Le voyage de Chihiro et son univers ne m'appartiennent pas.

Merci beaucoup pour les reviews qui m'ont beaucoup encouragées.

Voilà le chapitre 5, beaucoup d'explication et peu d'action.

Le personnage du Hôko m'est inspiré de mon petit frère ( loué soit il, il me sert à quelque chose !) et du chien Bleu des romans Peggy Sue contre les Fantômes que je lisais étant enfant.


Chihiro et le Kami marchaient rapidement sur le chemin qui conduisait au temple Shinto, le Hôkô courait presque, tellement il était pressé de poursuivre les préparatifs pour le second voyage de la fillette dans le monde des Esprits. Elle devait partir pendant la nuit, sinon, ce serait trop tard, elle ne pourrait échapper à l'attention de ses futurs gardiens. Une fois arrivés au sanctuaire, le petit esprit canin vérifia si le vieux prêtre était bien endormi afin d'éviter d'attirer ses soupçons, quant au départ de sa petite protégée. Puis, il dicta à l'enfant une liste d'affaires qu'elle emporterait et qu'elle devait rassembler, pendant qu'il lui confierait certaines connaissances sur le Monde des Esprits.

« Bon, pour tes vêtements, je te suggère de garder pour le moment ta tenue de Miko. Ce n'est pas vraiment l'idéal car cela te désigne tout de suite comme une humaine. Mais comme c'est un vêtement de Miko, cela te désigne comme une humaine initiée au monde des esprits, ce qui veut dire que la grande majorité des Esprits éviteront de te manger. » expliqua le petit Hôkô, tandis qu'il regardait à droite et à gauche pour vérifier qu'ils n'étaient pas épiés.

« Une grande majorité, tu dis ? » s'inquiéta un peu Chihiro tout en pliant soigneusement ses vêtements de Miko.

« Oui, en général... Autrefois, les esprits étaient bienveillants à l'égard des humains. Mais comme les hommes se sont détournés d'eux, les Kamis sont devenus beaucoup moins tolérants à votre égard et n'hésiteraient pas à te dévorer. Mais comme les initiés sont très rares et qu'ils honorent les esprits comme il se doit, ils sont beaucoup plus acceptés que des humains normaux ou même les esprits des défunts... Bon, par contre, il existe évidemment quelques divinités calamiteuses et dont c'est la nature d'être ainsi. Fuis les comme la peste. » poursuivit le kami tout en dénichant dans un coffre de la chambre de Chihiro un furoshiki en coton pour empaqueter ses affaires. Puis, il se dirigea vers la cuisine et s'empara de trois onigiris qu'il apporta à l'enfant.

« Je ne crois pas que ce soit le bon moment pour manger. » dit Chihiro en regardant les boulettes de riz gluant que son ami venait de lui apporter.

« Ce n'est pas pour toi. Tu devras les placer devant le portique ou les maisons des esprits si tu en vois. Cela te mettra au moins dans leurs bonnes grâces. Concernant la nourriture, j'ai oublié de te demander... Tu as mangé quoi là bas, et quand ? » Demanda le Hôko d'un air songeur.

«La première nuit, J'ai mangé une sucrerie que m'a donné Haku et qui m'a ancré dans le monde des Esprits. Le lendemain matin, il m'a offert trois gros onigiris et ce soir là, Rin et moi avons partagé des dorayakis. Le dernier jour, je n'ai pratiquement pas mangé sauf le soir, quand j'ai pris le thé chez Zeniba. »

« Donc, tu as bien mangé trois jours là bas. Tant mieux,cela veut dire que tu n'auras plus ton odeur humaine. Les kamis détestent cette odeur, c'est comme s'il y avait de la nourriture qui marchait à côté d'eux, sans vouloir te vexer... »expliqua le Kami avec un soupçon d'excuse dans sa voix.

« J'avais remarqué cela. » répondit Chihiro qui se souvenait très bien de toutes les remarques méprisantes des autres serviteurs d'Aburaya. sur son odeur qui aurait nécessité des litres de désinfectants. Ce n'était pas le genre de chose que l'on oubliait facilement.

Elle avait maintenant terminé d'empaqueter ses vêtements de rechanges dans le tissu et elle cherchait maintenant à déterminer ce qu'elle devait amener d'autre. L'esprit canin semblait énervé pour une raison qu'elle ignorait et faisait des allées et venues dans la pièce d'un pas rapide, au point que Chihiro finit par lui demander ce qui le tracassait.

« Ta défense, si tu veux tout savoir. Tu ne sais absolument pas te battre et ce n'est pas une bonne chose. L'endroit où tu vas est dangereux, je te le rappelle. » Il sembla hésiter un instant, puis il reprit la parole:

« Bon, tu prends l'arc et tes flèches, même si pour le moment, tu n'es pas capable de tirer convenablement. Dans le monde des Esprits, tu auras le temps de t'entrainer, surtout si ton séjour dure quelques mois là bas. J'espère que tu te seras améliorée quand tu reviendras. Mais bon, le temps que ce miracle arrive, il te faudra trouver un moyen pour te défendre. Quand tu seras là bas, trouve toi un couteau, un kunai, un kankai, n'importe quoi au cas où. Et surtout, évite d'attirer l'attention sur toi. »

« Tu crois vraiment que mon voyage va durer plusieurs mois là bas ? Et tu es sûr que je reviendrais à cette époque ? »

« Tout dépends de toi, je te dis, pour le retour en particulier. Tu peux voir aussi ce voyage comme une chance: vois le bon côté des choses: tu ne vieilliras pratiquement pas, tu est presque certaine de retourner à cette époque sans que rien n'ai changé. A ta place, j'en profiterai pour cumuler les expériences, sauf si tes parents te manquent à ce point, mais même si tu restes là bas plus d'un an, pour eux, il n'y aura pas de différences. Je te l'ai dis, tout dépend de tes propres désirs : pour une fois, tu pourras les suivre sans qu'il y ait de répercussions négatives sur tes proches. Moi, je te le dis, profites en ! »Sourit le petit Hôkô d'un air tentateur.

«Je verrais une fois là bas...»soupira Chihiro. Elle jeta un coup d'œil à son paquetage qui contenait maintenant un vêtement de rechange, les offrandes emballées dans un linge. L'arc et le carquois rempli de flèches étaient posés à côté, ainsi qu'un chapeau de paille japonais chipé par le Hoko qui avait insisté pour qu'elle l'emporte.

« Avec mon arc, je ne passerai pas inaperçue, tu sais... » fit remarquer la jeune fille.

« Ce n'est pas un soucis, cela a surtout un effet dissuasif, pour ne pas que les esprits pensent que tu es faible. Tout le monde a toujours porté des armes là bas, cela n'a certainement pas changé depuis. Il n'y a que deux catégories d'esprits qui ne portent pas d'armes : les idiots et les esprits tellement puissants qu'ils peuvent te tuer d'un simple sort. »grogna le Kami en poussant une vieille lanterne vers le paquetage de Chihiro. La nuit était presque tombée, maintenant, et les étoiles commençaient à illuminer le ciel.

« Et comment je détermine quels esprits sont puissants ou non ? »demanda la petite fille en plaçant quelques bougies dans son paquet.

« Généralement, à l'instinct. On ressent le pouvoir à leur comportement, leur assurance, leur aspect, parfois, même s'il ne faut jamais s'y fier aveuglément. Tu peux en être tout à fait certaine que lorsque ils te jettent un sort...Je suis désolé, mais t'expliquer les pouvoirs de chaque catégorie d'esprits peut prendre des jours, tout comme faire comprendre les subtilités des hiérarchies. Le pouvoir change en permanence, c'est l'un des seuls facteurs d'évolution de ce monde. Le pouvoir est la seule chose qui importe car c'est une arme redoutable. Plus on maitrise la magie, plus on est respecté. » répondit le Hoko.

« Je vois »Chihiro noua le paquetage qu'elle venait d'achever et regarda autour d'elle. Elle n'allait pas tarder à partir, maintenant. Elle rajusta son chihaya, plaça l'arc et le carquois derrière son dos, attacha soigneusement ses cheveux avant de mettre son chapeau sur sa tête, puis elle se saisit de ses affaires et de la lanterne allumée et sortit du temple.

« Attends ! » lui cria presque le Hôkô. «je dois te donner une protection magique, au moins. Je sais faire des amulettes comme n'importe quel esprit. Ce ne sera certainement pas efficace si tu te mets dans de gros ennuis avec des êtres puissants, mais face aux sans pouvoirs, ça devrait t'être utile. »

Le petit Kami ferma les yeux et ses cinq queues s'agitèrent en un seul mouvement suivant le même rythme lent, comme si elles dansaient,et de longs poils se détachèrent de chacune d'entre elles. Le museau de l'esprit canin se plissa et il semblait se concentrer intensément : les cinq longs brins s'enroulèrent les unes entre elles, se tressant et formant une sorte de lanière blanche immaculée. Tout fier de lui, le petit esprit se rengorgea tandis que Chihiro admirait son œuvre :

« Tu pourras même t'en servir pour attacher tes cheveux et tout ça ! C'est le meilleur charme protecteur que j'ai fait de ma vie : d'habitude, je n'arrive pas à utiliser toutes mes queues. Il faut dire que c'est douloureux, tu sais ? Mes queues sont la partie la plus magique en moi car chacune d'entre elles contrôle un élément et je peux même provoquer des petits tremblements de terre avec ! Plutôt sympa, non ? Qu'est ce que tu en dis ? »

« Je vais plutôt le porter au poignet, d'accord ? Lors de ma précédente aventure, mes amis m'ont offert une autre amulette qui me sert à attacher mes cheveux et je ne voudrais pas leur faire de la peine en ne portant plus leur cadeau. » lui dit la petite fille avec douceur.

« C'est sûr. Une amulette de sorcière, ça, c'est du sortilège puissant. Je ne fais pas vraiment le poids avec mon petit sort minable. »marmonna le Hôko qui semblait sur le point de bouder.

Chihiro lui montra alors les deux talismans et en lui montrant celui du Monde des Esprits, elle lui dit :

«Celle-ci,c'est la précieuse amulette confectionnée par mes amis du Monde des Esprits»puis,montrant la petite cordelette tissée, elle ajouta « et ceci, c'est le précieux talisman tissé par mon ami du temple de la forêt. Grâce à ces deux cadeaux, je sais que j'aurais toujours mes amis à mes côtés. Tu comprends ? »

Le petit esprit sembla réfléchir un moment, puis ses yeux semblèrent s'éclairer et il dit d'un ton joyeux :

« De toute façon, tu as raison, au poignet, c'est mieux. Car ainsi, il te suffit de regarder ton poignet, et tu me vois !Je préfère, finalement ! »

Chihiro sourit alors, réussissant à ne pas laisser transparaitre son amusement : le petit Kami pouvait être tellement incorrigible ! Après avoir attaché son bracelet à son poignet, elle saisit ses affaires, et guidée par sa lanterne qu'elle tenait dans sa main gauche, elle se dirigea vers la sortie de la clinique. Le petit Hoko avait décidé de la suivre le plus loin possible. Une fois sortie, elle traversa la ville silencieuse, comme une ombre qui ne faisait que passer. Personne ne sembla la voir, ou, s'ils l'aperçurent, peut être crurent ils à une hallucination ou à la vision d'un spectre: car Chihiro, qui marchait d'un pas calme, avec son hakama rouge, son haut blanc, son chapeau de paille tressés et sa lanterne qui éclairait son chemin de sa lueur vacillante, ressemblait davantage à une apparition d'une autre époque qu'à une fillette ordinaire.

Enfin, elle entra dans la forêt et en cherchant attentivement à la faible lumière qu'elle portait, elle aperçut finalement des petites maisons symbolisant les demeures des esprits. Elle s'agenouilla devant elles et déposa les offrandes qu'elle avait apporté en priant quelques instants pour demander aux Kamis leur protection durant son voyage chez eux. Cependant, elle ne s'attarda pas et très vite, elle reprit sa route en espérant de tout son cœur parvenir jusqu'au Torii.

Cependant, dans la quasi obscurité, elle ne reconnaissait plus rien et elle craignait de se perdre, sans aucun espoir de retrouver ce portail. Chihiro regardait autour d'elle, de plus en plus effrayée : elle n'allait quand même pas être forcée à abandonner si près du but ! Et comme si cela ne suffisait pas, la bougie de sa lanterne s'éteignit d'un seul coup, comme si on l'avait soufflée. Désormais, elle se trouvait dans les ténèbres les plus complètes, définitivement perdue au milieu de nulle part, sans espoir de retrouver son chemin avant le matin.

Et c'est alors qu'elle aperçut les lucioles : elles étincelaient dans l'obscurité et semblaient se regrouper. Curieusement, elles semblaient se diriger vers le même endroit, comme si elles suivaient un chemin particulier, au lieu de voler à droite et à gauche comme des insectes normaux. Mue par un pressentiment, Chihiro se mit aussitôt à les suivre sur le chemin qu'elles empruntaient et illuminaient par une étrange magie.

Et, bien sûr, elle arriva alors au portail dans lequel s'engouffraient les vers luisants qui devaient être en réalité des esprits. Heureuse et soulagée, Chihiro se tourna alors vers le Hôko qui semblait à bout de force et lui dit, son visage éclairée autant par la lumière émise par les lucioles que par le sourire qui illuminait son visage :

« Merci, mon ami, pour tout ce que tu as fait pour moi, pour ton aide, tes conseils, Merci beaucoup, sans toi je ne m'en serais jamais sortie. »

Le kami semblait presque s'effacer peu à peu : il retournait près de son domaine et du temple. Il répondit d'un simple hochement de la tête, incapable de prononcer un mot.

« Quand je serais dans le monde des Esprits, j'essaierais de trouver ton nom. Je ferais tout mon possible pour cela. »

« Mon père est un Hôkô qui se nomme Tamasugi. C'est l'esprit d'un très vieux cèdre de plus de mille ans. Ma mère est une Kitsune à sept queues du nom de Ineko. Je n'en sais pas plus. C'est à eux que tu devras demander mon nom. Merci ... »

Et soudain, le petit Hôko disparut, s'effaçant.

Chihiro essuya une larme, puis se relevant, elle marcha vers le portail et entra à nouveau dans le Monde des Esprits.

Lexique

Le furoshiki (風呂敷, furoshiki?) est une technique japonaise traditionnelle d'emballage en tissu utilisée pour transporter des vêtements, des cadeaux, le bentō, etc.

L'onigiri (おにぎり /御握り, onigiri?) est une boulette de riz japonaise, souvent en forme de triangle ou d'ovale et souvent enveloppée d'une algue nori.

Les onigiri ne sont pas réellement considérés comme un mets par les Japonais, mais plutôt comme un en-cas que l'on peut consommer par exemple lors d'un pique-nique ou à n'importe quel moment de la journée. Ce sont de véritables sandwichs de riz particulièrement populaires et bien ancrés dans la tradition culinaire japonaise. Ils sont le plus souvent fourrés d'une umeboshi, une petite prune séchée extrêmement salée, mais ils peuvent également renfermer du poisson grillé, comme du saumon, du thon ou autre ingrédient salé ou aigre.

Le dorayaki (銅鑼焼き, dorayaki?) est une pâtisserie japonaise.

Celle-ci consiste en deux pâtes en forme de pancake, faites en kasutera, enveloppant une garniture de pâte de haricot rouge nommée anko (ingrédient courant en cuisine japonaise). À l'origine, cette pâtisserie n'avait qu'une seule couche.

Le Kaiken est un petit sabre japonais, plus petit que le tantō, qui s'apparente plutôt à un couteau de par sa taille (environ 15 cm). Il était porté par les femmes de samouraïs, soit dans les manches de leur kimono, soit passé dans leur obi.

Le kaiken-jutsu désigne l'art martial japonais consistant à manier les couteaux. Le kakushi désigne l'art de manier les armes cachées, comme les kaiken et les shuriken.

Le Chihaya Le costume traditionnel des miko est le chihaya, consistant en un hakama rouge écarlate, un haut de kimono blanc à larges manches (souvent orné de rouge), et des tabi. Parfois, dans certains sanctuaires, comme le sanctuaire de Tsurugaoka Hachiman-gū à Kamakura, on trouve des miko portant d'autres couleurs. Il est également fréquent que les miko portent des rubans dans les cheveux ou d'autres ornements, généralement blancs ou rouges.

Tamasugi est le nom d'un vieil arbre du Japon de 1500 ans et qui existe réellement.

Ineko signifie enfant du plant de riz car les Kitsunes étaient associées à la déesse Inari, déesse du riz.

Bon, j'ai mes partiels à préparer. c'est étonnant, on écrit plus facilement en période de révisions que durant les vacances... Stress, facteur de création ?