Titre: Révélation chapitre 3 (Revelation part 3)

Auteur: FayC

Traduction: Kandamio

Rating: PG-13

Pairing: Mikhail x Feilong

Fandom: Viewfinder

Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane, à l'exception des membres de la famille Arbatov.

Merci à ceux qui me suivent encore, et en particulier à val, jade et Anne-Laure pour leurs reviews 3 (les autres, je vous aime quand même hein), ça m'a vraiment encouragée, j'ai pas mal de choses à faire en ce moment donc j'ai eu tendance à négliger ce travail, alors même qu'il compte beaucoup pour moi *honte*... Je promets de faire des efforts pour vite revenir à mon rythme de croisière! (pour explication, là je suis rapide parce que les 3 premiers chapitres de Révélation ont été faits vers début juillet, en fait... Là, j'ai plus de réserve ^^")


La pièce était encore plongée dans la pénombre lorsqu'il ouvrit les yeux. Il jeta un regard à sa montre - 6 heures du matin. Il était encore tôt, mais le lit était vide. Où était Mikhail?

Le puissant arôme du café fraîchement moulu atteint ses narines et il se surprit à pousser un soupir de soulagement. On aurait dit qu'une éternité s'était écoulée depuis la dernière fois où il s'était éveillé avec le parfum du café de Mikhail. A cette époque, c'était simplement quelque chose auquel il était indifférent. Il ne savait pas quand cela était devenu une partie de sa vie - quelque chose qui en fait lui manquait quand il n'était pas là.

Fei Long enfila sa robe de chambre et remarqua quelque chose sur la table de nuit - un anneau. Un simple regard avait suffi à alourdir son coeur. Mikhail avait dû l'ôter cette nuit. Mais était-ce parce qu'il ne voulait pas qu'il le voie à son doigt, ou parce qu'il avait honte?

Et qu'en était-il de lui? Qu'avait-il fait? Il venait de coucher avec un homme marié. C'était impardonnable. Et pourtant, quelque part, il ne le regrettait pas. Quel genre d'homme commettrait un tel adultère et n'en éprouverait aucun regret? En quoi était-il en train de changer?

Il pénétra dans le salon et regarda aux alentours. Il ne voyait Mikhail nulle part. Etrange, pensa-t-il. Habituellement, il était sur le canapé, sirotant son café, le journal à la main. Puis ses yeux bleus s'illuminaient quand il entrait. "Bonjour princesse." dirait-il. Personne n'aurait osé l'appeler princesse. Mais la façon avec laquelle Mikhail le disait rendait cela étrangement doux - doux, parce qu'il était prononcé avec sincérité, et il y avait dans sa voix de l'affection, sans erreur possible.

Il sortit sur le large balcon et un soupir de soulagement lui échappa. Mikhail était assis à côté de la piscine, encore en robe de chambre, une main tenant son café, l'autre tenant une cigarette.

Son soulagement fut de courte durée quand il réalisa que quelque chose n'allait pas avec ce tableau. Mikhail ne fumait pas. Parfois, pour le plaisir, on le voyait avec un cigare cubain hors de prix, mais que Mikhail fume une cigarette signifiait que quelque chose n'allait vraiment pas.

Fei Long avança et s'assit à ses côtés. En sentant sa présence, Mikhail se retourna et sourit tendrement, mais simplement pas de tout son coeur.

"Salut." La formule était courte et inhabituelle. Pas "Bonjour", et pas une étreinte, ni un baiser, rien. Quelque chose allait vraiment mal. Mais quoi?

"Il est un peu tôt pour fumer, non?" demanda nonchalamment Fei Long, sa main prit la cigarette entre les doigts de Mikhail et la porta à ses lèvres. Etant donné la situation, il en avait tout autant besoin.

"Tu commences à parler comme ma femme." Un sourire sarcastique apparut au coin de sa bouche tandis qu'il parlait. C'était juste une plaisanterie. Sa vie était une grande plaisanterie. Autrefois, la seule chose qui se tenait entre lui et Fei Long était de capter l'attention de Fei Long. Comme il était ironique que maintenant qu'il avait finalement ce qu'il voulait, tout et tous semblaient se mettre en travers de sa route. Il était assis à côté de l'homme qu'il aimait, chez lui, et avec le consentement de son amant - un tableau parfait sous tous les angles - mais en place de bonheur, seule la frustration était présente dans son cœur. Fei Long était peut-être revenu à lui la nuit précédente, mais le matin il se forcerait à passer cela, et puis il partirait. Il pensait qu'il pourrait gérer cela, mais il arrivait à court de patience.

Dans un long soupir de frustration, ses doigts se dirigèrent vers les lèvres de son amant et leur reprirent sa cigarette.

"Je suppose que cela veut dire que tu as enfin trouvé ta conscience disparue?" demanda Fei Long sur un ton normal. Que pourrait-il avoir sur le coeur sinon de la culpabilité? Ou peut-être du regret?

"Quelle conscience?" dit calmement Mikhail, expulsant la fumée de ses poumons en parlant. "Elle est déjà au courant. Et elle me laisse faire."

Fei Long haussa les sourcils de surprise en entendant ces mots, il tendit la main, volant de nouveau la cigarette de la main de Mikhail, et emplit ses poumons de fumée de goudron. Savoir que Feodora approuvait leur liaison avant même qu'elle ne se produise n'aidait pas. Quelque part, cela aggravait la situation. Ils n'étaient pas les seuls à souffrir. D'autres étaient aussi entraînés là-dedans. Pathétique.

"Et tu ne regrettes rien de tout cela?" Il ressentait le besoin de poser la question, et il espérait une réponse directe.

Mikhail le regarda d'un air légèrement agacé, comme si c'était la question la plus ridicule qu'on ait pu poser.

"Pour quel genre d'homme me prends-tu? Seul un idiot regretterait jamais d'être avec toi." Le mot regret n'était pas dans son dictionnaire, et il n'était certainement pas son esprit.

"Quoi alors?" demanda Fei Long. Si ce n'était pas de la culpabilité ou du regret, qu'est-ce qui le troublait, exactement?

Mikhail ne répondit pas. Il reprit calmement sa cigarette et en déposa les cendres dans le cendrier le plus proche, en se levant de sa chaise.

"Allons à l'intérieur. Je vais te faire un peu de café."

Fei Long s'assit au comptoir, attendant calmement son café, attendant que Mikhail engage la conversation, attendant la réponse à sa question. Il était presque effrayant de le voir dans cet état - si tranquille, si réservé.

Mikhail posa une tasse de café sur le comptoir devant lui et resta immobile, retenant son souffle quelques secondes comme pour délibérer de ce qu'il allait dire, ou plutôt, de la façon et du fait de le dire. Quelques minutes passèrent et ses yeux le regardèrent, ce qui signifiait qu'il avait pris une décision.

"Parle-moi de ton frère."

Pendant un moment, Fei Long en resta muet. Il s'attendait à quelque chose d'autre et Mikhail l'avait frappé avec une question qui manqua de lui faire perdre l'équilibre.

"Mon frère est mort." répondit Fei Long sur un ton ferme et assuré, comme pour se convaincre, lui-même autant que l'autre homme, de ce simple fait.

"Il n'est pas mort et tu le sais." Fei Long n'avait évité la question que de trop nombreuses fois. Habituellement, il se contentait d'abandonner la conversation. Mais cette fois, c'était différent. Cette fois, il était crucial pour lui de connaître la vérité avant d'entreprendre un mouvement.

"Il l'est pour moi." répéta Fei Long sur un ton de reproche. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Mikhail ressentait soudain la nécessité de le presser de question à ce sujet. Quel bien cela ferait-il de déterrer un passé qu'il avait déjà laissé derrière lui?

Les yeux de Mikhail se teintèrent d'un terrifiant bleu glacial, tandis qu'ils se plissaient dans une tentative de percer à travers ce qu'il essayait de cacher. Cela le mit mal à l'aise. Plusieurs fois, il avait vu cette animosité sur le visage de Mikhail, mais ces yeux ne le regardaient alors jamais. Peut-être qu'il ne connaissait pas Mikhail aussi bien qu'il le croyait. Peut-être que cet homme était plus terrifiant qu'il ne l'avait prévu.

"Et pourtant il te hante encore à ce jour. Qu'a-t-il fait?" demanda Mikhail. Il était convaincu que quelque chose avait dû arriver, quelque chose qui concernait tout ce désordre dans le passé de Fei. Personne ne semblait savoir exactement ce qui avait mal tourné sept ans plus tôt, peu importe la difficulté qu'il avait eue en essayant de le découvrir.

"Cela n'a rien à voir avec cela." l'avertit Fei Long d'un regard glacial, lui suggérant d'abandonner le sujet à l'instant même. Et en temps normal, c'était ce qui se passait. Un air agacé sur ce visage et Mikhail faisait de son mieux pour changer de sujet et lui faire se sentir mieux. Mais ce jour-là, il sentit que cela ne serait pas si simple. Et il avait raison. Sans avertissement, le poing de Mikhail entra en collision avec la table, renversant le café qui se trouvait entre eux.

"Ça a TOUT à voir avec moi." La voix de Mikhail atteignit presque le cri. Ses yeux brûlaient d'une flamme bleue de colère, son corps tremblait de fureur. Pour qui le prenait Fei Long? Un bon coup? Quelqu'un trop insignifiant pour qu'il lui révèle sa vie? Après tout ce temps, après tout ce qu'il avait fait, Fei Long le laissait encore dans le noir. C'était comme s'il avait deux vies séparées, une avec lui et l'autre avec cet homme et son passé - une vie qu'il n'était pas autorisé à toucher.

Fei Long recula un peu en voyant ce qu'il se passait devant lui. Il n'avait jamais vu Mikhail si furieux. Pour la première fois de sa vie, il se sentait en fait menacé par cet homme. Il n'avait pas peur - Mikhail ne lui ferait jamais de mal - mais il savait qu'on le forçait à révéler quelque chose contre sa volonté, et ça le mettait mal à l'aise.

"A cause de ça, tu retournes en courant à Tokyo - vers cet homme. Putain, tu crois que je me sens comment? Combien de temps encore vas-tu me laisser dans le noir? Quand me feras-tu confiance? QUAND?" Ces questions le hantaient depuis bien trop longtemps, et il en avait eu assez de les retenir. Du moins pas à ce moment, pas quand il avait l'impression de ne pas pouvoir obtenir la seule chose qu'il désirait.

"Ne me force pas, Mikhail." répondit fermement Fei Long. Il ne s'agissait pas de confiance. Certaines choses feraient mieux de rester inconnues. "Je ne t'ai jamais posé de questions sur tes cicatrices. Reste loin des miennes."

Le feu de ces yeux bleus perdit soudain en vigueur, montrant la seule chose restante en eux qui était pire que l'agonie. Ils montraient du désespoir.

"Je commençais à croire que tu ne les avais jamais remarquées." dit doucement Mikhail, sa voix tremblait un peu tandis qu'il continuait, "ou peut-être que tu n'y avais jamais fait assez attention pour demander."

Ce n'était pas ses cicatrices, mais le fait que Fei Long n'y ait jamais prêté attention pour demander qui lui faisait le plus mal.

"Je ne vois pas l'intérêt de marcher sur de vieilles blessures."

"Marcher dessus?" répéta Mikhail, prononçant le mot comme si tous les sons étaient autant de couteaux plantés dans son coeur. "Je n'avais jamais réalisé que tu me considérais encore comme un étranger, jusqu'à aujourd'hui."

"Tu sais que c'est faux." La dernière chose qu'il voulait était de faire souffrir Mikhail plus qu'il ne l'avait déjà fait. Mais plus il restait près de lui, plus il finissait par le faire souvent.

"Prouve-le." exigea Mikhail. "Si vraiment je représente quelque chose pour toi, alors dis-moi ce qu'il s'est passé il y a sept ans." Il obtiendrait ses réponses ce jour-là, quoi qu'il en coûte. Car sans cela, ils n'avaient aucun futur.

Mis le dos au mur par ses propres mots, son coeur soumis à un test, Fei Long sentit un accès de colère monter en lui. Qu'il aille au diable, pensa-t-il, le diable soit de cette relation. L'opinion que Mikhail aurait de lui après cela ne comptait pas vraiment. Ce n'était pas comme s'ils avaient un futur, de toute façon.

"Mon frère a tenté de me violer", commença-t-il sur un ton calme et neutre, qui à chaque mot gagna en froideur et en amertume.

"J'ai fui vers Asami, en qui je voyais un allié fiable. J'avais tort. Mon père a été tué à cause de mon aveuglement. L'homme en qui j'avais confiance a laissé mon vrai père me tirer dessus et est parti sans un seul mot ni explication. Quant à Yan, je ne veux plus jamais le revoir. Et je me moque qu'il vive ou meure."

On y était, son passé répugnant, son aveuglement, et ses crimes révélés en quelques phrases devant l'homme qui l'avait monté sur un piédestal. Il regarda Mikhail assimiler tout cela en silence. Il ne bougeait pas. Il restait debout, absolument immobile, comme si c'était la seule chose qu'il puisse faire à cet instant.

"Je ne suis plus vraiment ta princesse, si?" sourit Fei Long avec ironie. Maintenant, Mikhail connaissait toute la vérité à son sujet. Maintenant, tout se finissait, de la manière dont tout aurait dû se finir il y a bien longtemps.

"Retourne auprès de ta femme, Mikhail." dit-il avec un faible sourire. "Je n'ai rien à t'offrir."

Mikhail observa Fei Long quitter l'appartement sans dire un mot. Ce fut à cet instant qu'il comprit les raisons de Fei pour le lui cacher, pour avoir bâti un mur autour de son coeur, et pourquoi il n'avait pas été capable d'effacer Asami Ryuichi de sa vie. Fei Long était un enfant abandonné dont la vie consistait à trouver sa propre valeur. Dans sa quête pour être accepté, il n'avait rien trouvé sinon tromperies et trahisons. Même maintenant, il cherchait encore. Il cherchait Asami Ryuichi - quelque chose qui n'avait jamais été réel, espérant que tout était une erreur, qu'il n'était pas abandonné, qu'Asami faisait attention à lui.

Que feras-tu, Fei? se demanda Mikhail, que feras-tu si ta pire angoisse se révèle être vraie?

Mikhail ferma les yeux et soupira, le coeur gros. Ce n'était pas le moment pour qu'il retourne en Russie et laisse les choses se passer comme cela. Il fallait qu'il fasse quelque chose avant qu'il ne soit trop tard.

Cette pensée à l'esprit, il saisit le téléphone dans la poche de sa robe de chambre et appela un numéro enregistré.

"Mikhail?" répondit un homme sur un ton détendu, mais avec du respect dans la voix.

"J'ai besoin d'informations au sujet de Liu Yan Tsui." ordonna Mikhail, un éclat effrayant passant dans ses yeux bleus. "Je veux savoir où il est, ce qu'il fait, et je le veux pour demain."

Macao

Quelques coups à la porte annoncèrent l'arrivée d'un invité qu'il attendait. Mikhail lui demanda rapidement la permission d'entrer.

Dimitri était un homme légèrement plus vieux que lui avec des cheveux noirs et des yeux noisette. On aurait pu dire qu'il était séduisant de robustesse s'il n'y avait eu une profonde cicatrice qui allait de son oreille gauche au coin de sa bouche. Ça faisait un moment qu'il n'avait pas appelé Dmitri pour un travail. Le personnage faisait toujours un travail impeccable, mais était aussi un petit peu difficile à contrôler, et était plus cher que de raison. Mais cette fois-ci, il était l'homme parfait pour le travail.

"Dis-moi que tu as quelque chose." demanda Mikhail avec impatience. Il n'avait pas de temps à perdre.

"Est-ce que je serais là sinon?" répondit le personnage avec un sourire malin. En vérité, il avait été un peu surpris de recevoir un appel de Mikhail Arbatov, sachant que le personnage avait plus qu'assez de sous-fifres à sa disposition. En temps normal il était appelé lorsque ses subordonnés ne pouvaient pas faire le travail. Soit ça, soit c'était la question du secret. Cette fois, puisque ça impliquait Liu Fei Long, et que tout le monde était au courant de leur relation, il était sûr qu'il s'agissait du deuxième.

"Assieds-toi." ordonna Mikhail, s'asseyant derrière son bureau et offrit un cigare à Dmitri après s'en être allumé un.

"Où est-il?"

"Je n'en ai aucune idée." répondit Dmitri avec un sourire irritant en se reculant dans sa chaise et en appréciant l'arôme délicat du cigare de luxe dans sa main. Il ne pouvait s'empêcher d'être amusé par cette situation. Ce Liu Fei Long allait provoquer une guerre dans la famille Arbatov, à coup sûr.

"Je n'ai pas le temps pour tes conneries, Dmitri." l'avertit Mikhail en lui jetant un regard glacial. C'était un travail trop facile pour un homme comme Dmitri. Le personnage aurait été un bon subordonné si seulement on pouvait acheter sa loyauté. Malheureusement, il ne pouvait travailler qu'en solo, même si dans une situation comme celle-ci, son indépendance se prouvait être utile.

"Je sais comment le trouver." répondit-il avec un sourire narquois, de toute évidence fier de son travail. La tâche que Mikhail lui avait donnée n'était pas aisée. Aucune information n'était aisée à obtenir quand ça avait quelque chose à voir avec Baishe. Les hommes de Baishe vénéraient cet homme au point d'aller bien au-delà du devoir. Mais c'était aussi la faiblesse de Baishe. Si la loyauté était utile, l'obsession pouvait être fatale.

"Je t'écoute." Mikhail se recula dans son siège tandis que ses yeux se concentraient sur l'homme qui lui faisait face.

"D'après toi, pourquoi est-ce qu'il n'est jamais revenu à Hong Kong?" Dmitri commença avec une question. Il se demandait ce que Mikhail savait déjà.

"J'avais l'impression qu'il était accusé du meurtre de son père." Fei Long ne lui avait jamais dit cela, mais c'était assez facile à déterrer.

"Exact. Mais il n'y avait aucun témoin, aucune preuve, rien. Pour un homme avec le pouvoir de Yan Tsui, se tirer de ce merdier devrait être relativement facile, en particulier quand Fei Long était en prison, accusé du meurtre de Toh, non?"

Pour la partie sur les témoins et les preuves, il n'était pas au courant. Mais si c'était vrai, Dmitri avait raison. Si Yan Tsui était assez ambitieux pour tuer son propre père, pourquoi n'avait-il pas essayé de revenir et de reprendre les rênes de Baishe?

"En vérité, il a bel et bien essayé de revenir et a presque réussi avant que Fei Long ne commence à agir, se sorte de prison, et ne reprenne Baishe." continua Dmitri avec un air qui montrait qu'il n'était pas convaincu par cette histoire.

Mikhail l'écouta en silence, sachant que ce n'était qu'une partie de l'histoire que Dmitri était sur le point de révéler. Mais étant donné l'amour que Fei Long portait à son père et à Baishe, il n'était pas surprenant qu'il ait fait ce qu'il fallait pour garder Baishe loin de l'homme qui avait tué son père, même si c'était son fils.

"Mais ce qui est étrange, c'est que Fei Long est volontairement allé en prison. Il a accepté l'accusation quand il n'y avait ni preuve ni témoin qu'il avait tué Toh. Cet homme est resté une année entière en prison, complètement coupé de Baishe à sa demande, et soudain il a voulu sortir, des gens ont commencé à mourir, des preuves ont commencé à s'apparaître, il a été relâché de prison pour reprendre Baishe, et chacun des hommes fidèles à son frère ont été miraculeusement abattus juste à temps pour sa libération. Et à partir de ce moment, Yan Tsui n'a plus jamais fait une seule tentative pour revenir. Maintenant, dis-moi si tu ne trouves pas ça bizarre."

Les yeux bleus de Mikhail se plissèrent lorsque la vérité se révéla à lui.

"L'homme en qui j'avais confiance a laissé mon père biologique me tirer dessus."

Il n'avait pas tué Toh. Quelqu'un d'autre l'avait fait, quelqu'un qui était sur les lieux quand il s'était fait tirer dessus.

L'homme en qui j'avais confiance...

Mikhail serra les poings lorsque les mots de Fei Long résonnèrent dans son esprit. Il avait dû perdre toute volonté de vivre et s'était reproché tout ce qui était arrivé, au point d'aller volontairement en prison sans faire d'histoire. Pourquoi ne l'aurait-il pas fait? Cet homme avait perdu toute sa famille en une seule nuit, son père biologique ne l'avait pas seulement abandonné- il voulait le voir mort. Et pour ajouter à ce désastre, le seul vers qui il pensait pouvoir encore se tourner l'avait délaissé sans explication. Une blessure comme celle-ci aurait dû prendre longtemps pour guérir, si elle n'avait jamais guéri. Ce qu'avait dit Dmitri avait bien soulevé quelques questions dans son esprit. Quelque chose avait dû se produire en prison pour le remettre sur pied.

"Quelqu'un l'aidait. «Mikhail prononça ses pensées à voix haute.

"Quelqu'un avec assez de pouvoir pour faire bien flipper Yan Tsui." ajouta Dmitri, observant attentivement l'expression de Mikhail Arbatov qui changeait de la curiosité à celle d'un meurtrier. Tandis qu'il n'avait aucune idée de qui était cet individu, Mikhail, lui, sembla le savoir instantanément.

Mikhail grinça des dents lorsqu'il comprit enfin toute l'histoire. Il n'y avait qu'un seul homme assez puissant pour réaliser l'extermination des hommes de Yan Tsui, un seul homme s'impliquerait dans ce merdier, peut-être pour rembourser ce qu'il avait pris à Fei Long, ou peut-être qu'il y avait encore du profit à en tirer. Quel que soient ses raisons, cet homme avait laissé Fei Long en prison pour endosser le blâme pour le meurtre de Toh. Pour lui, ce simple fait était impardonnable.

Soudain une pensée lui vint à l'esprit.

"Qui a été envoyé en prison avec lui?"

Dmitri sourit malicieusement et lui tendit une feuille de papier. Dessus, il y avait une liste de noms. "Tu vois quelqu'un que tu connais?"

Les yeux de Mikhail parcoururent la liste et s'arrêtèrent sur un nom plus que familier. Il prit une expression que Dmitri n'oublierait jamais - une expression qui le poussa à reconsidérer de lui avoir donné cette information. Il s'était attendu à ce que Mikhail pousse un juron, ou du moins à montrer physiquement un genre de colère. Mais il se contenta de fixer cette feuille de papier dans un silence parfait. Sa respiration était lente et mesurée. Ces yeux bleus tournèrent presque au blanc, comme ceux d'un vampire assoiffé de sang imaginant le goût du sang de sa victime sur ses lèvres et les cris de sa proie à ses oreilles. Tel était le réel Mikhail Arbatov, qui n'avait rien d'autre dans les veines que du sang pur de mafieux. Cela lui donna la nausée d'être dans la même pièce que cet homme, alors qu'il était dans ce genre d'ambiance.

Sept longues années et Fei ne s'en était jamais douté. Une toute dernière trahison qui déchirerait le peu d'estime de soi qu'il avait pu sauver d'une vie entière d'humiliations. C'était une bombe soigneusement implantée sept ans auparavant, attendant d'être activée - un impardonnable complot contre Fei, un coup contre son propre coeur. Qu'il reste assis à ne rien faire n'était pas une option. Certains devraient mourir. La question était qui, et combien.

Dmitri regarda calmement Mikhail se lever de son siège et se diriger vers la fenêtre. Etant donné qu'il lui tournait le dos, il était difficile de voir son expression, pas qu'il tienne particulièrement à la voir, en l'occurrence. Le silence dans cette pièce était assez étouffant sans avoir à regarder le visage du personnage tandis qu'il établissait une liste de noms à abattre.

"Si quelqu'un connaît où se trouve Liu Yan Tsui, c'est ce type." conclut rapidement Dmitri. A cet instant, tout ce qu'il voulait, c'était de sortir de cette pièce. "Pourquoi est-ce qu'on ne lui poserait pas la question?"

Mikhail inspira l'arôme délicatement riche de son cigare et répondit avec un sourire dépité. "Pourquoi demander au sous-fifre quand on peut demander au maître?" Il était temps qu'il se confronte correctement à cet homme avant qu'il ne soit trop tard.

"Ton chèque est sur mon bureau. Tu peux partir." Mikhail mit ainsi fin à la conversation. Il avait obtenu tout ce qu'il avait besoin de savoir.

"Dmitri." Il interpella l'homme une fois de plus avant de quitter la pièce. "Tu connais bien la raison pour laquelle je t'ai appelé?"

"Si cela vient de moi, vous pouvez avoir ma vie." Bien évidemment, Mikhail ne voulait pas que les gens de son organisation sachent ce qu'il prévoyait de faire. Cela serait une tentative de suicide pour lui de laisser cela lui échapper.

"Ce ne sera pas ta vie que je prendrai, mais celle de ta femme te de ta fille." l'avertit Mikhail, tournant légèrement la tête pour s'assurer qu'il se faisait bien comprendre. "Tu vivras pour aller à leurs funérailles."

Dmitri acquiesça doucement avant de quitter la pièce. Avec cet air sur le visage, ce n'était pas une menace, mais un fait. Et même s'il ne parlait jamais, Mikhail devrait faire un peu de ménage dans son organisation pour garder les choses sous contrôle. Il était probable qu'il serait rappelé, et à ce moment-là, il ne voudrait pas que des informations. C'était pour lui une occasion de gagner de l'argent, mais il n'était pas sûr que rester impliqué dans un merdier aussi profond soit une bonne idée.

Mikhail Arbatov était énervé. Les choses allaient commencer à devenir moches.