Disclaimer : Basé sur le film de 2014, ce dernier étant la propriété de Jonathan Liebesman. Je n'ai bien entendu rien gagné à écrire cette histoire.
Pairing : Léo/OC
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Se situe un an après les événements du premier film.
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Edit 2023 :
Simplement par envie, et par besoin, je l'ai réécrite tout en gardant la trame de l'histoire.
- Il en va de l'érotisme comme de la danse :
l'un des partenaires se charge toujours de conduire l'autre. -
( Milan Kundera )
La peau douce sous la pulpe calleuse de ses doigts se pare d'une fine chair de poule, donnant presque du relief aux cicatrices dont elle est couturée.
D'abord du bout de celui faisant office d'index, Léo retrace le contour d'un sein lourd et rond sous le tissu de coton qui l'enveloppe. Il glisse ensuite sous l'ourlet de la brassière, pour caresser l'une des marques rondes et foncées d'anciennes brûlures.
Tendrement, il continue sa descente, effleurant avec l'aide du deuxième les côtes striées elles aussi de vieilles blessures.
Tel des tracés irréguliers marquant la peau légèrement hâlée, chair tendre et autrefois marquée par la violence d'un père qui n'a jamais su aimer.
Allongée sous lui, offerte et alanguie, la jeune humaine reste immobile sous son toucher, suivant néanmoins de ses grands yeux bruns l'itinéraire de ses doigts respectueux.
Quand le mutant les remplace toutefois par ses lèvres froides, mû par une impulsion instinctive, elle en clôt les paupières en réponse, un râle chaud s'échappant hors de sa gorge malgré elle. Sans avoir besoin de le voir, elle le sent ensuite se déplacer plus bas, dériver jusqu'à la rondeur sensuelle d'une hanche dénudée.
Une seconde avant que sa bouche audacieuse ne se pose ensuite à la naissance de son aine pour y déposer un chaste baiser.
Immobile au bas de son corps maintes fois brisé, mais brûlant d'une beauté sauvage dont elle n'a pas conscience, Léo relève juste son visage à demi vers le sien.
D'une voix qu'il s'efforce de garder calme, malgré la tempête d'émotions qui menace de l'envahir, il l'appelle tout bas :
« Nina ? »
Gardant toujours les paupières fermées, l'interpellée se meut entre les draps, soulevant légèrement son bassin vers lui dans une invitation muette à laquelle il répond sans brusquerie.
Le short en tissu n'est pas long à glisser plus encore qu'il ne l'est déjà, révélant peu à peu une intimité qu'il lui tarde de découvrir.
Au rythme de la respiration heurtée de sa jeune amante, le ninja termine de la dévêtir, du moins en ce qui concerne le bas, délaissant le vêtement qui chute au sol dans un bruissement presque inaudible. Ses grandes mains empoignent ensuite et tout aussi tendrement ses chevilles. Sous ses doigts, les boucles noires entrelacées des tatouages qui les entourent, recouvrent d'anciennes cicatrices dont il connait depuis longtemps les origines.
Un court instant, il sent Nina se raidir, l'image d'un mauvais souvenir la ramenant brutalement à une autre réalité, quand elle n'était encore qu'une enfant sans défense, ployant sous les coups de celui censé la protéger.
Aussi embrasse-t-il le creux de celle de droite, juste au niveau de l'articulation où semble débuter les arabesques dessinées, tandis qu'il caresse sa jumelle d'un pouce tendre et amoureux. Le soupire qui le récompense de son initiative met le feu à ses entrailles, embrasant davantage ses sens déjà mis à rudes épreuves.
Si ce n'est pas la première fois que Nina l'autorise à poser ses mains sur elle, ils ne sont encore jamais allés aussi loin en ce qui la concerne.
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Depuis plusieurs mois qu'ils peuvent se considérer comme ensemble, ses mains humaines se sont déjà aventuré sur son corps reptilien. De fil en aiguille, elles ont découvert et dessiné l'épiderme écailleuse d'un toucher qui, d'abord maladroit, a su vite apprendre pour devenir nettement plus habile.
Soucieux de ne pas la brusquer, Léo lui a toujours laissé les rênes. Et très vite, il a accepté avec un délice coupable le plaisir parfois même brutal, tant qu'il ne l'a pas vu venir, que de ses mains, puis de sa bouche et enfin de sa langue, Nina lui a fait découvrir.
Elle qui connaît désormais chaque centimètre de son corps massif et musclé, qui est capable de trouver un point sensible susceptible de le faire venir dans la seconde, n'a jusqu'à maintenant jamais donné le feu vert pour qu'il puisse lui rendre totalement la pareille.
La tenir dans ses bras, éveillée ou endormie, et buvant ses larmes après un cauchemar trop violent, a été finalement chose bien plus facile que de poser ses lèvres dans le creux de sa gorge. Là où palpite la carotide et réside l'odeur de son parfum de chèvrefeuille, dont le mutant adore s'enivrer jusqu'à plus soif.
Pour être totalement honnête, il n'y a jamais rien eu qu'il n'est pas adoré chez la jeune femme.
Ou, qui ne l'est pas bouleversé.
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Comme lors de ce début de nuit où, âgée de treize ans, elle avait atterri sans trop savoir comment au cœur des entrailles de New-York, avec la lèvre fendue et un bleu ornant déjà sa pommette gauche.
Perdue et tremblante de froid, ce fut en premier lieu sur Mikey qu'elle était tombée nez à nez.
Encore aujourd'hui, ce dernier se rappelle avec une netteté effrayante de la peur mutuelle qu'ils s'étaient infligés alors. Peur qui s'était d'ailleurs transformé en attaque de panique pour l'adolescente, et terreur glacée pour la petite tortue de neuf ans à peine.
Son hurlement s'était par ailleurs fait entendre jusque dans chaque recoin sous-terrain, avant même que ses petites jambes ne parviennent à bouger. Sans savoir comment, il avait pourtant réussi à faire demi-tour pour retrouver la sécurité du repaire qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Et quand il s'était heurté sans le vouloir, à son père qui venait à lui d'un pas pressé par l'urgence, de lourds sanglots avaient aussitôt roulés hors de sa gorge.
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Bien plus tard, la petite humaine qui leur avait dit s'appeler "Nina" acceptait avec reconnaissance, la tasse de thé chaud offert par Splinter. Avec ses vêtements mouillés et ses cheveux bruns emmêlés, elle leur avait fait l'impression d'un chaton abandonné dans le caniveau.
« Qui t'as frappé ? » Lui avait doucement demandé le vieux rat.
Les mains tremblantes de Nina avaient alors serré la tasse si fort que ses phalanges avaient blanchi.
« C'est mon père. »
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Nina qui présentement, est toujours réceptive aux cajoleries poussées dont le mutant la gratifie, incite ce dernier à continuer sur sa lancée. Sa bouche parsemant donc sa peau chaude de tendres baisers, en une ligne imaginaire qui le conduit naturellement au cœur même de son désir. Conscient qu'elle peut encore reculer, quand son corps entier lui crie de continuer sa douce torture, Léo ne perd pas de temps alors qu'il se positionne et plonge entre ses cuisses.
Il glisse ensuite une langue mutine entre les replis intimes de son être.
Le hoquet de surprise et de plaisir mêlé de la brune échoue sans tarder à ses oreilles, l'encourageant davantage malgré l'envie douloureuse de s'enfouir en elle. Certes, il serait facile de la faire sienne, et d'assouvir un besoin qui exige libération.
Mais aussi humaine qu'elle puisse être, si faible et fragile comparé à lui, Nina n'a été que trop brisée par des mains ignorant tout de la tendresse. Celles de Léo ne sont là que pour réparer, et non malmener.
Et si il a encore beaucoup à apprendre, il laisse son instinct et les réactions physiques de sa belle le guider.
Du reste, il se contente donc d'en descendre une pour empoigner son membre dur et tendu, amenant l'autre à seconder sa langue, caressant et goûtant en même temps le trésor humide de sa féminité. Il est également fier de la sentir ployer sous le plaisir ardent qu'il lui donne, alors que ses mains fines agrippent convulsivement le drap, dans lequel elle s'emmêle un peu plus à chaque seconde.
« Léo... »
Plus que l'orgasme qui la déchire sans prévenir, faisant recroqueviller ses orteils et tendre ses muscles intimes, c'est son prénom soufflé dans un murmure des plus lascifs qui l'achève à son tour. Le drap froissé qui pend hors du lit ainsi que sa main, s'en retrouvent même souillés, alors qu'il sent encore les crépitements de la jouissance fourmiller dans tout son être.
La joue gauche posée négligemment contre l'intérieur de sa cuisse droite - dont la peau veloutée porte désormais l'odeur musquée du sexe, qui titille ses sens malgré la délivrance - Léo reprend son souffle, les yeux clos et le cœur battant encore la chamade.
Dieu qu'il aime cette petite humaine, adoptée en premier lieu comme une sœur, et désirée ensuite comme une compagne.
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« Mon fils, je dois m'absenter, mais je ne serais pas long. Reste avec tes frères et Nina. Surtout, ne quittez pas le repaire. Est-ce clair ?
- Oui Père. »
Si Léo n'a jamais su ce qu'avait en tête son père, il n'en avait cependant pas moins respecté la consigne donnée.
Aussi avait-il guidé sa fratrie, ainsi que la petite humaine jusqu'à sa chambre, où tous ensemble, ils avait disposés des couvertures et oreillers, à même le sol.
Sans une plainte, Nina s'était alors allongée entre Mikey et Donnie, Raph et lui-même ayant fermé la boucle du même élan protecteur. Puis, une fois serrés les uns contre les autres sous plusieurs couvertures chaudes - et après un long moment sans autre bruit que leurs respirations, la voix éraillée de Nina s'était faite entendre dans la pénombre de la pièce :
« Qu'est-ce que vous êtes ? »
La maladresse de ses mots les avaient surpris, bien plus qu'elle ne les avaient blessés. Car après tout, qu'étaient-ils réellement ?
Ils avaient pourtant répondu, tour à tour, ayant mêlé sans s'en rendre compte, leurs connaissance d'eux-mêmes avec leurs propres ressentis sur leurs existences.
Quand ils eurent fini, un silence s'était installé.
« Tu dois nous prendre pour des monstres, non ? » Avait ensuite murmuré Michelangelo, qui à l'instar de ses frères, s'était mépris sur le mutisme de l'adolescente.
Mais Nina n'avait pas eu peur, ça avait été juste trop gros à encaisser en si peu de temps, voilà tout. Sauf que la voix timide et peinée de la petite tortue avait réveillé quelque chose en elle. C'est pour cela, qu'avec de lents et précautionneux mouvements, elle s'était tourné vers lui, sa main gauche cherchant la sienne sous les couvertures.
Quand ses doigts fins s'étaient refermés sur les siens, le contact froid et écailleux l'avait surprise.
Mais en rien empêché d'affirmer dans un chuchotement pourtant audible :
« Non Mikey. C'est pas vous les monstres. »
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Le lendemain, après avoir été convaincue par le rat mutant de se rendre aux autorités pour dénoncer son père, Nina avait plus tard appris qu'en plus de ne pas avoir nié quand il avait été confronté à ses actes, ce dernier s'était rendu coupable de plusieurs autres monstruosités.
Chose qui malheureusement ne l'avait en rien surprise, elle qui, contrairement au reste du monde, connaissait sa double nature.
Beaucoup de choses s'étaient par la suite enchaînées et elle avait principalement dû partir pour aller vivre sur la côte Ouest, chez sa grand-mère maternelle, avec qui sa défunte mère avait coupé les ponts sous le joug de son mari.
C'est pour cette raison qu'un peu moins de trois ans s'étaient écoulés, avant qu'elle ne redescende un jour, se perdre de nouveau dans les conduits sombres et humides des égouts New-Yorkais, pour revenir à leur rencontre.
Émancipée, car de nouveau orpheline.
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En y repensant alors que le mutant se relève d'un mouvement souple, pour s'en aller se nettoyer à la salle de bain, il lui est impossible de savoir quand les choses ont changées. A quel moment exact, Nina est devenue plus qu'une sœur à aimer et protéger, malgré les quatre années qui les séparent.
Non qu'elle soit cependant incapable de se défendre seule. Splinter a veillé à lui prodiguer le même enseignement qu'à eux, tout en étant peu à peu devenu la figure paternelle qu'elle a toujours recherché.
Bien qu'elle se soit acheté un petit appartement dans un quartier calme, le temps passé au repaire s'est depuis lors, toujours partagé entre celui à la surface.
Cul entre deux chaises, mais ne se sentant plus aussi seule qu'avant, l'adolescente est alors devenue cette sœur qu'ils n'ont jamais eu.
Ayant allégrement profité de son statut de petit dernier, Mikey ne s'est par ailleurs, jamais gêné pour l'amadouer plus souvent qu'à son tour, avec ses câlins et/ou larmes de crocodiles.
Sa manière à lui de signifier qu'il l'avait d'ores et déjà adopté comme telle.
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L'appartement de la jeune femme n'étant pas bien grand, Léo ne tarde pas à revenir sur ses pas, une fois toutes traces de sa semence nettoyée par un gant de toilette humidifié. Ses pensées reviennent instantanément vers le présent, alors qu'il se fige subitement devant Nina.
Celle-ci se tenant devant lui, plus belle que jamais dans la clarté déclinante de cette fin de journée.
Plus encore, alors qu'elle a ôté sa brassière, permettant ainsi à sa poitrine ronde et voluptueuse de s'offrir sans pudeur aucune à son regard.
Si il a bien-entendu pu déjà la caresser, l'envelopper au creux de ses paumes rugueuses, il y a toujours eu une barrière de coton, l'empêchant pleinement d'en apprécier la texture - qu'il imagine sans mal aussi douce que le reste.
Esquissant une moue adorable et coquine, la jeune femme esquisse un sourire qui en dit long, alors qu'elle détaille avec gourmandise chaque parcelle de son corps nu.
Puis elle lui tend ensuite une main dans une invitation muette, l'autre dissimulant quelque chose dans son dos.
« Qu'est-ce que tu caches ? Sourit la tortue mutante en répondant à sa demande silencieuse.
- Embrasse-moi avant. » Répond son amante.
Se penchant docilement sur ses lèvres, après avoir encadré délicatement son beau visage de ses mains puissantes, Léo est cependant arrêté dans son élan par un doigt fin en travers des siennes. Surpris, il lève un sourcil sans pour autant bouger, alors que la brune baisse un regard prononcé sur ses seins pressés contre son plastron.
« Embrasse. Moi. »
Un « Oh » silencieux se formant sur ses lèvres, le ninja esquisse à son tour un sourire qui fait bondir le cœur de la jeune humaine. Désireux d'accéder à son ordre, il s'agenouille aussitôt devant elle, d'un mouvement fluide et sensuel.
Comme il en a rêvé des dizaines de fois, depuis le premier jour où ils se sont embrassés, Léo empaume la poitrine offerte, ses pouces jouant avec les mamelons d'un brun doux. Doucement, leur pointe se durcissent à mesure qu'il les agace de la pulpe de ses doigts. Ses yeux bleus quant à eux, ne quittent pas ceux de Nina.
Cette dernière se force également à les garder ouverts, tant pour profiter pleinement du spectacle, que faire plaisir à son amant.
Se sentant de nouveau gagner en vigueur, celui-ci avance ensuite son visage au creux de cette poitrine ferme et tout à lui - suçant et mordillant les tétons maintenant érigés, l'un après l'autre et sans couper le contact visuel.
Quand il la sent tellement trembler, qu'il en vient à craindre qu'elle ne s'effondre sous l'intensité de ses caresses, Léo l'entoure d'un bras à la fois tendre et possessif. Il n'en continue pas moins son œuvre, avant d'entreprendre de descendre une deuxième fois au sud, sa main libre déjà positionnée à l'entrée de son sexe encore humide.
Rendant les armes, Nina rejette la tête en arrière alors que laissant le soin au ninja d'assurer son équilibre, elle se cambre sous l'intrusion indécente d'un premier doigt qui se fraye un chemin en elle. Qui fouille doucement son intimité, tandis que les lèvres de Léo recouvrent les cicatrices présentes sur son torse de délicieux suçons.
« Je voudrais faire tellement plus. » Confie-t-il subitement dans un murmure rauque.
Il cesse un instant ses mouvements et embrassant avec un amour infini les nouvelles marques qu'il lui a faite.
Si elle avait encore des doutes, quant à ce qu'elle s'apprête néanmoins à lui demander, serrant même le flacon de lubrifiant entre ses doigts, la jeune femme sent une chaleur sans nom l'envahir jusqu'à la moelle de ses os.
Ça n'a rien à voir avec le désir charnel, c'est plus profond et bien plus viscéral.
« Léo ? »
Toujours imbriqué en elle, ce dernier redresse la tête à l'appel de son nom, un instant bouleversé par le voile humide qui embue son regard. Désengageant non sans douceur son doigt de ses chairs, il se relève pour la prendre dans ses bras, et consoler ce qu'il pense à tort, être une réminiscence trop dure à encaisser.
Mais Nina secoue son joli minois, souriant tout autant, alors qu'elle se dégage de son étreinte sans brusquerie, se mettant sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
De chaste, le baiser s'intensifie rapidement, devenant de plus en plus passionné, jusqu'à ce que la brune ne chuchote contre sa bouche. De cette voix grave et autoritaire qu'elle n'utilise qu'au lit, quand elle désire quelque chose qu'il lui donne toujours sans tarder, trop heureux de la combler de son mieux :
« Fais-moi l'amour. »
Son cœur ratant un ou deux battements, alors que la demande des plus précises de la jeune femme se fait clair dans son esprit, le mutant descend ensuite dans son cou parfumé pour en mordiller le grain de peau velouté.
« Tu es sûre ? Ne peut-il toutefois s'empêcher de demander au creux de son oreille, le désir faisant bouillir son sang dans ses veines.
- Oui. »
Le repoussant gentiment, Nina lui montre ensuite le flacon qu'elle dissimulait à sa vue, le faisant même glisser dans une de ses mains si démesurées par rapport aux siennes.
« J'en ai envie Léo. »
La brune n'ajoute cependant pas que depuis un moment déjà, elle a pris conscience que ce qu'il lui avait toujours manqué, n'était en fait que lui.
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Sa reconstruction n'a pas été chose facile malgré l'amour de sa défunte grand-mère. Sans oublier la thérapie entreprit pendant la période où elle s'est éloignée involontairement d'eux. Preuve en est si besoin, des cicatrices laissées par la lame d'un rasoir qu'elle a fait glisser sur ses cuisses de nombreuses fois, faisant couler le sang de même que ses larmes dans une libération éphémère.
C'est sa première véritable amie, devenue ensuite sa première fois qui, de son passé également cabossé, a pu lui faire comprendre qu'il existait d'autres moyens pour ne pas se sentir sombrer.
Le mal par le mal n'est pas toujours la solution la plus saine, juste la plus facile.
Mais si douce et passionnée a pu être Florence, si aimante et présente, Nina n'a pas hésité à revenir à ses racines quand il lui a été involontairement possible de le faire. Si sa grand-mère n'avait pas succombé, nul doute qu'elle serait restée et peut-être auraient-elles continué un bout de chemin ensemble.
Peut-être, peut-être pas.
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Bien que le lit ne soit qu'à quelques pas et après avoir jeté négligemment le lubrifiant sur celui-ci, Léo la soulève dans ses bras puissants. Ses lèvres de nouveau perdues dans son cou qu'il mordille de nouveau, son souffle devient brutalement rauque d'un désir inassouvi qui s'échoue sur sa peau déjà rouge de ses morsures.
Répondant à son envie, la jeune femme s'accroche à lui, murmurant son prénom en entier, tel un doux et entêtant mantra qui termine d'emballer leurs rythmes cardiaque.
L'instant d'après, il la dépose sur son lit, venant avec elle alors qu'elle refuse de le lâcher, prenant toutefois garde à ne pas l'écraser de son poids. Haletante et tremblante d'une passion mal contenue, Nina se cambre contre lui, si câline et sensuelle qu'il manque de basculer.
« Je ne vais pas tenir longtemps à ce rythme. » La prévient alors Léo d'une voix étrangement basse.
Taquine, son amante esquisse un sourire mutin, tandis qu'elle libère son étreinte pour ensuite poser une main à plat sur son plastron. Elle y exerce rapidement une pression suffisante pour l'inciter à échanger les positions.
Ne percevant nullement le piège, le mutant s'y plie de bonne grâce.
Toutefois, son souffle se coupe au fond de sa gorge quand, à cheval sur son bassin et un éclat sauvage au fond de ses yeux bruns, la jeune femme passe une main habile derrière elle. Empaumant par la suite sa verge dure et palpitante entre ses doigts fins, elle y applique précisément LA caresse qui le rend fou.
« C'est mieux comme ça ? » Le défie-t-elle dans la foulée, rendue plus belle encore par son effronterie à son égard.
Si il entrouvre la bouche pour répliquer, Léo ne peut retenir un grognement bas malgré lui, suite à l'ongle du pouce de Nina qui vient de titiller le méat de son gland humide.
« Allons Léo, se moque-t-elle encore, accentuant de même la pression de sa main sur lui. Tu peux passer une journée entière au Ha'shi sans jamais flancher, c'est pas des préliminaires qui vont le faire, non ? »
Et d'ajouter, avec cette lueur de malice dans son regard qu'elle garde soudé au sien :
« Et je n'ai pas encore utilisé ma langue. »
La seconde suivante, la tortue mutante se redresse sans prévenir, obligeant la brune à le lâcher pour ne pas perdre l'équilibre. Cette dernière n'a d'ailleurs pas le temps de comprendre à quel point son petit jeu a pu si bien fonctionner, qu'elle se retrouve de nouveau sur le dos. Ainsi que ses deux poignets retenus au-dessus de sa tête, par la poigne ferme mais nullement douloureuse de Léo.
Le tout en à peine quelques secondes.
Surprise de prime d'abord, la jeune femme hoche mentalement la tête, forcée d'admettre qu'elle l'a bien cherché. Surtout quand son amant se penche doucement vers elle, comme pour lui donner un baiser sans toutefois aller jusqu'au bout, affirmant juste tout contre ses lèvres :
« Tu perds rien pour attendre. »
Loin d'être effrayée quand avec un autre que lui, elle se serait déjà libérée d'une manœuvre habile, Nina enfonce un peu plus le clou. Sa jambe gauche remonte donc le long de la cuisse musclée et couvertes d'écailles du mutant, qu'elle sent vibrer sous la caresse. Si elle garde le silence, le sourire aguicheur qu'elle lui lance, en dit bien plus long que tous les discours.
Inspirant doucement pour reprendre un contrôle qu'il n'a finalement pas quand il est entre ses bras, Léo se force néanmoins à refréner ses ardeurs. Mais alors qu'il la libère en douceur, il lui reprend toutefois les poignets quand elle cherche à entourer son cou de ses bras.
« Non, reste comme ça. »
Toujours sans un mot et par ce qu'elle lui fait pleinement confiance, Nina lui obéit docilement, les replaçant donc de part et d'autres de sa tête. La jeune femme remue tout de même jusqu'à être à son aise pour la suite, qui ne tarde pas à venir quand les beaux yeux bleus voilés du désir de son amant se mettent à briller.
Il récupère ensuite le lubrifiant échoué près d'eux, et se saisissant de ses jambes, les placent ensuite contre son plastron.
Si elle n'avait pas été si petite ou lui trop grand, ses chevilles auraient reposé sur ses épaules, bien que ni l'un ni l'autre ne semble s'en plaindre. Soumise, la jeune femme le laisse agir à sa guise, cet abandon dont elle fait présentement preuve à son égard renforçant la certitude acquise que, pour une raison qui lui échappe, seul Léo est en mesure de combler le vide qui demeure toujours en son âme.
La tendresse dont il fait maintenant preuve alors qu'il la prépare, glissant une énième fois un doigt humide et froid en elle, contraste avec la fougue de tout à l'heure.
Elle en ferme même les yeux de délice, tout son corps crépitant d'attente d'un plaisir plus grand à venir, tandis qu'un long murmure lui échappe :
« Léo... »
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Et dire qu'ici même, à peine sept mois auparavant, une dispute avait fini par éclater entre eux.
Pour une raison qu'elle ignorait jusque là, Nina avait remarqué que Léo avait commencé à s'éloigner d'elle. C'est pour cela qu'elle lui avait demandé de se retrouver en ce lieu qu'est aujourd'hui, leur cocon.
Nina avait insisté, Léo avait nié. Le ton était monté. Et une confession impulsive avait fusé entre eux.
« Je suis amoureux de toi ! »
Il y avait d'abord eu un silence.
Puis un sourire. Timide. Doux. Soulagé.
« Moi aussi, Léo. »
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Un éclair de plaisir à l'état brut la transperce de part en part, la faisant cette fois franchement gémir alors qu'elle recouvre le fil de ses pensées. Un sourire arrogant au coin des lèvres, le mutant réitère son geste, se grisant de la voir s'arquer sous son toucher, la sachant offerte et soumise uniquement pour lui.
Ce n'est que de délicieuses minutes plus tard, alors que ses joues sont colorées de rouge et que son souffle s'entrecoupe qu'elle finit par rendre les armes :
« Viens. »
Du feu liquide coulant dans les veines et ses sens enivrés jusqu'à la lie, Léo obéit sans un mot. Il utilise cependant une autre dose de lubrifiant pour en enduire son membre dur et tendu à lui faire mal - avant de laisser tomber de nouveau le flacon - et écarte délicatement les jambes humaines pour se placer entre.
« Dis-moi quand je te fais mal. » Lui demande-t-il, plongeant son regard bleuté dans le sien, tandis qu'il pousse doucement son gland en elle, prenant sur lui pour ne pas entrer d'un seul coup.
D'un point de vue technique, il a conscience d'être déjà trop large, et même sans avoir lésiné sur le lubrifiant, il ne désire nullement la blesser plus qu'il ne le fera obligatoirement. Aussi la laisse-t-il enrouler ses bras autour de son cou dans un réflexe inconscient tandis qu'il prend appui sur les siens pour garder l'équilibre.
Il glisse encore, millimètre par millimètre, bouleversé malgré lui de la découvrir si chaude et accueillante.
« L-Léo attends. »
Se stoppant aussitôt, l'interpellé se penche sur son visage crispé et ses yeux tout juste clos, baisant tendrement son front, ses paupières, ses joues et ses lèvres, sincèrement peiné d'être la source de la douleur qui la cloue sous lui.
« Commence à bouger. » Souffle alors la jeune femme contre sa bouche, soulevant ses paupières pour croiser son regard.
Pourtant, le mutant secoue doucement la tête, répliquant alors qu'il amorce un mouvement pour se retirer :
« On peut essayer une autre fois.
- Non Léo, attends, répète une deuxième fois la brune, resserrant même ses jambes autour de ses hanches et ses bras autour de son cou. S'il te plaît.
- Nina, je... »
Mais aussi têtue puisse-t-elle être, cette dernière raffermit encore sa prise sur lui, déposant un chaste baiser sur ses lèvres pour le couper :
« S'il te plaît. »
Parce que frère ou amant, il n'a jamais été en mesure de lui refuser quoique ce soit, le ninja accepte ce qu'elle lui demande. S'efforçant de tout son être de rester concentré pour ce faire tant son érection lui semble maintenant vraiment douloureuse, il inspire doucement et commence à se mouvoir. Vient un début de va-et-vient lent et néanmoins rythmé, le frottement de leur chairs intimes créant contre toute attente une délicieuse friction.
Soupirant doucement et au bout de longues minutes, la jeune femme parvient peu à peu à se détendre suffisamment pour lui permettre de s'enfoncer un peu plus, une pointe de douleur accompagnant tout de même le plaisir qui commence à venir.
Les joues et le corps en feu, elle quémande un énième baiser qu'il n'est que trop heureux de lui donner, sa langue audacieuse cherchant la sienne dans un ballet passionné, alors qu'un tout premier gémissement mutuel se perd entre leurs souffles mêlés.
« Ça va ? » S'enquiert cependant le mutant, sans cesser pour autant la valse tendre de ses hanches.
Il n'est pas totalement en elle, étant décidément trop large pour y plonger jusqu'à la garde, mais s'en contente sans mal, soucieux de la réciprocité de la chose à son égard.
« Oui. » Murmure aussitôt Nina, maîtrisant la douleur qui reste tout de même en arrière-plan, quand un plaisir brut prend place au creux de ses entrailles.
Qu'importe qu'elle risque fortement d'avoir du mal à marcher quand elle devra se lever demain pour aller bosser. C'est Léo, lui et lui seul, et c'est tout ce qui compte. Alors elle referme les yeux et se laisse submerger, se mordant la lèvre inférieure, et s'arquant contre lui quand une bulle de félicité éclate en elle - un grognement rauque suivant dans la seconde.
« Vas plus vite. » Demande-t-elle ensuite, le cœur battant une chamade folle entre ses côtes.
Se redressant tout en accédant à sa requête, son amant pose une main possessive sur une de ses cuisses, retraçant de la pulpe de son pouce le relief d'une cicatrice, et sentant bientôt en lui quelque chose se tendre jusqu'à presque rompre.
Ses mains reposant maintenant sur ses avant-bras, Nina y enfonce ses ongles courts une éternité plus tard, un orgasme à nul autre pareil la frappant sans crier gare, faisant une nouvelle fois arquer son corps souple.
Se retirant aussitôt, alors que les contractions de ses chairs intimes sur son membre le font venir à son tour, Léo en savoure pleinement l'explosion brûlante qui embrase chaque cellule de son être, souillant même une énième fois le drap. Mais également les cuisses moites de la jeune femme qui, toujours sous lui, reprend lentement son souffle.
Le mutant fait de même, avant de se déplacer sans brusquerie pour descendre du lit.
Se demandant subitement comment ils se sont débrouillés pour ne pas le casser alors qu'il se rend une deuxième fois à la salle de bain. Il en ressort peu après, un gant de toilette humide à la main, et souriant à la vue de Nina qui n'a toujours pas bougé - exception faite de son bras gauche en travers de son visage.
Tendrement, il essuie les traces blanchâtres de sperme qui maculent ses cuisses, soufflant dans le même temps :
« Il va falloir que tu te lèves ma belle.
- Seulement s'il y a le feu. » Rétorque cette dernière d'une voix lourde d'une fatigue, qu'elle n'avait pas il y a encore cinq minutes.
Amusé, le ninja s'accroupit à ses côtés, posant sa main libre sur le haut de son abdomen, son pouce chatouillant doucement les côtes qu'il sait sensibles.
Se tortillant sous son toucher, la brune sourit alors qu'elle enlève son bras pour tourner la tête dans sa direction :
« Qui aurait pu croire qu'une tortue puisse avoir autant d'endurance. »
Répondant à son sourire, Léo se relève tandis qu'il attrape ses mains pour l'inciter à en faire de même.
« Repenses-y la prochaine fois que tu t'en moqueras. »
Hochant simplement la tête, Nina étouffe un bâillement derrière son poing fermé, alors qu'il retire le drap tâché, se chargeant ensuite de les mettre à laver pour plus tard, le gant de toilette et lui. Il se charge ensuite d'en mettre un propre sur le matelas désormais nu, alors que la jeune humaine trifouille maintenant son radio-réveil.
Aux lueurs des lumières artificielles des lampadaires déjà allumés, les fleurs roses du cerisier Japonais qui parcourt son dos musclé semblent se mouvoir et faire danser leurs délicats pétales d'un rose nacré sur sa peau.
Cet endroit plus que les autres, empreint de longues cicatrices pratiquement toutes recouvertes du tatouage - à l'origine et à sa demande - dessiné par Mikey, un mois après son retour.
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« Tu n'avais pas déjà réglé la sonnerie ? S'étonne Léo quand Nina se redresse, coupant court à ses pensées.
- Si, répond-t-elle, se recouchant nue sur son lit, et se blottissant directement dans ses bras quand il l'imite. Mais j'ai avancé d'une heure pour avoir une chance d'arriver à l'heure au boulot. »
Les yeux fermés et la tête reposant sur son bras, elle profite encore de sa présence. Parce qu'elle consciente qu'à peine sera-t-elle endormie, il désertera sa couche pour retrouver leurs trois frères, déjà prêts pour un énième entrainement sur les toits New-Yorkais.
« Léo ? Appelle alors Nina dans un murmure.
- Oui ma belle ? »
Redressant son joli minois vers le sien et soulevant ses paupières afin de croiser son regard bleu, elle pose une main bien à plat sur son plastron, pile à l'endroit du cœur.
« Je t'aime. »
Fin.
