Bonjour, je profite d'un petit moment où j'ai accès à internet pour poster ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Le prochain sera (peut-être) dans trois semaines. Je vous souhaite une bonne journée !
Chapitre 12
La civière transportant le Shishigami souffrant fonçait comme le vent et l'escorte qui l'accompagnait avait fait de même, désireuse d'emmener leur maitre au Palais des bains le plus rapidement possible pour qu'il y soit soigné. La litière se déplaçait aussi rapidement car c'était des oiseaux rapides, des faucons, qui la transportait tandis qu'en dessous, sa suite guettait le moindre signe indiquant une éventuelle aggravation de l'état du Seigneur de la forêt Nara.
Chihiro, de son côté, était accrochée à la ramure majestueuse du cerf blanc qu'elle chevauchait et tentait de s'y maintenir en équilibre tout en tenant son arc, prête à tirer au cas où quelqu'un souhaiterait attaquer le dieu agonisant. Au début, la jeune fille s'était sentie très maladroite, incapable de se maintenir sur l'échine du cerf sans s'accrocher. Mais petit à petit, elle avait commencé à prendre de l'assurance : après tout, elle avait chevauché un dragon dans le ciel en pleine nuit.
La petite troupe avait déjà dépassé le domaine de Zeniba et la jeune fille avait un seul regret, ne pas pouvoir rassurer ses amis que tout allait bien pour elle. Si elle ne rentrait pas, ils allaient sans doute s'inquiéter. Mais quand elle arriverait à Arubaya, elle pourrait peut-être s'arranger pour envoyer un message vers le Fond de l'Étang…Les pensées inquiètes de Chihiro furent très vite interrompue quand son coursier s'agita au dessous d'elle, lui indiquant de regarder autour d'elle et non en elle-même. Chihiro pouvait voir une troupe de sangliers venant droit vers eux.
Peu désireuse de leur tirer dessus, la jeune fille fit signe au cerf de se porter à l'avant du cortège et quand elle arriva à portée de voix, elle hurla :
"Nous vous demandons pardon pour l'intrusion sur vos terres mais nous devons emmener Shishigami-sama à Aburaya de toute urgence !"
"Le maitre de la Forêt de Nara a t-il besoin de notre assistance ?" Demanda d'un ton busque un gigantesque sanglier au cerf qui portait la jeune fille, ignorant grossièrement celle-ci par la même occasion.
"Uniquement si un danger particulièrement dangereux pourrait venir à se présenter sur la route. Pour le reste, mon cavalier peut se charger de la défense de mon maitre." Répondit le cerf à la surprise de Chihiro qui se mit à rougir devant le compliment fait à son égard."
"Quoi ? Confier la sécurité d'un maitre d'une forêt à une simple âme humaine ?" S'indigna le sanglier aux quatre défenses.
"Cette humaine a sauvé mon maitre il y a quelques heures." Rétorqua le cerf.
"Parce que en plus c'est une humaine ? Mais elle ne sent pas comme l'un d'entre eux. Nous le savons, ils sentent délicieusement bons !" Protesta un jeune sanglier à deux défenses à l'arrière de la petite troupe.
"Elle sait utiliser les arts ancestraux. Maintenant laissez nous passer, mon maitre a besoin de soins et il a une dette envers elle. Aucun mal ne lui sera fait." Déclara calmement le noble cervidé.
"Pardonne nous, Shika, nous n'avons pas pour habitude de voir des humains sauver les nôtres mais plutôt de ravager nos territoires…" S'excusa le chef du peloton des sangliers avant de s'effacer pour les laisser passer.
Le cortège pu donc passer sans que la situation ne dégénère et continuer leur route vers le palais d'Aburaya. Chihiro restait en état de veille, sachant désormais qu'elle devait être à la hauteur du rôle qu'on lui avait confié. Ils continuaient leur route en silence sans parler, attentifs à tout danger potentiel. Chihiro commençait à reconnaître certains endroits du paysage : la suite s'apprêtait à rejoindre la voie ferrée pour ensuite foncer droit vers le Palais des Bains. Elle même n'avait jamais pu oublier ce voyage qu'elle avait effectué seule dans ce vieux train entourée des ombres de personnes qui semblaient ni vivantes ni mortes. Durant ce voyage, elle s'était sentie entre l'enfance et l'âge adulte sans être pour autant dans l'adolescence. Elle s'était juste sentie sage comme jamais auparavant. Aujourd'hui, elle conservait encore cette impression, notamment quand elle méditait.
Ses pensées s'étaient à nouveau égarées car elle sentit soudain qu'on demandait son attention : un oiseau voletait près d'eux, portant un message pour eux :
"Notre Maitre est au plus mal ! Vous devez prendre de l'avance et avertir le personnel du palais des bains de préparer des herbes médicinales et un bain chaud de toute urgence !"
"Nous partons. Accroche toi, tu penses que tu pourras soutenir le rythme ?" Demanda le cerf à Chihiro.
"J'ai monté un dragon une fois…" répondit la jeune humaine.
"Dans ce cas, cela devrait aller…Accroche toi bien à me bois et ne les lâche surtout pas." Murmura le cervidé.
Il prit une profonde inspiration puis se mit à galoper beaucoup plus vite qu'auparavant, sautant par dessus les obstacles bondissant pour aller plus vite. Perchée près de son encolure, Chihiro mettait tout en œuvre pour s'accrocher à la ramure de Shika et de ne surtout pas perdre l'équilibre quand il sautait. Elle se sentait beaucoup plus secouée que quand elle avait chevauché Kohaku sous sa forme de dragon, ce dernier ayant tout fait à l'époque pour rendre le voyage le plus agréable possible à sa passagère, ce qui n'était évidemment pas le cas ici tant ils manquaient de temps.
La vitesse était si grande qu'elle pouvait à peine distinguer le paysage proche. La seule chose qu'elle voyait, c'était le soleil qui se couchait progressivement, passant d'une couleur orangée à une lueur rougeâtre qui diffusait de pâles rayons sur la plaine de plus en plus fraiche. Et pendant ce temps, Chihiro fixait la voie ferrée droit devant elle et quand elle commença par voir apparaître des toits en pagodes, elle comprit que son compagnon et elle n'allaitent pas tarder à arriver à Aburaya. Elle murmura à son compagnon qu'elle sentait de plus en plus épuisé par sa course :
"Courage, on est presque arrivé…Je vois déjà le bâtiment des bain et les toits des restaurants."
Alors le Kami mineur reprit sa course avec l'énergie du désespoir, mettant ses ultimes forces dans cette dernière et ultime chevauchée. Chihiro comprit en voyant le regard de plus en plus terni de sa monture qu'elle s'effondrerait et mourrait sur place faute d'aide. Or, Zeniba lui avait appris un sort mineur fondé sur l'utilisation du premier Chakra et qui permettait d'offrir en partie son énergie vitale à un autre être. Aussitôt, la petite apprentie sorcière se hâta de préparer son sort en se concentrant le plus possible et envoya une partie de son Ki dans le cerf qui sembla reprendre vie et dont le galop se fit plus énergique. Enfin, ils arrivèrent aux frontière du parc à thème et commencèrent à grimper les marches menant jusqu'au palais des bains, bousculant esprits en visite et employés au travail qui poussèrent des cris de protestations que ni Chihiro ni son compagnon n'entendirent. Enfin, ils arrivèrent au pont menant au majestueux palais. Ce fut à ce moment là que Shika s'effondra au sol épuisé, jetant à terre sa petite cavalière. Celle-ci se releva et se dirigea vers deux employés hommes grenouilles et demanda aussitôt :
"Où se trouve madame Yubaba, c'est urgent ! J'ai un esprit qui va bientôt venir et qui a besoin de soins immédiatement !"
"Nous ne sommes pas responsables et Mme Yubaba n'est pas disponible pour le moment et a demandé à n'être dérangée sous aucun prétexte ! il faut demander à Chihiyaku et Aniyaku, mais ils sont débordés de travail !"
"Dans ce cas, dîtes moi où est Rin !"
"Heu, en bas, je crois avec le vieux Kamaji. Mais d'abord qui tu es ? Tu ne serais pas une intruse ? Eh ! Attends où tu vas ?!" S'exclama l'employé furieux d'être ignoré.
"Je vais chez Kamaji ! Inutile de me suivre, je connais le chemin !" Déclara Chihiro avant de s'engouffrer sur le pont pour rejoindre le jardin extérieur et atteindre la porte du fond avant de se précipiter dans les escaliers raides menant tout en bas du palais des Bains, là où se trouvait la chaudière et la tanière du vieux Kamaji. Elle rata une marche comme la première fois et dévala le reste de l'escalier sur son derrière. Mais sans attendre une seconde, elle se releva et entra par la porte et fit irruption dans la chaudière au moment où Kamaji et Rin discutaient tous les deux tandis que les Susuwatari, les boules de suifs, dévoraient les bonbons offerts par Rin.
"Qui êtes vous ? S'exclama Rin, l'entrée est interdite aux personnes non autorisée ! Mais… Attends, tu es Sen !"
"En fait c'est Chihiro, mais oui, c'est bien moi. Kamaji oji san, un esprit grièvement blessé ne va pas tarder à arriver. C'est le Shishigami de la forêt Nara, il a été blessé par un Kami loup il y a quelques heures et le seul qui pouvez l'aider."
"Chihiro, hein ? Je vais voir ce que je peux faire. Il a dû subir une hémorragie de Ki et il doit être très affaibli… J'aurais besoin de cette herbe là et de celle ci… Et il faudra que cette eau soit bien chaude…"
Les longs bras de Kamaji commencèrent à farfouiller dans les étagères de la pièce, attrapant des herbes de toutes sortes qu'il commençait à broyer dans son mortier. Rin et Chihiro s'était prudemment mises sur le côté pour ne pas gêner l'esprit de la chaudière tandis qu'il travaillait. Rin continuait à regarder son ancienne apprentie comme si une seconde tête venait de lui pousser sur ses épaules puis finalement, la jeune fille de dix sept ans céda à ses impulsions et saisit Chihiro en lui demandant :
"Qu'est ce que tu fais là ? Je te croyais reparti pour le monde des humains depuis longtemps ! Ça fit un an et tu ne sembles pas avoir grandi d'un pouce ! Tu es toujours aussi minuscule !"
"Il y a eu un problème avec mes parents et je suis revenue dans le monde des esprits pour chercher la solution afin de les guérir. Mais cela risque d'être plus dur que prévu…" Soupira Chihiro.
"C'est la vie !" Déclara philosophiquement Ein avant d'ajouter : Bon, si un Seigneur féodal doit nous rendre visite pour se soigner, il vaut mieux déranger madame Yubaba. Elle préfère toujours être avertie dans ces circonstances… Allez viens !"
"J'arrive Rin !"
Chihiro enleva rapidement ses sandales et ses chaussettes, remercia le vieux Kamaji ppour l'avoir écoute, puis suivit celle qu'elle avait considérée comme une grande sœur durant son séjour ici. Les sous sols n'avaient pas beaucoup changé, ils étaient toujours aussi sombres et étroits que dans le souvenir de l'ancienne plus jeune employée d'Arubaya. Les deux filles grimpèrent dans un ascenseur et elles commencèrent à discuter pendant la montée :
"J'espère que nous n'aurons pas d'ennuis avec les employés à cause de ton odeur comme la dernière fois. Mais si tu es là depuis longtemps, cela a dû s'estomper…" Dit Rin à Chihiro qui répondit :
"Ne t'inquiète pas, je crois qu'il n'y a plus aucune odeur maintenant. Je me suis faite une amulette pour enlever mes odeurs corporelles et éviter de sentir comme si j'étais le prochain repas d'un esprit !"
"Tu as fait… Tu veux dire que tu apprends la magie, toi aussi ?" S'exclama l'ainée de Chihiro.
"Oui, auprès de Zeniba, la sœur jumelle de Yubaba depuis quelques mois. Elle est vraiment gentille et maintenant, j'en suis à trois chakras d'ouverts aujourd'hui. Et pour toi ? Zeniba m'avait dit que tu te débrouillais plutôt bien maintenant comme employée."
"Ça, je ne te le fais pas dire ! J'ai pris la place de Haku depuis que ce petit chanceux a retrouvé son vrai nom et est parti en laissant le Palais des Bains en plan ! J'ai inventé une nouvelle organisation et ça a bien marché. Il y a deux ou trois mois, Yubaba m'a donnée le titre de Haku et je suis maintenant celle à qui tout le monde s'adresse quand il y a des problèmes. C'est éreintant et ça me laisse peu de temps pour moi mais en échange j'apprends la magie. Elle me l'apprend à un rythme très lent, je crois qu'elle ne veut pas qu'il arrive la même chose qu'avec Haku… Ah, on change d'ascenseur !"
Les deux filles sortirent de la cabine de bois et commencèrent à circuler autour des bassins où les kamis commençaient à se plonger pour se revigorer. Les Yunas commençaient à prendre soin de leurs hôtes en effectuant des massages ou en faisant couler des eaux médicinales pour soigner les blessures superficielles. Parfois, l'un des employés s'adressait à Rin, lui demandait un conseil ou lui faisait un rapport sur un client. La jeune femme répondait de manière professionnelle, ferme mais sans abuser de son autorité. On pouvait voir qu'elle était très aimée par ses anciens collègues avec lesquels elle semblait avoir conservé des liens sinon d'amitié, au moins de bonne entente.
Personne ne semblait trop remarquer Chihiro qui suivait Rin d'un pas assuré, sachant qu'elle était là pour servir une juste cause. La plus jeune fille observait sa sœur ainée d'adoption et souriait en elle même : Rin ne semblait pas avoir perdu son cœur en devenant l'assistante de Yubaba et au contraire paraissait s'être épanouie dans ce rôle. Elle semblait très assurée mais n'avait pas perdu son bon cœur, même si elle le cachait sous un masque de professionnalisme et de responsabilité. Cela rendait Chihiro heureuse de savoir que son amie était restée la même durant leur séparation.
"Dis Rin, qui est la fille à côté de toi ? C'est une nouvelle employée ?" Demanda un homme grenouille qui avait enfin fini par remarquer Chihiro dans sa tenue de Miko.
"Disons plutôt que c'est une ancienne employée" Déclara Rin avec un petit sourire en coin.
"Hé, mais je la reconnais ! C'est Sen !" S'exclama un autre homme crapaud.
"Incroyable, je ne t'avais pas du tout senti ! Qu'est ce que tu fais là ? Je te pensais chez les humains !" Déclara une Yuna.
"Sen est ici en tant qu'Itako, une Shaman. Un esprit de marque a eu besoin d'elle et il va venir ici dans quelques minutes ! Tâchez de l'accueillir le mieux possible quand il arrivera ici, il sera dans le grand bain Numéro un. Veillez à ce que tout soit impeccable ! Nous, nous allons prévenir Madame Yubaba"
"À vos ordres !" S'exclamèrent les employés en se dispersant le plus rapidement possible pour vaquer à leurs nouvelles occupations.
"Yubaba leur fait toujours aussi peur, pas vrai ?" Dit Chihiro avec un léger sourire.
"Il n'y a que toi qui n'a pas peur de cette sorcière et qui a eu en plus le culot de l'appeler grand-mère !" Répondit Rin en secouant la tête d'un air désabusé.
"Quand on la connaît bien, on peut voir qu'elle n'est pas si méchante que ça…" dit Chihiro en repensant à l'amour démesuré que la vieille sorcière avait pour son fils Bou;
Pendant qu'elles parlaient, les deux filles étaient arrivées vers un ascenseur plus luxueux et réservé aux clients. Elles entrèrent dans la cabine richement décorée et Rin poussa le levier de bronze pour monter jusque chez madame Yubaba. Cette fois, il n'était plus question de discussion sans importance : Rin avait l'air aussi sérieux que Haku car désormais, elle avait un travail aussi important à faire. Chihiro, quant à elle, tachait de méditer ses trois Chakras pour calmer son anxiété et son angoisse vis-à-vis du Shishigami, espérant qu'il ne soit pas mort durant le trajet. Elle pensait également à Zeniba, Seita, Stsuko et Sans Visage qui devaient tous s'inquiéter de ne pas la voir revenir de son expédition alors que la nuit était déjà tombée.
Enfin, elles arrivèrent devant la porte richement ornée d'enjolivures dorées à l'or fin de type baroque. Rin frappa et quand le loquet se mit à lui demander d'une voix désagréable de quoi il s'agissait, Rin répondit qu'il s'agissait d'une urgence. La porte s'ouvrit aussitôt et avant même que les deux jeunes filles n'aient pu entrer dans les appartements magnifiques de Yubaba, elles se sentirent attirées violemment en direction du bureau de la vieille sorcière. Quand elles y arrivèrent, elles parvinrent à ne pas s'étaler par terre grâce à leur premier Chakra fermement ancré au sol qui les avait maintenu en équilibre. Néanmoins, cela leur donna l'élan nécessaire pour s'incliner devant la vieille dame qui dit :
"Voici donc une revenante… Et toi, Rin, tu m'as dit que c'était urgent. Ne me dis pas qu'il s'agissait seulement d'elle."
"Non, madame Yubaba. Mais c'est elle qui est venue nous apporter la nouvelle alors j'ai pensé que ce serait mieux qu'elle m'accompagne pour éviter tout malentendu. Déclara Rin d'une voix ferme.
"J'ai compris. De toute manière, il est impossible de transformer une Itako en chapon même si je le voulais. Alors, Sen, sois brève et concise, tu sais que j'ai horreur du bavardage inutile."
"Le Kami Shishigami sama de la septième station a été grièvement blessé au cours d'un combat. Il a besoin de soins spécifiques prodigués par Aburaya de toute urgence. J'ai été envoyée ici en éclaireur pour vous prévenir." Expliqua Chihiro qui avait bien préparé son discours tout au long du chemin menant ici.
"Il a été blessé, dis tu ? C'est un Kami assez puissant, pourtant. Il faut faire les préparatifs, il s'agit d'un esprit puissant et celui d'un sanctuaire important, qui plus est. Nous devons nous hâter."
Au même moment un grand bruit de trompes et d'instrument de musique retentit à l'extérieur, annonçant une arrivée en grande pompe d'un grand esprit. Le Shishigami s'apprêtait à faire son entrée solennelle à Aburaya bien que blessé à mort. Les dieux tenaient toujours au cérémonial et aux traditions même quand ils étaient en grand péril. Yubaba se pencha par dessus le balcon pour vérifier qu'il s'agissait bien de lui puis elle s'adressa à Rin :
"Fais préparer le grand bain de la salle numéro 1 et fais demander au vieux Kamaji ses meilleures herbes médicinales. Dis lui que c'est une priorité absolue !"
"C'est déjà fait, madame Yubaba" déclara Rin sur un ton sérieux.
"Très bien ! Toi ! S'exclama la vieille maitresse du palais des bains, "De quel type de blessure souffrait il ?"
"D'une grande balafre à la gorge. Ça l'a presque décapité. Et je crois qu'il souffre d'une forte hémorragie de Ki."
"Tu crois ou tu en es certaine ? Ricana la vieille sorcière sur un ton amer. "Je vois que tu as pris des leçons de magie auprès de ma chère sœur…Mais tu as certainement raison. Rin, nouvelles instructions. Fais évacuer les Bains en commençant par les dieux les plus importants."
Rin courut aussitôt accomplir sa tâche, laissant Chihiro avec sa patronne qui appelait ses employés au téléphone pour donner des consignes. Chihiro comprit soudain que derrière la voix impérieuse de madame Yubaba se cachait de la crainte. Elle craignait quelque chose. La vieille sorcière se tourna à nouveau vers elle et lui demanda d'un ton abrupt :
"Combien ?"
"J'ai ouvert le troisième aujourd'hui, madame Yubaba" Déclara aussitôt Chihiro qui avait rapidement compris que Yubaba évoquait ses Chakras.
"C'et déjà ça. Je vais te dire une chose, Sen, il n'y a pas plus dangereux qu'un Kami blessé à mort. C'est destructeur mais il faut bien le faire. Maintenant viens, nous allons accueillir notre invité."
Puis, comme si Chihiro faisait encore partie de ses employés, elle poussa la jeune fille vers la sortie puis les ascenseurs qui descendirent jusqu'à l'entrée. Les deux femmes furent bientôt sur le pont où elles virent la litière respectueusement tenue par toutes sortes de Kamis et devant laquelle s'inclinaient les nombreux dieux qui avaient évacué le Palais des Bains et qui reconnaissait un esprit plus grand qu'eux. La civière fut saisie par les employés hommes crapauds qui la tenaient avec le plus grand soin et l'emmenèrent vers le bain numéro 1 dans lequel ils plongèrent le dieu ce qui fit déborder le bassin. L'eau se teinta immédiatement de sang mais, malgré l'eau médicinale qui coulait sur lui, le Kami ne semblait pas aller mieux car la plaie continuait de saigner abondamment. Yubaba, qui avait observé les événements depuis la promenade, s'adressa à Chihiro :
"D'après ce que je vois sur ton amulette, ma sœur t'as apprise à coudre avec toutes sortes d'éléments… Tant mieux, je vais avoir besoin de toi. Il faut recoudre rapidement la plaie du Shishigami avant qu'il ne soit décapité. Si cela arrive, un monstre apparaitra et dévastera cet endroit. Normalement, pour une tâche aussi importante, je m'en chargerais moi-même mis mes doigts ont perdu de leur agilité et Rin n'a pas encore appris à se servir du Ki sur un fil. Toi, tu le sais."
Aussitôt après qu'elle eut prononcé ces mots, elle invoqua du fil et une aiguille dont se saisit Chihiro sans hésitation. Puis, la jeune enfant descendit en passant directement par dessus la balustrade pour sauter dans l'eau souillée de sang. Elle monta sur le rebord du bain le plus rapidement possible et infusa le fil avec son Ki avant de le glisser dans le chas de l'aiguille puis elle se tourna vers le grand esprit de la forêt, s'inclina respectueusement avant de commencer sa tâche. Elle s'y prenait lentement mais avec soin, ses cheveux trempée par l'eau lui tombait sur la figure, l'eau thermale brulait ses bras et ses doigts rendus sensibles mais elle ne renonçait pas. Point par point, elle refermait la plaie en prenant bien garde à ne jamais perdre sa concentration pour ne pas que son fil perde son Ki. Ses doigts étaient recouverts de sang mais elle n'y prenait garde tant elle était absorbée par sa tâche.
Enfin, le dernier point fut cousu et Chihiro leva le bras pour indiquer qu'elle avait terminé. Elle se saisit du cordon pour amener l'eau thermale médicinale et s'y suspendit pour faire couler le liquide bouillonnant. Elle pouvait entendre le soupir de soulagement du dieu satisfait et Chihiro ne put s'empêcher de soupirer également de soulagement. Au dessus d'elle, elle pouvait entendre les acclamations de joie des esprits de la forêt Nara restés auprès de leur maitre ainsi que celles d'autres Kamis ayant refusé de quitter le Palais pour voir ce qui allait arriver. À ce moment là Chihiro, terrassée par l'épuisement suite à la dure journée qu'elle venait de traverser, s'effondra dans le bassin. Des cris s'élevèrent mais bientôt, ils se transformèrent en exclamations de soulagement : Chihiro venait d'être repêchée avec soin par l'imposante ramure du magnifique esprit-cerf qui la déposa en sécurité.
Puis le Shihigami secoua la tête et les nombreux andouillers tombèrent au sol devant Yubaba qui les regardait avec un air proche de la vénération. Puis le cerf au visage humain déclara :
"Veuillez recevoir ce modeste présent en échange de ma gratitude pour m'avoir si bien soigné. Et toi, enfant, reçois également ceci et sache que grâce à cela, tu seras considéré à jamais comme une amie parmi les peuple des forêts. Grave le comme tu le souhaites et tu auras un talisman parmi les plus précieux dans ce monde. "
Chihiro qui était encore en train de recracher l'eau qu'elle avait avalée, parvint à s'incliner respectueusement devant le Shishigami avant que ce dernier ne rebrousse fièrement chemin comme un jeune cerf et ne parte avec son escorte en grande pompe vers sa demeure.
Chihiro parvint à se relever et à approcher Yubaba qui continuait de regarder les cornes de cerfs empilées sur le sol comme si elle avait devant elle le trésor le plus précieux. Voyant l'air un peu égaré de la jeune fille, Yubaba expliqua :
"Les cornes de cerf sont très utilisée en médecine et très précieuse à cause de cela. Et c'est le Shishigami en personne qui nous a donné les siens : ils auront donc un grand pouvoir magique de guérison. Cela vaut plus que leur poids en or !"
Puis elle regarda la jeune fille épuisée et déclara :
"Après ce que tu viens de faire, je ne peux pas décemment te renvoyer chez ma sœur dans cet état. De pplus, Bou ne me pardonnerait jamais de t'voir laissé partir sans le laisser te voir."
Et s'emparant de la jeune fille, elle regagna ses appartements.
Certains des lecteurs assidus de Naruto ont peut-être reconnu les noms de Nara et de Shika comme dans Shikamaru.
Il faut savoir qu'au Japon, Nara est un endroit où les cerfs sont sacrés et qu'il existe un parc immense où ils se promènent en liberté près des temples et même en ville.
Shika signifie le cerf, tout bêtement. Au Japon, les populations les plus nombreuses se trouvent dans l'est de l'île d'Hokkaido. Plus d'un millier d'entre eux vivent à Nara.
Chihiyaku et Aniyaku
Traduit littéralement, « celui qui joue le rôle du père » et « celui qui joue le rôle du grand frère ». Ce sont en fait le manager et le sous-manager des hommes grenouilles qui travaillent au temple. Malgré leur air sévère ils ne sont pas foncièrement mauvais. Ils mènent l'existence de cadres moyens, coincés entre une Yubâba exigeante, les employés à encadrer et les clients à satisfaire.
Les travailleurs hommes-grenouilles sont des personnages comiques et curieux. Ils possèdent une grosse voix et sont très attirés par l'or. Ils s'occupent principalement de préparer les repas pour les dieux.
Susuwatari
Une armée de boules de suie, évoquant irrésistiblement les noiraudes de Totoro, et qui portent avec leurs frêles membres des boulets de charbon pour alimenter le fourneau du temple. Elles adorent les Kompeitou (friandises en forme d'étoiles multicolores). Leur condition d'esclaves ouvre les yeux à Chihiro qui prend conscience de la dureté du labeur et de la vie.
Yuna
Ce sont en fait des escargots de jardin transformés en servantes pour les Bains. Elles ont des tâches variées: accueillir les clients, les baigner, s'occuper des chambres, nettoyer... Comme les hommes-grenouilles, elles sont fascinées par l'or. Les Yuna se montrent froides envers Chihiro, nouvelle arrivée.
C'est tout pour ce chapitre. Si vous avez des questions, remarques ou commentaires à faire, n'hésitez pas à laisser une review.
