Bonjour chers lecteurs ! Comme promis, voici la suite de l'histoire avec ce quatrième chapitre ! Tout d'abord, je remercie les personnes qui suivent cette fanfiction et donc la nouvelle venue : lauremontignylm (pardon d'avoir écorchée ton pseudo, mais le site n'aime pas les points visiblement) ! Voici aussi mes réponses aux messages privées :

LesMaraudeuses1 : merci encore pour tes messages et contente de voir que tu suis toujours, j'espère que ce chapitre te plaira aussi !

vampirenessi : merci pour ton message ! En espérant que ce chapitre te conviendra. Ça avance lentement, je ne tiens pas à faire un tête à tête de folie entre Lucille et Tom de suite, donc je construis petit à petit :).

Je trouve que cette suite possède une atmosphère particulière, aussi je vous invite à écouter les musiques qui m'ont aidé à l'écriture. C'est un chapitre que j'aime beaucoup, peut-être même qu'il s'agit de mon préféré jusqu'à présent. J'espère donc que vous serez pris dans l'ambiance.

Bonne lecture, rendez-vous à la fin du chapitre.

En musique, je vous propose cette fois-ci les titres qui m'ont inspiré et qui servent le texte :

Swan Lake - Tchaikovski (version au piano)

Scarborough fair

Ambre - Nils Frahm


En plus d'être beau, Luis, mon pseudo-meilleur ami, avait des doigts de fées et l'oreille musicale. Ce qui n'arrangeait pas mon cas, j'ai toujours eu un coup de cœur pour les pianistes (mais je crois l'avoir mentionné quand je me suis présentée). Lorsque nous sommes sortis de chez Fleury et Bott, il m'a emmené au Chaudron Baveur pour y déposer mes affaires dans la chambre qu'on occuperait tous les trois, lui, Ariana et moi. Dans cette pièce se trouvait un piano.

Je ne pensais pas que son visage pouvait accueillir une expression si sérieuse. Mais quand ses doigts ont effleuré les touches usées de l'instrument qui se trouvait dans la chambre (à mon avis, la présence de ce piano n'est pas un hasard), l'innocence que j'avais vu plus tôt chez lui s'est envolée. Luis était concentré, ses yeux étaient fermés et sa bouche entre-ouverte, place au musicien qu'il était.

Je ne suis peut-être pas une très grande connaisseuse en la matière, mais j'ai pu reconnaitre le thème principal du Lac des Cygnes de Tchaïkovski, ayant moi-même fait de la danse classique dans ma jeunesse. Je n'ai évidemment jamais dansé sur cette musique. Mais c'était subtil, beau, emprunt d'une mélancolie certaine. Luis était-il triste pour avoir eu envie de jouer ces notes ?

Je l'ai écouté jouer, mes yeux se sont fermés progressivement puis je me suis laissée bercer par la mélodie. Je me suis imaginée en train de danser, là, dans cette sombre pièce dont les épais rideaux noirs ne laissaient passer la lumière, dans cette pièce au parquet grinçant. Sur mes pointes, à m'écorcher les orteils, en cinquième position, arabesque, puis pas de basque, relevé. Et je recommence, cinquième position, arabesque, pas de basque et rele-

"Tu ne danses pas Lucille ? Tu danses toujours quand je suis au piano..."

La voix de Luis me sortit de ma rêverie. Nos yeux se croisèrent et je lui souris timidement.

"Une prochaine fois, j'ai eu envie de m'immerger dans ta musique" dis-je doucement.

Il paru triste mais un sourire éclaira son visage rapidement. Avec une grâce que je ne lui aurai soupçonné quand je l'ai vu marcher sur le Chemin de Traverse plus tôt dans la journée, il s'éloigna du piano et prit place sur le lit en m'invitant à m'assoir à ses côtés, ce que je fis.

Sa tête se posa sur mon épaule gauche, ses cheveux me caressaient la nuque. Il ne disait rien. Était-il vraiment triste parce que je n'avais pas dansé pour lui ? Je ne pouvais pas de toute manière. J'ai arrêté la danse quand je suis entrée en quatrième au collège. Ça faisait donc… presque sept ans que je n'avais plus fait un grand écart ou un saut de chat en ballerine. La véritable Lucille faisait-elle aussi de la danse ? Elle et moi étions presque identiques ma parole !

La nostalgie m'avait néanmoins envahi. Danser, c'était un peu comme être libre. C'est beau de regarder une danseuse classique, de regarder ses gracieux mouvements, de ne pas se douter que se sont de véritables prouesses techniques et de se laisser porter par la beauté des gestes. Oui, je suis une romantique et une rêveuse accomplie.

Nous sommes restés silencieux, l'un à côté de l'autre. Ce n'était pas un silence gêné, enfin… je ne sais pas trop comment on appelle un silence. Je sais que dans mon cas, je n'avais rien à dire. J'avais peur de faire une bourde, qu'il se rende compte qu'il y a un soucis avec sa Lucille.

Que je ne suis pas Lucille, merde ! J'étais en 1943 bordel. Je suis passée de 2014 à maintenant, comment pouvons nous avoir un sujet de conversation commun ?

En fait, c'est lui a brisé ce silence pesant, en proposant d'aller me trouver une chouette à la Ménagerie magique en attendant Ariana. Cette après-midi là, parce que oui, j'étais arrivée en fin de matinée, nous nous sommes promenés. La conversation s'est faite petit à petit, sur divers sujets en rapport avec l'été, ses activités, les miennes. La musique aussi, même si je n'avais pas énormément de culture à ce niveau là. J'ai évité le plus possible les sujets abordant la magie, de peur de me trahir.

Je viens de me rendre compte que je n'ai jamais parlé d'argent. Comment j'ai fait pour m'acheter mes fournitures, tout ça. Ma famille vit assez aisément en France, je ne pense pas avoir à m'inquiéter pour ça. J'ai quitté la maison avec une bourse bien remplie, en espérant ne pas avoir besoin d'entrer à Gringotts. Cette banque me faisait peur, je ne veux pas avoir à faire aux gobelins.

Nous sommes allés à la Ménagerie magique. La session de piano m'a inspiré, j'ai donc appelé ma chouette tachetée Odette, comme dans le Lac des Cygnes. Même si c'était une chouette. Elle est jolie Odette, avec son plumage noir et toutes ces tâches blanches. Je n'ai jamais eu d'oiseau, toujours des chats. Qui eu cru que je possèderai désormais une charmante chouette ?

Ariana nous a rejoint plus tard, alors que Luis me trainait dans une confiserie (j'avais quel âge encore ? 16 ans ? 15 ans ? Passons, j'avais juste l'impression de rajeunir mentalement. Comme si physiquement ce n'était pas assez). Ariana est donc venue. Quelle est belle, je suis jalouse. Comme Luis, elle m'a serré dans ses bras à nos retrouvailles. Elle a de longs cheveux noirs, très lisses. Ce doit être naturel. Et puis ses yeux sont gris pâle. Quand elle parle, Ariana regarde son interlocuteur dans les yeux, c'est assez déstabilisant. J'aime faire de même, pour paraître sérieuse et ainsi faire passer le message correctement. Ici par contre, en 1943, je ne peux pas, je suis trop mal à l'aise. Ariana devient encore plus impressionnante en agissant ainsi. Et puis cette fille est aussi belle que son prénom. Il y a des gens comme ça, ils ont la classe.

Elle est aussi à Serdaigle. C'est pour cette raison que Lucille et elle sont proches (je parle de la vrai). Tandis que Luis est a Poufsouffle, un bon, loyal et fidèle Poufsouffle, si on en avait pas parlé, je pense que j'aurais pu le deviner par moi-même. Avant Poudlard, Luis et Ariana se connaissaient, je n'ai pas osé demander le comment de la chose. Ce qui est sûr c'est que tous les trois, nous sommes très proches. Ça me fait plaisir de voir que je ne suis pas seule, que je ne vais pas être seule pour la suite des évènements. Nous dormions tous les trois dans la même chambre au Chaudron Baveur, Luis nous jouait du piano pendant qu'Ariana et moi lisions nos livres pour la septième année. Je n'ai pas retenu grand chose au passage. Le temps était gris, mais nous trois, on était bien comme ça, c'était agréable.

Et puis le 1er septembre, nous sommes allés à la gare. J'ai traversé ce putain de mur avec mon chariot sans hésiter, comme une pro, comme une véritable sorcière qui avait fait ça pendant 6 ans. Comme si j'avais toujours vécu ici. Je suis montée dans ce putain de train après Luis. Comme tous les collégiens de Poudlard, comme si j'étais une véritable collégienne qui va entamer une nouvelle année à l'école, comme si la magie avait toujours été ancrée dans mon quotidien.

Il était magnifique. Le Poudlard Express je veux dire. Un de ses vieux trains qui me fait penser à ceux que je prenais pour faire le trajet Marseille-Nice. Luis aussi est magnifique avec son regard chocolaté, mais passons.

Je n'ai pas croisé mon pseudo-frère Hugo à la gare. Mais il devait déjà y être, dans le train. Moi je me suis installée avec mes deux amis dans un compartiment vide. Luis, en bon gentleman, s'est chargé de léviter nos malles dans les portes bagages, quel charmant jeune homme. Et le train a démarré. Quand j'y pense, ces quelques jours sur le Chemin de Traverse sont passés trop vite à mon goût. Limite, mes vacances aussi étaient trop courtes, j'ai l'impression que c'était hier que je recevais le retourneur de temps dans ma boite aux lettres.

Je ne sais pas combien de temps j'ai attendu pour laisser la curiosité m'envahir et me pousser à visiter le train. J'ai joué avec Odette, mangé quelques sucreries, écouté Luis et Ariana débattre sur la Grande Guerre. Mais voilà, j'ai prétexté une envie d'aller aux toilettes à mes camarades et je suis sortie dans le couloir où plusieurs étudiants faisaient des aller-retours entre les wagons. Un peu plus et je leur criais que cette guerre se terminerait deux ans plus tard, garde ton calme Lucille.

C'est la première fois que je voyais autant de… monde, ils étaient excités à l'idée de revenir à l'école. Ou plutôt… que je voyais autant de personnes que j'allais fréquenter très bientôt. Par réflexe, je me suis recoiffée légèrement en jetant un œil au reflet que me renvoyait la vitre. Mais cette touffe de cheveux était indisciplinée, il n'y avait rien à faire.

Je suis passée devant plusieurs compartiments, certains étaient pleins, animés de conversations, de rires. D'autres étaient comme le notre, avec un petit groupe d'élèves. Le Poudlard Express filait à vive allure, les paysages écossais se dessinaient sous mes yeux. Je n'ai jamais eu l'occasion d'aller là-bas dans mon époque d'origine. À regarder comme ça, c'était beau, c'était magique. Après tout, l'Écosse n'est-elle pas connue pour ses légendes ? Le monstre du Loch-Ness, les châteaux hantés, etc ? Je me suis laissée happer dans la contemplation jusqu'à ce qu'une voix familière atteigne mes oreilles.

Je relevais la tête, qui s'était appuyée contre la vitre sans que je m'en rende compte, pour voir d'où elle venait. Je ne connaissais pas des dizaines et des dizaines de personnes, je n'eus pas à chercher longtemps pour savoir d'où venait cette voix : mon frère Hugo marchait dans le couloir et était en pleine conversation av-

Avec… non. Je rêve ? Je rêve. Qu'est-ce que mon frère faisait avec Jedusor ? Qu'on m'explique. Il sembla remarquer ma présence et s'arrêta de parler pour me regarder. Un léger sourire se dessinait sur ses lèvres et il me salua. L'autre serpent à côté fit de même.

"As-tu acheté ce livre si intéressant à la librairie Lucille ?" me demanda celui dont j'aurais préféré qu'il ne m'adresse pas la parole. Son ton était moqueur, je n'aimais absolument pas ça. De même que je n'aimais pas entendre mon prénom sortir de sa bouche.

"Je ne vois pas de quoi tu parles Jedusor."

Je ne m'abaisserais pas à l'appeler par son prénom. Je ne le connais pas et ne le connaitrais probablement jamais. Et je n'avais pas envie de le connaître d'ailleurs. J'avais prononcé cette phrase en retournant à ma contemplation du paysage. Pourquoi fuyais-je ainsi ? Lâche, lâche.

Hugo reprit sa conversation mais j'étais trop ailleurs pour saisir le sujet principal. Ce dont j'étais certaine, c'est qu'il parlait avec Jedusor, celui qui venait encore une fois de se moquer de moi, et qui avait osé faire son faux-cul devant mon frère en utilisant mon prénom. Il parlait avec Jedusor ! Vraiment ! Pourquoi ? N'était-il pas mon frère ? N'était-il pas assez intelligent pour remarquer qu'il le manipulait comme il manipulait tout le monde ?

"Bon voyage Hugo." dis-je rapidement quand mon frère frôla mon épaule en passant à mes côtés.

Puis j'abandonnais les paysages d'Écosse pour rejoindre mon compartiment. J'étais dépitée, quel échec. Je m'assis sur la banquette en face de Luis, qui rigolait avec Ariana au sujet d'un match de Quidditch cette fois-ci. Pas plus mal, je ne voulais plus entendre parler de cette maudite guerre.

Peut-être que je me faisais trop de soucis au sujet du serpent. Peut-être qu'ils étaient juste… "amis" ? Ou qu'ils parlaient d'un devoir ? Non, impossible, je suis dans la même année que lui et mon frère n'est qu'en quatrième année, ils ne pouvaient pas avoir de devoirs en commun. Peut-être juste qu'Hugo demandait des conseils ? Sur la magie noire… ?


Lucille passa la reste du trajet à réfléchir au sujet de conversation des deux garçons, en se persuadant que cela n'avait pas attrait à la magie noire. Un des gros défauts de Lucille était de vite se faire des films, de se prendre la tête pour des choses futiles. Elle demeura silencieuse, perdue dans ses pensées, jusqu'à ce que le soleil commence à se coucher à travers les grandes fenêtres du train et que le château se dessine au loin. Il était temps d'enfiler leur tenue d'écolier.

Les capes des deux Serdaigle étaient ornées de l'emblème de leur maison, un aigle majestueux, tandis que celui de Luis portait le blaireau de Poufsouffle ainsi que l'insigne de préfet.

Lucille n'avait jamais porté d'uniforme jusqu'à maintenant : sa chemise était rentrée dans sa jupe noires plissée s'arrêtant au-niveau des genoux, genoux qui eux-même étaient dissimulés sous des bas nylons. Les collants seraient inventés quelques plus tard, c'était la première fois que Lucille en portait. À son cou, sa cravate était bleue et striée de rayures bronzes. Il faisait encore assez chaud, pas besoin d'enfiler le cardigan par-dessus. Enfin, elle portait aux pieds des bottines noires cirées à lacets. À part la jupe qui pourrait être un poil plus courte, Lucille appréciait cet uniforme qui était assez élégant. "Imposteur, Imposteur" lui murmurait sa propre voix dans un coin de sa tête lorsqu'elle rangea sa baguette dans la poche faite à cet effet dans les pans de sa ample cape.

Le train s'ébranla et commença à ralentir. Ils arrivaient à Pré-au-Lard. Les trois adolescents quittèrent le compartiment avec leurs malles et les laissèrent à l'extérieur à l'endroit où tous les bagages s'entassaient, puis montèrent dans les diligences tirées par les sombrals, ces chevaux que seuls les personnes témoins de la mort pouvaient voir. Évidemment, Lucille en était incapable. De même pour Ariana et Luis. Mais Lucille savait que ces diligences n'avançaient pas seule, il suffisait de lire Harry Potter pour le savoir. Ou de voir la mort, au choix. Lucille préférait la première option. La diligence progressa dans la nuit, tandis que les trois adolescents commencèrent à parler de la rentrée et de la répartition des nouveaux élèves.

Lucille leva la tête lorsque la diligence émergea de la forêt, et ses yeux s'ouvrirent d'émerveillement. Poudlard et toutes ses tours s'élevaient face à elle, si impressionnant, si illuminé. Comme dans ses livres, exactement comme dans l'histoire. Elle souriait bêtement. Le vent soufflait sur son visage en ébouriffant ses cheveux encore plus. Mais elle s'en fichait, l'année commençait.

Une fois pied à terre, ils pénétrèrent dans l'enceinte du château. L'excitation gagnait davantage la jeune fille. Tous les élèves prirent place dans la grande salle et Lucille observa, les sourcils froncés, son frère prendre place à la table des Serpentard.

Hugo n'était pas moins intelligent que sa sœur. Ni plus sang-pur qu'elle ne l'était. Il a juste été réparti à Serpentard. Le choixpeau avait effectivement hésité avec Serdaigle, mais après mûres réflexions et de multiples arguments sur sa place dans la maison des serpents, c'est chez les verts et argents que le jeune homme avait sa place.

Lui et Lucille se ressemblent beaucoup mais Hugo s'est toujours senti inférieur à elle. D'une part parce qu'il était le seule garçon de la famille puisqu'il avait grandi avec trois sœurs, d'autre part parce qu'étant une fille, leurs parents faisaient très attention à Lucille, moins qu'à lui, qui était un garçon. Se sentir inférieur à cause de ça est bête, Hugo le savait, mais même quand il se disait qu'il n'y faisait plus attention, il se surprenait parfois à la regarder d'un mauvais œil. Il adorait sa sœur pourtant. Il la trouvait cultivée, douée pour le Quidditch et très jolie. Mais il a su qu'il l'avait déçu quand elle l'a vu s'éloigner vers la maison des Serpentard quatre années auparavant au moment de sa répartition. Avec les temps actuels, où la magie noire devient de plus en plus importante, il était normal que sa sœur s'inquiète pour lui.

Depuis, ils ne parlaient jamais de leurs maisons respectives entre eux ou avec leurs parents. Dans sa famille, être à Serpentard n'était pas une honte, le sujet restait cependant tabou lorsque tout le monde était réunis.

Tom Jedusor avait été très gentil avec lui lors de sa première année, il l'avait guidé dans l'école, l'aidait lorsqu'il avait des difficultés dans une certaine matière, et d'autres choses encore. Lui et Tom s'entendent assez bien, et Hugo savait que Lucille regardait d'un mauvais œil ce rapprochement. Mais maintenant qu'il est en quatrième année, il était assez grand pour décider seul de ses choix, et se contentait d'ignorer les remarques de sa sœur. Il l'aimait énormément, il tenait à elle, mais ne tolérait pas qu'elle dise du mal de son ami, bien qu'il sache pertinemment que Tom cachait quelque chose sous ses airs de préfet-en-chef.

Cette année-là, que quelques premières années furent répartis à Serpentard, alors qu'une bonne poignée allèrent à Griffondor. D'une certaine manière, en ces périodes sombres, le courage était de mise, ce n'était donc pas étonnant. Le directeur Dippet avait eu un discours des plus ennuyeux, mais le banquet était somptueux, et Lucille se goinfra comme jamais. Pas de Mikado certes, mais jamais elle n'avait vu autant de délicieuses choses ! D'abord le salé, puis vint le sucré, le bonheur pour les papilles de la Serdaigle qui était une inconditionnelle des sucreries. Au plafond était le ciel étoilé, éclairé aussi par des bougies flottantes. Lucille ne devait pas paraitre impressionnée, après tout c'était sensé être sa dernière année dans cette école. Mais elle ne pu décrocher son regard de ce spectacle.

Au moment de rejoindre les dortoirs, tout le monde se pressait à l'entrée de la grande salle. Les premières années faisaient un boucan pas croyable. Les préfets avaient du boulot ce soir-là. Lucille et Ariana se séparèrent de Luis, qui pris en charge les nouveaux élèves de Poufsouffle, très turbulent pour des Poufsouffle.

Les deux adolescentes étaient contentes de ne pas être préfètes. C'était un certain investissement. Pour Lucille, c'était du temps en moins pour profiter de l'école comme bon lui semblait tandis que pour Ariana, c'était du temps en moins pour travailler, pas les mêmes intérêt n'est-ce pas. Seul Luis était assez courageux, mais c'était dans sa nature, il aimait aider les gens, et représenter sa maison ne le rendait que plus heureux.

Les Serdaigles passèrent devant les Serpentard, Jedusor savait faire régner l'ordre dans ses troupes. Lucille lança un rapide coup d'œil vers Hugo qui parlait énergiquement avec une demoiselle de sa maison et suivit Ariana en tentant de mémoriser le chemin pour ne pas se perdre. Sa salle commune se trouvait au septième étage, ce qui fit sourire la jeune fille, qui savait que la Salle-sur-Demande se situait aussi à cet étage. Cela allait être assez simple pour elle d'y aller sans éveiller trop de soupçons.

"Plus je le regarde et moins je le vois ! De quoi s'agit-il ?" avait prononcé le heurtoir à tête d'aigle au préfet de la maison.

L'énigme pour pénétrer dans la tour en boucha un coin à Lucille, qui la trouvait compliqué. Avait-elle vraiment sa place si elle n'était pas capable d'y répondre correctement les prochaines fois ? En effet, la jeune fille n'avait pas l'habitude de résoudre des énigmes en 2014. "Ô joie, que les prochains jours allaient être compliqués", pensa-t-elle en soupirant.

La salle commune des Serdaigle était reposante, c'était le premier adjectif qui vint à l'esprit de la nouvelle venue. Les Serdaigle sont connus pour avoir une forte créativité en plus d'être sages et intelligents. La pièce où se trouvaient les élèves était circulaire, plusieurs tables rondes en bois clair occupaient l'espace avec des fauteuils qui semblaient très confortables, toujours au tissu bleu clair. Dehors, à travers les grandes fenêtres en arcade, le ciel était illuminé par la Lune et les montagnes se dessinaient au loin. Un feu crépitait dans un coin de la salle.

De nombreux livres étaient posés sur des bibliothèques. Il n'y avait pas de tapisseries, juste quelques bandes de tissus bronzes et bleus ci et là, les murs étaient en briques blanches et quelques tableaux y étaient accrochés, les personnages saluaient d'ailleurs les nouveaux arrivants. La grande particularité de la salle commune résidait dans son plafond, qui était un dôme parsemé d'étoile. La pièce respirait la tranquillité, c'était une salle idéale pour travailler, idéale pour des élèves appartenant à Serdaigle. La statut de la belle Rowena Serdaigle dominait le lieu, et l'on pouvait voir de chaque côtés de la statut les accès aux dortoirs des garçons et des filles.

La première soirée au château pour Lucille se passa merveilleusement bien. Elle avait retrouvé son lit aux draps bleus et blancs dont les courtines retombaient lourdement à chaque colonne. Sa malle et le reste de ses affaires étaient déjà là et Odette ne se trouvait pas dans sa cage, signe qu'elle avait été placé à la Volière. Alors que toutes les filles de son dortoir se couchaient, Lucille sortit de sa malle le Journal intime de Jedusor, journal qu'elle n'avait plus touché depuis, journal qu'elle comptait toujours garder secret aux yeux des autres. S'enfermant grâce aux rideaux, après avoir pris une plume et un encrier, elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait y écrire à nouveau. La lumière qui sortait de sa baguette lui permettait de voir sans problème et ne dérangeait aucunement ses camarades de dortoir. Elle entendait Ariana bouger dans son sommeil à sa droite, et espérait que le bruit de sa plume ne la réveillerait pas.

À son cou pendait toujours le retourneur de temps. Lucille ne le laissait cependant pas à la vue de tous, il était évident qu'un objet comme celui-ci n'était pas couramment utilisé. Il fallait être vigilant. Elle apprendra un sort de dissimulation, un jour. Et quand elle aura du temps, elle s'entrainera dans la Salle-sur-Demande, le plus vite sera le mieux. L'adolescente devait devenir la Lucille, la sorcière studieuse de Serdaigle. Encore devait-elle maitriser la magie sans peine si elle voulait être parfaite dans son rôle.

"Je te souhaite une bonne rentrée Tom."

L'esprit de Lucille s'apaisa quand elle entendit le bruit de sa plume crisser sur la feuille jaunie, avec le vent qui soufflait autour des fenêtres. L'odeur de l'encre emplit l'espace clos de son lit. Le papier bu le liquide carmin jusqu'à ce que la page redevienne vierge. Dommage, c'était une très belle couleur. Elle avait hâte de l'utiliser lors de la prise de notes les prochains jours.


Ce quatrième chapitre est terminé ! Merci pour votre lecture, qu'en avez-vous pensé ? Trois nouveaux personnes ont vraiment fait leur entrée, comment les trouvez-vous ? On en sait encore assez peu sur eux, mais j'essaie de dévoiler des petites choses au fur et à mesure. Encore une fois, je suis curieuse de répondre à vos questions - si questions vous avez - !

Maintenant, je vous donne quand même mon ressenti de cette suite d'histoire : Luis est un personnage que j'aime beaucoup beaucoup, je pense que vous l'aurez deviné haha. Je prends énormément de plaisir à parler de lui. Ariana est une fille dont la personnalité se dessine petit à petit et Hugo… eh bien Hugo.. comme Luis, c'est très agréable de parler de lui, pas mal de mystères englobent encore son personnage, j'ai hâte de vous en parler davantage dans les prochains chapitres !

L'univers d'Harry Potter appartient à son auteure J.K. Rowling, je suis juste maitresse de mes OC et je tenterais de les faire évoluer en restant fidèle à cet univers.