Titre: Révélation chapitre 2 (Revelation part 2)

Auteur: FayC

Traduction: Kandamio

Beta: Zangkyaku-sama

Rating: NC-17 (?)

Pairing: Mikhail x Feilong

Fandom: Viewfinder

Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane, à l'exception des membres de la famille Arbatov.


"Un verre." Fei Long eut envie de se mordre la langue pour l'avoir dit. Un verre était sans doute tout ce qu'il lui faudrait pour perdre le contrôle et pourtant il avait accepté de rester. Mais à cet instant particulier, en dépit de sa nature indisciplinée, le mot "non" était simplement trop douloureux à prononcer.

Mikhail tint son bras un petit peu plus longtemps avant de le lâcher. Un profond soupir franchit ses lèvres lorsqu'il se tourna et se dirigea vers le bar comme s'il avait retenu son souffle tout ce temps. La vérité, c'était qu'il se retenait depuis bien plus longtemps, et ils ne le comprenaient que trop bien, tous les deux.

Fei Long le suivit, le coeur lourd. Cela ne ressemblait pas à Mikhail d'être aussi calme et réservé. Etre dans la même pièce que lui n'avait jamais semblé aussi gênant. Mais qu'attendait-il? Ils étaient exactement où ils devraient être, seuls, l'un avec l'autre, dans cet endroit qui ramenait tant de souvenirs, trop de souvenirs.

Il se trouvait devant le comptoir, regardant les mouvements des mains de Mikhail qui concoctaient leurs boissons avec talent. C'était une vision qu'il avait eue plus d'une douzaine de fois et il était toujours incapable d'en détacher son regard. Il y avait quelque chose d'incroyablement chaleureux dans le fait de voir Mikhail derrière un comptoir ou une table de cuisine, les manches remontées au-dessus de ses coudes et ses yeux bleus concentrés sur le travail en cours. C'était le seul moment où on pouvait entrapercevoir sa tendresse en dépit de son apparence plus cavalière et de son attitude sauvage de mafieux.

"Tu ne vas même pas me demander ce que je veux?" le taquina Fei Long sur un ton joueur, dans une tentative pour échapper à ses pensées et pour éviter le silence étouffant de cette pièce.

"Je n'en ai pas besoin." répondit Mikhail, se tournant avec un verre à la main. "Bourbon." sourit-il, l'air plutôt fier de lui. "Comme tu l'aimes."

Comme il l'aimait. Seul Mikhail le connaissait aussi bien. "Je devrais t'engager comme barman personnel."

"Bien sûr, mon coeur, mais en as-tu les moyens?" dit Mikhail en riant, imitant la voix de Philip Toh. "Il faut plus que de l'argent pour plaire aux Arbatov."

Fei Long rit doucement à cette remarque, soulagé de voir que le vieux Mikhail commençait à revenir. L'heureux caractère du russe et sa remarquable assurance étaient ses meilleurs atouts. Ce serait une honte de les voir disparaître.

"Tu ne changeras jamais, hein?" demanda Fei Long en souriant, une pointe d'affection dans la voix.

"Non." répondit Mikhail en se rapprochant et en ne s'arrêtant qu'à quelques centimètres de lui. "Jamais." murmura-t-il, tendant la main pour toucher le magnifique visage du bout des doigts.

C'était un simple contact et pourtant il quitta presque son corps face à un tel contact. En vérité, il n'était pas sûr que ce ne soit pas le cas, car plus tard il sentit la main de Mikhail autour de son bras, essayant de l'aider à garder l'équilibre.

"Est-ce vraiment si difficile de me revoir?" demanda Mikhail avec un air inquiet sur le visage. Il savait qu'ils ne seraient plus jamais les mêmes, mais du moins il souhaitait que Fei long ne soit pas aussi distant.

S'il y avait bien une personne qui pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, c'était Mikhail Arbatov. Il n'avait jamais rien pu cacher à ces yeux bleus qui semblaient suivre ses moindres mouvements depuis leur première rencontre. Peut-être que c'était une bonne chose. Mais à ce moment-là, ce ne l'était pas du tout. Il savait que Mikhail se retenait, attendant un signe, un geste, quelque chose qui lui dirait qu'il avait la permission de l'approcher. Dès l'instant où il cèderait, aussi léger que soit le geste, Mikhail essaierait de le conquérir. Et à cet instant particulier, il ne pouvait simplement pas compter sur lui-même pour résister.

Alors qu'il baissait les yeux pour essayer de cacher son expression, il remarqua que la chemise de Mikhail était trempée et réalisa qu'il venait de renverser son verre dessus.

"Pardon." s'excusa Fei Long, se dépêchant de changer de sujet. Il se pourrait bien que ce soit la pause dont il avait besoin. "Tu peux m'envoyer une facture pour ça."

Mikhail se contenta de rire et lui jeta une serviette proche. "Pourquoi ne m'épargnes-tu pas la peine de t'envoyer une facture?"

Il arracha la serviette de la main du russe, mais pas avant de lui lancer un regard glacial. Habituellement, il ne ferait jamais ue telle chose pour quiconque. Mais dans de telles circonstances, ça valait mieux que de devoir faire face à une question à laquelle il ne désirait pas répondre.

"Enfoiré." se plaint Fei Long en essuyant le liquide avec la serviette. Il ne voulait pas regarder vers le haut. Cet homme devait sourire comme un idiot, à cet instant.

Mais ce qu'il avait cru être une bonne pause à l'origine se prouva être une mauvaise idée. La chemise de Mikhail collait à sa peau, et il se trouva bientôt incapable de détacher les yeux de son corps. La vue de cette chemise blanche humide collant à ce corps bien ciselé lui rappela la sensation de ses mains sur cette peau. Et cela ne l'aidait pas de sentir la respiration de Mikhail contre sa nuque, le défiant de commettre ce qu'il considérait comme un crime impardonnable.

Pourquoi tout ce qu'il voulait se trouvait-il toujours hors de portée? Il n'avait jamais compris l'amour que son père lui portait avant qu'il ne soit trop tard. Asami l'avait quitté juste quand il commençait à tenir à lui. Et maintenant il en était venu à réaliser à quel point Mikhail était important pour lui, peu importe où son coeur reposait vraiment, cet homme appartenait à quelqu'un d'autre. Etait-ce la cruauté de la vie que tout le monde devait traverser, ou était-ce seulement son destin?

Mikhail s'approcha et glissa le bout de ses doigts le long du dos de Fei, imaginant la peau douce et parfaite en-dessous. Chaque partie de son corps avait autrefois été marquée par lui. Chaque centimètre carré de cette peau qu'il avait embrassée et goûtée. Fei Long était son amour et son obsession. Il n'avait jamais rien désiré de plus ni n'était devenu si follement accro à quoi que ce soit. Il savait qu'il n'était pas censé faire de mouvement d'approche et risquer d'offenser Fei Long. Mais être si proche et ne pas au moins goûter ces lèvres était une trop grande torture.

"Ne fais pas ça." protesta Fei Long, la voix légèrement tremblante, juste avant que leurs lèvres ne puissent se rencontrer. Il atteignait déjà la limite de son self-control. Un baiser serait tout ce qui suffirait pour lui faire perdre complètement l'esprit.

"Fei." murmura Mikhail, frottant son nez contre la joue délicate en inhalant le doux parfum qui lui serra le coeur sans pitié. "Je t'appartiendrai toujours et tu le sais."

Fei Long regarda ces yeux bleus et réalisa la grande erreur qu'il venait de faire en acceptant ce verre depuis le début. Comment avait-il pu oublier l'étendue de l'affection de Mikhail pour lui? Combien de fois cet homme avait-il tombé ses murailles avec cela?

"Je ne peux pas faire ça." Il recula et courut à l'ascenseur, priant pour que Mikhail ne le suive pas ni n'essaie de l'arrêter. C'était assez difficile comme cela de se dire de partir.

Pars, se répétait-il sans arrêt. Pars et ne regarde pas en arrière.

Pendant que la porte se fermait, il se retourna pour voir Mikhail qui se tenait de l'autre côté, le regardant avec des yeux qui pouvaient arrêter son coeur. L'ascenseur descendit et tout ce temps il se surprit à respirer fort comme s'il n'y avait plus assez d'air pour respirer. C'était la bonne chose à faire. Mais pourquoi ressentait-il le besoin constant de se convaincre de ce fait? Pourquoi tout sonnait-il si mal?

Mikhail poussa un grand soupir en posant sa main contre le mur, à côté de l'ascenseur, pour se tenir. Toute sa vie, il avait toujours suivi son coeur. Il n'avait jamais réalisé jusqu'à ce jour à quel point il était dur de nier ses propres sentiments. Fei Long venait de lui glisser entre les doigts, et il ne pouvait rien y faire.

Le tintement de l'ascenseur l'arracha brusquement à ses pensées. Les portes s'ouvrirent lentement et dedans se tenait le seul homme qu'il ne s'attendait pas à voir. Fei Long en sortit et lui fit face, un air furieux sur le visage. Sans un seul mot, il projeta son poing contre la joue gauche de Mikhail, et le fit tomber à terre.

Mikhail reprit l'équilibre et essuya le sang au coin de sa bouche, en essayant de saisir la situation. "Qu'est-ce que..."

"C'est pour me faire faire ça." craqua Fei Long avec colère en refermant la main sur les cheveux de Mikhail, et en l'attirant en un profond baiser.

Ce n'était pas quelque chose qu'il faisait normalement, laisser ses sentiments prendre le pas sur son jugement comme cela. Mais toutes les restreintes qu'il essayait d'ôter s'étaient prouvées être des erreurs, et pour une fois dans sa vie, il faisait exactement ce que son coeur lui disait de faire. Et pourtant, il restait frustré au-delà de tout contrôle, frustré que Mikhail soit là, frustré qu'il le tente, mais plus que tout, il était frustré de céder à une telle tentation. À ce stade, il ne se souciait plus de rien. Il voulait cela, et il allait l'avoir. Juste là. Juste maintenant.

Confronté au désir insaisissable de Fei Long et à son envie insupportable, Mikhail laissa tomber le peu de contrôle qu'il avait sur lui-même et se plongea complètement dans ce baiser. Fei Long était revenu à lui et rien d'autre ne comptait. Aucune raison n'était assez bonne pour le faire hésiter. Aucune morale d'avait assez de valeur pour l'arrêter.

Enfermés ensemble dans leur désir aliénant de l'autre, ils se cramponnaient à l'autre comme si leurs vies en dépendaient. Chaque baiser était impatient et désespéré, comme si ne pas y aller signifierait la fin de leur existence même.

Fei Long cria tandis que Mikhail plaquait son corps contre le mur, le maintenant en place sous son poids. Il appuya ses lèvres contre la nuque longue et élégante, plongeant ses dents dans la peau douce de Fei Long. Il aurait pu en tirer du sang que cela ne lui aurait pas suffi. Il voulait tout cela. Il avait besoin du goût de Fei Long dans sa bouche, avait besoin de rester pour toujours dans sa mémoire.

Fei Long l'accepta sans hésitation, l'attirant et le serrant dans son étreinte. Les doigts longs et élégants saisirent le tissu de la chemise du plus grand et le déchirèrent impatiemment de la poitrine masculine. Il avait désespérément besoin de sentir la chaleur du corps de Mikhail contre sa peau nue. Il désirait sentir ce coeur battre contre sa poitrine. Désirait être enlacé, caressé, et aimé par cet homme.

"Ce soir je ne veux rien entre nous." exigea Fei Long.

Un tendre sourire apparut sur le visage de Mikhail. Si Fei Long savait seulement comment c'était que de sentir ces mots sortir de ses lèvres. Avec Fei Long dans ses bras, l'acceptant, le désirant, il pourrait mourir cette nuit que sa vie aurait quand même valu le coup d'être vécue.

Une fois de plus, Mikhail captura ces lèvres avec les siennes, emplissant sa bouche du doux arôme de l'homme qui possédait son coeur. Il enleva les vêtements qui les séparaient, un par un, jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'autre que la nudité de leur peau.

Dans la chaleur de la nuit, au milieu de la vue à couper le souffle du ciel de nuit de Hong Kong, ils s'accrochèrent l'un à l'autre pour satisfaire leur immense désir. Il ne s'agissait pas que de sexe. Il s'agissait de sentir la présence de l'autre, la chaleur de la peau de chacun, la tendresse dans chaque baiser, et l'existence de l'amour dans chaque étreinte.

Un feu consumait leurs cœurs. Leurs corps brûlaient avec passion. Engagés dans un acte qui les condamnait à l'enfer, ils goûtèrent à leur vision du paradis. Ils s'enlacèrent l'un l'autre comme si c'était la première fois qu'ils aient jamais fait l'amour, réalisant en même temps que cela pourrait très bien être leur dernière.

"Accroche-toi à moi." murmura Mikhail en plaçant les bras de Fei Long autour de sa nuque. "Ne lâche pas."

Ne lâche jamais.


Il restait quelques heures avant l'aube. Mikhail était assis à côté du lit dans sa robe de chambre, observant son amant dormir paisiblement à ses côtés. Son amant? Pour lui c'est ce qu'il était. Pour Fei Long, il pourrait bien ne jamais être cet homme.

Un tendre sourire apparut sur le visage grossièrement séduisant, en reposant ses yeux sur le pendentif cylindrique autour de la nuque de Fei Long. Mais le sourire disparut rapidement lorsque ses yeux descendirent sur la cicatrice sur un torse autrement parfait. Il ignorait tant de Fei Long, il avait tant de choses qu'il avait besoin de savoir.

Mais maintenant que tout avait pris cette tournure, s'approcherait-il assez pour découvrir la vérité? Fei Long lui ferait-il jamais assez confiance? Il s'était convaincu de lâcher prise. Mais revoir Fei Long comme cela venait de lui faire réaliser à quel point il était loin d'être prêt à le faire.