Bonjour à tous !

Tout d'abord merci pour vos reviews, parfois pleines d'enthousiasme ! Cela fait chaud au cœur ! Nous sommes le 1er Décembre (avez-vous commencé vos calendriers de l'avent ?) et comme promis, voici la suite du chapitre 1 "L'Enfant Seul" !


Chapitre 1bis : L'Enfant Seul partie 2

Il cacha la lettre et la liste de fournitures dans l'endroit le plus inaccessible de son placard, prit l'enveloppe et son courage à deux mains, et partit trouver son Oncle et sa Tante.

Ils étaient devant la télévision. Lui buvant une bière, elle reprisant des chaussettes. Harry s'approcha et se racla la gorge.

- Qu'est-ce que tu veux, aboya l'Oncle.

- J'ai reçu une lettre de Poudlard qui dit que je suis un sorcier, débita Harry tout de go.

Il y eu un bref silence.

- Pardon ? Demanda l'Oncle Vernon d'une voix blanche.

- J'ai reçu une lettre … reprit Harry en tendant l'enveloppe

- Oui, ça j'ai entendu, le coupa-t-il

Il jeta un œil sur l'enveloppe, et passa du blanc au vert, puis au violet. Reprenant brutalement ses manières habituelles il se remit à crier.

- Tu te fiches de nous, c'est ça ?

- Non Oncle Vernon. De toute façon je savais déjà que j'étais un sorcier.

La Tante Pétunia émit un bruit qui ressemblait à un sanglot terrifié.

- De toute façon, la question d'une soi-disant école de sorcellerie ne se pose pas. Tu iras au collège communal, un point c'est tout.

- Mais, Oncl... tenta Harry

- J'ai dit, un point c'est tout ! Rugit l'Oncle Vernon en devenant rouge pivoine.

Sentant qu'il l'avait poussé trop loin, Harry battit en retraite. Mais la main vigoureuse de l'Oncle Vernon le maintint sur place.

- Tu restes là.

L'Oncle Vernon se leva, et partit en direction du placard. Malheureusement pour lui, il était trop grand et trop gros pour pouvoir atteindre tous les recoins du placard, et il revint bredouille.

- Où as-tu mis la lettre ? Gronda l'Oncle Vernon d'une voix sourde.

Harry savait qu'il allait avoir la correction la plus sévère de sa vie. Mais il se tut.

- Où est-elle ! Hurla l'Oncle en lui postillonnant dessus.

- …

Harry recevait rarement des châtiments corporels. Quand il était plus petit, il recevait des fessées, mais la plupart du temps, ses tuteurs se contentaient de le priver de nourriture, et de l'enfermer dans son placard. Si bien que la gifle qu'il reçut le surprit. La Tante Pétunia sursauta devant la violence du geste, et Harry heurta le sol, sonné. Il resta hébété pendant plusieurs secondes. Du sang coulait de sa lèvre, mais il ne s'en aperçut pas tout de suite.

Il resta là, à fixer son Oncle, étonné par sa soudaine violence. Toute la pièce s'était figée avec lui, les différents protagonistes trop surpris les uns les autres pour faire quoi que ce soit.

- File … placard … pas manger … pas lumière, siffla l'Oncle Vernon après plusieurs secondes de tétanie.

Harry déguerpit sans demander son reste. L'Oncle Vernon enleva l'ampoule du placard et referma le verrou.

La Tante Pétunia décréta qu'elle avait quand même besoin de lui pour les corvées, et la punition prit fin le lendemain. Harry ne reparla plus de Poudlard, acceptant amèrement son sort. Sa lèvre, presque guérie mais encore un peu douloureuse, était un bon souvenir.

La veille de son anniversaire, alors que Harry faisait la vaisselle du dîner, des coups violents ébranlèrent toute la maison.

La Tante Pétunia émit un glapissement de terreur, et Dudley se réfugia derrière le canapé.

De nouveaux coups retentirent. L'Oncle Vernon sortit en trombe de sa chambre avec une carabine. Tremblant, il se posta derrière la porte et demanda d'une voix qu'il aurait voulu ferme.

- Qui est-là ?

Pour toute réponse, la porte s'ouvrit violemment, et un homme apparut. Dire que l'apparition était un homme, c'était peu de chose. Il s'agissait plutôt de trois hommes en largeur, et deux en hauteur. L'apparition avait une barbe hirsute, des cheveux longs qui n'avaient pas dû voir un peigne depuis la fin des années 70, et un accoutrement qui aurait fait envie à n'importe quel SDF. Il portait un long manteau de peau marron sale, et des bottes de cuir maculées de boue.

Quand l'apparition vit le fusil de l'Oncle Vernon, il attrapa le canon de l'arme et le tordit comme s'il s'était agi d'un carambar. L'Oncle Vernon brailla de peur, et s'enfuit vers la cuisine rejoindre sa femme et son fils. L'apparition s'avança dans la maison, en se penchant, et suivit l'Oncle Vernon.

Il entra dans la cuisine, et apercevant Harry, il s'exclama.

- Ah, Harry ! Bon anniversaire un peu en avance !

Il fouilla dans ses poches et en ressortit une boîte un peu écrasée.

- J'ai dû m'asseoir un peu dessus pendant le voyage, mais je suis sûr qu'il est très bon quand même, dit-il d'une voix bourrue.

Harry prit la boîte, l'ouvrit et vit un gâteau qui avait l'air très bon.

Les remerciements se bousculèrent sur la langue de Harry, mais un étrange processus de traitement de l'information fit que quand il ouvrit la bouche, il dit:

- Qui êtes vous ?

- Oh, c'est vrai, je ne me suis même pas présenté. Rubeus Hagrid, Gardien des Clefs et des Lieux à Poudlard. Tu sais déjà ce qu'est Poudlard, n'est-ce pas ?

- La lettre dit que c'est une école de sorcellerie.

Hagrid tiqua.

- Ton Oncle et ta Tante ne t'ont pas expliqué ? Demanda-t-il

- Mon Oncle et ma Tante ont cru que c'était un canular. Mais ce n'est pas une blague, hein, je suis vraiment un sorcier.

- Oui, Harry tu es un sorcier. Et ton Oncle et ta Tante le savait aussi.

Ce fut au tour de Harry de tiquer.

- Ils savaient ? S'étrangla-t-il. Vous saviez ? Demanda-t-il en se tournant vers les Dursley.

- Bien sûr que nous savions ! S'exclama la Tante Pétunia de sa voix perçante. Tu ne pouvait être que comme Lily et son bon à rien de mari. Tout aussi étrange, tout aussi anormal.

- Mes parents aussi étaient des sorciers ? S'étonna Harry. Et vous ne m'avez jamais rien dit ?

- En te prenant avec nous, nous nous étions promis de ne plus rien avoir à faire avec ses bêtises, beugla l'Oncle Vernon.

La colère montait dangereusement, et Harry avait toutes les peines du monde à la contrôler. Il respira profondément pendant quelques secondes, faisant baisser son rythme cardiaque qui s'emballait.

Il décida d'ignorer les Dursley.

- Moi je veux bien aller à Poudlard, mais je n'ai aucune idée de comment me procurer toutes les fournitures qui sont demandées, et de toute façon, je n'ai pas d'argent.

Il y a un endroit à Londres, où on peut acheter tout cela. Cela s'appelle le Chemin de Traverse.

Hagrid se tourna vers les Dursley.

- Je prends Harry avec moi jusqu'à demain soir. Je vous le ramènerai après le dîner. Prends quelques affaires Harry, on s'en va à Londres.

- A cette heure-ci ? S'étonna le garçon.

- Oui, nous allons dormir au Chaudron Baveur. Un pub sorcier. Comme ça, nous aurons toute la journée de demain pour faire les magasins.

Harry se dépêcha de mettre dans son petit sac un pyjama, sa brosse à dents et des affaires de rechange pour le lendemain, puis, sans un au-revoir pour les Dursley, ils partirent.

Ils prirent d'abord le dernier bus qui les emmena jusqu'à la gare, pour prendre le train de banlieue qui les mena jusqu'à Londres.

Harry s'occupa de régler les différents billets grâce à de l'argent que Hagrid lui donna car ce dernier n'y connaissait rien en argent Moldu.

- Mol … quoi ? S'étonna Harry.

- Moldu. C'est comme ça qu'on appelle les personnes non magiques, répondit Hagrid. C'est rentré dans le langage courant.

Enfin, après une balade en métro, où Hagrid fit sensation en occupant deux sièges d'un coup, ils arrivèrent au Chaudron Baveur. Si Hagrid ne le lui avait pas indiqué, Harry serait passé à côté sans même le voir.

Ils entrèrent dans l'établissement pratiquement vide à cette heure. Les murs et le comptoir étaient en bois sombre patiné par l'âge, sûrement, vénérable de l'établissement. L'endroit était obscur, malgré la quantité de bougies et de torches disséminées un peu partout dans la salle principale.

- Hagrid ! S'exclama le barman. Qu'est-ce qui t'amène chez moi à c't'heure-ci ?

- Le sommeil Tom, répondit Hagrid. J'ai besoin de deux chambres. Côte-à-côte si possible.

- Tout de suite, tout de suite.

Ledit Tom fouilla dans un tiroir et sortit deux clefs, pour la chambre 37 et pour la chambre 38.

Le lendemain matin, Hagrid et Harry déjeunèrent du gâteau d'anniversaire de Harry dans la chambre 38, qu'avait occupée le garçon. Puis ils descendirent. La salle paraissait moins sombre grâce à la lumière du jour qui entrait péniblement par des vitres crasseuses. Le pub était déjà bien occupé par une foule de gens qui parurent très étranges à Harry. Presque tout le monde était habillé de robe, à la manière moyenâgeuse, sauf une ou deux personnes dont les vêtements ainsi que le corps et la tête étaient cachés par de longues capes.

Hagrid fut apostrophé par le barman, Tom.

- Je te sers quelque chose Hagrid ? Comme d'habitude ?

- Non, Tom, je suis en mission pour Poudlard. J'emmène le jeune Harry acheter ses affaires pour l'école.

Le regard de Tom tomba sur Harry et la surprise se peignit sur son visage.

- Par Merlin, c'est Harry Potter !

Le niveau sonore du pub chuta brutalement et tous les regards se tournèrent vers le jeune garçon, très surpris de l'attention qu'on lui portait soudainement.

Un homme s'avança vers lui, ôta son chapeau pointu et dit

- Très honoré de faire votre connaissance Monsieur Potter.

Ce fut comme un signal. Toutes les personnes présentes vinrent lui serrer la main, une par une. Harry était perdu, presque apeuré. Il jetait des coups d'œil alarmés vers Hagrid, mais celui-ci avait l'air enchanté.

Un homme tremblant se présenta, mais avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche Hagrid s'exclama.

- Ah, Professeur Quirrell ! Harry je te présente le professeur Quirinus Quirrell. Il sera ton professeur de Défense Contre les Forces du Mal cette année à Poudlard.

- Pas que … que v...vous en aillez...ez b...besoin P...Potter, bégaya le Professeur

- Bien, tonna Hagrid, Harry et moi avons à faire. Merci à tous et à bientôt !

Il poussa Harry vigoureusement vers une porte qui menait sur une petite cour, encombrée de poubelles. Hagrid sortit de sa poche un parapluie rose, qui paraissait ridicule dans sa main et se mit à compter les briques du mur en face de la porte. Harry se demandait ce qu'il pouvait bien trafiquer, quand Hagrid leva son parapluie et tapota une des briques. Les briques se mirent à bouger pour former une arche sous les yeux ébahis de Harry. Derrière le mur se trouvait une rue tout droit sortie d'un roman sur le Moyen-âge.

- Bienvenue sur le Chemin de Traverse Harry ! Fit Hagrid avec emphase.

La rue était assez étroite et une myriade de personnes se bousculaient dans tous les sens. Harry pensa aux premiers jours de soldes chez Harrods qu'il avait pu voir à la télévision. L'endroit était réellement magique. De tout côté il y avait de nouvelles choses à voir, à sentir, à écouter. Des animaux aux allures fantastiques patientaient dans des cages un chaudron d'où s'élevaient de grosses bulles turquoises une démonstration sur balai volant.

Harry ne répondit rien, trop occupé à détailler des yeux le plus de choses possibles. Après quelques instants d'émerveillement, il se tourna vers Hagrid.

- Hagrid, pourquoi tout le monde semblait me connaître dans le pub ? Demanda Harry.

- Tu ne sais pas ? Enfin, j'imagine que tes Moldus n'ont pas dû te raconter grand chose, d'après ce que j'ai vu. Que t'ont-ils raconté à propos de la mort de tes parents ?

- Mes parents sont … enfin, d'après mon Oncle et ma Tante, ils sont morts dans un accident de voiture.

- Un accident de v...

Hagrid inspira et expira fortement.

Après un silence il reprit.

- Je ne sais pas si je suis le mieux placé pour t'en parler. Enfin bon. Il y a une vingtaine d'années, un sorcier a mal tourné. Très mal tourné. Aujourd'hui encore, les gens ont peur de prononcer son nom. Il s'appelait V... euh … Vo...

- Vous pourriez peut-être l'écrire, suggéra Harry pour l'aider.

- Je ne sais pas comment ça s'épelle. Je vais y arriver. Il s'appelait Voldemort.

Hagrid eut un violent frisson.

- M'oblige pas à le répéter, s'il te plaît. Enfin. Tu-Sais-Qui est devenu très puissant. Il commençait à avoir beaucoup de partisans. Mais après qu'il a commencé à tuer des gens, d'autres sorciers se sont levés pour le combattre et l'arrêter.

- Pourquoi il tuait des gens ?

- Je ne sais pas trop. Pour une certaine idéologie peut-être, comme quoi certains sorciers vaudraient mieux que d'autres. Pour le pouvoir sûrement. Enfin bref, tes parents étaient de ceux qui ont voulu l'arrêter. Une nuit, on ne sait pas vraiment pourquoi, Tu-Sais-Qui est venu pour tuer tes parents. Mais quand il a essayé de te tuer toi, il n'a pas réussi. Personne n'a d'explication, mais cette nuit là, le sortilège de magie noire qu'il a envoyé s'est retourné contre lui. Il a disparu, et toi tu as eu une simple cicatrice.

- Volde...

- Ne prononce pas son nom, siffla Hagrid.

- D'accord, d'accord, je veux dire, Vous-Savez-Qui est mort ?

- Certains disent que oui. Je n'y crois pas. Je pense qu'il est là quelque part et qu'il attend son heure. Mais ce qui est sûr, c'est que toi, tout bébé, tu l'as battu. Et tu es célèbre pour cela.

- Je suis célèbre pour quelque chose dont je ne me souviens même pas, conclut Harry d'une voix neutre.

C'était beaucoup d'informations d'un coup dans la même journée pour le jeune garçon, et il resta pensif plusieurs minutes. Il finit par briser le silence.

- Je ne sais toujours pas comment je vais payer tout ce qu'on me demande.

- Je ne t'ai pas répondu hier ? Mille gorgones, j'ai dû oublier. Tes parents avaient un compte en banque.

- Il y a une banque chez les sorciers ?

- Oui, Gringotts, la Banque des Sorciers. Elle est tenue par des Gobelins. Et il n'y a rien de plus vicieux et malin qu'un Gobelin, Harry. Gringotts est sans doute l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne. Après Poudlard, bien sûr. Il faudrait être fou pour cambrioler Gringotts. Ou un Mage Noir.

- Un Mage Noir ?

- Un sorcier qui fait de la magie noire à haut niveau. Le monde de la Sorcellerie est comme le Monde Moldu. Il y a des gens qui font le bien, et d'autres qui font le mal.

Ils avancèrent jusqu'à un haut bâtiment blanc.

- Voilà Gringotts, dit Hagrid.

Sur la porte, Harry put lire sur une plaque de marbre

Entre ici étranger si tel est ton désir

Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,

Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,

De sa cupidité, le prix devra payer.

Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,

D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,

Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,

Le juste châtiment de ta folle hardiesse.

Et de chaque côtés de la porte, deux étranges créatures montaient la garde, en livrée noire.

- Ce sont des Gobelins, Harry, expliqua Hagrid.

Harry se contenta de hocher la tête.

L'intérieur de la Banque fit grande impression sur Harry. Tout y était de marbre et d'or. De lourds chandeliers de cristal étaient suspendus au plafond, lui-même très haut. Une grande allée était bordée de rangées de bureaux surélevés, où travaillaient des Gobelins. L'un d'entre eux semblait compter des diamants gros comme des noisettes. Un autre comptait des pièces d'or qu'il empilait par tas de 19. La marche entre la porte d'entrée et le bout de l'allée lui sembla interminable.

Ils s'arrêtèrent devant le pupitre d'un vieux Gobelin qui notait des chiffres à l'aide d'une plume acérée dans un gros grimoire. Hagrid se racla la gorge, et le Gobelin leva la tête de son livre de compte (ou quoi que ce soit d'autre).

- Monsieur Harry Potter voudrait retirer de l'argent de son compte.

- Monsieur Harry Potter aurait-il sa clef ? Demanda le Gobelin d'une voix de porte rouillée.

Harry se dit que non, il n'avait aucune clef, et que Hagrid se retrouverait bien embêté, quand l'homme sortit une petite clef d'or de sa poche. La clef paraissait minuscule dans sa main, mais dans la main du Gobelin, elle paraissait maintenant très grande. Hagrid sortit également une lettre.

- De la part de Dumbledore, à propos de Vous-Savez-Quoi, dans le coffre 713.

Le Gobelin lut attentivement la lettre.

- Gripsec va vous accompagner, annonça le Gobelin en faisant signe à un autre Gobelin avant de retourner à l'écriture de chiffres.

- Suivez-moi, dit Gripsec en passant devant eux.

Il les fit monter dans un wagon qui ressemblait à un wagon de mine pour transporter le charbon. Sauf que celui-ci était en cuivre étincelant. Gripsec accrocha une lampe et le wagon partit à une vitesse affolante. Les parties visibles du visage de Hagrid tournèrent au vert et Harry se fit la réflexion qu'il ne vaudrait pas lui parler. Ils s'enfoncèrent sous la terre. A un tournant, Harry cru apercevoir une grande créature soufflant du feu.

- Un dragon, parvint à dire Hagrid. J'ai toujours rêvé d'en avoir un.

Il se tut de nouveau, sûrement concentré pour ne pas être malade. Ils finirent par s'arrêter devant le coffre 687. Gripsec les fit descendre du wagonnet, et ouvrit le coffre grâce à la clef d'or. Quand la porte s'ouvrit, Harry resta estomaqué. Des monceaux d'or, d'argent et de bronze l'attendaient, bien cachés sous la terre. Et dire que les Dursley se plaignaient qu'il leur coûtait cher ! Harry prit autant de pièces que sa bourse pouvait en contenir, et ils repartirent dans le wagonnet jusqu'au coffre 713.

Gripsec leur demanda de s'éloigner de la porte, et il passa son doigt le long d'une ligne invisible. La porte s'ouvrit dans un grincement, et Hagrid s'empara de ce qu'elle contenait. C'est-à-dire un petit paquet de papier kraft. Plutôt décevant comme contenu.

- Hum, ce serait bien que tu ne parles pas de ça à Poudlard, grommela Hagrid.

- D'accord, fit Harry.

Revenu à la surface, Hagrid laissa Harry devant la boutique de vêtements, décrétant qu'il saurait s'en occuper seul, et que lui avait besoin d'un remontant. Harry le regarda s'éloigner et il cru l'entendre rouspéter contre les wagons de la mort.

Riant intérieurement, Harry entra dans la boutique. Une femme replète se précipita aussitôt sur lui.

- C'est pour Poudlard ? Demanda-t-elle immédiatement et sans attendre de réponse, elle l'entraîna avec elle jusqu'au fond du magasin. Tiens, mets-toi là.

"Là" était juste à côté un autre garçon, qui devait avoir sensiblement le même âge que Harry. Il était blond et se tenait très droit sur l'estrade.

- Salut, dit le garçon, toi aussi tu vas à Poudlard ?

- Oui, répondit Harry qui ne savait pas s'il avait envie de parler avec ce garçon. Après tout il ne connaissait le monde magique que depuis la veille et il était sûr de se ridiculiser.

- Mon père est en train de m'acheter mes livres dans le magasin d'à côté. Et ma mère s'occupe de m'acheter mon chaudron et les fournitures de potion de l'autre côté de la rue, dit le garçon d'une voix traînante. Ensuite, je les emmènerai du côté du magasin de Quidditch pour m'acheter un balai.

Harry se demanda ce que pouvait être le Quidditch. C'était sûr, il allait se ridiculiser.

- Je ne vois pas pourquoi les élèves de première année ne pourraient pas avoir leur propre balai à Poudlard. J'arriverai bien à convaincre mon père et à trouver un moyen de le faire entrer en douce à l'école.

Plus le garçon parlait, et moins Harry avait envie de discuter avec lui. Il lui faisait irrésistiblement penser à Dudley quand il se vantait de tous les cadeaux qu'il avait reçus pour son anniversaire.

- Et toi, tu as un balai ? Demanda le garçon.

- Non, répondit Harry.

- Tu joues au Quidditch ?

- Non, répéta laconiquement Harry.

- Moi oui. Mon père dit que ce serait un scandale si je n'étais pas sélectionné dans l'équipe. Tu sais dans quelle maison tu seras ?

- Non, réitéra Harry en se demandant de quoi il parlait.

- En fait on ne peut pas vraiment savoir avant d'être sur place. Mais moi, je suis sûr d'aller à Serpentard. Toute ma famille est passée par là. Tu t'imagines, te retrouver à Poufsouffle ? Je préférerais m'en aller tout de suite.

- Mmmmh, fit Harry incapable de comprendre un traître mot de la logorrhée du garçon.

- Oh, regarde un peu ce bonhomme, s'exclama le garçon. Il est gigantesque !

- C'est Hagrid, l'informa Harry ravi de savoir quelque chose que le garçon ignorait. Il travaille à Poudlard.

- Ah, oui, j'en ai entendu parler. C'est une sorte de domestique, non ?

- Il est Garde-chasse, répliqua Harry d'une voix un peu plus froide.

- C'est ça. Une sorte de sauvage, d'après ce qu'on m'a dit. Il habite dans une cabane à Poudlard, et il se saoule de temps en temps. Quand il est ivre, il essaye de faire des tours de magie et il finit toujours par mettre le feu à son lit.

- Tu crois toutes les rumeurs que tu entends ? Demanda Harry froidement. Moi je le trouve très intelligent.

- Vraiment, fit le garçon déconcerté. Qu'est-ce qu'il fait avec toi ? Où sont tes parents ?

- Ils sont morts, répliqua Harry sèchement.

- Oh, désolé, fait le garçon qui n'avait pas l'air désolé du tout. Mais ils étaient de notre monde, non ?

- Si tu veux dire qu'ils étaient sorciers, oui, ils l'étaient. Mais je ne vois pas quelle différence cela peut faire.

- Ça fait toute la différence au contraire ! Ceux qui viennent d'autres familles ne sont pas comme nous, ils n'ont pas eu la même éducation. Certains d'entre eux n'avaient jamais entendu parler de Poudlard avant de recevoir leur lettre, tu te rends compte ? Je pense que Poudlard ne devrait accepter que les sorciers issus des vieilles familles.

- Et toi, tu as déjà entendu parler d'Oxford ou de Cambridge ?

- Non, qu'est-ce que c'est ? S'étonna le garçon.

- Ce sont des Universités Moldues prestigieuses. Ceux qui n'en ont jamais entendu parler doivent vivre dans une grotte.

C'était méchant et gratuit, mais cela fit du bien à Harry.

- Comment tu t'appelles ? Demanda le garçon en plissant les yeux de méfiance.

Mais Harry fut coupé par la couturière qui venait annoncer au garçon blond que ses uniformes étaient prêts.

Après avoir acheté ses uniformes et quelques autres vêtements, Harry rejoignit Hagrid.

Il dégusta la glace que Hagrid lui avait achetée en silence. Au bout d'un moment, il raconta à Hagrid la conversation entre le garçon blond et lui.

- Et il a dit que les enfants des familles Moldues ne devraient pas être admis à Poudlard.

- D'abord, tu ne viens pas d'une famille moldue, répondit Hagrid (Harry pensa que si, puisqu'il avait été élevé chez les Dursley). S'il savait qui tu es. Il vient certainement d'une vieille famille de sorciers qui pense encore comme il y a un siècle. D'ailleurs il a dû entendre parler de toi. S'il avait su qui tu étais, répéta-t-il, je suis sûr qu'il n'aurait pas pris ce ton-là. En plus, qu'est-ce qu'il sait sur les moldus ? Certains des meilleurs élèves de Poudlard venaient de familles non-magiques. Ta mère était une des sorcières les plus brillantes de sa génération. Et regarde qui elle a comme sœur.

Voyant que Hagrid s'emballait, Harry décida de changer de sujet.

- C'est quoi le Quidditch ?

- Ah, j'oublie sans arrêt que tu ne sais rien sur rien. Le Quidditch est le sport le plus populaire chez les sorciers. Un peu comme le football chez les moldus. Ça se joue avec quatre balles et les joueurs volent sur des balais. Un peu difficile à expliquer en quelques mots.

- Et c'est quoi Serpentard et Poufsouffle ?

- Ce sont deux des Maisons de Poudlard. Il y en a quatre en tout. Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard. On dit que les courageux vont à Gryffondor, les intelligents à Serdaigle, les gens loyaux à Poufsouffle, et les rusés à Serpentard.

- Vous étiez dans quelle maison Hagrid ? Le coupa Harry curieux.

- Moi, j'étais à Gryffondor. Mais je n'ai pas fini l'école. J'ai dû arrêter en troisième année.

Hagrid eut un air gêné, et Harry décida de ne pas poser plus de questions.

Ils entrèrent dans une librairie, où Harry put acheter ses manuels, mais il y avait tellement de livres intéressants que Hagrid dû l'arracher du magasin pour continuer leurs achats. Pour compenser, Harry acheta quelques ouvrages qui n'étaient pas sur la liste de Poudlard, mais dont le sujet l'intéressait : le monde magique en général.

Il acheta donc Us et Coutumes du Monde Magique, par Toby Tory, Formules et Sortilèges de Base par Wilson Warring et Les Grands Sorciers du XXème Siècle par Phoenix Famtree. De quoi l'occuper pour le reste des vacances.

Quand ils entrèrent chez l'apothicaire pour acheter le nécessaire à potion Harry faillit percuter un homme entièrement vêtu de noir.

- Professeur Snape, je ne vous avais pas vu, s'exclama Hagrid. Harry, je te présente le professeur Severus Snape, qui sera ton professeur de Potions à Poudlard.

Harry se dit que décidément, il rencontrait beaucoup de Professeurs aujourd'hui.

- Harry Potter, dit le Professeur Snape avec une voix doucereuse. Notre nouvelle célébrité. Vous serez certainement la nouvelle coqueluche de Poudlard, à n'en pas douter. Hagrid.

Il salua de la tête et sortit.

- Il ne semble pas beaucoup m'aimer, remarqua Harry.

- Oh, ne fais pas attention. Le Professeur Snape est comme ça avec tout le monde.

Harry se dit qu'il devait avoir une vie bien triste, ce professeur, s'il se comportait aussi froidement avec chaque personne qu'il rencontrait.

Hagrid guida Harry pour acheter tout ce qu'il lui fallait pour l'année. Harry n'eut pas le droit d'acheter un chaudron en or (il faut être un grand potioniste pour maîtriser un chaudron en or, Harry, dit Hagrid).

Après un petit moment à visiter les différentes boutiques, il ne manqua plus à Harry qu'une baguette magique. Une Baguette Magique. Le Rêve de Harry depuis qu'il avait su qu'il était un sorcier. Bien sûr, il n'avait jamais eu besoin de baguette pour faire de la magie, mais cet accessoire lui semblait indispensable de manière presque évidente.

Ils entrèrent dans une boutique, tout au bout du Chemin de Traverse, à côté d'une bifurcation qui portait le nom d'Allée des Embrumes. Au-dessus de la porte de la boutique, on pouvait lire sur un vieux panneau de bois Ollivander – Fabricants de Baguettes magiques depuis 382 avant J.C.

L'intérieur était minuscule. Hagrid s'assit sur la seule chaise disponible, faisant gémir le bois sous son poids, mais le meuble tint bon. Sur les murs, et au-delà du comptoir, s'alignaient des milliers de boîtes, à la façon d'une bibliothèque. Un homme apparut soudainement, faisant sursauter Harry.

- Bonjour, dit l'homme d'une voix douce.

Hagrid se leva d'un bond de sa chaise.

- Bonjour, répondit Harry, nerveux.

- Ah, Monsieur Potter. Je vous attendais un peu plus tôt dans l'été. Je me souviens des baguettes de vos parents. Pour votre mère, c'était 25,6 centimètres, souple et rapide, bois de saule, excellente pour les enchantements. D'ailleurs vous avez ses yeux. De votre mère bien sûr. Votre père en revanche avait préféré une baguette d'acajou, 27,5 centimètres, flexible. Bien sûr quand je dis qu'il l'avait préférée... en réalité c'est la baguette qui choisit son maître.

Harry n'était pas sûr d'aimer l'homme derrière le comptoir. Il y avait quelque chose d'inquiétant dans sa manière de parler. Sans compter cette façon de se souvenir exactement des baguettes de ses clients. Les yeux d'Ollivander se posèrent sur sa cicatrice.

- Ah, c'est ici que … Je suis désolé, Monsieur Potter, mais c'est moi qui ai vendu la baguette responsable de cette cicatrice. 33,75 centimètres, bois d'if. Une baguette très puissante...

Il s'interrompit et se tourna vers Hagrid.

- Rubeus Hagrid ! C'était du chêne, 40 centimètres, plutôt flexible n'est-ce pas ?

- Oui, oui, répondit Hagrid.

- Une bonne baguette. J'imagine qu'ils ont dû la casser en deux quand ils vous ont exclu du collège, n'est-ce pas ? Vous ne vous en servez pas j'imagine.

- Oh, euh... oui, oui, c'est ça, enfin je veux dire, non, je ne m'en sers plus, fit Hagrid en tenant son parapluie rose derrière son dos.

Ollivander se tourna de nouveau vers Harry. Après lui avoir fait une batterie de mesures et posé une liste de questions, il tendit à Harry une baguette.

- Bois de saule et crin de licorne. 19,42 centimètres. Flexible.

Harry la prit dans ses mains, ne sachant que faire. Mais Ollivander la lui retira presque aussitôt pour lui en donner une autre.

- Bois d'ébène et ventricule de cœur de dragon.

Harry vit défiler des dizaines de baguettes.

- Hmmm, un client difficile, fit Ollivander pour lui-même, visiblement ravi. Je me demande si...

Il se pencha derrière son comptoir, et prit une boîte poussiéreuse.

Il tendit la baguette à Harry.

- Bois de houx et plume de phénix. 27,5 centimètres. Flexible.

Immédiatement, le garçon sentit une vague de chaleur traverser son bras, et des étincelles vert et argent sortirent de la baguette. Hagrid applaudit et Ollivander poussa un cri de joie.

- Bravo ! Très bien, très bien, mais étrange.

- Excusez-moi, qu'est-ce qui est étrange ? Demanda Harry.

- Et bien, voyez-vous Monsieur Potter, chaque baguette de la maison Ollivander est unique. Le phœnix qui a fourni la plume de votre baguette a fourni également une seule autre plume. Il est étrange que cette autre baguette soit celle qui vous ait fait ça.

Il pointa la cicatrice de Harry et le garçon se sentit brusquement mal.

- Curieux comment la baguette choisit son sorcier. Parfois, les raisons ne sont pas évidentes. Mais ce qui est évident, c'est que vous serez amené à faire de grandes choses. Après tout, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom a fait de grandes choses. Terribles certes. Mais quelle envergure.

Harry décida à ce moment là qu'il n'aimait pas Ollivander. Il régla les 7 Gallions que coûtait la baguette et sortit, suivi de Hagrid.

Mais Hagrid ne voulait pas partir tout de suite. Il emmena Harry dans la Ménagerie Magique pour lui acheter un cadeau d'anniversaire. Ils en ressortirent quelques instants plus tard, avec une magnifique chouette lapone, d'un blanc éclatant. Harry en bégayait de reconnaissance.

Ils prirent le métro et le train en sens inverse. Dans le train qui les menait à Little Whinging, Hagrid donna à Harry son billet de train pour Poudlard.

- Hagrid, la voie 9 ¾ n'existe pas !

- Bien sûr que si, répondit Hagrid d'un ton amusé. Tu crois bien que nous n'allons pas mettre nos trains magiques sous le nez des moldus. Il suffit de se rendre entre les voies 9 et 10. Il y a un tourniquet qui sert de barrière. Je ne sais plus lequel c'est exactement, mais tu verras, c'est assez facile à trouver.

- Et les moldus ne se rendent compte de rien ? S'étonna Harry.

- Non. Il y a un garde qui surveille les passages. De toute façon, si un Moldu passe par mégarde, il suffit de lui jeter un sortilège pour qu'il oublie ce qu'il a vu.

Harry espéra vivement de ne pas être pris pour un Moldu ce jour-là, avant de se rendre compte qu'avec une chouette dans ses bagages, il n'y avait aucune chance de se tromper.

Hagrid déposa Harry chez les Dursley, avec toutes ses affaires. En entrant dans la maison, Harry fut alpagué par son Oncle qui le traîna dans le salon. Sa Tante y était déjà. Elle tenait dans sa main, l'enveloppe de Poudlard où était inscrit à l'encre émeraude :

Harry Potter

Dans le Placard sous l'escalier

4, Privet Drive

Little Whinging

Surrey

- Vois-tu, commença l'Oncle Vernon, avec ta Tante nous nous sommes dit que tu étais désormais trop grand pour continuer à dormir dans le placard. A partir de maintenant, tu dormiras dans la seconde chambre de Dudley.

Harry n'en cru pas ses oreilles. Il allait avoir une chambre. Une vraie chambre. Enfin, pas totalement à lui, puisque Dudley lui fit bien comprendre qu'il continuerait à stocker ses jouets cassés dedans, mais c'était mieux que le placard. Dix fois mieux.

Harry monta ses nouvelles affaires dans sa chambre (il ne s'y ferait jamais), ainsi que les anciennes. Tout cela ne prenait pas énormément de place, et ne gênait en rien l'occupation que pouvait en faire Dudley.

Le reste de l'été fut une situation inédite pour le jeune Harry. Les Dursley l'évitaient le plus possible. Il n'avait à les supporter que pendant les repas et était exempté de corvée, ce qui lui allait très bien. Il put mettre son temps à profit pour lire ses livres de cours, et les livres qu'il avait achetés en plus. Il nomma sa chouette Hedwige, nom trouvé dans son manuel d'histoire de la magie. Il lut avec curiosité le passage sur lui dans Les Grands Sorciers du XXème Siècle, mais il conclut à la fin, que ce n'était pas digne d'intérêt.

Très tôt le matin du 1er Septembre, Harry prit le bus, puis le train pour Londres. Il eut quelques difficultés à transporter sa malle et la cage de Hedwige, mais de bonnes âmes le long de sa route l'aidèrent, un peu étonnées qu'un si jeune enfant dû transporter autant de bagages sans adulte pour l'accompagner.

Arrivé à la gare King's Cross, il se posta entre les voies 9 et 10 et observa. Hagrid avait raison. Une des barrières de métal était indiquée 'Hors Service', mais de temps en temps des gens passaient au travers et … disparaissaient. Après qu'une famille entière de roux l'eut passée, Harry prit son courage à deux mains et s'avança également. Même s'il s'était attendu à ce que quelque chose arrive, il fut tout de même surpris de passer au travers de la barrière et d'arriver sur un autre quai de gare, où attendait une majestueuse locomotive à vapeur rouge, sur laquelle était inscrit en lettres d'or 'Poudlard Express'.

Soulagé d'avoir trouvé son train, et d'être même en avance, Harry monta sa malle et entreprit de trouver un compartiment vide. Il finit par en trouver un et attendit. Il sortit un livre (Formules et Sortilèges de Base) pour passer le temps. Par la fenêtre il vit une petite fille rousse qui faisait de grands signes à un frère ou une sœur, quelque part dans le train.

Après quelques minutes, la porte de son compartiment s'ouvrit, et une jeune fille aux cheveux blonds demanda si un ami et elle pouvaient venir s'installer parce qu'il n'y avait plus de place nulle part.

Harry accepta volontiers et la jeune fille se présenta ainsi que son ami, un garçon noir qui la suivait de près.

- Daphné Greengrass et le garçon là, c'est Blaise Zabini.

- Enchanté, répondit Harry. Je suis Harry Potter.

La mâchoire de Daphné se décrocha.

- Le Harry Potter ? Pour de vrai ? Avec la cicatrice et tout ?

- Daphné, ma grande, c'est très impoli ce que tu fais, se moqua Blaise Zabini, assis à côté d'elle.

Mais lui aussi semblait curieux.

- Oui, c'est moi, répondit simplement Harry.

Il souleva sa frange pour dévoiler sa cicatrice. Ce qui fit refermer la bouche de Daphné.

- Désolée, s'excusa-t-elle. C'est juste que tu es une légende vivante.

- Il paraît, répondit sombrement Harry.

- Ça n'a pas l'air de te faire plaisir, plaisanta Blaise.

- Il y a encore un mois, je ne savais pas que j'étais célèbre, répondit Harry très sincèrement. Et encore aujourd'hui, après avoir rencontré des gens qui semblent me connaître et après avoir lu un livre où tout un chapitre m'est consacré, j'ai encore du mal à le croire.

- Tu ne savais pas que tu étais célèbre ? S'étonna Daphné.

- Les gens chez qui je vivais n'ont pas jugé utile de me le dire, plaisanta Harry.

Daphné et Blaise rirent, mais ne s'appesantirent pas sur le sujet.

- Vous êtes issus de famille de sorciers ? Demanda Harry curieux.

- Oh oui, répondit Blaise. Les Greengrass sont une très vieille famille de Sang-Purs. Et ma famille, même si elle n'est pas de Sang aussi pur que les Greengrass, ne compte que des sorciers depuis quelques générations.

- De Sang-Pur, qu'est-ce que ça veut dire ?

- Tu sors d'où pour poser ce genre de questions ? Demanda Blaise.

- J'ai été élevé par des Moldus. Mon Oncle et ma Tante, du côté de ma mère.

- Ah, fit simplement Daphné.

- Alors, qu'est-ce que c'est que les Sang-Purs ?

- Ce sont de très vieilles familles de Sorciers. Ils ne comptent pas dans leurs arbres généalogiques de Né-Moldu ou de Moldu. Quelques rares Sang-Mêlés pour certains, expliqua Blaise.

- C'est comment de vivre chez les moldus ? Demanda Daphné visiblement aussi curieuse sur ce sujet que pouvait l'être Harry sur le monde de la magie.

- Pour moi, c'est banal. Enfin, je suppose qu'on fait un peu les mêmes choses mais sans la magie. Bien que je doute que vous regardiez la télévision ou que vous jouiez sur ordinateur.

- C'est quoi la télévision ? Et l'ordinateur ?

Harry, le sourire aux lèvres, se mit à expliquer aux deux sorciers comment était le monde Moldu. En échange, les deux enfants répondaient aux questions de Harry sur le monde magique. Jusqu'à ce que la porte du compartiment s'ouvre brutalement sur le garçon blond que Harry avait rencontré sur le Chemin de Traverse. Il était encadré par deux autres garçons, plus grands et plus larges que la moyenne.

- Alors, il paraît que Harry Potter est dans le train, lança le garçon blond de sa voix traînante.

- Tu aurais pu frapper Drago, s'insurgea Daphné, tu m'as fait peur !

- Pour répondre à ta question Malfoy, continua Blaise, je ne sais pas qui t'a dit ça mais Harry Potter n'est pas dans ce wagon.

Ledit Drago eut l'air méfiant, et ses yeux se posèrent sur Harry.

- Tu es un menteur Zabini. Un bon menteur certes, mais un menteur quand même. Drago Malfoy, déclara-t-il avec emphase en direction de Harry. Eux, ce sont Crabbe et Goyle.

- Harry Potter, répondit Harry, mais il paraît que c'est de notoriété publique.

Cela fit pouffer Daphné.

- Tu trouves ça drôle Daphné ? Demanda Drago d'une voix froide.

- Excusez-moi votre majesté, fit Daphné en réprimant son fou rire. Tu t'exprimes vraiment comme si tu étais le Ministre en personne.

- Je suis un Malfoy, répliqua-t-il. Je suis destiné à devenir quelqu'un.

Harry ne dit rien, mais n'en pensait pas moins.

- Maintenant que tu as rencontré le grand Harry Potter, tu peux nous laisser, dit Blaise. Je suis sûr qu'il y a un nouveau Weasley à embêter quelque part.

Drago Malfoy fusilla Blaise des yeux, mais fit signe à ses deux gorilles de faire demi-tour.

- Tu viens de faire la connaissance de Drago Malfoy, fit Daphné en riant quand les trois garçons furent partis. Il est un peu pédant, mais il n'est pas bien méchant.

- Je l'avais déjà rencontré, dit Harry, sur le Chemin de Traverse. Mais il ne s'était pas présenté.

- Il ne s'était pas présenté, s'étonna Blaise. D'habitude, la première chose qu'il fait c'est de te jeter son nom à la figure.

- Drago et Blaise ne s'aiment pas, expliqua Daphné. La famille de Blaise a beau être Pure, lui ne l'est pas. Ça va Blaise, ne me regarde pas comme ça, c'est pas comme si c'était un secret d'état !

- Je ne vois pas en quoi c'est grave que Blaise ne soit pas de sang pur, dit Harry.

- Dans les vieilles familles, il existe un mythe comme quoi plus un sorcier a le sang pur, plus il est puissant. Ce qui est ridicule, fit Blaise de mauvaise humeur. Mais la famille Malfoy est très attachée à ces boniments.

- Peut être, mais la Tante de Drago, du côté de sa mère …

- Oh, ça va, tu ne vas pas me réciter l'arbre généalogique des Malfoy et des Black, encore ! S'emporta Blaise.

- Tu connais l'arbre généalogique des Malfoy par cœur ? Fit Harry ahuri.

- Obligée, expliqua calmement Daphné. Drago et moi sommes promis l'un à l'autre depuis nos six ans.

Harry s'étrangla presque. Devant son air stupéfait, Daphné rit.

- Ce n'est pas dramatique ! De nos jours, la plupart des fiançailles arrangées entre familles ne vont pas jusqu'au mariage. C'est une sorte de garantie pour les familles puristes que leurs enfants puissent se marier avec un autre Sang-Pur.

- Ta famille, je veux dire, balbutia Harry. Ils sont puristes aussi ?

- Non, mes parents sont progressistes. Mais il y a quelques années, ils ont eu quelques problèmes. Les Malfoy les ont aidés, et en échange, mes parents m'ont fiancée avec Drago. Je crois que cela faisait suffisamment longtemps que les Malfoy et les Greengrass ne s'étaient pas mariés.

Sous entendu, il y avait un moindre risque de consanguinité, compris Harry avec un peu de retard.

Harry n'arrivait pas à saisir ce qu'impliquait toute cette histoire de Sang-Pur, Sang-Mêlé et Né-Moldu, mais il sentait qu'il n'avait pas fini d'en entendre parler.

Blaise jeta un coup d'œil au livre que tenait encore Harry.

- Il n'est pas au programme ce livre, dit-il essentiellement pour changer de sujet.

- Non, mais, comme je suis sûr de ne rien comprendre en cours, je me suis dis qu'un peu de lecture en plus ne me ferait pas de mal.

- Oh, non, tu ne seras pas nul, le rassura Blaise. Il y a beaucoup de Né-Moldus qui entrent à Poudlard sans rien connaître du monde de la magie. Et même parmi les familles de sorciers, la plupart n'y connaissent pas grand chose.

Mais Harry ne sembla pas vraiment convaincu.

A ce moment, la porte du compartiment s'ouvrit à nouveau, et une vieille femme poussant un chariot de friandises leur demanda s'ils voulaient quelque chose. Harry, les poches pleines d'argent pour une fois, eut envie de tout goûter, et les trois enfants dévalisèrent le chariot.

Blaise et Daphné firent découvrir à Harry les Dragées Surprises de Bertie Crochue, qui pouvaient avoir n'importe quel goût, les fondants du chaudron, les chocogrenouilles.

- Regarde ta carte Harry, fit Blaise. Il y en a une dans chaque paquet. Quand j'étais petit j'en faisais la collection.

Daphné marmonna quelque chose comme quoi, il le faisait toujours, et Blaise eut l'air un peu gêné. Harry regarda la carte et s'exclama

- J'ai Dumbledore !

Il retourna la carte pour lire les quelques lignes de description du personnage.

Albus Dumbledore, actuel directeur du collège Poudlard.

Considéré par beaucoup comme le plus grand sorcier des temps modernes, Dumbledore s'est notamment rendu célèbre en écrasant en 1945 le mage Grindelwald, de sinistre mémoire. Il travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste Nicolas Flamel et on lui doit la découverte des propriétés du sang de dragon. Les passe-temps préférés du professeur Dumbledore sont le bowling et la musique de chambre.

Quand il voulu regarder à nouveau l'image de Dumbledore, il ne le put pas, car … elle avait disparu.

- Il n'est plus là, s'étonna Harry qui, décidément, passait beaucoup de temps à s'étonner.

- Oui, il est parti faire un tour sûrement, répondit Blaise.

- Chez les moldus, les personnages des photos et des images ne bougent pas.

- Ce doit être très ennuyeux de regarder une image fixe.

- Pas tant que ça. On dit qu'on fige l'instant pour l'éternité. Même si je ne suis pas sûr que les photos tiennent jusque là.

Il continuèrent à manger des friandises, jusqu'à ce qu'un garçon un peu plus vieux qu'eux ne viennent leur dire de se mettre en uniforme. L'arrivée était proche et cela excita grandement les trois enfants.

Finalement, le train s'arrêta, et les élèves de Poudlard se déversèrent sur les quais de Pré-au-Lard. Une voix tonitruante appela

- Les Premières Années, par ici !

- Bonsoir Hagrid ! Salua Harry en entraînant à sa suite Daphné et Blaise.

- Salut Harry ! Comment s'est passé le voyage ? Venez, suivez-moi.

Hagrid les mena le long d'un chemin jusqu'aux abords d'un lac, où étaient amarrées des barques de bois. L'homme se pencha et récupéra quelque chose entre deux barques.

- Est-ce que ce crapaud est à quelqu'un ? Demanda-t-il de sa voix forte

- Trevor ! S'exclama un garçon joufflu qui s'élança pour récupérer le batracien sous quelques rires moqueurs.

- Bon, maintenant, montez dans les barques. Pas plus de trois par barque ! C'est bon, tout le monde est monté, alors en avant !

Comme si elles attendaient l'ordre, les barques se mirent en mouvement, et traversèrent le lac. Il n'y avait pas un nuage, et la lune, presque pleine, éclairait la surface d'eau et le paysage avec une étonnante clarté. Ils passèrent une colline, quand tout à coup, il y eut des exclamations.

- Voici Poudlard, Fit Hagrid avec révérence.

La vision était magique. Un immense château se découpait dans le ciel sombre de la nuit, éclairé par le halo de la lune. La lumière des fenêtres laissait deviner un espace chaleureux et un bon repas.

Les barques accostèrent à un ponton, dans une cave naturelle sous le château. En haut d'un escalier se trouvait une grande porte massive, sur laquelle Hagrid alla frapper trois coups sonores. Une vieille femme leur ouvrit. Elle avait l'air strict des personnes qui n'aiment pas être ennuyées par des futilités, et sentait l'éducation victorienne à plein nez.

- Professeur McGonagall, fit Hagrid, voici les élèves de première année.

- Merci Hagrid, je m'en occupe, répondit le Professeur McGonagall.

Elle les toisa quelques instants, son regard s'arrêtant de temps en temps sur un élève, tantôt un garçon aux cheveux roux avec une tâche sur le nez, tantôt sur le garçon au crapaud, dont la chemise dépassait disgracieusement du pantalon, tantôt sur Harry et ses cheveux indomptables.

Puis elle les invita à la suivre à travers un dédale de couloirs qui semblaient être des cachots, avant de les regrouper dans un hall grandiose, plus grand et plus beau que celui de Gringotts. Et ce n'était pas peu dire aux yeux de Harry. Les murs étaient composés de parties planes, couvertes de tapisseries, et de demi-colonnes, qui soutenaient de petites balustrades, les surplombant, à gauche de la grande porte du château. En face de la porte, s'élevait un immense escalier en granit clair. Les murs s'élevaient de chaque côté pour se rejoindre en ogive au-dessus de la tête des nouveaux élèves. L'ensemble était un peu froid et solennel, et Harry espéra que le reste du château ne soit pas aussi intimidant.

- Bienvenue à Poudlard, dit le professeur McGonagall. Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous ne preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez savoir, en effet, que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Vous y suivrez les mêmes cours, vous y dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune d'elles a formé au cours des ans des sorciers et des sorcières de premier plan. Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. A la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. La Cérémonie de la Répartition aura lieu dans quelques minutes en présence de tous les élèves de l'école. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue.

Son regard parcouru l'assemblée des élèves.

- Je reviendrai vous chercher quand tout sera prêt. Attendez-moi en silence.

Dès qu'elle se fut éloignée, la masse des élèves se mit à bruisser de murmures. Chacun y allait de son avis sur ce qui allait bien les répartir. Une jeune fille aux cheveux en broussailles récitait à toute vitesse tous les sorts qu'elle connaissait … et il y en avait beaucoup. Le garçon roux à la tâche sur le nez disait à un autre garçon que ses frères lui avaient raconté qu'il fallait battre un troll... avant de conclure qu'il s'agissait sûrement d'une blague. Blaise et Daphné conjecturaient sur leur possible maison future.

- Vous ne semblez pas inquiet, fit Harry nerveux.

- Ne t'angoisse pas, dit Daphné avec compassion. Ce qui nous répartit, c'est un vieux Chapeau magique. On l'appelle le Choixpeau. Il suffit de le mettre sur la tête. A ton avis tu seras dans quelle maison ?

- Il y en a une pour ceux qui angoissent ?

- Euh, Poufsouffle ? Rit Blaise.

- Tu es idiot Blaise. Poufsouffle est une maison où les gens sont loyaux les uns envers les autres. Ils ne font pas beaucoup de vagues, c'est pour ça qu'ils passent toujours pour la maison la plus faible. Moi je me verrais bien à Serdaigle. Ou à Serpentard.

- Oui, moi aussi. Je n'ai définitivement pas l'âme d'un Gryffondor, conclut Blaise.

- Je ne sais pas, fit Harry piteusement quand les deux autres se tournèrent vers lui. J'imagine que toutes les maisons doivent être bien.

- Si tu vas à Gryffondor, et nous à Serpentard, ce n'est pas grave, on pourra se parler quand même, tenta de le rassurer Daphné.

- Pourquoi on ne pourrait plus se parler ? Questionna Harry.

- Les Gryffondors et les Serpentards sont en guerre. C'est une tradition qui date des Fondateurs.

- C'est idiot, fit Harry.

- C'est vrai.

Soudain, il y eut des exclamations. Des fantômes venaient de traverser les murs et le plafond et semblaient mener conseil au dessus de leurs têtes.

Ils semblaient très en colère contre un nommé Peeves, qui paraissait incontrôlable. Quand soudain l'un d'entre eux remarqua les élèves ébahis en dessous d'eux.

- Ce sont les nouveaux élèves ! Dit un gros moine translucide. Vous attendez la répartition ?

Il y eut quelques oui timides, et le moine enchaîna immédiatement.

- J'espère que vous irez à Poufsouffle, c'était ma maison dans le temps.

Le Professeur McGonagall choisit ce moment pour revenir avec un tabouret, un parchemin et un chapeau qui semblait vieux et miteux.

Les élèves la suivirent, et ils entrèrent dans la Grande Salle.

Quatre longues tables leur faisaient face, avec, au bout sur une estrade, une table où siégeaient les Professeurs. Au milieu de cette table, trônait Albus Dumbledore. Des milliers de chandelles flottaient dans les airs, et au-dessus d'eux, à la place du plafond, on pouvait voir le ciel. Harry entendit la fille aux cheveux broussailleux dire que c'était un plafond enchanté pour représenter le vrai ciel au dehors. C'était magnifique. Harry pouvait discerner les étoiles malgré la lumière des chandelles.

Le Professeur McGonagall les fit se mettre en rang devant l'estrade, où elle posa le tabouret et le vieux chapeau. Pendant quelques instants, il y eut un silence total. Puis le chapeau se mit en mouvement, une déchirure se fit le long de la couture, et le Choixpeau se mit à chanter.

Je n'suis pas d'une beauté suprême

Mais faut pas s'fier à ce qu'on voit

Je veux bien me manger moi-même

Si vous trouvez plus malin qu'moi.

Les hauts-d'forme, les chapeaux splendides

Font pâl'figure auprès de moi

Car à Poudlard, quand je décide,

Chacun se soumet à mon choix.

Rien ne m'échapp'rien ne m'arrête

Le Choixpeau a toujours raison

Mettez-moi donc sur votre tête

Pour connaître votre maison.

Si vous allez à Gryffondor

Vous rejoindrez les courageux,

Les plus hardis et les plus forts

Sont rassemblés en ce haut lieu.

Si à Poufsouffle vous allez,

Comme eux vous s'rez juste et loyal

Ceux de Poufsouffle aiment travailler

Et leur patience est proverbiale.

Si vous êtes sage et réfléchi

Serdaigle vous accueillera peut-être

Là-bas, ce sont des érudits

Qui ont envie de tout connaître.

Vous finirez à Serpentard

Si vous êtes plutôt malin,

Car ceux-là sont de vrais roublards

Qui parviennent toujours à leurs fins.

Sur ta tête pose-moi un instant

Et n'aie pas peur, reste serein

Tu seras en de bonnes mains

Car je suis un chapeau pensant !

La salle explosa en applaudissements et McGonagall se leva et déroula un long parchemin.

- Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le Choixpeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret, déclara-t-elle solennellement. Je commence. Abbot, Hannah !

Une fille avec des nattes, l'air timide s'avança. Après quelques instants, le Choixpeau déclara : POUFSOUFFLE !

Il y eut des applaudissements de la deuxième table en partant de la droite, et la fille soulagée, alla s'asseoir.

- Bones, Susan !

POUFSOUFFLE !

- Boot, Terry !

SERDAIGLE !

Cette fois, les applaudissements parvinrent de la deuxième table en partant de la gauche.

- Brocklehurst, Mandy !

SERDAIGLE !

- Brown, Lavande !

GRYFFONDOR !

La table tout à fait à gauche applaudit.

- Bullstrode, Millicent !

SERPENTARD !

La table située la plus à droite applaudit.

- Corner Michael !

SERDAIGLE !

- Cornfoot Stephen !

SERDAIGLE !

- Crabbe, Vincent !

SERPENTARD !

Blaise émit un grognement contrarié, étouffé par un coup de coude de la part de Daphné.

- Davis Tracey !

SERPENTARD !

- Entwhistle Kevin !

SERDAIGLE !

- Finch-Fletchey Justin !

POUFSOUFFLE !

- Finnigan Seamus !

GRYFFONDOR !

- Goldstein Anthony !

SERDAIGLE !

- Goyle Gregory !

SERPENTARD !

Nouveau grognement de Blaise. Cette fois, Daphné ne fit rien, trop occupée à se rendre compte que c'était bientôt son tour.

- Granger Hermione !

GRYFFONDOR ! Finit par dire le Choixpeau après un long moment.

Ce fut au garçon roux de grogner cette fois. Harry s'aperçut qu'il y avait beaucoup de roux qui ressemblaient au garçon à la table des Gryffondors.

- Greengrass Daphné !

Blaise et Harry lui murmurèrent bonne chance et la jeune fille se dirigea vers l'estrade. Après quelques instants le Choixpeau se décida.

SERPENTARD !

Daphné eut l'air infiniment soulagé et se dirigea vers la table de droite.

- Hopkins Wayne !

POUFSOUFFLE !

- Jones Megan !

POUFSOUFFLE !

- Li Su !

SERDAIGLE !

- Londubat, Neville !

GRYFFONDOR ! S'exclama le Choixpeau après un temps relativement long.

- MacDougal Morag !

SERDAIGLE !

- MacMillan, Ernie !

POUFSOUFFLE !

- Malfoy, Drago !

SERPENTARD ! S'exclama le Choixpeau avant même de toucher la tête du blond.

Soupir résigné de la part de Blaise. Harry lui adressa un petit sourire désolé.

- Malone Roger !

GRYFFONDOR !

- Nott, Théodore !

SERPENTARD !

- Patil Padma !

SERDAIGLE !

- Patil Parvati !

GRYFFONDOR !

Harry fut surpris que des jumelles soient envoyées dans deux Maisons différentes.

- Parkinson, Pansy !

SERPENTARD !

- Perks, Sally-Anne !

POUFSOUFFLE !

- Potter, Harry !

Harry aurait dû s'y attendre, mais il fut quand même surpris que son nom déclenche des murmures intéressés dans la Grande Salle. Il pouvait entendre des élèves s'étonner. 'Le Harry Potter ?', se demandait-on.

Harry s'avança et mis le Choixpeau sur sa tête. Il entendit aussitôt une voix dans sa tête.

- Hmmm, Harry Potter, un sujet intéressant. Je voix du courage, de la bravoure, beaucoup de qualités intellectuelles, du talent, mais aussi une intense envie de faire tes preuves, c'est intéressant. Où vais-je te mettre ? A priori tu n'as aucun préjugés sur les différentes Maisons qui s'offrent à toi, j'aurais cru qu'avec ton passé … Je sais, je vais te mettre à SERPENTARD !

Il y eut un court silence, puis une explosion d'applaudissements de la table de droite. Harry rejoignit, soulagé, Daphné qui lui faisait signe. Le regard de Harry se tourna vers la Table des Professeurs, et il put y voir quelques regards curieux, voire étonnés. Le Professeur Dumbledore lui-même regardait dans sa direction, par dessus ses lunettes en demi-lunes.

- Rivers Oliver !

Harry se reconcentra sur la répartition

POUFSOUFFLE !

- Roper Sophie !

GRYFFONDOR !

- Smith Sally

POUFSOUFFLE !

- Thomas, Dean !

GRYFFONDOR !

- Turpin, Lisa !

SERDAIGLE !

- Weasley Ron !

GRYFFONDOR !

Le garçon roux que Harry avait remarqué plusieurs fois, se dirigea avec soulagement vers la table de gauche où ses frères semblèrent le féliciter.

- Zabini, Blaise ! Annonça McGonagall avant de replier son parchemin.

Le jeune garçon s'approcha avec appréhension. Mais il n'y avait pas de quoi. Après quelques secondes, le Choixpeau l'envoya à:

SERPENTARD !

Blaise s'assit entre Harry et Daphné, un sourire satisfait collé au visage. La préfète de Serpentard, assise à quelques places d'eux se présenta comme étant Gemma Farley. Elle tenu à serrer la main de Harry, comme beaucoup de Serpentards assis à proximité de lui. Il ne retenut pas beaucoup de noms, trop d'informations et de choses nouvelles atteignant en même temps son esprit. Il vit à peine que les couverts sur la table étaient en or, par contre il se rendit compte que les plats étaient vides, et qu'il avait faim.

A ce moment Dumbledore se leva, et le silence se fit instantanément.

- Bienvenue, dit-il. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici : Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon ! Je vous remercie !

Les plats se remplirent (sûrement par magie) et les élèves se jetèrent dessus comme si aucun d'entre eux n'avait mangé de l'été.

En se servant en pommes de terre, Harry dit

- Il est un peu fou Dumbledore ?

- Oh oui, il l'est ou en tout cas il fait bien semblant. Mais c'est aussi le plus grand Mage Blanc du siècle, répondit un élève un peu plus âgé à côté de lui. Tu te rendras vite compte qu'à Poudlard, les choses sont rarement ce qu'elles semblent être. Dumbledore a l'air d'un vieil homme gâteux, mais même des sorciers adultes accomplis ont peur de lui.

Harry se contenta de hocher la tête, la bouche pleine de rôti.

Tout semblait excellent. Pour Harry, qui avait l'habitude de manger peu, ce fut un supplice de devoir choisir. Bien vite, son estomac fut plein, et manger plus devint presque douloureux. Heureusement, le banquet touchait à sa fin. Les derniers plats disparurent et Dumbledore se leva à nouveau.

- Maintenant que nous avons rassasié notre appétit et étanché notre soif, je voudrais encore dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les première années doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.

Son regard se tourna vers la table des Gryffondors, où deux élèves roux se ressemblant comme deux gouttes d'eau arboraient des sourires goguenards.

- Mr Rusard, le concierge, m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire partie de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Madame Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du deuxième étage de l'aile droite est formellement interdit, à moins que vous ne teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.

L'annonce fit bruisser la table de Serpentard. Même la préfète semblait circonspecte. Mais ils se turent tous très vite, quand Dumbledore continua son discours.

- Et maintenant, avant d'aller nous coucher, écoutons ensemble l'Hymne du collège !

Une douzaine d'élèves se levèrent pour venir former une chorale, et, en canon, se mirent à chanter.

Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,

Apprends-nous ce qu'il faut savoir,

Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve

Ou qu'on ait les jambes en guimauve,

On veut avoir la tête bien pleine

Jusqu'à en avoir la migraine

Car pour l'instant c'est du jus d'âne,

Qui mijote dans nos crânes,

Oblige-nous à tout étudier,

Répète-nous c'qu'on a oublié,

Fais de ton mieux, qu'on se surpasse

Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce.

Il y eut des applaudissements, et Dumbledore exhorta tout le monde à aller se coucher. Gemma Farley se mit à regrouper les premières années pour leur montrer le chemin des dortoirs de Serpentard. Elle était aidée dans sa tâche par le préfet de Serpentard, dont Harry ne connaissait pas le nom.

Ils les suivirent dans les cachots, devant un mur qui semblait banal aux premiers abords. Gemma énonça clairement le mot de passe pour que tout le monde l'entende (Fourchelangue), et ils entrèrent dans la Salle Commune. Malgré le fait qu'ils soient dans les cachots, la Salle Commune de Serpentard n'était pas froide, ni austère. Deux grandes cheminées se faisaient face, et des canapés, des fauteuils et des tables se dispersaient dans l'espace. Debout face à une des cheminées, attendait le Professeur Snape. Les premières années se regroupèrent. Quand il fut clair que tout le monde était là, le Professeur Snape se mit à parler.

- Bienvenue au sein de la noble Maison de Salazar Serpentard, commença-t-il d'une voix basse mais claire. Je suis le Professeur Snape, votre Directeur de Maison. Je suis aussi votre professeur de Potions. Les règles que je vais édicter ce soir seront valables pendant les sept années de votre scolarité.

Il laissa un silence, pour que tous puissent intégrer ses paroles.

- Serpentard n'est pas une Maison populaire à Poudlard, vous vous en rendrez bientôt compte. C'est pourquoi je veux et j'exige, que vous restiez unis à l'extérieur des murs de cette Salle Commune. Je me fiche de vos rivalités, je me fiche de votre rang, je veux que la Maison de Serpentard soit vue comme une Maison soudée. C'est la première règle.

Il regarda Blaise et Malfoy avec insistance.

- Le Professeur McGonagall a dû vous expliquer le système de points qui régit les Maisons. Il est intolérable qu'un élève de Serpentard transgresse le règlement. La Coupe des Quatre Maisons orne mon bureau depuis maintenant six ans et je n'ai pas l'intention de la céder à qui que ce soit. Respect total du règlement, c'est la deuxième règle. Je laisse maintenant la parole à votre Préfète.

L'homme sortit de la Salle Commune dans un tournoiement de robes intimidant. Gemma prit sa place et décrivit la vie quotidienne à Poudlard. Le mot de passe de la Salle Commune était changé tous les quinze jour, et annoncé par voie d'affichage, les emplois du temps seraient distribués le lendemain matin au petit déjeuner. Le petit déjeuner était servi entre 6h30 et 7h45, les cours commençant à 8h pile. Le déjeuner était servi à 12h pile, les cours reprenant à 13h et finissant à 16h. Le repas du soir était servi à 19h. La Bibliothèque se trouvait sur deux étages différents : le troisième et le quatrième. S'ils se perdaient, ils n'auraient qu'à demander leur chemin à un autre élève de Serpentard, voire un élève de Poufsouffle ou de Serdaigle. Consigne leur fut donnée d'approcher le moins possible les Gryffondors, tant qu'ils ne sauraient pas se défendre. Enfin, Gemma leur montra les escaliers descendant jusqu'aux dortoirs et leur souhaita une bonne nuit.

Le dortoir des garçons de première année était situé très en profondeur. Il y avait six lits, et Harry se dirigea vers celui où se trouvait sa malle. Quelqu'un lui avait dit dans la soirée que les chouettes et les hiboux étaient lâchés dans la volière, où ils pourraient se nourrir et dormir à l'abri.

Quand Malfoy et ses gorilles arrivèrent, Blaise et le blond se fusillèrent du regard, mais prirent le parti de s'ignorer. Harry se présenta au dernier garçon du dortoir, Théodore Nott, qui semblait particulièrement discret.

Enfin tout le monde se coucha. Harry s'endormit quasiment immédiatement, la tête remplie de sons, d'odeurs et d'images incroyables.

ooOOOoo

Albus Dumbledore était contrarié. Les événements de la répartition ne faisaient que nourrir un doute qu'il entretenait depuis quelques temps.

Pourtant, les rapports réguliers de Mrs Figgs, une Cracmole qui vivait non loin du 4 Privet Drive, n'étaient pas alarmants. L'enfant était selon elle, un garçon charmant, facile à vivre et docile, bien qu'il soit en conflit avec son cousin. Son Oncle et sa Tante était certes des gens froids et pédants, mais à aucun moment Mrs Figgs n'avait émis de doute sur le traitement de l'enfant.

Mais après le retour de Hagrid, Albus Dumbledore se posait des questions. Harry semblait ignorer jusqu'à sa propre histoire, croyant faussement que ses parents étaient morts dans un accident de voiture. De plus, les Dursley avaient refusé de laisser Harry faire sa scolarité à Poudlard.

Il était relativement rare qu'Albus Dumbledore doute de ses choix, mais aujourd'hui il doutait qu'il ait prit la bonne décision, non pas en laissant l'enfant chez les Dursley (la protection de sang était bien trop puissante, le choix était pris d'avance), mais en ne déposant qu'une lettre d'explications avec le bébé à la porte des Dursley.

Il aurait dû y retourner en personne, vérifier que l'enfant allait bien. Maintenant il avait peur d'avoir fait une erreur irréparable. L'histoire était-elle en train de se répéter ?

Albus n'avait pu se faire une idée claire sur le jeune Harry pendant le banquet. La mauvaise nouvelle de la soirée était qu'il avait été réparti à Serpentard, la Maison de toutes les intrigues. Dumbledore n'avait pas d'influence sur le Choixpeau et il le regrettait aujourd'hui plus que les autres années. Tout n'était pas sombre dans ce tableau, puisque le jeune Harry semblait s'être lié d'amitié avec Blaise Zabini et Daphné Greengrass, dont les familles n'étaient pas connues pour être des puristes. Albus s'était attendu à ce que l'enfant soit envoyé à Gryffondor, comme ses parents, ou au pire des cas à Serdaigle. Beaucoup de Potter avait été envoyés à Serdaigle dans le passé. Peu à Serpentard, et encore moins à Poufsouffle. La majorité avait été envoyée à Gryffondor.

Rares étaient ceux qui savaient, et Dumbledore en faisait partie, que les Potter descendaient directement de Godric Gryffondor. Après tout, ce n'était pas pour rien que le Manoir familial se situait à Godric's Hollow.

Albus Dumbledore força son esprit à se reconcentrer sur son problème actuel, qui n'était nullement la généalogie de la famille Potter. Harry Potter à Serpentard. Cela lui fermait un grand nombre de possibilités. Il allait devoir user d'un trésor de ruse et de machinations afin d'être sûr que le garçon était à la hauteur de son statut d'élu. Après tout, le poids du Monde Sorcier tout entier pesait sur les épaules de ce gamin. Albus n'était là que pour s'assurer que le garçon irait jusqu'au bout de la tâche quand l'heure serait venue. Il avait besoin d'un héros, pas d'un futur Mage Noir.

Peut être qu'une petite visite chez les Dursley ne serait pas du luxe. Pas lui, évidemment, quelqu'un de confiance. Albus avait dans son carnet d'adresse un certain nombre de noms qui lui devaient un service, et celui-là était minime. Les personnes qu'il enverrait n'aurait qu'à vérifier la solidité des protections de Privet Drive. Si celles-ci étaient toujours aussi efficaces, c'est qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Tant que l'enfant pouvait considérer cette maison comme la sienne, alors tout irait bien. Un enfant maltraité ne considère pas la maison de ses bourreaux comme la sienne n'est-ce pas ?

Albus se fit la promesse d'arriver à gagner la confiance du garçon. Il en avait besoin, s'il voulait gagner la partie qui l'opposait à Lord Voldemort.

Sortant de ses pensées, Albus se concentra sur les dernières modifications qu'il avait prévu d'ajouter à la protection de ce que gardait le couloir du deuxième étage.


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