Titre : Révélation, chapitre 5 (Revelation part 5)
Auteur : Kajornwan/FayeC
Traduction : Kandamio
Rating : PG-13
Fandom : Finder series
Persos: Mikhail x Fei Long, Asami x Akihito, Kirishima, Alexei Arbatov
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Ayano Yamane.
Avertissement : À partir de maintenant, l'action suit celle du manga, alors il y aura des spoilers à chaque chapitre. Vous êtes prévenus.
Bon, je suppose que des excuses publiques sont de rigueur, pour une absence aussi longue *posture dogeza*. Je ne vais pas inventer d'excuses, je n'avais juste plus la motivation de continuer cette traduction dans la mesure où la fanfiction originale était elle-même restée figée pendant un long moment, que le manga lui-même me semblait moins intéressant, et puis que... tout simplement, que cela me demandait beaucoup de temps dans un contexte déjà chargé.
Merci beaucoup à toutes les personnes qui ont laissé une review à cette série (ou à la précédente) à un moment ou à un autre, je les ai bien toutes (re)lues, vous êtes adorables et j'y répondrai peut-être si j'ose (parce que bon, après 5 ans de silence radio, faut oser...). J'espère ne plus vous décevoir et que vous apprécierez la suite (pour ceux qui suivent encore cette série). Pour ceux qui sont curieux, il reste encore une dizaine de chapitres à cette série, et une autre (de vingt chapitres) suivra !
(PS : Je n'ai repris tout cela hier soir et vu que je n'ai aucune patience, je n'ai pas fait appel à un beta ; j'ai essayé de nettoyer du mieux que je le pouvais, mais n'hésitez pas à me dire si quelque chose ne va pas ! Il est aussi possible que je fasse quelques infimes modifications de style sur les chapitres précédents.)
Sur ce, bonne lecture !
L'appartement n'était pas seulement petit. Il était minuscule en comparaison avec son penthouse, ou même avec son bureau. Tout ici lui donnait l'impression de ne pas être à sa place. Mais étrangement,il se sentait à l'aise dans cette pièce. À l'aise, juste assis dans une petite chaise près du lit où dormait le garçon.
Asami s'alluma une cigarette et passa la main dans ses cheveux, encore ébouriffés de sa nuit avec le jeune photographe. Il était drôle qu'avec tout l'argent et le pouvoir qu'il possédait, il finisse par trouver la paix dans une chose aussi simple et ordinaire. Il était ridicule qu'une chose si simple et si ordinaire ait réussi à devenir un problème substantiel dans une vie qu'il avait toujours menée de façon aussi méticuleuse.
Takaba Akihito était un garçon ordinaire. Il était plus mignon que la moyenne, mais il n'en était pas moins ordinaire. Il n'était pas assez spécial pour justifier qu'Asami risque sa carrière ou sa vie pour lui, et pourtant il finissait toujours par mettre ceux-ci en jeu pour lui, encore plus ces derniers temps. C'était une mauvaise idée que de passer autant de temps avec le garçon ; assez de temps pour que ses ennemis comprennent qu'il était une faiblesse. Il était inacceptable que même en sachant cela, il n'arrive pas à se débarrasser du problème. À la place il venait ici, dans l'appartement du garçon, pour s'assurer que celui-ci était sain et sauf pour chercher la tranquillité d'esprit qui détruirait probablement l'empire qu'il avait construit avec tant de précautions.
Quelle que soit cette chose qui le faisait agir de façon aussi insensée, il devait y mettre un terme avant qu'il ne soit trop tard.
L'amour est aveugle.
Il ne pouvait pas se permettre d'être aveugle. Pas lui. Pas sans mettre en danger sa vie ou celle du garçon.
Son portable vibra et l'arracha à ses pensées. Il jeta un coup d'œil au nom qui s'affichait et s'isola dans la cuisine, en prenant soin de ne pas réveiller le photographe.
« Kirishima », répondit-il.
« Nous avons trouvé Liu Yan Tsui. »
« Trouvé ? » répéta Asami. Son ordre était de le ramener, pas de le trouver. Quelque chose n'allait pas. Kirishima était le genre d'homme qui allait droit au but, et c'était la raison pour laquelle il était devenu l'un de ses deux meilleurs subordonnés, là où l'autre, Suoh, ne parlait pas et se contentait d'exécuter.
« Nous l'avons trouvé dans une maison à Shanghai. Une maison enregistrée au nom de la corporation Grue Blanche », expliqua Kirishima.
« Celle de Phillip Toh ? »
« Oui, monsieur. Et il est sous bonne garde. Nous pouvons l'atteindre, mais pas sans initier un conflit avec les Toh. »
« Ça, il faudrait l'éviter », commenta Asami d'un ton ferme. Quelqu'un avait dû informer Phillip Toh de l'affaire concernant Yan Tsui, pour que celui-ci soit pris sous leur aile si soudainement — quelqu'un qui pourrait tirer profit de leur union. Si on considérait le fait que Toh était un ennemi de Fei Long, et que le but de Yan Tsui était de prendre contrôle de Baishe, cette personne, quelle qu'elle soit, voulait mettre Fei Long hors jeu. Il ne lui venait à l'esprit qu'un seul homme qui collait aussi parfaitement à la description.
« Vous croyez que c'est l'œuvre de Mikhail Arbatov ? »
Un sourire dédaigneux apparut sur le visage élégant, les yeux dorés brillant d'une lueur savante.
« Non, pas Mikhail. »
S'il était sûr d'une chose, c'est que cet homme ne ferait jamais de mal à Fei Long.
« Mais c'est bien celle d'un Arbatov. Ce vieux serpent a encore du venin, on dirait. » Il ne pouvait s'empêcher d'admirer le vieil homme. Il n'avait dû lui falloir qu'une taupe et un coup de fil pour mettre en route son grand projet. Cet homme n'avait même pas dû avoir à lever le petit doigt. Et il y avait de bonnes chances pour que Mikhail ne sache même pas qui ou ce qui lui était tombé dessus.
Macau
La porte s'ouvrit avec fracas. Mikhail entra rapidement dans la pièce et approcha de la table de billard devant laquelle se tenaient Alexei et Boris, qui le fixèrent d'un air surpris. Mikhail était parti pour le Japon à peine trois jours plus tôt. Personne ne s'était attendu à ce qu'il soit de retour aussi rapidement. Et certainement pas avec une expression aussi meurtrière.
D'un geste fluide de la paume, il plaqua le visage de son subordonné contre la table de billard, l'écrasant avec une force telle que celui-ci cria de douleur. Alexei s'écarta instinctivement et observa calmement la scène. Même s'il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait, aucune personne saine d'esprit n'aurait osé poser de question. Ou du moins, pas quand Mikhail était aussi énervé.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ? » demanda Mikhail, appuyant le canon de son arme contre l'arrière du crâne de son subordonné, prêt à presser la gâchette. Il était monté dans un avion pour Macau dès qu'il avait reçu le message de Dmitri qui l'informait, après une tentative pour chercher Liu Yan Tsui sous la nouvelle identité donnée par Asami Ryuichi, que sa cible avait été recueillie par Phillip Toh.
« Qu-Quoi ? » bégaya Boris en s'étouffant avec le sang qui coulait de son nez brisé dans sa gorge. Il était tellement sûr de n'avoir laissé aucune trace.
Un clic et la balle traversa l'épaule gauche de Boris.
Mauvaise réponse, songea Alexei en regardant le sous-fifre lutter pour ne pas hurler de douleur. Dans la mesure où il était son bras droit depuis un bon moment, Boris, plus que n'importe quel autre, aurait dû le savoir. Mikhail Arbatov tirait sans sommation, en particulier quand il était dans ce genre d'humeur. Puisque personne n'avait explosé ses Lamborghinis dernièrement, il s'agissait sans doute de Fei Long, cette fois.
« Qu'est-ce que tu lui as dit ? » répéta Mikhail, pointant cette fois son arme vers son épaule droite. Le fait qu'il ne crie pas poussa Boris à prier pour sa vie. Quand Mikhail semblait aussi froid et réservé, cela signifiait généralement qu'il avait craqué. Et quand c'était le cas, le maître du crime russe tuait sans état de conscience.
« Je lui ai dit que vous étiez à la recherche de Liu Yan Tsui », répondit rapidement Boris, bien qu'entre ses dents, essayant de se concentrer au mieux sur ce que savait ou non Mikhail.
Un autre clic et une balle traversa l'autre épaule. Boris avait bel et bien répondu. Mais cette réponse lui avait donné envie de tirer sur son subordonné, juste pour soulager sa colère. Cette information n'avait pu filtrer que d'un petit cercle de personnes de confiance, toutes d'une loyauté sans faille envers sa famille. Boris avait du écouter ses conversations avec Dmitri et tout dit à son père. Il avait commis une erreur impardonnable en ne s'occupant pas plus tôt de Boris, alors qu'il savait ce qu'il avait fait dans le passé. Et c'était cela qui l'énervait le plus.
« Quoi d'autre ? demanda Mikhail. Rappelle-toi que je peux tirer deux fois au même endroit si j'arrive à court de membres. »
« ...Il sait pour les attestations de droits », confessa Boris. À ce stade, cacher quelque chose à Mikhail aurait été un acte suicidaire. Il avait été l'un des hommes de confiance de Vladimir Arbatov pendant des décades. Mais si le père ne l'aurait pas tué pour cela, le fils n'y refléchirait sans doute pas à deux fois s'il faisait de la rétention d'informations.
« Quelles attestations de droits ? » Mikhail haussa un sourcil, surpris. Il ne savait pas qu'il était question d'une chose de ce genre.
« Celles du casino de Macau. »
Soudain, Mikhail tira le blessé de la table pour le regarder dans les yeux. Quelque chose de moche se préparait. Les choses semblaient bien plus compliquées qu'il ne l'avait d'abord pensé, et il avait besoin d'entendre cela en détails.
« Explique », exigea-t-il. Ces attestations de droits étaient quelque chose d'extrêmement important pour Fei Long. Lui-même avait déjà fait plusieurs offres plus que généreuses par le passé et Fei Long les avait toutes refusées sans y réfléchir une seconde. S'il était question de ces papiers, il devait savoir exactement ce que son père avait en tête.
« D'après le testament du vieux Liu, il revient à son héritier, c'est-à-dire Liu Yan Tsui », expliqua Boris, s'arrêtant ça et là quand les échos de douleur dans ses épaules devenaient trop forts pour lui. Ils essaient de le reprendre à Fei Long. »
« Ils ? »
« Liu Yan Tsui et Toh. »
À ce stade, Boris n'avait pas besoin d'en expliquer plus, il avait compris ce qui se passait. Liu Yan Tsui ne serait pas capable de faire valoir ses droits sur ces attestations de droits sans réapparaître à Hong Kong, puisque cela signifierait être poursuivi pour le meurtre du vieux Liu avant de pouvoir les utiliser. Mais être le propriétaire légitime de ces papiers signifiait qu'il pouvait les transférer à la personne de son choix. Et si tout le monde voulait une part de ce gâteau, la haine de Phillip Toh envers Fei Long lui donnait une raison plus suffisante que n'importe qui pour acheter ces attestations à Yan Tsui avec assez d'argent pour faire tomber les charges qui pesaient sur lui, et peut-être même pour reprendre les rênes de Baishe, avec le soutien de Toh.
Un lourd soupir passa les lèvres de Mikhail tandis qu'il fermait les yeux et s'appuyait contre la table, une main autour de son arme et l'autre portée à son front avec irritation. Il avait beau être effaré face à tout cela, il devait reconnaître que le plan de son père était d'une grande ingéniosité. Sans lever un doigt ni sortir un seul centime de sa poche, il avait peut-être trouvé le moyen de détruire complètement Fei Long.
Et c'était sa faute si Fei Long se retrouvait maintenant dans une telle position. S'il avait abandonné leur histoire, et qu'il n'avait pas cherché à développer leur relation, tout cela ne serait jamais arrivé. Il avait beau vouloir Fei Long à ses côtés, il était hors de question de le mettre en danger.
« Tu n'as rien à voir avec tout cela, rassure-moi ? » Mikhail jeta un rapide coup d'œil à son frère, qui avait observé la scène en silence.
« Putain, est-ce que j'ai l'air d'avoir le temps pour ce merdier ? » répondit Alexei sans prendre le temps de réfléchir. Depuis qu'il avait repris Macau, la vie bohème qu'il avait tant chérie était partie en fumée. Et même s'il avait eu du temps, Mikhail aurait été fou de croire qu'il l'aurait passé à comploter avec son vieux, en particulier contre Fei Long. Il voulait cet homme dans son lit, pas à bas de son trône. Et même s'il avait l'air de ne pas se soucier de lui, ses sentiments pour le beau dragon étaient plus profonds qu'il n'y paraissait.
L'aîné y réfléchit un moment avant d'arrêter sa décision. Son expression était celle de quelqu'un qui disait la vérité. Il connaissait Alexei mieux que personne, malgré leurs occasionnels différents et collisions en tous genres. Si Alexei était plus que capable de choses inimaginables, il ne craignait cependant personne et par conséquent ne mentait pas, du moins pas dans une situation comme celle-ci.
« Alors débarrasse-toi de lui », dit Mikhail sans ambages en jetant à Alexei l'arme qu'il tenait. Il avait besoin d'un allié. Et il était temps qu'Alexei choisisse un camp.
Parfaitement conscient de ce qu'on exigeait de lui, Alexei jeta un bref regard au révolver dans sa main et tourna vers Mikhail des yeux interrogatifs.
« Tu es prêt à entrer en guerre contre papa ? » demanda-t-il en fouillant dans sa poche pour s'allumer une cigarette avec sa main libre. Choisir un camp n'était pas un problème. Il ne voulait pas, pas plus que Mikhail, voir Fei Long tomber de son trône. Mais tuer un homme fidèle à son père comme Boris était, en soi, une déclaration de guerre.
« La guerre, Alexei, a déjà commencé », répondit Mikhail. En ce qui le concernait, il aurait du s'occuper de cela il y avait déjà bien longtemps avant que les choses ne prennent cette tournure.
« Bon, si tu es sûr », acquiesca le cadet et, sans ciller, il tira une balle dans la tête de Boris avant que celui-ci ne puisse prier pour sa vie. Cela n'était certainement pas facile puisqu'il connaissait celui-ci depuis plus de dix ans, mais Boris l'avait cherché en essayant de chasser Fei Long de la vie de son frère. Et ce qu'il fallait faire devait être fait.
« Et maintenant ? » demanda Alexei, expulsant la fumée hors de ses poumons avant de pousser un profond soupir. Génial. Maintenant il allait devoir remplacer sa table de billard préférée.
« Trouve le reste. Élimine-les », ordonna Mikhail. Ses yeux d'un bleu tendre étaient presque devenus d'un blanc terrifiant tandis qu'il parlait. Il ne pouvait plus se permettre d'erreurs, de la part de qui que ce soit. Quiconque pourrait être utilisé par son père devrait être éliminé avant qu'il ne fasse un autre mouvement. C'était un lourd tribut, mais qu'il lui fallait payer.
« Et bien sûr, tu as prévu de prendre un nouveau bras droit pour remplacer Boris ? » demanda Alexei. Boris ne serait pas facile à remplacer. Il comprenait ce qui devait être fait avant même que les ordres ne soient donnés. Le problème était qu'il en avait compris et fait un peu trop.
Mikhail regarda le corps sans vie qui gisait sur la table de billard devant lui, et prit une profonde inspiration. C'était un tel gâchis de tuer un subordonné comme lui. Mais chez lui, il n'y avait pas de place pour les traîtres. Il devait le faire, même si le résultat ne lui laissait guère d'autre choix que la seule et unique chose qu'il aurait préféré éviter. « Appelle Yuri. »
Alexei écarquilla les yeux. « Yuri ? » C'était un nom qu'il ne s'attendait pas à entendre sortir de la bouche de Mikhail. « Tu as perdu la tête ? »
« Papa ne l'utiliserait jamais », dit Mikhail avec une expression indéfinissable — même pour le frère avec qui il avait grandi. Ses sentiments importaient peu, au vu des circonstances. Le plus important était de régler ce chaos sans empirer les choses.
Alexei se figea un moment pour observer son frère en silence. Yuri avait été complètement coupé de la famille depuis l'incident, quinze ans plus tôt, concernant les cicatrices sur le dos de Mikhail. La seule raison pour laquelle il était toujours en vie, c'était parce qu'il était le frère de leur mère. Et si Mikhail semblait être passé à autre chose depuis longtemps, la simple idée de faire appel à Yuri lui retournait l'estomac. Même s'ils n'étaient pas toujours d'accord, Mikhail était son seul frère, et il ne pouvait pas ne pas haïr Yuri pour ce qu'il avait fait. La question était : si lui se sentait mal d'avoir à nouveau affaire à Yuri, à quel point cela était-il douloureux pour Mikhail ?
« Est-ce que tu en es sûr ? » Il fallait qu'il pose la question. Yuri était peut-être le seul à qui ils pouvaient faire confiance au vu des circonstances, mais l'homme qui lui faisait face était-il assez fort pour cela ?
« Je n'ai pas le choix », répondit Mikhail sans changer d'expression. « Cela fait quinze ans, Alexei, je n'en ai plus rien à foutre. » Ce n'était pas vraiment quelque chose qu'il pourrait facilement oublier, mais il était passé à autre chose il y avait bien longtemps. En aucun cas il ne laisserait le passé lui dicter sa vie et sa décision. En particulier quand Fei Long était en danger.
« Bien sûr », acquiesca Alexei. Si Mikhail ressentait encore quelque chose, il avait parfaitement réussi à le cacher. Mais il ne put s'empêcher de se demander : « Fei Long sait-il seulement ce que tu traverses ? »
Pendant un instant, les yeux bleus de Mikhail semblèrent s'éteindre un peu alors qu'il passait la porte. Il s'agissait d'un simple murmure, qu'il n'aurait sans doute pas pu entendre si la pièce n'avait pas été plongée dans un tel silence de mort mais il entendit bien quelque chose avant que Mikhail ne quitte la pièce.
Il n'a pas besoin de savoir.
Tokyo
L'après-midi se terminait. Akihito, détendu, était assis dans un café proche de son lieu de shooting, au téléphone avec ses amis, quand une ombre tomba sur lui.
« Je peux ? » Cette voix douce et soyeuse, qui demandait l'autorisation de s'asseoir à sa table, manqua de lui faire renverser son café.
« Ça fait un bail. Tu te souviens de moi ? » demanda l'homme, un léger sourire sur les lèvres tandis qu'il s'asseyait de l'autre côté de la table.
Il leva les yeux et se trouva face à face avec un visage qu'il n'aurait souhaité voir à aucun prix. Même s'il avait essayé, il n'aurait jamais pu oublier ce visage à l'ovale parfait, délicat et féminin, et ce qui pour lui étaient les yeux améthyste les plus frappants au monde, aussi perçants que ceux d'un aigle, et plus sombres que la plus profonde strate des enfers.
La dernière fois qu'ils s'étaient rencontrés, le personnage avait eu l'air élégant et autoritaire dans son habit chinois. Mais ce jour-ci, il portait un costume noir parfaitement repassé et coupé sur mesure, ses longs cheveux noirs attachés en queue lâche dans son dos, et son incroyable présence semblait effroyablement plus froide. C'était le genre de beauté qui lui faisait froid dans le dos à chaque fois qu'il posait les yeux dessus. Il avait fait face à des hommes dangereux bien trop souvent dans sa carrière et même Asami ne l'effrayait pas, mais face à cet homme, il perdit ses moyens.
« Ha... Fei Long », balbutia-t-il, sentant tout son corps trembler en se souvenant de quoi était capable cet homme.
« Exact », répondit Fei Long, ses yeux brillant d'un éclat violet tandis qu'il parlait. « T'as eu des nouvelles de tes deux amis ? »
Akihito sentit son sang se geler dans ses veines en réalisant le sens caché derrière ses mots. Ce n'est pas possible, pensa-t-il, Kou est encore au téléphone.
« Kou ? Où est-ce que tu es ? »
La réponse de Kou confirma ses craintes.
Des doigts longs, délicats, s'approchèrent de lui et le touchèrent gentiment, et pourtant il eut l'impression qu'une lame aiguisée courait le long de sa peau. Un simple toucher ramenait des souvenirs qu'il ne voulait pas garder, mais ce n'était pas le moment de céder à la peur. Ses amis étaient en danger.
« Tais-toi, dit simplement le Chinois, tu n'as pas envie de les impliquer là-dedans, non ? »
« Ne t'avise pas de leur faire quoi que ce soit », le prévint-il. Il ne savait pas ce que l'autre attendait de lui, mais utiliser ses amis pour l'atteindre était quelque chose qui l'énervait profondément.
Fei Long haussa les sourcils, surpris. À peine quelques secondes plus tôt, le garçon tremblait face à lui, mais soudain ces yeux étaient devenus souvages et agressifs à la simple mention de ses amis. Et plutôt que de le supplier d'épargner leurs vies, il avait répondu avec hostilité, chose que Fei Long voyait rarement chez des personnes aussi innocentes. Il devait bien admettre que le garçon montrait un courage admirable pour son âge, si on considérait qu'il n'était pas né dans le monde dans lequel il évoluait maintenant. Même si ces yeux montraient de la peur, ils soutenaient son regard sans intention de céder. Un garçon plein d'énergie, pensa-t-il, mais néanmoins un garçon ordinaire.
Il ne comprendrait jamais ce qu'Asami voyait dans ce garçon, mais celui-ci y voyait bien quelque chose, et c'était suffisant pour qu'il se donne la peine de lui enlever le jeune homme. Il se demandait si, une fois Takaba Akihito dans ses griffes, il pourrait pousser Asami à sortir et à le confronter une fois pour toutes. Après sept ans de doutes et de questions de chaque instant, il était temps qu'il obtienne ses réponses.
Il continua à menacer le garçon pour obtenir le disque de données qui lui avait été volé quelques mois auparavant. Ces données étaient importantes pour lui, mais il reconnaissait qu'il utilisait aussi cela pour forcer Asami à se montrer. Contraindre Akihito à demander ce disque à Asami n'était pas difficile. Le garçon semblait prêt à tout pour protéger ses amis. Mais ce qu'il souhaitait savoir, c'était l'importance qu'Akihito Takaba avait pour le mafieux japonais. Était-ce un simple jouet ? Ou était-il bien plus ?
« Si tout se passe bien, promit-il au garçon, cette histoire restera entre nous trois. » Ce n'était pas un mensonge. Il n'était pas venu là pour démarrer une guerre. Il était venu pour régler une affaire en attente. Il était venu pour avoir une chance d'avancer.
« Mais... Jamais il ne m'écoutera », protesta Akihito. Même s'il avait accepté d'aller voir Asami, il n'avait toujours aucun pouvoir pour négocier ce disque de données. Fei Long avait du être bien mal informé pour croire qu'il avait un quelconque intérêt aux yeux d'Asami, à part en tant qu'occasionnel plan cul. Il n'avaient aucune relation, aucun lien au-delà de cela. Asami avait toujours été clair à ce sujet. Et c'était précisément la raison pour laquelle il ne supplierait jamais cet homme pour quoi que ce soit, si sa vie était en danger.
« Ce n'est pas mon problème. Si je ne les récupère pas... » Le Chinois se leva de son siège et se pencha pour lui murmurer à l'oreille une promesse qu'Akihito ne le savait que trop capable de tenir.
« Tes amis mourront. »
Comme vous le voyez, nous rejoignons l'histoire au niveau du tome 3, actuellement, donc pour ceux/celles qui ont lu ce qui arrive plus tard, vous connaissez une partie de l'histoire (une partie seulement ^^)
Petite question n°1: La mise en page vous convient-elle ? J'ai fait le choix assumé, dès le début, de reprendre exactement celle de l'œuvre originale (tout simplement parce que ce serait un travail supplémentaire de la changer et que je l'aimais bien) mais cela cela vous semble-t-il clair, ou devrais-je revenir au système classique guillemets/tirets, quitte à supprimer des incises et précisions ?
Petite question n°2: Que pensez-vous des personnages pour le moment? Quel est votre préféré ?
N'hésitez pas à poster des reviews ou à me poser des questions, c'est le genre de choses qui me pousse à continuer ~
