Partie III : Un bout de Lune. (Le dragon d'eau).


Harry avait passé toute la nuit, assis dans la forêt de Godric's Hollow, au même endroit où il serrait Draco dans ses bras. Il avait regardé le ciel, jusqu'à ce que la lune s'en aille. Il avait regardé les nuages, jusqu'à ce que la fatigue l'empêche de les voir. Il avait sur ses joues des sillons de larmes qui avaient coulé un temps, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus non plus. Harry ne ressentait plus le froid de la nuit, cela faisait bien longtemps. Parce qu'il se confondait toujours avec le froid de sa solitude. Mais quand Draco était arrivé, il avait apporté une chaleur. Une chaleur qui pourtant n'existait pas réellement. Il avait réchauffé son corps et son cœur qui avait trop longtemps durci comme de la pierre. A la seconde même où il l'avait vu, quand il avait comprit qu'il l'aimait... Quand il lui avait fait l'amour dans ce lac, quand il n'avait pas tenu sa promesse pour venir l'aider...

Harry se leva, frotta ses yeux douloureux. Reviendrait-il ? Comment le pourrait-t-il ? La Magie ne pourra jamais rien pour lui, il était humain. Un humain et un enfant de la Lune, c'était dérisoire... Impossible. Harry récupéra son arc et son carquois. Il posa une main sur son ventre, la douleur le faisant grimacer, jeta un dernier coup d'œil sur les restes du maire avant de partir d'un pas gauche. Un loup viendrait dévorer sa carcasse, il ne s'en faisait pas. Il passa dans un endroit qu'il ne connaissait que trop bien. Encore boitant, il fit un détour et s'arrêta devant le lac. Un sourire triste traversa son visage et il se baissa pour toucher l'eau noire. Elle ne brillerait plus jamais pour lui...

Il resta là, des minutes durant alors que le soleil revenait. L'aube se levait lentement et Harry, qui autrefois trouvait cela magnifique, le vit bien fade. Il donnerait le soleil, en échange d'une nuit de plus avec Draco.

Un bruit derrière lui le fit se relever et dégainer son arc. Mais il le rabaissa bien vite quand il vit que ce n'était qu'un enfant de peut-être sept ou huit ans. Il se tourna tout à fait, l'enfant le regardait avec la bouche un peu ouverte. Harry pencha la tête sur le côté et fronça les sourcils. Il y avait quelque chose chez lui qui lui rappelait vaguement quelqu'un. Il avait des cheveux brun et court, en bataille. Des yeux d'un gris profond et une pâleur, à croire que sa peau n'avait jamais vu la lumière du soleil. Pourtant, en ce moment, elle pouvait la voir et se laisser toucher. Harry s'agenouilla devant lui et lui sourit.

- Eh, tu vas bien ? Que fais-tu, ici ?

- Je suis perdu, monsieur, murmura l'enfant.

- Tu es perdu ? Appelles-moi Harry, d'accord ?

L'enfant hocha la tête et sourit enfin.

- Viens, je vais te ramener chez toi.

Il prit ses mains et monta sur le brun. Ce dernier essaya de ne pas montrer sa douleur. Même si sa blessure n'avait laissé aucune marque, il pouvait la sentir facilement. Il avait aussi le dos tout ankylosé. Il se releva fermement, ne voulant pas troubler l'enfant. Une fois en haut, le petit regarda tout autour de lui et s'exclama :

- Je vois, c'est par là !

Harry sourit et commença à marcher dans la direction qu'il montrait. Il était tout de même surpris, ils se dirigeaient à l'opposé du village. Il ne savait pas qu'une famille vivait plus loin que lui. Il ne posa pas de question et entreprit son voyage. Le petit le regarda fixement sans rien dire pendant plusieurs minutes avant de murmurer :

- Tu as pleuré, Harry. Pourquoi es-tu triste ?

- Je viens de perdre tout ce que j'avais, répondit calmement le brun, sans même essayer de se cacher. Si je ne t'avais pas trouvé, n'aurais-tu pas été triste de te perdre ?

L'enfant hocha vivement la tête.

- Eh bien, c'est pareil.

- Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?

- Peux-tu m'apprendre à voler ? Sourit Harry en lui chatouillant le ventre.

- Non, rit l'enfant. Pourquoi veux-tu voler ?

- Pour rejoindre les nuages.

Sa voix s'était faite lointaine, presque un souffle caché dans le vent. Un secret qu'il ne voulait pas dire à tout le monde. Mais à qui d'autre pourrait-il le dire de toute façon ? Il n'avait plus personne, il n'avait plus rien. La seule chose qu'il avait envie d'avoir, s'était envolée sur un nuage. L'enfant le regarda d'un air triste. Il compatissait ce qu'il ne savait pas. Où ce qu'il croyait. C'est pour ça qu'il lui murmura :

- Tu veux mourir ?

Harry écarquilla les yeux, sans comprendre comment de tels mots pouvait sortir de sa bouche, lui qui semblait si frêle et si fragile. Mais il continua, alors que des gouttes se formaient déjà dans ses yeux.

- Père m'a dit que ma mère était morte et qu'elle avait rejoint le ciel. Qu'elle nous regardait de là-haut et qu'elle prenait soin de nous.

- Non, non, petit homme. Je veux aller sur le nuage pour y vivre.

Il tenta de détendre l'atmosphère mais c'était dur, car ni son cœur lourd ni les yeux embués de l'enfant ne l'aidaient.

- Il y a la personne que j'aime qui m'attend là-bas. C'est elle que j'ai perdu. C'est pour ça que tu dois m'apprendre à voler. Le feras-tu ?

- Si je pouvais, je le ferais, fit l'enfant en souriant.

- Comment t'appelles-tu, petit homme ?

- Tout le monde m'appelle Jean, mais mon père m'appelle petit bout de lune.

- Ah bon ? S'étonna Harry qui n'imaginait pas entendre parler de la Lune aussi rapidement qu'après avoir perdu Draco. Pourquoi ?

- Père m'a dit que ma mère ne pouvait avoir d'enfants. Alors, elle a prié la lune et la lune lui a offert un petit morceau d'elle-même. Ma mère l'a mangé. Et puis je suis né ! C'est pour ça que mon père m'appelle son petit bout de lune.

- Tu es un vrai miracle, sourit Harry en lui pinçant le nez.

Il regarda tout autour de lui, il ne voyait toujours pas de maison, juste la forêt qui continuait encore et encore. Il n'était jamais allé jusque là. Maintenant, il était bien loin de chez lui et le soleil avait verni et réchauffé l'endroit. Comment un enfant de cet âge avait pu partir si loin de chez soi. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Jean lui indiqua à nouveau la route à suivre et il reprit de bon train.

- Et quand tu auras appris à voler et que tu seras monté sur les nuages, que feras-tu ?

- Oh, je retrouverais la personne que j'aime et je lui dirais combien elle est importante pour moi.

- Tu l'épouseras ?

- Oui, peut-être...

- Et tu lui feras des enfants ?

- Oui, exactement comme toi, j'en veux.

Jean sourit, tout heureux. Il vit alors un grimace qu'Harry essaya de cacher et demanda à être posé à terre, ce qu'il fit. Puis, il entremêla ses petits doigts dans les siens et ils continuèrent de marcher.

- Pourquoi elle vit dans les nuages ? Demanda enfin Jean.

Harry sourit puis posa un doigt sur ses lèvres.

- C'est un secret.

Jean hocha la tête, comprenant. Harry remarqua un autre court d'eau. Il s'arrêta devant et s'abreuva. Il ne savait maintenant pas depuis combien de temps ils marchaient. Où l'enfant l'emmenait-il ? Arriverait-il à faire le voyage de retour ? Il devait être absolument là dans deux nuits. Draco ne devait pas croire qu'il s'était enfui ou avait disparu. Enfin... S'il revenait. Mais Harry ne s'en fit pas, Jean n'avait pu s'éloigner autant de sa maison.

- Combien de temps as-tu marché ? Demanda tout de même Harry.

- Toute la nuit, je crois.

Bon, il s'était vraiment éloigné de sa maison. Mais Harry avait dit qu'il le ramènerait, alors il le ramènerait. Le brun n'avait qu'une parole. Ils reprirent leur chemin à travers les bois. L'enfant n'avait rien dit de plus. Le soleil affichait midi maintenant et Harry sentit la faim et la fatigue lui tordre l'estomac mais pas Jean. L'homme ne dit rien. Il n'avait pas envie de l'inquiéter pour rien. Mais encore une fois, comme s'il avait lu dans son esprit, il lui dit :

- Harry ? Est-ce que je peux avoir un fruit, là-haut ?

Le brun leva les yeux devant l'arbre et hocha la tête. Il monta, même si cela lui faisait mal, même s'il n'en avait plus la force. Il redescendit avec plusieurs petites pommes. Il les donna au garçon qui écarquilla les yeux.

- Prends-en une, lui tendit-il mais il secoua la tête.

- Non, manges-les, tu dois être affamé si tu es perdu depuis hier.

- Mais toi aussi tu as l'air fatigué. Je ne mangerais pas si tu ne le fais pas.

Harry sourit et finit par obéir. Jean garda un œil sur lui tant qu'il n'avait pas tout mangé. C'était si mignon qu'Harry sentit un peu de bonheur remplir son cœur triste. Ils mangèrent silencieusement. La fatigue partit avec sa faim et Harry se sentit mieux pour continuer. Mais au moment de reprendre la route, un loup se présenta devant eux. Harry mit Jean derrière lui. Ce dernier attrapa son pantalon avec force, la peur au ventre.

Harry fronça les sourcils et attendit. Quand le loup fut calmé, il s'enfuit en courant. Et Jean le suivit un peu mais pas trop près. Puis il revient vers Harry en souriant.

- C'était un loup, un vrai ?

- Oui, hocha Harry.

- Pourquoi ne l'as-tu pas tué ?

- Jean, ton père a dû te l'apprendre. C'est ce que mon père m'a appris quand j'avais ton âge. Il ne faut pas tuer les animaux pour rien. Seulement quand nous avons faim. Tuer une bête pour autre chose est cruel.

- Je comprends, désolé. Murmura l'enfant en baissant les yeux de culpabilité.

- Ne t'inquiètes pas, ce n'est rien. Allons-y, nous ne craignons plus rien.

Jean reprit sa main et l'entraîna à nouveau. Au bout d'un moment, il s'agita.

- Regarde, regarde ! C'est là ! On a réussi.

Harry s'arrêta en ouvrant grand la bouche. L'enfant se moquait-il de lui ? Ils se trouvaient devant une grotte. Une immense grotte rocheuse, et absolument terrifiante pour tout ceux qui n'avaient pas le courage d'Harry. Il pensa tout de suite que l'enfant devait parler d'une maison qu'il y avait sûrement au bout de cette grotte. Oui, cela ne pouvait être que cela. Il ne pouvait habiter ici. Sinon, Harry se ferait un malin plaisir à tirer les oreilles du père malhonnête.

Jean l'entraîna, le tirant encore plus fort, excité à l'idée de rentrer chez lui. Après quelques mètres dans le noir. Une lumière se vit au fond, fluorescente, d'une blancheur immaculé. Il eut l'impression que la nuit était tombée et que la lune brillait, plus proche que jamais. Harry se baissa pour entrer dans ce qui était en vrai une caverne immense. Le bruit qu'il avait entendu en amont était une cascade dont l'eau semblait si pure, qu'il était certain qu'elle était magique. Il tomba sur un parterre d'herbe et de terre et c'est les champignons qui illuminaient l'endroit. Comme Draco l'avait fait pour le lac. Ici et là, quelques arbres débordant de fruits poussaient.

Un véritable Eden.

- Père ! S'écria Jean en lâchant Harry pour rejoindre un homme au fond qu'il n'avait pas vu, caché dans l'ombre.

- Petit bout de Lune !

Harry plissa les yeux et s'approcha pour mieux le voir... Mais ce qu'il vit le choqua et le tétanisa sur place. Avec de grands yeux ouverts, il le vit rattraper l'enfant dans ses bras et le soulever en l'air en riant. Il l'embrassa fortement sur la joue, puis le posa sur la hanche. Il avait des cheveux noirs, comme les siens... Des yeux verts, comme les siens. Il avait sa carrure, ses lunettes et sa petite cicatrice... C'était lui, peut-être plus vieux d'une dizaine d'années.

- Mais...

L'étrange lui lui sourit et doucement disparut avec l'enfant. Juste à ce moment, un puissant dragon jaillit de l'eau qui pourtant devait lui arriver aux chevilles. Harry recula, se prit les pieds et tomba sur les fesses. Un magnifique dragon bleu, avec, à la place de pattes arrière, une longue queue. Il flottait dans les airs, il volait sans avoir d'ailes. Harry, stupéfait, ne put rien faire d'autres que de regarder sa gueule aux dents pointues et ses griffes acérées. Le dragon s'approcha alors et se posa devant lui. Il devait bien mesurer plusieurs mètres.

- Harry, souffla-t-il sans ouvrir la bouche.

Sa voix était rauque. Un mélange de fragment de la Lune et du plissement d'un nuage...

- Bonjour, jeune humain.

- B-bonjour, bégaya le brun. Qui êtes vous ? La Magie ?

- La Magie avait autrefois pris cette forme, je me suis dis qu'elle serait plus facile pour toi à accepter que les autres.

Harry n'était pas du tout d'accord, il aurait bien voulu quelque chose de moins... imposant. Finalement, il comprit que le dragon ne lui voulait rien de mal alors il se releva sur les genoux et posa ses fesses sur ses talons. Il regarda à nouveau l'endroit ou lui-même avait disparu.

- Est-ce vous qui... ? C'était moi ?

- Oui, hocha le dragon. Ce que je t'ai montré est ton futur.

- Mon... ? Mais, non... Je veux dire...

- Si, malheureusement. Harry, si je suis venue à toi aujourd'hui, c'est parce que je dois te mettre en garde. Ce que tu as vu était bien ton futur, même si j'ai altéré quelques mots pour ne pas que tu t'effraies. Draco en ce moment à en son sein un enfant de toi. Vous vous êtes aimés devant moi. Il pouvait alors procréer.

Harry écouta attentivement sans l'interrompre. Il ne sut pourquoi mais il était heureux. Mais ce sentiment ne dura pas quand il entendit la suite.

- Mais... un humain et un de mes enfants... C'est impossible. Je suis venue pour le protéger. Dans deux nuits, il tiendra sa promesse et reviendra avec la solution pour t'aider à monter sur les nuages. Quelques mois plus tard, il mettra au monde votre enfant et en mourra... Des enfants de la Lune, pris de pulsions humaines qui s'appellent la peur et la colère, attenteront à ta vie. Mais c'est lui qui mourra. Chassés des nuages, tu redescendras sur Terre et élèveras ton fils comme un bon père. Mais la tristesse perdura dans l'immortalité que toi et lui posséderez.

Harry baissa la tête et posa une main sur ses yeux. Il ne pouvait lui montrer... Ses larmes avaient de nouveau dépassé ses paupières et glissaient sur ses joues. Rien que d'y penser, il en mourrait de terreur.

- Mais il y a une alternative. Dans deux nuits, quand Draco redescendra, il ne te verra pas. Alors son père l'obligera à remonter et ne te reverra plus jamais. L'enfant naîtra sans aucune gêne. Et il vivra... Pour ne pas que la tentation arrive, je peux t'enfermer ici. Il y a assez pour te sustenter pendant deux jours et trois nuits. Et au matin du troisième jour, je te laisserais sortir.

Harry mit une deuxième main sur sa bouche pour qu'il n'entende pas ses sanglots. Le dragon était si pur. Il ne pouvait le salir de sa tristesse.

- C'est à toi de faire ton choix, Harry... Perdre ton amour... Ou les perdre eux.

Le brun se recroquevilla, il posa son front au sol. Le dragon patienta, des minutes durant, jusqu'à ce que le brun ne murmure à travers ses larmes :

- Pouvez-vous me promettre qu'il ne m'oubliera jamais...

- Il ne t'oubliera jamais.

- Fermez la grotte.

Le dragon hocha et une énorme pierre ferma l'entrée. Il se remit à flotter et replongea dans l'eau dans un grand fracas. Maintenant seul, Harry laissa aller sa douleur. Il savait qu'il avait fait le bon choix, mais il ne pouvait s'empêcher. Il ne le reverrait jamais. Encore un qui s'en allait en le laissant seul. Et celui-là, c'était le pire. Il s'effondra au sol et la fatigue l'emporta.


Une nuit et deux jours à ressasser dans sa tête. Draco n'avait que peu dormi. La Magie descendrait auprès d'eux et il n'avait toujours pas trouvé les mots pour lui poser des questions. Il ne savait pas par où commencer. La Magie saurait-elle ce qu'il se passe entre lui et cet humain ? Serait-elle d'accord avec cette amour impossible ? Et quand bien même, pourrait-elle faire quoique se soit pour les aider ?

Quand le crépuscule arriva, Draco se leva dans son lit, le visage en larme. Deuxième jour qu'il rêvait d'Harry. Il le voyait disparaître dans le soleil sans qu'il n'est aucun espoir de le rattraper. Comme si même ses rêves les plus profonds lui rappelaient qu'il n'avait aucune chance de le retrouver. Il se leva et s'habilla. C'était un grand jour, il aurait dû mettre sa tenue de parade, mais ces pensées étaient trop loin et ces gestes machinales lui firent prendre une de ses robes blanches. Il se regarda dans le miroir. Son visage était terne et ses yeux rouges. Devait-il réellement se présenter ainsi devant la Magie ? Il ne chercha pas vraiment à améliorer son état.

Il prit sa couronne et la posa sur son front. Puis sortit d'un pas lent de sa chambre, rejoignit la salle où tous s'étaient déjà amassés, attendant sagement l'arrivée de la Magie. Ils regardaient à travers le grand balcon la Lune disparaître petit à petit derrière le soleil. Draco se faufila à travers le monde assis à même le sol puis vint s'asseoir près de son père. Lucius avait tellement de peine pour son fils. Il ne savait combien de temps il resterait ainsi de marbre, mais savait que cela ne serait guère long. Il posa sa main sur la sienne. Il ne voulut pas lui poser la question de savoir s'il avait ou non trouver ces questions pour la Magie. C'est un gage qui ne se faisait pas.

Les secrets restaient des secrets jusqu'à ce que les enfants de la Lune se mettent à nu devant elle. Enfin, la nuit noire les enveloppa et l'endroit ne fut plus qu'éclairé que par les lumières de couleur blanche des lampions accrochés au mur. Il eut un éclair qui zébra le ciel et la Magie apparut sur le balcon. Tous s'inclinèrent devant elle. Draco écarquilla les yeux. Le souvenir qu'il avait de la Magie refit surface. Il se rappelait maintenant pourquoi ils l'aimaient tant. Ce n'était qu'une lumière, comme une étoile scintillante. Elle n'avait pas d'apparence. Juste une lumière en forme d'étoile à multiples branches.

Et le sentiment qu'elle leur laissait était paisible et confortable. Comme si ils pouvaient tous s'endormir d'un coup, et faire de magnifiques rêves. Des rêves où tous leurs souhaits seraient exhaussés. Sa voix s'éleva dans la salle silencieuse. Elle était aussi douce qu'il l'avait rêvé. Et si elle avait un visage, il aurait juré qu'elle leur souriait.

- Mes enfants, quelle joie de vous revoir et de vous parler à nouveau. Nous n'avons que très peu de temps alors allez-y et posez vos questions.

Les questions s'enchaînèrent, unes à unes et la Magie leur répondait avec calme et sereinement. Elle prenait le temps qu'il fallait pour chacun d'entre eux. Il ne convenait qu'à une seule et unique question pour que tous puisse au moins passer une fois... Draco entendit des aveux qui feraient frémir tout le monde s'il n'était pas en ce moment si solennel. Certain demanda quand est-ce qu'il rencontrerait le grand amour, d'autres demandaient grâce à la Magie de lui accorder son pardon pour avoir commis un vol.

Tout s'enchaîna très vite, par la suite. Alors que Draco la regardait encore, elle finit par murmurer :

- Et toi, prince Draco. Tu avais tellement de questions à me poser autrefois. Pose m'en une. Je t'écoute.

Oui, autrefois, il lui aurait posé une dizaine de question, de tout et de rien. Il aurait sûrement déçu son père en lui demandant comment étaient les humains. Il aurait demandé si un jour il sortirait de sa tour. Et tout un tas d'autres choses. Mais ce n'était plus le cas maintenant. Parce qu'il était sorti de sa tour, et qu'il avait rencontré les humains. Il pensa à Harry. Il avait envie de lui demander s'il allait bien, si elle pouvait faire quelque chose, si elle pouvait l'aider à le retrouver. Si elle pouvait faire de lui un enfant de la Lune pour qu'il le rejoigne. Ou au contraire le faire devenir humain, lui. Mais ses mots se bloquèrent dans sa gorge bien trop serrée. Une larme coula sur son visage et il murmura enfin :

- Le reverrais-je un jour ?


Harry tendit son corps et attrapa un fruit. Il croqua dans la poire, se délectant de sa juteuse pulpe et de son goût si sucré. Il se retourna et s'assit de nouveau contre l'arbre, les jambes repliées contre son torse. Il ne savait combien de temps il était ici. Il ne voulait pas le savoir. Les larmes avaient cessés. Il avait fait le bon choix. Il aurait pu juste promettre de ne pas le revoir, mais maintenant, il se rendit compte qu'il y serait tout de même allé. Juste pour le revoir une dernière fois. Et si Draco l'avait vu, c'était fini, son cœur aurait failli, cassé sa raison, brisé ses barrières. Non, il avait bien fait.

Il se releva et rejoint le petit banc d'eau pour la boire. Elle glissait en lui comme de la magie pur. Cette sensation était à la fois très étrange et fascinant. Mais chaque fois qu'il la buvait, il avait soif un peu plus et n'arrêtait qu'une fois que son estomac était rempli. Ce qu'il fit à cet instant.

Les petits champignons brillants se reflétaient dans l'eau comme de toutes petites lunes. Il sourit et se mit à dessiner leurs contours en les traçant dans l'eau. Bien sûr, elle se troubla ce qui n'était pas chose facile. Las de son jeu stupide, il regarda le rocher qui lui bouchait le passage. Il s'avança, le toucha de sa main puis posa sa tête dessus.

Draco et son enfant vivraient. C'est tout ce qui importait.

Il se retourna et glissa sur la pierre. Il se recroquevilla sur lui, calant sa tête entre ses genoux et soupira. Que c'était dur tout de même...


Il se serait traité d'homme stupide d'avoir gâcher sa question pour pareille broutille, si la tristesse ne l'avait pas complètement envahi. Il écarquilla des yeux quand la Magie lui répondit, avec toujours dans sa voix se doux sourire d'amour pour ces enfants.

- Lèves-toi, Draco, mets toi face à moi et tends tes mains jointes.

Draco obéit sans hésitation. Soudain, sortant du cœur de l'étoile, un petit bout de roche blanche flotta dans les airs pour atterrir dans ses mains. Il s'émerveilla en remarquant que c'était un bout de Lune. Il ne pouvait savoir pourquoi mais il était sûr que c'était ça.

- Je ne peux malheureusement pas faire de Harry un enfant de la Lune, fit-elle immédiatement. Tout comme je ne pourrais pas te faire devenir humain. Vous êtes ce que vous êtes, et il y a bien longtemps quand j'ai octroyé ma magie à mes premiers enfants de la Lune, ici présents, je savais qu'il serait impossible pour moi de recommencer. Alors, Draco, voilà tout ce que je peux offrir à votre amour interdit. Ce bout de Lune est magique. Quand tu seras près de lui à nouveau, casse le en deux et offre lui la plus grosse moitié. Vous devrez manger le bout de Lune en même temps, en vous regardant droit dans les yeux. Et quand cela sera fait, Harry sera a jamais lié à toi. Il vivra aussi longtemps que tu peux vivre, sera à tes côtés peu importe où tu te trouves, sur la terre, sur l'eau ou sur les nuages...

Draco s'extasia de bonheur en referma sa main sur le petit bout de Lune. Il le pressa contre son cœur et sourit de toutes ses forces. Il vivrait avec lui... Pour toujours.

- Mais... Il faut que tu le préviennes, que ce cadeau n'est pas totalement sain. Harry sera complètement lié à toi. Il mourra le jour où tu mourras, il souffrira le jour où tu souffriras, il ressentira tes sentiments avant même que toi tu ne les ai pris en compte. Et surtout, si jamais par ailleurs il finisse avec le temps par s'essouffler de toi, il mourra dans d'atroces souffrances. Son amour ne devra jamais faillir à aucun moment. Alors, s'il n'est pas sûr dès à présent, il peut mourir à peine avoir avalé ce bout de Lune. Draco... Me promets-tu que tu lui diras tout ça s'en rien omettre ?

- Je vous le promet, fit la voix faible de Draco.

Il s'inclina devant elle avant de retourner s'asseoir auprès de son père, serrant le poing sur sa pierre qu'il trouva plus précieuse que n'importe quel diamant. Les questions reprirent alors que lui n'entendait plus rien. Rien que le battement de son cœur que l'affolement rendait erratique. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Devait-il réellement donner la pierre à son humain ? Il ne voulait pas être celui qui causerait son malheur. Il ne voulait pas qu'il le choisisse maintenant et meure parce qu'il n'avait su l'aimer autant qu'il le fallait.

Et puis il se rappela ses mots, ses gestes tendres, ses regards. Cette épée qu'il avait prit pour lui. Quel homme aurait fait cela ? Quelque soit la race, humaine ou enfant de la Lune, il n'y avait qu'un homme amoureux et sûr de lui qui aurait pu se jeter sous une lame. Quant à l'amour, il trouva que les humains et son peuple n'étaient pas bien différents. Il regarda une fois de plus la pierre et eut l'envie de le rejoindre tout de suite. Mais il resta sagement assis à terre, et se remit à écouter les questions, ainsi que les réponses.

Bientôt, la Magie leur souhaita une longue et heureuse vie avant de disparaître, et le soleil s'écarta de la Lune. Les enfants de la Lune se levèrent et se dispersèrent, certains restant pour discuter de tout et de rien, mais surtout de ce qui avait été dit cette nuit si spéciale. Draco et Lucius s'écartèrent en marchant lentement. Mais bien vite Draco fut assailli par tous ses amis. Il les avait si soigneusement évité ces deux dernières nuits, en restant enfermé dans sa chambre.

- Draco ! S'exclama Pansy en le prenant dans ses bras.

- Comment vas-tu ? Fit Vincent.

- Alors comme ça, tu étais dans le monde des humains et tu es tombé amoureux de l'un d'eux ? S'étonna Théodore.

- Comment sont-ils, font-ils aussi peur qu'on nous l'a dit ? Scanda Grégory. T'ont-ils pris ton sang ?

- Messieurs et Mademoiselle... Dit Lucius d'une voix douce. Mon fils est las, il voudrait aller se reposer. Son... court passage dans le monde des humain l'a affaibli.

Ils s'inclinèrent devant le Roi et celui-ci reprit la route avec son fils. Mais ce qui le surpris grandement, c'est qu'elle ne le conduisait par du tout vers sa chambre, mais plutôt vers la sortie. Il suivit sans poser de question son Père, jusqu'au nuage d'en bas. Le cœur de Draco fit une embardée quand il retrouva les paysages verts et marrons de la forêt. Il s'accrocha à son Père alors que celui-ci fit lentement descendre le nuage vers la Terre. Ce fut tellement dur de ne pas se retenir de sauter pour aller plus vite.

Finalement, ils posèrent leurs pieds nus sur le sol et le nuage disparut.


Harry fut lentement réveillé par un souffle chaud sur lui. Il ouvrit difficilement ses yeux et le dragon était là, face à lui. Il se frotta, se réveillant petit à petit alors que la tristesse l'envahit.

- C'est bon, Draco est reparti ?

- Il vient de poser les pieds sur Terre, Harry.

- Oh, fit-il en baissant les yeux.

Devrait-il supporter son départ tout du long sans même être à ses côtés ?

- Tu peux encore le rejoindre si tu le souhaites.

Harry hocha négativement la tête avec force en l'enfonçant dans ses jambes. Son cœur battait à tout rompre. Il voulait absolument que le dragon parte. Ou du moins, il devait se taire. Il ne fallait pas qu'il flanche. Non, il ne devait pas y aller.

- Tu es sûr ? Redemanda pourtant le dragon.

- Allez-vous en, gémit le brun. S'il vous plaît, c'est déjà assez dur comme cela. Partez. Revenez quand le troisième jour se lèvera.

Mais le dragon resta bien là. Et soudain, il souffla sur lui avec une telle force qu'Harry s'accrocha à ses jambes. Il releva lentement sa tête ébouriffée avec un air de stupéfaction. Le dragon s'était alors rapetissé, pour ne plus être qu'à sa taille. Il voletait au dessus du sol et secoua sa crinière blanche.

- Bravo, Harry... Tu as passé le test avec succès.

Le brun ouvrit la bouche sans pouvoir parler.

- Tous les tests. Ton altruisme, ton honnêteté et ton courage fut prouvé. Tu n'es pas le seul. Ma Magie ne pouvant plus faire effet, je descendais parfois moi-même quand je vis que certains hommes sur Terre avaient leur place auprès de moi. Et plusieurs d'entre eux vivent maintenant dans les nuages. Au cours de ton dernier test, tu t'es nourri et tu as bu des parcelles de magie. Et je t'ai donné le dernier portail pour devenir un de mes enfants.

Harry se leva lentement, ne pouvant y croire. Son sourire vint en murmurant :

- Je vais le revoir ?

- Oui. Dans les nuages, ma Magie a soufflé à Draco une mauvaise énigme pour vous faire passer à tous les deux, le dernier test, celui qui scellera votre destin. Je vais te ramener là-bas, sans aucun des souvenirs que tu as depuis que je t'ai amené sous l'apparence de Jean. Si tu le réussis, tu deviendras complètement un enfant de la Lune, et la graine qui pousse dans le ventre de Draco sera de même.

- Je le réussirais ! S'exclama Harry avec joie.

- J'espère pour toi. Tes souvenirs referont surface uniquement si tu poses le pied dans les nuages. Maintenant ferme-les yeux et détend-toi.

Harry obéit et le dragon l'entoura de ses pattes avants et entortilla sa queue autour du reste de son corps. La gueule tout prêt de lui, il l'entendit souffler pour la dernière fois quand il lui demanda :

- Qui êtes vous, que je saches qui remercier quand je serais en haut...

- Quand tu seras en haut, tu n'auras qu'à lever les yeux, et partout, je serais la première chose que tu verras...

Puis Harry sombra.


- Je t'attendrais ici mon fils, va... Mais ne tarde pas je te pries.

Draco hocha la tête et attrapa le pan de sa robe pour se mettre à courir. Il se ficha des petits ronces ou bouts de bois qui lui déchiraient la plante des pieds. Il courrait comme un fou, connaissant le chemin pour sa maison comme s'il l'avait fait des millions de fois. Bientôt, il arriva à la lisière de la forêt et continua de courir vers la chaumière qui n'avait pas bougé. La seule chose qu'il vit fut Harry assis sur le banc, regardant l'éclipse qui disparaissait pour laisser place à la Lune. Il avait comme un sourire mélancolique sur le visage.

- Harry ! Hurla-t-il de bonheur. Harry !

Le brun sursauta et se tourna pour le voir. Il lui fit alors un immense sourire et se leva pour courir vers lui à son tour. Quand ils se rejoignirent, ils se rentrèrent dedans presque. Harry l'attrapa par la taille pour le faire tournoyer autour de lui, le rire aux éclats, les larmes presque dans les yeux. Ils scellèrent leurs retrouvailles d'un doux et majestueux baiser. Puis Draco enfouit sa tête dans sa nuque et huma toute son odeur, comme s'il pouvait se l'approprier. Son corps lui avait manqué, son odeur lui avait manqué, ses yeux, son rire, sa bouche, ses mains... Tout lui avait manqué. Et seulement deux nuits s'étaient écoulées.

- Tu m'as manqué, chuchota Harry comme s'il avait lu dans ses pensées. Tu as tenu ta promesse. Tu es revenu...

Draco releva la tête et le regarda longuement. Il vit des sillons de larmes sur ses joues, comme s'il avait pleuré très longtemps. Pourtant, il n'avait pas l'air triste quand il l'avait vu. Avait-il vraiment eu peur qu'il ne revienne pas ? Draco se mordit la lèvre, devait-il prendre ce si grand risque que la Magie leur avait offert ? Il regarda à nouveau les traces sur ses joues et posa un main dessus pour les essuyer. Harry tenait à lui... Il devait lui faire confiance.

- J'ai bien réfléchi... et j'ai parlé à la Magie... et... et...

- Elle t'a dit qu'elle ne pourrait rien faire c'est cela...

Draco fit le poisson plusieurs fois de suite avant de baisser les yeux.

- Elle m'a donné un bout de Lune.

Et il sortit de sa poche en le lui tendant. Harry le prit et regarda sans comprendre ce qu'il devait faire. Alors Draco raconta exactement mot pour mot ce que lui avait dit la Magie. Le silence se fit puis Harry lui tendit le morceau de Lune et murmura :

- Casse-le, je le mangerais.

- Non, Harry... je ne peux pas... Et si... Et si tu te trompais quant à moi ?

- Draco, je savais que c'était toi... A l'instant même où tu es tombé de cet arbre, quand bien même je ne savais pas que tu étais un enfant de la Lune, je savais que c'était toi... Comme si ma solitude n'avait qu'un but. Comme si je t'attendais depuis toujours. Et il n'y aura que toi, immortel ou pas, jusqu'à la fin de ma vie. Je n'ai pas peur de ce cailloux, il ne me tuera pas, à part si les effets sont inverses. Parce que je t'aime... à en crever.

Draco fronça de tristesse. Il le prit dans ses bras et le serra le plus fort qu'il put.

- Tu le sais sans doute, mais j'ai attendu beaucoup plus longtemps que toi ta venue dans mon monde, toi la personne que j'aime de tout mon être.

Harry sourit en se rappelant avoir utilisé ses mots. Il l'embrassa sur le front, juste en dessous de sa couronne. Puis le repoussa doucement et lui tendit à nouveau la pierre.

- Allons-y...

Draco hocha et prit le bout de Lune qu'il cassa en deux. Il lui offrit le morceau le plus gros et ensembles, en se regardant droit dans les yeux, ils les mangèrent. Harry fit une grimace quant au goût horrible de pierre. Il eut du mal à le faire passer mais il resta bien en face de son étoile. Et quand ils eurent avalé, ils se regardèrent encore longtemps, attendant le moindre signe qui leur prouverait que cela à marché.

Mais rien ne se produisit et le blond ne comprit pas. Avait-il mal fait. Comment savoir...

- Draco.

- Ça n'a pas marché, désespéra-t-il.

- Je vois flou...

Harry ôta ses lunettes et plissa les yeux. Il les écarquilla. Il voyait nettement. Jamais il n'eut plus belle vue qu'aujourd'hui. Cela avait fonctionné ! Harry allait vivre avec lui. Harry serait sien pour toujours. Il se jeta sur lui et prit ses lèvres dans un baiser torride.

- Tu es mien, se réjouit-il, tu es enfin mien.

Harry sourit. Il était l'homme le plus heureux du monde. Il avait trouvé l'amour en la présence d'un enfant de la Lune, il allait monter sur des nuages, fonder une famille et vivre enfin dans le bonheur, loin, très loin de sa solitude. Le blond le prit par le bras et le tira.

- Père nous attend, allons-y, Harry. Tu vas voir mon monde... Non, notre monde.

Harry sourit et le suivit. Arrivé à la barrière de bois, il se retourna pour regarder à nouveau la petite chaumière de bois branlante qu'il avait aimé et chéri durant toutes ses années. Il eut un sourire peiné, mais aucun regret ni culpabilité ne le traversa. Il posa ses lunettes sur le rebord de la barrière et se demanda si un jour ses parents reviendraient... Et si c'était le cas, se demanderaient-ils pourquoi ses lunettes étaient posées là, comme un dernier au revoir ? Ou juste passeraient-ils devant sans jamais les voir. On ne put dire si c'était malheureux ou bienheureux, mais Harry ne le saurait jamais.

Alors qu'il marchait, Harry sentit une petite douleur dans ses oreilles et quand il les toucha, il remarqua qu'elle avait grandi et maintenant avait la même longueur que celle de Draco. En rebaissant la main, il écarquilla les yeux devant sa peau qui avait pâli de plusieurs teinte de couleur. Et à peine devant Lucius, il eut vraiment chaud et s'obligea à retirer et laisser là son manteau. Enfin, Draco remarqua le tout quand les chaussures d'Harry lui devint désagréable.

- Harry, tu...

- Quoi ?

- Tu es un enfant de la Lune, fit le roi en s'avançant et touchant sa peau.

Ses yeux se mirent à briller comme des émeraudes.

- Mais, je croyais que... la Magie avait dit qu'une part de toi resterait humaine.

Harry ne comprenait pas non plus. Son processus de transformation se termina quand de ses doigts frétilla des étincelles.

- Ne l'utilise surtout pas, gronda le roi. La magie demande des années d'apprentissage. Mais... Apparemment le temps pour toi ne sera plus un problème, finit-il avec un doux sourire.

Harry resserra la main de son amant et sourit de toutes ses dents. Il regarda la Lune. Comment pourrait-il la remercier ? Avec ce tout petit bout d'elle, il était maintenant un de ses enfants. Draco se colla contre son torse, posant sa tête dessus et le roi fit à nouveau les gestes pour créer un nuage qui les firent monter. Comme l'avait prédit le dragon, ses souvenirs revinrent à l'instant même où il posa le pied sur les nuages d'en bas. Une fois sur le chemin sûr, il se jeta sur Draco et le fit voler, lui arrachant un rire de bonheur. Il leur expliqua tout. De l'enfant qui allait naître jusqu'au dragon qui l'avait testé. Ainsi que la Magie qui avait joué son rôle.

- Mais... ce dragon, si ce n'était la Magie, qui était-ce ?

Alors Harry se rappela de ses derniers mots et leva les yeux aux ciels. La première chose qu'il vit fut la grosse et maintenant si proche Lune.

- Je crois bien, que c'était la Lune elle-même...


Comme tous les nombreux et diverses contes qui s'achèvent ainsi, Harry et Draco se marièrent sous le regard bienveillant du roi. Ainsi, libérée de tout entrave, Pansy put rejoindre son seul et unique amour, Blaise. Les mois qui suivirent furent lamentations, exigences et pourtant bonheur. Lucius remarqua avec un sourire entre la mesquinerie et la consternation, que Draco avait pris beaucoup plus chez sa femme que ce qu'il pensait. Harry se pliait en quatre, mais ce n'était jamais assez. Il en riait beaucoup. Et enfin, quand le calvaire fut fini, laissa place un enfant aux cheveux de jais comme Harry mais à la pâleur et la finesse de Draco. Ils l'appelèrent Jean, car la Lune l'avait appelé ainsi, mais la première chose qu'Harry lui souffla, alors que ses mains potelées s'ouvraient et se refermaient sur lui fut :

- Mon tout petit bout de Lune.


Fin.


Voilà, c'est la fin de ce petit conte. Rien de bien méchant, juste de quoi vous reposer les yeux et sourire devant mon grand gagatisme des drarry à l'eau de roses.

Bref.

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.