Kid…kid ?

Bien le bonjour à nos chers lecteurs - ceux qui sont encore vivants - et bienvenu dans les méandres infinis de notre folie (ça rime!)

En ce jour solennel du 22 juillet 2013, le chapitre 7 est ENFIN posté!

Dans ce chapitre, nous avons la fin de cette affaire de kidnapping (pauvre Conan) alimenté de quelques délirer suspects témoignant de notre santé mentale défaillante.

Pour ceux qui se demandent pourquoi moi, Shaina, je me met à parler comme une bourgeoise au vocabulaire illimité, sachez que la réponse est des plus simple: parce que j'en ai envie, merde!

Chû et moi vous remercions de votre fidélité à notre fiction (et je remercie ma sœur d'avoir bien fait avancé cette fiction - maintenant, elle va devoir me secouer les puces pour qu'on commence le chapitre d'après -.-'')

Merci de vos reviews et bonne lecture~!


Chapitre 7 : Détective Kaito (2)

Kaito, assis par terre, observait d'un air très concentré les lunettes de son jumeau. Celui-ci les avait retirés au moment où il s'était fait kidnappé. Hasard ou réflexe ? Impossible à dire. Pourtant, l'instinct de Kaito lui murmurait qu'il l'avait fait exprès.

Quoi qu'il en soit, Cordelia avait été claire, au téléphone.

Flash-back

_ Conan vient de se faire enlever !

Seul le silence lui répondit. A l'autre bout du fil, Cordelia était sans voix. Soudain, Kaito et Victoria, qui écoutait grâce au haut-parleur, entendirent un bruit étouffé par celui de la perceuse, mais pourtant bien audible. Ils se regardèrent, avant de hausser les épaules dans un bel ensemble. Finalement, la brune reprit le combiné.

_ Ok, ne bougez pas. J'arrive tout de suite. Juste le temps d'attacher…

Un son plus qu'inquiétant résonna dans l'appareil de communication, faisant frissonner le petit frère et sa cousine.

_ C'est bon !, revint Cordelia. Ah, oui, une dernière chose : ne dites rien à Ran-chan.

_ On a déjà exclu cette possibilité, répondit Kaito. On n'a pas vraiment envie de se faire étriper, nous.

_ Cool ! Je prends la moto et j'arrive !

Sur ces mots, elle avait raccroché.

Fin du flash-back

Donc, maintenant, ils devaient attendre l'arrivée de la folle. Il soupira profondément. Il n'avait aucune idée de ce qu'il fallait faire…Il était voleur, lui ! Et, comme par hasard, c'était le détective du groupe, qui aurait pu les aider, qui s'était fait kidnapper !

Oh, mais quelle chance magnifique…

Il se leva et commença à faire les cents pas, sous le regard plus qu'agacé de Victoria, qui s'était assise sur un banc un peu plus loin.

Soudain, un bruit de moteur retentit, faisant sursauter le faux-enfant et sa cousine. Ils tournèrent la tête pour voir arriver une moto rouge vif avec, au volant, une jeune fille portant une combinaison de moto bleue nuit et un casque de la même couleur, duquel dépassaient de longs cheveux bruns.

La moto s'arrêta à leur hauteur et la jeune fille en descendit, avant d'enlever son casque, se dévoilant comme étant Cordelia. Ce que les deux autres ne comprenaient pas, c'était que son véhicule était rouge alors que, lorsqu'elle l'avait loué, il était kaki.

Néanmoins, il décida de remettre ses interrogations secondaires à plus tard.

_Bon alors ?, demanda Cordelia d'un ton joyeux. Co-chan s'est fait enlever ? Par qui ? Comment ? Pourquoi ?

Il y eut 5 secondes de silence où Kaito se demanda si la jeune femme n'avait pas un trouble mental vu la réaction avec laquelle elle prenait la disparition de son petit protégé.

_C'est justement ce qu'on veut découvrir, répliqua-t-il avant de la mener à où il avait trouvé les lunettes de son jumeau. Tout ce qu'on sait, c'est que quelqu'un l'a endormi avec ce mouchoir plein de chloroforme, et qu'il a fait tomber ses lunettes à ce moment… Volontairement ou pas.

Cordelia s'agenouilla devant la scène du crime, l'air pensif.

_ Comme tu le vois, on est bien avancé, railla Victoria qui s'était accoudée sur la tête de la brune. Quand bien même il aurait volontairement laissé tomber ses lunettes, ça ne nous avance pas à grand-chose.

_ Hum… Je pense que nous devrions d'abord nous porter sur le « pourquoi » du problème, réfléchit Cordy. C'est vrai, après tout… pourquoi kidnappé Co-chan ? Aurait-il vu quelque chose de compromettant ?

_ Non, annonça Kaito. Il m'en aurait parlé si ça avait été le cas.

_ Quel complicité touchante…, se moqua Vicky.

_ Oh… silence, blondinette, répliqua Kaito avec énervement. Ça nous avance pas d'un iota.

_ Ne me parles pas comme ça, morveux !

_ Je te parle comme je veux, blondinette !

_ Gamin insolent !

_ Grande perche !

_ Mal poli !

_ Vieille peau !

_ SILENCE ! hurla Cordelia. Le prochain qui l'ouvre, je lui fracasse le crane contre le sol avant de lui faire bouffer ses dents par les narines !

Un frisson parcourut la colonne vertébrale de deux personnes qui se sentirent particulièrement visées. Ils se regardèrent d'un œil suspicieux avant de se serrer la main en tournant la tête à l'opposé.

_ C'est déjà un bon début…, soupira la brune. Maintenant, peut-être parviendrons-nous à sauver la vie de Conan.

Pour une fois, ce fut cette fille excentrique qui se montrait plus mature que les autres. Kaito et Vicky n'avaient soudainement plus envie de se disputer. Comme si voir Cordelia énervé était une punition qui remettait quiconque à sa place.

« Bref ! Si Co-chan a fait tomber ses lunettes, nous devons comprendre qu'il y a un sens à ce geste. Kai-kun, est-ce que ces lunettes te rappellent quelque chose particulier ? », poursuivi Cordelia avec sérieux.

Elle jeta un regard insistant à son petit frère improvisé, le forçant à réfléchir profondément.

« Bah… C'est Agasa qui nous les a… », commença-t-il.

Mais il ne finit pas sa phrase.

Agasa.

Les lunettes étaient en fait des…

« Donnes-moi ces lunettes ! S'exclama-t-il. Je crois que j'ai compris ! »

Ne cherchant pas à comprendre, les deux filles le laissèrent examiner les binocles avec attention, priant intérieurement pour qu'il ait trouvé la solution à leur problème. Kaito appuya sur un bouton et un « bip » se fit entendre.

Rien ne se passa.

Il y eu un silence, et Kaito fronça les sourcils.

_ C'est pas normal, ça…, marmonna-t-il, contrarié.

_ Que les lunettes fassent « bip » ?, demanda Cordelia.

Il secoua la tête, avant de leur dire que, le problème, c'était qu'il ne se passait rien. Le « bip » était encourageant, mais ce n'était pas tour à fait le résultat qu'il aurait souhaité obtenir.

_ Je crois qu'elles n'ont plus de piles…ou, pire, la chute les a endommagées.

_ C'est bête, conclut la brune. Très bête. Mais, elles étaient censées faire quoi ?

Kaito leur expliqua le principe de l'émetteur dans le badge de détective et des lunettes radar. Elles furent très impressionnées par les talents du professeur et par son inventivité quand il leur parla de ses autres inventions.

Mais… une question leur tronait dans la tête.

Pourquoi ?!

Pourquoi Agasa avait donné des lunettes radars à deux gamins de 7 ans ?!

Quoi qu'il en soit, ils étaient maintenant repartis à la case départ. Les lunettes auraient pu leur donner la localisation de Conan du moment qu'il se trouvait à vingt kilomètres ou moins de leur position.

_ Et si on appelait la police, pour commencer ?, demanda Cordelia.

_ Hors de question !, répliqua aussitôt Victoria. Si on appelle la police…

_ …Ca va immédiatement arriver aux oreilles de Ran, termina Kaito, accompagné d'un vigoureux hochement de tête de la blonde.

Cordelia ne les avait encore jamais vu d'accord sur quoi que ce soit.

Comme quoi, il y avait une première fois à tout.

Elle hocha la tête, songeuse. Ils appelleraient donc la police plus tard s'ils n'y arriveraient pas eux-mêmes. Elle se tourna vers Kaito, pour lui demander s'il était certain que son frère n'ait rien vu. Elle se figea avant même d'avoir ouvert la bouche.

Kaito avait les sourcils froncés, ses yeux bleus luisants d'un éclat trop sérieux pour un enfant de son âge, comme si, derrière ses grosses lunettes, se cachait un adulte d'une intelligence extrême. Il tenait son menton entre ses doigts, et le sourire joyeux qui se trouvait habituellement sur ses lèvres avait disparu, remplacé par un froncement de la bouche qui témoignait de sa totale concentration. Si, en plus, on prenait en compte les vêtements, un sweat à capuche bleu pastel, un t-shirt blanc, un jean noir, et une paire de basket blanche et rouge, il était identique à Conan.

Parfaitement identique.

Elle-même, agent du FBI, aurait été incapable de les différencier, et elle n'aurait pas su qu'il s'agissait de Kaito et si on ne lui avait pas dit que c'était Conan qui avait été enlevé.

Cette constatation forma une nouvelle hypothèse dans son esprit. Et si…

_ Kaito, dit-il. Est-ce que toi tu as vu quelque chose d'étrange ?

Cette question sortit le garçon de sa réflexion, et il leva la tête vers elle, un sourcil levé.

_ Pourquoi cette question ?

_ Parce que tu es le frère jumeau de Conan.

Frère jumeau. En général, être jumeaux implique une certaine ressemblance. Cela frappa le petit voleur comme un marteau sur une enclume. Il n'était certes pas vraiment son frère, mais ils se ressemblaient énormément. Assez, pour qu'on puisse…

_ …Tu penses que le kidnappeur ce serait trompé ?, murmura Kaito.

En voyant Cordelia hocher la tête, il sentit un frisson le parcourir. C'était de sa faute. Conan était en danger à cause de lui. Mais pourquoi aurait-on voulu l'enlever ? Il n'avait rien vu, rien fait qui pourrait causer du tort à qui que ce soit…si on ne compte pas tout ce qu'il avait volé, bien sûr. Personne ne savait qui il était.

Avec un peu de chance, les kidnappeurs ne s'étaient pas encore rendu compte de leur erreur. Sinon, ils allaient le tuer.

Mais avant, il devait se rappeler. Avait-il vu quelque chose en particulier, aujourd'hui ? Il fit un récapitulatif.

Il avait vu Akechi se faire balancer dans les escaliers. Mais ça, ça n'avait rien à voir – c'était même normal.

Il avait vu…la télévision, dans la rue, pendant que Victoria achetait à boire et à manger. Et puis, Conan était arrivé, et ils avaient discuté. Rien ne l'avait vraiment marqué…à part peut-être ce type dans la ruelle.

Le type !

Il allait se retourner quand il vit une silhouette dans une ruelle, juste en face de lui. Elle disparut aussi vite qu'elle était apparue…

_ Le type…

_ Quel type ?, demanda Victoria.

_ Je l'ai vaguement entre-aperçu pendant que tu achetais les barres de chocolat. J'ai pensé que ce devait être quelqu'un qui avait bu plus que de raison et qui dégueulait dans la rue, puisqu'il y avait un bar pas loin, mais…si c'était un criminel, et qu'il a cru que je l'avais vu, il a pu confondre Conan avec moi…

_ Si je me souviens bien, répliqua la blonde, tu regardais la télé, non ? Il y avait un reportage sur le Kid. Un détective du nom de Hakuba, je crois, a dit qu'il était arrivé quelque chose au Kid.

Il fut surpris que la jeune femme se souvienne du programme qui passait à la télé alors qu'elle n'y avait pas jeté un coup d'œil. Elle cachait bien son jeu, la perche. Elle donnait l'impression d'être d'une intelligence plutôt ordinaire, mais elle avait une certaine capacité d'observation…Elle devait être plus une personne d'action que de déduction.

Ils retournèrent donc au Convenience Store où ils avaient fait leurs achats. Le reportage sur le Kid avait laissé place à une publicité pour de nouveaux téléphones portables tactiles et simples d'utilisation. Kaito leur montra la rue où il avait vu le suspect et ils s'y engagèrent. Ce n'était une ruelle sombre et mal éclairée, contrairement à ce que veut le fameux cliché de la personne agressée dans la ruelle sombre, mais une rue toute simple et droite. Ils remarquèrent des traces de pneu sur la chaussé, ainsi qu'un sac à main.

Le mini-Kid le ramassa. Il l'ouvrit, avec son attitude de gentleman qu'il avait déjà montrée dans le chapitre 5, et fouilla. Il en sortit un portefeuille, une carte d'identité, une petite boîte rouge et un étui à lunettes.

Les papiers d'identité indiquaient que la propriétaire de ce sac s'appelait Kotone Tsubaki, une jeune femme de 21 ans. Elle avait les cheveux noirs et les yeux bleus foncés.

Un sifflement d'admiration lui fit tourner la tête. Il vit Cordelia regarder le contenu de la boîte rouge, Victoria à côté d'elle.

_ La fille à qui appartient ce sac doit être vachement riche, fit la brune, approuvée par sa cousine.

_ Pourquoi ?

Elle lui tendit la boîte. A l'intérieur se trouvait une bague, avec ce qui ressemblait vraiment à un gros diamant dessus, et un anneau en ce qui semblait être de l'or. Kaito la prit, et l'examina une seconde.

_ C'est du toc, finit-il par dire avec un soupire. Plutôt bien imité, mais ce truc ne vaut rien.

_ Tu es sûr de toi ?

_ Parfaitement sûr, grommela-t-il en réponse.

Elles ne le contredirent pas, puisqu'il paraissait si sûr de lui.

_ Pourquoi est-ce que tu as l'air déçu qu'il soit faux ?, demanda ensuite Cordelia.

_ Déformation professionnelle, répliqua-t-il sans réfléchir.

Enfin, quand on est un voleur et qu'on se rend compte que ce que l'on veut voler est faux, il y a de quoi être déçu. En plus, elle était plutôt jolie, cette bague. Il aurait pu la garder…

Il chassa cette idée de son esprit, et entreprit d'inspecter les alentours, ignorant les regards interrogatifs de ses deux compagnes de malchance. Peut-être y avait-il une explication logique à la présence du sac ici ?

Il repéra un mouchoir, qui s'était envolé à cause du vent et qui s'était accroché à un lampadaire, un peu plus loin.

Il le prit avec une grande précaution.

Il était humide, et l'odeur qui s'en dégageait était, sans le moindre doute, du chloroforme.

_ Je vois, marmonna-t-il. Ils devaient être deux. Surement des hommes de plus d'une trentaine d'années au minimum. Plutôt forts, rapide et efficaces. Le premier endort la fille et la met dans la voiture, le second est au volant. Quand le premier se retourne pour vérifier qu'il n'y a pas de témoin, il me repère, et pense que je l'ai vu, alors que je regardais l'écran au-dessus, il prévient son copain et mettent tous deux le plan kidnapping en place… Ni vu, ni connu. Sans savoir qu'ils s'étaient gourer de victimes…

Cordelia et Victoria l'écoutèrent débiter son hypothèse à une vitesse telle qu'elles auraient été incapables de prendre des notes.

Kaito finit par terminer son monologue impliquant la cannette de soda, le type qui avait bousculé Victoria, une fille enlevée, des kidnappeurs débiles qui avaient cru qu'elle était riche et qu'il y avait un témoin, le fait que Conan et lui aient été confondus.

_ Vous avez suivi ?, demanda-t-il aux deux filles, qui hochèrent vaguement la tête, ayant compris dans l'ensemble.

_ Tu as dit que les kidnappeurs avaient vu la bague, pensé qu'elle était riche, l'ont enlevé et ont ensuite pris Conan pour toi qui les avais vu sans vraiment les voir ?, conclut Cordelia.

Kaito hocha la tête. Ils avaient maintenant trouvé le pourquoi du comment. Il ne restait plus qu'à trouver Conan. Et aussi comment le trouver.

Il formula ces deux questions à voix haute, et ce fut Victoria qui apporta une réponse correcte.

_ Je viens juste d'y penser…, dit-elle. Les lunettes de Conan sont des lunettes-radars, mais elles n'ont plus de pile, c'est bien ça ?

_ Oui.

_ Mais…les lunettes de Conan…ça serait pas, par hasard, les mêmes que les tiennes ?

Un silence plana un instant sur le groupe.

_ Je suis trop con.

Kaito s'en serait presque tapé la tête contre le mur. Mais comment avait-il pu oublier que ces lunettes étaient toutes les deux des lunettes-radars ?! C'était juste…quelque chose qui ne s'oublie pas ! Non mais franchement, à quoi pensait-il ? Non seulement Conan risquait de se faire tuer à cause de lui, mais en plus, il oubliait qu'il avait sur son nez ce qui pouvait le retrouver et, accessoirement, lui sauver la vie !

_ C'est pas de ta faute, tu sais, lui dit Victoira. Regardes : je suis agent de la CIA, une professionnelle, et je n'ai pas tout de suite pensé que tes lunettes pouvaient avoir les mêmes fonctions que celles de Conan. Et même Cordelia, qui est au FBI, n'y avait pas pensé non-plus tout de suite. On est un peu inquiet, donc c'est normal qu'on passe à côté.

Alors là, Kaito était franchement surpris. Victoria, celle qui le détestait officiellement, venait de tenter de le réconforter. Mon Dieu, l'Apocalypse était imminent !

_ Tu es de la CIA ? Pas du FBI ?, demanda-t-il, se rendant soudainement compte de ce qu'elle avait dit.

_ Ouais, répondit la blonde. Et Akechi fait partit des services secrets britanniques.

_ S-Sérieux ?!

Voyant que les deux filles acquiesçaient, il finit par se dire qu'elles disaient la vérité. Après tout, Victoria n'était pas du genre à raconter des bêtises sur un sujet aussi important. Par contre, comment s'était-elle débrouillée pour se retrouver à la CIA, donc aux Etats-Unis, alors qu'Akechi était en Angleterre ?

…Bah…elle avait dû fuir son petit frère trop collant.

Mais, pour l'instant, ce n'était pas le plus important.

Kaito appuya sur le bouton d'activation de ses lunettes. Comme tout à l'heure, il y eut un « clic », mais cette fois-ci, une antenne d'une dizaine de centimètres sortit de l'intersection entre la branche et le verre gauche, qui se colora en vert avant d'afficher quatre cercles concentriques, et des données sur les côtés. Dans les environs du troisième cercle se trouvait un point clignotant, auquel était relié une ligne au bout de laquelle se trouvaient d'autres données.

Cordelia était fasciné mais Victoria se contenta de plisser les yeux, prise dans une sorte de réflexion.

_Conan se trouve à environ 16,3 kilomètres au nord-nord-ouest, annonça le petit voleur. Je suis d'avis qu'on y aille, qu'on récupère Conan, et qu'on appelle après la police.

_Ok. On prend la moto, fit Cordy.

_On ne peut être qu'à deux sur une moto, contra Victoria.

_J'ai ce qu'il faut.

Kaito alluma ses chaussures, et trois roues sortirent de chacune de ses semelles. Un léger bruit se fit entendre, ressemblant à celui d'un petit moteur. Il passa sa main dans son gilet bleu pendant une seconde, et la ressortit.

Ils retournèrent là où Cordelia avait garé sa moto, Kaito roulant au même rythme qu'elles.

Lieu inconnu, même moment

Conan tentait vainement de comprendre ce qu'il faisait là. Tout ce qu'il savait, c'est qu'un drôle de type aux cheveux teints en blonds l'avait kidnappé, qu'il s'était réveillé là, que le type avait un complice, un homme d'une cinquantaine d'années, et qu'ils avaient aussi enlevé une jeune fille d'à peu près son âge (son vrai âge, bien sûr).

Mettant ses sens en action, il chercha à retenir le plus d'éléments possibles.

Vraisemblablement, ils étaient dans une pièce qui n'avait pas beaucoup servi. Ce pouvait être une cave ou une salle quelconque d'un bâtiment abandonné.

Les fenêtres étaient inexistantes et seule une grande porte rouillée se démarquait du mur.

La femme et lui avaient été installés à l'opposé l'un de l'autre par mesure de précaution. Ils avaient du scotch qui barrait leur bouche et leurs poings étaient liés par des ficelles rigides. La pauvre jeune femme avait les yeux rougis par les larmes et la fatigue. Rien ne leur permettait de savoir combien d'heures étaient passées.

Tout ce que Conan pouvait faire était d'attendre et d'espérer que sa famille improvisée ait comprit son message. Sans ça, ils pouvaient commencés à aller chez le fleuriste pour choisir quelles fleurs mettre sur sa tombe.

« Une orchidée m'irait très bien, pensa-t-il. Ça me fera penser à Ran, même après ma mort… Ouhla… Depuis quand suis-je devenu aussi défaitiste ? »

Ses amis allaient venir. C'était sûr.

Avec une équipe composée d'un voleur très ingénieux et au moins un agent d'on-ne-sait-quelle filière policière – quoique Conan mettrait sa main à couper que Cordelia était aussi sur le coup – il y en aurait bien au moins un qui se montrerait intelligent…

Non… ?

« Ou une fleur de Ceibo, pensa-t-il. Dans le langage des fleurs, elle désigne une invitation au voyage. J'en aurais besoin pour aller au paradis ».

De retour aux enquêteurs

« Cordelia…, soupira une certaine blonde en avisant la moto rouge – qui était normalement kaki – de sa camarade. C'est moi ou ce moteur turbo n'était pas là tout à l'heure ?

_ De quoi parles-tu ? Je lui ai juste donné un coup de pêche !

_ Premièrement, cette moto ne t'appartient pas tu l'as louée. Secundo, c'est dangereux et illégal. Et enfin… Comment t'as payé ça ?!

_ L'argent va aller sur le compte du FBI alors j'en profite !

_ Je suis sincèrement désolé de vous interrompre dans votre discrète dispute en plein milieu de la rue sur votre vrai métier qui – je vous le rappelle – est normalement confidentiel, mais au cas où vous auriez un trou de mémoire, je vous signale que mon jumeau a été kidnappé ! Alors si on pouvait genre… se dépêcher, je vous serais reconnaissant ! »

Les deux jeunes filles rougir et hochèrent la tête.

« Vicky ! s'exclama la brune.

_Victoria, répliqua l'autre.

_ Là n'est pas le problème. J'ai entendu dire que tu étais une déesse de la moto. Est-ce que tu peux conduire pendant que j'appelle la police ? Et comme ça, ça me permettra de charger mon flingue au cas où.

_ Au cas où quoi ? Quel flingue ? Quelle déesse de la moto ? interrogea Kaito.

_ On s'en fou ! Arrêtons de perdre du temps !

Sur ces mots, Victoria grimpa à l'avant de l'engin mais Cordelia la retint.

_Attends ! Tu devrais relever ta mèche, Vicky. Sinon, tu ne verras que d'un œil et on risque d'avoir un accident ».

A l'entente de ces mots, la jeunes filles rougit de gêne et baissa la tête tristement.

« Non, je… je ne préfère pas. Je te promets d'être prudente mais ne me forces pas à montrer mon œil.

_ Allons ! T'es pas borgne, à ce que je sache. Alors relève tes cheveux !

_ Non ! Je ne veux pas !

_ Bordel ! s'emporta la brune. Victoria Klarc ! Dans le but de sauver deux vies, dont l'objectif de notre mission, je t'ordonne, pour des raisons de sécurité, de relever ta frange ! MAINTENANT ! »

La colère qui se dégageait de l'agent du FBI fit peur à l'indomptable Victoria. Le fait que Cordelia ait utilisé son véritable nom – au lieu de ce surnom débile – prouvait qu'elle était sérieuse. Oui, Victoria était terrifiée devant sa collègue.

Elle venait de comprendre pourquoi elle était qualifiée pour ce genre de mission.

A contrecœur, et après un instant de dépit, la blonde amena ses doigts fins dans ses cheveux pour les passer derrière son oreille, sévèrement observée par l'autre femme.

Lorsque les yeux de Victoria se rouvrirent, Kaito fronça les sourcils.

Des yeux vairons.

Voilà ce qu'elle cachait.

Son œil couvert était aussi vert que les yeux d'Akechi. C'était ça, la raison pour laquelle elle le cachait. Elle ne voulait pas montrer son principal trait de ressemblance avec son demi-frère.

Par haine ou par honte ?

« Je vois pas pourquoi tu nous l'as caché, soupira Cordelia en prenant place derrière la malformée. Tes yeux sont magnifiques ».

Victoria parut se raidir, comme si un souvenir traversait son esprit. Mais elle reprit vite contenance, comme le bon agent surentrainée qu'elle était et sans attendre l'avis de personne, elle démarra la moto et suivie Kaito, en roller turbo qui roulait devant ses roues.

Le petit voleur, équipée des lunettes radars, menait la troupe, pendant que Cordelia, assise nonchalamment sur le siège arrière du deux roues, était au téléphone avec la police. Ou plutôt tentait d'avoir une conversation avec un officier de police particulièrement…lent à la détente.

_ MAIS JE VOUS DIS QUE MON PETIT FRERE S'EST FAIT…COMMENT CA « OU JE SUIS » ? JE SUIS A MOTO ! MON FRERE S'EST FAIT KIDNAPPE ! QUOI ? MAIS ON N'EN A RIEN A FAIRE DE SAVOIR SI J'AI MON CASQUE OU PAS !

Kaito faisait de son mieux pour ignorer ses hurlements, et Victoria semblait plus agacée à chaque seconde. Il se tourna vers elle pour lui indiquer la prochaine à droite.

Il s'arrêta dans la rue, et se retourna vers Cordelia, attendant qu'elle ait fini son appel pour parler. Celle-ci parlait d'une voix maintenant plus calme.

_ Laissez tomber, je vous rappelle, soupira-t-elle avant de raccrocher au nez du pauvre officier.

Préfecture de police d'Osaka

Le policier regarda le téléphone d'un air offusqué. Puis, il jura à voix haute, avant de le raccrocher violement, s'attirant les regards de ses collègues, surpris. Il fallait dire que ce jeune officier ne jurait presque jamais.

_ Quelque chose ne va pas, Kamagaya ?

Il tourna la tête pour apercevoir son supérieur, l'inspecteur Otaki, raccompagnant deux personnes à l'entrée. Il se raidit et fit un sourire crispé, reprenant le téléphone et le reposant tout doucement sur son socle.

_ N-Non, non…

_ Vraiment ?, demanda le jeune homme qui était avec lui, qu'il reconnut comme le détective lycéen Heiji Hattori, juste à côté de Kogoro Mouri, alias Kogoro l'Endormi.

_ Vraiment ! Juste une hystérique qui hurlait que son petit frère s'était fait enlevé avant de me raccrocher au nez en me disant qu'elle me rappellerait.

Les deux détectives, échangèrent un regard, se disant que le mot « hystérique » allait bien à une certaine personne de leur connaissance qui avait aussi un « petit frère » et dont c'était bien le genre de raccrocher au nez d'un policier…

Tilt

_RAPPELEZ-LA !, cria Heiji. Maintenant !

Du côté de Conan

Le jeune détective, décidant qu'il n'allait pas rester sans rien faire à attendre sa famille improvisée, fit passer ses bras devant lui et défi le scotch qui lui scellait la bouche. Il allait s'attaquer à coups de dents aux cordes autour de ses poignées, sous le regard plein d'espoir de sa compagnonne d'infortune, mais, manque de bol, un de ses ravisseurs entra à ce moment-là.

_ Eh !, cria l'homme. Qu'est-ce que tu fous ?!

Il se précipita ver lui et lui mit un bon coup de poing sur le crâne, le sonnant au passage, et entreprit de remettre du scotch. Mais Conan en profita pour lui dire quelque chose.

_ Si j'étais vous, je nous relâcherais, lui annonça-t-il.

_ Ta gueule.

_ Ma famille va venir, vous savez.

_ C'est ça, c'est ça. Papa et maman vont venir te sauver.

_ Mes parents, ils sont aux Etats-Unis. Mais je parle de ma famille qui est au Japon. A votre place, je ferais gaffe.

_ Hein ?

Conan lui fit un sourire inquiétant.

_ Ouais, le prévint-il. Et elle est bizarre, ma famille. Enfin, elle est surtout…dangereuse.

Le trio

Cordelia fixait son portable, une grimace parfaitement visible sur son visage. Il était évident que quelque chose n'allait pas. Eh bien voilà ce qui n'allait pas : Ran l'avait appelée et lui avait dit qu'elle et Kazuha serait de retour dans un quart d'heure, comme ça elles pourraient s'occuper d'Akechi pendant qu'elle allait se promener un peu.

Parce que pour ceux qui avaient oublié, Cordelia était censée être restée à la maison. Pas sortir rechercher un enfant kidnappé.

Enfin, heureusement pour eux, ils se trouvaient maintenant devant un gros immeuble sur la porte duquel se trouvait un panneau annonçant sa démolition prochaine. Cet immeuble se trouvait au fond d'une impasse, qui donnait sur un grand boulevard.

_ Alors, il est là ?, demanda Victoria.

_ Ouais…

Kaito s'approcha de la porte et la poussa, en vain. Elle ne s'ouvrit pas. Cordelia essaya à son tour, puis Victoria, mais aucune d'entre elles ne réussit. La brune décida donc d'employer les grands moyens.

_ Vicky, ordonna-t-elle. Passe-moi le casque.

_ Pourquoi faire ?

_ Tu verras.

Sentant le coup foireux en la voyant se diriger vers la moto, Kaito et la blonde s'écartèrent prudemment. Autant ne pas mourir maintenant.

Le bruit du moteur turbo résonna dans l'impasse, les faisant pâlir, et ils se plaquèrent contre le mur quand l'engin passa à grande vitesse devant leur nez.

BOOM !

Un grand nuage de fumée s'éleva de là où se trouvait la porte. Ou plutôt, de là où s'était trouvée la porte, à la place de laquelle il n'y avait plus qu'un grand trou.

La porte était…ouverte.

Cave de l'immeuble

BOOM !

Les kidnappeurs et la kidnappée sursautèrent, et levèrent la tête vers le plafond.

_ C'était quoi, ça ?, demanda l'homme d'environ cinquante ans.

Conan ricana, surprenant les deux criminels, qui reculèrent en voyant son sourire.

_ Les voilà… Je pense que, finalement, les fleurs de Ceibo, ça sera pour vous. Elles vous aideront à atteindre votre cellule sans dommage…

La porte de la cave s'ouvrit à la volée, et Cordelia apparut, entourée d'une brume noirâtre apeurante, telle une sorcière démoniaque venue maudire les pêchers des humains.

_ MOUHAHAHAHAHAHA !

Brr…brr…

_ Oh, c'est le miens.

Elle décrocha, surprise, ignorant que son effet dramatique venait de partir en fumée...

_ Allo ? Ah, Heiji ! Quoi ? Si j'ai appelé la police ? Ouais…mais l'officier qui m'a répondu ne comprenait rien à ce que je disais, alors j'ai laissé tomber…Oui, ben, ok. Mais ne dit rien à Ran-chan, okay ? Et appelle-la pour lui dire que je serais chez toi quand elle reviendra avec Kazuha-chan, et qu'elles trouveront Akechi dans la chambre d'ami…a plus !

Elle raccrocha, tandis que Victoria et Kaito faisaient irruption dans la pièce, chacun un pistolet à la main. Conan, lui, soupira d'un air blasé en voyant l'attitude très professionnelle de sa sœur face au danger.

Victoria, elle, se demandait pourquoi Kaito sortait un pistolet de son gilet, et surtout, comment il l'avait eu. Surtout qu'il était vachement bizarre, pour un flingue…

Les kidnappeurs, prit de panique devant l'arrivée soudaine de personnes excentriques qu'ils ne connaissaient pas, commencèrent à tourner en rond en courant comme des possédés, avant que l'un d'entre eux ne se décide à faire quelque chose d'intelligent et prenne Conan en otage.

_ STOP ! Que personne ne bouge ou je le tue !, hurla-t-il en sortant un couteau suisse porte-clés de sa poche.

Kaito leva son arme sans hésitation et tirant, malgré la tentative de dissuasion de Victoria, qui écarquilla les yeux en voyant une dizaine de carte à jouer se planter autour de la tête du criminel, qui se trouvait contre le mur, le regard choqué et perdu. Elle fut encore plus surprise en voyant le symbole sur l'arme.

Le trèfle à quatre feuilles blanc sur fond noir, à l'intérieur d'un triangle.

Il n'existait pas un seul agent qui ne le connaissait pas. C'était, avec le petit dessin qu'il faisait en bas de ses cartes de visite, le symbole de se voleur recherché partout dans le monde, par la CIA, le FBI, le MI6, Scotland Yard, Interpol etc.

Le symbole de Kaito Kid.

Elle assomma d'un coup de pied le deuxième criminel – qui regardait la scène avec un air de malade en pleine défaillance intellectuelle –, tout en observant Kaito alors qu'il libérait son frère.

Pourquoi Jodie avait-elle insisté, après l'avoir rencontré, pour qu'il devienne aussi quelqu'un à protéger ? Avant d'arriver au Japon, ils avaient tous les trois été informés de l'existence de Conan Edogawa et Ai Haibara, présentés comme des témoins clés de l'enquête sur l'Organisation. Mais pourquoi ce « Kaito » s'était-il soudain rajouté à la liste ?

Elle était toujours plongée dans ses pensées quand la police vint chercher les kidnappeurs, et libérer la fille – un peu laissée pour compte.

Ce qui l'en tira fut le hurlement paniqué de Ran et Kazuha en découvrant Akechi attaché sur le lit…

Celui-ci était complétement frustré de n'avoir pas bougé de la journée et il avait littéralement harcelé sa sœur pour savoir ce qu'ils avaient fait. Murée dans le silence, aucune information n'avait échappée des lèvres de l'agent de la CIA mais, par un moyen quelconque, Akechi semblait avoir compris que Conan avait été attrapé – surement à cause des marques de scotch qu'il avait sur la bouche.

_ Hé, hé…, ricana Cordelia en se frottant le crâne avec un air gêné lorsque Ran et Kazuha lui demanda la raison de ce geste envers son pauvre cousin.

Plus tard, elle se fit engueuler par le propriétaire de la moto pour l'avoir modifiée. Il voulut lui faire payer une somme phénoménale – alors que l'engin était bien mieux ainsi –, mais elle lui sortit discrètement son badge du FBI et une adresse à qui envoyer la facture.

Ran ne sut jamais que Conan s'était fait enlevé.

Tout est bien qui finit bien…pour l'instant.


Fin~!

Bon, pas de chanson pour le moment parce que, comme Chû est loin de moi (ouiiin!), on peut pas trop potasser ensemble ces chansonnettes (et je sais plus qui de nous deux les a) mais on se rattrapera surement au chapitre suivant (le temps qu'on poste, la rentrée sera déjà bien passée depuis longtemps...)

Donc, nous vous attendons au chapitre suivant et merci de votre lecture!

BIG KISS!