Réponses aux reviews des non-inscrits :
Amista : Merci beaucoup, c'est un peu ce que je voulais donné à cette fiction, de la guimauve à souhait. Merci pour ta review !
Bonne lecture.
Partie II : Le maire.
- Bonjour, monsieur le maire, répondit poliment Harry.
Draco écarquilla les yeux. Le maire ? Mais que venait-il faire ici ? Draco dévisagea l'homme qu'Harry avait laissé entrer. Son visage était plus laid que sa voix. Il était chauve, le nez aplatit, les traits tirés comme s'il n'avait jamais vécu. Il était grand avec un teint presque gris. Il n'était pas sûr que les humains devaient ainsi quand ils vieillissaient. Il en avait vu des vieux humains, et ils ne ressemblaient pas du tout à cela. Non, c'était sûrement autre chose qui l'avait atteint. Peut-être une maladie. Harry lui avait parlé des maladies qui touchaient les humains. Cela devait sûrement être ça.
- Allons Harry, pourquoi t'obstines-tu à m'appeler ainsi... Après tout ce que nous avons vécu ensemble...
- Que me vaut l'honneur de votre présence, monsieur le maire.
Draco regarda l'homme plisser les yeux. Il ne comprenait pas pourquoi Harry était aussi froid avec son chef. Que s'était-il passé entre eux. Bizarrement, le blond commença à éprouver un sentiment qu'il n'avait jamais ressenti. La jalousie...
- Bien, si tu le prends comme ça. Je passais en coupe vent juste pour voir comment tu allais. Cela fait longtemps que tu n'es pas passé dans la ville.
- Je vais bien. Répondit tout simplement le brun.
Draco vit le maire regarder tout autour de lui, la maison étant propre et rangée.
- Tiens, tu as fait un peu de ménage ? Je n'avais jamais vu ta maison ainsi depuis... Et bien, depuis la mort de tes parents. Une femme dans ta vie peut-être ?
- Tu sais très bien que non, Tom, grinça le brun en passant subitement au tutoiement. Maintenant, dis-moi ce que tu veux et vas-t-en.
- Harry, Harry, Harry... Soupira le maire en s'approchant trop près de lui au goût de l'enfant de la Lune. A quel moment tes yeux se sont-ils tant assombris quand tu me regardes ?
Il prit le visage du brun dans sa main et le cœur de Draco rata un battement. Il eut envie de sortir de là et de l'empêcher de le toucher. Mais les mots d'Harry le stoppèrent. Il ne voulait pas lui désobéir. Il ne pensa pas une seule seconde à son propre malheur. Harry fit lâcher le maire d'un coup sec et recula prudemment.
- Depuis que tu es parti, me laissant ici, seul. Et que tu t'es transformé... en cet être abject que tu es maintenant. Mais ça tu le sais déjà, à quoi te sert-il de me le faire répéter. Je ne changerais pas d'avis. Je t'ai aimé un jour. Et maintenant, tu me dégoûtes.
L'enfant de la Lune eut presque les larmes aux yeux en entendant cela. Harry éprouvait tellement de colère et de tristesse qu'il pouvait le sentir. Il vit le maire restait de marbre alors que ses yeux scrutaient le visage de son sauveur avec indifférence. Puis il haussa les épaules et se retourna vers la sortie.
- Ah oui, pendant que j'y pense, fit-il avec un sourire malfaisant. Il se raconte que pas plus tard que qu'il y a deux nuits, quelqu'un aurait vu tomber quelque chose du ciel. Près de chez toi. Et ce même quelqu'un aurait vu un homme brillait, hier soir. C'est étrange ne trouves-tu pas ?
- Et alors ? Un enfant de la Lune serait tombé du ciel ? Ne me prends pas pour un idiot, tu sais très bien que ce n'est que des histoires que tu me racontais quand j'étais enfant. Peut-être qu'autrefois j'aurais bu tes paroles sans me poser de questions, mais je sais qu'il n'en sort que des mensonges.
- Fais attention, Harry, s'énerva Tom. Tu oublies que je reste ton maire et si je le souhaite, je peux raser ta maison d'un claquement de doigt. Est-ce cela que tu veux que je fasse de l'héritage de tes parents ?
- Fais ce qu'il te semblera bon à tes yeux. Au contraire, fais-le. Je partirais d'ici, loin de toi et de ton arrogance. Cria Harry.
Le maire serra le poing et Draco vit qu'il voulait le frapper. Mais il se retint, reprit cet air d'indifférence sur son visage si laid puis murmura :
- J'espère franchement que tu ne sais rien sur cet enfant de la Lune. Cependant, si tu vois ou entend quoique se soit, j'exige que tu m'en fasses part. J'ai déjà prévenu le village que si quiconque le gardait enfermé, il subirait un châtiment bien pire que la mort. Et cela vaut aussi pour toi, Harry. Malgré le fait que je t'aime, et t'aimerais toujours.
- S'il existe vraiment, que vas-tu faire de lui ? Éluda le brun.
- Allons, je veux juste qu'il retourne sur son nuage sans une égratignure. Je ne me permettrais pas une autre guerre avec les enfants de la Lune. Surtout pas ici, dans ce village que j'affectionne tellement.
Harry plissa les yeux.
- Une autre guerre ?
- N'es-tu pas au courant ? Bien sûr que non, qui le serait ici, reculé de toute civilisation. Quelque part en Amérique, les enfants de le Lune sont descendus sur Terre afin de punir de leur magie les humains qui avaient mangé ceux qui étaient tombés. Après quoi, ils sont remontés. Les enfants de la Lune sont dangereux. Mais grâce à eux, je sais comment le faire rentrer chez lui. Alors, s'il te plaît. Si tu le vois. Apporte-le moi.
Harry ne répondit pas. Draco était de plus en plus surpris. Son père ne lui avait jamais dit que des enfants de la Lune étaient entrés en guerre contre les humains. Quand est-ce que c'était arrivé ? Le maire attrapa la poignée de la porte et murmura :
- C'est étrange, Harry. Pourquoi t'enferme-tu dans le noir par une si belle journée !?
Il ouvrit brusquement la porte et un rayon de soleil flamba la pièce. Draco s'écarta sans un bruit du laser de feu qui se présenta, à travers le trou de serrure. Il enveloppa ses jambes dans ses bras et ferma les yeux, espérant ne pas avoir fait trop de bruit. Mais tout ce qu'il entendit par la suite, fut la porte se claquant et Harry qui tombait sur une chaise. Il regarda si la voie était libre avant de sortir. Le blond s'approcha du brun et posa une main hésitante sur son épaule.
- Harry...
Celui-ci se tenait les mains dans son visage. Draco fit le tour de la table et s'assit en face de lui.
- Conte-moi, s'il te plaît... Tu... aimais cet homme ?
Le brun prit une grande inspiration. Puis hocha la tête.
- Il n'était pas comme ça avant, commença-t-il. L'homme dont je t'ai parlé hier, celui que je prenais pour mon frère. C'est lui. Je l'ai rencontré quand je n'étais qu'un enfant de cinq années. Mes parents n'étaient que de simples paysans, ils travaillaient dur pour se nourrir et nous n'avions pas d'argent. Mais à mes yeux, c'était plus que suffisant. Tom avait seize ans à l'époque. Fils de l'ancien chef, il allait dans une école des plus chers. Il était intelligent et beau garçon. Il semait derrière lui des sourires à tous. Il était apprécié, doux et gentil. On s'est connu quand mes parents vendaient du bétail à la ville et depuis lors nous ne nous sommes jamais quittés.
Harry eut un sourire sans joie sur le visage, ses yeux dans le vague faisaient penser à Draco que les souvenirs qui lui remontaient étaient entre joie et douleur.
- Comme mes parents n'avaient pas d'argent pour m'envoyer à l'école, Tom fut celui qui m'apprit à lire et à écrire. Il fut mon professeur pendant huit ans. Quand j'eus treize ans, mes parents disparurent et c'est lui qui sécha mes larmes et me réapprit à vivre. Doucement doucement, les années se succédant, notre affection l'un pour l'autre est devenue plus forte. Tom fut mon premier et dernier amour.
- Et que s'est-il passé ? Demanda Draco, buvant littéralement ses paroles.
- Nous nous sommes aimés, pendant un temps. Et puis il m'annonça qu'il devait partir étudier ailleurs. Et qu'il ne pouvait m'emmener avec lui mais qu'il m'écrirait souvent et reviendrait vite. Même si je fus anéanti par son départ, j'attendis chaque jour ses lettres. Et quand la première vint, c'est comme si je renaissais. Puis la seconde, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'un jour, ses mots commencent à m'effrayer. Le pouvoir lui était monté à la tête, il ne jurait plus que par lui. Il n'y avait plus d'amour dans ses lettres. Seulement des plans pour arriver en haut, devenir le maître du monde. A partir de là, je finis par redouter ses lettres. Et je m'empressais de les brûler quand elles arrivaient. Cinq autres années se sont écoulées. J'avais vingt-trois ans et tout l'amour que j'avais pour lui s'est effacé comme neige au soleil. J'en avais presque oublié qu'il fut un jour l'homme que je respectais et que j'aimais. Et puis en un triste matin, son père mourut et il réapparut dans le village. Il était devenu celui que tu as vu. Cette homme, sans cœur et sans amour. Cette homme détruit par le pouvoir.
Draco prit la main du brun dans la sienne. Harry avait presque les larmes aux yeux. Une colère sourde emplit son cœur. Une colère contre cette homme qui avait fait du mal à son sauveur. Ainsi qu'une jalousie mordante.
- J'ai fait comme si à mes yeux, il n'existait plus. Et quand il est revenu vers moi, je l'ai repoussé, encore et encore... Cet homme... C'est le mal incarné. J'ai entendu certains enfants le surnommer « Voldemort ». Et je l'ai entendu, lui, rire au éclat en disant que ce n'était pas un si vil nom. Il a appliqué de nouvelles lois, des lois qu'il disait venir des grandes villes, et fait pendre toutes personnes contre son jugement. Parfois même, tue-t-il des gens à l'insu de tous, mais personne ne hausse le ton pour crier à l'injustice. Et je dois dire que j'en fais tout autant.
- Parce qu'une partie de toi l'aime encore ? Demanda Draco alors que son cœur s'accélérait.
- Non, rit le brun. Parce que je suis ici chez moi. Et qu'en vrai, je ne veux en être chasser. Que puis-je faire contre le diable en personne et sa milice de démons ? Rien du tout. Je ne suis qu'un homme.
Harry ne dit rien de plus. Il sécha ses larmes qui n'avaient pas coulé et regarda l'enfant de la Lune.
- Et toi ? Fit-il gaiement, essayant de retrouver contenance. As-tu quelqu'un que tu aimes ? En trois cent ans de vie, ne me dit pas que tu n'as personne...
- Hmm... Murmura Draco en lui lâchant la main. J'ai une fiancée. Ma meilleure amie, Pansy. Mais... Je ne l'aime pas vraiment. Et elle non plus d'ailleurs. Elle ne me dit rien, mais je sais qu'elle est malheureuse. Je crois qu'elle est aime chèrement Blaise, mon plus grand ami d'enfance.
- Oh... Mais pourquoi êtes vous fiancé alors ?
- Parce que si je ne suis pas marié à quelqu'un au matin de mon trois-cent vingtième anniversaire, mon père me fera marier à une inconnue des nuages voisins. Sûrement la princesse du royaume de Poufsouffle ou encore le prince de celui de Griffondor, tu verrais sa tête, il est tout bonnement affreux. Je n'avais envie de cela. Alors Pansy m'a proposé de se sacrifier pour que je puisse trouver l'amour un jour et quand cela sera fait, nous nous quitterons sans aucun regret.
- Tant mieux que cela se passe ainsi, sourit Harry. Il n'y a rien de mieux que d'être avec la personne que tu aimes de tout ton être. Les mariages arrangés ne sont que malheur et désespoir.
Draco rougit et baissa les yeux. Son visage prit une once de couleur pour la première fois. Comment lui dire... ce qu'il commençait à ressentir pour lui ? Était-ce un coup de foudre ?
- Quoique tu aies pu entendre sortant de la bouche de Tom sur ton retour dans ton monde n'est que fausse manipulation, ne le croies pas une seule seconde. Tu devrais aller te recoucher, Draco. La nuit ne viendra que dans quelques heures. Je vais aller travailler au dehors. Je ne peux continuer à ne rien faire !
Le blond s'attrista. Il n'avait plus envie de dormir. Il voulait désormais, passer le reste de la journée et toute la nuit avec lui. Il voulait lui parler et le prendre à nouveau dans ses bras. Il voulait lui faire oublier cet homme qui avait rempli sa vie de bonheur et de tristesse pour ne lui faire penser qu'à lui, et uniquement lui. Mais Harry avait déjà quitté la chaumière. Et Draco resta seul avec ses regrets. Oui... C'était sans aucun doute un coup de foudre.
Le soir venu, Draco sauta sur Harry après qu'il eut mangé.
- Viens, viens... A moi de te faire découvrir mon monde. Allons dans les bois.
- Draco, ce n'est pas très prudent. Et si tu te remettais à briller ? La pleine lune est demain.
- Harry ! Je n'ai pas envie de rester enfermé ici, je le suis déjà toute la journée. S'il te plaît. Juste une heure ou deux nous serons rentrés avant même que je ne commence à briller.
Harry fit la moue puis finalement sourit et hocha la tête. Draco sortit de la maison, heureux comme jamais.
- Draco, tes chaussures.
- Mais je n'aime pas ça, se plaint-il. Ces choses me font mal. Ne m'obliges pas, pitié.
- Très bien, concéda le brun ne pouvant absolument rien lui refuser. Mais si jamais tu te fais mal, ce sera de ta faute.
Le blond lui sourit en retour puis il partit dans les bois. Draco courrait de partout comme un enfant et lui montra les nuages. Il lui parla du royaume de Serpentard, du château, des mondanités, de la ville et de la fête de la Magie.
- Elle descendra de la Lune dans trois nuits pour nous parler. Nous aurons alors le droit, tout une nuit durant de lui poser autant de questions que possible. Tous les rois et les reines, ainsi que leurs enfants, des nuages du monde sont conviés à la soirée. Je la verrais pour la première fois avec des yeux d'adultes.
- Tu veux dire que pendant deux cent ans tu étais un enfant ?
- Bien sûr. Notre corps grandit d'un an pendant notre premier centenaire puis de dix ans tous les cent ans. C'est un peu comme si j'avais vingt ans dans ton monde. Et quand nous avons l'apparence de mon père par exemple, nous ne vieillissons plus.
- Et... ça fait quel âge en humain, d'après toi ?
Draco réfléchit longuement en se rappelant tous les hommes et femmes qu'il avait vu.
- Je dirais quarante ans... Quelque chose dans cette tranche.
- D'accord. C'est super étrange, mais d'accord.
- Si seulement tu pouvais la voir, Harry, reprit-il en s'extasiant. Je me rappelle que par des vagues souvenir mais, elle était si pure et si belle... C'est comme si la Lune elle-même était descendue.
Le brun sourit, amusé. Soudain, le blond s'arrêta brusquement et se pencha. Ils étaient arrivés près d'un petit lac. Il le trouva très noir alors il toucha une plante à côté et celle-ci se mit à scintiller. Ainsi de suite, toutes les fleurs, les champignons même les coraux dans l'eau brillèrent d'une douce lumière de lune. Harry se dit que ce n'était pas prudent mais ils étaient assez loin de la ville, alors il le laissa faire.
- Mon monde est comme ça, chuchota Draco avec un peu de tristesse dans la voix, espérant un jour le revoir. Brillant de milles éclats. Sauf que c'est la lumière de la Lune qui l'illumine.
Le blond posa sa main à plat dans l'eau et poussa. Il sourit en se rendant compte qu'il ne passait pas au travers. Il était aussi léger qu'un nuage, il pourrait donc marcher sur l'eau. Il se releva et posa un pied dedans. Puis s'avança sous le regard stupéfait d'Harry. Il se retourna et lui tendit les mains.
- Viens ! Je vais te montrer.
- Draco, je ne flotte pas sur l'eau moi. Je coule !
- Ne t'inquiète pas, tant que je te tiens, tu flotteras. Viens, je t'en prie.
Harry hésita puis soupira et retira ses bottes. Elles lui étaient précieuses. Pas question de les abîmer s'il venait à tomber. Il retira sa veste aussi et son t-shirt. De même, il pensa que s'il sortait de l'eau, il aurait froid. Puis il prit la main du blond qui lui souriait, enthousiaste. Il prit la seconde et posa un pied sur l'eau.
- C'est incroyable, s'exclama-t-il en marchant sur l'eau.
Draco recula et lui avança. Harry regardait le fond maintenant illuminé de l'eau et perdit quelque peu l'équilibre mais l'enfant de la Lune le retint.
- Tu vois, chuchota-t-il à nouveau. Mon monde est comme ça.
Harry sourit de bonheur avant de plonger son regard dans le sien. Son sourire se bloqua, son cœur commença à palpiter anormalement. Il s'approcha afin que quelques millimètres ne les séparent seulement. Draco prit ses bras entre ses mains et lui par la taille.
- C'est magnifique... Dit Harry tout doucement en ayant peur de gâcher un tel moment. Ton monde est magnifique. Il me donne envie de le voir de mes propres yeux.
Draco sourit. Mais quand la distance entre eux s'amenuisa, quand Harry colla son torse au sien et qu'il put entendre les battements frénétiques de son cœur, il eut un peu peur et se sursaut le fit le lâcher. Harry tomba dans l'eau dans un cri sourd.
Il rejeta la tête hors de l'eau et bouda. Draco rit soudainement et s'accroupit à côté de lui.
- Excuse-moi.
- J'étais sûr que tu me ferais tomber.
- Je n'ai pas fait exprès. Sourit-il un peu plus.
- Moi non plus. Fit le brun avec un sourire carnassier.
- Comment ç... ?
Et le brun attrapa son bras pour le faire plonger dans l'eau. Bien qu'il pouvait flotter dessus, ses habits et ses cheveux maintenant trempés le maintinrent à l'intérieur. Il s'affola, battit des bras et des jambes dans des gestes désordonnés.
- Harry ! Je ne sais pas nager. Hurla-t-il. Je ne sais pas nager.
Le brun rit aux éclats et s'avança. Draco attrapa son sauveur par les épaules et se hissa dessus. Harry entoura sa taille d'un bras fort, se délectant à nouveau de sa légèreté. L'enfant de la Lune respira longuement en regardant l'eau. Puis il foudroya Harry de ses yeux gris alors que celui-ci riait encore.
- Tu es vraiment le plus vil des hommes !
- Dit celui qui m'a fait tomber le premier.
- Mais toi, tu sais nager ! Moi je n'ai jamais vu d'eau avant hier ! Je ne savais même pas ce que le verbe « nager » voulait dire.
- Là, calme-toi. C'est facile. Il suffit de battre des pieds comme ça.
Draco suivit ses mouvements, mais n'eut aucune confiance en lui pour le lâcher. Le brun le remarqua et leva la tête pour lui sourire, espérant l'encourager. Son visage était si près du sien qu'il pouvait sentir son souffle contre sa joue. Et quand il le regarda à son tour, il se plongea dans la contemplation de ses yeux. Ses yeux couleurs de lune.
- Ton monde est peut-être magnifique, murmura le brun, mais toi, tu l'es encore plus.
L'enfant de la Lune écarquilla les yeux avant de rougir une nouvelle fois. Il sourit de joie et se pencha. Ses lèvres se posèrent timidement sur les siennes. Harry les happa rapidement, approfondissant ce baiser qui engloutit toutes leurs pensées. Il n'y avait plus rien. Plus rien qu'un humain et un enfant de la Lune qui s'embrassait dans un lac brillant de milles lumières blanches. Draco prit son visage dans ses mains pour l'embrasser encore. Harry resserra sa prise sur sa taille dans l'espoir de confondre son corps au sien. Ils tournoyaient dans l'eau sans même sans rendre compte.
Et quand ils s'arrêtèrent de s'embrasser, Draco souriait tristement.
- Père me tuera, je suis tombé amoureux d'un humain... C'est interdit.
- Tu n'es pas sur les nuages aujourd'hui... Fit Harry en battant des bras pour rejoindre la rive. Alors aimes-moi autant qu'il te plaira et quand tu repartiras, tu auras le droit de m'oublier.
- Je n'ai pas envie de t'oublier. Scanda Draco.
- Moi, je ne t'oublierais jamais...
Il le monta sur le rebord et fit de même. Mais sans lui laisser le temps de parler, il reprit ses lèvres avec les siennes. Il l'embrassa jusqu'à ce qu'ils perdent la notion de temps. Il l'embrassa comme jamais il n'eut embrassé Tom et l'aima comme jamais il ne l'avait aimé. Il le poussa au sol et s'allongea sur lui. Draco colla ses mains sur son torse déjà dénudé, retraça ses muscles et les traits de son dos. Il le serra contre lui.
Harry lui fit pencher la tête en arrière, d'une main forte sous son menton et ravit son cou de mille baisers. L'enfant de la Lune gémit de plaisir alors que son sang commençait à battre affreusement vite dans son cœur et vers son pénis. Il le fit ensuite relever et retira prestement son t-shirt. Il avait envie de l'aimer, maintenant, et pourtant calmer ses ardeurs pour ne pas le prendre tout de suite. Il l'embrassa partout et lécha ses tétons. Draco n'était plus qu'un légume de plaisir et gémissement sous lui. Puis revint sur sa bouche et l'embrassa encore.
Aucun des deux n'avaient plus conscience de ce qu'il se passait. Aucun des deux n'avaient envie d'en avoir conscience. Leur cœur battait à l'unisson, leur plaisir montait trop vite, beaucoup trop vite. Comme si l'un des deux dégageait bien trop de phéromones pour laisser une petite chance à leurs esprits de reprendre vie. Harry arracha le pantalon de Draco et prit sa verge maintenant bien dressée dans sa main. L'homme gémit plus que jamais. Et ce fut pire quand il le prit dans sa bouche. Il se tortilla de plaisir, s'accrochant à l'herbe, rejetant la tête en arrière pour grogner d'une voix emplie d'amour.
Le brun posa un doigt sur son entrée et l'enfonça lentement. Il voulut le préparer avec douceur mais l'enfant de la Lune lui demandait déjà beaucoup plus. Ses petits cris finit la raison de l'humain et il écarta ses jambes, baissant son pantalon et le pénétra sans crier gare. Draco hurla de douleur mais le brun ne laissa pas longtemps avoir mal. Il fit de long vas-et-viens jusqu'à ce qu'il n'entendit plus que des râles de plaisirs sans retenu.
Quand il fut assez détendu, le brun alla plus vite, plus fort, plus loin en lui. Il toucha sa prostate et se délecta de son cri. Il recommença encore et encore, jusqu'à ce que Draco ait des étoiles dans les yeux, intermittent entre réel et irréel. Harry se pencha et mordilla sa longue oreille ce qui finit le blond. Il hurlait son bonheur, gémissait son nom, criait qu'il en voulait encore plus. Harry le reprit par la taille et le releva. Agenouillé au sol, il le faisait monter et descendre sur son pénis avec facilité vu son poids de plume.
Draco entoura son cou de ses bras et l'embrassa à perdre haleine. Il suçota tout ce qui passait près de sa bouche, ses lèvres, ses joues, son cou, mordilla son épaule et puis vint le moment où le plaisir était tel qu'il fut insupportable. Il rejeta son corps en arrière et dans un dernier cri, il jouit entre son torse et le sien. Harry ne tarda pas à le rejoindre, remplissant son intérieur de son puissant jet chaud. Le brun continua lentement les vas-et-viens alors que leurs soubresauts accompagnés leurs souffles erratiques.
Sans ouvrir les yeux, Draco colla son torse gluant contre celui d'Harry, trouvant sa chaleur plus qu'apaisante, et l'enserra contre lui aussi fort qu'il put. Harry posa sa main sur son dos et l'autre sur son crâne et épousa complètement sa forme. Il sentit de l'eau tomber sur son dos et la trouva bien trop chaude pour être des gouttes du lac. Cela ressemblait plus à des larmes. Le brun ne dit rien, conscient que tout ça, ce n'était que passager. Draco ne pouvait restait ici, et lui ne pouvait aller là-haut. Encore une fois, un amour s'envolerait en fumée.
La raison était revenue, les pensées refaisaient surfaces et pourtant aucun d'eux ne remarqua. Le lac était redevenu noir, les fleurs ne brillaient plus et s'était éteint avec eux, la douce lumière de lune du corps de Draco...
Harry gémit et ouvrit les yeux lentement. Il ne bougea pas beaucoup, de peur de réveiller son bel endormi, actuellement sa tête posée sur son torse. Il sourit quand à la douceur de ses cheveux qu'il caressait avec amour. Lui qui pensait ne plus jamais ressentir ce que cela faisait, il était tombé sous le charme de cet homme, cet enfant de la Lune. Son cœur se morcela quand il se rendit compte qu'il allait le perdre. Il n'avait pas sa place ici-bas. Il ne pouvait lui demander de rester, c'était bien trop dangereux pour lui. De plus, il avait une famille et des amis qui l'attendaient en haut. Qui se faisait sûrement du mauvais sang pour lui.
Lui, il ne lui restait que lui. Son étoile tombée du ciel... Et il serait bientôt seul.
Harry s'écarta lentement et se leva. Il s'habilla en le voyant gémir et se replacer confortablement dans le lit. Il sortit de la maison et vit que le soleil commençait à s'éteindre. Ils avaient fait tellement de fois l'amour, qu'ils s'étaient épuisés et avaient dormi tout le jour. Harry commença à s'occuper de son jardin comme à son habitude. Il coupa du bois et le rangea. Puis quand la lune éclaira l'endroit, maintenant complètement pleine, il regarda le ciel et les nuages. Il regarda là où le royaume de Serpentard devait être. Et se mit soudainement à pleurer silencieusement.
- S'il vous plaît, Roi des enfants de la Lune... Si vous pouvez m'entendre, venez le chercher avant qu'il ne soit trop tard. Avant qu'il ne soit blessé... Avant que je ne puisse plus m'en séparer. Je ne sais même pas... si j'y arriverais réellement. Je crois que si vous me l'enlevez... S'il s'en va et que je reste à nouveau seul, je crois que je me tuerais. Je ne pourrais vivre pareille douleur.
Il s'effondra au sol, les larmes ravageant son visage, et prit son corps dans ses bras.
- Roi des enfants de la Lune, si vous pouvez m'entendre... Quand vous me l'aurez repris, exhaussez juste un souhait... ne le laissez pas m'oublier... Je vous en prie.
- Harry ? À qui parles-tu ? Harry ?
Draco apparut devant lui et se jeta dans ses bras.
- Ne pleures pas, Harry. Je ne vais pas partir. Je ne vais pas partir. Je vais rester ici, pour toujours avec toi...
- Tu ne peux pas, grimaça le brun entre deux sanglots. Tu dois t'en aller. Tu dois m'oublier, tu n'as pas ta place ici... Avec les humains... Avec moi. Tu l'as dit toi même, notre amour est interdit, impossible. Un humain et un enfant de la Lune n'ont aucune chance de vivre heureux.
- Ne dis pas ça, Harry ! Je t'en pries. Je renoncerais à mon trône pour toi, je renoncerais à mon sang. Je te l'offre.
- Être immortel sans toi n'a aucun sens, rit le brun sous ses larmes.
- Alors, peut-être que tu n'es pas obligé de tout boire. Peut-être que quelques gouttes suffiront. Je ne veux pas te quitter.
- Moi non plus, murmura Harry en relevant la tête.
Il prit son visage en coupe et l'embrassa doucement.
- Comme c'est touchant... Scanda de sa voix lente le maire de la ville.
Ils sursautèrent et Harry les releva et cacha Draco derrière lui.
- Alors... Comme ça tu oses me mentir, petit insecte ? Cria Tom.
- Il n'est pas un enfant de la Lune. Fit froidement Harry, toute tristesse disparue de son visage pour ne laisser que la colère.
- Ah bon ? Ces oreilles prouvent le contraire, pourtant. Ainsi que sa blancheur. Et ses yeux... Je crois que tout son être en possède les caractéristiques.
Harry serra les dents. Il regarda derrière lui un bref instant. Puis il montra la lune, l'idée lui germant avec rapidité.
- C'est la pleine lune et il ne brille pas ! Hurla-t-il.
- Je ne brille pas, murmura Draco pour lui-même en regarda avec stupéfaction son corps.
Comment cela se faisait-il qu'il ne brillait pas ? Lors des nuits de pleine lune, il devrait pourtant briller toute la nuit ! Il n'eut pas le tant de tergiverser car Tom et sa milice se rapprochaient un peu plus. Il y avait bien une cinquantaine d'hommes derrière lui, armés de couteaux et d'épées, l'air dangereux. Draco ne savait s'il viendrait à bout de ceux-ci ou s'ils parviendraient juste à s'enfuir. Il l'espéra car sinon, ils étaient morts.
- Même s'il ne brille pas, Harry, tu sais très bien qui il est réellement et ne me prend pas pour ce que je ne suis pas. Je sais aussi qui il est. Donne-le moi ou je le prendrais de force.
- Je pensais que tu voulais éviter une guerre entre les enfants de la Lune et nous. Je pensais que tu voulais protéger les habitants de ce village.
- Arrêtons les faux semblants, tu sais très bien ce que je veux réellement. L'immortalité... Le monde, dans la paume de ma main.
Harry fit craquer sa mâchoire de colère. Il recula alors et attrapa son arc et ses flèches posés sur le banc. Il jeta le carquois sur son épaule et dégaina.
- Si tu le veux, il faudra me tuer d'abord.
Le maire le regarda un instant avant d'éclater de son rire diabolique. Il sourit d'un air mauvais avant de murmurer :
- Attrapez-le.
Draco réagit au quart de tour alors que les soldats courraient vers eux en hurlant. Il se plaça devant Harry et posa ses mains au sol. La terre se mit à trembler. Harry tirait des flèches avec rapidité, faisant tomber les hommes un par un. Mais ils étaient bien trop nombreux. Soudain, une haie de terre se dressa entre eux. Le blond se releva et attrapa Harry par la main.
- Fuyons.
Ils se mirent à courir aussi vite que leurs jambes pouvaient faire. Ils arrivèrent dans le forêt et continuèrent sans s'arrêter. Les cris derrière eux leur dirent qu'ils avaient réussi à contourner la haie et qu'ils se lançaient à leur poursuite.
- Draco, il faut les éparpiller et nous les éliminerons un par un.
- Je n'ai jamais tué, trembla le blond.
- Tu n'as qu'à les immobiliser. Je m'occuperais du reste. Tom ne t'aura pas, fait moi confiance.
- Je te fais confiance, Harry. A jamais...
Le brun arrêta de courir et se tourna vers lui. Il l'attrapa et l'embrassa aussi fort qu'il put. Puis il le prit par la taille et le posa sans douceur sur son épaule. Il grimpa rapidement sur un grand arbre. Quand il fut en haut, le brun avisa un homme et le tua d'une seule flèche. Enfin, il se retourna vers Draco et prit sa main dans la sienne.
- Tu restes ici, tu ne descends pas, sous aucun prétexte !? Promet-le moi.
- Je te le promets... Chuchota le blond, de la terreur dans ses yeux.
Harry lui sourit doucement et passa un pouce sur sa joue.
- Je t'aime...
Draco écarquilla les yeux alors que son cœur éclata de mille feu. Il oscillait entre la joie et la tristesse. Parce que son je t'aime était magnifique, sincère et amoureux... Mais parce qu'il aurait tout aussi bien pu lui dire adieu sur le même ton que cela aurait été pareil.
- Harry...
Le brun l'embrassa à nouveau et descendit de l'arbre. Une fois à terre, il le regarda une dernière fois avant de disparaître dans la nuit. Les yeux du blond ne le quittait pas, lui pouvait le voir, mais pas les autres. Il le regarda ramasser le couteau qu'avait lâché l'homme en mourant. Puis banda son arc et tira sur la tête d'un autre. Il se faufila entre les gardes de Tom sans faire un seul bruit alors qu'eux était facilement repérable. C'était comme s'il chassait... Et il avait fait ça toute sa vie durant.
Draco immobilisa ceux qui s'approchait trop près de l'arbre sur lequel il était assis. Les hommes ne firent pas long feu et il ne restait plus que quelques uns quand Harry commit un faux pas. Il rata une cible et le soldat se retourna et le vit.
- Il est ici, cria-t-il alors qu'il chargeait vers lui.
Draco retint sa respiration. Ils étaient trop loin pour qu'il agisse. Il fallait qu'il se rapproche. Mais Harry le lui avait fait promettre... Il ne devait pas descendre. Il le regarda juste, les yeux s'embuant et le cœur battant. Le brun dégaina et tira, tuant l'homme mais un autre apparut derrière lui. Il fit une roulade et se releva, ayant pris l'épée du mort. Draco stoppa un homme, Harry en tua un autre. Il se battit comme un vrai guerrier et vint à bout des derniers avec seulement quelques égratignures sur le visage et le corps. Essoufflé, le brun reprit son arc et attendit.
Tom ne mit pas longtemps à le rejoindre. Harry tira une flèche qu'il évita, puis une autre qu'il brisa d'un coup sec de son épée.
- Crois-tu que je n'ai fais qu'étudier le droit quand j'étais en Amérique ? Rit Tom fortement. Non... j'étais là... J'étais présent quand la guerre fut déclarée. Et veux-tu savoir ce qu'il s'est passé, réellement ?
Harry hésita à décocher la flèche.
- Cette guerre, j'en fus l'instigateur. C'est moi qui est abusé du premier enfant de la Lune, puis du second. Je n'étais pas sûr des effets que leur sang produirait alors je les ai testé sur des hommes en premier lieu. Et quand je vis que les deux hommes avaient rajeunis de plusieurs années, un soir de pleine lune, j'ai compris que tout cela était vrai. Mais mes... « patients » étaient morts... Alors j'ai attendu, attendu... quatre ans durant qu'un autre enfant de la Lune tombe. Mais ce n'est pas un seul qui est tombé, c'est une armée entière qui a dévasté la ville où j'étais de sa colère et de sa magie. J'ai tué les hommes que j'avais rendu immortel pour ne pas laisser de traces et je suis rentré chez moi. Par chance, mon père venait de mourir... La suite tu la connais.
- Tom, murmura Harry. Je t'en prie... Ne m'oblige pas à faire ça...
- Rend-moi l'enfant de la Lune ! Hurla-t-il.
- Tom...
Mais le maire, tout en parlant s'était trop approché. Il brandit son épée et l'enfonça dans le corps d'Harry. Le brun écarquilla des yeux alors que du sang coula de sa bouche. Tom l'attrapa par la nuque et posa sa tête sur son épaule.
- Tant pis pour toi, Harry. Tu sais... Je t'ai aimé... Je n'ai jamais aimé que toi... Et tu m'as trahis.
Il arracha son épée et jeta le corps du brun au sol. C'en fut trop pour Draco qui hurla son nom, révélant sa présence au maire. Celui-ci le regarda avec un sourire carnassier. Le blond descendit rapidement de l'arbre et courut vers eux. Se fichant de l'autre qui pourrait le tuer, il ne voyait que le corps parcouru de soubresaut de douleur de l'homme qu'il aimait se mourir à petit feu. Avant qu'il ne puisse arriver jusque lui, Tom l'attrapa par la gorge et le souleva. Il se débattit comme il put en tendant la main vers Harry.
- Non ! Harry ! Harry ! Hurlait-il à la mort.
Le brun le regarda et murmura :
- Sauve-toi...
Puis il ferma les yeux et son corps se calma. Draco hurla et arrêta de se débattre.
- Bien mon petit, tu as raison... Laisse toi aller... Tu es à moi maintenant.
La lumière de la Lune traversa ses yeux gris intenses et soudain Draco regarda le maire. Ses yeux s'éclaircirent pour ne plus être que deux petites lunes brillantes comme ce soir-là. Son visage était fermé, aucun sentiment ne pouvait se lire dessus. Il le regarda longuement avant de murmurer d'une voix qui n'était pas la sienne. Un mélange de fragment de la Lune et du plissement d'un nuage.
- Tu ne mérites pas de me posséder.
Soudain un vent violent poussa Tom contre un arbre, alors que Draco n'avait pas bougé, flottant dans l'air. Lentement, ses pieds nus regagnèrent le sol et il avança vers l'homme avec lenteur.
- Je suis la Magie, et la magie ne se vole pas... Elle se mérite. Ajouta-t-il de son étrange voix.
Tom brandit son épée mais Draco la balaya d'un mouvement de la main, la faisant se planter au sol quelques mètres plus loin. Tom commença alors à avoir peur. Son visage se liquéfia sur place.
- La Lune réclame vengeance, toi et les autres seraient jugés par elle.
Draco leva une main et la Magie le quitta pour entrer dans le corps du maire, le laissa ainsi s'effondrer au sol, complètement essoufflé. Il ne regarda même pas l'homme qui était tombé dans les vapes et se dirigea immédiatement vers Harry. Il prit son corps dans le sien et pleura à chaudes larmes.
- Harry, Harry... Non, je t'en prie, ne me laisse pas. Tu n'as pas le droit...
Il sursauta quand derrière lui Tom se mit à hurler. Il se tourna, la bouche grande ouverte pour le voir se prendre la tête dans ses mains, et s'arracher la peau de ses ongles bien trop long. Il hurlait à la mort, ses yeux étaient vitreux. Il continuait à gratter dans sa tête, comme s'il cherchait à faire sortir quelque chose. C'était horrible à voir mais tellement impressionnant que Draco ne décolla pas ses yeux gris du spectacle. Tom hurla encore.
- Fais la taire, qu'elle sorte de ma tête. Fais la taire...
Même si Draco aurait voulu, il ne savait pas du tout ce qu'il se passait. Bientôt, du sang sortit de ses yeux, puis de son nez, de ses oreilles et de sa bouche. Tom ne put plus hurler, étouffant dans son propre sang. Et la maire mourut dans d'atroces souffrances. Le silence régna à nouveau en maître, Draco caressait les cheveux d'Harry, pleurant toujours.
- Je t'en pries... reviens-moi... Je t'en prie Harry...
- Draco, pousse-toi !
Il fut brutalement tiré en arrière et éloigné du corps de son amant. Il allait hurler quand il se rendit compte que c'était Blaise qui le maintenait... Et que c'était son père qui se tenait maintenant devant le corps d'Harry. Il le regarda poser ses mains sur la blessure du brun et fermer les yeux. Une lumière scintillante bleue s'éleva tout autour d'eux. Draco ouvrit le bouche mais ne dis rien, hypnotisé.
S'il avait une infime chance qu'il revienne à lui... S'il avait ne serait-ce qu'un espoir pour le retrouver. Il le prit et y pensa fortement. Il pria la Magie et la Lune. Il pria les dieux de la Terre aussi. Et serra fortement la main de Blaise à lui en briser les doigts. Il vit la blessure d'Harry se refermer lentement. Puis plus rien. La lumière s'éteint et le Roi s'écarta. Les secondes s'écoulèrent bien trop longues.
- Je suis désolé, mon fils... Nous ne sommes pas arrivés à temps...
- Non, hurla Draco en se débattant et en pleurant à nouveau, non !
Et comme un noyé qui refaisait surface, Harry inspira fortement, cambrant son corps avec puissance. Draco se calma immédiatement puis lâcha Blaise pour le rejoindre à quatre pattes. Il le prit dans ses bras et le releva. Il l'embrassa de partout, sur son visage et sur ses lèvres. Se fichant qu'il puisse lui couper la respiration. Le rire se mêla aux larmes de joie. Enfin, ils se calmèrent. Harry toucha son visage de ses doigts et murmura :
- Eh... Je croyais être parti.
- Moi aussi, murmura Draco... Moi aussi, je croyais que tu étais parti.
Harry sourit, prit sa tête et la pencha pour l'embrasser brièvement mais avec amour. Draco était plongé dans ses yeux verts émeraudes. Comment n'avait-il pas remarqué à quel point ils brillaient ? Il passait et repassait son pouce sur son visage encore ensanglanté, espérant effacer ses traces de fatigue. Harry lui souriait, son cœur palpitant de vie et de joie. Il se tenait sa main serrée contre la sienne avec ce besoin puissant de le savoir contre lui. Comme s'il savait que ce ne serait pas toujours le cas. D'ailleurs, ce ne serait pas toujours le cas... Les secondes s'étaient effilés, soudain trop courtes à leurs yeux, et ils durent revenir à la réalité même s'ils ne le voulaient pas.
Le Roi se rappela à eux en toussant légèrement. Oui, doucement parce qu'en vrai, cela lui fendait le cœur de tarir un tel moment. Le bonheur qu'il pouvait lire sur le visage de son fils. Il sut à l'instant même qu'il allait être celui qui allait le briser. Mais il n'avait pas le choix. Il passa une main sur l'épaule du prince et ce dernier le regarda, curieux. Cela n'en finirait jamais, il continuerait à être curieux... Même après lui avoir désobéit, même après être tombé ici et avoir connu la douleur... même en ayant failli perdre l'homme qu'il chérissait plus que tout.
- Draco. Nous devons partir...
Le blond resserra sa prise autour du cou de son amant et hocha négativement la tête.
- Je ne partirais pas sans lui... Remontez, père, je reste ici.
Blaise s'avança soudainement, les sourcils froncés.
- Je ne sais ce qu'à fait cet humain, mais Draco... reviens à la raison... Tu n'as pas ta place ici bas. Tu risquerais ta vie toutes les nuits. Et plus tu restes ici, plus tu t'éloignes de ton peuple. Regarde, la Lune est pleine ce soir et ton corps ne s'illumine même pas ! Tu va mourir en restant ici.
- Soit... Murmura Draco en replongeant ses yeux dans les siens. Je mourrais dans tes bras.
Harry lui sourit et posa un baiser sur sa joue.
- Je ne peux pas accepter cela, Draco... Et tu le sais. Tu dois partir avec eux. Tu dois rejoindre ton peuple et veiller sur ton père.
- Harry... Tu ne peux me demander de t'oublier.
- Pas de m'oublier, Draco, juste de t'éloigner...
- Non.
Il posa son front sur le sien. Non, il était hors de question qu'il ne soit pas avec lui. Après tout, Harry est lui, c'était aimé sous le clair de Lune. Ils étaient en quelques sortes mariés. Et il préférerait mourir que de briser ce pacte. Lucius se releva lentement et regarda son fils en plissant des yeux. Harry se dégagea de son étreinte et fit de même, non sans quelques grognements de douleur. La lourdeur de son corps était telle qu'il eut peur de plier Draco en deux quand celui-ci le prit par la taille pour le soutenir.
- Tu as mal ?
- Oui, j'ai mal. Affirma simplement le brun.
- Très cher Harry, s'éleva alors la voix du père. Sais-tu que je t'ai vu et entendu cette nuit. Du moment de ta complainte bouleversante qui m'était adressé un peu plus tôt, jusqu'à ce sacrifice que tu as commis sans hésitation. Tu m'as fait découvrir un tout autre aspect que j'avais de l'être humain. Je n'avais jamais rencontré des hommes tels que toi. Enfin... Disons que je n'eus à faire qu'à ce genre d'humain. D'ailleurs, que lui est-il arrivé ? Draco, est-ce toi ?
- Non, Père. Je crois que c'est la Magie.
Lucius plissa les yeux en regardant le corps mort de Tom. Puis il sourit, il avait une idée.
- Harry, tu ne m'as demandé qu'un seul souhait, celui de toujours lui rappeler qui tu étais. Mais ce souhait-là, je ne pourrais jamais le réaliser, parce que mon fils ne t'oubliera jamais. Cependant, Draco doit retourner à Serpentard. Alors, Harry, je ne te demanderais qu'une seule chose à mon tour. Laisse-lui deux nuits, afin qu'il puisse parler à la Magie. Et peut-être trouvera-t-il les bons mots pour que vous soyez tous les deux réunis...
Draco sourit à son père et s'excita. Oui, il n'y avait qu'elle qui pourrait les aider. Mais la tension retomba bien vite quand il comprit qu'il devait remonter et passer deux nuits sans Harry. Qu'il ne le reverrait plus... Et même si ce serait court, si court pour un être immortel, il n'avait tout de même pas envie de cela. Il s'accrocha un peu plus à sa taille et posa tête sur son torse, se fichant du sang qui pouvait tacheter ses habits.
- Deux nuits, Draco... Ce n'est rien.
- Mais si elle refuse de nous aider... Comment ferais-je pour te revoir ?
- Il te suffira de pencher la tête dans les nuages. Jusqu'à ce que je deviennes un homme trop laid à regarder, et trop vieux à aimer.
- Tu ne seras jamais un tel homme. Quoi que tu fasses... Tu resteras beau à mes yeux.
Il releva la tête et leurs lèvres se scellèrent d'un dernier baiser, presque trop désespéré. Puis Harry poussa Draco dans les bras de son père. Il voulait qu'il parte le plus vite possible, pour ne pas à avoir à s'interposer. Son regard triste, ses mains qui cherchaient encore sa présence. Harry recula. Il avait envie de pleurer mais il ne fit rien. Il voulait rester fort face à cet homme qui était devenu toute sa vie, en l'espace de quelques jours. Lucius prit son fils par le bras et Blaise fit de même. Le Roi leva sa main libre et un nuage se créa autour d'eux pour les emporter lentement dans le ciel.
- Deux nuits, Harry... Hurla Draco. Je reviendrais dans deux nuits, je te le promet.
Harry lui sourit avec tendresse en hochant la tête. Mais quand ils furent trop loin pour entendre, il baissa les yeux aux sols, le visage vide et murmura :
- Tout le monde sait que tu ne tiens jamais tes promesses, mon étoile tombée du ciel...
A suivre...
A la semaine prochaine pour la dernière partie de ce conte.
Personne ne l'a jamais connue.
