Mot de l'auteure :

Je tiens vraiment à m'excuser pour ce retard de publication. S'il vous plaît, ne me jetez pas des tomates au visage ! *court et part se cacher*

Plus sérieusement je n'ai pas été disponible ces derniers temps. Je présente donc mes plus sincères excuses aux lecteurs et je m'engage à terminer cette fic et à poster le plus vite possible si le temps me le permet. Sans plus tarder, voici la préface du chapitre 2, suivie du chapitre 2 tant attendu.

/!\ Attention /!\ Cette fanfiction est un yaoi ou Boy's Love ! Il y a donc bien une romance entre deux individus de sexe masculin.

Pairing : Puzzleshipping (Yami/Yûgi)

Disclaimer : Les personnages appartiennent à Kazuki TAKAHASHI ! Je ne gagne rien en postant cette fanfic et je n'écris que pour mon plaisir et celui des lecteurs. Sachez néanmoins que l'histoire m'appartient.

Rating : M (Pour les passages de violence et de torture qui peuvent être difficiles pour certains, le langage grossier voire vulgaire, et éventuellement des scènes à caractère sexuelle.)

UA/Univers alternatif

Résumé de Sweet Dreams : Yaoi. Dans les plus obscurs bas-fonds de la ville de Domino, se trouve la cité Kul Elna, régie par la terreur et contrôlée par de monstrueux criminels et trafiquants de drogue. Yûgi, un lycéen de 15 ans compté parmi leurs victimes, croisera le chemin d'un groupe de rebelles qui refusent de se plier aux règles. Puzzleshipping

Rythme de parution : Non défini. Je m'excuse encore mille fois pour ce retard mais j'ai fait de mon mieux pour écrire et poster ce chapitre le plus vite possible. J'écris malheureusement très lentement, et mes chapitres sont diablement longs (10 000 mots environ par chapitre). De plus, je suis très occupée et je n'ai que très peu de temps libre pour écrire. Mais rassurez-vous la fic n'est pas en pause et les chapitres vont être postés le plus vite que je peux, à un rythme irrégulier. Sachez que c'est une fic assez longue et que je ne prévois pas plus de 20 chapitres. Ils seront toutefois bien fournis je l'espère ! :P

Sinon merci à toutes et à tous pour vos retours pour le chapitre 1 ! Cela m'a touchée et m'a fait énormément plaisir, vous ne pouvez pas savoir à quel point ! Ma journée s'illumine lorsque je reçois un mail me prévenant d'une review ou d'un message au sujet de Sweet Dreams !

Donc voilà, merci mille fois pour vos commentaires, ça me motive vraiment et ça me booste pour écrire la suite de ma fiction ! De plus, vos remarques – quelles qu'elles soient – me sont toujours très utiles pour la suite, et je me plais à les relire vingt fois avec un sourire aux lèvres, vous n'imaginez même pas !

Voilà, voilà je fais passer le message de la plupart des auteurs de : les review ont une très très grande importance pour nous, les auteurs, mais malheureusement peu de personnes en postent ces temps-ci. Je peux vous comprendre j'ai moi-même été un lecteur fantôme pendant près d'un an ! Mais cela ne coûte presque rien, si ce n'est 5 minutes de votre vie ! Vous pouvez postez des review pour me donner votre avis – qui compte immensément pour moi ! – ou commenter des passages ou juste pour parler un peu avec moi ^^ (j'adore ça !). N'hésitez pas à vous inscrire, comme ça je pourrai directement répondre à votre review par message privé ^^ ! Pour ceux qui n'ont pas de compte, ce n'est pas grave vous pouvez reviewer quand même en tant qu'invité ! Malheureusement je ne pourrai pas vous contacter… :'( Mais je lirai vos commentaires avec grand plaisir tout de même !

J'ai eu 3 review de guest… Donc n'hésitez pas à vous inscrire afin que je puisse vous répondre par message privé ! ^^

Réponse aux reviews des invités :

Madmoiselleirai : Coucou ^^ ! Tout d'abord merci beaucoup pour ta review, ton ajout en favori et en suivi ! Ça me fait super plaisir ^^. Ne t'inquiète pas Yami va faire sa première apparition dans ce chapitre. J'espère d'ailleurs qu'elle sera réussie et qu'elle te plaira ! Physiquement, il est différent du manga et de l'anime pour éviter qu'il ne ressemble trop à Yûgi… Tu verras sa description (il n'a pas les mêmes cheveux ni les mêmes yeux que dans le manga) et j'espère ne décevoir personne ^^'… Sinon, oui ! Mes chapitres sont assez long, et assez bien garnis… Il se passe beaucoup de choses et je prie pour que les lecteurs ne se sentent pas perdus face à autant de péripéties ! Mes chapitres conserveront cette longueur (10 000 mots environ) mais ils ne seront pas tous égaux en terme d'action. Il y aura certains chapitres où ce sera plutôt calme et posé et d'autre où ce sera mouvementé et éprouvant pour les personnages (et les lecteurs.. ?) ! Pour finir, je suis honorée et reconnaissante que tu fasses partie de mes fans, et je souhaite que tu ne sois jamais déçu(e) par la suite ! Mille merci encore !

~Lune : Hey ! Merci encore pour ta review ! Je suis vraiment heureuse que tu sentes que c'est le début d'une « histoire cool » ! J'ai essayé de la faire sérieuse, mais pas trop non plus pour ne pas risquer d'ennuyer les lecteurs (ou moi-même) ^^'… Quant à mes descriptions, je n'ai jamais vraiment été douée à cela, mais j'ai fait de mon mieux pour vous transmettre mes sentiments et ma vision des choses. J'espère qu'elles n'ont pas été trop longues, trop barbantes ou trop répétitives. Leur but était d'immerger le lecteur dans l'ambiance sordide, malsaine et sombre de la ville de Kul Elna. Mais aussi de poser un contexte et une situation initiale à l'histoire ! Car ces descriptions sont assez importantes pour la suite le décor apocalyptique de Kul Elna, pas de police, un unique lycée, et surtout ! le commerce de la drogue Sweet Dreams qui se prolifère de jour en jour. Sweet Dreams n'est d'ailleurs pas le titre de ma fic pour rien ^^ ! (Même si dans le chapitre 2 on n'entendra moins parler de cette abominable drogue). Oui, tu auras aussi l'occasion de voir les personnages – dont Yûgi ! – évoluer dans cette ville détruite et fantomatique à travers les chapitres. J'espère que cela sera réussi ! Sinon désolée de t'avoir fait attendre, voici la suite ! Enjoy it ! Et j'espère te revoir encore dans l'espace commentaire ) !

~yess diane : Hello ^^. Merci, ton commentaire me touche énormément aussi, hihi ! Je suis ravie que tu me dises que j'écrive bien, je pensais avoir la plume un peu lourde et les descriptions trop longues… Et petit cadeau : tous mes chapitres seront normalement aussi longs que le premier ! Néanmoins, il n'y aura pas autant de descriptions et peut-être plus d'action et de dialogues ! J'espère que ça vous plaira tout autant ^^. Je te remercie pour ta review et tes encouragements, cela m'avait vraiment boostée à ce moment ! Mais malheureusement je ne poste la suite que maintenant… En espérant que tu n'auras pas trouvé l'attente trop longue (mais honnêtement je pense que si) ^^'. Et oui, on est de la même catégorie de perverses yaoistes :P ! Au début, j'hésitais pour glisser un Lime ou un Lemon dans la fic… Etant donné que je n'en ai jamais écrit. Mais tout a un début alors ce sera peut-être l'occasion qu'une scène hot se glisse dans un ou plusieurs chapitres par inadvertance… :P. Voila mais il faudra peut être attendre quelques chapitres avant d'avoir un Lemon digne de ce nom. Quant au Lime… Il peut se faufiler un peu partout et très rapidement lol ! (et il n'impliquera pas forcément Yami et Yûgi… je ne t'en dis pas plus). Sinon encore merci pour ta review et je t'attends au chapitre 2 avec impatience !

La réponse aux reviews des guests est terminée ! Merci à tous et n'hésitez pas à poster vous aussi des commentaires, cela ne peut que me faire plaisir !

Sondage : S'il vous plaît ! Dites-moi en review ou en message privé si vous voulez qu'à chaque début de chapitre j'écrive le nom de tous les personnages présents dans la fic (pour que les lecteurs ne les oublient pas !) ou que je fasse un résumé des chapitres précédents, histoire de vous rafraîchir la mémoire (surtout que, pour l'instant, l'intervalle de publication est très long). Merci encore ! Et vu que le chapitre 1 a été posté i mois, je vous invite à le relire si cela ne vous embête pas. Sinon, je vous offre un petit résumé assez vaseux :

Résumé du chapitre 1 :

Yûgi, 15 ans, vit depuis 10 ans à Kul Elna, ville fantôme dirigée par des criminels dangereux, et où aucune morale ou règle n'existe. La Sweet Dreams, drogue extrêmement populaire, y règne en maître. Tous les jours, Yûgi se rend à l'unique lycée de la cité en ruine, où il retrouve ses amis Anzu, Honda et Jôno-Uchi. Mais ce jour-là, rien ne se passe comme prévu le terrible Président du Conseil des élèves – Bakura – et son bras droit Ushio, décident d'envoyer des voyous racketter d'autres élèves en quête d'argent. C'est ainsi que Yûgi trouve Hanasaki, un camarade de classe, agonisant sur le toit du lycée. Un groupe de troisième année les prennent par surprise, et Nagumo, un des malfrats, frappe Yûgi. Ce dernier gît au sol et est finalement secouru par une jeune fille brune aux yeux verts qui l'emmène au mystérieux club de révisions…

Merci à tous pour votre soutient, votre présence et vos review ! Et encore désolée pour ce retard... Veuillez aussi m'excuser pour les éventuelles fautes d'orthographe ou de tournure de phrase dans la fic. J'espère que ce chapitre vous plaira et qu'il sera à la hauteur de vos espérances (et de votre attente...) ! Je vous souhaite une bonne lecture !

P.S. : Yami apparaît dans ce chapitre ;P ! Et je me suis permise de modifier un peu son apparence physique pour éviter qu'il ne ressemble trop à Yûgi... Je vous laisse la surprise...


Sweet Dreams


Chapitre 2 : Le Club de révisions


Cela faisait 2 heures qu'Anzu tournait en rond, presque sur elle-même, en regardant au sol tout en mordillant ses ongles. Sa frange ne parvenait pas à dissimuler l'inquiétude brillant dans ses yeux bleus, et ses doigts tremblaient nerveusement. Elle sentait des gouttes de sueur glisser le long de son dos et de son front, mais elle n'y prêtait gère attention, se contentant de continuer à marcher en cercle d'un rythme effréné. Elle entendit une personne arriver en courant et haletant bruyamment. C'était Honda.

- Alors ? s'écria Anzu, la gorge nouée. Tu l'as trouvé ? Dis-moi que tu l'as trouvé !

- Non, il n'est nulle part, souffla le grand brun en se pliant et en prenant appui sur ses genoux.

- Mais où est-il passé bon sang ? geignit la jeune fille. Il aurait dû revenir depuis longtemps déjà !

Cela faisait 2 heures que Yûgi avait disparu. Ses amis, angoissés, n'étaient pas allés en cours et attendait impatiemment son retour devant la porte des Première Année B. Puis, Jôno-Uchi et Honda avait décidé de partir à sa recherche à travers les longs couloirs sombres et lugubres du lycée Kul Elna tandis que Anzu montait la garde devant leur salle de classe. Malgré sa vigilance et les nombreux allers-retours de ses deux amis, Yûgi demeurait introuvable.

- Et où est Jôno-Uchi ? demanda Anzu en essayant tant bien que mal de contrôler sa voix tremblante.

- Jôno ? répéta Honda, encore essoufflé. Il arrive, je crois. Il était dehors et au rez-de-chaussée. Lui non plus n'a pas trouvé Yûgi.

Au même moment, des pas lourds se firent entendre dans le corridor. Un jeune homme avec d'épais cheveux blonds ne tarda pas à arriver d'une marche chancelante et peu assurée. Sa veste bleue, uniforme de Kul Elna, avait glissé de ses épaules et pendait négligemment sur ses bras, son t-shirt blanc était froissé et l'on distinguait des auréoles de sueur sous ses aisselles. Sa chevelure était parsemée de mèches blondes rebelles et broussailleuses, et son regard, d'habitude vif et pétillant, était sombre et fatigué. Arrivé devant ses deux amis, il s'écroula au sol en se lamentant :

- Je ne l'ai pas trouvé ! J'ai pourtant cherché dehors dans le parc, dans les vestiaires, dans la cafétéria et même dans les toilettes ! Mais où peut bien être cet espèce de porc-épic ?

Anzu ne répondit pas et continua à faire les cent pas devant la porte de leur salle de classe. Elle remettait frénétiquement des mèches de ses cheveux chocolat derrière ses oreilles d'une main tremblante et maladroite. Elle secoua sa chemise blanche et ajusta sa jupe tout en respirant difficilement. Mais où était Yûgi ?

Soudainement, Jôno-Uchi entraina brusquement Honda à l'opposé d'Anzu en lui passant un bras par-dessus les épaules. Les deux jeunes hommes prirent un air conspirateur et échangèrent des phrases sans que leur amie n'entendît un mot. Déconcertée, cette dernière arrêta tout mouvement et tendit l'oreille en tentant d'attraper quelques bribes de leur conversation. Mais elle n'eut le temps de rien saisir car Honda s'écarta rapidement de Jôno-Uchi. Ce dernier se tourna vers la jeune fille en lui faisant signe d'approcher, et en baissant la voix, il lui murmura :

- Avec Honda, on a des soupçons.

Anzu parut ahurie et fronça ensuite les sourcils.

- De quoi tu parles ? Ce n'est pas le moment de rigoler !

- Chut moins fort, intima le blond. Je disais qu'avec Honda, on soupçonnait quelqu'un de savoir où se trouve Yûgi. Et on est sérieux.

- Ah oui ? fit Anzu, l'air dubitatif. Et donc, qui est-ce ?

Honda s'avança vers eux sans bruit et, sans se départir de son ton sérieux qui le caractérisait si bien, il ajouta :

- On pense que la dernière personne à avoir vu Yûgi est un mec qui se trouve en ce moment même dans la classe.

Les yeux bleu foncé de la jeune fille s'arrondirent de stupéfaction.

- Quoi ? Vous pensez que c'est un gars de notre classe qui aurait kidnappé Yûgi ?

- Mais non, pas kidnappé ! grogna Jôno-Uchi, agacé. On ne sait même pas ce qui est arrivé à Yûg'. Mais tout laisse à croire que ce putain de mec qui est dans notre classe l'aurait vu en dernier.

- Vraiment ? Alors qui est ce putain de mec qui est dans notre classe ? haussa un sourcil Anzu, en reprenant les mots exacts utilisés par Jôno-Uchi.

Les deux garçons se regardèrent, penauds et embarrassés.

- Bah en fait, commença Jôno-Uchi en voyant que Honda ne se décidait pas à ouvrir la bouche, on ne sait pas comment il s'appelle.

- Comment ça vous ne savez pas quel est son nom ? s'énerva Anzu, sur les nerfs.

- …mais on sait à quoi il ressemble ! rattrapa Honda en passant une main nerveuse dans ses cheveux bruns coupés en brosse.

- Ouais, reprit Jôno-Uchi d'une voix forte, c'est un petit nabot, à peine plus grand que Yûgi ! Il a une sale tête d'intello, il porte des lunettes rondes style monsieur-je-sais-tout et ses longs cheveux gras et blond sont séparés par une raie au milieu. Il a un air hautain et il aime prendre les gens de haut. Moi je ne blaire pas les mecs comme ça !

- Ouais, renchérit Honda. Les gens de ce genre m'insupportent !

Anzu ne tint pas compte des remarques désagréables de ses deux amis sur leur camarade de classe mystérieux et réfléchit à toute vitesse. Qui était la personne décrite par Honda et Jôno-Uchi ? Qui pouvait être petit, blond et avec des lunettes rondes ? L'attente ne se fit pas longue.

- Ça doit être Hanasaki, souffla la jeune fille du bout des lèvres.

- Hein ? C'est qui ça ? beuglèrent les deux garçons d'une seule voix.

Mais ils furent tous coupés par le bruit retentissant de la vieille cloche rouillée du lycée qui annonçait les pauses entre deux cours. Les trois amis grimacèrent et plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles face au vacarme tonitruant et aigu qui était encore plus fort et plus strident dans les couloirs.

- Sérieusement, grommela Honda. Ils devraient penser à changer la sonnerie du lycée. Elle casse les oreilles.

La porte des 1ère année B s'ouvrit brutalement, effrayant Jôno-Uchi qui sauta dans les bras d'Anzu. Cette dernière le gratifia d'un regard noir et le poussa vers le flot d'élèves qui sortaient de la classe.

- Au lieu de faire l'imbécile, vas donc chercher Hanasaki vu que tu sais à quoi il ressemble, lui ordonna la brune. Je ne l'ai pas vu sortir donc il doit encore être dans la classe.

Jôno-Uchi s'exécuta et entra dans la classe des Première Année B, suivit par Honda, et il se faufila à travers les adolescents quittant la salle. Anzu attendit qu'il n'y ait plus personne qui passe la porte pour entrer à son tour.

La salle de classe n'était pas bien grande, mal entretenue, avec des murs brûlés qui s'effritaient et qui étaient parsemés de tags en tout genre. Le sol était en pierre, froid comme tout le reste du lycée, avec de nombreuses fissures mais, heureusement, il ne menaçait pas de s'effondrer. Les tables étaient elles aussi en piteux état : elles étaient bancales, en bois pourri et rongées par les insectes et les rats. Il n'y avait pas de tableau à craie au mur, et seule une ampoule usée accrochée au plafond par un fil de fer éclairait la salle. Il y avait bien des fenêtres, mais les vitres étaient brisées et, pour éviter que l'air glacé de l'extérieur n'entre, des bouts de tissus couvraient les trous, préservant ainsi le peu de chaleur qu'il y avait dans la classe. Au premier rang, des tables étaient libres. En temps normal, elles étaient occupées par Yûgi et sa bande, mais aussi quelques fois par le discret et réservé Hanasaki. Ce dernier n'avait pas particulièrement d'excellentes notes, mais elles étaient toujours meilleures que celles de Yûgi, Honda et Jôno-Uchi. Et c'est pour cela qu'il était devenu la tête de turc des deux grands gaillards. Mais à leur grand désespoir, le petit blond à lunettes ne répondait jamais à leurs provocations.

- Alors, où se cache ce minable ? maugréa Jôno-Uchi en parcourant la salle de ses yeux.

- Là ! Il est là ! s'écria Honda en jetant un regard mauvais vers la direction qu'il indiquait.

Hanasaki était bien assis à une table collée au mur, au premier rang. Il faisait partie des rares élèves qui n'étaient pas sortis de la classe alors que la pause avait sonné. Il ne s'était même pas levé de sa chaise et attendait là, la tête baissée. Jôno-Uchi releva les manches de sa veste bleue et accompagné de son acolyte brun, il se dirigea à un pas furieux et rapide vers le petit à lunettes. Anzu ne tenta pas de les arrêter et se contenta de les suivre en se demandant pourquoi Hanasaki était-il le « suspect » de ses deux amis.

- Alors le mioche, provoqua Jôno-Uchi. Confortablement assis sur sa chaise, hein ?

Hanasaki ne répondit pas, mais lança juste un regard ennuyé au grand blond.

- Dis donc, continua le jeune homme, on a bien remarqué ton absence tout à l'heure. Où étais-tu ce matin ? Ce n'est pas dans tes habitudes de sécher les cours, monsieur-je-sais-tout.

Toujours pas de réponse du côté du petit blond. Anzu se sentit tout d'un coup mal à l'aise pour lui et essaya de raisonner son ami.

- Jôno… Si ça se trouve, Hanasaki n'a aucun lien avec la disparition de Yûgi…

- Bien sûr que si ! s'exclama Jôno-Uchi en frappant la table de Hanasaki du plat de sa main et en continuant de le fixer avec hargne. Ce binoclard n'était pas là toute la matinée, il revient pile au moment où Yûgi a disparu, et il fait comme si de rien n'était ! Je sais que tu sais où est Yûgi, grinça-t-il à l'attention de Hanasaki. Alors tu as intérêt à nous le dire vite. Et regarde-moi quand je te parle !

Finalement, Hanasaki leva la tête et daigna regarder Jôno-Uchi dans les yeux. Ce dernier lâcha vivement la table et eut un mouvement de recul. Honda écarquilla les yeux et se figea et Anzu mis les mains devant sa bouche pour étouffer une exclamation de surprise.

Hanasaki avait un œil au beurre noir avec la pupille injectée de sang. Des entailles et des ecchymoses parsemaient ses joues meurtries, ses lèvres gercées étaient gonflées et prenaient une affreuse teinte violacée et il y avait du sang séché étalé sur l'ensemble de son visage, comme si le garçon n'avait pas réussi à l'essuyer correctement. Les lunettes qu'il portait toujours sur son nez reposaient sur ses genoux, cassées.

Un courant d'air glacé traversa subitement le corps de Jôno-Uchi. Il grimaça, gêné.

- Euh… Excuse-moi, mec, bredouilla lamentablement le grand blond. J'savais pas que… Enfin que…

- Qu'est-ce que vous me voulez ? siffla Hanasaki d'un ton brusque et las.

Les trois amis se regardèrent en silence. Honda se racla la gorge, prêt à parler et à répondre mais Anzu le devança :

- Désolée du dérangement mais nous sommes venus te demander si tu aurais vu Yûgi. Il n'est pas revenu depuis la pause de ce matin. Il voulait rester seul, sûrement à cause de sa mauvaise note, et il est sorti. Donc, est-ce que tu as vu Yûgi aujourd'hui ? Ou est-ce que tu sais où il peut se trouver ?

Hanasaki garda le silence, baissa à nouveau la tête et Anzu jura l'avoir vu tressaillir, même pendant une fraction de seconde. Cependant, elle ne fit pas de remarques et se contenta de rester debout les bras croisés devant la table branlante du plus petit. Jôno-Uchi et Honda, infiniment moins patients qu'elle, se penchaient vers le garçon en le fixant impoliment, et en poussant des soupirs bruyant et irrespectueux pour souligner leur agacement. L'attente était fébrile, et la tension palpable. Hanasaki finit par lâcher sèchement :

- Non.

Jôno-Uchi, outré, s'apprêtait à l'insulter de menteur effronté et de sale gosse mais Honda réussit à le tirer en arrière et à lui bâillonner la bouche.

- Euh… Très bien, lui sourit Anzu avec une voix étranglée. Je te crois. Honda et Jôno-Uchi pensaient que tu étais la dernière personne à avoir vu Yûgi depuis son départ. Mais, on dirait qu'ils se sont trompés…

- C'est faux ! cria Jôno-Uchi depuis le fond de la classe. Mon sixième sens ne se trompe jamais !

- Mais ferme-la, idiot, soupira Honda.

Hanasaki ferma les yeux, irrité. Tandis que Jôno-Uchi et Honda continuaient à se chamailler, Anzu afficha une mine désolée au petit blond à lunettes. Mais vaincue par sa curiosité, elle osa lui poser une question indiscrète :

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Ton visage…

- Rien. lâcha Hanasaki. Il ne m'est rien arrivé du tout.

Anzu lui offrit un sourire compatissant et chaleureux. Elle n'ajouta rien et se contenta de se détourner du garçon pour rejoindre Jôno-Uchi et Honda. Mais elle savait très bien que, depuis le début, rien de ce que Hanasaki avait dit était vrai.


~Sweet Dreams~


Yûgi, essoufflé, se tenait les côtes en tentant de reprendre son souffle erratique. Il se redressa péniblement et vit la mystérieuse fille bronzée aux yeux vert émeraude insérer une clé dans la serrure d'une porte qui avait l'air plus neuve que les autres du troisième étage. Le garçon eut soudainement le sentiment que sa vie allait prendre un tournant et qu'il n'allait plus être le même une fois le seuil de cette porte franchi. Il lut, malgré sa vision trouble, sur l'écriteau accroché : « Club de révisions : le Savoir est l'arme la plus tranchante si la plus aiguisée ».

La brunette réussit enfin à ouvrir la porte et, adressant un sourire innocent et enfantin à Yûgi, elle l'invita à entrer.

- Bienvenue au club de révisions ! fit-elle d'une voix chantante.

Yûgi, en pénétrant dans la pièce, fut impressionné c'était une salle aussi grande qu'une classe, propre et assez bien entretenue, avec des vitres aux quelques fenêtres et des rideaux rafistolés, une grande table en bois occupait le centre de la pièce, des chaises se trouvaient tout autour, et il y avait une imposante armoire avec des tiroirs avec des casiers remplis de documents. Une lanterne était posée sur la table et semblait assez puissante pour éclairer l'ensemble de la salle lorsque le soleil se couchait. Il y avait même un tapis à l'entrée, sur lequel Yûgi frotta ses pieds allégrement pour ne pas salir l'intérieur. Il restait bouche bée devant tant de « luxe ».

- C'est joli, hein ? rit la jeune fille aux yeux verts devant l'émerveillement du garçon. Tout ce qui se trouve ici a été financé ou fourni par les membres du club. Pas par le lycée.

La brune tira une chaise et fit assoir Yûgi dessus. Ce dernier avait oublié que peu de temps avant, il s'était fait passer à tabac par des troisième année et avait reçu un coup de poing à la mâchoire. Il passa machinalement une main dessus, le regard dans le vide. Pendant ce temps, la fille se dirigea vers un coin de la pièce où se trouvait un petit bloc blanc. C'était un réfrigérateur. Yûgi ne l'avait pas remarqué en inspectant la pièce quelques secondes plus tôt. Ce genre d'objet était vraiment rare à Kul Elna, et très peu de gens pouvait s'offrir un luxe pareil. Déjà que l'eau courante et l'électricité étaient très chères et très difficile à acquérir et à garder alors un réfrigérateur mieux valait ne pas y penser.

La jeune fille prit un vieux chiffon et ramassa quelques glaçons du frigidaire et les enveloppa. Elle s'approcha à nouveau de Yûgi.

- Tiens, voilà de la glace, sourit-elle en plaquant le chiffon contre la mâchoire du jeune homme. Ce n'était qu'un bleu, ça partira vite.

- Pourtant ça fait vraiment très mal, geignit Yûgi.

- Oui, mais maintenant tu sauras à quoi t'attendre la prochaine fois que tu te fourreras dans une bagarre !

Yûgi eut un sourire embarrassé. Il ne comptait pas croiser une nouvelle fois Nagumo, qui lui avait refait le portrait, et sa bande de chiens de garde. La fille à la peau brune se détourna encore de lui pour aller chercher de la pommade. Le garçon aux cheveux noirs et bordeaux et aux mèches blondes se sentit infiniment reconnaissant. Comment une personne ne le connaissant même pas pouvait lui venir en aide et être aussi gentil avec lui ?

- Au fait ! se rappela la jeune fille. Je ne sais toujours pas ton nom. Comment tu t'appelles ?

- Je m'appelle Yûgi, fit ce dernier d'un air timide.

- Moi c'est Mana, enchantée ! claironna la dénommée Mana. J'ai 17 ans et je suis en deuxième année. Je suppose que tu es en première année ?

- O-Oui… J'ai 15 ans et bientôt 16.

Yûgi se laissait faire et tournait légèrement la tête tandis que Mana lui étalait de la pommade sur la mâchoire. Il observa d'un œil discret la jeune fille qui le soignait. Elle n'était pas très grande pour son âge – ils faisaient presque la même taille – et elle avait un visage très infantile et jovial. Sa manière de parler lui rappelait celle d'un enfant, et elle semblait agir avec candeur et spontanéité. Yûgi trouvait aussi qu'elle paraissait moins mature qu'Anzu, et moins âgée aussi malgré le fait qu'elle soit de 1 an son aînée. Bien qu'elle ait un visage vaguement juvénile, Yûgi la trouvait charmante et très belle. Mais pas autant qu'Anzu. Anzu occupait une place particulière dans son cœur, que Mana ne pourrait remplacer même si elle était absolument adorable. L'image d'Anzu fit une apparition dans sa tête.

Yûgi sentit ses joues chauffer et rougir et rompit le silence d'une voix peu assurée :

- Et… C'est quoi le principe de ce club de révisions ?

Mana sembla surprise pendant une seconde et resta la bouche à moitié ouverte, prenant un air hésitant. Elle eut un ensuite un petit rire et reprit vite contenance. Elle sourit de ses dents blanches et de ses yeux verts rieurs avant de répondre comme s'il s'agissait d'une évidence :

- Eh bien, c'est un club… Ou l'on fait des révisions !

Yûgi fit la moue, déçu des explications si pauvres en information de la jeune fille. Cette dernière s'esclaffa en voyant la mine du garçon.

- Je te taquine ! s'amusa Mana, hilare. Le club de révisions est un club tout « neuf ». Il vient d'ouvrir cette année, à la rentrée.

- Je suis plus ou moins nouveau ici… Vu que je suis en première année, fit remarquer Yûgi. Mais j'ignorais totalement l'existence de clubs au lycée Kul Elna…

- C'est normal ! Le club de révision est l'unique club du lycée. Un groupe d'élèves sollicitait depuis longtemps la création d'un club pareil. Ils n'ont eu ce qu'ils voulaient que depuis cette année. Ils sont en troisième et dernière année maintenant.

Yûgi écoutait avec attention ce que Mana disait. Alors comme ça le club de révisions n'avait vu le jour que depuis cette année, et des élèves maintenant en troisième année avaient soutenu le projet de fonder ce club depuis des années. Il avait envie d'en savoir plus. Mana reprit la parole avec un air plus sérieux :

- Le Président du Conseil des élèves, Bakura, s'est opposé à ce projet. Mais, finalement, il a cédé, à la condition que le club soit financé seulement et uniquement par ses membres. Le Président ne comprenait pas l'utilité d'ouvrir un club de révisions alors que l'on pouvait faire nos révisions chez nous. Il ne comprend décidément rien.

En l'entendant parler sur un ton rude, Yûgi devina que Mana n'appréciait pas beaucoup le Président Bakura. Celui-ci était très violent et n'hésitait pas à isoler des élèves pour les tabasser ou les menacer. Il était d'ailleurs presque toujours en compagnie d'Ushio, son garde du corps ou plutôt son homme à tout faire qui s'occupait notamment de régler les comptes à certains étudiants ou d'achever les sales corvées dont Bakura se débarrassait.

- Mais le club de révisions n'est pas un simple club où l'on fait seulement des révisions comme je te l'ai dit tout à l'heure, continua Mana d'un ton passionné. C'est un club où nous sommes tous unis et tous égaux. On forme une famille, on s'entraide, on se soutient. C'est un refuge.

Yûgi ouvrait grand ses yeux couleur améthyste et buvait toutes les paroles prononcées par Mana. Elle semblait si enflammée et enthousiaste face au discours qu'elle prononçait, presque fanatique. Le garçon jurait voir une flamme ardente brûler au fond de ses yeux émeraudes. Mana continuait toujours de parler, sans s'arrêter :

- Tu le sais déjà, mais il n'y a pas d'écoles, ni de collèges à Kul Elna. Seul l'unique lycée est un accès à l'instruction dans cette immense ville fantôme, sauf pour les jeunes ayant déjà des parents instruits. Mais beaucoup sont les enfants qui ne savent ni lire ni écrire, même au lycée, parce que l'enseignement qui y est donné est d'une qualité incroyablement mauvaise mais aussi parce que d'autres élèves deviennent malveillants et veulent répandre le mal.

Mana se pencha un peu plus vers Yûgi, comme si elle le mettait dans la confidence :

- Ne me dis pas que tu n'as jamais entendu parler de la Sweet Dreams ? fit-elle un ton plus bas. Le lycée est un des lieux où le marché de cette vulgaire drogue fonctionne le mieux. Donc nombreux sont les élèves à en avoir consommé, ou pire, à en être dépendant. Et la plupart de ces élèves sont ceux qui ne savent ni lire, ni écrire. Ils noient leur ignorance dans la drogue.

Elle fit une courte pause.

- C'est pour cela que nous nous battons contre l'ignorance. Au club de révisions, nous ne faisons pas que des révisions. Nous apprenons ce que l'on ne nous a pas appris. Nous comblons le vide que la violence et la pauvreté de Kul Elna ont creusé en nous. Nous aiguisons nos connaissances, car, sans le Savoir, nous ne valons rien dans un monde où c'est le plus fort qui règne.

Mana adressa un autre de ses sourires à Yûgi.

- Et nous sommes un groupe. Soudé. On est une famille. Car ensemble, on sera toujours plus fort. Et face aux ignorants qui diffusent la violence, étalent la zone de leur marché de drogue ou abusent de leur pouvoir, nous pouvons toujours nous servir du Savoir comme une arme. A condition de l'utiliser à bon escient.

Yûgi ne put s'empêcher d'acquiescer face à ces mots et d'être admiratif et épaté face à la détermination de Mana et à la foi qu'elle accordait au club de révisions et à ses membres. La jeune fille l'impressionnait beaucoup, et il aurait souhaité avoir le même mental d'acier qu'elle, et d'avoir un groupe dans lequel il y a des personnes sur qui compter. Certes, il avait entièrement confiance en Anzu, Jôno-Uchi et Honda, mais il ne se sentait pas pour autant pleinement en sécurité avec eux. Alors que Mana donnait l'impression que les membres du club étaient invincibles, et qu'il ne risquerait rien tant qu'il marcherait à leurs côtés. Yûgi osa demander à la brune :

- Et tu fais partie des membres du club de révisions… Pas vrai ?

- Bien sûr ! répondit-elle avec entrain, le regard plein de fierté. En fait, il n'y a que 5 membres…

Yûgi haussa les sourcils, surpris. Il n'y avait que 5 membres ? D'accord, très peu d'élèves au lycée Kul Elna aimaient travailler mais sur les plusieurs centaines d'adolescents, il n'y en avait que cinq qui adhéraient à l'unique club de l'établissement ? En écoutant Mana parler des membres du club avec engouement et vénération, il avait cru qu'ils étaient nombreux voire presque une armée d'élèves.

- Nous ne sommes pas nombreux, je l'admets, ajouta Mana devant l'étonnement de Yûgi. Mais nous sommes très proches et très soudés. Et nous n'acceptons pas au sein du club les personnes qui ne sont pas sérieuses, qui manquent de volonté, qui sont vides de l'intérieur, qui sont fragiles mentalement ou qui se laissent manipuler tels de vulgaires pantins. Et surtout, nous n'acceptons pas les personnes qui ne sont pas volontaires, qui n'ont pas choisi d'être ici. Nous ne pouvons pas les faire entrer dans le club car nous nous interdisons de les faire subir ça. On ne peut pas impliquer de telles personnes à nos histoires. Ça nous dépasserait complétement.

D'un coup, Yûgi ne comprit plus rien. Mais de quoi Mana parlait-elle ? Si des personnes étaient soi-disant « fragiles mentalement » ou autre, pourquoi n'étaient-elles pas acceptées dans le club de révisions ? Mana avait pourtant expliqué plus tôt que le club aidait les élèves dépourvus de connaissances à acquérir le savoir, et qu'ils bénéficiaient ainsi d'une « seconde famille » qui les rendait plus forts dans cette ville dévastée par la pauvreté et la drogue. Aussi, Mana avait dit que les membres du club de révisions s'interdisaient de faire subir quelque chose aux personnes « fragiles », et que ce quelque chose menaçait déjà de tous les dépasser. Et si ce quelque chose était une situation qui leur échappait des mains ? Mais c'était un simple club de révisions, pas un film d'action ! Quel genre de problème pouvait bien avoir un club de révisions ?

- Euh… Je ne suis pas sûr de te suivre, Mana, balbutia Yûgi.

- Oublie ! Oublie ce que je viens de dire alors ! s'exclama Mana dans la précipitation, avec un sourire légèrement tordu.

Mana cessa d'appliquer de la pommade sur la mâchoire de Yûgi et se releva en grimaçant, étant longtemps restée en position accroupie. Le garçon aux mèches blondes laissa par contre les glaçons enrobés d'un chiffon sur son visage. Il ne sentait presque plus la douleur à sa mâchoire. Il aurait voulu garder le silence un peu plus longtemps mais son étrange curiosité d'en savoir plus sur le club de révisions le rongeait et prit le dessus sur son habituelle timidité :

- Et… Qui sont les membres du club ?

La jeune fille bronzée aux yeux verts ne s'attendait pas à cette question visiblement, puisqu'elle se mit à réfléchir longuement avant de répondre à la question du plus jeune.

- Hum… Tout d'abord il y a moi, commença-t-elle, songeuse. Et il y a aussi un mec en deuxième année, qui a 17 ans comme moi. Sinon, les trois autres, deux garçons et une fille, sont des troisième année. Ils viennent tous d'avoir 18 ans.

- C'est donc ces trois troisième année qui ont fondé le club ? demanda Yûgi d'une petite voix.

- En partie, lui sourit Mana. En vérité, le vrai fondateur du club, qui s'est le plus battu pour l'ouvrir, se nomme Yami. Il est en troisième année mais nourrissait ce projet depuis sa première année. J'ai énormément de respect pour lui. C'est un peu mon idole, ajouta-t-elle en riant, gênée.

Yûgi se surprit à s'imaginer Yami. Comment pouvait donc être le garçon que décrivait Mana avec autant d'admiration ? C'était peut-être un mec sympa et cool, qui connaissait tout le monde au lycée et qui était aimé de tout le monde. Un de ces types au charme évident qui aimait être au centre de l'attention et des regards. Et qui jouait au bon samaritain en ouvrant un club de révisions dans un lycée où l'instruction et le savoir n'étaient plus que des vestiges du passé.

- J'aimerai d'ailleurs te le présenter, soupira Mana d'un ton rêveur. Lui et les trois autres membres. Ils sont tous très différents mais ils sont géniaux. Je doute que vous vous croisiez un jour dans les couloirs du lycée.

Yûgi lui sourit gentiment, ne sachant pas quoi répondre à ce qu'elle venait de dire. Il s'installa plus confortablement sur sa chaise et commença à se sentir à l'aise entre les murs du club de révisions. Tout était plus chaleureux ici, et moins froid que dans les salles traditionnelles du lycée Kul Elna. Mana tira une chaise et se mit en face de Yûgi. Elle le fixa pendant quelques secondes, faisant presque rougir le garçon, avant d'ouvrir la bouche :

- Assez parlé du club et venons-en aux faits, fit-elle d'un ton léger. Qu'est-ce qu'il s'est exactement passé sur le toit du lycée ? Tout à l'heure ?

Yûgi mit quelques secondes à trouver de quoi Mana parlait. Il y a peut-être une ou deux heures, il s'était rendu sur le toit du lycée pour venir en aide à Hanasaki, un garçon de sa classe, qui était blessé. Alors qu'il l'aidait à se relever et à se remettre du choc, une bande de troisième année avait surgit derrière eux. Yûgi ne voulait pas se rappeler de la suite mais Mana, de son regard vert fixé avec insistance sur lui, l'incitait à parler.

- Hum, commença piteusement Yûgi. Je me promenais dans les couloirs du troisième étage quand j'ai entendu une voix qui venait du toit. C'était un garçon de ma classe, et il semblait très mal, avec des blessures partout sur le visage.

Yûgi attendit que Mana réagisse à ce qu'il venait de dire, mais la jeune fille l'écoutait attentivement, en silence et en hochant la tête quelques fois. Le garçon aux cheveux hérissés sentit un élan de confiance monter en lui et continua de raconter ce qui lui était arrivé.

- Puis, un groupe de troisième année est arrivé. Mon camarade de classe a pu s'enfuir, mais, pour ma part, je me suis pris un sacré coup de poing par l'un d'entre eux. Il s'appelait Nagumo, je crois.

Mana tilta à la mention de ce nom et se redressa vivement.

- Tu dis qu'il s'appelait comment ce mec ? haleta la brunette.

- Euh… Nagumo…

- Rhaaa ! grogna-t-elle. Mais je connais ce connard ! Il est dans la classe de Yami et des autres troisième année du club !

Le garçon était étonné. Alors comme ça Mana connaissait Nagumo ? Et Nagumo la brute était dans la même classe que les troisième année membres du club de révisions ?

- Et pourquoi t'a-t-il frappé ? demanda Mana avec impatience et intérêt.

- Oh euh… réfléchit Yûgi en se grattant la tête. Je crois qu'il a parlé d'argent… Ah oui, il a dit que le Président Bakura les avait chargés, lui et sa bande, de trouver de l'argent.

Mana resta muette et interdite.

- …c'est là que Nagumo m'a frappé, continua le garçon. Mais je n'avais pas d'argent sur moi, alors ils sont partis.

- Je vois. Tu m'excuseras deux minutes, il faut que je passe un appel, fit Mana en se levant et en attrapant un téléphone portable dans sa poche.

Yûgi était surpris de voir que la jeune fille possédait un téléphone. Ils étaient très chers, difficiles à acquérir et peu rentables puisque le réseau de Kul Elna était défaillant et nombreux étaient les endroits où il n'en avait pas. Depuis qu'il avait déménagé à Kul Elna, à ses 5 ans, l'adolescent n'avait plus vu de portables, sauf plus tôt le matin quand le Président Bakura téléphonait.

Mana composa plusieurs fois un même numéro avant que le correspondant ne décroche.

- Allô ? prononça distinctement la brunette. Yami, c'est toi ? Alors, des nouvelles ?

Pour se donner contenance, Yûgi observa ses pieds tout en se triturant les doigts. Il ne voulait pas paraître impoli en écoutant la conversation qu'entretenait Mana avec son interlocuteur. Mais sa curiosité l'emporta il prêta donc attention à ce que disait la jeune fille d'une oreille discrète.

- …vous avez réussi ? reprit-elle après un silence. Car il paraît qu'au lycée, Bakura est en colère, il a besoin d'argent et il envoie Nagumo et sa bande racketter d'autres élèves…comment ça ? … Ouah ! Super ! Vous l'avez fait exploser !

Yûgi leva un sourcil, désarçonné. De quoi parlait-elle ? Qu'est-ce qui avait explosé ? Et quel rapport ça avait avec le Président Bakura ?

- Ok… Tu arrives en fin de journée, c'est ça ? Bon, à tout à l'heure alors !

Elle raccrocha avec un sourire aux lèvres. Ses grands yeux verts d'enfant brillaient et elle ne faisait visiblement aucun effort pour masquer sa joie. Le garçon aux cheveux porc-épic avait presque envie de lui demander ce qu'il la rendait d'aussi bonne humeur d'un coup, mais il ne voulait pas donner l'impression d'être déplacé ou indiscret.

Mana sautilla gaiement vers le petit blond et s'accroupit devant lui.

- Alors, ta mâchoire ? Elle va mieux ?

- Euh… réfléchit Yûgi. Oui, je suppose. J'ai moins mal qu'avant d'avoir mis la glace et la pommade.

- Très bien ! claironna Mana. Tu veux peut-être revenir dans ta classe et reprendre les cours ? Après tout, ça doit faire quelques heures depuis ton départ, non ?

Yûgi se souvint soudainement qu'Anzu, Jôno-Uchi et Honda devaient être inquiets pour lui, puisqu'il était parti sans leur dire où il allait. De plus, la pause ne durait que cinq minutes, et cela faisait plus de deux heures que le garçon s'était éclipsé. Et il connaissait parfaitement comment réagiraient ses amis s'il disparaissait. Il ne voulait absolument pas affronter les réprimandes d'Anzu ou les crises d'hystérie de Jôno-Uchi et de Honda.

- Ah oui ! C'est vrai ! s'écria Yûgi. Il faut vraiment que j'y aille ! Mes amis m'attendent !

- Vas-y, alors, rit Mana. Si tu as besoin de quelque chose, où si tu veux remettre de la pommade ou de la glace, viens au club de révisions. De préférence en fin des cours je t'accueillerai les bras ouverts !

Yûgi se leva brutalement de sa chaise, l'envoyant valser vers l'arrière dans un bruit sourd. Puis, il se mit face à Mana qui se relevait, et il s'inclina plusieurs fois devant elle.

- Merci, merci, merci ! Merci pour tout, Mana !

- Mais de rien, gloussa la jeune fille aux yeux verts. Je t'aime bien, toi. Reviens quand tu veux au club !

A ces mots, Yûgi sortit de la salle de club à reculons en ne cessant de se prosterner devant la brunette, et il fila en courant dans le couloir du 3ème étage. Il claqua la porte derrière lui, et traversa le corridor en martelant le sol de ses pieds. Il passa devant plusieurs salles de classe, essentiellement de 3ème année, et puis il ralentit sa course lorsqu'il approcha le bureau du Président Bakura. Il y avait toujours cette sinistre plaque accrochée à la porte : « Bureau du Président du conseil des élèves ». Heureusement, Bakura ne semblait pas être là. Yûgi réprima un frisson et dépassa le bureau pour s'engouffrer dans les énormes escaliers de pierre.


Yûgi finit par arriver devant la classe des première année B, où Jôno-Uchi était accoudé contre la porte coulissante. Le grand blond l'aperçut enfin, ses yeux s'écarquillant jusqu'à sortir de leurs orbites, et sa bouche s'ouvrant béatement. Il pointa son doigt en direction de Yûgi et répéta bêtement :

- Yûg'… Yug'… C'est Yûgi ! Il est là !

Honda, assis par terre derrière Jôno-Uchi, lui donna un coup de coude dans le tibia en grognant de sa voix grave :

- Pff… Encore une crise de délire, Jôno ? Ferme-la un peu, ta voix me saoule.

- Non, non ! insista Jôno-Uchi d'une voix déraillée. Il est vraiment là ! Pour de vrai !

Honda soupira et daigna se pencher en avant pour voir si son ami disait la vérité. Il constata avec surprise et choc la svelte et frêle silhouette de Yûgi. Il se leva instantanément et se précipita vers le plus petit avant de lui empoigner les épaules et de le secouer comme on secouerait un pommier.

- Yûgi ?! C'est bien toi ? postillonna Honda.

- Oui ! C'est bel et bien l'authentique Yûgi ! clama Jôno-Uchi d'une voix forte.

- Lâ… Lâchez moi, geignit Yûgi en manquant de s'étouffer.

Les deux adolescents baraqués relâchèrent leur étreinte, et le brun à la coupe en brosse épousseta Yûgi d'une main distraite.

- Ça va, mon vieux ? l'interrogea Jôno-Uchi. Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Où t'étais ? Qu'est-ce que t'as à la mâchoire ?

- Au lieu de le bassiner de questions, rends-toi utile et va chercher Anzu ! vociféra Honda.

- J'y cours ! J'y cours !

Quelques instants plus tard, Jôno-Uchi revint, plus essoufflé que jamais, avec Anzu à ses talons. Cette dernière poussa un petit cri en voyant Yûgi et plaqua ses deux mains sur sa bouche pour tenter d'étouffer le son. Elle s'approcha du garçon aux cheveux tricolores en le scrutant de ses yeux bleus. Après un moment d'hésitation, elle l'enlaça tendrement.

- Yûgi ! couina la jeune fille. Mais où étais-tu passé ? Cela faisait presque trois heures que l'on te cherchait !

- J'ai eu… un petit problème, sourit Yûgi, désolé.

Anzu tourna la tête du garçon d'une main surprotectrice et constata la présence d'un bleu sur sa mâchoire. Ses sourcils se froncèrent sous son épaisse frange brune.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? gronda-t-elle d'un ton autoritaire. Yûgi… Réponds-nous honnêtement !

Yûgi parut embarrassé, ses joues se teintèrent d'une légère couche de rouge et il regarda nerveusement ses doigts et ses pieds. Il chercha comment expliquer à ses amis sa mésaventure de ce matin.

- Eh bien… commença-t-il d'une voix peu assurée. Ce matin, je me suis promené dans les couloirs du 3ème étage…

- Et ensuite ? Et ensuite ? s'impatienta Jôno-Uchi qui était pendu aux lèvres de Yûgi. Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ?

- Il paraît qu'il y a le bureau du Président du conseil des élèves au 3ème étage, non ? demanda Honda en coupant la parole au grand blond. Tu l'as vu ? Le Président était là ? Et Ushio, son garde du corps personnel ?

- Stop les garçons ! s'énerva Anzu. Taisez-vous et laissez Yûgi parler ! On t'écoute, Yûgi.

Yûgi se sentait reconnaissant envers Anzu d'avoir intimé le silence à ses deux autres amis plus turbulents, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir vexé du fait que ce soit elle qui le protège et le couve comme le ferait une mère. Il voulait être son égal, pas son « enfant ».

- C'est bon, Anzu, grommela Yûgi. Je disais… que j'étais au 3ème étage du lycée et que… un groupe de 3ème année…

- …oui ? l'encouragea Anzu d'une voix étranglée.

Dire la vérité ou mentir ? Voilà le dilemme qui se présentait à Yûgi en ce moment même. D'un côté, il voulait raconter avec exactitude ce qu'il lui était arrivé pour recevoir le soutien de ses trois amis et se soulager d'un poids qui lui pesait sur ses épaules. Mais, les raisons pour lesquelles Yûgi ne pouvait pas se permettre de dévoiler la vérité étaient elles aussi nombreuses et avaient plus de valeur aux yeux de l'adolescent il ne voulait pas de l'aide de ses compagnons, car, dans le groupe, il était toujours la personne en détresse que l'on devait protéger. La personne faible et dépendante des autres. Il ne voulait pas qu'on le voit comme un petit garçon à défendre et à secourir face au moindre petit problème. Il voulait juste être un homme, un vrai. Qu'on le prenne au sérieux, qu'on le traite en égal, qu'on le craigne même. Il ne voulait plus être cette image caricaturale du « Yûgi ». Il n'avait plus 5 ans. Il allait très bientôt en avoir 16. Il était temps de prendre sa vie en main et de savoir s'en sortir sans ses amis.

- Un groupe de 3ème année m'a enfermé sur le toit du lycée. Ils voulaient juste rigoler un peu, mais ils ont mis du temps à m'ouvrir.

- Et cette blessure au visage, ajouta Jôno-Uchi, suspicieux. Tu nous expliques d'où elle vient, hein ?

- J'ai glissé et je me suis cogné. Il pleuvait dehors, voilà tout.

Aucun bégaiement de la part de Yûgi. Il venait de raconter sa courte histoire d'une traite et d'une voix assurée et presque nonchalante. Ce comportement ne lui ressemblait pas et cela étonna Anzu, Honda et Jôno-Uchi qui n'avaient pas l'habitude de voir leur ami aussi confiant et désintéressé. La surprise passée, Anzu adressa un petit sourire à Yûgi.

- D'accord, Yûgi. Juste, fais plus attention la prochaine fois. En ce moment, les lycéens sont plutôt agités. Il vaut mieux que l'on reste en groupe et, comme ça, il ne nous arrivera rien de fâcheux.

Yûgi ne laissa rien paraître de ses émotions à cet instant précis, mais en ce moment même, il bouillait de l'intérieur et serrait les dents aussi fort que possible. Pourquoi Anzu s'obstinait-elle à lui donner des conseils, à le protéger, et à l'avertir, comme s'il n'était capable de rien ? Cela faisait plus de dix ans que Yûgi côtoyait la brune aux yeux bleus, mais, depuis quelques temps, il ne supportait plus ses manières maternelles et envahissantes. Il ne voulait pas de ce genre de relation avec la jeune fille. Mais quel genre de relation voulait-t-il dans ce cas ?

- Oublions cette histoire ! déclara Jôno-Uchi d'un ton solennel. Et mangeons ! Vu qu'on a passé tout le midi à chercher Yûgi – qui était en fait coincé sur le toit du lycée – je n'ai pas pu me remplir la panse correctement et j'ai eu la dalle toute la matinée.

- Très bonne idée ! renchérit Honda. En plus j'ai ramené de la bonne bouffe aujourd'hui et je n'ai pensé qu'à ça depuis que je suis venu au lycée ce matin !

Pendant qu'Anzu roulait des yeux face à l'attitude désespérante des deux adolescents, Yûgi perdit toute son assurance et bredouilla d'une petite voix :

- En fait… Je n'ai plus mon bento…

- Quoi ?! Comment ça ? s'égosilla Jôno-Uchi en s'étouffant avec sa propre salive.

- Où est ton bento ? demanda Anzu d'une voix calme et en ne faisant pas attention au blond aux yeux marrons.

- Je… balbutia Yûgi. J'ai dû l'oublier quelque part.

Anzu n'était pas dupe, elle savait que le garçon à la chevelure tricolore ne disait pas la vérité toute entière. Mais Honda et Jôno-Uchi, eux, se contentaient de plaindre et de compatir avec leur ami.

- Ouais, ne t'inquiètes pas, fit Honda en assénant une tape virile dans le dos de Yûgi. Ça m'est déjà arrivé plusieurs fois de perdre mon bento mais heureusement qu'il y avait toujours Jôno pour partager, n'est-ce pas Jôno ? Hein que tu vas partager ton repas avec Yûgi ?

- Bien sûr, ronchonna Jôno-Uchi en fusillant du regard le brun baraqué. Et toi aussi tu vas partager et donner un bout, pas vrai ? Tous les sacrifices sont bons pour Yûg' !

Finalement, les quatre camarades mangèrent hâtivement dans le couloir, entre deux cours. Anzu, Honda et Jôno-Uchi avaient tous fini par partager un peu de leurs déjeuners à Yûgi, qui se sentait gêné d'être, une fois de plus, assisté et aidé par ses amis. Il en vint même à se demander si un jour il pourrait reprendre son indépendance et s'il pourrait apprendre à ne plus vivre comme un parasite.


Il était à présent 17h30 et la vieille cloche rouillée du lycée Kul Elna annonçait la fin des cours. Toutes les portes des salles de classe du 2ème étage s'ouvrirent presque instantanément et des flots d'élèves en sortirent pour se retrouver dans le couloir. Malgré le nombre de personnes qu'il y avait dans le corridor, un étrange malaise et un silence incongru planaient dans l'atmosphère. La foule d'adolescents se dirigeait à un pas modéré vers les escaliers de pierre d'un mouvement presque mécanique. On aurait pu comparer ces individus à une horde de zombis ou de chiens dociles. On n'entendait dans l'air que des voix basses, des grognements et le claquement singulier des semelles de chaussure sur le sol froid.

Jôno-Uchi se sentait particulièrement gêné face à cette vision tout droit sortie d'un film d'horreur.

- Venez, on se tire le plus vite possible, frissonna-t-il. Voir tous ces gens louches rassemblés en un même endroit ça me fout la trouille.

- D'façon on n'avait pas l'intention de traîner ici, grommela Honda.

- Restons groupés, conseilla Anzu d'une voix ferme. Il y a beaucoup de monde et ils sont tous plus imprévisibles les uns que les autres.

Les 4 amis se dirigèrent à leur tour vers les grands escaliers où circulait un courant d'air glacial. Ils suivirent le mouvement de foule en calant leurs sac-à-dos contre leurs poitrines pour éviter que d'autres élèves ne soient tentés de leur voler quelque chose. Ils firent aussi attention à ne pas se séparer et à ne pas laisser des objets tomber par terre.

Yûgi essayait tant bien que mal de se faufiler entre les adolescents et de rester à proximité d'Anzu, de Honda et de Jôno-Uchi. Mais il avait tendance à se laisser impressionner avec sa petite taille et sa force réduite. Quelques fois, il se faisait bousculer par les sacs des adolescents plus grands que lui ou il se faisait engloutir par la foule se mouvant trop rapidement. Il reçu un coup de coude dans le visage, et cela réveilla sa douleur à la mâchoire.

- Aïe ! couina le garçon aux yeux améthyste.

Il porta pitoyablement sa main à sa mâchoire et tâta le bleu et les quelques blessures qu'il s'était faites ce matin à cause de Nagumo et sa bande. Cela faisait un mal de chien, et il ne put s'empêcher de grimacer. Sa tête tournait dangereusement et il sentait ses pieds céder sous son poids. Anzu remarqua vite l'état de faiblesse dans lequel Yûgi était.

- Yûgi ! cria-t-elle d'une voix noyée parmi les bruits des autres élèves. Tu n'as pas l'air d'aller bien, attrape ma main.

Yûgi, en voyant la main fine et blanche d'Anzu se tendre vers lui, rougit furieusement et se mit à bégayer piteusement. Malgré la douleur et l'environnement plus qu'étouffant, il sentit une douce chaleur se créer au creux de son ventre. Son cœur cognait fort dans sa cage thoracique, et ses doigts tremblaient imperceptiblement. Que lui arrivait-il ? Pourquoi Anzu le mettait-il dans cet état-là ? Il refusa catégoriquement toute réponse qui se présentait à lui dans sa tête. Pourquoi aurait-il ce genre de sentiment pour Anzu maintenant ? Cela faisait 10 ans qu'ils se connaissaient pourtant. Alors pourquoi ? Pourquoi maintenant ?

Yûgi prit soudainement peur de ce qui lui arrivait. C'était bien trop nouveau, donc trop étrange et bizarre. Et que ce passerait-il, après qu'il aurait saisi la main d'Anzu ? La vie continuerait-elle comme avant, comme les autres jours, comme les 10 années de leur vie qu'ils ont passées en tant qu'amis proches ? Yûgi ne voulait pas le savoir, il avait toujours eu peur du nouveau, du changement et du futur. De plus, attraper cette main si douce et si attirante le condamnerait à rester dépendant de ses compagnons à jamais. Il devait se débarrasser de cette manie de toujours chercher de l'aide vers eux. Il pouvait se débrouiller et survivre seul, uniquement lorsqu'il aura cessé de compter sur ses amis. C'était le seul moyen de retrouver sa fierté, une fierté qui n'aurait, au final, jamais existé. C'était le moment de prendre une décision. Continuer à suivre Anzu, Honda et Jôno-Uchi comme le ferait un pauvre chien errant réclamant à manger, ou se libérer de ses chaînes et prendre sa vie en main, aller là où il voulait, quand il voulait ?

Malgré les insurmontables difficultés et les nombreuses hésitations qu'il avait dû faire face, Yûgi avait fait son choix. Toute trace de rougeur disparut de ses joues et il chassa la main d'Anzu d'un geste presque dédaigneux. La jeune fille écarquilla les yeux, surprise.

- Je n'ai pas besoin de ton aide, déclara simplement Yûgi en fuyant le regard de la brune.

- Mais… Yûgi !

- J'ai dit que je n'avais pas besoin d'aide, ni de la tienne, ni de celle de Jôno-Uchi ou de Honda.

Son ton était sec et ne lui ressemblait pas. Yûgi continua d'avancer la tête baissée et les larmes aux yeux mais le pas déterminé. Il voulait se libérer de l'emprise qu'avaient ses amis sur lui. Et pour cela, il fallait qu'il sache lui-même où aller, sans que ses trois compagnons n'influencent son choix.

Anzu ramena sa main contre sa poitrine en ne cessant d'avoir le regard vrillé sur Yûgi. Depuis quelques temps, elle avait remarqué que son plus vieil ami avait changé, qu'il était plus distant avec elle, et que, parfois, ses mots la blessaient terriblement. Pourtant, rien n'avait changé dans leur relation depuis 10 ans. Rien du tout. Alors pourquoi il agissait comme ça ? Ou alors… Etait-ce parce que Yûgi avait grandi depuis ?

Yûgi se massa rapidement la mâchoire et, toujours sans contact visuel avec la brune aux yeux bleus, il lui souffla d'une voix brisée :

- J'ai quelque chose à faire. Ne m'attendez pas.

Yûgi fit brutalement volte-face et se dirigea vers les escaliers menant au 3ème étage, affrontant le flot des élèves à contresens. Anzu s'arrêta, le regardant gravir les marches en évitant de heurter d'autres étudiants, et il disparut de sa vue. Le regard vide, la jeune fille descendit jusqu'à se retrouver à l'extérieur, juste devant le lycée, près du panneau « Lycée Kul Elna » ou elle se figea. Jôno-Uchi et Honda arrivèrent quelques instants plus tard, se séparant de la foule de personnes.

- Ah bah vous étiez là ! soupira Jôno-Uchi, las.

- On vous a perdu dans les escaliers, il y a tellement de monde, se plaignit Honda.

Pas de réponse de la part d'Anzu. Son regard partait au loin et sa bouche restait entrouverte.

- Euh… Anzu ? l'interrogea Honda. Ça va ?

- Et où est Yûgi ?! Il n'est pas avec toi ? paniqua le grand blond.

- Non. Il est parti, lâcha Anzu.

Les deux garçons se regardèrent, interloqués.

- Comment ça « il est parti » ? s'étonna Honda.

- Il n'a pas voulu venir avec moi et il est monté au 3ème étage. Il a dit qu'il avait quelque chose à faire et que ce n'était pas la peine de l'attendre, récita Anzu d'une voix vide.

Jôno-Uchi, d'un air suspicieux, murmura à Honda :

- Ça alors ! C'est bien de Yûgi dont elle parle ?

- Tu crois qu'il a quelque chose à nous cacher ? demanda le grand brun à la coupe en brosse.

- Mmhh… réfléchit le blond aux yeux noisette. Il a disparu plein de fois aujourd'hui, et il se comporte depuis quelques temps comme un homme, un vrai. Ça ne peut que vouloir dire une chose…

- … Non, tu crois vraiment ?

Jôno-Uchi hocha solennellement la tête en fermant les yeux, et de son air faussement savant il déclara :

- D'après mes spéculations… Yûgi s'est trouvé une petite copine !


Yûgi remontait les grands escaliers du 3ème étage. Il se força à remonter la tête et à regarder ce qu'il se passait devant lui pour ne pas se télescoper avec d'autres étudiants. Il écarta de justesse plusieurs adolescents ivres et shootés qui chancelaient dans les marches. Enfin, après d'interminables minutes, il atteignit le 3ème étage, où il ne restait à présent que très peu d'élèves. Un calme effrayant animait les sombres couloirs du dernier étage, et des silhouettes se mouvaient sans bruit dans la pénombre. Yûgi hésita un instant. Avait-il bien fait de venir ici pour rejoindre Mana au club de révision pour reprendre de la pommade et pour profiter de sa compagnie ? Et si elle n'était pas là ? Et s'il rencontrait des personnes malveillantes ?

Un troisième année au teint verdâtre, qui venait d'avaler frénétiquement des comprimés douteux venant d'une boite où il était inscrit « Sweet Dreams », s'approcha du garçon aux cheveux tricolores en titubant.

- Tu t'es perdu, petit ? Tu veux que j't'aides peut-être ?

- Non… Non merci… bredouilla Yûgi en tremblant de tous ses membres.

- Tu cherches quelque chose ? Quelqu'un ?

- …oui… une certaine Mana…

Les yeux du troisième année s'agrandirent à la mention de ce nom. Il ricana :

- Mana ? C'est bien la petite brune aux yeux verts en deuxième année ? Elle est vraiment bonne cette meuf, j'me demande si je ne devrais pas me la taper un de ces jours.

Yûgi eut un mouvement de recul, offusqué et choqué.

- Je dois y aller…

- Attends deux secondes, petit. D'où tu la connais cette chaudasse ? Tu fais toi aussi partie de son club chelou ?

Le garçon aux yeux améthyste déglutit difficilement et peina à prononcer cette phrase :

- Justement, j'y vais là…

- Quoi ? Tu vas au club des demeurés ? Eh ! Nagumo ! Nagumo ! Y'a un petit con qui va au club de révisions !

Yûgi sentit son sang ne faire qu'un tour avant de se glacer. Nagumo. Ce prénom, il ne le connaissait que trop bien. Dans un groupe de lycéens plus loin, un adolescent aux longs cheveux teints à la couleur du curry se retourna rapidement. Il arborait toujours le même sourire narquois, les mêmes sourcils triangulaires, le même nez porcin et le même débardeur violet. Rien n'avait changé depuis ce matin, quand il avait frappé Yûgi.

Nagumo se déplaça lentement vers le garçon aux cheveux tricolores, un joint aux lèvres, et il le reconnut immédiatement.

- Tiens, tiens… Te voilà encore, tête de hérisson ? Tu viens peut-être me rendre l'argent que tu ne m'as pas donné ce matin ?

Yûgi resta statufié, ne pouvant rien faire face à son bourreau. Ses muscles s'étaient figés, et ses jambes semblaient être enracinées au sol. Des gouttes de sueur coulaient abondamment dans son dos, et de violents frissons lui secouaient la colonne vertébrale. Tout allait encore recommencer…

- Dis-donc, tu n'es vraiment pas bavard toi, se moqua Nagumo. Au fait, ton bento était délicieux. Ta mère a l'air de bien cuisiner, j'irai bien lui rendre une petite visite personnelle.

Des ricanements se firent entendre du côté des adolescents qui se trouvaient plus loin derrière Nagumo. Ce dernier semblait avoir un humour douteux, et qui ne faisait visiblement pas rire Yûgi du tout. L'adolescent aux longs cheveux s'arrêta à un pas de lui, et Yûgi pouvait sentir son haleine acide d'ici.

- Je ne t'avais pas dit que la prochaine fois que je te reverrai, je te ferai ta fête ? A moins que tu n'aies apporté de l'argent. D'ailleurs, c'est gentil de t'être déplacé jusqu'ici. Il ne fallait pas.

Nagumo cracha juste devant les chaussures de Yûgi avant de reprendre de sa voix grinçante :

- Depuis quand tu fais partie du club de révisions ? Et depuis quand ils recrutent des ratés comme toi ? Tu leur faisais tellement pitié qu'ils ont dû t'accepter comme membre ?

Yûgi ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Sa faculté de parler avait tout simplement disparu, cédant à la terreur et à la crainte. Il sentait que toute cette histoire n'allait pas bien finir, et qu'il aurait pire que ce que Nagumo lui avait infligé sur le toit du lycée. Bien pire qu'un pauvre coup de poing. La respiration du garçon se bloqua dans sa gorge, et ses entrailles semblaient se comprimer à l'extrême.

- On dirait que tu vas te pisser dessus, sérieux, railla Nagumo. Bon, où est mon argent ? Et grouille-t-toi, j'n'aime pas qu'on me fasse attendre.

Yûgi ne répondit toujours pas, paralysé par la peur.

- Putain, grogna Nagumo. Ça commence à me faire chier. Tu vas prendre cher sale pédé !

Et d'une main, l'adolescent aux longs cheveux couleur curry empoigna violemment le col de l'uniforme de Yûgi et le souleva sans peine. Ses camarades, postés derrière et autour de lui, poussèrent des exclamations de joie et des encouragements. Il y avait même certains qui pariaient entre eux de la came ou des pièces. L'excitation était à son comble face à ce combat imminent. Chacun se préparaient à contempler un morveux de première année se faire massacrer par un de leurs camarades de classe. Ce genre de distraction était courant pour eux.

Nagumo souleva encore plus haut Yûgi et haussa le ton pour se faire entendre à travers ce brouhaha montant en intensité.

- Qui veut me voir lui foutre une bonne raclée ? hurla-t-il à la foule qui s'était formée.

- Nous ! beuglèrent les étudiants en délire.

- Et on le tape chacun notre tour, après ! braillèrent d'autres adolescents baraqués débordant de testostérone.

Yûgi prit brutalement conscience qu'il allait peut-être avoir des blessures et des séquelles irréversibles, qui pourraient le handicaper à vie, ou pire, le tuer. Il fallait qu'il se passe quelque chose, tout de suite et maintenant. Que quelqu'un lui vienne en aide. Mais qui ? Il avait pourtant fait le choix de ne plus jamais réclamer l'aide d'Anzu, de Honda et de Jôno-Uchi. Pourquoi y pensait-il maintenant ?

Il fallait qu'il se défende lui-même, mais comment ? Jamais de sa vie il n'avait pu expérimenter une telle chose. Comment se battre et se défendre quand personne ne lui avait appris à le faire ?

Pitoyablement, il se débattit et tenta de se défaire de la poigne de fer de Nagumo. Il lui balança même quelques coups de pied que l'agresseur parvint à éviter avec agilité et aisance. Ce geste désespéré ne fit qu'augmenter les ricanements incessants de la foule enflammée et d'agrandir l'affreux sourire aux dents pointues de Nagumo. Le garçon aux yeux améthyste retenait de toutes ses forces les larmes qui menaçaient de couler de ses yeux, et continua de se défendre tant bien que mal. Mais il sut que la partie était terminée quand Nagumo sortit un couteau de la ceinture de son pantalon. La lame reflétait la lumière éblouissante des ampoules accrochées au plafond, et aveuglait Yûgi. Tout était fini quand Nagumo amorça le premier geste pour planter son canif dans le foie du garçon.

Quand soudain, un corps dans la foule heurta violemment le mur d'à côté, et un autre s'effondra au sol dans un bruit sourd. Le silence retomba, plus lourd que jamais. Il n'eut plus aucun bruit. Tout le monde avait cessé de faire un geste, y compris Nagumo qui se figea et qui perdit immédiatement son sourire. L'atmosphère sembla se glacer en l'espace d'une seconde, et un malaise insoutenable se créa. Yûgi sentit la prise de son agresseur se défaire, et il se retrouva bientôt au sol, sur les fesses. Nagumo lança un regard apeuré en direction de la foule glacée et le temps sembla s'immobiliser à ce moment précis.

Une silhouette dominait toutes les autres, et ces dernières s'écartèrent à son passage, ne voulant pas finir comme les deux gisants inconscients contre le sol. Une autre personne suivait de près ce mystérieux interrupteur. Tout le monde commença à reculer petit à petit et certains quittèrent même le couloir. Le silence était pesant et plus un souffle ne se faisait entendre.

Yûgi osa lever les yeux vers cet inconnu qui avait abattu en un instant toute l'ambiance créée par les voyous de troisième année. Il hoqueta de surprise à son tour.

C'était un jeune homme de 18 ans peut-être, grand, mince et élancé, avec une allure élégante mais l'air robuste et résistant. Tout son être suintait le charisme. On pouvait percevoir une fine et gracieuse musculature sous son t-shirt noir rentré dans son pantalon tout aussi sombre. Ses épaules, assez larges, étaient proportionnelles à ses longues jambes distinguées, et de belles chaussures cirées étaient à ses pieds. Une veste noire, et non bleue comme celle de l'uniforme du lycée, recouvrait son dos à la manière d'une cape, rendant sa silhouette magistrale et imposante. Ses mains étaient rentrées dans les poches de son pantalon et il avançait vers Nagumo d'une démarche nonchalante et décontractée. Il n'y avait aucun doute que ses vêtements cachaient un corps sculpté à la perfection.

- Yami… grogna Nagumo en tentant de reprendre le peu d'assurance qui lui restait.

Yûgi observa sans voix le dénommé Yami. Alors c'était lui, le Yami dont Mana ne cessait de faire l'éloge quelques heures plus tôt ? C'était lui qui avait fondé le club ? C'était lui qui osait tenir tête au Président Bakura ? Le garçon contempla plus longuement sa tête avec une curiosité intarissable.

Le jeune homme avait un visage harmonieux et plus qu'agréable à regarder, mais un air extrêmement sérieux ne semblait jamais vouloir le quitter. Ses traits étaient durs, masculins, et le trait de sa mâchoire était acéré mais soigné. Sa peau était très claire, blanche, mais pas laiteuse. Il avait un nez fin un peu retroussé, des pommettes à l'allure aristocratique et des joues légèrement creuses, mais élégantes. Ses lèvres étaient rosées et minces. Il possédait de magnifiques yeux noirs teinté d'un pourpre distingué aux reflets rouge sang. Les cils qui entouraient ces incroyables iris sanglantes étaient assez longs et donnaient à son regard une touche ténébreuse et mystérieuse. Les sourcils, plus haut, semblaient avoir été taillés par un sculpteur et étaient exagérément froncés sur ses yeux. Sa chevelure était singulière et peu d'habitants de Kul Elna la possédait, pourtant elle était plus que magnifique ses cheveux étaient noir corbeau, aux multiples reflets d'argent, et étaient plaqués en arrière tout en formant des épis et des irrégularités qui rendaient l'ensemble excessivement séduisant et beau.

De toute sa vie, Yûgi n'avait presque jamais eu l'occasion d'observer un spécimen d'une telle beauté et d'un tel charme, très rare à Kul Elna où la majorité des habitants étaient ravagés par les effets de la SD. Il était littéralement fasciné par Yami ce noble individu possédait une prestance et une grâce incomparables, sa présence s'imposait naturellement et il devait être le genre de personne à se faire respecter par tout le monde. Une aura sombre et autoritaire émanait du plus profond de son être, et Yûgi paria que Yami pouvait mettre à genoux n'importe qui uniquement en le vrillant de son regard profond, hypnotiseur et terriblement glaçant et impitoyable. Il semblait froid, distant, extrêmement intimidant et il ne semblait pas avoir une seule once de pitié en lui. Ses yeux ardents et brûlants comme la braise et la lave laissaient entrevoir une personnalité inflexible, cruelle, insensible et incorruptible. Mais son visage, à l'air stoïque et impassible, ne permettait pas de percevoir un seul de ses sentiments ou pensées, s'il en avait. Il était comme irréel, inaccessible, impénétrable et on eut cru qu'il eût été fait de glace et de roche.

Yûgi resta béat d'admiration devant cet incroyable stéréotype d'un jeune roi impérieux et incarnant la perfection.

- Encore en train de te donner en spectacle, Nagumo ? railla Yami de sa voix grave et narquoise. Après tout, je n'en attendais pas moins d'une bête de foire comme toi.

- Yami, grinça Nagumo le teint livide. Occupe-t-toi de tes affaires et tout ira mieux pour tout le monde.

- Commence par me regarder dans les yeux et ensuite tu pourras te permettre de me donner des ordres.

Yûgi ne croyait pas la scène qui se déroulait tout juste devant lui tellement que c'était irréaliste et impensable. La foule de curieux s'était en partie dissipée, et seul demeurait au centre de l'attention Nagumo qui rentrait sa tête entre ses épaules, soumis et courbant l'échine face à l'aura menaçante et impitoyable de Yami. Oui, ce dernier était très intimidant, et semblait capable de faire se prosterner n'importe lequel de ses adversaires à ses pieds. Même les professeurs, et tous les adultes que Yûgi connaissait – en comptant son grand-père parmi eux – ne possédaient cette grâce, cette grandeur et, surtout, cette froideur. Yami avait un inéluctable charme envoûteur et manipulateur, et, pas de doutes, il devait tenir sous sa coupe toutes les personnes ayant succombé à sa prestance royale et majestueuse.

- Et qu'est-ce que t'as fait à mes potes ?! aboya Nagumo en désignant du doigt les deux corps allongés au sol.

- La même chose qui va t'arriver si tu ne dégages pas d'ici. Maintenant, menaça Yami avec suffisance et agacement.

Nagumo fulminait de rage en serrant ses dents et ses poings. Au combat rapproché, malgré sa grande habilité, il n'était pas de taille face à Yami qui avait plus de force et plus de technique, et qui avait visiblement assommé deux autres étudiants. De plus, en regardant par-dessus son épaule, il vit Mahad posté droit derrière Yami, telle une ombre. Comme un vulgaire chien veillant sur son maître.

- Pff ! cracha Nagumo. Tu n'es même pas capable de m'attaquer seul ! Tu es obligé de venir avec ton chienchien Mahad pour te sentir rassuré, hein !

- Regarde-toi avant de parler, pédophile, rétorqua le ténébreux aux yeux carmin. Il faut être de la pire espèce pour s'en prendre à un gamin sans défenses.

Nagumo renifla dédaigneusement et se dirigea enfin vers les escaliers, accompagné par quelques-uns de ses larbins. Il ne supportait pas la défaite, mais il devait l'admettre il craignait Yami et il ne pouvait se résoudre à l'affronter. C'était comme se jeter dans la gueule du loup. Ce mec n'attendait que ça, car il savait très bien qu'il serait le vainqueur, qu'il l'emporterait et qu'il l'humilierait. Nagumo en vint même à se demander si ce type était humain : après tout, qui pouvait autant séduire et autant effrayer à la fois ?

- Enfoiré, marmonna Nagumo. A notre prochain affrontement, je serais en position de force tu verras.

- Chien qui aboie ne mord pas, répliqua Yami d'une voix glaciale.

Nagumo et le reste de sa bande disparurent à ces mots. Il ne resta plus grand monde dans le couloir du 3ème étage, si ce n'était Yûgi, Yami et la troisième personne qui le suivait. Apparemment, cette dernière s'appelait Mahad il était à peine plus grand que Yami, il avait de longs cheveux violets raides, et un regard blasé, vide, terne et inexpressif. Sa carrure était impressionnante aussi, et ses bras étaient très musclés. Mais il ne possédait pas cette grâce ni cette élégance qui semblaient être réservées à Yami.

D'ailleurs, Yami observait Yûgi, qui était toujours piteusement assis par terre. Ce dernier croisa son regard qui le pétrifia : les prunelles rouge vif de Yami le brûlèrent instantanément, et mille flammes semblaient danser, coincées à l'intérieur de ces iris de sang. Ses yeux carmin semblaient l'avoir emprisonné, et, tellement ils étaient vifs, on aurait pu les comparer aux profondeurs abyssales et bouillonnantes de l'enfer. C'en était trop pour Yûgi il ne pouvait soutenir une seconde de plus ce regard ardent et flamboyant, le parfait inverse du comportement de son propriétaire qui, lui, était froid, gelé et distant.

- Tu t'es fait mal ? demanda Yami, brisant le silence de sa voix grave et impénétrable.

Yûgi mit du temps à réaliser que cet être fascinant et mystérieux s'adressait à lui. Il eut un sursaut avant de répondre précipitamment, et d'un air profondément stupide :

- Oui... euh je veux dire non ! Non… je ne me suis pas fait mal !

Il y eut un court moment où Yami ne dit rien et où Yûgi trouva soudainement ses pieds très intéressants à regarder. Puis, le grand brun aux yeux de sang acheva la brève conversation, qui n'avait aucun avenir de toute façon :

- Tant mieux.

Yami se détourna de Yûgi, sans lui proposer de l'aide pour se relever et partit en la compagnie plutôt calme et silencieuse de Mahad. Ils se dirigèrent vers le fond du corridor du 3ème étage, où se trouvait la salle du club de révisions. Yûgi, à cette pensée, sentit son cœur battre plus vite et, à l'aide de ses mains, il se mit debout rapidement et courut dans leur direction. Il se sentait encore tout moite et tout engourdi. Voir une personne aussi charismatique et impressionnante que Yami le sauver des griffes de Nagumo l'avait retourné et bouleversé. Il ne pensait même pas qu'un tel individu existât, si ce n'était dans les livres et dans les films.

Mahad toqua à porte du club de révisions, qui s'ouvrit aussitôt pour laisser place au visage candide et enfantin de Mana qui souriait de toutes ses dents.

- Mahad ! Yami ! Bienvenue !

Les deux garçons lui adressèrent en retour un hochement de tête et pénétrèrent dans la pièce sans ajouter plus de paroles. Yûgi arriva quelques instants plus tard, essoufflé par sa course pour arriver jusqu'au club. Mana l'aperçut juste avant de fermer la porte, qu'elle rouvrit, et sa face s'illumina.

- Yûgi ! s'écria-t-elle. Tu es finalement revenu ! Allez, rentre donc !

Elle traîna Yûgi à l'intérieur de la salle sans lui laisser le temps d'avaler une ou deux bouffées d'air. La brunette aux yeux verts l'installa ensuite sur une des chaises disposées autour d'une grande table.

- C'est l'occasion idéale pour te présenter Yami et Mahad ! s'enthousiasma-t-elle.

Les deux dénommés se retournèrent en même temps et furent surpris de voir Yûgi ici, et en compagnie de Mana. Cette dernière souriait toujours aussi innocemment et avait placé ses mains sur les épaules du garçon aux yeux améthyste.

- Yami et Mahad, ce charmant adolescent ici présent s'appelle Yûgi. Il est en première année. Yûgi, voici Yami, le grand avec les cheveux noirs, et Mahad, avec la longue chevelure violette.

- En… Enchanté de vous connaître… bredouilla Yûgi. Même si on s'est déjà vus il y a euh… peu de temps.

- Allez ! Tu n'as pas à avoir peur d'eux, détends-toi ! le taquina Mana.

Mais Yûgi ne pouvait que sourire d'embarrassement devant les regards scrutateurs des troisième année. Yami s'avança légèrement, et, sans quitter des yeux le garçon aux cheveux tricolores, il demanda à la jeune fille :

- Mana. D'où vous connaissez-vous, tous les deux ?

- Eh bien, rit nerveusement Mana. Yûgi a eu quelques problèmes avec Nagumo et sa bande, alors je l'ai ramené ici et je l'ai soigné… Tout ça s'est passé juste ce matin et…

- C'est inconscient de ta part.

Yami leur tourna le dos et se dirigea vers les fenêtres de la salle sans dire un mot de plus. Etait-il toujours aussi froid avec les autres ? Et surtout avec Mana, une fille très chaleureuse et au grand cœur ? Yûgi resta interdit face à ce comportement glacial et se demanda ce qui avait pu énerver Yami. C'était peut-être tout simplement lui. Après tout, l'intrus, ici, c'était lui.

Mahad, sans exprimer une seule émotion, fit remarquer de sa voix neutre :

- Mana… Tu sais que tu ne dois pas ramener n'importe qui ici. C'est un endroit privé, pas un hôpital public.

- Je sais ! se défendit Mana, les yeux brillants et humides. Mais je ne pouvais pas le laisser tout seul ! J'aime aider les autres… Et puis j'avais besoin de parler à quelqu'un !

- Ton comportement est irresponsable, Mana. Et si c'était un espion de Bakura ? Ou pire, s'il voulait te faire du mal et voler des affaires ?

Mahad soupira et cessa de faire la morale à sa camarade. Elle était si immature pour son âge, et cela la perdrait un jour si elle ne faisait pas plus attention. Il observa du coin de l'œil l'adolescent qui se nommait Yûgi. Il n'était pas très grand, il faisait peut-être la même taille que Mana. Sa silhouette fluette et peu imposante n'arrangeait pas le tout, mais ses inhabituels et volumineux cheveux noirs, bordeaux et blonds compensaient. Ce garçon avait juste l'air inoffensif et innocent, une victime typique de Nagumo. Il ne pouvait pas être de mèche avec des voyous ou Bakura, c'était impensable. Mais Mana avait tout de même commis une erreur en emmenant un inconnu au club de révision. Heureusement qu'elle était tombée sur ce premier année qui ne semblait pas capable de faire du mal à une mouche.

- J'espère que tu ne lui as pas dit trop de choses à notre sujet, ajouta Yami, légèrement agacé.

- Euh… cafouilla Mana. Non, évidemment que je ne lui ai pas tout raconté ! Mais peut-être que… Qu'il pourrait rejoindre et agrandir nos rangs ! Je l'apprécie et il semble vouloir…

- Tch. C'est non, Mana. Tu ne peux pas prendre ce genre de décision sur un coup de tête.

Yûgi se sentait terriblement embarrassé d'être le centre de la conversation sans même y participer. Il n'y avait rien de pire que le sentiment qu'il avait quand des personnes parlaient de lui devant lui, comme s'il n'existait pas. Mais d'un autre côté, il écoutait avec une réelle attention ce que les trois adolescents disaient. Et il se posait des questions. Qu'avait donc le club de révisions de si spécial ? Pourquoi il n'y avait que 5 membres ? Et pourquoi tout le monde se méfiait des étrangers et inconnus ? Ce mystérieux club avait quelque chose à cacher…

Yûgi se remémora la conversation qu'il avait entretenue durant un long moment avec Mana ce matin, lorsqu'elle avait soigné sa blessure à la mâchoire. Apparemment, le club combattait l'ignorance et venait en aide aux gens dépendants de cette fameuse drogue, la Sweet Dreams. Peut-être que les membres jouaient un rôle beaucoup plus important, aux enjeux beaucoup plus élevés. Cela ne pouvait être que cela. Et Yûgi en avait assez d'être le sauvé et non le sauveur. Ce temps était désormais révolu.

En regardant Yami, cet être à la beauté froide et au comportement sec, Yûgi sentit de la hardiesse et de l'adrénaline monter en lui. Il coupa court à l'échange tendu entre l'apollon et la brunette aux yeux émeraude.

- Je veux faire partie du club de révisions.

Silence et surprise. Tous les yeux étaient rivés en sa direction. Malgré sa nature discrète et timide, Yûgi ne fléchit pas sous ces regards et crut sentir une force qu'il ne connaissait pas s'emparer de lui.

- Pardon ? fit Yami, étonné de cette intervention spontanée.

- J'ai dit, répéta Yûgi avec détermination, que je voulais faire partie du club de révisions.

Yami resta un moment stupéfait et interdit. Il sondait de ses yeux rouge obscur le premier année, cherchant à déceler la moindre faille en lui. Mais il devait l'admettre, ce garçon, malgré son physique peu impressionnant, paraissait avoir une volonté de fer, du courage et de l'audace. Quelques minutes auparavant, il se faisait brutaliser par Nagumo, et maintenant il annonce avec résolution et fermeté sa volonté d'intégrer le groupe. Il faisait preuve d'un détachement remarquable et d'une détermination surprenante, des qualités qui avaient de la valeur aux yeux de Yami.

- Dis-moi, Yûgi, lâcha Yami. J'ignore de quoi vous avez parlé avec Mana, ce matin. Mais je suis certain que tu sais que le club de révisions n'est pas un club ordinaire. Tu te crois prêt à t'impliquer dans ses histoires ? Et à avoir ta part de responsabilité ?

- Je… J'ai conscience que ce n'est pas un simple club qui s'occupe de faire des révisions, riposta Yûgi. Mais je suis prêt à endosser toutes mes responsabilités, quelles qu'elles soient. Je veux me rendre utile.

- Te rendre utile, hein ?

Le jeune homme aux cheveux noirs marqua une pause. Aucune émotion ne se lisait sur son visage de glace et de marbre. Mais ce qui était sûr, c'est qu'il réfléchissait et qu'il se montrait réticent à la proposition de Yûgi de joindre le club de révisions. Il n'avait pas besoin d'un mioche faible d'esprit, naïf et manipulable à souhait. Mais si ce premier année se révélait être une aide précieuse ? Le club de révisions avait désespérément besoin de soutien au sein du lycée de Kul Elna. Une personne de plus, bien qu'elle n'ait pas encore fait ses preuves, ne serait pas de trop. Mais ce Yûgi avait l'air trop docile et influençable, il n'aurait sûrement pas assez de force pour affronter la dure réalité de Kul Elna.

- Yami, le supplia Mana. Laisse une chance à Yûgi… Il est motivé et digne de confiance ! De plus, nous manquons d'effectif au club. L'accepter ne présentera presque que des avantages pour nous !

- Nous pouvons peut-être trouver un arrangement, proposa Mahad de sa voix calme. Le garçon deviendra un membre à temps partiel il ne viendra au club que certains jours et il s'occupera des missions peu importantes. Ainsi, nous pourrons savoir ce qu'il vaut vraiment. On décidera ensuite de le garder ou non.

Yûgi ne sut pas s'il devait être vexé ou reconnaissant de la proposition du garçon nommé Mahad. Mais cela le rassura et il se dit qu'il avait une chance d'être accepté au sein du club. Mana, elle, avait repris le sourire, et se tortillait de partout en poussant des exclamations :

- Allez, Yami ! Dis oui ! Dis oui ! Dis oui !

- Ce serait un honneur pour moi, renchérit Yûgi.

Yami soupira, exacerbé, et passa une main à travers ses mèches noires. Peu de choix se présentaient à lui. Ça l'énervait. De toute façon, il n'aurait qu'à virer Yûgi à la moindre petite erreur de sa part. Il espérait que sa décision soit la bonne et qu'il n'aurait pas à la regretter. Même si, au plus profond de son être, il en doutait.

- Soit. Vendredi soir, ici, à la même heure. Et ne sois pas en retard.

Mana laissa échapper un cri de joie et serra Yûgi entre ses bras. Elle se jeta ensuite aux pieds de Yami et le remercia mille fois d'avoir accepté le premier année dans le club, même s'il n'était pas encore un membre à part entière.

Quant à Yûgi, il était lui aussi heureux de pouvoir intégrer le club de révisions. Il pensa brièvement à ce que diraient Anzu, Honda et Jôno-Uchi en apprenant la nouvelle. Quoiqu'ils ne le sauraient probablement pas Yûgi n'avait pas l'intention de leur dire. C'était comme un secret, quelque chose qu'il garderait précieusement pour lui. Cela lui donnait l'impression de faire un pas de plus vers le chemin de l'indépendance et de la liberté. Il n'était pas obligé de raconter sa vie entière à ses amis, n'est-ce pas ?


Lorsque le garçon aux cheveux tricolores mis un pied en dehors du lycée de Kul Elna, ses poumons se remplirent instantanément d'air frais et pur. Il pouvait enfin respirer. Il n'y avait plus de chaîne à son cou pour le retenir. Tout à l'heure, il avait pu goûter à ce sentiment si particulier de puissance et de pouvoir lorsqu'il avait pris la décision de rejoindre le club de révisions. Il était maintenant prêt à assumer ses responsabilités. Si Anzu était là, elle l'aurait sûrement grondé et réprimandé comme le ferait une mère, et elle l'aurait persuadé de ne pas se rendre à ce club dirigé par un quelqu'un d'aussi sinistre que Yami. Mais Anzu n'était pas là. Ni Honda, ni Jôno-Uchi.

Et puis, qu'est-ce qu'ils savaient de ce club ? Rien. Absolument rien. Mais ce n'était pas le cas de Yûgi. S'il avait décidé d'en devenir membre, c'est parce que le courage dont faisait preuve Mana le frappait, la sagesse de Mahad l'impressionnait et le charisme de Yami le fascinait. Mais l'argument le plus valable était le fait que le club de révisions n'était pas un club comme les autres. Loin de là. Il cachait un but plus sombre, des missions à accomplir aux conséquences funestes, des motivations inconnues, aux moyens périlleux et dangereux, et mille autres secrets plus obscurs encore.

Et ça, Yûgi comptait les découvrir. Tous.


A suivre...


Merci à toutes et à tous d'avoir lu jusqu'au bout (enfin je l'espère) ! Alors, qu'en pensez-vous ? L'intrigue de l'histoire commence à se mettre en place doucement et on en sait déjà plus sur ce mystérieux club de révisions. Les 2 premiers chapitres étaient assez riches en descriptions afin de plonger le lecteur dans l'ambiance sombre et morbide de Kul Elna, et j'espère que vous n'avez pas trouvé mon style d'écriture trop barbant et répétitif.

Aussi, encore de nouveaux personnages ! Décidément, nous n'en sommes qu'au deuxième chapitre et il y a déjà une dizaine de personnages ! Je ne veux absolument pas vous perdre parmi tous ces noms et tous ces individus alors dites-moi s'il faut que je ralentisse l'apparition de nouveaux personnages et s'il faut que je fasse un récapitulatif à chaque début de chapitre. Néanmoins, il est plus aisé de retenir les personnages si l'on a vu l'anime ou le manga Yu-Gi-Oh ! Puisque la situation initiale de l'histoire est posée, je ne devrais pas intégrer plus de 5 individus en plus !
Ah oui ! Et dites moi également s'il faut que je fasse un résumé des chapitres !

Sinon, qui est pour des Lime et des Lemon ? Allez les yaoistes, sortez de l'ombre je vous vois ! :P (Les Lemon bien hot risqueront de tarder un peu... Mais pour ce qui en est des Lime... bientôt peut-être... :P)

Sinon, qu'avez-vous pensé de l'apparition de Yami ? Elle était réussie, au moins ? J'espère vraiment que cette scène a eu l'effet escompté, et que le lecteur s'est évanoui en saignant du nez en voyant notre cher Yami lol. Oui, j'ai pris la liberté de modifier un peu son physique car je ne voulais pas qu'il ressemble à Yûgi, nah ! Mais, est-ce qu'elle vous plaît, cette description ? (cheveux noirs plaqués en arrière, yeux rouges et corps bien modelé :P)
Et parlons de son sale petit caractère. J'imagine que Yami, dans Sweet Dreams, est légèrement OOC. Oui, ici, je l'ai fait très froid et très dur avec les autres, impitoyable et un petit peu violent quand même. Dans le manga il est plus doux je trouve. Après, j'espère que cela vous plaît mais je ne pouvais pas me permettre de faire un Yami niais et tout gentillet dans ma fic alors que cette dernière est très très sombre et sinistre ! Pareil pour les autres personnages, je les ai un peu faits à ma sauce pour mieux les intégrer dans mon histoire...

Et Yûgi ? Je compte le faire évoluer au cours des chapitres. J'aime bien son côté torturé, il pense qu'il est dépendant de ses amis, qu'il est leur "ombre" et le petit chien qui les suit derrière, et il souhaite prendre son envol et sa liberté en commençant par intégrer le club de révisions. J'espère de tout mon coeur que vous ne trouverez pas la mentalité de Yûgi lourde et insignifiante. Après, je sais que cela ne peut pas plaire à tout le monde, donc je suis ouverte aux critiques pour savoir ce que vous pensez et vos conseils pour m'améliorer ^^ !

Bon, j'arrête de parler là ! Merci mille fois à vous qui en êtes venus à bout de ce pavé, merci pour votre soutient, merci de lire ma fic, merci pour tout ! Et s'il vous plait... Une petite review...? Cela me ferait tellement plaisir !

On se retrouve au chapitre 3 le plus vite possible ! Tenez-vous au courant en m'envoyant un message ou en mettant ma fic en suivi et faites un tour sur mon profil si je décide de mettre la progression du prochain chapitre ! Merci encore.

Camecriva