Donc j'ai fais une suite ^^ merci pour vos gentilles reviews, ça m'a motivée (oui, les reviews ça motive : une raison supplémentaire de prendre le temps d'en laisser). Un petit passage Abby/Bellamy. Si je fais une troisième partie ce sera sûrement la confrontation Clarke/Bellamy, mais je vais vous répéter ce que j'avais dit la fois d'avant : partez du principe que chaque chapitre est le dernier, ça évitera toute déception le jour où je vais perdre l'inspiration et lâcher prise.
Souvenez-vous : trois heures pour écrire ce texte, trente secondes pour écrire une review. Pensez à l'auteur dont vos commentaires sont l'unique rémunération.
Merci
Spoiler 2x09
Quand il se réveille pour de bon il se demande un instant s'il n'a pas complètement halluciné, s'il n'est pas toujours prisonnier dans sa cage du Mont Weather. Par réflexe, il cherche à se débattre, s'arracher aux mains qui arrivent de toutes parts pour le tenir immobile.
- Bellamy !
Ses yeux s'ouvrent en grand et il croise son regard.
- Clarke…
Alors c'est vraiment arrivé, il est vraiment là, en sécurité, avec eux, avec elles… D'autres visages apparaissent derrière celui de Clarke : Abby, Octavia et Lincoln, puis Jasper, Monty, Raven, et même Kane qui devait monter la garde à l'extérieur, et qui l'a entendu crier.
Il ne comprend pas bien ce qui se passe ensuite, tout le monde parle en même temps, Octavia le serre dans ses bras et il est quasi certain qu'il a des côtes cassées parce que ça fait un mal de chien, mais il ne peut pas la repousser. Par dessus son épaule, il regarde Clarke, ses joues encore humides de larmes, ses yeux remplis de culpabilité. Il veut lui dire quelque chose, tendre la main vers elle, la toucher, la rassurer, mais elle tourne les talons et il est trop faible pour la retenir.
Quand Octavia le lâche enfin et qu'il retombe un peu durement contre son matelas, il trouve la montre de Clarke bien serrée entre ses mains.
Les jours qui suivent passent dans un étrange brouillard où les heures se mélangent, entre éveil et inconscience. Il y a toujours quelqu'un à son chevet, souvent Octavia ou Abby. Une fois il se réveille pour trouver Marcus assis près de lui, ils discutent un moment comme s'ils étaient amis ou frères d'arme et il ne l'avouerait pour rien au monde mais il trouve ça réconfortant. Il avait bel et bien quelque chose pour lequel revenir, une sorte de foyer chaotique constitué d'un groupe d'adultes qui ne font confiance à personne et d'une bande de gosses avec des « votre majesté » au bord des lèvres lorsqu'ils s'adressent à lui.
(Et à Clarke.)
Clarke. Il remarque son absence et ça le tue –sans mauvais jeu de mots. Sans qu'il ait besoin de demander quoique ce soit, Octavia s'occupe de l'informer dès qu'il a assez récupéré pour tenir une conversation entière sans se rendormir.
- Tu as failli mourir à cause d'elle, alors elle se planque.
Elle est en rogne, sa petite sœur. Et elle lui cache des trucs sur sa vie personnelle, mais ce n'est pas le sujet dans l'immédiat.
- Ça n'était pas de sa faute, O, comment ça pourrait être de sa faute ?
- T'as rien compris, toi… Tu es comme Gustus et pour un peu tu finissais comme lui !
Elle fiche le camp à grands pas rageurs sans rien ajouter d'autre. Elle n'en a pas besoin. Il croit apercevoir le sourire moqueur de Finn dans les ombres de la baie médicale, et il pense qu'il ne s'est pas arraché au néant pour revenir aussi hypocrite qu'avant. Il est temps d'évoluer.
Il passe beaucoup trop de temps avec Abby à son goût –à leur goût à tous les deux, d'ailleurs, alors quand il le peut il fait semblant de dormir. Ça n'est pas toujours possible, et de toute façon le docteur Griffin s'en rend probablement compte.
- Je la lui rendrai si tu me la donnes.
Elle le trouve éveillé et assis dans son lit, ce jour là, jouant machinalement avec la montre que Clarke n'est pas venue reprendre. Instinctivement il referme les doigts sur le bracelet et le boitier de métal.
- Merci, mais non, répond-t-il poliment. Je le ferai moi-même.
Abby soupire.
- Bonne chance pour lui mettre la main dessus…
- Elle a disparu ? s'inquiète Bellamy.
- Non, pas vraiment, elle est toujours quelque part en train de travailler, et elle vient ici quand tu dors, pour aider, mais elle s'efforce d'éviter beaucoup de monde. Ça l'oblige à se rendre invisible les trois quarts du temps.
- Qui est-ce qu'elle évite ?
Abby hausse les épaules en lui tournant le dos.
- Toi et ta sœur. Moi. Lexa, et je ne veux surtout pas savoir pourquoi. Raven, qui aimerait bien faire la paix, pourtant. Les rescapés du Mont Weather, pour des raisons qui m'échappent un peu. Et je crois que c'est à peu près tout…
Bellamy est surpris. Lui et O, il voit pourquoi, mais les autres…
- Pourquoi est-ce que… Je ne comprends vraiment pas Clarke, parfois.
- On sera deux, grommelle Abby, et la perspective n'a pas l'air de l'enchanter. Rend lui cette montre d'une façon ou d'une autre. Elle ne t'appartient pas.
La dernière phrase et la façon dont elle l'a prononcé lui font lever un sourcil provocateur.
- Ah non ? Elle est à Clarke. C'est à elle, donc elle peut la donner à qui elle veut.
- Elle ne te l'a pas donné.
- Qu'est-ce que vous en savez ?
- C'est la montre de son père, Bellamy, insiste Abby en faisant un pas vers lui.
On dirait presque qu'elle le supplie et ça le met très mal à l'aise. Il perd un peu de ses airs bravaches. Pense à Jake Griffin, ses fossettes, sa barbe blonde et ses pattes d'oie. Ce type l'a marqué, il ne sait pas pourquoi. Il ne sait même pas s'il l'a rêvé ou s'il l'a vraiment rencontré.
Abby est sur le point de sortir lorsqu'il sort de ses tergiversations et se décide à parler, fort, pour être sûr qu'elle l'entende et s'arrête pour l'écouter.
- Je l'ai vu.
Ça fonctionne, elle se tourne vers lui. L'interroge du regard.
- Votre maris, précise-t-il en s'efforçant de la regarder dans les yeux. Jake Griffin. Pendant que je… Mourrai. Il est venu me parler. Il a dit des trucs… Il voulait que je vous les répète.
Elle ne dit rien et son regard le traverse. Ça lui donne un peu envie de rire, cette situation, mais il se retient.
- Vous ne me croyez pas ?
Pas de réponse. Incapable de la regarder plus longtemps, il baisse les yeux sur la montre avec laquelle il joue toujours.
- Il a dit… Jake a dit qu'il ne vous pardonnait pas. Parce que vous n'avez rien fait de mal et que pour lui, il n'y a rien à pardonner à la base.
Il jette un coup d'œil vers Abby pour vérifier qu'elle est toujours là. Elle y est, presque statufiée, le regard dérivant. Il reporte son attention sur la montre, se concentre parce que franchement, pour cette partie du message il aurait préféré un autre facteur que lui…
- Il dit qu'il vous aime aussi.
Ensuite il se tait parce qu'il ne sait pas quoi ajouter et se demande s'il passe pour un taré. Il fallait qu'il le dise de toute façon, il doit bien ça à Jake, et même s'il avait attendu ça aurai paru aussi fou et idiot dans quinze jours que maintenant. Autant s'en débarrasser.
- Dîtes quelque chose, souffle-t-il, quand le silence devient trop lourd, en relevant la tête.
Mais la baie médicale est déserte. Abby est partie.
