justement la femme de ses pensées.

_ Merci beaucoup !

Hinata s'écarta pour la laisser passer, elle lui indiqua brièvement l'emplacement des serviettes et des savons avant de refermer la porte derrière elle. Une fois qu'ils furent seuls tous les deux dans la pièce principale, l'ambiance devint rapidement tendue. Gaara préféra concentrer son attention sur le repas. Il observa le réfrigérateur à la recherche d'une quelconque idée et opta pour des nouilles sautées accompagnées d'un pavé de saumon. Heureusement qu'ils avaient fait les courses récemment, si Matsuri était venue deux semaines plus tard il aurait été obligé de se rendre au combini qui se trouvait à trois stations de métro de leur appartement.

_ Hum tu, tu as choisi ce que tu voulais faire, demanda timidement la femme aux prunelles nacrées.

Il lui énonça son menu et elle acquiesça. Il pensait qu'elle irait sans doute dans sa chambre ou sur le canapé pour bouquiner mais elle resta à côté de lui.

_ Je… je peux faire quelque chose pour t'aider, proposa-t-elle avec une nervosité apparente.

Il ne savait pas trop ce qu'elle avait en tête, mais il ne gagnait rien à la remballer sur le moment. Alors il se contenta de hausser les épaules.

_ Matsuri aime bien la salade de choux, tu pourrais préparer ça en accompagnement si tu veux.

_ D'accord.

Elle sortit des feuilles de chou blanc et rouge, puis commença à les hacher. Pendant ce temps, il fit bouillir les nouilles et mit le minuteur en marche. L'ennui avec leurs deux préparations, c'était qu'elles ne prenaient pas beaucoup de temps à faire. Ils se retrouvèrent donc rapidement les bras ballants et toujours aussi silencieux. Ce silence était vraiment trop pesant. Il devait absolument trouver quelque chose pour s'occuper mais il ne voyait pas quoi sur le moment. Et puis ça risquait d'être un peu trop gros, s'il se mettait subitement à aller lire un magazine ou n'importe quoi d'autre plutôt que de lui parler. Car il y avait rarement des blancs entre eux. Mais avec ce qui s'était passé juste avant, il ne savait pas quoi dire.

_ Ga, Gaara, l'appela-t-elle subitement.

Son corps se tendit d'un seul coup alors qu'il se tournait vers elle.

_ Oui ?

Elle se tenait le bras, l'air fébrile, n'osant croiser son regard.

_ Au, au sujet de tout à l'heure je…

_ Ne t'en fais pas, la coupa-t-il froidement, j'ai expliqué la vérité à Matsuri. Je lui prêterais mon lit pour ce soir et j'irais dormir sur le canapé, comme ça il n'y a plus de problème.

Elle eut l'air davantage dépitée après sa réplique. Pourquoi ce visage contrit ? Décidément, il ne parvenait pas du tout à comprendre ses réactions.

_ Ah… bien, d'accord. Tu lui as dit pour le baiser aussi, ajouta-t-elle en le fixant avec ce qu'il identifia comme une sorte de reproche étrange.

Il avait l'impression qu'elle lui en voulait, mais il ne saisissait pas pour quelle raison. Elle aurait pourtant du être satisfaite qu'il explique la vérité sur leur relation. Qu'il avoue le fait qu'ils n'étaient rien de plus que des amis. Alors pourquoi ce regard ? Qu'avait-il fait encore ?

_ Non je n'ai rien dit à ce sujet, je ne vois pas pourquoi je l'aurais fait d'ailleurs. Elle n'a pas besoin de le savoir, rétorqua-t-il d'un ton neutre.

_ Oui, tu as raison, approuva-t-elle d'une voix sans émotions.

L'éternel silence s'installa à nouveau. Vraiment, il ne supportait pas cette ambiance pesante entre eux.

_ Gaara… pourquoi tu m'as embrassé tout à l'heure, lui demanda-t-elle d'une petite voix.

Et paf ! La question qui tue ! Pourquoi devait-elle toujours le pousser à avouer alors qu'elle ne ressentait absolument pas la même chose ? S'il le lui disait, leur amitié prendrait fin et il ne lui resterait plus rien. Il refusait de renoncer à une aussi belle relation, mais le fait qu'elle ne lui suffise plus semblait le condamner. Il n'avait pas l'habitude de réprimer ses sentiments pour quelqu'un, après tout il n'avait jamais ressenti ça pour personne. Si seulement elle ne l'avait pas encouragé à espérer lors de ce baiser. Pourquoi y avoir répondu ? Qu'y gagnait-elle au juste ? Si elle manquait d'affection, ses crises de somnambulisme auraient dû suffire. Il n'y comprenait rien et l'occasion se présentait de trouver des réponses.

_ Et toi, pourquoi as-tu répondu à mon baiser, enchaîna-t-il avec détermination.

Elle baissa les yeux, l'air mal à l'aise.

_ Sans, sans doute par besoin, par envie, je, je n'en sais rien, répondit-elle d'une voix tremblante.

Gaara sentit la colère monter en lui et il ne put réprimer la pique qui lui vint instinctivement aux lèvres.

_ Naruto te manque et t'avais besoin d'un substitut c'est ça ? J'espère que t'as apprécié, mais la prochaine fois essaie de choisir quelqu'un d'autre que ton colocataire. C'est pas parce que je suis frustré ces temps-ci que j'ai envie de jouer au sex-friend.

Une gifle voulut s'abattre sur sa joue mais il lui agrippa le poignet juste avant. Des larmes de douleur (psychique ou physique, il l'ignorait) s'amoncelèrent dans ses prunelles nacrées.

_ Comment oses-tu dire une chose pareille, s'écria-t-elle avec rage, je ne t'ai jamais considéré comme un substitut ou n'importe quelle autre connerie de remplaçant de Naruto !

Il faillit se laisser avoir mais se reprit assez vite. Elle ne l'aurait plus avec de belles paroles. Il refusait de se laisser berner aussi facilement.

_ À d'autre, ça fait des mois qu'on n'a couché avec personne tous les deux, t'es aussi frustrée que moi. Avoue-le, railla-t-il avec un sourire froid. T'as pas le courage de te trouver quelqu'un dehors alors tu prends ce qui te passe sous la main. C'est logique.

Son regard s'agrandit d'effroi, elle paraissait réellement choquée par son discours. N'était-ce pourtant pas la vérité ? Il savait pertinemment que c'était cela qu'elle recherchait lors de ses crises. Qu'elle ne tente pas de dire le contraire.

_ Parce que toi, c'est juste pour satisfaire ta libido que tu m'as embrassé, s'indigna-t-elle en tentant de se dégager de la prise qu'il exerçait sur son poignet.

Voilà qu'elle se prenait pour une victime. Satisfaire sa libido, mais qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre.

_ Je n'ai jamais dit ça, répliqua-t-il d'un ton glacial en la lâchant brutalement. De toute façon, ça ne sert à rien que je te le dise.

De la hargne apparut soudainement dans ses prunelles laiteuses.

_ Et pourquoi ça ? En fait, tu es juste trop lâche, tu as peur c'est ça, se moqua-t-elle en essuyant ses larmes d'un revers de main.

Oui bien évidemment qu'il avait peur, peur du rejet, peur de devoir en finir pour de bon avec cette amitié. En une journée, il avait découvert les sentiments qu'il éprouvait sans le savoir pour la seule et unique amie qu'il n'ait jamais eu. Il ne savait même pas si cela datait d'avant ou après sa rupture avec l'Uzumaki. Depuis quand son regard avait-il changé ? En fait, il ne voulait même pas le savoir. Les sentiments étaient là désormais, il ne pouvait rien faire contre cela. Comment avait-il pu être assez stupide pour croire qu'elle puisse s'intéresser à lui, autrement que comme elle l'avait toujours fait ?

Il comprenait mieux maintenant, ces gens dans les films ou les livres qui souffraient de ne pas voir leur amour être partagé. En cet instant, l'auburn aurait tellement voulu revenir à cette période, où il était juste content de pouvoir profiter de ces moments simples avec son amie. Ce terme lui faisait mal au cœur aujourd'hui. L'amour… il aurait préféré ne jamais connaître un tel sentiment. Il valait mieux renoncer, enterrer cette émotion pendant qu'elle était encore neuve. Oui, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.

_ Pas du tout…

_ Ah non ? Ben vas-y, je t'écoute !

Bon sang, mais pourquoi s'acharnait-elle à remuer le couteau dans la plaie ? Avait-elle une passion pour ce genre de jeux sadiques ? Il aspirait juste à un peu de paix, à oublier l'ardeur qui l'avait étreint ces dernières heures. Pourquoi ne pouvait-elle pas le laisser tranquille ?

_ C'est puéril, soupira-t-il avec une très forte irritation.

L'homme aux turquoises voulut fuir cette conversation qui l'épuisait, il jeta un œil au minuteur et constata qu'il restait encore une bonne dizaine de minutes avant que les nouilles n'aient fini de cuire. Il n'espérait qu'une chose : qu'elle le laisse respirer et arrête de le harceler pour qu'il parle. Il avait juste envie de faire table rase, d'oublier ce qui s'était passé dans la journée. De faire comme si de rien n'était, comme si ces actes, ces réactions, ce baiser, n'avaient jamais eu lieu.

_ Froussard, fit-elle d'un ton dur.

Ce fut le mot de trop.

_ Mais tu me gonfles à la fin, s'emporta-t-il en se jetant sur elle pour l'embrasser furieusement.

Il ceintura sa taille de son bras et se cramponna à sa nuque qu'il tira pour l'avoir plus près de lui. Elle voulait qu'il prenne son courage à deux mains ? Soit ! Qu'elle ne vienne pas se plaindre de son comportement après cela ! La Hyûga avait beau pousser des gémissements plaintifs, elle s'agrippait malgré tout avec force à son chandail. Il ne savait pas à quoi cela risquait de le mener. Il avait pourtant décidé de laisser tomber quelques instants auparavant et le voilà collé à elle, leurs bouches emboîtées l'une dans l'autre. Leurs langues se léchaient avec ardeur et il n'avait pas du tout l'impression qu'elle subissait ce baiser, au contraire elle semblait y prendre part activement. Ses mains quittèrent son torse pour venir se perdre dans sa chevelure couleur de lave en fusion.

Pourquoi l'embrassait-elle avec tant de fougue si elle ne le voyait que comme un ami ? Pourquoi se pressait-elle de cette façon contre son corps ? Il avait du mal à réfléchir et il la coinça sans douceur entre lui et la table. Ses mains désiraient ardemment parcourir ses formes, même sur ses vêtements s'il le fallait mais il se retenait. Un dernier reste de conscience sans doute. Ce ne fut cependant pas cela qui l'empêcha de la marquer d'un beau suçon dans le cou.

_ Qu, qu'est-ce que tu fais, haleta la jeune femme pendant qu'il continuait à sucer sa peau de porcelaine.

_ Je te laisse un souvenir de ce qui vient de se passer entre nous, chuchota-t-il contre sa bouche afin de l'embrasser à nouveau.

Le rythme de leur échange devint moins brutal, moins empressé, Hinata se mit à caresser lentement son torse. Cela fit courir un frisson agréable dans son corps. Tellement agréable qu'il se laissa aller à passer ses doigts doucement sous son pull, le long de sa taille. Mais immédiatement après elle rompit le baiser.

_ A, attends ! Je… enfin, c'est… si, si ce que tu veux est juste physique je préfère arrêter maintenant. M, moi non plus je n'ai pas envie d'être une sex-friend, murmura-t-elle d'une petite voix.

_ Qu'est-ce que tu veux dans ce cas ?

Alors qu'elle était sur le point de répondre, la sonnerie stridente du minuteur se mit en marche. Gaara soupira avec irritation avant de lâcher Hinata pour éteindre ce bruit qui lui rayait les tympans. Au diable le repas, il pourrait bien s'en occuper plus tard, quelque chose de plus important l'attendait. Il revint vers la jeune femme avec la ferme intention d'obtenir des réponses.

_ Qu'est-ce que tu attends de moi au juste, l'interrogea-t-il en plaçant ses mains sur la table de chaque côté de son corps afin de ne pas la laisser s'échapper.

Elle ouvrit la bouche pour parler mais ce fut une autre voix qui se fit entendre.

_ Merci beaucoup pour le bain et le pyjama aussi, s'exclama joyeusement Matsuri en sortant de la salle de bain.

Le Sabaku No songea que peut-être le destin avait décidé qu'aujourd'hui ne serait pas sa journée. Il voulait simplement savoir ce que la Hyûga ressentait pour lui, rien de plus. Savoir à quoi il devait s'en tenir avec elle. Le baiser qu'ils venaient d'échanger à l'instant le poussait à espérer. Ses paroles également. Mais avec Matsuri dans les parages, il ne risquait pas de pouvoir en apprendre beaucoup. Il dû donc s'écarter d'elle pour la énième fois en priant pour trouver une ouverture, une occasion, n'importe quoi pour réussir à lui parler le plus rapidement possible.

_ Tu devrais en profiter pour y aller pendant que je prépare à manger Hinata, lui conseilla-t-il en retournant vers le plan de travail.

La brune ne répondit rien, elle alla prendre des affaires dans sa chambre avant de s'enfermer dans la pièce que leur invitée venait de quitter. Celle-ci s'approcha d'ailleurs de son ami qui était en train de faire sauter ses nouilles.

_ Dis, j'ai rêvé ou bien Hinata a vraiment un énorme suçon dans le cou ?

L'homme aux turquoises respira un grand coup et prit sur lui pour continuer normalement à faire le repas.

_ Non tu n'as pas rêvé, répondit-il simplement.

Les prunelles noisette s'écarquillèrent.

_ Mais, je croyais… je… qu'est-ce qui s'est passé exactement quand je suis allée prendre mon bain, l'interrogea-t-elle en fronçant ses sourcils d'un air perplexe.

_ Je me suis jetée sur elle et on s'est embrassé comme des bêtes contre la table, expliqua-t-il d'une voix neutre.

Matsuri resta interdite pendant quelques secondes et elle dû probablement faire un immense effort pour ne pas se mettre à beugler sa stupéfaction.

_ Je te demande pardon, fut tout ce qu'elle parvint à articuler.

Il se contenta de hausser les épaules.

_ Elle n'arrêtait pas de me questionner, elle m'a poussé à bout, j'ai craqué et on s'est embrassé. C'est tout, conclut-il.

Oui après tout il n'y avait rien de plus à ajouter. Ils s'étaient embrassés avec passion mais au final cela n'avait pas changé grand-chose. Au contraire, il était encore plus confus qu'avant.

_ C'est tout, dans le bon sens ? Vous vous êtes avoués vos sentiments et…

_ Pas du tout, la coupa-t-il froidement. Je ne sais pas plus qu'avant ce qu'elle ressent. J'ignore complètement ce qu'elle veut et attend de moi.

La femme aux cheveux châtains baissa la tête d'un air coupable.

_ C'est de ma faute pas vrai Gaara ? Si je n'avais pas fait cette bourde tout à l'heure vous…

_ La ferme Matsuri, je ne suis pas d'humeur à t'écouter t'apitoyer sur ton sort, rétorqua-t-il sèchement. Va donc regarder la télé pendant que je prépare à manger. J'ai besoin d'être seul là.

Elle acquiesça légèrement blessée et alla s'asseoir sur le canapé. Bon d'accord, il reconnaissait avoir été dur avec elle. Mais il fallait bien qu'il passe son irritation sur quelqu'un, elle n'aurait pas dû lui poser de questions. Tout ce dont il avait besoin était de connaître enfin les véritables sentiments de Hinata. Il voulait comprendre à quoi rimait son comportement. Tout ce qu'elle faisait était tellement contradictoire, tellement paradoxal. Elle disait qu'ils n'étaient que des amis, puis elle le poussait presque à se conduire comme l'homme plein de désir qu'il était. Elle l'embrassait avec ardeur, promenant ses mains sur son corps, puis elle le repoussait en disant qu'elle ne voulait pas quelque chose de physique. Vraiment il ne savait pas sur quel pied danser.

En tout cas une chose était sûre, dès l'instant où il pourrait lui parler en étant certain de ne pas être dérangé, il lui dirait ce qu'il avait sur le cœur. Peut-être qu'en voyant qu'il était sérieux, cela la pousserait à considérer leur relation différemment. Il ne pouvait malheureusement que faire des suppositions, mais c'était déjà un pas en avant. Durant ces réflexions, le diner avait enfin pu être terminé. Il mit la table et alla préparer ses affaires pour le moment où sa colocataire sortirait de la salle de bain. Et justement, quelques minutes plus tard elle ouvrit la porte.

_ Tu, tu peux y aller Gaara, le prévint-elle en s'écartant pour le laisser passer.

Il la remercia rapidement et pénétra dans la salle d'eau pour s'y enfermer. Il se souvint vaguement de la scène qui s'y était déroulée le matin même. C'était à partir de là que tout s'était déclenché. Il ne savait plus s'il aurait voulu que tout cela n'arrive jamais, ou s'il devait accepter les événements et tenter de faire de son mieux pour conquérir la jeune femme. L'homme à la chevelure sanguine se déshabilla et s'assit sur le petit tabouret pour commencer sa toilette. En passant le gant sur son torse, il repensa à la douce caresse des doigts de la femme aux orbes nacrés. Le moindre de ses gestes n'avait absolument rien de comparable avec toutes les aventures qu'il avait pu avoir jusque là. Il avait connu le désir propre à chaque homme, à chaque être humain, mais cette sensation qui naissait en lui à chacun de ses actes était complètement différente.

Cette chaleur, ce bien être, ce besoin d'être toujours plus proche d'elle, tout cela n'avait rien à voir avec une simple attirance physique. Elle était vraiment unique à ses yeux. Il refusait de faire la même erreur que son frère et de laisser passer la femme pour laquelle il ressentait quelque chose d'aussi fort. Une fois qu'il eut fini sa toilette, il se rinça mais ne prit pas la peine de se glisser dans l'eau encore tiède du bain. Il n'en avait tout simplement pas envie. Aussi, il vida la baignoire, mit son pyjama et sortit tranquillement de la salle de bain. Hinata et Matsuri étaient assises sur le canapé en train de discuter cependant, elles s'arrêtèrent presque immédiatement en le voyant. Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'elles parlaient de lui ou de ce qui venait de se passer entre lui et la Hyûga. Peu lui importait, il aurait une conversation plus tard avec l'intéressée de toute façon.

_ On passe à table, les invita-t-il en commençant à servir les assiettes.

Les jeunes femmes se levèrent et vinrent prendre place autour de la table. Ils se souhaitèrent un bon appétit et commencèrent à manger. Hinata avait toujours l'air aussi embarrassée tandis que Matsuri semblait hésitante. Gaara roula des yeux devant cette ambiance déplorable.

_ Vous voulez qu'on regarde un DVD après, leur proposa-t-il en espérant détendre légèrement l'atmosphère.

_ Non merci, refusa poliment la femme aux cheveux châtains, je suis trop épuisée de mon voyage. Je pense que je vais aller me coucher directement après avoir fini.

_ D'accord, et toi Hinata, demanda-t-il en tournant la tête vers l'interpellée.

Elle lui jetait des regards furtifs sans vraiment soutenir ses prunelles de glace.

_ Je, je ne sais pas trop. Lai, laisses-moi y réfléchir, répondit-elle avec nervosité.

Il hocha de la tête en guise d'approbation, mais ne laissa néanmoins pas le silence s'installer.

_ Au fait Matsuri, tu as réfléchi à ce que tu allais dire à Kankurô demain, se renseigna-t-il d'un ton neutre.

Cette simple question la fit se redresser brusquement.

_ Euh pas, pas vraiment. Et, et puis tu ne l'as pas appelé alors je…

Il ne lui laissa pas le temps de finir, il se leva de table et alla prendre son téléphone portable. Il composa le numéro et attendit que l'on décroche à l'autre bout de la ligne. Quelques secondes plus tard, le clic significatif se fit entendre.

_ Allo Kankurô ? C'est Gaara… oui ton frère… non je ne suis pas mort pauvre imbécile… oui je me demandais si tu voulais venir demain à mon appartement… non je n'ai pas de cancer… non je n'ai pas encore préparé mon testament pauvre crétin… je t'attendrais à 14h ça te va ? Non je ne viendrais pas te chercher à la gare, tu es adulte et tu te débrouilleras tout seul… c'est ça… à demain.

Il revint s'asseoir et fit face à une Matsuri complètement tétanisée.

_ Que, que, qu'est-ce que je vais faire Gaara, paniqua-t-elle.

_ Tu vas lui parler, soupira-t-il en prenant une gorgée d'eau. Tu vas lui dire ce que tu ressens. Tu vas être honnête.

_ Mais, mais, mais et si je me dégonfle, s'affola-t-elle.

Il reprit une gorgée d'eau et tourna la tête vers sa colocataire.

_ Ça ne te dérange pas si on leur laisse l'appartement quelques heures demain, lui demanda-t-il.

Elle lui sourit avec gentillesse, laissant de côté son malaise.

_ Non pas du tout, on aura qu'à aller faire un tour en ville pendant ce temps.

Il approuva son choix et ne laissa pas l'occasion à son invitée de le contester.

_ Je vous enfermerais dans l'appartement s'il le faut, mais vous ne sortirez pas tant que vous ne vous serez pas parlé, déclara-t-il fermement.

Cela aurait dû la rassurer mais elle n'en fut que plus apeurée.

_ Mais, mais, mais et s'il me repousse ? Qu'est-ce que je…

_ Ne vous inquiétez pas Matsuri-san. Ce jour-là lorsqu'il a prit son courage à deux mains pour vous embrasser, ce n'était pas une plaisanterie. S'il a agi ainsi ces derniers temps, c'est uniquement pour se protéger. Vous l'avez déjà rejeté une fois, il a bien trop peur de revivre cela à nouveau. Mais quand il saura que vous partagez ses sentiments, je suis certaine qu'il vous accueillera à bras ouverts.

En entendant ces paroles, Gaara ne put s'empêcher de se demander si elles s'adressaient seulement à Matsuri ou bien à lui également. En tout cas, elles avaient eu le mérite de remonter le moral de la jeune femme. Celle-ci souriait d'un air davantage confiant.

_ Merci beaucoup Hinata-san ! J'espère de tout cœur que vous avez raison.

Elle s'étira quelques secondes et commença à ranger ses couverts.

_ Merci beaucoup pour le repas Gaara, c'était très bon.

_ Laisse je vais débarrasser, fit-il en voyant qu'elle se mettait à ranger.

Il se leva et en profita pour faire le tour des autres assiettes. Tout le monde avait terminé en fin de compte alors il mit le tout dans le lave-vaisselle.

_ Bon eh bien je vais me coucher, les informa Matsuri. Bonne nuit à vous deux.

_ Bonne nuit, la saluèrent-ils d'une même voix.

Le Sabaku No songea que c'était peut-être sa chance de parler seul à seul avec la Hyûga. Il voulut s'approcher d'elle mais la voix de la femme aux yeux noisette se fit entendre à nouveau.

_ Euh, ça ne vous dérange pas si je ferme la porte ? Je dors toujours comme ça chez moi, expliqua-t-elle.

Vraiment, on aurait dit qu'à chaque fois qu'il voulait prendre une initiative, un obstacle venait lui barrer la route. Mais bon, cette fois-ci c'était un mal pour un bien. Si elle fermait la porte, cela leur donnait déjà un peu plus d'intimité pour discuter.

_ Fais comme tu veux Matsuri, soupira-t-il en passant une main lasse sur son visage.

_ D'accord. Bon alors bonne nuit encore.

_ Bonne nuit, répétèrent-ils d'une même voix neutre et fatiguée.

Une fois que la porte fut fermée, une légère appréhension s'empara de l'homme aux prunelles de glace. Qu'était-il supposé faire là, maintenant ? Il l'observa du coin de l'œil, elle demeurait immobile à quelques mètres en face de lui. Il devait lui parler, c'était une certitude. Mais pour dire quoi au juste ? Ses sentiments ? Son amour ? Toutes ces émotions qui le submergeaient récemment ? Lorsque leurs regards se croisèrent, elle porta brusquement sa main à son cou, là où il lui avait fait le suçon. Cela l'encouragea à faire un pas vers elle.

_ Au sujet de tout à l'heure Hinata, commença-t-il.

_ Je, je pense qu'on devrait en parler plus tard Gaara, l'interrompit-elle en tournant le visage sur le côté. Pour l'instant, il faut régler le problème de Matsuri-san, en, ensuite je… nous pourrons discuter.

Cela l'énervait vraiment de la voir fuir de la sorte. Matsuri n'était rien de plus qu'une excuse, en vérité elle avait juste peur de la confrontation. Il prit sur lui pour rester calme et s'approcha d'elle, prenant son menton entre ses doigts pour l'obliger à lever la tête vers lui et le regarder.

_ Qui est la froussarde maintenant, rétorqua-t-il à la fois agacé et moqueur.

Elle ne parvint pas à soutenir ses turquoises.

_ Regarde-moi, lui ordonna-t-il calmement.

_ N, non, fit-elle en se dégageant de sa prise.

Elle voulut se diriger vers sa chambre mais il lui saisit le poignet.

_ Regarde-moi Hinata, répéta-t-il.

_ N, non, je, je vais me coucher a, alors lâche-moi maintenant, bredouilla-t-elle.

Il fit ce qu'elle lui demandait mais plutôt que de la laisser gentiment partir, il vint se placer entre elle et la porte.

_ Tu comptais aller dormir sans dire bonne nuit, la réprimanda-t-il légèrement espiègle.

Elle fronça les sourcils avec gêne et baissa à nouveau la tête.

_ Bo, bonne nuit Gaara.

La brune tenta de passer mais l'auburn se pencha vers elle et posa ses lèvres sur les siennes. Ce baiser dura cinq bonnes secondes avant qu'il ne s'écarte de quelques millimètres.

_ Bonne nuit Hinata, chuchota-t-il contre sa bouche.

Ce geste la fit rougir jusqu'à la racine des cheveux et lui en sourit de satisfaction. Il fallait qu'elle soit pleinement consciente désormais, du fait qu'il ne la considérait plus seulement comme une amie mais également comme la femme qu'elle était. Et il espérait que la réciproque deviendrait bientôt vraie. Pour le moment, il se contenta de s'effacer pour rejoindre le canapé dans lequel il dormirait pour la nuit. Il sortit les couvertures qu'il installa convenablement et s'allongea. En fermant les yeux, Gaara se demanda s'il recevrait encore les visites nocturnes de Hinata. Elle lui avait dit ne pas le voir comme un substitut de Naruto, mais elle ignorait l'existence de ses deux crises précédentes. Si elle revenait les jours suivants, cela ne ferait que confirmer sa théorie. Et alors il saurait que les baisers échangés durant la journée étaient factices, qu'elle ne l'embrassait pas pour lui-même mais bien pour combler le vide que l'absence de son petit ami lui avait causé.

Cette idée le remua tellement qu'il mit plusieurs heures avant de trouver le sommeil. Il avait du mal à imaginer la Hyûga se servir de lui de cette façon. Cela ne lui ressemblait pas. Cependant, durant la plus grande partie de leur relation elle sortait avec Naruto, elle ne souffrait pas d'un vide affectif à ce moment-là. Est-ce que la solitude pouvait pousser une personne comme elle, à utiliser son propre ami pour assouvir ses besoins physiques ? Il ne voulait pas vivre quelque chose basé uniquement sur ce genre de comportement. Il voulait quelque chose de vrai, tout comme l'amitié qu'ils avaient créé. C'était la première véritable relation qu'il nouait avec quelqu'un. Maintenant, il aspirait à quelque chose de plus fort et il comptait bien le faire comprendre à sa colocataire. Il voulait qu'elle sache que derrière ses baisers se cachaient de réels sentiments. Mais il le lui dirait seulement quand Matsuri sera partie, au moins personne ne pourrait les déranger à ce moment-là.

Alors que le sommeil commençait enfin à se faire sentir, des bruits de pas attirèrent son attention. Il se redressa brusquement et vit la femme à la chevelure de nuit s'approcher de lui. Lorsqu'il vit son regard vide de somnambule, Gaara se crispa. Il redoutait ses baisers à présent. Elle vint s'asseoir sur le canapé, puis se blottit contre lui sans rien faire. Il attendit, la dernière fois aussi elle avait pris son temps avant d'agir. Soudain, de faibles susurrements se firent entendre de sa bouche. Il ne parvint pas tout de suite à comprendre ce qu'elle disait tant sa voix était petite. Néanmoins, ses turquoises s'agrandirent quand il saisit les quelques syllabes qui s'échappaient de ses lèvres.

_ Ga… a… ra, murmura-t-elle tout bas.

Il n'avait pas rêvé, c'était bien son prénom qu'elle venait de dire. Le sien, pas celui de son ancien petit ami. Elle redressa la tête et posa doucement ses lèvres sur les siennes.

_ Gaara, l'appela-t-elle plus distinctement cette fois-ci avant de l'embrasser à nouveau.

Il était tellement confus qu'il n'osait pas bouger ne serait-ce qu'un muscle. Elle prit son visage entre ses mains et continua ce qu'elle avait commencé.

_ Gaara… Gaara, Gaara, Gaara, Gaara, ne cessait-elle de répéter en l'embrassant.

Il ne comprenait vraiment plus rien. Pourquoi était-ce son prénom à lui qu'elle prononçait ? Est-ce que les événements de la journée l'avaient troublé à ce point ? Ou bien était-ce vraiment l'expression de son désir envers lui ? Il ignorait quoi penser. Devait-il se réjouir ? Une partie de lui était tellement heureuse mais l'autre moitié se méfiait encore. Finalement, il la prit dans ses bras et décida de profiter de l'instant présent. Cette Hinata pensait à lui, c'était lui qu'elle embrassait et pas un autre. Il glissa furtivement ses doigts dans sa chevelure ébène et la caressa tendrement. Il répondit à ses baisers, lui laissant libre choix de les approfondir ou non. Peu lui importait l'intensité au final, il considérait cet instant comme une répétition pour la prochaine fois où il pourrait la tenir dans ses bras. Cette troisième crise lui avait fait prendre confiance. Il gardait bon espoir de voir son vœu se réaliser.

A suivre, dans le prochain chapitre :

« alors tu as fini par tomber amoureux d'elle. »


Haruko : *s'essuit le front et tombe à la renverse sur son lit* kami-sama... j'en suis venue à bout... et maintenant ?

Hinata : *s'asseoit à côté d'elle* quoi maintenant ?

Haruko : *se redresse puis regarde furtivement de gauche à droite* tu, tu sais garder un secret ?

Hinata : *hausse un sourcil perplexe* tu aimes les bananes ? Mais tout le monde le sait déjà ça voyons.

Haruko : *lui balance une pastèque à la tronche* MAIS NON BAKA ! Les "bananes"... mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre... c'est les pèches que je préfère en plus u_u

Hinata : *mange les morceaux de pastèques éclatés* et donc ? C'est quoi ton secret ?

Haruko : *retour de la musique dramatique (comment ça c'est la première fois qu'on l'entend aujourd'hui ? Je vous ai demandé votre avis ? Non hein, alors chut u_u)* des gouttes de sueur apparaissent subitement aux tempes de l'auteur* eh bien, ce, c'est vraiment quelque chose d'horrible je... je sais pas si je saurais...

Naruto : *se jette sur le lit (et Hinata par la même occasion)* SALUT LES FILLES ! Aaaah Hinata tu m'as teeeellement manqué ! J'arrive pas à croire que l'auteur puisse écrire un truc aussi abominable ! Non mais sérieux, comment je pourrais te tromper avec une autre fille ? Hein ? C'est juste impossible ! Tu me crois n'est-ce pas ? *la serre dans ses bras au point de l'étouffer sous ses muscles*

Gaara : *super énervé de voir Hinata dans les bras de Naruto, surtout qu'elle est sur le point de s'évanouir* non mais tu vas la lâcher oui ? Tu es dans une fic GaaHina je te rappelle !

Naruto : *laisse légèrement Hinata respirer mais ne la lâche pas pour autant* rien à faire, je m'incrusterais toujours pour récupérer mon amour ! Ouaw ça rime je suis trop fort 8D

Gaara et Haruko : *en choeur* surtout très con oui... u_u

Naruto : *méga vexé de la mort qui tue* je ne vous permet pas ! C'est méchant ce que vous dites !

Gaara : *soupire* y a que la vérité qui blesse u_u

Naruto : *renfrogné, regarde méchamment Gaara puis penche la tête vers Hinata qui reprend peu à peu ses esprits* Hinata, t'es réveillée ?

Hinata : *écarquille les yeux de surprise lorsqu'elle comprend qu'elle est dans les bras de Naruto* Na, Naruto-kun ? Euh o, oui.

Naruto : *sourit avec sadisme* parfait ! *se tourne vers Gaara en souriant encore plus* Mate-ça Gaara *se penche davantage sur Hinata et lui roule le patin du siècle sous le regard choqué de toutes les personnes présentes*

Gaara : *écarte vite fait bien fait Naruto de sa chère et tendre* Non mais tu te crois où là ? Hinata elle est à moi, à moi t'entends ? D8 *l'embrasse avec passion (Hinata hein, pas Naruto èé)*

Naruto : *pique sa crise et tente de reprendre Hinata mais Gaara fait apparaitre sa défense de sable* TRICHEUR ! Tu crois pas que vous vous êtes assez embrassés pendant ce chapitre nan ? D8

Haruko : *décide d'intervenir en faveur du couple phare (comme d'habitude quoi U_u)* ah non mais je t'arrête monsieur le rabat-joie u_u Comme l'a si bien souligné Gaara chéri d'amour que j'aime à la folie, on est dans du GaaHina là. Et c'est normal qu'ils s'embrassent ! C'est même une OBLIGATION ! Je te signale que les lecteurs n'attendent que ça !

Gaara : *derrière son mur de sable* bien parlé !

Naruto : *méga énervé de pas pouvoir frapper Gaara* mais on t'as rien demandé à toi ! Sale pervers ! *s'agenouille aux pieds de l'auteur et joint ses mains dans une prière désespérée* Par pitié Haruko, dis-moi qu'on me verra dans le prochain chapitre ! Hinata elle est toujours amoureuse de moi non ? Elle embrasse Gaara juste parce que je lui manque c'est ça hein ? *lueur d'espoir infinie*

Haruko : *se gratte l'arrière de la nuque avec embarras* ben comment dire... oui tu vas apparaitre dans le prochain chapitre ça c'est certain et... *n'a pas le temps de finir sa phrase que Naruto lui fait un giga free hug avant de s'en aller en sautillant que la vie est belle et que le NaruHina a encore de l'espoir* et je fais comment maintenant pour lui dire qu'il apparaitra seulement pour encourager Gaara avec Hinata ?

Gaara : *fait tomber sa barrière de sable, tenant toujours Hinata dans ses bras, s'avance l'air victorieux* bah peu importe, profitons du sursis qu'il nous laisse.

Haruko et Hinata : *acquiescent aux paroles pleines de bons sens de Gaara*

Hinata : *se tourne vers l'auteur avec un air dubitatif* au fait, c'était quoi ce secret dont tu me parlais tout à l'heure ?

Gaara : *surpris* un secret ? C'est pas simplement le fait qu'elle aime les bananes ?

Haruko : *lui envoie un Shikama- un ananas sur la tronche* MAIS NON BAKA ! Bon sang mais qu'est-ce que vous avez tous avec vos bananes hein ? Bandes de pervers !

Gaara : *hausse les épaules, se fichant complètement que du jus d'ananas lui coule sur le visage* et donc ? C'est quoi ce secret ?

Hinata : *lui lèche le jus dans le cou*

Gaara : *qui commence à avoir des envies perverses (oui oui commence seulement... comment ça c'est pas du tout réaliste on sait tous que Gaara est un pervers qui pense qu'à sauter sur Hinata ?)* dis donc Hinata et si on allait répéter pour notre futur lemon ? 8D

Hinata : *fait semblant d'être gênée alors qu'elle n'attend que ça* euh ben je, je, d'a, d'accord...

Haruko : *les regarde partir tout excités de la vie de pouvoir enfin bais- copuler en paix* ouais finalement mieux vaut qu'ils ignorent que j'avais complètement oublié comment faire une fin de chapitre, ça les aurait totalement bloqué pour le lemon tellement ils auraient été choqué u_u Enfin bref ! Voilà un nouveau chapitre (dont je ne vous donne toujours pas le nombre de pages 8D j'espère qu'il vous a plu ! Et j'attends vos reviews les amis ! =D