Et non, vous ne rêvez pas ! Enfin une suite de Thé ou Café après plus d'un an ! J'ai enfin réussi à terminer ce 3ème chapitre ! Hourra ! ^^ Je tiens juste à préciser que cette fic est sans prétention et pas vraiment préparée à l'avance, j'ai les grandes lignes mais c'est tout, il risque donc d'y avoir quelques incohérences et je m'en excuse si c'est le cas. Je trouve aussi Zoro et Sanji assez OOC, mais j'espère rectifier le tir lorsqu'ils se connaîtrons un peu mieux et que leurs vrais caractères feront surface. Sur ce je vais vous laisser découvrir cette troisième partie ! Bonne lecture !
En début d'après-midi, Sanji eut la surprise de voir Zoro débarquer dans son café, accompagné d'un homme dans la quarantaine. Ce qui l'étonna par-dessus tout fut qu'il portait un costume. Les deux hommes s'approchèrent du comptoir et commandèrent chacun leur tour. Sanji prépara leurs boissons puis se retourna vers eux. L'homme paya et Sanji risqua un coup d'œil en direction de Zoro. Celui-ci le regardait et il échangea avec lui un regard blasé, lui signifiant ainsi qu'il aurait mieux aimé être ailleurs à cet instant. Ou du moins seul et en tenue décontractée. Sanji lui offrit un sourire compatissant et les regarda aller s'installer dans deux fauteuils disposés autour d'une table libre. Ils sortirent aussitôt ordinateurs portables, tablettes et documents, et Sanji soupira.
Il avait bien compris que cet homme devait être son patron, ou tout du moins le publicitaire pour qui il était assistant. Il n'aimait pas trop qu'il ait à travailler un dimanche, mais ce n'était pas sa place de faire une remarque. Il prit quelques minutes pour détailler l'homme du regard. Il était plutôt attirant et athlétique, mais sa mâchoire semblait constamment serrée et lui donnait un air strict et dur. Son costume devait être de marque et coûter plus qu'un mois de loyer de son appartement. Sanji n'était pas sûr de l'apprécier.
Il continua de les observer quelques minutes, jusqu'à ce qu'un nouveau client détourne son attention. Dans les heures qui suivirent, il jeta quelques coups d'œil dans leur direction, mais ils étaient très concentrés sur leur travail et il ne réussit pas à croiser le regard de Zoro.
Pendant les moments où il était libre, il repensait à leur dîner de la veille. Il avait vraiment passé un super moment, et il avait hâte de recommencer. Le souvenir du baiser que Zoro lui avait donné avant de partir amena un sourire sur ses lèvres. Il plaçait de grands espoirs dans cette relation, les débuts étaient après tout très prometteurs.
Il fallait dire qu'il était un romantique, et leur rencontre aurait pu être tirée d'une de ces comédies romantiques qu'il affectionnait tant. La fille ordinaire qui rencontrait ce mec super beau et sexy, qui pensait n'avoir aucune chance et qui au final trouvait le grand amour. Certes la situation était un peu différente, mais tout de même.
Après un coup d'œil dans la direction de Zoro qui lui appris que les deux hommes étaient encore en plein travail, il soupira et s'installa avec son livre sur le tabouret qu'il avait placé derrière le comptoir pour les moments creux comme celui-ci, heureux de pouvoir soulager un peu ses jambes.
Le temps passait et les clients se faisaient de plus en plus rares. Ceux en salle qui partaient n'étaient pas renouvelés, et bientôt, Zoro et son collègue furent les seuls encore assis dans les canapés, à l'exception d'un couple au fond de la salle. S'ils s'éternisaient trop, il n'aurait d'autres choix que de les mettre à la porte. Il terminait de servir un homme d'une trentaine d'années, qui lui laissa généreusement un pourboire, quand il remarqua que le collègue de Zoro sortait avec son téléphone dans une main et un paquet de cigarettes dans l'autre. Priant pour qu'il y reste plusieurs minutes, il se dépêcha de préparer un chai latte et l'apporta à son nouveau petit-ami.
Celui-ci avait retiré ses lunettes et se frottait les yeux, et ne remarqua pas tout de suite sa présence. Quand il déposa la tasse sur la table basse, le léger bruit de verre qu'elle produisit le fit légèrement sursauter. Sanji s'accroupit à son niveau et posa une main sur son genou pour se maintenir en équilibre. Il vit Zoro rougir légèrement à ce contact et sourit intérieurement.
— Ça va ? demanda-t-il d'une voix douce.
— J'avais pas prévu de passer mon dimanche comme ça, répondit Zoro en lui souriant légèrement.
Il paraissait fatigué et Sanji ne serait pas étonné qu'il ait un mal de tête naissant.
— C'était si urgent que ça ?
— Oui, la présentation aux clients est demain, et Frédéric m'a appelé vers 11h pour me dire qu'il voulait tout refaire.
Sanji supposa que ce Frédéric était le type au téléphone dehors. Décidément, il l'appréciait de moins en moins, pensa-t-il en jetant un coup d'œil par la fenêtre pour voir s'il revenait. Apparemment, il avait encore un peu de temps et il reporta son attention sur Zoro.
— Merci pour ça, lui dit celui-ci, reconnaissant, en prenant sa tasse et en buvant une gorgée de son thé. J'en avais besoin.
— C'est ce que je me suis dit, répondit Sanji, content de lui. Vous en avez encore pour longtemps ?
— On a bien avancé, on règle les derniers détails donc je pense qu'on aura bientôt fini, pourquoi ?
— Je ferme dans une demi-heure, répondit Sanji, penaud.
— Oh, réalisa Zoro, bien sûr, ne t'inquiète pas si on n'a pas fini on retournera au bureau.
— Je peux dépasser de quelques minutes si besoin, mais pas trop...
Il avait toujours peur des contrôles depuis qu'il avait ouvert son coffee shop. Pour l'instant, il était passé au travers, que ce soit pour les conditions de travail ou le service d'hygiène, mais il savait qu'il y aurait droit un jour ou l'autre. Et même si techniquement il n'avait rien à craindre, il ne pouvait s'empêcher de redouter ce jour.
— Tu fais quelque chose après ? demanda Zoro après un silence de quelques secondes.
— Il me faudra quelques minutes pour ranger et tout mettre en ordre, mais après non.
— Je peux t'aider si tu veux, proposa-t-il.
Il était adorable et Sanji craqua encore plus pour cet homme. Il avait passé une bonne partie de son dimanche à faire des heures supp' et il lui proposait quand même de l'aider après.
— Tu ne préfèrerais pas rentrer chez toi pour te reposer un peu ?
— Non, je préfère passer du temps avec toi.
Ce fut au tour de Sanji de rougir, et il ne trouva pas la force de refuser. Il accepta donc son aide et scella leur petit accord en se penchant vers lui et en déposant un rapide baiser sur ses lèvres. Il sentit Zoro essayer de prolonger un peu le geste, mais il ne lui en laissa pas l'occasion. La porte du café venait de s'ouvrir, alors il s'empressa de se reculer un peu. Il frotta rapidement le genou de Zoro sur lequel sa main était toujours posée avant de se relever.
— Vous désirez autre chose ? proposa-t-il à ce Frédéric.
— Non, ça ira, répondit celui-ci d'un ton plutôt sec, et sans un merci.
Sanji serra les dents et s'éloigna, entendant vaguement Zoro annoncer à son patron qu'ils devraient partir d'ici une demi-heure.
Durant ce laps de temps, il commença à remettre en ordre tables et chaises, vérifier que rien n'avait été oublié dans les toilettes et en salle, puis fit un tour en cuisine pour s'assurer que tout était rangé à sa place. Les employés de l'agence de propreté dont il louait les services arriveraient peu de temps après la fermeture pour faire le grand nettoyage hebdomadaire. Cela lui coûtait certes une somme rondelette dont il pourrait se passer, mais au moins il savait que tout était fait dans les normes. Et puis c'était toujours ça de temps libre en plus pour lui, chose qu'il n'avait déjà pas beaucoup. Son tour d'inspection fut donc plus rapide que les autres jours et il revint bientôt derrière son comptoir.
Il remarqua que Zoro et son collègue rangeaient tous leurs papiers qui avaient fini par recouvrir la table basse. Une fois fait, ce dernier serra la main de Zoro avant de tourner les talons et de partir. Sanji échangea un regard et un sourire avec son petit-ami, qui soupira avant de se laisser tomber dans son fauteuil. Sanji ne perdit pas de temps et alla fermer la porte du café et retourner le petit panneau indiquant qu'ils n'étaient plus ouverts.
— Tu veux boire autre chose ? demanda-t-il ensuite en ramassant la tasse vide.
— Non, merci. Tu veux que je t'aide ?
— C'est bon, reste assis, le coupa-t-il dans son élan et malgré leur petit accord un peu plus tôt. Je nettoie ça, je vide la vitrine et j'ai fini.
Il ne perdit pas une seconde pour faire tout cela. Il termina de mettre les quelques pâtisseries qui restaient dans une boîte et qui lui feraient office de dessert ce soir ou de petit-déjeuner demain matin, puis éteignit les lumières. Ils sortirent ensuite dans la rue et patientèrent les quelques secondes que prenait le rideau de fer pour se fermer. Il faisait assez frais aujourd'hui, et le ciel était bouché. Il ne serait pas étonnant qu'il pleuve dans la nuit.
Comme d'un commun accord, ils prirent le chemin de l'appartement de Sanji au pas de promenade. Malgré ce qu'il avait dit un peu plus tôt, Sanji ne savait pas si Zoro resterait encore un peu avec lui ou rentrerait chez lui, alors il voulait retarder au maximum le moment de leur séparation. C'est un geste de Zoro qui l'incita à prendre la parole. En effet, il se frotta les tempes comme pour en chasser une douleur, confirmant les soupçons de Sanji un peu plus tôt.
— Tu as mal au crâne ? demanda-t-il sur un ton compatissant.
— Oui. Et j'ai une grosse demi-heure de bus pour rentrer, ça va être l'enfer, répondit Zoro en gémissant presque.
— Tu veux monter quelques minutes ? Je dois avoir du paracétamol.
Zoro tourna vivement la tête vers lui. Il devait être surpris qu'il l'invite à nouveau chez lui, pensa Sanji. Après tout, cela ne faisait pas si longtemps que ça qu'ils se connaissaient. Pourtant il ne sembla pas hésiter longtemps avant d'acquiescer, probablement heureux de pouvoir soulager son mal de tête avant d'avoir à affronter les transports en commun.
Arrivés devant son immeuble, Sanji entra rapidement le code pour ouvrir la porte du hall, puis guida Zoro jusqu'au troisième et dernier étage.
— Ce n'est pas très grand ni très neuf, mais c'est chez moi, prévint-il en tournant la clé dans la serrure.
Il habitait dans ce qui devait être à l'époque l'espace réservé aux domestiques. Lors du rachat de l'immeuble et de sa subdivision en appartements, les nouveaux propriétaires avaient dû rassembler deux chambres pour en faire un petit studio. Il ouvrit le panneau de bois un peu branlant et laissa passer Zoro. Il entra à son tour et referma derrière lui, puis se tourna pour observer la réaction de son petit-ami.
L'entrée donnait directement sur la pièce à vivre, composée d'un canapé, d'un meuble télé, et de quelques meubles de rangement et d'une bibliothèque. Sur la gauche, un petit renfoncement contenait la minuscule cuisine ouverte. A droite, la tout aussi minuscule salle de bain longeait l'entrée, et derrière elle, un autre renfoncement, plus profond que celui de la cuisine, contenait la chambre. Il n'y avait pas vraiment de séparation avec la pièce à vivre, mais Sanji y avait installé un rideau quasiment aussitôt à son arrivée pour tenter de créer comme un petit cocon contenant son lit. Il n'avait jamais réussi à dormir dans des pièces trop vastes.
Zoro ne fit aucun commentaire, mais il n'avait pas l'air repoussé alors Sanji compta ça comme une victoire. Il le laissa balayer la pièce du regard, s'attardant sur des détails qui échappèrent à Sanji, et il se dirigea vers la salle de bain. Une fois rentré dedans, il n'y avait plus beaucoup d'espace pour se retourner. Mais les concepteurs avaient tout de même réussi à y faire entrer un lavabo, des toilettes, et une baignoire qui occupait tout le mur du fond. Sanji aurait préféré une douche, mais ce n'était certainement pas quelque chose qui se faisait au moment de la rénovation. Se rappelant du mal de tête de Zoro, il ouvrit le traditionnel placard à pharmacie au-dessus du lavabo, encore autre chose dont il se serait bien passé, et se mit à la recherche de la boîte de paracétamol. Il la trouva en quelques secondes et revint dans la pièce principale.
— Fais comme chez toi, invita-t-il Zoro qui était toujours debout près de l'entrée. Assieds-toi dans le canapé, j'arrive.
Dans la cuisine, il prit un verre qu'il remplit d'eau, puis apporta le tout à Zoro.
— Merci, remercia celui-ci en prenant le verre qu'il lui tendait. Je ne sais pas si j'aurais survécu sans.
Sa petite pointe d'humour fit sourire Sanji et il le regarda avaler le cachet. Il ne savait pas s'il devait lui proposer de rester encore, regarder un film ou autre. Le silence se creusa entre eux, et Sanji ne savait pas du tout comment le combler. Ça ne lui ressemblait pas vraiment, mais tout semblait avoir été chamboulé depuis sa rencontre avec son bel inconnu. Il sourit intérieurement à ce surnom. C'était quelque chose qui durerait probablement pendant encore longtemps.
— Je vais devoir me lever tôt demain, remarqua soudain Zoro, comme s'il venait de s'en rendre compte.
Il tourna la tête vers lui et voyant son expression, il décida de préciser.
— Frédéric veut que je sois au travail à 8h pour tout mettre au point avant la réunion à 9h. En comptant le trajet, il va falloir que je me lève vers 6h30.
Il n'avait pas l'air du tout enchanté à cette perspective. Sanji n'avait pas de problème pour se lever tôt. C'était une question d'habitude. Même s'il devait bien avouer que parfois il aimerait bien faire la grasse matinée.
— Tu devrais rentrer alors, te reposer, s'entendit-il dire.
Zoro fronça aussitôt les sourcils, et il eut peur d'avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
— Tu veux que je m'en aille ? demanda-t-il.
— Honnêtement, non. Mais tu es fatigué et tu as besoin d'une bonne nuit de sommeil pour être en forme demain, répondit prudemment Sanji.
— Il est encore tôt…
Sanji sourit une nouvelle fois. Son petit-ami n'avait pas du tout l'air d'avoir envie de partir.
— Tu peux rester alors. On peut se faire un film, et je dois avoir de quoi préparer un dîner. Il reste même des pâtisseries pour le dessert.
— Tu essayes de m'avoir avec de la nourriture ? fit semblant de s'offusquer Zoro.
— De une, je t'ai déjà, et de deux, je suis un très bon cuisinier, tu aurais tort de manquer ça.
— Epate-moi alors, murmura Zoro en se penchant vers lui.
Sanji l'imita aussitôt, comme attiré par un aimant. Leurs lèvres se rencontrèrent et il ressentit à nouveau ces petites décharges qui parcouraient tout son corps. Le baiser resta simple et candide, mais il n'en était pas moins intense. Après quelques secondes, ils se séparèrent et Sanji invita Zoro à choisir un film pendant qu'il allait voir dans son frigo ce qui lui restait.
Il trouva de quoi faire un plateau télé avec des sandwiches de pain de mie sans croûte, son pêché mignon. Il était devenu un expert en sandwiches n'ayant souvent pas le temps ou l'énergie le soir pour se faire plus que ça. L'hiver, il complétait son repas avec une soupe qu'il préparait en grande quantité le dimanche et qui lui durait ainsi toute la semaine. Même s'il aimait cuisiner, il ne faisait jamais de choses très compliquées, cela n'aurait pas vraiment de sens puisqu'il était seul. Il essayait quand même d'équilibrer ses sandwiches du mieux qu'il pouvait et avec les années, il avait inventé des combinaisons qui pourraient paraître surprenantes mais qui étaient délicieuses, du moins à son goût. Quoi qu'il en soit, il estima qu'il avait encore du temps avant de se mettre au travail. Il n'était après tout qu'à peine 17 heures passées. Il revint dans le salon et tomba sur Zoro, un sourire amusé aux lèvres.
— Tu as l'air d'aimer les comédies romantiques dis-moi.
— Ça te pose un problème ? demanda-t-il sur la défensive.
— Pas du tout, c'était juste une remarque, se justifia Zoro en levant les mains en signe d'apaisement.
— Tu as choisi ? s'enquit-il sur un ton plus doux.
Il n'avait pas vraiment honte d'aimer les comédies romantiques, mais il ne se résumait pas non plus à ça. Il possédait quelques films d'action et policiers aussi.
— Oui, je crois que je vais partir sur celui-ci, répondit Zoro en lui montrant la jaquette d'un DVD.
— Coup de foudre à Notting Hill ? C'est un classique…
— Je l'ai jamais vu, avoua son petit-ami.
Sanji était presque scandalisé. Comme il venait de le dire, c'était un classique, quelque chose que tout le monde devait au moins voir une fois dans sa vie.
— On va y remédier alors.
Rapidement, Sanji mis en route le lecteur DVD et ils s'installèrent confortablement dans le canapé. Ils n'étaient pas vraiment collés l'un à l'autre, mais Sanji pouvait tout de même sentir la chaleur émanant de Zoro. C'était agréable et il se détendit complètement, se fondant presque dans les coussins. Cela faisait bien longtemps depuis la dernière fois où il avait regardé un film avec quelqu'un. Il avait pris l'habitude de vivre seul et il ne pouvait nier que le changement était appréciable. C'était vraiment apaisant d'avoir quelqu'un à côté de soi, d'entendre sa respiration, les petits bruits qu'il faisait à un passage ou un autre du film. Sanji sourit discrètement et se concentra sur le film. Il l'avait vu tellement de fois qu'il connaissait toutes les répliques par cœur, mais aujourd'hui, il avait l'impression de redécouvrir ce chef-d'œuvre.
Il était tellement bien qu'il ne vit pas le temps passer, et bientôt, le générique de fin apparut à l'écran.
— Alors, tes impressions ? ne put-il s'empêcher de demander.
— C'était pas mal, reconnut Zoro d'un air un peu sceptique. J'aurais cru que ça aurait été pire.
Sanji s'esclaffa de rire devant la mine de son petit-ami. Presque comme si ça lui faisait mal d'avouer qu'il avait apprécié une comédie romantique. C'était mignon.
— Tu restes encore un peu ? demanda-t-il après avoir retrouvé son sérieux.
— Si tu veux toujours de moi, oui.
— Bien sûr, je t'ai promis un dîner après tout, rappela Sanji en souriant.
Sur ces mots, il se releva et retourna dans sa cuisine. L'avantage des cuisines ouvertes comme la sienne, c'était qu'il pouvait préparer le repas tout en continuant à discuter avec Zoro. En quelques minutes, il sortit tous les ingrédients dont il aurait besoin et se mit au travail. Zoro le rejoignit rapidement, le regardant travailler un peu à l'écart pour ne pas le gêner. Le silence était agréable, et il ne se sentait pas du tout perturbé par la présence de Zoro si près de lui. Ils échangeaient parfois un regard, ou un sourire, et Sanji se sentait heureux après chacun de ces petits gestes.
Vingt minutes seulement plus tard, l'habitude aidant, le repas était près et ils retournèrent s'installer dans le canapé. Cette fois-ci, Zoro s'assit tout près de lui et leurs cuisses se touchèrent sur toute leur longueur. Sanji regarda Zoro se servir et engloutir ses sandwiches, un sourire aux lèvres et des papillons dans le ventre. L'homme assis à côté de lui était probablement la meilleure chose qui lui soit arrivée depuis l'ouverture de son coffee shop. Et c'était maintenant qu'il avait de la compagnie qu'il comprit à quel point il avait été seul ces dernières années. La routine avait dissimulé cette solitude, mais il savait maintenant qu'elle n'en était pas moins là. Et il avait soudain peur de ce qui se passerait si jamais ça ne marchait pas avec Zoro. Comment allait-il réagir en se retrouvant à nouveau seul ? Allait-il tenir le choc ?
— Ça va ? s'éleva soudain la voix de Zoro, qui le sortit de sa torpeur.
— Oui, oui, c'est rien, balaya-t-il d'un geste de la main.
Il aurait bien le temps de penser à ça plus tard. Il ne voulait pas gâcher les moments qu'il passerait avec Zoro à penser à ce genre de choses. Il était bien décidé à en profiter jusqu'au bout.
Il se pencha pour attraper un sandwich puis se concentra sur le film qui avait commencé sans qu'il ne s'en rende compte. Il se laissa porter par l'intrigue facile à comprendre, Zoro avait choisi un film d'action cette fois-ci, et oublia tout le reste. A la moitié, ils avaient déjà terminé tout ce que Sanji avait préparé, et Zoro avait passé son bras autour de ses épaules. Sanji s'était tendu quelques minutes, pas vraiment sûr de savoir comment réagir, puis il s'était détendu et avait même terminé le film la tête posée sur l'épaule de son petit-ami. C'est dans un état de somnolence avancé qu'il regarda le générique de fin défiler, et il lui fallut plusieurs minutes à fixer l'écran noir avant de réaliser que le film était terminé.
Il bâilla ouvertement, incitant Zoro à en faire de même. Il était bien là, collé contre lui, la tête sur son épaule, la main de Zoro caressant doucement ses cheveux. C'était un geste qui l'avait toujours apaisé et bercé, et aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. Il n'avait plus qu'une envie, se faufiler dans son lit et dormir. Avec Zoro de préférence.
— Je vais devoir y aller, remarqua celui-ci avec réluctance, brisant du même coup la petite fantaisie que Sanji venait de se faire.
Il soupira, conscient que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Il aurait certainement d'autres occasions.
— Ok. Je t'accompagne à l'arrêt de bus alors.
Zoro ne protesta même pas, et Sanji espérait que c'était parce que lui non plus ne voulait pas se séparer. Ils mirent plusieurs minutes à se décider enfin à se lever du canapé. Ils se retrouvèrent ensuite rapidement dans la rue où la nuit était tombée. Il faisait frais, presque froid, et Sanji frissonna. Il n'avait pas pris la peine d'enfiler un manteau, et il allait certainement le regretter.
Cinq minutes plus tard, ils arrivèrent à l'arrêt, et après avoir jeté un œil aux horaires, Zoro lui apprit qu'ils auraient dix minutes à attendre.
— Merci pour cette soirée, lui dit-il en se retournant vers lui. C'était très agréable.
— J'ai passé un super moment aussi, répondit Sanji.
Ils échangèrent un sourire, puis Zoro attrapa la manche de son pull et l'attira à lui. Sanji se laissa faire et se retrouva bientôt pressé contre le corps musclé de son petit-ami. Sa chaleur l'enveloppa et il sentit ses frissons diminuer. Zoro passa ses bras autour de lui et frotta son dos pour le réchauffer, tandis qu'il enroula les siens autour de son cou. Il enfouit son visage contre sa peau et apprécia le moment. Une nouvelle fois, il eut cette sensation étrange, un peu mélancolique, de réaliser à quel point il avait été seul jusqu'à cet instant. Il se sentait vide et resserra son étreinte autour de Zoro pour tenter de chasser cette désagréable impression.
Il ne savait pas si Zoro avait compris son état ou si c'était une simple coïncidence, toujours était-il qu'il déposa un baiser contre la peau de son cou avant de se reculer légèrement et de l'embrasser tendrement. Sa main vint encadrer sa mâchoire, forçant sa tête à s'incliner vers l'arrière pour approfondir le baiser. Sanji soupira, cette fois de bien-être, et rendit à Zoro son geste. Lorsqu'ils se séparèrent après quelques minutes, ils posèrent leurs fronts l'un contre l'autre et partagèrent le même air. Sanji ne voulait pas que ce moment se termine, pourtant il savait que le bus ne tarderait plus à présent. Alors à nouveau, il enfouit son visage contre le cou de Zoro et s'imprégna de son odeur et de sa chaleur. La main de ce dernier se retrouva une nouvelle fois dans ses cheveux, et Sanji espéra que ce geste devienne une habitude pour Zoro. Il en était déjà accro.
Mais leur petite bulle éclata quand ils entendirent le bus tourner le coin de la rue et approcher. Ils se séparèrent avec réluctance et Zoro déposa un dernier et rapide baiser sur ses lèvres.
— A demain, lança-t-il juste avant de se retourner pour monter à bord.
— A demain, répondit-il en souriant.
Il regarda Zoro s'installer dans le bus quasi désert et lui fit un signe de la main lorsque le véhicule démarra. Il ne se retourna pour prendre la direction de son appartement que lorsque Zoro fut hors de vue, inconscient du fait qu'un sourire étirait toujours ses lèvres.
