Adélie ne lâchait pas le garçon du regard. Elle savait que c' était dangereux et qu' elle était incapable de se défendre mais elle refusait de baisser les yeux.

_ Tu ne m'a toujours pas dit quel était cet endroit.

Le garçon eu un sourire mauvais.

_ Je pense que le professeur Dumbledore aimera répondre lui-même à tes questions.

Il s' amuse, réalisa Adélie. Il voyait qu' elle avait peur et s' en amusait. Plus énervée qu' effrayée, elle sortit ses jambes du lit et s' assit. Le carrelage était froid sous ses pieds nus.

_ Tu devrais restée couchée. Fit-il.

_ Non, je veux m' en aller.

Il eu un petit rire froid.

_ Ce ne sera pas pour tout de suite.

Adélie ne répondit pas mais essaya de se lever. Elle arrivait à tenir debout mais la douleur était immense. Elle sentit le garçon appuyer sa main sur son épaule pour qu' elle se rassoit.

_ Ne me touche pas.

Elle ne voulait pas qu' on la touche. Pas maintenant.

_ Tu es dans une infirmerie. Attends l' infirmière avant de te lever.

Adélie décida de rester assise. De toute façon elle n' aurait pas tenu debout longtemps. Un silence pesant s' installa entre elle et le garçon. Elle sentait son regard sur elle mais elle se contentait de regarder autour d' elle. Elle était surprise de constater que l' infirmerie était une pièce plutôt chaleureuse. La tapisserie, les meubles, les fleurs, la pièce était plutôt agréable.

Au bout de quelques minutes, elle entendit des pas arriver. Elle vit une jeune femme accompagnée d' un homme. C' était la première fois qu' elle voyait un homme pareil. Il avait de longs cheveux et une longue barbe auburn. Et il était vêtu d' une longue robe ou cape étoilée. Ses lunettes étaient en forme de demi-lune. Elle ne saurait comment l' expliquait mais la présence de l' homme la rassurait.

_ Merci Tom, vous pouvez y aller. Prenez mademoiselle Black avec vous.

_ Oui, professeur.

Tom alors. Beau prénom devait avouer Adélie. Elle était étonnée du changement de ton de Tom. Il avait adopté un ton doux et poli mais cela semblait faux à ses oreilles.

Une fois Tom et Walburga partis, la jeune femme qui devait être l' infirmière alla fouiller dans une armoire et revint avec une fiole qu' elle lui tendit.

_ Buvez çà, ça va calmer la douleur.

Adélie ne se posa pas de question et bu d' une traite le contenu de la fiole. Presque instantanément, la douleur disparut. Adélie s' enfonça dans son oreiller et soupira de soulagement.

_ Vous allez mieux ? Fit le professeur Dumbledore.

_ Oui, merci. Pouvez-vous me dire ou je suis ?

_ A Poudlard.

Poudlard ? Adélie n' avait jamais entendu ce nom.

_ Qu' est-ce que Poudlard ?

_ C' est une école pour jeunes sorciers.

En autre temps elle aurait explosé de rires mais après ce qu' elle avait vécu, elle se retint.

_ Vous connaissez l' existence des sorciers ?

_ Oui. Répondit sombrement Adélie.

Et elle ne voulait pas en connaître d' autre. Tout ce qu' elle voulait c' était rentrer chez elle. Peu importe dans quel état.

_ Vous vous souvenez de ce qui vous est arrivé ?

_ Oui mais je n' ai pas envie d' en parler.

_ Je comprends. Quel est votre nom ?

_ Adélie Beauchamps.

_ Enchanté Adélie. Je suis le professeur Dumbledore et je te présente madame Pomfresh, elle est l' infirmière qui t' a soigné depuis ton arrivée ici.

Adélie fit un petit sourire de remerciement à l' infirmière.

_ Depuis quand suis-je là ?

_ Tu es apparue ce matin.

_ Apparue ?

_ Tu a été retrouvée inconsciente près de la cabane de l' un de nos anciens élèves.

Adélie ne comprenait pas ce qu' elle faisait là ni pourquoi.

_ Vous savez ou vous étiez avant d' apparaître ici ?

_ Non. Enfin si j' étais dans une cellule, c' est tout ce que je sais.

_ Adélie, je sais que tu n' es pas un sorcière mais tu a subi des sorts très grave. Ces sorts ne devraient même pas exister. Mais le fait qu' une moldu ai subie de tels sorts et soit arrivée dans notre école est loin d' être anodin.

_ Je ne sais pas pourquoi ils en ont après moi. J' ai été enlevée près de chez moi et je me suis retrouvée dans cette cellule à...

Adélie se passa une main dans les cheveux. Tout cela était insensé.

_ Ces personnes voulait quelque chose de toi ?

_ Il me demandaient ou était le livre. Ils disaient que je savais forcément ou il était, que je mentait. Je ne sais même pas de quoi ils parlaient.

Le professeur la scrutait intensément. Il avait l' air plus peiné qu' autre chose. Il finit par prendre la parole.

_ Il faut que tu sache une chose. Il est impossible pour quelqu'un de transplaner à Poudlard.

_ C' est quoi transplaner.

_ Cela veut dire se déplacer d' un endroit à l' autre de façon magique. En quelques secondes. L' école est protégée contre le transplanage. Il faut que nous sachions comment tu es arrivée ici.

_ Je ne sais pas. L' un des hommes a essayé de me jeter un sort mais tout est devenu noir juste avant qu' il le fasse. C' est la dernière chose dont je me souviens.

_ Albus je suis désolée mais elle doit se reposer. Intervint madame Pomfresh.

_ Très bien. Je repassera vous voir demain mademoiselle Beauchamps, pendant que les élèves seront en cours.

Quelque chose intrigua Adélie. Elle n' avait passé que quelques jours dans cette cellule et elle était ici depuis ce matin.

_ Les cours ont déjà commencé ?

Peut-être que les sorciers n' avaient pas de vacances ou pas aux mêmes dates.

_ Oui, depuis deux mois. Répondit le professeur.

_ On est quel jour exactement ?

_ Le treize novembre.

Adélie sentit sa tête tourner. Le treize novembre ? Non, il y' avait une erreur.

_ C' est impossible.

_ Je crains que si ma chère.

Le professeur pointa le mur derrière lui du doigt. Adélie suivit la trajectoire du regard et vit un calendrier sur le mur. Elle était sur le point de s' évanouir. Oui, aujourd'hui était le treize novembre. 1943. Elle voulut crier de toutes ces forces, dire qu' ils étaient en 2015, que c' était forcément une mauvaise plaisanterie mais aucun son ne sortit. Elle sentit la fatigue la gagner.

_ Nous allons vous laisser dormir, à demain.

Adélie fit un léger signe de tête et ferma les yeux. Elle entendit les pas du professeur s' évanouir et l' infirmière fouiller dans une armoire.

Adélie avait envie de pleurer mais se retint. De toute façon, elle était épuisée. Elle s' endormit avec l' espoir que demain tout disparaîtrait comme par magie.


_ Je tiens encore à te remercier de m' avoir rendu visite. C' est très gentil, Tom.

Tom hocha vaguement la tête à Walburga. Elle avait été heureuse de le voir venir pour elle à l' infirmerie. Cette fille stupide pensait sincèrement qu' il se préoccupait d' elle. Il était resté assis près de son lit à entendre que c' était de la faute d' Emily si la potion avait échouée et qu' elle se retrouvait ici. La seule chose qui l' a sauvé de cette conversation ridicule fut un gémissement entendu de l' autre côté du rideau.

Tom s' était levé d' un bond et vit la moldue assise sur son lit. Elle souffrait clairement. Il s' attendait à ce qu' elle rougisse, lui fasse un sourire, ou baisse les yeux comme toutes les filles qu' ils croisaient mais celle-ci se contentait de le fixer d' un regard absent. Il lui avait fait son plus beau sourire et avait parlait du ton poli qui faisait marcher tout le monde mais elle restait complètement méfiante et distante.

Walburga ne fut pas longue à se mêler de leur conversation. Tom ne put se retenir de lui demander d' aller chercher Dumbledore tant ces questions l' énervait. Il avait juste appris le nom de la fille. Adélie Beauchamps. Tom ne put s' empêcher la douceur qui suintait de ce nom et que ce nom correspondait parfaitement à la fille devant lui. Il avait chassé cette pensée en voyant Walburga s' éloigner.

A ce moment-là, il avait laissé tomber la fausse courtoisie et ne cacha plus son aversion pour cette moldue. Mais elle ne l' avait pas lâché du regard. Il faisait trembler des hommes deux fois plus qu' elle et elle le fixait sans baisser les yeux. Si seulement elle savait de quoi il était capable. Ils échangèrent quelques banalités jusqu'à ce qu' elle décide de se lever. Elle n' a pas hésité à exprimer son désaccord et s' était levée. Son visage avait pali sous la souffrance mais elle tenait bon. Tom l' avait poussée pour qu' elle retombe sur le lit. Il frissonna quand il repensa au moment ou sa main avait touché cette fille. Il avait retiré sa main comme s' il s' était brûlé. Et la réaction de la fille n' avait pas été mieux que la sienne.

_ Ne me touche pas. Avait-elle dit.

Pour qui se prenait-elle ? Il n' avait aucune envie de la toucher mais si c' était le cas, elle n' allait certainement pas l' en empêcher. Elle n' était personne. Juste une ignoble moldue qui n' était pas à sa place. Il avait fini par lui dire qu' elle se trouvait à l' infirmerie et ils avaient attendus l' arrivée de Dumbledore. Aucun des deux n' avait ouvert la bouche jusqu'à son arrivée. Cette fille ne lui montrait aucun intérêt. On aurait pu croire qu' elle ne savait même pas qu' il était dans la pièce. Tom sentit sa main se contracter autour de sa baguette dans sa poche.

Finalement, il était sorti de l' infirmerie avec Walburga.

_ Tom, tu m' écoute ?

Tom se tourna vers elle. Il avait perdu le fil de ce qu' elle disait.

_ Pour le bal de Noel. J' ai vraiment hâte d' y être. Dit-elle.

Evidemment. Si elle attendait qu' il l' invite, elle attendrait longtemps.

_ Oui, moi aussi. Ecoute Walburga, tu devrais aller te reposer dans la salle commune. Je sais que l' infirmière t' a laissé sortir mais on ne sait jamais.

_ Oui tu a raison. J' apprécie que tu t' inquiète pour moi. A plus tard.

Elle s' en alla d' un pas joyeux. Tom retint un rire cynique. Il paierait cher pour connaître le jour ou il s' inquiéterait pour une fille pareille. Il se dirigea vers la bibliothèque. Le seul endroit ou il était vraiment tranquille dans ce château. Il aimait passer ses soirées seul dans sa chambre mais ses devoirs de préfet le forçait à faire des rondes de nuit et quand il rentrait, il se couchait immédiatement. A part les soirs ou il avait une réunion avec son groupe dans la salle sur demande. Une réunion devait avoir lieu la semaine prochaine.

Tom se demanda s'il devait mentionner la présence de cette moldue dans ce château. Si l' un des garçons venait à l' ouvrir, Dumbledore saurait tout de suite que c' est lui qui aurait parlé. Il ne voulait pas donner de raisons à Dumbledore de lui reprocher quoique ce soit.

Il voulait tellement savoir ce que la fille raconterait à Dumbledore. Tom souhaitait le départ de cette moldue mais il souhaitait encore plus percer ses secrets. Cette nuit il irait à l' infirmerie. Avec un peu de chance elle y sera et seule. Il la questionnerait et elle lui répondrait. Il se montrerait si aimable et avenant qu' elle se confierait. Cette fille en a visiblement bavé et elle doit se sentir seule. Elle doit attendre que ça, quelqu'un à qui confier ses malheurs. Il la ferait plier sans problèmes, personne ne pouvait lui résister. Il suffisait de voir les regard et les sourires que les filles lui envoyaient quand elles croisaient son chemin.

Tom se foutait complètement des filles de ce château. Il avait déjà eu quelques aventures mais c' est tout. Sa première fois était avec une fille de sixième année quand il était dans sa cinquième. Amanda Spencer. Elle était très belle et d' une grande intelligence. Il avait eu du mal à s' en débarrasser après cela. Il y' avait eu aussi Kérine Ford, Jessica Huksley et Sophia Williams. Cette fois il s' était assuré que la fille sache que les choses n' iront pas plus loin. Il n' aurait pas supporté une deuxième Amanda. Il garde un bon souvenir de ses aventures mais il n' est pas du genre à se laisser séduire facilement. Il sait que si l' envie l' en prendrait, il pourrait avoir n' importe quelle fille mais il n' était simplement pas intéressé. Il voulait se concentrer sur son but. Rester le meilleur élève de l' école et apprendre le plus de choses possibles.

Quand il en aurait fini avec sa scolarité, il commencera son ascension dans le monde des sorciers. Et un jour il deviendra le sorcier le plus puissant, le plus brillant et le plus craint que le monde ai connu. Il changera son nom infâme pour un autre. Un nom que les gens n' oseront pas prononcer tant ils auraient peur de lui. Un jour il deviendra Voldemort et les gens s' agenouilleront devant lui.

En entrant dans la bibliothèque, il vit un groupe de Gryffondor autour d' une table. Christian Potter, David Grayson, Marc Fisher, Rebecca Brown et July Weasley. La bande d' abruti au grand complet. Potter et Grayson était les deux élèves que Tom aimait le moins. Enfin détestait le plus. Ils étaient arrogants et se croyaient mieux que tout le monde. Lui-même l' était mais à raison. Il était l' élève le plus intelligent de l' école. Mais le seul mérite qu' avait Potter et Grayson était de savoir monter sur un balai et taper dans une balle. Techniquement, Potter se chargeait de l' attraper mais ce n' était pas plus brillant.

Sans un deuxième regard dans leur direction, Tom se dirigea vers les livres de potions. Ils avaient un devoir à rendre pour le mois prochain mais il faisait toujours ses devoirs à l' avance. Le devoir était d' une facilité enfantine pour Tom. Cela ne lui prit pas plus de deux heures pour finir son parchemin.

Après avoir rangé ses affaires, il partit dans la grande salle. Comme à son habitude, il prit sa place en bout de table. Personne n' avait de place attribué mais tout le monde savait ou était celle de Tom.

Pendant dix minutes, Tom écouta Alexander et Julian lui raconter comment ils s' étaient battus avec Daniel Donner et Kevin Hill. Deux garçons insignifiants de Gryffondor.

_ Résultat, on les a éclatés. Finit Julian.

_ Résultat, Serpentard à perdu quarante points. Dit Tom.

Les deux garçons se regardèrent en écarquillant les yeux et baissèrent la tête.

_ Il faut vraiment être stupide pour se battre devant des témoins. Je ne m' attends pas à mieux venant de ces abrutis de Gryffondor mais vous êtes à Serpentard.

Tom sentait sa colère monter en flèche et respira profondément pour se calmer.

_ Désolé, cela ne se reproduira plus. Dit Alexander d' une petite voix.

_ Il ne vaut mieux pas.

Le reste du repas se passa silencieusement du côté de Tom. Il vit Abraxas un peu plus loin avec sa copine, Orlana Lynch. Orlana était une beauté classique. Cheveux blonds foncé et yeux bleus clairs. Tom la trouvait ennuyeuse et banale mais pour une raison qui lui échappait, Abraxas en était raide dingue. Le lien entre Orlana et les ex d' Abraxas était difficile à faire. Malfoy aimait les brunes à l' allure fière telle que Walburga, d' ailleurs ils avaient été ensemble pendant un mois, le temps qu' Abraxas l' utilise jusqu'à l' usure. Mais depuis un an et demi, Abraxas ne voyait qu' Orlana. Du moment qu' il se montrait toujours efficace dans ses plans, Tom se foutait de la vie amoureuse de Malfoy.

Abraxas n' était pas le seul à avoir une copine. Alexander sortait depuis quelques mois avec Ashley Parkinson. Une fille aux cheveux noirs et yeux marrons et surtout d' une vulgarité incroyable. Tom se demandait comment une fille comme elle s' était retrouvée à Serpentard. Connor se tapait tout ce qui bougeait et n' avait pas l' intention de se poser. En ce qui concerne Julian, il était moche à faire peur. Tom se promit de lui faire la bise le jour ou il trouvera une fille d' accord pour sortir avec lui.

Après avoir fini de manger, Tom se rendit dans sa salle commune sans attendre son groupe. Il alla directement dans sa chambre et décida de lire avant de commencer sa ronde.

Une fois l' heure venue, Tom reposa son livre et sortit de la salle commune. Erica Benson, la préfète en chef, l' attendait pour commençait sa ronde. Chaque soir, ils décidaient de quelle partie ils s' occupaient.

Une fois décidés, Tom partit de son côté. A part deux serpentardes qui avaient traîné dehors, la soirée était plutôt calme. Tom se surprit à attendre avec impatience de retourner à l' infirmerie. Il avait hâte d' entendre ce que la moldue aurait à lui dire.

Tom vit les minutes défiler puis les heures. Arrivé à la fin de sa ronde, il alla droit vers l' infirmerie. Il ouvrit la porte grâce à un sort et entra. Par chance, tout les autres lits étaient vides. Il trouva rapidement l' endroit ou se trouvait la moldu. Les rideaux étaient à nouveau tirés.

Un sourire malsain se dessina sur ses lèvres. Il le chassa rapidement et ouvrit le rideau.