Me voici de retour pour un nouveau chapitre et je tiens d'abord à vous remercier pour les quelques reviews que j'ai reçues qui m'ont fait très plaisir.

Mais sans plus tarder, voici le nouveau chapitre, bonne lecture !

Certaines scènes sont directement inspirées de Mon Voisin Totoro. Ce film est magique, j'espère que vous l'avez vu !

Chapitre 18

Le matin suivant, après avoir passé de longues minutes à se dire au revoir et après que Seita eut juré à Setsuko qu'il la reverrait, Seita et Chihiro prirent la direction de la voie ferrée. Chacun d'entre eux tenait à la main leur bâton de marche et en bandoulière un sac avec quelques provisions. Seita portait un hakama bleu foncé et Chihiro était vêtue de sa tenue de Miko rouge et blanche. Des larmes coulaient silencieusement des yeux noirs de Chihiro qui avait de la peine en pensant qu'elle ne reverrait pas Zeniba avant peut-être très longtemps. Seita, lui, levaient fièrement la tête mais évitait de regarder en arrière pour ne pas voir sa petite sœur s'éloigner de plus en plus de sa vue.

Ils marchèrent pendant une journée entière avant que leurs jambes ne demandent grâce. Ils n'avaient pas beaucoup discuté tout au long du chemin ou alors simplement pour demander s'ils faisaient une pause ou pour manger une collation au milieu de la journée. Ils avaient beau être éreintés, Seita insista pour que tous les deux fassent ensemble leurs Katas, les exercices pour le maniement du bâton. Après cela, Chihiro tenta de tirer quelques flèches avec son Yumi mais la fatigue n'aidait pas à sa concentration et ses traots ratèrent toutes leurs cibles. Découragée, elle partit se coucher dans le cercle de sel que Seita avait tracé autour de leur campement pour se protéger des esprits malfaisants.

Au matin, ils mangèrent des onigiris, des boulettes de riz gluant nourrissantes et ils se remirent au travail. Mais au cours de l'après midi, le vent s'intensifia et des nuages s'accumulèrent à l'horizon qui firent grimacer Seita. Bientôt une pluie torrentielle s'abattit sur eux et les trempa d'autant plus qu'ils avaient quitté la forêt et l'abri protecteur des arbres. Désormais, ils marchaient dans des champs où croissaient des milliers de plants de riz dont Seita, pragmatique, glana quelques centaines de grains pour le souper. Au dessus d'eux, les nuages d'orage étaient gigantesques et formaient d'immenses champs d'eau qui ne demandaient qu'à leur tomber dessus. Bientôt, le sol où ils marchaient devint comme une mare, puis un lac et enfin une mer qui s'étendait à perte de vue. Chihiro avait l'impression de se retrouver comme lors de son premier séjour dans le monde des esprits, quand le monde des esprits paraissaient enseveli sous un déluge d'eau.

Les deux enfants poursuivirent leur marche même une fois la nuit tombée afin de pouvoir atteindre un arrêt du train où ils pourraient se reposer sans avoir à reposer dans un mètre d'eau. Enfin, une lanterne les avertit qu'ils approchaient d'une gare et c'est avec soulagement qu'ils s'effondrèrent sur le petit rebord de pierre épargné par les eaux. Cette fois ci, pas question de s'entrainer au bâton ou à l'arc. La priorité était de faire un feu qui résiste aux trombes d'eaux qui menaçaient de les noyer. Chihiro connaissait le sortilège appris de Yubaba mais Seita était le seul qui possédait la force de le lancer à ce moment présent. Bientôt, un petit feu illuminait le campement de fortune sans s'éteindre malgré la pluie torrentielle qui continuait de tomber. Chihiro, en faisant un tour à la station, comprit rapidement qu'ils se trouvaient à la station de la Forêt de Bambou. Sachant qu'ils ne pouvaient pas tracer un cercle de sel pour se protéger des mauvais esprits, les deux enfants décidèrent de monter la garde tour à tour. Seita proposa de commencer et Chihiro accepta de prendre le second tour avant de tomber endormie.


Quand vint son tour de monter la garde, Chihiro s'assit sur le sol détrempé et se concentra sur le feu afin d'éviter de retomber endormie. Elle écoutait la pluie tomber dans un demi sommeil, ses paupières semblaient si lourdes et elle se sentait si fatiguée qu'elle avait du mal à rester éveillée. Soudain, elle entendit un craquement et elle se sentit soudainement beaucoup plus éveillée. Il lui semblait entendre des bruits de pas d'une personne plutôt grande. Elle voulut réveiller Seita en le secouant doucement mais ce dernier se réfugia sous sa couverture trempée en marmonnant qu'il voulait dormir. Chihiro, tremblante de froid et de peur, entendait les pas se rapprocher puis s'arrêter juste à côté d'elle. Elle leva alors les yeux et ceux ci s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise.

Elle se trouvait assise à côté d'une énorme créature qu'elle n'avait jamais vu avec des oreilles pointues, un ventre bien rebondi et une épaisse fourrure toute trempée. Cette dernière semblait si épaisse qu'elle devait tenir chaud à l'étrange Kami, même par ce temps cataclysmique. Bien qu'il fasse nuit noire, la créature semblait plutôt sympathique grâce à un détail curieux : elle tenait un simple parapluie qui ne devait pas le protéger mais qui par contre abritait une mini créature perchée sur la tête de l'esprit et semblable en tout à son protecteur. Cette vision était tellement incongrue que Chihiro ne put s'empêcher de rire doucement et le Kami lui répondit par un immense sourire et elle comprit à ce moment là que ce dernier était bienveillant.

Ils restèrent là, tous les deux, sur le quai de la gare à patienter. Au bout d'un moment, la grosse créature s'éloigna pendant un bref instant et revint avec des feuilles immenses d'un nénuphar. Il en plaça une sur Seita pour le protéger de l'ondée et en donna une à Chihiro qui s'en servit comme d'un parapluie précaire. Elle remercia l'esprit en lui donnant l'un de ses onigiris qu'il partagea avec son compagnon. L'étrange créature semblait ravi de cet échange et avait un grand sourire, encore plus grand que celui qu'il arborait tout à l'heure. Elle ne semblait pas savoir parler mais elle était douée à la fois de la compréhension et d'une profonde compassion. Chihiro était heureuse que le premier esprit qu'elle ait rencontré au cours de son voyage ne soit pas méfiant ou méchant.

Soudain, Chihiro aperçut une lueur dans le lointain, du côté du Fond de l'étang. Pendant un instant, la fillette crut avoir la berlue : les trains n'allaient jamais dans le sens du retour, pourtant. Cette fois ci, Chihiro se décida à réveiller Seita d'une manière plus énergique en le secouant bien fort. Les yeux bouffis de sommeil mais l'air étrangement comique avec sa tête sous la feuille de nénuphar, le jeune garçon se redressa et regarda autour de lui et poussa un petit cri de terreur quand il s'aperçut qu'il n'était pas seul. Mais bien vite, il reprit ses esprits, se releva et s'inclina bien fort en disant :

« Bonsoir, Totoro Sama, maitre de la Forêt de Bambous. »

Chihiro, surprise, lui demanda alors :

« Tu le connais donc déjà ? »

« Oui, souffla le jeune garçon. Il est venu rendre visite à madame Zeniba quand tu étais chez Yubaba. Elle semble très amie avec lui et l'appelle mon voisin Totoro. D'après elle, il habite dans un grand arbre placé au milieu de la forêt de bambous. Il paraît qu'il est l'ami de tous les enfants et je crois bien que c'est vrai car Bou et Setsuko ont joué avec lui pendant des heures. »

« Et la lumière qui arrive par ici ? Ce n'est quand même pas le train ? » Murmura Chihiro.

« Je ne sais pas mais au cas où, on ferait mieux de faire nos sacs. On ne sait jamais. » lui répondit Seita sur le même ton.

Chihiro s'était déjà saisi de son arc, de son bâton et de son sac et attendait, remplie d'appréhension mais néanmoins rassurée par la présence du grand Totoro à ses côtés. Elle se trouvait toujours sous le simple abri de son parapluie en nénuphar, tenant une torche à la main afin d'indiquer leur présence bien que Seita ne soit pas certain si c'était une bonne idée. Elle avait l'impression de distinguer deux phares dans la nuit comme ceux d'une voiture mais ce n'était pas possible : une voiture aurait été franchement mal accueillie dans le monde des Esprits qui répugnait à la modernité. La…chose serpentait, suivant les rails de la voie ferrée. A côté de Chihiro, le Totoro sautillait de joie, comme s'il attendait quelque chose mais la fillette ne comprenait pas quoi.

Finalement, comprenant que sa petite compagne ne comprenait pas la raison de son excitation, le Totoro lui montra l'indicateur des horaires du train et en particulier une ligne qui affirmait : passage du Bakeneko : heures variables mais surtout de nuit. La seule chose que Chihiro comprenait dans tout ça, c'est qu'un Kami sous la forme d'un chat s'apprêtait à venir et que c'était sans doute lui qui émettait cette étrange lueur. Résolue à attendre le Chat malgré les réticences de Seita, la fillette continuait à se tenir bien droite, prête à faire connaissance avec ce nouvel esprit qui semblait bien connu de Totoro. Malgré ses connaissances désormais supérieures à celles des enfants de son âge, Chihiro n'en demeurait pas moins dans l'âme une fillette au cœur aussi pur et aussi rempli de curiosité que celui de Setsuko. Elle attendit donc le Bakeneko, quoique cela puisse être…

Bientôt Chihiro aperçut ce qu'elle prit d'abord pour un autobus. Mais rapidement, la forme se précisa et elle comprit alors qu'il s'agissait d'un énorme chat ou dans le cas présent, un Bakeneko qui s'était amusé à prendre la forme d'un car. Le félin était jaune zébré de brun et il avait un énorme sourire malicieux ainsi que de gros yeux jaunes. Il avait d'énormes pattes et ses flancs étaient percés par des fenêtres, comme pour un vrai bus. Chihiro se saisit immédiatement de ses affaires pour s'apprêter à grimper à la suite de Totoro dans le Bakeneko quand Seita lui souffla :

« Tu es certaine de vouloir grimper à bord de ce Bakeneko ? Les Bakenekos sont réputés pour ranimer des cadavres ou prendre la forme de leur maitre dans des buts malsains ! Tu es certaine de vouloir y aller ? »

« Bien sûr. Totoro lui fait confiance et je fais confiance à Totoro. En plus, comme ça, on sera à l'abri ! »

Seita soupira en secouant la tête mais il se décida néanmoins à suivre la fillette à l'intérieur du Bakeneko. Après tout, jusque là, les instincts de son amie ne l'avaient jamais trompée et lui avait même permis d'avancer. Éteignant le feu qu'ils avaient fait, le jeune garçon se hâta de rassembler ses propres affaires et de monta à bord pour s'installer au fond du car avec Chihiro. Il s'aperçut que à part Chihiro et Totoro, il y avait un autre kami assis là qu'il identifia comme l'esprit du radis grâce à sa peau blanche d'aspect terreuse et son chapeau rouge. Il s'inclina légèrement devant lui par politesse mais Chihiro s'inclina plus profondément, signe de reconnaissance. Est ce que Chihiro avait déjà rencontré l'esprit ? Parfois Seita avait l'impression que Chihiro en savait plus que lui sur les esprits malgré sa seule année d'expérience dans ce monde, surtout comparé à son propre demi siècle d'existence dans ce monde. Mais à sa décharge, jusqu'à présent, le jeune garçon avait tout fait pour éviter les kamis au cas où ils lui voudraient du mal à Setsuko et lui alors que Chihiro avait dû venir à leur contact de par son travail.

Bientôt, une fois que ses passagers furent confortablement installés dans des sièges formés de fourrure, le Bakeneko se mit en route rapidement mais sans le moindre bruit. Il courrait à travers la campagne sous la nuit étoilée, seule des petites lueurs indiquaient la présence de maisons au milieu de cette mer d'eau douce. Chihiro trouvait ce paysage paisible et beau, elle aurait aimé disposer de talents de peintre pour pouvoir dessiner cette splendeur mais malheureusement, ce n'était pas un don qu'elle possédait selon l'oba-san de la maison des Geishas. Donc, à la place, la fillette se contentait de dévorer des yeux les campagnes afin de ne rien oublier. Seita, quant à lui, avait fini par s'endormir malgré sa méfiance initiale et ronflait doucement à côté d'elle, laissant parfois échapper le prénom de Setsuko dans son sommeil.


Au bout de trois heures, Chihiro vit qu'ils approchaient de Aburaya, la troisième station dénommée le Palais des Bains. Chihiro hésitait entre réveiller Seita et le laisser dormir mais finalement, le jeune garçon prit la décision pour elle en s'éveillant de lui même. Par les ouvertures du Chat-Bus, le jeune garçon put admirer le château d'Aburaya tout éclairé de mille feux et resplendissant comme une magnifique lanterne au milieu de l'immense mer d'eau de pluie où se reflétaient les étoiles maintenant que les nuages s'étaient dissipés. C'était un spectacle féérique et le jeune garçon eut vite fait de tomber sous le charme jusqu'à ce que Chihiro lui rappelle tout de même que pour vivre ici, il fallait travailler du soir au matin ou bien être riche à foison. Seita se rappela aussi que Yubaba, contrairement à Zeniba, n'était pas aussi généreuse et qu'elle pouvait fort bien lui voler son nom. Réprimant un frisson, le garçon s'empara instinctivement de son sceau gravé dans une défense de sanglier et sur lequel était inscrit son nom. Chihiro le remarqua et lui demanda :

« Ah, c'est vrai, tu es allé à la chasse pour pouvoir créer ton propre talisman ! Comment cela s'est passé ? »

« Pas aussi mouvementé que pour toi, mais presque. Je suis allé chasser le sanglier dans la plaine aux milles collines et avec mon bâton, j'ai blessé par mégarde un Esprit sanglier à sa défense au lieu d'un vrai. Il m'a poursuivi pendant toute une journée et au moment où le soleil se couchait, j'ai bien cru ma dernière heure arrivée. Mais au lieu de ça, le sanglier a ri et m'a dit que j'avais de bonnes jambes et que je donnais des coups de bâton bien solide. Apparemment, selon Zeniba, il m'avait poursuivi pour me donner une leçon et je peux t'assurer que je l'ai bien apprise ! Mes jambes s'en souviendront toute leur vie ! Mais toujours est il qu'il m' a donné sa défense brisé et un peu de sang pour que je me fasse mon amulette et à la fin, je ne sais comment, on s'est retrouvé à boire du saké ensemble ! »

« Wahou ! J'ai rencontré des esprits Sangliers quand je tentais de sauver le Shishigami et ils ne semblaient pas très commodes ! » S'exclama Chihiro.

« Alors ça, non ! Je peux te le garantir mais ils ont une sacrée descente en matière de saké ! Ah, tiens ! Je crois que Totoro sama et le Kami Radis descendent à Aburaya. Qu'est ce qu'on fait ? On les suit ou on reste dans le BekaNeko ? » Demanda Seita en voyant les deux esprits se lever et se préparer à descendre.

« On reste. Ce voyage dans les BekaNeko peut nous rapprocher de Rukongai. Il faut juste le lui faire comprendre. » Décida la jeune fille sur un ton ferme.

« Bon, dans ce cas… Heu, Bekaneko sama, Pourrais tu nous emmener le plus près de Rukongai ? » Demanda Seita d'une voix forte.

Dès que les deux Kamis furent descendus, le Chat-Bus se mit en route et Chihiro fit des signes d'adieu aux deux dieux, recevant des signes d'au revoir de la part de l'esprit du Radis et un grand sourire de la part de Totoro. Le Bekaneko fonçait comme une flèche, suivant la ligne de voix ferrées. Les deux enfants baillèrent de concert et tombèrent endormis pratiquement en même temps pendant qu'ils poursuivaient leur course à travers les campagnes. Ils dormirent ainsi l'un contre l'autre pendant près de cinq heures, moment où le BekaNeko s'arrêta brutalement, réveillant ainsi les deux jeunes voyageurs. Chihiro jeta un coup d'œil par la fenêtre et vit que le soleil se levait doucement et elle se souvint que sur le panneau d'affichage des horaires, il était écrit que le Chat-Bus voyageait surtout de nuit. Elle commença à prendre ses bagages et Seita l'imita sans un mot non sans avoir pris une petite fiole d'huile de poisson de son sac. Chihiro, de son côté, avait choisi un gros onigiri fourré au saumon et en s'inclinant, ils déposèrent leurs offrandes près de BekaNeko qui sembla ravi car il leur adressa un grand sourire avant de commencer à laper l'huile de lampe d'un air ravi.

Seita, lui aussi était content : leur voyage venait d'être raccourci de plusieurs jours en une nuit, c'était inespéré. Au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient du bekaneko, les deux enfants lui faisaient de grands signes de la main jusqu'à ce qu'il disparaisse. Alors ils se mirent à marcher d'un bon pas, fraichement reposé par les quelques heures de repos qu'ils avaient pu prendre à l'intérieur du Chat-Bus. La pluie s'était définitivement arrêté mais quand ils marchaient sur la voie ferrée, l'eau leur arrivait jusqu'aux genoux. Ils avaient tous les deux retroussés leurs hakamas et marchaient pied nus dans la mer limpide, s'amusant parfois à s'éclabousser ou à marcher en équilibre sur les rails. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, ils voyaient des villages sur pilotis, ce qui était un signe, selon Seita, qu'ils entraient dans la zone de Rukongai.

A ce moment là, Chihiro voulut en savoir plus sur la Cité des âmes errantes et interrogea Seita sur le sujet. Le garçon soupira et dit :

« Je te préviens tout de suite, ce n'est pas un sujet joyeux. Comment te l'expliquer… Le Rukongai est une ville gigantesque qui occupe tout un royaume et pas un petit, mais le plus grand de cette partie du monde des Esprits. C'est comme si un pays tout entier était une ville : tu peux y trouver des lacs, des forêts, des petites montagnes là où il n'y a pas déjà des habitations. »

« La ville à la campagne… Cela me rappelle là où mes parents et moi devions déménager… Mais pourquoi me dis tu que ce n'est pas un sujet joyeux ? » Demanda Chihiro.

« Parce que la Cité des âmes errantes est en réalité un endroit très pauvre. La ville est restée à l'époque de l'ère Edo pour les meilleurs quartiers et de l'ère Heian pour les pires quartiers. Chaque quartier est comme une petite ville à l'intérieur de Rukongai et celui-ci est divisé en quatre : le Nord, l'Ouest, le Sud et l'Est. » Commença à expliquer Seita.

« Ce n'est pas si impressionnant une ville qui n'a que quatre quartiers, même s'ils ont la taille d'une ville. » Commenta Chihiro.

« Attends, je n'ai pas terminé ! S'exclama Seita. Chacune de ces quatre parties contient quatre vingt quartiers ou districts, comme on les appelle. Cela fait en tout trois cent vingt districts de la taille d'une ville. »

« Tu as raison, j'ai du mal à l'imaginer… » Murmura Chihiro la tête perdue dans ses pensées en tentant d'imaginer plus de trois cent grandes villes réunies en une seule mégapole.

« Et au centre de cette ville, tu as le Sereitei, au milieu, il y a un immense château, plus grand encore que Aburaya et où vivent les Shinigamis et il est entouré de belles demeures où habitent seulement les habitants les plus méritants. »

« Comment savoir si une personne est méritante et sur quelles qualités le juge t-on ? » Demanda la jeune fille.

« Pour la première question, je ne sais pas. Je crois que cela a à voir avec l'énergie spirituelle que l'on dégage. Après tout, j'ai décidé d'échapper au jugement pour rester avec Setsuko. Concernant les qualités, je pense que cela doit être la piété filiale, le respect des anciens et de la nature et la participation aux rituels Shinto. Je n'en sais pas plus. »

« J'ai bien peur qu'à supposer que mes parents retrouvent la santé, ils ne fassent pas partie de cette catégorie. » Soupira Chihiro en songeant que si ses parents connaissaient certains aspects du Shintoïsme, la réalité était qu'ils n'y croyaient guère.

« Ne t'inquiète pas. Moi non plus je ne serais sans doute pas parmi la catégorie des plus méritants. J'ai volé, je n'ai pas obéi à ma tante, j'ai tué Setsuko en ne lui apportant pas suffisamment à manger et j'en oublie…» Soupira le jeune garçon d'un air malheureux.

« Mais c'était la guerre ! Tu as des circonstances atténuantes, non ? »

« Pas selon moi… » Marmonna Seita.

Chihiro, comprenant que ce sujet aggravait l'humeur maussade de son ami, décida de demander plus d'explications sur le Rukongai afin de tenter de lui changer les idées.

« Mais si chacun est jugé selon le mérite, alors comment les familles restent elles unies ? Demanda Chihiro avant de se donner une claque mentale : ce n'était certainement pas ce sujet qui allait réconforter Seita. Malgré cela, ce dernier répondit :

« Parfois les membres de la famille acceptent de suivre le moins bien lotis, parfois, celui qui est le plus favorisé accepte de recevoir les siens s'il les retrouve. C'est là qu'intervient le problème majeur. Comme les membres de la famille meurent rarement en même temps, ils sont forcément séparés sauf s'ils sont morts en même temps ou bien qu'un autre membre de la famille ait attendu l'autre. Moi, si Setsuko ne m'avait pas attendu, je serais resté seul et cela aurait été la pire chose au monde. Elle aussi aurait pu rester toute seule, toute perdue et cela me fait peur de penser que cela pourrait se reproduire. »

« C'est beau, je trouve que vous soyez si unis. Moi je suis enfant unique et je me demande si je serais devenue différente si j'avais eu un petit frère ou une petite sœur à protéger ou bien si, à l'inverse, j'avais eu un grand frère ou une grande sœur pour me protéger. Mais maintenant, tout cela ne compte plus car j'ai une grande sœur avec Rin, un grand frère avec toi, un petit frère avec Bou et une petite sœur avec Setsuko. J'ai aussi une grand–mère et des tas d'amis ! Et tu sais, je suis certain que les Shinigamis accepteront que tu restes avec ta sœur et qu'ils n'accepteront pas de la laisser toute seule. Et puis, Zeniba l'a dit : tu peux très bien ignorer leur avis et retourner au fond de l'Étang avec Setsuko et Zeniba. »

« C'est vrai ! Dit Seita réconforté. Maintenant, je vais t'expliquer comment fonctionne le Rukongai parce que, crois moi, tu risques d'être un peu choquée. Les districts commencent à partir de un. Il y en a quatre aux quatre points cardinaux. C'est les quartiers les plus calmes, tout le monde respecte à peu près la loi, il y a des gardes qui empêchent les crimes et protègent les habitants. La population peut manger et boire à sa guise du moment qu'on a de l'argent et généralement tout le monde a un travail. »

« Jusque là, je vois. » Dit Chihiro.

Malheureusement, plus on s'éloigne du Sereitei, plus les conditions de vie se dégradent de façon imperceptible au début puis de façon plus marquée ensuite. Au cinquantième district, les gens ne portent plus que des vieux vêtements, souvent en guenilles et pas de sandales, la famine peut parfois se faire sentir et le crime est présent partout. Cela ne fait qu'empirer jusqu'au district quatre vingt où là, règne la loi du plus fort. »

« Et il n'y a personne pour empêcher cela ? » Demanda Chihiro, horrifiée.

« C'est là que ça devient compliqué. Normalement, les Seigneurs de la Cité des Âmes Errantes sont les Shinigamis qui sont sensés gouverner entièrement ce royaume immense. Mais comme ils ont beaucoup à faire, ils délèguent certaines responsabilités comme maintenir l'ordre à certains Kamis et le plus souvent, ceux ci n'en font qu'à leur guise. Tu te souviens de l'histoire que je t'ai racontée à propos du promoteur immobilier changé en singe ? Et bien c'est le genre de choses qui peuvent arriver couramment au Rukongai. Si un Kami est vraiment abusif, la population peut déposer une plainte collective et parfois ce Kami est remplacé par un autre par les Shinigamis. Tu comprends ? » Acheva d'expliquer Seita.

« Je crois bien que oui. » Répondit Chihiro.

« Dans ce cas, il faut que tu saches que l'on risque de faire des mauvaises rencontres au cours de la traversée de Rukongai. Il faudra être tout le temps en alerte les premiers jours car nous serons alors dans les quartiers où règne le plus d'insécurité. En plus de ça, nous aurons l'air assez riches puisque nos vêtements seront de bonne qualité et ils voudront nous dépouiller, voir pire. Il ne faudra pas hésiter à se servir de nos armes contre eux, sans quoi nous sommes perdus. » Recommanda Seita d'une voix ferme.

« J'ai compris » Déclara Chihiro en commençant déjà à se saisir de son arc et de son carquois afin qu'elle soit prête à s'en servir. Elle se remémora également les sortilèges offensifs et défensifs que lui avaient appris Yubaba durant son séjour à Aburaya. Elle avait un peu peur mais cela devrait aller, non, elle devait y arriver pour ses parents.

« Et bien sûr, si nous rencontrons une personne plus puissante que nous deux ou bien un Kami, on le respecte, en espérant qu'il ne nous veuille pas de mal. » Continua de recommander Seita.

« Comment sait on que quelqu'un est plus fort que nous ? » Demanda Chihiro.

« C'est simple : ce sont ceux qui ont plus de quatre chakras ouverts. C'est rare que dans le Rukongai, les gens connaissent la magie. Les esprits sont peu disposés à enseigner aux âmes humaines à utiliser leur Ki et apprendre à s'en servir tout seul est vraiment trop compliqué. » Expliqua le jeune garçon.

« Dans ce cas, ne serait il pas plus sage de faire une démonstration voyante de nos pouvoirs ? Cela pourrait les effrayer et comme ça, nous n'aurons pas à combattre. » Dit Chihiro.

« Oui, j'y avais pensé, déclara Seita. Quelque chose comme une grosse boule de feu serait parfait… Ah, je crois qu'on arrive. Ces bornes là délimitent la Cité des Âmes Errantes. Je propose que nous n'y entrions que demain. Le BakeNeko nous a fait gagner plein de temps et il vaut mieux que nous soyons en forme avant de traverser les quartiers les plus dangereux.

« D'accord, dit la jeune fille, si tu veux, je prends le premier tour de garde. »

« Ok, Bonne nuit. » Répondit Seita avant que celui-ci ne plonge directement vers le pays des songes.


Et maintenant, la petite minute d'informations !

Le chat-bus vient d'une croyance japonaise attribuant à un chat âgé le pouvoir magique de changer de forme : c'est alors un « bakeneko ». Le chat-bus est un « bake neko » qui a vu un bus et qui a décidé d'en devenir un.

Le bakeneko (化け猫, monstre-chat?) est une légende du folklore japonais

C'est un chat ayant des pouvoirs surnaturels, de même que le kitsune ou le tanuki, qu'il acquiert en atteignant l'une (ou plusieurs) de ces caractéristiques : un âge de treize ans, un poids de plus d'un kan (unité de poids japonaise qui correspond environ à 3,5 kg) ou une très longue queue. Il arrive parfois que celle-ci se divise en deux, faisant alors du bakeneko un nekomata (猫又?).

Ce chat fantôme hante son foyer en menaçant la maisonnée et projetant des boules de feu. Il est souvent décrit comme se dressant sur ses pattes arrière prenant alors forme humaine. Il se peut également qu'il finisse par dévorer son maître dans le but de prendre sa place. Comme il est en apparence un chat tout à fait ordinaire, on ne laissait pas approcher les chats des cadavres car la légende veut que le bakeneko ait le don de réanimer un corps sans vie en sautant sur celui-ci, le ramenant ainsi à la conscience.

Parmi les autres légendes sur le bakeneko, on note qu'ils adoraient laper de l'huile de lampe (ce qui fait que beaucoup de chats aient pu être accusés à tort, cette huile étant alors faite à partir de graisse de poisson) ou que leurs cadavres avaient la taille de celui d'un homme.

Au début du XVIIe siècle, les japonais utilisaient les chats pour tuer les rats et les souris qui menaçaient les vers à soie. Dès lors, les légendes sur le bakeneko commencèrent à voir le jour : des chats marchant sur leurs pattes arrières, des chats qui parlent, changent de forme et ressuscitent même les morts. La superstition voulant que de la longueur de la queue du chat dépende son éventuelle transformation en bakeneko, les japonais prirent l'habitude de leur couper la queue.

Le Rukongai tel que je me l'imagine est semblable au Rukongai du manga Bleach. Voici une brève description de cet endroit :

Rukongai (流魂街, Cité des âmes errantes), est la plus grande partie de la Soul Society et la plus peuplée. Le Rukongai, signifie la ville des âmes errantes.

Ces âmes sont majoritairement, et vivent dans des habitations précaires. Survivre dans le Rukongai est une chose difficile.

Lorsqu'une âme parvient au Rukongai, il est pratiquement impossible de la réunir avec des parents, amis ou connaissances de sa vie terrestre, tant cette partie de la Soul Society est immense. De nouvelles familles sont alors construites.

Le Rukongai est divisé en 4, en relation avec les points cardinaux : nord, sud, ouest, est. 80 districts appartiennent à un seul point cardinal. Le taux de criminalité dépend du numéro du district, mais plus le nombre est élevé plus ce taux est important. Ainsi, le premier district, proche du Sereitei, apparaît comme paisible face à des districts tel que le 78ème, qui se trouve éloigné du centre.

On peut penser que les districts près du Sereitei connaissent une surveillance policière de la part des Shinigamis.

Les Shinigamis ont l'air d'être peu appréciés de la part de la population du Rukongai, car leur surveillance est essentiellement concentrée au Sereitei, ce qui laisse meurtres, vols et autres méfaits être le lot quotidien de ces habitants.

Le Rukongai est donc le quartier le plus peuplé, mais le plus pauvre. C'est également l'endroit le plus libre de toute la Soul Society. Les noms de certains districts du Rukongai :


Voilà, c'est tout pour ce chapitre, j'espère que vous vous en êtes réjouis. Sinon, j'ai eu des petits problèmes de santé qui a malheureusement rechuté. J'espère pouvoir poster un nouveau chapitre dans trois semaines car franchement, le chocolat et les fanfictions sont tout ce qui me fait tenir en ce moment. Sinon, une petite review ne serait pas de refus !