Bonjour chers lecteurs ! Quel plaisir de vous retrouver pour ce deuxième chapitre. Ma modestie m'intimait que je n'aurais pas une review, quelle joie de voir qu'en fait, non ! Merci pour vos commentaires, je vais prendre le temps d'y répondre.

LesMaraudeuses1: merci pour ton sympathique message ! En fait, ce premier chapitre était à la base plus long parce que je n'avais pas laissé le choix au lecteur pour la suite. Je ne peux pas te dire qu'à chaque fois ce sera un long chapitre, mais je suis de nature bavarde donc… heu… béh voilà, on verra j'espère ne pas te décevoir ! (pensée pour toi maintenant que je poste ce chapitre, il est bien plus long, tu apprécieras peut-être!)

Mayura Kl: merci ! J'écris peu, du moins j'ai rarement laissé quelqu'un lire un de mes textes. C'est une première de répondre à des commentaires (le stress). Je ne vais pas prétendre, avec cette fanfiction, avoir une histoire qui va révolutionner le genre des voyages temporels ou autre, je préfère te prévenir ! Je suis parfaitement consciente que ça a été vu et revu, mais j'avais envie de m'atteler à ce travail d'écriture, pour diriger moi-même mon/mes personnage(s). Je vais tout de même, bien sûr, miser sur ma Lucille (c'est un bon point si elle t'a intrigué), et essayer de t'emporter dans mon histoire.

Merci encore de me lire, de me suivre aussi. Gens de l'ombres derrière leur écran d'ordinateur et vous qui me laisserez peut-être un commentaire après, voici la suite ! J'espère que vous aimerez et n'hésitez pas à me communiquer vos impressions, c'est toujours plaisant de se sentir encouragé (ou bien de savoir ce qui ne va pas, bref, on s'comprend)!

Certains lieux existent vraiment et je vous invite, si vous êtes curieux, à les chercher sur google pour vous faire une idée - la maison de Lucille par exemple - . Et puis j'écris en musique, si vous voulez vous immerger dans mon univers, voici :

Thin King - Tinker Wright (chanté par Frank Dillane, notre Tom Jedusor dans le Prince de Sang-Mêlé)

Time Stops - Explosions in the Sky


Aujourd'hui, le 4 mai 2014, je m'apprêtais à faire quelque chose de stupide. Heureusement que personne ne m'avait vu m'exciter comme ça. Cette histoire d'utiliser le retourneur de temps, n'est-ce pas complètement improbable ? Tout aussi improbable que de posséder une baguette magique qui fait de la magie, une cape d'invisibilité qui me rend invisible et une carte du Maraudeur qui obéit à ma baguette magique qui fait de la magie. Tout aussi improbable que d'avoir entre ses mains le Journal de Tom Jedusor, tout aussi vierge et mystérieux, comme sa description dans les aventures de mon sorcier préféré.

On l'aura deviner : si je devais faire ce "voyage", j'allais choisir le Journal. Pourquoi ? La question était plutôt : avais-je vraiment besoin de la carte du Maraudeur ? J'avais lu tellement de fois Harry Potter que je pensais ne pas en avoir besoin. Donc… mes affinités pour l'objet-livre et ma fascination pour Tom Jedusor ont eu raison de moi. Et me voilà un stylo gel à la main, sur mon lit, le sablier autour du cou, avec tout mes sacs et ce carnet ouvert sous mes yeux. Parce que, oui, avant de tourner ce sablier et me rendre ridicule en constatant, qu'en réalité, il ne marche pas, ou pire, qu'il m'emporte je-ne-sais-où-dans-mes-rêves-les-plus-fous, je voulais écrire dans ce journal. J'avais imaginé plusieurs situations :

1) j'écrivais et rien ne se passait (fort probable). Je pouvais écrire ma vie ou faire comme Harry Potter et dire "Bonjour, je m'appelle Lucille". Mais ça faisait un peu con. Surtout que ce n'est plus comme ça qu'on écrit de nos jours dans un carnet, si ?

2) j'écrivais et là, oh!, un Tom mort me répondrai et souhaiterai peut-être que je le fasse revenir à la vie (mais très peu probable). Cependant, avec toutes ces choses impossibles qui m'arrivaient, je ne vois pas non plus pourquoi la deuxième supposition serait si improbable que ça.

Mais rien n'apparaissait sur les pages vierges. Pas même un gribouillage, je pouvais écrire tout ce que je voulais, l'encre ne sortait pas sur le papier. Pourtant le stylo fonctionnait, j'avais testé sur la paume de ma main ! J'ai testé avec des crayons de papier, de couleurs, des feutres, toujours rien. Bon, je crois que ce n'est plus la peine de se voiler la face, il y a bien quelque chose de magique dans cette objet.

Et là, j'ai eu une illumination. Vite, un stylo à encre, un cartouche, et qu'ça saute !

J'ai eu du mal à trouver ce foutu stylo, ça faisait longtemps que je n'utilisais plus la plume. Mais ça y est, mon stylo était chargé d'une belle encre bleue, et lorsque j'ai traçais une simple ligne sur le papier, ce-dernier l'absorba quelques secondes après.

"Par quoi devrais-je commencer ? Cher Journal ?

Cette formulation me fait rire, ça fait une éternité que je n'ai plus écris mon quotidien, que je ne me suis plus confiée. Mais peut-être que justement ça va me faire du bien d'écrire dans ce journal de temps en temps. Et puis quelques années plus tard je pourrais à nouveau lire ce que j'y ai mis, et je rirais de ma bêtise."

Comme pour la ligne, quelques seconde plus tard, la page redevint vierge. En fait, je n'ai même pas attendu une réponse du Journal, je l'ai refermé de suite pour le mettre dans un de mes sacs avec les autres objets. Toujours assise sur mon lit, j'ai repris le pendentif entre mes doigts. Et là seulement, lentement, j'ai commencé à tourner la petite molette. Le sablier bascula une fois, puis deux fois, trois, quatre, cinq, une sixième fois, une septième, une huitième, et puis plus rien.


"Lucille !"

"Lucille ouvre cette porte ! Lucille !"

C'est une voix que je ne connais pas. Une voix qui crie mon nom, alors que je suis normalement seule dans mon appartement. Une voix de femme. Ma mère se trouvait pourtant loin, elle n'avait aucune raison de venir me voir. Ce n'est même pas son timbre de voix. Je n'ai pas de voisine. Elle insiste, insiste, mais moi je suis bien là. Je sentais de la dentelle du bout de mes doigts, c'est tellement agréable au toucher. Et puis il y a cette brise fraiche qui chatouille mon visage. Ça sent aussi la pluie.

Je perçois de la lumière à travers mes yeux fermés. C'est drôle, je ne suis pourtant pas fatiguée. J'étais paisible, couchée sur un lit, mes deux bras étendues de chaque côtés de mon corps, mes jambes nues parcourues de légers frissons. Je souris mais je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que cette femme dont je ne connaissais pas la voix venait d'arrêter de crier mon nom derrière cette foutue porte et que j'entendais ses pas s'éloigner. Alors seulement à ce moment-là, mes paupières ont commencé à s'ouvrir. Très lentement, pour que mes yeux s'habituent à la lumière.

Un plafond bleu ? Le mien est blanc normalement. Je tourne la tête à ma droite, le mur est de la même couleur. Alors qu'il est sensé être jaune. Je devrais paniquer, pourquoi suis-je si… calme ?

Je me redresse, sur ce lit aux draps azur. Les miens sont roses actuellement. Sans dentelle et un canapé lit qui plus est. Ici c'est… un lit a baldaquin, avec des rideaux qui ondulaient sous le souffle du vent passant par la fenêtre ouverte, à l'autre bout de la pièce. En face de moi, à gauche, se tient une armoire au style art nouveau, avec un grand miroir et à côté un bureau et une bibliothèque.

Je n'ai aucune notion de temps. Cette atmosphère était tellement paisible, j'étais si bien dans cet endroit qui ne ressemblait en rien à mon appartement exigu. Je me lève avec difficulté. En fait je viens seulement de remarquer que je porte des sacs. Je ne les ai pas senti lorsque j'étais encore allongée. Je les enlève et les pose sur les draps sans plus les regarder et me dirige vers le grand miroir. Mon esprit, je le sens, était complètement embrumé.

Je ne passe pas une journée sans me regarder dans un miroir parce que je veux toujours être présentable et sans défauts. La matin avant et après la douche, sur le chemin pour l'Ecole dans les vitres de boutiques lorsque personne ne me regarde, sur mon portable pour vérifier que mes dents sont bien propres, sur l'écran noir de mon ordinateur quand une scène de film se passe dans la pénombre et que je peux voir mon reflet. Ce n'est pas pour autant que je m'aime et affectionne mon physique. Juste que j'essaie de me convaincre que ça passe, qu'on m'appréciera aujourd'hui, mais aussi demain, et encore le surlendemain, toujours. Je me trouve belle et puis quelques secondes plus tard, je me trouve affreuse. J'essaie de mon convaincre qu'il y a pire que moi, mais finalement c'est moi qui me trouve pire que les autres. Mes amis m'ont toujours dit que quelque chose clochait, et moi j'ai toujours hoché la tête en souriant, parce que je savais - je sais - qu'il faut vraiment changer cette facette de mon comportement.


Quelques instant auparavant, Lucille semblait flotter dans cet endroit qu'elle ne connaissait pas, un peu comme si elle se trouvait dans un havre de paix. Et au fur et à mesure, elle se remit à penser, à redevenir elle-même, et oublia presque de regarder son reflet dans le miroir. Alors quand elle reprit ses esprits et qu'elle croisa l'iris bleu en face d'elle, la jeune femme s'encra à nouveau dans la réalité. C'était elle, oui. Bien sûr que c'était elle, on ne pouvait se tromper quand on regardait ce bleu fumé. On pouvait encore moins se tromper lorsqu'on passait ensuite sur son nez ondulé par cette légère bosse, ses lèvres charnues, ses pommettes hautes et son teint légèrement rosé. Sur sa tignasse brune volumineuse et presque indisciplinée au réveil, sur ses oreilles percées. Oui, c'était bien elle. Quoique. Sa poitrine s'était-elle fait la malle pendant son sommeil ? Lucille fronça les sourcils et tâta. Quelque chose n'allait pas. Et ses cuisses ! N'étaient-elle pas plus fine que la veille ? Bien sûr qu'elles étaient plus fines. Bien sûr qu'un truc clochait.

Mais Lucille aurait dû être frappé par autre chose. Cette jeune fille en face d'elle n'était plus une femme de 20 ans. Elle avait, quoi, 16 ans ? 17 ans à tout casser ? Venait-elle de rajeunir ? Elle s'examina sous toute les coutures, comme si c'était la seule chose anormale dans tout ça. Non, la demoiselle avait autre chose à penser que se demander ce qu'elle faisait dans cette chambre.

"Mais oui…" murmura-t-elle, un éclair de lucidité passant dans ses yeux. Elle se souvenait de son collier, qui était toujours autour de son cou. Elle se souvenait avoir tourné le sablier, excitée par l'aventure qui allait s'offrir à elle, mais doutant en même temps qu'il s'agisse d'une mauvaise blague. Elle se rappelait sa baguette, le Journal de Jedusor qu'elle avait choisit plutôt que la carte du Maraudeur. Mais après avoir tourné le pendentif, plus rien. Que lui était-il arrivé ? Elle s'est réveillée dans cette pièce, à cause d'une voix criant son prénom. Son regard se porta sur le retourneur de temps. En quelle année était-elle ? Sa baguette était par terre, surement était-elle tombée au moment de se lever du lit. Lucille replaça le fin bout de bois à sa ceinture en tissu, s'assit sur le matelas confortable et réfléchit à ce qu'elle devait faire.

En y réfléchissant bien, elle n'avait pas d'autres choix que de sortir de cette chambre. Même si elle ne connaissait personnes, même si les gens qu'elle verrait la prendront pour une inconnue. Se calmant intérieurement, Lucille prit une grande inspiration, se leva, et tourna la poignet de porte et tira. Rien. RIEN ? Elle insistait encore et encore, pourquoi diable ne s'ouvrait-elle pas ?

"Bordel de merde" jura-t-elle toujours en tirant avec toute la force qu'elle pouvait. C'était donc pour cette raison que personne n'avait pu entrer dans cette chambre tout à l'heure.

"Ça doit être un sort. Et comment je l'enlève moi hein ?" se dit-elle toute seule en riant nerveusement. La demoiselle empoigna sa baguette - baguette qu'elle n'avait jamais utilisé - et attendit bêtement devant la porte. Elle pouvait attendre longtemps… Elle n'en avait pas l'air mais son cerveau réfléchissait à toute allure. Quel sort avait-t-elle lu dans ses romans qui lui permettrait d'ouvrir cette porte ? Sa baguette vibra l'air en direction de la serrure, la fausse sorcière ouvrit la bouche et prononça doucement "Alohomora". Bien sûr rien ne se passa. La gestuelle était mauvaise, que croyait-elle ? Qu'elle pouvait s'improviser sorcière en un clin d'œil ? Et le désespoir l'empara, Lucille ne cessait de murmurer la formule, et enchainait une multitude de gestes, jusqu'à ce que la serrure ne cède. Finalement, il lui fallu moins d'une dizaine de minutes pour entendre le cliquetis de la serrure retentir, à son grand soulagement, l'acharnement paye n'est-ce pas. Le grimoire de magie qui lui avait été envoyé n'était pas là pour faire beau, elle allait devoir étudier si elle ne voulait pas se retrouver piégée dans une autre pièce comme cette fois-ci.

Elle poussa la porte et quitta la chambre pour se diriger vers les voix qu'elle entendait au loin. Tout allait bien se passer. Lucille se trouvait dans un couloir, les murs étaient blanc, c'était un lieu qui respirait la tranquillité. Au bout du couloir, elle pouvait entendre distinctement les voix se rapprocher. Trois, deux, un…

"Lucille ! Ne t'enferme plus jamais !" cria la voix de la même femme qui avait crié son nom derrière sa porte précédemment.

"Te laisse pas abattre pour un naze ! Tu vaux mieux que ça !" lui dit quelqu'un d'autre.

Ça faisait trop d'informations à assimiler d'un coup. Les deux personnes étaient à table et s'étaient levées lorsqu'ils la virent dans l'angle. Avec eux étaient assis deux autres gens que, bien évidemment, Lucille ne connaissait pas. Comment se faisait-il que ces derniers la connaissent d'ailleurs ?

"Tu as perdu ta langue ?"

Elle ne disait plus rien, oui sa langue venait de se faire la malle. Il y avait trois femmes et un jeune homme, dont deux autour d'elle en train de la regarder avec des yeux plein d'empathie. Plusieurs secondes passèrent, les inconnus ne disaient plus rien et attendaient visiblement qu'elle leur réponde, alors Lucille ouvrit la bouche, réfléchissant à quoi dire.

"Je - Non, enfin, oui. Je vais bien -" commença-t-elle, puis trois paires de bras l'enlacèrent fortement, qu'avait bien fait Lucille pour mériter ça ? Mais elle entra dans leur jeu, et répondit à leurs étreintes en souriant faiblement. Plus personne ne disaient rien, puis la femme la plus âgées se retira la première pour prendre quelque chose sur la table qu'elle tendit en direction de Lucille.

"Tu as reçu les fournitures pour ta dernière année, je t'ai appelé tout à l'heure mais peut-être que tu dormais… je ne pouvais pas entrer dans ta chambre chérie."

Lucille lui prit l'enveloppe et jeta un bref coup d'œil sur le sceau : le fameux blason de Poudlard. Elle releva les yeux.

"Ne m'en voulez pas, mais j'ai besoin de me retrouver un peu seule.", sans les laisser répliquer, elle tourna les talons, rejoignit la chambre dans laquelle elle s'était réveillée et ferma la porte avec la clef qui se trouvait dans la serrure.

Elle reporta son attention sur l'enveloppe et lu la fine écriture manuscrite vert bouteille : "Mlle Lucille Méliès, Hôtel Deron-Levent, 9 villa de la Réunion, Paris XVIe, France". Ses yeux s'agrandirent de surprise. Depuis quand Poudlard la comptait-elle parmi ses élèves ? Depuis quand connaissaient-ils son nom, tout simplement ? Depuis quand habitait-elle à Paris ? Ah et puis, si elle est France, ne devait-elle pas étudier à Beauxbâtons ?

Peut-être aurait-elle dû se poser encore plus de questions à propos de cette situation des plus absurdes, peut-être aurait-elle dû se montrer plus méfiante. Mais ses doigts entreprirent d'ouvrir l'enveloppe au papier jaunis en séparant le sceau de cire rouge de la grande école de sorcellerie, comme si c'était un geste habituel. Comme si finalement, cette situation n'était pas si étrange et que son corps agissait machinalement.

"Chère Mlle Méliès,

votre sixième année s'étant bien terminée avec d'excellents résultats, nous sommes heureux de vous retrouver pour cette septième et dernière année à Poudlard. Le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle est Mr. Verpey, il vous tiendra informé du déroulement des entrainements.

Nous vous rappelons que la rentrée est fixée au 1er Septembre, le Poudlard Express partira à 11h quai 9 3/4 à la gare de King's Cross à Londres.

Veuillez croire, chère Mlle Méliès, en l'expression de nos sentiments distingués.

Albus Dumbledore, directeur adjoint"

Lucille demeura interdite. Trop d'informations à assimiler encore une fois, beaucoup trop ! Septième année - Poudlard - Serdaigle - Quidditch - Dumbledore - directeur adjoint. Pas une date ne figurait sur la lettre. Mais le seul fait que le grand magicien soit directeur adjoint permettait à la jeune fille de se repérer sur la courbe du temps. En tant que fervente lectrice, elle savait que Grindelwald n'avait pas encore été tué et donc qu'à ce moment là, c'était Dippet le directeur de l'école. Et donc qu'elle était dans les années 40.

"Mon Dieu… 50 - non, 70 ans… je suis remontée près de 70 ans en arrière !" se murmura-t-elle à elle-même.

Elle ouvrit la seconde lettre qui contenait la liste des fournitures pour l'année, les livres à acheter pour préparer ses A.S.P.I.C. qui arriveraient courant juin… 1944. Lucille était donc en… 1943. Elle se laissa tomber sur le lit, sa lettre au dessus du visage.

"Ola-ola-ola. Calme. Calme. Calme. Calme. C'est moi qui l'ai cherché. J'y avais pensé avec de tourner ce sablier, non ? J'avais même envisagé que ce soit une blague. Calme."

Elle poursuivit sa lecture. Elle devait se procurer 1 livre obligatoirement, celui pour les cours de sortilèges. C'était tout. Oui, rien que ça. Lucille se rendit compte qu'elle n'avait toujours aucune notion de temps. Si elle avait reçu cette lettre, c'est qu'elle devait être en vacances, la rentrée approchait peut-être à grand pas. Encore une fois, elle aurait dû être beaucoup plus affolée. Mais un sentiment le prenait et lui permettait d'être en confiance et de se sentir bien malgré tous ces évènements.

Elle se releva et regarda les livres de la grande bibliothèque. Si cette chambre était bien la sienne, elle était une grande lectrice. Ça ne changeait pas trop de d'habitude. Ses doigts passèrent sur les dos usés des livres et grimoires et effleurèrent le bois clair des étagères. Elle pu y lire des titres comme "Le Quidditch à travers les âges", de nombreux volumes de "Balai-Magazine", "Les contes de Beedle le Barbe", etc. Quidditch par-ci, Quidditch par-là, quelle fanatique !

La jeune fille se posta devant le bureau qu'elle avait à peine regardé la première fois. Grave erreur, il y avait tellement de choses ! Comment n'a-t-elle pas pu s'y attarder ! Une multitudes de feuilles, de la paperasse sans aucun doute, s'entassaient sur le bord gauche du meuble, lui-aussi d'inspiration art nouveau. Tous étaient couverts d'une écriture manuscrite légèrement patte de mouche mais assez élégante, une écriture féminine probablement avec le médium plume. D'ailleurs, en parlant de plume, cette-dernière, toute blanche, était à proximité et trempait dans son encrier en verre. En fouillant un peu plus sur ce bureau en désordre, Lucille trouva des photos. Ces photos ne restaient pas figées, ce qui ne la surpris même pas. Mais ce qu'elle vit l'étonna encore plus : c'était elle. Elle était avec des personnes qui semblaient être ses amis, elle sur un balais, elle avec son uniforme et l'insigne de Serdaigle, elle en petite robe d'été. Sur chacune de ses photos étaient écrit à la main la date de la prise de vue. Lucille se surprit à sourire à son double, cette-dernière lui fit un clin d'œil à travers le papier. C'était vraiment la même.

A côté d'une des photos se trouvait une feuille de papier, une lettre dont quelques mots étaient effacés par des gouttes d'eau maintenant sèches.

"Fait à Londres, le 25 juillet 1943,

Chère Lucille,

cette présente va surement t'étonner, tu ne comprendras peut-être pas ma décision, je te connais assez pour deviner tes réactions. Nous sommes ensemble depuis bientôt 5 mois. Tu m'a plu tout de suite, te souviens-tu ? Cependant, quelque chose ne va pas entre nous. As-tu compté le nombre de fois où l'on s'est vu à l'école ? Le nombre de fois où nous nous sommes retrouvés seuls ? Je suis un homme, j'ai besoin de plus d'attention. Je sais que tu es une Serdaigle, une bosseuse, et que moi je suis un Gryffondor, beaucoup de choses nous opposent. Je n'avais pas réfléchis au fait que tu serais prise par ton travail et c'est donc en partie de ma faute. Mais tu aurais tout de même pu faire un effort.

Je suis arrivé à un stade de non-retour, je n'en peux plus d'attendre de te voir, surtout que ces vacances semblent interminable alors qu'elles viennent juste de commencer.

Tu es une fille formidable, je ne pense pas te mériter, je n'ai pas réussi à être assez patient. Je te souhaite de trouver meilleur que moi. Mais restons amis !

Tendres baisers,

Stefan Hooper"

"La bonne blague" dit la concernée en souriant légèrement. Il était évident que la Lucille ayant lu cette lettre, la Lucille habitant à Paris dans cette belle demeure, était la véritable concernée. Elle a surement pleuré en lisant ça. Peut-être l'aimait-elle vraiment ce… Stefan. Mais la Lucille de maintenant ne pleurait pas. Un garçon lui avait déjà brisé le cœur de cette manière de toute façon, en prétendant qu'elle était trop bien pour lui.

"Mon cul" lâcha-t-elle en déchirant la lettre. "Je ne te connais pas Hooper, mais si je te vois, je peux te dire que tu vas regretter de lui avoir fait du mal". Mais Lucille parlait beaucoup trop, jamais elle ne s'opposera à cette décision, elle l'ignorera et ne lui répondra pas. Cette lettre levait le voile sur le pourquoi des réactions de son entourage. Ils avaient dû penser qu'elle s'était enfermée en pleurant toutes les larmes de son corps. Peut-être même que c'est ce qui s'était passé, sinon l'encre des mots de la lettre n'auraient pas été effacé par endroit.

Lucille était donc certaine de plusieurs choses désormais : elle était Lucille Méliès, étudiante en 7e année à l'École de sorcellerie Poudlard et appartenait à la maison Serdaigle. Elle ne savait pas faire de magie à part maintenant débloquer une serrure avec un sort, elle devait apprendre à la maitriser avant la rentrée pour ne pas que la véritable Lucille Méliès en pâtisse, elle devait apprendre à jouer au Quidditch (peut-être d'abord réussir à voler sur un balai serait plus dans ses moyens), et devait se familiariser avec ses proches. Elle devait accepter le fait qu'elle venait de revenir plus de 70 ans dans le passé, dans le passé d'une Lucille qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, et qu'elle venait de rajeunir de 3 ans pour retrouver dans moins de deux mois une école avec des adolescents. Quelle dure réalité.

Et le journal de Tom Jedusor dans tout ça ? Lucille l'avait presque oublié. Mais il était bien là, toujours dans un de ses sacs en toile, avec la cape d'invisibilité et le grimoire de magie.

"Bonjour à toi qui a trouvé mon journal. Je m'appelle Tom Jedusor, mais sûrement l'as-tu remarqué en jetant un coup d'œil sur la quatrième de couverture. Je vois là que tu est une fille de ce que j'ai pu lire. Mais je ne connais pas ton nom. Comment t'appelles-tu ?"


Ce chapitre est terminé, on se retrouve la prochaine fois, à bientôt !

L'univers d'Harry Potter appartient à son auteure J.K. Rowling, je suis juste maitresse de mes OC et je tenterais de les faire évoluer en restant fidèle à cet univers.