Je m'excuse pour cette longue attente, mais j'ai eu énormément de travail !

J'espère que cette suite vous plaira.

Le Rizzles n'est pas vraiment mentionné, mais il y en aura une grosse bouffée dans le prochain chapitre.

Je remercie particulièrement ArianeC pour tous les petits mots échangés qui m'ont poussé à continuer !

Je ne peux que vous encourager à donner vos avis et à faire part également de vos remarques, ça m'aide énormément.

Bonne lecture !


Now things are coming clear

Maintenant les choses sont claires

And I don't need you here

Et je n'ai pas besoin de toi ici


Jane s'était emparée d'un petit stick de caféine dissimulé dans la salle de repos.

Elle avait terriblement besoin du bien-être que lui procurerait le mélange des granulés avec la bouilloire.

Une fois correctement requinquée grâce à la mixture, la brune serait prête à quitter son poste pour la journée, à préparer un bon dessert rempli de sucre pour requinquer sa femme, puis plonger ses doigts dans les boucles platine et se délecter de la douceur des lèvres pulpeuses qu'elle embrasserait.

La policière savait que Cavanaugh supportait mal ses perpétuelles absences, celles qui nuisaient à la bonne entente du service, mais elle privilégiait sans cesse l'ingénieuse blonde depuis que l'entourage familial de celle-ci était disparate.

- Jane ! C'est si bon de te revoir !

La brune soupira fortement alors qu'on s'introduisait sans frapper, ni gène dans la pièce.

Casey venait de franchir la porte alors qu'elle rêvait d'un petit moment d'intimité, le nez collé contre la peluche encore recouverte de plastique que son neveu avait acheté pour le futur bébé.

Elle imaginait la peine que ressentirait le petit quand elle lui raconterait que ce projet est définitivement clos.

Maura se refermerait complétement sur elle-même si cette obsession urgente persistait.

- Dois-je m'attendre à une longue liste d'excuses ? clama Jane, en fronçant les sourcils devant l'air hypocrite de son ancien compagnon.

L'homme s'était empressé de l'enlacer comme s'il ne l'avait jamais lâchement abandonné alors qu'elle était enceinte.

Il cherchait visiblement du regard une photo du nourrisson sur le mur, mais il ne trouva qu'un portrait de Maura habillée d'une somptueuse robe emplie de dentelle et à la traîne lumineuse.

- Tu…Tu as avorté ? demanda le militaire, qui avait renoncé à un grade supérieur pour retrouver son unique amour.

Il regrettait amèrement sa puérilité, mais espérait encore qu'un bouquet de fleurs ainsi que le fruit de leur histoire commune puisse les rapprocher suffisamment et raviver les cendres de leur idylle.

Jane effleura légèrement la cicatrice gravée au scalpel sur sa chair, la marque la démangeait subitement.

L'embarras pouvait se lire sur le visage de l'italienne.

Pendant un bref moment, les remords s'emparèrent de son esprit au souvenir du sang qui s'était écoulé, de la douleur exprimée, de la stupidité dont elle avait fait preuve et des actes dangereux qui avait conduit le fœtus qui grandissait en elle à s'évacuer trop prématurément.

- Je l'ai perdu ! murmura-t-elle, la gorge nouée par les sanglots qu'elle retenait.

La détective se retourna légèrement pour boire correctement l'expresso préparé par ses soins.

A l'abri du regard inquisiteur de Casey, elle souleva la tasse assez hautement pour dissimuler l'index qui éloignait la larme qui s'écoulait sur sa pommette.

La douleur était toujours aussi vive et la plaie encore ouverte malgré le temps qui s'écoulait.

- Oh, je…balbutiai son interlocuteur, tourmenté par la révélation.

La recrue était troublée, ses idéaux s'effondraient, étant réduits en illusions.

Il s'approcha de la femme qui s'efforçait de le fuir, apposant ses doigts sur le creux de ses reins.

Jane recula jusqu'aux plaques de cuisson tant la proximité était grande, intrusive et inappropriée.

- Ce n'est rien ! para-t-elle, tout en plaçant ses mains contre les abdominaux toniques pour maintenir une certaine distance entre leurs deux corps.

La perte du nourrisson ne devait aucunement susciter un baiser ou tout échange trop sensuel qui pourrait définitivement briser son couple puis entrainer Maura dans une spirale destructrice et fatidique.

Ils étaient dans un lieu public, une pièce dans laquelle n'importe quel agent pouvait entrer et ternir l'image de la policière, notamment sa fidélité.

- Tu es mariée ? demanda-t-il, intrigué par la découverte d'un saphir brillant à l'annulaire hâlé.

Jane attrapa le cadre accroché pour y extraire la photographie qui avait été pliée en deux parties pour entrer élégamment dans les encoches.

Elle dévoila alors la suite de l'image, le paysage incluant ses mèches ébène relevées en un chignon impeccable, son teint sublimé par une simple touche de maquillage et sa moue adorable exprimant nettement la fierté et le bonheur qu'elle ressentait à ce moment précis de son existence.

- Une blonde envoutante a captivé mon âme toute entière ! expliqua-t-elle, en désignant la poigne possessive qui entourait les hanches de son épouse sur le cliché.

Le soldat sursauta en reconnaissant les ongles rongés de Jane sur le papier, ceux qui l'avaient souvent rassuré et qui enveloppaient à ce jour le bassin de l'employée mortuaire dans un élan de tendresse qui lui était auparavant dévoué.

- Tu parles de Maura ?! s'écria Casey, hébété par l'aveu qu'on lui confiait.

L'homme s'était attendu à ce qu'un obstacle le bloque dans sa reconquête, surtout les nerfs de l'enquêtrice, mais il ne s'attendait pas à une contrainte féminine et autant adulée des Rizzoli.

La tâche serait plus complexe que le sergent l'envisageait, mais il avait élaboré des tas d'arguments pour que sa cause soit celle gagnante.

Il allait en exposer un quand les gonds de la porte grincèrent pour s'ouvrir sur Angela, emmitouflée dans un épais manteau, les joues rosies par l'effort.

La serveuse cherchait visiblement quelqu'un sans relâche, courant presque dans toutes les allées, parcourant toutes les salles du commissariat avec vigueur.

- Mais que fait-il ici ?! s'écria-t-elle, révoltée par la scène à laquelle le destin la confrontait.

Jane préféra se taire pour ne pas commencer un débat interminable qui finirait en esclandre.

Elle se questionnait plutôt sur les raisons qui amenaient sa mère à travailler dans les locaux en début de soirée, surtout sans sa belle-fille adorée.

- Tu ne devrais pas être à la maison avec Maur' ? s'enquit Jane, surprise que sa mère ne soit pas occupée à chouchouter sa femme.

Angela exerçait une protection accrue envers Maura, surtout quand le réconfort devenait une donnée vitale pour la blonde.

L'italienne consolait, cuisinait, plaisantait et bordait parfois celle qu'elle considérait comme son propre enfant.

- Je ne la trouve pas ! narra l'aînée, qui n'avait repéré que des gobelets vides à l'accueil et non l'habituel fracas des talons aiguilles sur le carrelage.

Jane arqua un sourcil, étonnée par la nature du raisonnement.

Elle avait aperçu sa conjointe siroter plusieurs décoctions, puis flâner à l'extérieur un moment alors qu'Angela aspirait la cafeteria et qu'elle-même s'accordait une pause pour un encas.

- Elle s'est peut-être endormie dans la voiture ! proposa Jane, tout en attrapant le mobile calé dans la poche arrière de son pantalon.

La brune composait le numéro de son âme-sœur, alors que sa mère sortait les clés du véhicule que la légiste n'avait visiblement pas dérobé pour se réchauffer.

Maura était donc forcément dans le froid, fragilisée et sans surveillance.

- Tu l'as appelée ? demanda la policière, alors que le répondeur de la blonde angélique se manifestait, signe de son absence.

Jane n'eut pas le temps de laisser un message, quelqu'un venait de toquer à l'entrée.

L'individu qui s'imposait dans leur inquisition confirma les craintes de Jane, amplifiant le désarroi et l'inquiétude palpable.

- Hope ?! s'exclama-t-elle, si consternée qu'elle en lâcha la fresque au sol.

Les pupilles noisette étincelantes retranscrites sur la photographie se froissèrent au contact rugueux du parquet, se courbant négligemment.

La dernière fois que Jane avait interpellé la praticienne, la concernée avait soi-disant égarée l'alliance achetée pour une demande en mariage incroyable et saisissante le jour de Noël.

Jane avait été furibonde, même si Angela avait réparé les dégâts en se séparant d'une bague présente depuis des générations dans son arbre généalogique.

L'animosité ambiante qui se profilait s'amplifia dès que l'invitée commença à parler :

- Maura a été agressée.