Tom Riddle regardait le feu crépiter dans la cheminée. Il entendait les membres de son groupe discuter à ses côtés mais n' écoutait pas un mot de ce qu' ils disaient. Tom gardait à l' esprit qu' il était important de passer du temps avec son groupe. Surtout dans la salle commune, à l' heure ou il y' a le plus grand nombre d' étudiants présents. Aux yeux de tous, Tom Riddle, Abraxas Malfoy, Alexander Avery, Julian Nott et Connor Lestrange étaient une bande d' amis. Mais en réalité, il n' en était rien. Du moins pas pour Tom. Il ne ressentait aucune affection pour ces garçons, encore moins de l' amitié mais les apparences étaient primordiales. Personne ne devait se douter de la véritable relation qui unissait Tom à ses quatre " amis ".
Tom ne supportait pas les conversations stupides des garçons mais il se força à rester assis et faire comme si il les écoutaient. Chacun d' entre eux avait beaucoup d' argent et des connexions importantes dans le monde des sorciers. Et en ce qui concerne Abraxas et Connor, ils possédaient une grande intelligence. Pas une intelligence capable de rivaliser avec la sienne mais une qui s' avérait parfois utile. Par contre ce que les quatre avaient en commun, c' était leur soif de pouvoir et leur attirance pour la magie noire. Et Tom était le seul à pouvoir leur offrir cela et ils le savaient. C' est pour cette raison qu' ils acceptaient de se soumettre entièrement et de considérer Tom comme leur maître. Leur fierté en prenait un coup mais les avantages en valaient la peine. Sans parler du fait qu' ils tremblaient de peur devant lui. Ils étaient les seuls à savoir ce que Tom avait fait. Ce qu' il avait fait à cette morveuse dans les toilettes des filles et ce qu' il avait fait à son propre père.
A cette pensée, Tom toucha machinalement la bague qu' il portait. Cette bague appartenait à cette ordure qui était son géniteur. Il réprima un frisson de dégoût à la pensée qu' il descendait d' un immonde moldu. Si il tenait à cette bague, ce n' était pas par égard pour son père mais pour ce qu' elle contenait. Son échappatoire. Le premier horcruxe qu' il avait crée. Peu de temps après, il avait crée son journal mais la bague resterait la première fois ou il s' était vraiment senti invincible. Un sentiment divin. Il n' y' avait rien de plus satisfaisant que de battre la mort à son propre jeu. C' est le seul jour ou il avait ressenti une joie sincère. Le corps de son père à ses pieds, la bague à son doigt. Il était devenu immortel. Il avait caché ce détail à son groupe. Il aimait leur faire preuve de sa puissance et sa supériorité mais il préférait qu' ils ne sachent pas pour son immortalité du moins pas tout de suite.
Tom se leva après avoir regardé sa montre.
_ Il est temps d' aller en cours.
Il sortit de la salle commune suivi des autres. Une fois en classe, il s' installa à sa place habituelle, Abraxas à ses côtés. Tom préférait travailler seul mais le professeur Slughorn avait demandé à ses élèves de se mettre deux par deux. Par chance, Abraxas était doué en potion.
Comme d' habitude, le cours se passa sans problème. La potion sur laquelle ils travaillaient était périlleuse mais simple à effectuer pour Tom et son partenaire. Une fois la potion terminée, le professeur Slughorn s' avança vers leur chaudron et regarda son contenu.
_ Parfaite, comme toujours. S' écria-t-il joyeusement.
Tom résista à son envie de lever les yeux au ciel. Il détestait les gens comme Slughorn. Les gens qui s' extasiait d' un rien et qui n' avaient aucune honte de le montrer.
_ Merci professeur. Dit Tom.
Slughorn était sur le point de parler à nouveau quand un bruit d' explosion se fit entendre puis un cri perçant.
_ Walburga !
Tom regarda devant lui et vit Emily Rosier qui paniquait complètement. A côté d' elle se trouvait Walburga Black. Et visiblement, elle avait raté sa potion. Elle avait les mains et le cou ensanglanté. Contrairement à Emily, elle ne criait pas. Surement du au choc. Au lieu de cela, elle se frottait le cou et les mains comme une folle furieuse.
Sughorn se retourna vers Tom.
_ Tom, veuillez emmenez mademoiselle Black à l' infirmerie s' il vous plaît.
_ Bien sûr. Dit Tom en se dirigeant vers Walburga.
Il l' a prit doucement par le bras et l' attira en dehors de la salle. Une fois sorti, il la lâcha immédiatement et ne prit pas la peine de la regarder.
Merlin que cette fille était stupide. Elle avait des qualités certes, la beauté, l' argent, le sang-pur mais elle était d' une bêtise sans fin. C' était sûrement pour cela qu' elle s' entendait si bien avec Emily Rosier. L' une ne valait pas mieux que l' autre.
Il l' entendait sangloter, ce qui l' agaçait au plus haut point. Heureusement, ils étaient enfin arrivés à l' infirmerie. A peine fussent-ils entrés que Madame Pomfresh s' avança vers eux. Elle avait beau n' avoir qu' une vingtaine d' années, elle se comportait comme si elle en avait cinquante.
_ Que s' est-il passé ? Dit-elle en emmenant Walburga sur un des lits vides.
_ Une potion qui a mal tournée. Répondit poliment Tom.
Madame Pomfresh leva les yeux au ciel et fit boire une potion à Walburga pour soulager la douleur.
_ Peux-tu rester avec elle pendant que je vais chercher ce dont j' ai besoin ?
Elle s' en alla sans attendre sa réponse. De toute façon, il aurait accepté. Accorder un service demandé par une figure d' autorité dans cette école était une règle d' or pour lui. Et c' est ce qui était attendu d' un préfet en chef.
Ses pensées furent interrompues par des voix qui s' élevaient du rang d' à côté. Les rideaux étaient tirés et visiblement il y' avait plusieurs personnes à l' intérieur.
_ Je ne comprends pas. Comment a-t-elle pu transplaner ici ?
Tom reconnut la voix du professeur Dippet.
_ Je ne sais pas.
Et cette voix était celle de Dumbledore. La bile monta dans la gorge de Tom. Il méprisait cet homme et c' était réciproque. Bien qu' ils n' en montrèrent rien, Dumbledore et Tom savaient très bien qu' ils se détestaient mutuellement.
_ Nous ne pouvons la garder ici. Une moldue n' a rien à faire ici. Dit Dippet.
Tom se figea. Une moldue ? Qu' est-ce qu' une moldue foutait à Poudlard ?
_ Nous devons attendre qu' elle se réveille. D' après madame Pomfresh, elle a subi des sortilèges de magie très noire. Et nous devons savoir comment elle est arrivée ici.
Evidemment. Dumbledore et son amour pathétique des moldus. Tom tremblait de rage à l' idée qu' une moldue erre dans le château. Elle n' avait strictement rien à faire là.
_ Ou l' avez vous trouvez exactement ? Fit Dippet.
_ Près de ma cabane, au bord de la forêt interdite.
Riddle soupira d' effarement. Une moldue, Dumbledore et ce gros balourd de Hagrid réunis. Et il était juste à côté, seulement séparé d' un rideau. Cela le répugnait.
_ D' accord, attendons qu' elle se réveille pour en savoir plus.
Après cette décision, Dippet ouvrit le rideau et sortit de l' infirmerie. Il était si soucieux qu' il n' avait pas remarqué la présence de Tom. Suivirent Hagrid et Dumbledore. Contrairement à Dippet, il remarquèrent immédiatement Tom.
Dumbledore lui jeta un regard interrogateur puis vit Walburga. Il lui posa la même question que madame Pomfresh sur le cas de Walburga qui s' était endormie et Tom lui donna la même réponse.
_ Hagrid, peux-tu nous laisser s' il te plaît. Demanda Dumbledore.
_ Bien sûr professeur. A bientôt Tom.
Tom soupira intérieurement. Il avait fait expulser ce monstre et accusé son horrible araignée du meurtre de Mimi Geignarde et il ne lui en tenait aucune rigueur.
_ Tu pensais qu' Aragog avait tué cette fille, je comprends parfaitement que tu l' ai signalé. N' importe qui aurait fait pareil. Lui avait dit Hagrid.
Tom se souvint combien cela avait été difficile de se retenir de lui éclater de rire au nez. Tom se concentra sur Dumbledore qui s' approchait de lui.
_ Tom, j' imagine que tu a entendu ce qui s' est dit derrière ce rideau.
_ Oui, professeur.
C' était inutile de mentir.
_ Ecoute-moi, il faut que cela ne quitte pas les murs de cette infirmerie. C' est très important Tom.
Tom était surpris de la supplique qui teintait la voix de Dumbledore. D' habitude, il s' adressait froidement à lui, ne cachant pas sa méfiance et son aversion.
_ Je ne dirais rien professeur.
_ Merci beaucoup.
C' est le moment que choisit Madame Pomfresh pour revenir avec ses potions. Dumbledore la salua et quitta la pièce.
_ Je te remercie Tom, tu peux y aller. Dit madame Pomfresh.
Elle s' activait à soigner Walburga et ne lui lançait pas un regard.
_ Puis-je me servir un verre d' eau avant de partir ?
_ Oui, oui vas-y. Dit-elle d' un ton absent.
Tom avait bien prit soin de faire disparaître la carafe au cas ou madame Pomfresh lui aurait dit de se servir ici. Tom se dirigea au bout de la pièce et fit couler l' eau pour faire effet. Il éteignit l' eau après quelques secondes et se dirigea rapidement vers l' endroit ou se trouvait la moldue.
Il entrouvrit légèrement le rideau et vit une jeune fille allongée, endormie. Ou dans le coma. Elle avait des blessures apparentes sur le visage et les mains. Il était près à parier qu' elle en avait ailleurs. Bien que cela l' écoeurait, il devait admettre qu' elle n' était pas moche. Si elle était une sang-pur, il l' aurait trouvée à couper le souffle mais elle était une répugnante moldue, ce qui lui enlevait une très grande partie de son charme à ses yeux. Elle avait de très long cheveux châtains foncés. Certaines de ses boucles atteignaient son ventre et d' autres reposaient sur ses bras. Elle avait la peau claire mais moins que lui. Et elle avait un visage très délicat. Même allongée, il pouvait voir qu' elle était petite.
Tom sentit la curiosité montait en lui. D' un côté il se foutait éperdument de ce qui était arrivé à cette fille mais d' un autre côté il voulait savoir ce qu' elle faisait là. Une moldue qui avait subi des sorts de magie noire et qui était apparue à Poudlard. Tom ne voyait aucune explication logique là-dedans et pourtant il devait forcément y'en avoir une.
Il entendit madame Pomfresh soupirer, ce qui le poussa à refermer le rideau et quitter l' infirmerie. Il se dirigea à son cours d' histoire de la magie qui devait déjà avoir commencé. Arrivé dans la salle, il s' excusa auprès du professeur Binns et s' installa. Ce cours était d' un ennui mortel mais en bon élève, Tom prenait des notes et répondait dès que Binns posait une question. Sauf qu' aujourd'hui, Tom avait la tête ailleurs. Ses pensées étaient à l' infirmerie, près de cette moldue. Il bouillonnait intérieurement de la savoir ici. Les moldus n' étaient d' aucune utilité et de plus, les sorciers devaient se cacher d' eux alors qu' ils étaient entièrement supérieurs à eux. Accueillir l' un d' eux ici, lui fournir la sécurité et le confort était intolérable pour Tom. Il priait pour qu' elle se réveille vite pour que Dippet la renvoie d' ou elle vient. Peu importe ou il la renvoie en fait, du moment qu' elle s' en aille.
La vérité c' est qu' il voulait savoir ce qu' elle aurait à dire après son réveil. Mais comment le découvrirait-il ? Il pourrait se faufiler la nuit dans l' infirmerie et attendre en espérant qu' elle se réveille. Si personne n' est là, il pourrait même se débarrasser d' elle. Non. Non, Dumbledore saurait tout de suite que c' est lui. Il savait déjà que c' était lui pour Mimi geignarde mais n' avait aucun moyen de le prouver. Tom pourrait se débarrasser de cette moldue sans se faire prendre mais il ne voulait pas que Dumbledore le surveille encore plus qu' il ne le fait déjà. Non. Il retournerait à l' infirmerie avant le dîner. Il demandera des nouvelles de Walburga et si elle doit passer la nuit là-bas, il y retournera demain. C' est le meilleur moyen de guetter l' état de la fille pour l' instant.
Intérieurement, Tom espérait que l' état de Walburga ne s' améliore pas d' ici demain et plus si possible.
Adélie ouvrit les yeux. Quelque chose lui avait fait peur. Des images qu' elle essayait de garder à l' esprit mais qui s' évaporaient en quelques secondes. Elle ne vit rien d' autre qu' un plafond blanc et ne sentit rien d' autre que la douleur qui irradiait dans son corps. Elle était complètement perdue. Que faisait-elle ici ? Ou était-elle ? Pourquoi souffrait-elle tant ?
La seule chose qui capta son attention était la voix d' une fille à sa droite. Un rideau lui barrait la vue mais elle entendait de plus en plus clairement.
_ Avant qu' elle ne m' explose au visage.
Adélie se demanda de quoi parla la fille.
_ Cà peut arriver à tout le monde.
Adélie sentit un frisson la parcourir. Cette voix était celle d' un homme. Une voix aussi douce que glaciale. Elle sentit la panique la gagner. Elle ne reconnaissait pas cet endroit ni ces voix. Le dernier souvenir qu' elle avait...
Elle étouffait. Comment avait-elle pu oublier ? Même pendant quelques secondes. Elle sentait la terreur s' insinuer de nouveau en elle. Des jours. Des jours à être torturée par ces gens.
Des sorciers.
Après avoir été attaquée près de chez elle, elle s' était réveillée dans une pièce sombre et froide. Et son calvaire avait commencé à ce moment-là. On l' accusait de savoir des choses, de cacher des choses. On lui avait dit qu' elle était la tare d' une grande lignée, chose qu' elle n' avait toujours pas compris.
Ces personnes étaient la cruauté incarné. Ils lui lançaient des sorts avec une baguette. Des sorts qui la faisait atrocement souffrir, à tel point qu' elle avait fini par supplier qu' on la tue.
C' est là qu' un rire cruel et inhumain s' était fait entendre. Les personnes qui l' avait torturée s' écartèrent l' air terrifié et Adélie vit la forme d' un homme s' avancer. Sauf que ne ce n' était pas un homme. Pas vraiment. Il était horrible, effrayant. Son visage ressemblait à celui d' un serpent et il avait les yeux, enfin des fentes rouges.
_ Non, ma jolie. La mort est un trop beau cadeau pour toi.
Il s' était exprimé d' une voix très calme et posé, ce qui le rendait encore plus effrayant. Les insultes, les coups, les sorts insupportables avaient duré pendant des jours. Jusqu'à ce que l' homme serpent décide enfin de la croire.
_ Je crois qu' il est temps de laisser tomber ce plan. Elle aurait déjà parlé si elle savait quelque chose. Dit-il.
Il leva sa baguette vers elle et avant qu' il n' ai eu le temps de prononcer un mot, tout devint noir. Et maintenant elle était ici. Elle était dans un lit confortable, elle était propre, certaines de ses blessures avaient été soignées. C' était un piège, forcément. Une sorte de torture psychologique. Lui faire croire qu' elle est en sécurité et lui arracher tout espoir à la dernière seconde.
Ca ne marchera pas. Elle se redressa vivement mais la douleur l' empêcha de faire un autre mouvement. Elle ne put retenir un hoquet de douleur. Soudain les voix de l' autre côté s' arrêtèrent net. Le rideau s' entrouvrit et Adélie leva les yeux.
Un jeune homme d' à peu près son âge se tenait juste à côté du rideau. Malgré ce qu' elle ressentait, Adélie ne pouvait s' empêcher de remarquer combien il était beau. Et c' était peu dire. Grand, pas un corps d' athlète mais on pouvait voir qu' il était bien sculpté, cheveux noirs de jais, yeux gris perçants, visage magnifiquement dessiné. En autre temps Adélie aurait souri ou rougi mais pas là.
Elle n' avait passé que quelques jours entre les mains de ses tortionnaires mais psychologiquement, il n' y' avait plus de marche arrière possible pour elle. Personne ne pouvait subir un tel degré de peur et de souffrance et s' en sortir indemne. La peur est la émotion qu' elle ressentait à cet instant.
_ Tu es enfin réveillée.
Il avait parlé d' une voix douce et il souriait mais la froideur de son regard trahissait ses efforts.
_ C' est quoi cet endroit ?
Le garçon n' eut pas le temps répondre que le rideau s' ouvrit entièrement d' un coup sec. Une fille se plaça à côté du jeune homme. Elle avait de longs cheveux raides et noirs. Les yeux de la même couleur. Elle était le parfait exemple d' une beauté froide. On ne pouvait nier sa beauté mais elle paraissait tout sauf chaleureuse et accueillante.
_ Qui est-tu ? Demanda-t-elle d' un air hautain.
Adélie hésita avant de répondre.
_ Adélie Beauchamps.
_ Je ne t' ai jamais vue. Tu es dans quelle maison ?
_ Walburga, Tu veux bien aller chercher le professeur Dumbledore ?
Adélie vit le regard que lança le garçon à cette, heu, Walburga. Et celle-ci fondit instantanément.
_ D' accord.
Elle partit sans jeter un regard à Adélie. Le garçon regarda son amie partir et se tourna à nouveau vers elle. Il avait laissé tombé le sourire et la fixa intensément.
Adélie ne savait pas grand-chose de ce garçon, même pas son nom. Mais elle était sûre d' une chose à son sujet. Son regard était limpide.
Il la haissait, viscéralement.
