Je viens enfin de terminer mon dossier de vingt pages après trois nuits blanches et je vous poste maintenant mon chapitre.

Bon, le Voyage de Chihiro ne m'appartient pas, etc...

Je remercie tout ceux et celles qui m'ont envoyé une review. Je vous dis merci beaucoup, elles m'encouragent énormément.

Un mois s'était maintenant écoulé depuis que Chihiro était revenu du monde des Esprits et ses parents ne s'était toujours pas remis du choc causé par leur retour au monde des hommes. Ils avaient fini par se réveiller, mais ils semblaient complètement ailleurs : son père était souvent endormi mais entrait parfois dans des crises de folie furieuse qui obligeait les médecins à lui prescrire des somnifères et des calmants. M. Ogino était alors comme plongé dans un épais brouillard, ne reconnaissant plus personne, incapable de formuler une phrase réellement cohérente et la folie semblait envahir son esprit. La mère de Chihiro, elle, était plus calme mais sa folie en était que plus effrayante : la plupart du temps, elle était allongée sur son lit, les yeux ouverts, fixant le plafond d'un regard vide. Parfois Chihiro essayait de lui parler, mais elle lui demandait qui était elle, qu'elle n'était pas sa fille, qu'elle ne la reconnaissait pas et elle se mettait alors à s'agiter et à crier, exigeant que cette inconnue parte tout de suite, au point qu'on devait lui injecter des calmants à elle aussi. On avait fini par demander à Chihiro de ne pas leur parler quand elle venait dans leur chambre, voir d'éviter de venir.

Au début, Chihiro en avait eu le cœur brisé et avait pleuré silencieusement pendant des nuits tout en essayant de ne pas montrer son chagrin devant les autres. Puis elle avait fini par sécher ses larmes et avait décidé de se remuer quand le Hôko s'était mis à se moquer de « son attitude idiote » et lui avait demandé si elle devait pleurer un nombre de larmes réglementaire pour retrouver ses parents... Le Kami avait une façon bien à lui de vouloir la réconforter : contrairement à Kohaku, il ne faisait pas preuve de patience ou d'une profonde compassion envers la fillette, il pouvait se moquer d'elle pendant des heures et s'amusait même parfois à lui cacher ses affaires. Pendant près d'une semaine, il lui mena la vie dure et cela finit par payer.

Exaspérée par ses mauvaises blagues et ses plaisanterie continues, Chihiro s'était mise à lui crier dessus, s'était saisi de l'arc et avait menacé de le transformer en pelote d'épingle, ce dont elle était encore loin d'être capable. Le Hôko l'en avait mise au défi et bien sûr, il avait gagné : le kyudô est un art qui ne nécessite pas seulement de la force et du savoir, mais aussi le calme intérieur et Chihiro était tout sauf calme à ce moment là. Quand à la force et le savoir, cela ne s'acquérait qu'après des mois et surtout des années d'entraînement.

Quand, épuisée, elle avait fini par s'allonger par terre, le malicieux Kami avait continué ses remarques narquoises, puis, d'un seul coup, il était devenu très sérieux et lui avait demandé ce qu'elle comptait faire. Tout en reprenant son souffle, Chihiro lui avait promis de s'entraîner jusqu'à ce qu'elle soit capable de l'atteindre d'une flèche bien placée. Puis, elle s'était relevée et s'était dirigée vers le temple avec l'intention de rafraichir et juste avant de passer le pas de la porte, elle s'était retournée vers lui, avec un visage sérieux et lui avait dit simplement « merci ».

Depuis ce jour, Chihiro prenait son entraînement de Kyudô plus au sérieux, tentant d'oublier dans la maitrise de son arc toutes ses difficultés: plus un tâche était compliquée, plus on avait tendance à oublier ses propres soucis, c'était quelque chose qu'elle n'avait pas oublié de son voyage dans le Monde des Esprits.

Durant les semaines passées, les patients s'étaient habitués à la voir passer régulièrement dansles allées du parc quand elle allait faire les courses pour le vieux prêtre ou qu'elle allait rendre visite à ses parents. Certains patients l'avait même surnommé « Miko » depuis qu'elle portait la tenue traditionnelle de ces prêtresses : un hakama rouge et un haut blanc car elle n'avait pas beaucoup de vêtements de rechange puisque tout était resté dans le camion de déménagement. Ceux qui lui restaient attiraient trop les regards de par leur air démodé et elle n'avait pas envie de répondre à des questions indiscrètes. Sa tenue actuelle n'était pas discrète non plus mais tout le monde pensait qu'elle était une apprentie Miko et Chihiro n'avait pas jugé bon de les détromper, puisque d'une étrange manière, c'était le cas. Après tout, les mikos n'étaient elles pas autrefois des prophétesses ou des chamanes ?

Ses journées passaient les une après les autres en suivant toujours le même rythme. Elle se levait très tôt, se préparait puis allait discuter un peu avec le Hôkô en préparant le petit déjeuner pour le vieux prêtre et elle. Puis, elle s'entraînait quelques heures sous les nombreux quolibets et les rares conseils de l'esprit canin. Ensuite, elle aidait au temple : c'était bien la moindre des choses d'aider celui qui l'avait recueillie chez lui malgré son âge. Après le repas de midi, elle partait à la clinique pour voir ses parents, bien qu'elle se fasse refouler par les infirmiers une fois sur deux, puis, elle retournait vers le temple et essayait de s'entraîner à nouveau à l'arc.

Le soir, elle grimpait le plus haut possible sur le chêne vert, demeure du Hôko qui lui avait permis d'y monter et observait la forêt au loin, tentant de voir les esprits qu'elle distinguait plus facilement dans l'ombre du crépuscule. Quand il se faisait tard, elle descendait avec un légers soupir. Elle aurait tant aimé pouvoir repérer Kohaku au loin quand il reviendrait enfin la voir ! Mais elle ne l'apercevait jamais malgré ses espoirs.

C'était maintenant le dernier jour d'aout et Chihiro se préparait, comme chaque jour à rendre visite à ses parents. Le Hôko s'approcha alors doucement d'elle et lui demanda :

« Je peux venir avec toi ? »

« Tu sais pourtant bien qu'une fois le Torii passé, je ne pourrais presque plus te voir ! Il n'y a que dans l'enceinte du temple que je peux vraiment te distinguer. Et je croyais que tu détestais cette clinique et son directeur ! » lui répondit Chihiro avec un peu de lassitude.

« J'envisageais justement d'aller me soulager dans son bureau... »ricana l'esprit aux cinq queues.

« Ta plaisanterie n'est pas drôle. »affirma tranquillement Chihiro tout en se mettant en route.

« Qui te dit que c'est une plaisanterie ? Je hais cet homme ! Ce sale type n'a qu'un désir, abattre mon arbre et son temple pour faire construire une nouvelle aile à son hôpital. Comme s'il y en avait besoin ! Mais comment pourrais tu comprendre ? »s'exclama le Kami, furieux.

« J'ai compris, tu sais. Kohaku a vu sa rivière disparaître lui aussi... »lui répondit elle avec douceur.

« Ah oui, ton amoureux... »insinua le Hôko d'un ton narquois.

«C'est cela. »acquiesça Chihiro avec la certitude ancrée profondément dans son coeur.

« Je ne peux même pas te taquiner avec cela ! Même pas de rougissement, pas de dénégations forcenées, ce n'est vraiment pas du jeu... » se lamenta le petit Kami.

« Bon, tu peux venir si tu veux. On dirait un petit frère, tu sais...Tu es sûr d'être un Hôko ? » demanda Chihiro en se baissant. Elle sentit un petit poids grimper sur son dos et se percher sur son épaule. Puis elle se remit en marche.

« Si tu veux savoir, ma mère est une Kitsune et mon père un Hôko pur souche...Moi, je suis quelque chose qui n'appartient ni aux Kitsunes, ni aux Hôkos. Et n'appartenant à aucune de ces familles, je n'ai donc pas de nom à part celui que les humains m'ont donné. » lui raconta le Kami d'une voix âpre.

« C'est vraiment terrible. Je sais ce que ça fait. » compatit Chihiro.

« Je ne serai peut être pas capable de retourner au monde des Esprits si je ne possède pas un nom d'esprit. En tout cas, mes pouvoirs y seront peu puissants et je m'y ferais tuer rapidement. Cet arbre, c'est toute la vie qui me reste et lorsque le vieil homme mourra, il sera abattu avec le temple... »murmura le petit esprit d'une voix éteinte.

Le silence se fit, pesant. Chihiro ne savait pas comment réagir à cette révélation et avait envie de réconforter l'esprit canin même si elle savait qu'il détesterait cela. Il était tellement susceptible. Elle ne prononça pas un mot : le silence était parfois la meilleure réponse à certains problème.

Enfin, les deux amis arrivèrent dans la chambre des parents de Chihiro : ces derniers étaient encore sous calmants et semblaient indifférents à tout ce qui les entourait, y compris leur fille. Cette dernière se contentait de les regarder avec tristesse. La fillette sentit son épaule s'alléger et en plissant les yeux, elle put voir le petit esprit grimper sur les lits des deux patients, comme s'il les observait, puis il revint vers elle et resta silencieux. Puis, il prit la parole :

« Ils sont dans le déni » affirma t-il d'une voix catégorique.

« J'avais cru comprendre » répondit Chihiro en laissant passer l'amertume qui la rongeait depuis des jours.

« Ils n'en sortiront jamais. C'est trop dur à avaler. Autrefois, quand les hommes croyaient aux esprits, ils pouvaient expliquer ce genre de choses extraordinaire. On les aurait compris et ils auraient pu reprendre une vie à peu près normale malgré cette expérience. Mais ni eux, ni les hommes ne croient plus aux esprits ou aux miracles et donc, ils sont complètement perdus, incapables de comprendre et donc, ils ne peuvent plus que sombrer dans la folie. » Expliqua le Kami.

« Tu es en train de me dire qu'ils ne guériront jamais ? »demanda Chihiro, la voix tremblante sous le coup de la colère ou du chagrin.

« C'est cela. Tu devrais cesser d'espérer leur rétablissement : c'est un problème auquel ils sont incapable de faire face par leur personnalité. D'après ce que tu m'as raconté, ils avaient été transformés en cochons par la vieille Yubaba à cause de leur sans-gêne et de leur arrogance ? Autrefois, nul humain n'aurait osé faire cela car ils auraient su que c'était pour les esprits. Des personnes comme tes parents ne peuvent croire à notre existence car ils se croient les seuls sur terre. Ils sont égoïste ... » critiqua violemment le Hôko d'une voix acerbe

« Tout les humains ne sont pas comme ça ! Et même s'ils ont leurs défauts, il restent mes parents. » lui cria Chihiro, les larmes lui montant aux yeux.

« C'est faux. Pour le moment, c'est toi l'adulte et c'est eux, les enfants. Ils refusent d'assumer la réalité et se comportent comme des gamins. Laisse les et vis ta vie, c'est le plus important. Ils n'arriveront pas à les soigner. De toute façon, demain ou après demain, tu va partir et tu ne pourras plus les voir aussi souvent.»Lui répondit l'esprit d'une voix détachée.

« Comment cela, je vais partir ?! Qu'est ce que tu racontes ? Je ne vais laisser personne : ni mes parents, ni Ojiisan, ni toi ! »

« Tu n'auras pas ton mot à dire. Hier soir, pendant que tu dormais, la police est venue pour annoncer au prêtre qu'ils vont finalement t'emmener à l'orphelinat et après, tu iras sans doute dans une famille d'accueil. Le vieil homme n'a pas osé te le dire et c'est pour ça qu'il ne t'a pas crié dessus à l'entraînement, ce matin...Tes parents seront déplacés dans une petite maison de repos. Peut être qu'on te permettra de les voir... »

« Non... »murmura Chihiro d'un air désespéré.

« Je suis désolé »

Le silence envahi la pièce. C'était terminé. Demain, tout cesserait, elle ne verrait plus son ami ni le vieil homme qui avait été si bon pour elle. Soudain, un espoir, le dernier, lui traversa l'esprit alors qu'elle se répétait les paroles du Hôko.

« Tu as bien dit qu'ils, les médecins, n'arriveront pas à les soigner, c'est cela ? Qu'en est il du monde des Esprits ? Le problème vient de là, non ? Donc, la solution ne peut se trouver que là bas. »

« Je me doutais que tu dirais cela... Oui, tu pourras trouver une solution dans notre monde, mais tu devras prendre tes précautions. »

«Tu parles du problème du temps et tout cela. Ce serait inutile pour moi de partir si je ne dois revenir que dans 50 ans... »

« En effet. Je crois qu'il vaut mieux que je t'enseigne certains aspects de mon monde d'origine. Là bas, le Temps est complètement imprévisible car le monde des Esprits n'en fait pas totalement partie, il est hors de votre cours du temps. Il peut s'écouler trois jours là bas et trente ans ici, tout comme il peut s'écouler un jour ici et un an là bas. C'est les esprits qui influencent les époques de ce monde d'une façon qui ne tient pas du tout compte des critères humains. Étant éternels, nous n'avons pas la même perception du passage du temps que des petits humains qui vivent même pas cent ans. Une seconde peut nous paraître l'éternité et un siècle peut passer très rapidement. Quand les humains avaient conscience de notre existence et nous priaient, nous nous inscrivions dans leur époque et pouvions mieux nous ancrer dans votre réalité, mais cela devient de moins en moins possible. Tu as compris ? » demanda l'esprit en se tournant vers Chihiro qui avait fait des efforts laborieux pour tenter de comprendre la longue et difficile explication du Hoko.

« Heu, oui.. Je crois »

« Parfait. Pour venir dans votre monde, nous, les esprits de la nature, avons besoin d'une ancre pour pouvoir y rester : un élément du paysage, comme une rivière ou un arbre. Parfois il s'agit d'un objet, sacré. Certains Kamis n'en ont pas besoin car ils sont particulièrement puissants. Les âmes des morts, les esprits qui n'ont pas d'ancre dans le monde des humains, ou ceux qui n'aiment pas votre réalité, et c'est le cas pour une majorité d'entre nous, restent dans le monde des Esprits et sont appelés « résidents permanents » » décrivait l'esprit qui semblait être fort satisfait de sa nouvelle fonction de professeur et paraissait très fier de son petit cours.

« Je crois que je vois à peu près. » Répondit Chihiro, l'air un peu plus sûre d'elle, essayant de faire les liens avec ce qu'elle avait vu durant son séjour.

« Passons maintenant à ton problème : il te faut une ancre pour te ramener ici, à cette époque précise. Tu ne peux pas prendre des repères comme un arbre ou un bâtiments car ils sont immuables : ils ne changent pas et sont toujours à peu près pareil au fil des siècles et donc, il t'arriverait la même chose qu'avant, c'est à dire un saut dans le temps. Tu dois prendre des humains comme repère car ils appartiennent à une période précise. Dans ton cas, ce sera tes parents. Et maintenant, écoute moi bien : quand tu repassera le Torii pour revenir dans ton monde, tu devras penser uniquement à tes parents, allongés à cet instant dans leur lit. Fixe les, imprègne toi de ce qu'ils sont en ce moment et souviens toi sans cesse de cette image quand tu reviendras car ce sera ton lien qui te guidera vers cette époque. Tu as compris ?»L'explication du Hôko semblait enfin terminée et Chihiro en avait compris la partie la plus importante. Elle fixa de ses yeux son père et sa mère allongés sur leurs lits,, pales et amaigris, les yeux fermés dans cette chambre tellement impersonnelle. Elle demanda alors:

« C'est tout ? »

« Tu plaisantes, je ne pourrais jamais t'expliquer suffisamment de choses avant ton départ, ce soir... »

Un Kitsune est un démon renard à plusieurs queues, réputés très malicieux et aimant jouer des tours aux humains. Ils sont rusés, jouent des tours et sont doués de pouvoirs magiques.

Il y a plusieurs type d'esprits kitsune, tels que les kitsune spectrales (Les Bakemono Kitsune de trois types : Reiko, Kiko or Koryo), ou les kitsune célestes (Tenko, les renards à neuf queues, âgés de 1000 ans). Les kitsune sont selon leur type, diaboliques (comme Kuko, le renard aérien) ou de bon augure (comme Genko le renard noir).

Les kitsune sont souvent dotés de pouvoirs magiques important, comme la possession, la capacité de souffler du feu, ou d'ignition en frottant leurs queues les unes contre les autres.

ils peuvent aussi se manifester dans le monde onirique, créer des illusions, courber l'espace et le temps, rendre les gens fous, distinguer les illusions, contrôler l'âme et l'esprit des gens et se transformer.

Bon, j'espère que mon explication sur le temps dans le monde des Esprits ne vous a pas ennuyés et qu'elle était compréhensible.

J'aime bien écrire sur Hôko, Je me suis inspirée de mon petit frère qui a un sale caractère moqueur pour le décrire...Il n'aime pas inspirer la pitié, ce qui explique son sale caractère et son histoire explique son mépris des humains, un mépris que l'on retrouvait souvent dans la Maison des Bains.