Bonjour à toutes et tous !
Comme d'accoutumée, je veux remercier ma bêta Clhook, pour lire et corriger mes élucubrations (bise !) parce qu'elle fait du très bon boulot (et qu'elle corrige des fautes dont j'ai plutôt honte, il faut l'avouer).
J'ai une pensée particulière pour Alan Rickman, décédé il y a peu (j'ai même versé une petite larme), qui, au delà d'incarner Severus Snape (et donc a terrorisé mon enfance), était un brillant acteur. Je pense que je ne suis pas la seule à regretter sa mort.
Voilà, voilà, c'était joyeux. Place à l'histoire !
Chapitre 2bis : Le Premier Jour du Reste de ta Vie, partie 2
Il devenait définitivement trop vieux pour tout cela. Il n'était pas âgé cependant. 31 ans. S'il n'avait pas toute la vie devant lui, il en avait au moins une bonne partie.
Mais les événements du match, non, il n'était plus habitué à cela.
Le Sortilège de Confusion était très puissant, et Severus n'avait pas pu le briser. Il avait eu toutes les peines du monde à faire descendre le balai. Mais quand Potter s'était jeté dans le vide, complètement inconsciemment, comme un vulgaire Gryffondor, il avait senti son cœur s'arrêter.
Sa raison, au plus profond de lui avait soufflé que le garçon n'avait pas sauté d'assez haut pour se tuer, mais pendant un instant, Severus l'avait cru.
L'inconscient se trouvait désormais à l'Infirmerie. Ses genoux n'avaient pas apprécié sa chute, et ses deux rotules étaient fracturées. Rien d'irréparable, mais suffisamment sévère pour nécessiter un jour ou deux de repos sur le Territoire de Poppy Pomfresh. D'autant que le garçon avait marché, ce qui, aux yeux de l'Infirmière, relevait autant de l'exploit que de l'irresponsabilité. Les rotules abîmées avaient endommagé les ligaments des genoux. Encore une fois, rien que la Magie ne puisse réparer.
L'Infirmerie. Severus s'y rendait justement, en compagnie du Directeur.
Ils arrivèrent au moment où Madame Pomfresh congédiait l'équipe de Serpentard et les amis de Harry pour que celui-ci prenne du repos.
- Monsieur le Directeur, ce n'est pas vraiment le bon moment, dit-elle quand Dumbledore annonça son désir de parler avec Harry. Mon patient a besoin de repos ! Il vient de vivre un événement épuisant.
- J'en suis conscient Pompom, nous ne serons pas long, je vous le promets.
Levant les yeux au ciel, l'Infirmière céda. Elle repartit à ses activités, c'est-à-dire donner une batterie impressionnante de potions à Harry.
Dumbledore posa le Nimbus 2000 à côté du lit du blessé.
- Tu peux le reprendre Harry. Le Maléfice ne fait plus effet.
- Merci Professeur, fit l'enfant avec un sourire jusqu'aux oreilles.
On aurait presque dit que le Serpentard avait pris une Potion euphorisante. Pomfresh n'arrêtait pas de lui intimer d'arrêter de gigoter dans tous les sens.
Quand Harry eut avalé toutes ses Potions, l'Infirmière s'en fut vaquer à ses occupations. Severus en profita pour jeter un coup d'œil aux flacons vides. Potion contre la douleur. Potion nutritive. Potion de renforcement des os. Baume contre les écorchures. Potion nutritive. Encore ?
- Est-ce que vous savez qui a jeté un sort à mon balai Professeur ? Demanda Harry à Dumbledore.
Severus remarqua que Potter lui lança un drôle de regard. Le soupçonnerait-il ? Ce serait tout de même ingrat de sa part !
- Non, Harry, répondit tristement Dumbledore. Nous ne savons pas qui a jeté un sort pareil à ton balai. Mais nous continuons de mener l'enquête. Ta performance en revanche était particulièrement … impressionnante.
- Ce que le Directeur veut dire, Monsieur Potter, continua Severus, c'est que vous jeter dans le vide était complètement imprudent et irresponsable.
Harry perdit quelque peu son sourire. Mais celui-ci revint, plus éblouissant que jamais quand l'enfant rétorqua :
- Oui, mais nous avons gagné ! J'ai attrapé le Vif d'Or !
- En effet, dit Dumbledore le regard pétillant.
Severus se doutait que le Directeur se réjouissait de l'attitude purement Gryffondoresque de son précieux Survivant.
- Professeur, dit Potter plus sérieusement et Severus s'aperçut que le garçon s'adressait à lui. Je voulais vous remercier. Daphné m'a raconté qu'elle vous a vu incanter pendant que j'étais accroché à mon balai. C'est vous qui m'avez fait descendre, n'est-ce pas ?
- C'est exact.
Au regard d'Albus, Severus sut que son ton était trop sec.
- Alors merci Professeur. Vraiment.
A cet instant précis, Severus ne vit que les yeux de Lily, pleins de gratitude.
- De rien … Monsieur Potter.
Potter. Lily était devenu Potter. James, avec les yeux de Lily. Une autre aberration dans ce bas monde.
ooOOOoo
- Nous n'avons aucune preuve, Severus, dit doucement Dumbledore. Nous ne pouvons encore rien faire.
- Rien faire ! Mais il a presque tué un élève ! Bon sang Albus !
- J'en suis conscient, Severus. Calmez-vous mon garçon.
- Je ne suis pas votre garçon, rétorqua Severus avec la voix de quelqu'un ayant répété cette phrase de nombreuses fois. Mais par Merlin, Albus, n'y a-t-il rien à faire ? C'est un miracle que Potter soit en vie. Le Maléfice n'était pas un simple Sortilège de Confusion. C'était plus complexe. Plus noir.
- Une vigilance accrue est nécessaire, je vous l'accorde.
Il y eut un silence.
- Pourquoi Potter ? Il n'a rien à voir avec la Pierre, pourtant.
- Peut-être avons-nous sous estimé Quirinus. Peut-être que la Pierre n'est pas son but. Le soir d'Halloween, rien n'avait bougé au deuxième étage cette nuit-là.
- Il serait là pour tuer Potter ? S'étrangla Severus.
- C'est une possibilité, admit Albus. Mais c'est peut-être plus complexe que cela.
- Je ne comprends pas Monsieur le Directeur.
- Moi non plus mon garçon, moi non plus.
- Je ne suis pas votre garçon, siffla le Maître des Potions.
ooOOOoo
Harry marqua son nom sur le parchemin avec un étrange sentiment de soulagement et de tristesse.
Soulagement. Il n'était pas obligé de passer les vacances de Noël chez les Dursley. Pour la première fois de sa vie, il ne serait pas obligé de regarder son cousin ouvrir des paquets avec empressement, tandis que lui se contentait de servir le petit déjeuner à sa famille. Traditionnellement, son Oncle et sa Tante lui offrait deux pence pour Noël. Une référence à Mary Poppins disaient-ils, et cela faisait rire son Oncle. Harry ne comprenait pas. Il n'avait pas vu Mary Poppins. Il n'avait pas le droit de regarder la télévision avec les honnêtes gens.
Tristesse parce que ses amis rentraient dans leurs familles respectives pour Noël. Blaise allait rencontrer le nouveau fiancé de sa mère. Cela n'avait pas l'air de lui faire plaisir et il fut surpris quand Daphné décréta qu'elle commencerait à prendre les paris à la rentrée, le 2 Janvier.
- Les paris ? Demanda Harry interloqué
Blaise jeta un regard noir à Daphné. Sentant le malaise, Harry balbutia que ce n'était pas grave, que ce n'était pas ses affaires.
- Il va bien le découvrir un jour, avait dit Daphné.
Blaise avait alors expliqué à Harry que sa mère était surnommée la Veuve Noire, car ses maris ne faisaient pas long feu. Il allait rencontrer le probable futur huitième. Harry n'osa pas demander les causes de décès des précédents époux. Ni même lequel d'entre eux était le père de Blaise. Mais Blaise avait répondu tout seul à ses interrogations.
- Il y a tout un tas de rumeurs qui courent sur ma mère. Mais je refuse de croire qu'elle a tué tous ses maris.
- Ton père...
- N'est aucun d'entre eux. Je porte le nom de ma mère parce qu'elle ne l'a jamais épousé. Il est mort pendant qu'elle était enceinte. Heureusement, ils avaient pris leurs dispositions pour que mon père me reconnaisse. Donc j'ai hérité de sa fortune quand il est mort.
Visiblement, parler de ses parents était douloureux pour Blaise, si bien que Harry ne s'appesantit pas. A la place, il changea de sujet.
- Vous savez qui reste à Poudlard pour les vacances ?
- Nott, répondit immédiatement Drago qui venait de rentrer dans la chambre.
Il jeta un regard en biais à Blaise. Apparemment, il avait entendu une partie de la conversation.
- Seulement Théodore Nott ?
- De Première Année, oui, dit Drago. Pour les autres années, je ne sais pas.
Harry poussa un gros soupir.
- T'inquiète pas Harry, tempéra Daphné. Ce n'est que pour deux semaines. Et puis on t'écrira et on t'enverra quand même tes cadeaux de Noël.
Harry la fixa bêtement quelques secondes.
- Pourquoi voulez-vous m'offrir des cadeaux ?
- Pour la même raison que toi tu vas nous en offrir. C'est Noël et nous sommes tes amis, répondit simplement la jeune fille.
Harry rougit, se sentant un peu idiot. Il n'avait jamais pensé qu'il recevrait des cadeaux à Noël.
- Je comprends Potter. Chez nous, nous ne fêtons pas Noël, dit Drago d'un ton suffisant.
Le même ton qui horripilait Blaise habituellement.
- Nous fêtons le Solstice d'hiver avec d'autres familles.
- Et c'est chiant à mourir, répliqua Daphné. Au moins Noël a l'air convivial dans les autres familles. D'autant que cela revient au même, à quelques jours près.
Mais Harry n'écoutait pas vraiment.
Il avait des amis. Des vrais.
ooOOOoo
Passer les vacances de Noël avec Théodore Nott n'entraînait pas de péripéties très palpitantes. Le garçon passait le temps dans des bouquins plus épais que lui. Pourtant ses notes n'étaient pas mirobolantes, et Harry comprit pourquoi très vite. Ce n'étaient des manuels ou des grimoires en rapport avec les cours que Théodore lisait, mais des romans, des recueils de poésie, des biographies et même des livres moldus.
Jetant un dernier coup d'œil au garçon assis dans un coin de la Salle Commune, comme si celui-ci allait subitement trouver l'envie d'une vie sociale, Harry poussa un gros soupir et se mit à travailler sur son devoir de Potions. Les dix ingrédients les plus courants en Potion et leurs interactions. Snape était un tortionnaire.
ooOOOoo
Drago avait appris très tôt à se méfier de la canne de son père. D'abord parce que c'était une canne, et que, même si Lucius ne l'avait frappé qu'une fois avec, cela restait gravé dans la mémoire du garçon. Ensuite, parce que le pommeau de la canne renfermait la baguette de son père. Et qu'elle était dix fois, cent fois pire que la canne.
Drago s'était douté qu'avoir son père comme Président du Conseil d'Administration de Poudlard et son Parrain comme Professeur de Potions n'était pas une bonne chose pour lui. Il en avait désormais confirmation.
Lucius l'avait accueilli à la gare de King's Cross, le visage fermé. Seule sa mère lui avait adressé un sourire, un peu froid certes (après tout ils étaient en public), mais un sourire quand même. Drago avait salué ses parents comme le voulait l'éducation d'un Sang Pur de son rang, puis ils avaient transplané au Manoir Malfoy. La crispation de la main de son père sur son épaule, pendant le transplanage d'escorte avait donné une idée à Drago sur l'état d'esprit de son père. Et ce n'était pas bon. Pas bon du tout.
Lucius Malfoy se mettait rarement en colère contre son fils. Il préférait montrer la déception, voire le mépris lorsque son fils ne se comportait pas comme il fallait. Mais là, Lucius était hors de lui. Que son fils soit deuxième de sa promotion n'était pas grave en soi. Mais qu'il soit dépassé, non, carrément distancé par une Sang-de-Bourbe Gryffondor, cela Lucius ne pouvait l'accepter. Les Professeurs ne tarissaient pas d'éloges sur cette Miss Granger, et même Severus avait admis que c'était probablement l'élève la plus intelligente qu'il ait eu depuis dix ans d'enseignement. « Aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années » avait dit son ami quelques fois. Lucius avait toujours supposé que les âmes bien nées étaient des Sang-Purs. La signification de cette phrase n'avait jamais atteint l'aristocrate aussi durement, et il l'avait rejetée aussi sec. Il ne pouvait y avoir d'âme bien née chez les Sang-de-Bourbes.
Alors quand ses pieds touchèrent le sol de marbre du Hall du Manoir, la gifle partit sans prévenir. Narcissa tenta bien d'intervenir dans le sens de son fils, mais un regard de Lucius la fit changer d'avis. Après une hésitation et un regard désolé, elle monta dans ses appartements.
Qu'on ne se méprenne pas. Lucius aimait passionnément sa femme, et il adorait son fils. Mais Lucius avait été élevé avec des principes forts, des croyances inébranlables, et il ne supportait pas la contradiction. Cela avait été si mortifiant pour lui, quand les résultats trimestriels avaient été transmis au Conseil d'Administration. Son fils, son propre fils, humilié par une Sang-de-Bourbe. Non, Lucius ne le permettrait pas. Et son fils s'emploierait à corriger cette aberration.
Il fit monter Drago dans sa chambre et le suivit.
Il donna une longue explication à Drago sur la supériorité des Sang-Purs, et pourquoi il était inacceptable que Granger le distance à ce point. Puis il sortit sa baguette.
Et Drago souhaita subitement être resté à Poudlard avec Harry Potter.
ooOOOoo
Pendant la réception du Solstice d'Hiver, Severus observa Drago. Il n'avait que onze ans, mais il était déjà à l'aise dans les mondanités. Ou il faisait bien semblant. Son Parrain avait néanmoins noté sa démarche un peu raide, et le fait qu'il évitait soigneusement son père.
Un sentiment de tristesse et de lassitude envahit le Maître des Potions. Drago avait été puni, encore une fois, à la baguette manifestement. Mais malgré cela, il faisait danser Miss Greengrass avec aisance.
Il allait devoir discuter sérieusement avec Lucius. Et avec Drago lui-même.
ooOOOoo
Harry se réveilla avec une impression d'excitation. Mais il ne se souvenait pas vraiment pourquoi. Il ouvrit péniblement les yeux, un bruit de déchirement le tirant définitivement du sommeil. Sur un autre lit, Théodore Nott ouvrait des paquets multicolores.
Ah, oui, Noël. Harry s'assit sur son lit puis ouvrit de grands yeux. Ses amis lui avaient dit qu'ils lui enverraient des cadeaux, mais Harry ne s'était pas attendu à ce qu'il y en ait autant.
Le premier paquet venait de Daphné, et il s'agissait selon toute probabilité d'un livre. 100 Sortilèges pour vous simplifier la Vie. Harry le feuilleta rapidement. Sortilèges de réparation, Sortilèges de décoration, Maléfices anti-nuisible (si seulement il pouvait les lancer sur Dudley ceux-là), Sortilèges de jardinage... un livre bien pratique. Daphné avait laissé un mot très court. « la page 25 devrait t'intéresser, Daphné ». Harry ouvrit le livre à la page indiquée :
Réparation, personnalisation et optimisation des lunettes
Génial.
Résistant à l'envie de tester tout de suite les sortilèges, Harry prit un deuxième paquet au hasard. Il provenait de Drago. Il l'ouvrit, et une gourmette en argent en tomba. Sur la face visible, le prénom Harry était gravé, et sur l'autre face, d'étranges glyphes s'entrecroisaient. Une carte accompagnait également ce présent. « Ceci est un bracelet protecteur. Il protège des Sortilèges mineurs, comme le Maléfice du Saucisson. Je me suis dit que même le Survivant pouvait avoir besoin de protection. Surtout que tu as l'air d'être un aimant à problèmes. Drago ».
Harry sourit. Il espérait que son cadeau pour Drago n'ait pas fait trop de vagues chez lui. Il n'y connaissait rien à la culture Sorcière. Mais les Sorciers ne connaissaient pas plus la culture moldue. Il avait envoyé une édition illustrée de « Contes et Légendes du Monde » qu'il avait lui-même annoté pour expliciter des passages.
A Daphné, il avait offert une collection de Bande-Dessinées Moldues. Des classiques humoristiques, mais aussi des ouvrages plus graphiques et des éditions collectors. Le paquet, au final, était plutôt lourd, mais Harry était content de son choix.
Pour Blaise, il avait longtemps hésité. Après tout, il ne connaissait pas grand chose de la vie de son ami. Il connaissait plus de détails de la vie de Drago et Daphné que de Blaise, étrangement. Il avait fini par se décider à lui offrir une Game Boy, quelques jeux et une réserve de piles. Il savait que les appareils moldus ne fonctionnaient pas à Poudlard, alors quand il avait reçu par hibou postal l'engin, il s'était concentré intensément, comme avant qu'il n'ait sa Baguette. Après plusieurs tentatives et une sérieuse migraine, il avait fini par arriver à faire fonctionner la machine électronique.
En parlant de Blaise, il tenait un paquet de sa part dans les mains. Un livre aussi. « Le Quidditch à Travers les Âges ». Très bon choix.
De Hagrid, il avait reçu une flûte, que le Garde-chasse avait taillée lui-même. Quand il souffla dedans un son grave mais mélodieux en sortit.
Les parents de Daphné avaient envoyé une réserve de confiseries sorcières. Suffisamment pour tenir un siège aux yeux de Harry, qui en proposa à Théodore. Celui-ci le jaugea du regard pendant quelques instants avant d'accepter.
Puis Harry ouvrit le dernier paquet. Une petite carte en tomba ainsi que ce qu'il semblait être un vêtement. La carte était plutôt énigmatique et ne disait que quelques mots « Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Fais en bon usage ».
Il prit le vêtement et le déplia. Il entendit Théodore pousser une exclamation de surprise.
- Si c'est ce que je crois, Potter, alors celui qui t'offre ça doit être très riche.
- Je ne sais pas, ce n'est pas signé. Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il. Ça ressemble à une cape.
- Mets-la.
Curieux, Harry mit la cape sur son dos et se regarda dans le miroir de la chambre. Mais il ne vit rien. En fait si, il vit sa tête. Uniquement sa tête. Le reste de son corps avait disparu.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Glapit-il
- C'est une Cape d'Invisibilité Potter, expliqua Nott. C'est très rare.
- Harry. Je m'appelle Harry.
Théodore lui lança un regard bizarre mais ne le contredit pas.
Une Cape d'Invisibilité. Qui avait appartenu à son père. Qui avait pu la lui offrir ? Un mystère de plus.
ooOOOoo
Harry ne savait pas trop comment il avait atterri ici. C'était vrai, il se promenait dans les couloirs après le couvre-feu. C'était vrai, il n'avait aucune raison de traîner du côté du deuxième étage. Mais ce chien n'avait aucune raison d'y être non plus.
Tout ça c'était la faute de Miss Teigne. Elle l'avait senti malgré sa Cape, et maintenant il faisait face à un chien. Ou à trois, il n'était pas sûr. Trois têtes, mais un seul corps. Cela lui rappelait vaguement quelque chose qu'il avait lu à ce sujet, mais il n'arrivait pas à se souvenir de quoi, trop occupé qu'il était à ne pas bouger en attendant que Rusard parte. Le chien l'avait senti, mais il n'arrivait pas à comprendre pourquoi cela sentait l'humain alors qu'il n'y avait personne. Harry chercha un autre moyen de s'en sortir mais la seule autre issue de la pièce semblait être une trappe sous le chien à trois têtes. Ce qui était en soi une raison valable de ne pas passer par là. Précautionneusement, Harry rouvrit la porte et se jeta dans le couloir quand le chien gigantesque chargea.
Harry parvint à fermer la porte, mais bientôt, il entendit des pas rappliquer vers l'endroit où il était. Paniqué, il parcourut les couloirs au hasard, jusqu'à ce que les pas derrière lui se rapprochent dangereusement, et qu'une lueur mouvante devant lui, lui coupe le chemin. Avisant une porte entrouverte, il se glissa silencieusement par l'interstice, et, avant que les deux personnes n'arrivent dans le couloir, il ferma la porte sans bruit. Il s'appuya contre le battant, tentant de calmer les battements frénétiques et désordonnés de son cœur. Il entendit bientôt deux personnes échanger quelques mots, puis repartir ensemble.
Harry attendit quelques instants, comptant les secondes dans sa tête, puis il s'apprêta à sortir pour rentrer dans son dortoir, quand il aperçut encore autre chose qui n'avait rien à faire là.
Là, c'était une vieille salle de classe, visiblement inutilisée depuis des années. Les tables et les chaises étaient empilées contre le mur, de manière un peu désordonnée. Et au milieu de la salle, un grand miroir en pied. Retirant sa Cape, Harry s'approcha du Miroir. Quand il vit son reflet, son cœur manqua un battement. Il n'était pas seul. Se retournant vivement, il ne vit que le vide. Perplexe, il fixa à nouveau le miroir. Les personnes étaient toujours là. Harry fouilla avec ses mains l'espace derrière lui, mais après quelques instants, il dut se rendre à l'évidence. Il était seul.
Il s'approcha plus près du miroir et put distinguer des inscriptions sur son pourtour. Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. Décidément très mystérieux. Il regarda à nouveau son reflet, accompagné de gens. D'abord un homme et une femme, puis derrière eux, encore plus de gens. La femme était très belle et avait un sourire un peu triste. L'homme le regardait, une lueur de fierté dans le regard. Il lui faisait penser à quelqu'un. A lui. Son père ? Il détailla encore la femme. Harry reconnu le nez petit et pointu de la Tante Pétunia, ainsi que la forme de la bouche. Mais autant la Tante Pétunia avait l'air desséchée et aigrie, autant la femme avait un air très doux et aimant. Sa mère ?
Les larmes aux yeux, Harry recula d'un pas, le souffle coupé. Pourquoi ses parents lui apparaissaient-ils dans un miroir ?
Il leva les yeux à nouveau vers l'inscription, mais sa vue trouble l'empêcha de se concentrer.
Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. Qu'est-ce que cela pouvait bien dire ?
ooOOOoo
Harry adressa un sourire fatigué mais content à Hagrid. Celui-ci babillait des remerciements pour le cadeau que Blaise, Daphné et Harry lui avaient offert pour Noël, une anthologie sur les Dragons et une édition rare en plus. C'est Daphné qui l'avait dégotée, avec l'aide de son père.
Pour réveiller le garçon, le Garde-chasse lui mit d'office une tasse de thé fort dans les mains. Alors qu'il tentait de ne pas se brûler la langue, Harry remercia Hagrid pour la flûte. Puis il aborda le sujet pour lequel il était véritablement venu.
- Vous savez qu'il y a un Cerbère au Deuxième Étage ?
La théière atterrit sur le sol avec fracas, manquant d'ébouillanter Crockdur.
- Comment connais-tu l'existence de Touffu ? Demanda Hagrid surpris.
- Par hasard. Je me suis perdu dans les couloirs, et j'ai ouvert la mauvaise porte. Je crois qu'il était aussi surpris que moi de nous trouver nez à nez.
Ou nez à truffe.
- En tout cas, quand il a commencé à aboyer et à essayer de mordre, je me suis dit que je ne gagnerai pas ce combat là. Il semblait plus féroce que le Troll de l'autre fois.
- Oh, non, Touffu est très gentil quand on sait s'y prendre avec lui. Par exemple, il s'endort très vite quand on lui joue de la musique. Mince, j'aurais pas dû dire ça.
- Touffu ? C'est son nom ?
- Oui, Touffu est à moi. C'est un ami qui me l'a vendu il y a quelques temps. Dumbledore me l'a emprunté pour garder... Enfin, il me l'a emprunté quoi.
Zut, se dit Harry. Il a failli cracher le morceau.
- Il garde quoi Touffu ? Demanda Harry avec son air le plus innocent.
- Ça, Harry, c'est un secret qui ne regarde que le Professeur Dumbledore et Nicolas Flamel. Mince, j'aurais pas dû dire ça.
Nicolas Flamel ? Ce nom ne disait rien à Harry, mais peut-être que ses amis en sauraient plus que lui.
Harry changea de sujet, et Hagrid se détendit.
ooOOOoo
Harry poussa un énorme soupir. Il était tard, le couvre-feu était passé depuis longtemps, mais il n'avait pas vu le temps passer. Il était resté tout l'après-midi devant le Miroir du Riséd, à détailler chaque personne derrière lui. Il avait fini par comprendre que Riséd signifiait simplement Désir, et que le Miroir montrait le désir le plus profond de la personne qui le regardait.
Une famille. Sa famille. Son désir le plus profond était inatteignable. Et cela le rendait très triste. Un poids s'était installé sur sa poitrine ces derniers jours, et le garçon n'avait pas réussi à sortir le Miroir et ses parents de son esprit. Il en avait perdu le sommeil, rêvant d'un éclair vert et d'un rire aigu et froid. Il rêvait que ses parents se trouvaient devant lui, tout sourire, les bras ouvert mais que lui ne pouvait plus bouger. Alors ils perdaient leur sourire et s'éloignait inexorablement, ignorant les cris de Harry. Ses cauchemars étaient très vifs, et plus d'une fois, il avait réveillé Théodore Nott.
Dans le livre que lui avait envoyé Daphné pour Noël, Harry avait trouvé un Sortilège de silence plutôt efficace, et désormais il le lançait chaque soir sur son lit à Baldaquins. Si lui ne pouvait dormir, au moins, son camarade de chambrée ne serait plus importuné.
Harry s'apprêta à ramasser sa Cape d'Invisibilité et à rentrer dans son dortoir quand il sentit une présence derrière lui. Il se retourna brutalement. Albus Dumbledore était là, à l'observer. Harry se leva précipitamment.
- Bonsoir Professeur, dit-il légèrement inquiet de se faire remonter les bretelles.
- Bonsoir Harry, répondit doucement Dumbledore. Alors tu es encore ici ce soir.
Harry rougit. Qu'entendait le Directeur par 'encore ici'. L'aurait-il surveillé ?
- As-tu compris la spécificité de ce Miroir, Harry ?
- Je crois oui, dit le garçon étonné par le tournant que prenait la discussion.
- Et quelle est-elle selon toi ?
- Il montre le désir le plus profond de la personne qui le regarde.
Les yeux du Professeur Dumbledore pétillèrent par dessus ses lunettes en demi-lune.
- C'est très bien, dit Dumbledore d'un ton professoral et Harry entendit presque 'cinq points pour Serpentard' dans le ton qu'il prit. Et qu'y vois-tu si ce n'est pas indiscret ?
- Mes parents, répondit Harry d'une voix étrangement enrouée. Ma famille. Je crois. Je n'ai jamais vu de photo d'eux.
Une lueur de tristesse passa dans le regard du Directeur, mais cela ne dura qu'une fraction de seconde.
- Et comprends-tu pourquoi ce Miroir est dangereux ?
Harry resta silencieux. Oui il savait, mais le dire signifiait aussi accepter de ne plus venir se perdre dans ses regrets. Finalement, il dit :
- Parce que mon désir le plus profond est impossible à atteindre.
Sa voix était définitivement trop rauque.
- D'autres avant toi sont devenu fou en s'abîmant devant le Miroir du Riséd. Des Sorciers adultes plus expérimentés que toi. Il est bon et sain d'avoir des rêves. Il n'est pas bon de se perdre à les contempler simplement. Comprends-tu ce que je veux te dire ?
- Je crois oui.
- Bien. Sache que dès demain, quand tes camarades reviendront de leurs vacances, le Miroir va être transporté ailleurs, et je te demande de ne pas tenter de le chercher, Harry.
- Oui, Professeur, dit docilement le garçon.
- Bien. Je crois qu'il est tard et que ta place est dans ton lit, jeune homme. N'oublie pas ta merveilleuse Cape.
A ce moment, Harry sut que l'expéditeur de ce précieux cadeau de Noël était le Directeur lui-même.
Il en aurait des choses à raconter à ses amis le lendemain, à leur retour.
ooOOOoo
- Un Cerbère ! S'écria Blaise horrifié.
- Chut ! Intima Harry.
Heureusement, les quatre compères étaient seuls dans un endroit isolé du parc de Poudlard.
Drago avait fait comprendre à ses deux gardes du corps qu'il ne souhaitait pas qu'ils le suivent, et Daphné, qui avait passé un peu de temps avec les autres filles de Première Année de Serpentard, leur avait faussé compagnie en arrivant à la Gare de Pré-au-Lard pour rejoindre Blaise.
Depuis leur arrivée, Harry leur racontait ses aventures. La Cape d'Invisibilité fit sensation, l'histoire du Cerbère horrifia Blaise, et la bourde de Hagrid intrigua les trois amis. Harry fit néanmoins l'impasse sur le Miroir du Riséd. C'était trop bizarre et trop intime pour en parler maintenant.
- Vous avez une idée de qui peut être Nicolas Flamel ? Demanda Harry à la fin de son récit.
- Oui, fit simplement Blaise. C'est un ami de Dumbledore à en croire sa carte de Chocogrenouille.
- Tu connais la carte de Chocogrenouille de Dumbledore par cœur ? S'étonna Harry.
- Non, je l'ai eue dans le train en arrivant, et je l'ai lue pour passer le temps.
- Si je me souviens bien des cours que me dispensait le Professeur Snape quand j'étais plus jeune, il s'agit d'un grand Alchimiste. Le seul à avoir jamais confectionné une Pierre Philosophale, je crois, continua Drago.
- Et ça sert à quoi, une Pierre Philosophale ? Demanda Harry.
- Transformer le plomb en or, explicita Drago. Et préparer l'Élixir de Longue Vie.
- Ah, oui quand même, siffla Blaise.
- Et ils gardent ça à Poudlard ? S'étonna Daphné.
- Quand on était à Gringotts cet été, Hagrid m'a dit que Poudlard était l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne.
- Quelqu'un a quand même lancé un sacré Sortilège de Magie Noire sur ton balai, dans l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne, ironisa Drago un petit sourire au lèvre.
Harry leva les yeux au ciel.
- Ça n'a rien à voir, grommela-t-il.
- Tu es sûr ? Fit Drago toujours avec son sourire narquois.
- Il y aurait un lien entre la Pierre Philosophale et moi ?
- Je ne sais pas, admit Drago. Mais ça me semble un peu gros comme coïncidence. La Pierre Philosophale est cachée dans l'École cette année, et quelqu'un essaye de te tuer pendant un match de Quidditch.
- Je ne vois toujours pas le lien.
- Moi non plus. Mais je suis sûr qu'il y en a un.
Harry prit un air sombre. Tout cela ne lui plaisait pas du tout, et il avait un mauvais pressentiment.
ooOOOoo
Finalement la routine reprit sagement. Personne ne tenta de tuer Harry à nouveau, et celui-ci arrêta de parcourir les couloirs la nuit sous sa Cape d'Invisibilité. Ses cauchemars étaient toujours présents, mais moins fréquents désormais, et il n'était plus obligé de jeter de sorts sur ses rideaux pour ne pas déranger le dortoir la nuit. Cependant, il continuait de le faire quand même. L'hiver fut rigoureux, mais bientôt le Printemps revint, au soulagement des élèves de Poudlard. Harry rendait fréquemment visite à Hagrid, accompagné de Blaise et Daphné ou seul. Drago refusait toujours de prendre le thé dans la cabane du Garde-chasse. Les trois amis y croisaient régulièrement Weasley et Londubat, parfois en compagnie de Granger. La hache de guerre n'avait pas été déterrée, et les enfants se côtoyaient sans faire trop de vagues.
Les Serpentards gagnèrent leur match contre Poufsouffle aisément, et c'est plutôt confiant que les membres de l'équipe se dirigeaient inexorablement vers la Coupe de Quidditch.
La Pierre Philosophale avait complètement quitté l'esprit de Harry et de ses amis, et ils croquaient ensemble la vie à pleines dents.
Les élèves apprirent un jour que Hagrid avait recueilli un dragon. Un Norvégien à Crête. Pour des raisons évidentes de sécurité, après quelques jours dans la cabane de Hagrid, en bois, des éleveurs de Dragons étaient venus récupérer l'animal. L'événement avait fait les gorges chaudes de Poudlard pendant des jours et une nouvelle expression se répandit dans l'École : 'imprudent comme un Garde-chasse'.
Puis les examens approchèrent à grands pas, et les enfants commencèrent à réviser avec sérieux, regrettant le temps où ils pouvaient se promener dans le parc sans culpabiliser atrocement. Daphné leur avait préparé un planning de révisions en groupe, ainsi qu'aux autres élèves de Première Année de Serpentard. Drago s'aperçut qu'il était plus facile pour lui de retenir ses leçons quand il les expliquait à quelqu'un, si bien qu'il quitta leur petit groupe pour réviser avec Gregory Goyle et Vincent Crabbe, qui ne comprenaient pas grand chose, les pauvres. Daphné partait souvent réviser avec Pansy Parkinson, Tracey Davis et Millicent Bullstrode. Harry fit des pieds et des mains pour intégrer Théodore Nott au petit groupe de travail qu'il formait avec Blaise, afin de sortir le garçon taciturne de sa solitude. Et cela marchait relativement bien. Nott n'était pas bavard, mais il était d'une grande aide en Histoire de la Magie.
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S'il y avait une chose dans laquelle Drago était très bon, c'était la provocation et l'art de l'insulte dissimulée. Il en montra un parfait exemple ce matin là. Il n'avait juste pas prévu que Weasley allait répondre efficacement … avec les poings.
Tout se passa très vite, et personne n'arriva à expliquer à un Severus Snape hors de lui comment tout cela avait pu dégénérer en bagarre générale dans le Grand Hall, juste avant le petit déjeuner. Le Directeur de Serpentard intima à son filleul, Blaise et Harry de le suivre jusqu'à son bureau. Daphné avait jugé plus prudent de rester en retrait, et elle avait eu raison. Comme toujours. Le Professeur McGonagall faisait de même avec les Gryffondors concernés.
- Je pensais avoir été clair, siffla Snape d'une voix basse.
- Avec Snape, plus la voix était basse et grave, plus vous étiez dans la mouise. Au ton du Professeur, les trois garçons surent qu'ils y étaient au moins jusqu'au cou.
- Il est intolérable que des élèves de Serpentard soient au centre d'une bagarre. Je me vois dans l'obligation de vous mettre en retenue dès ce soir. Vous rejoindrez Monsieur Rusard dans le Hall, à 20h30 précises. Il ne tolérera aucun retard, et il vous donnera les consignes que j'aurais laissées pour lui. Vous pouvez partir.
Son regard resta longuement sur Drago qui baissa les yeux, honteux.
- Tu m'as beaucoup déçu aujourd'hui Drago, finit par dire Severus, toujours de sa voix basse.
Incapable de répondre quoi que ce soit, Drago garda le silence dans une attitude contrite et suivit ses deux amis hors du bureau professoral.
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Huit heures et demi pile. Rusard les attendait déjà en compagnie de Miss Teigne et de Hagrid.
- Bien, au moins vous êtes à l'heure, grinça le Concierge. Ce soir, vous allez donner un coup de main à notre Garde-chasse. Il va vous emmener dans la Forêt Interdite. Je reviendrais chercher ce qu'il reste de vous demain matin. S'il y a quelque chose à récupérer.
Hagrid poussa un gros soupir, et fit signe aux trois garçons de le suivre, Crockdur sur ses talons.
Arrivés à la lisière de la Forêt Interdite, Hagrid leur expliqua qu'ils cherchaient une Licorne blessée. Ils se répartirent en deux groupes. Drago et Harry partirent d'un côté avec Crockdur, Hagrid et Blaise partirent d'un autre côté.
Après quelques minutes d'exploration, Harry et Drago trouvèrent une piste et la suivirent. Plus ils s'enfonçaient dans la Forêt, plus l'atmosphère leur semblait glacée et angoissante. Une légère brume peu rassurante commençait à monter de la terre. Harry se fit la réflexion qu'ils pourraient être les prochaines victimes d'un film d'horreur, si tout cela n'avait pas été réel. Puis la piste s'arrêta dans une clairière sombre. Les deux garçons et le molosse assistèrent à une scène à la fois triste et révoltante. Une Licorne gisait là, son sang coulant doucement sur l'herbe noire. Un être d'une pureté absolue avait été tué et cela suffisait à faire monter les larmes aux yeux de n'importe qui.
Mais une silhouette noire était penchée sur le cadavre de la Licorne et semblait s'abreuver de son sang. Cette vision retourna l'estomac de Harry alors que la silhouette se redressait, du sang argenté coulant sur sa Cape noire. Et la tête de Harry s'ouvrit en deux. Ou du moins il en eut l'impression. Il poussa un glapissement de douleur, tandis que Drago laissait échapper un hurlement de terreur très peu Malfoyen.
Sous la douleur, Harry tomba à terre, sa vision se troubla, le monde tournait autour de lui, et la silhouette se rapprochait lentement de lui. Il ne savait pas ce qu'étaient devenus Drago et Crockdur. Étaient-ils toujours là ? S'étaient-ils enfuis ? Harry l'espérait.
La silhouette l'avait presque atteint et la douleur était devenue si forte que Harry se demandait pourquoi il ne s'était pas encore évanoui. Soudain il entendit un grand fracas, et la douleur reflua d'un coup. Sa vue se stabilisa, et Harry pu rechausser ses lunettes (Quand les avait-il perdues?). Il cligna des yeux plusieurs fois, pour être sûr de ce qu'il voyait.
- Merci euh... monsieur, dit-il à l'apparition.
- Je suis le Centaure Firenze, se présenta l'apparition mi-homme mi-cheval. Et tu es Harry Potter.
- Oui, dit Harry. Qu'est-ce que c'était ?
- Une chose horrible qui n'a rien à faire dans ses bois. Sais-tu ce qu'il en coûte de boire du Sang de Licorne, Harry Potter ?
Harry pensa que c'était horripilant d'utiliser son nom complet, mais il tint sa langue et secoua la tête.
- Cela permet de rester en vie. Mais seulement d'une demi-vie. D'une vie maudite. Car tuer une créature si pure et boire son sang a des conséquences terribles.
- Mais qui voudrait d'une telle vie ? Questionna Harry.
- Sais-tu ce qui est caché à Poudlard en ce moment, Harry Potter ?
- La Pierre Philosophale, répondit Harry sans se demander un seul instant comment le Centaure pouvait être au courant.
- Et à ton avis, Harry Potter, qui pourrait choisir de vivre une vie maudite en attendant son heure ?
'Certains disent qu'il a disparu, mais je n'y crois pas'. C'est ce que Hagrid disait dans ce qu'il semblait être une autre vie à Harry.
- Voldemort, souffla le garçon.
- Tu es intelligent, Harry Potter. Mais ta place n'est pas ici ce soir, dans la Forêt Interdite. Sache simplement que Mars est particulièrement visible ce soir.
Harry allait demander des explications plus précises quand déboulèrent, hors d'haleine, Hagrid, Crockdur, Blaise et Drago.
- Firenze, je suis content que tu sois là, dit Hagrid en reprenant son souffle. As-tu vu quelque chose ?
- Mars est bien visible ce soir, se contenta de répondre le Centaure.
- Je vois, marmonna Hagrid exaspéré par le comportement du Centaure. Merci, Firenze, d'avoir gardé le jeune Harry. Nous allons rentrer à Poudlard, maintenant.
- C'est le plus sage en effet, conclut Firenze. Au revoir Harry Potter. J'espère que nos chemins se recroiseront un jour.
Et sans un mot de plus, le Centaure s'éloigna et disparut bien vite.
Arrivé au Château, Harry avait décidé d'aller parler au Professeur Snape dès le lendemain matin. Mais lorsque le matin vint, il ne le trouva nul part. C'était le week-end précédant les examens, et les élèves semblaient très stressés. Les Professeurs aussi. Harry finit par tomber sur le Professeur McGonagall.
- Professeur ! L'interpella-t-il. Savez-vous où je peux trouver le Professeur Snape s'il vous plaît ?
- Le Professeur Snape ? Mais il n'est pas au Château ce week-end.
- Pourquoi ? Ne put s'empêcher de demander Harry.
- Cela ne vous regarde pas jeune homme, répliqua la femme d'un ton sévère.
- Mais c'est important. Le Professeur Dumbledore est-il là ?
- Non, le Directeur a été appelé à Londres par le Ministère de la Magie. Qu'y a-t-il de si important Monsieur Potter ? Demanda McGonagall suspicieuse.
- Je... c'est, c'est à propos de la Pierre Philosophale. Je pense que V... que quelqu'un va la voler bientôt !
Le Professeur McGonagall resta coite pendant quelques secondes.
- Comment ? Vous n'êtes pas censé … Sachez Monsieur Potter que la Pierre est très bien gardée, malgré le fait que j'ignore comment vous avez su qu'elle se trouvait au Château. Maintenant je vous conseille de vous retirer cela de l'esprit et d'aller profiter du magnifique beau temps que nous avons.
Harry pinça les lèvres et, à contre cœur, retourna dans la Salle Commune de Serpentard. Il expliqua toute la situation à ses amis.
- Je pense que Vous-Savez-Qui va tenter de la voler ce soir, tant que Dumbledore et Snape ne sont pas là.
Drago était très pâle, Blaise semblait sur le point de vomir et Daphné arborait une splendide grimace.
- Laisse-moi deviner, fit-elle d'un ton fataliste. Tu vas vouloir qu'on l'en empêche.
- Oui ! Je sais déjà comment passer devant le Cerbère. Si on arrive avant lui...
- Harry ! Protestèrent de concert Blaise et Drago. C'est du suicide !
Harry les dévisagea longuement.
- Vous avez raison, finit-il par dire. J'irai seul. Cela vaudra mieux.
Blaise frappa son front du plat de sa main avec un air désespéré.
- Tu te crois suffisamment puissant pour tenir tête à Tu-Sais-Qui ? Demanda Drago sombrement ironique.
- Non, mais il faut gagner du temps. Prévenir Dumbledore de ce qu'il se passe, et empêcher Vol... euh Vous-Savez-Qui de prendre la Pierre en attendant qu'il ne revienne de Londres.
Les trois autres se regardèrent.
- C'est de la folie Harry, finit par dire Blaise.
- Si vous croyez que je vais regarder le meurtrier de mes parents revenir à la vie sans rien faire, vous vous trompez ! S'emporta le garçon.
De nouveau ses amis se regardèrent, gênés.
- On ne dit pas que tu n'as pas de raisons de le faire Harry. On dit que tu n'en as pas les capacités, explicita Daphné de son ton le plus patient.
Harry les foudroya du regard.
- Avec ou sans votre aide, j'irai de toute façon.
- C'est bien ce qui nous inquiète. Mais mets toi dans la tête que si tu y vas, nous irons avec toi. Tu serais capable de te fouler une cheville sur le trajet, si tu y vas seul, ironisa Drago.
Étrangement, la remarque un peu sèche de Drago fit sourire Harry.
- Merci, dit-il simplement.
- Bon, fit Blaise. Comment se prépare-t-on pour cette mission suicide ?
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Quatre silhouettes quittèrent silencieusement la Salle Commune de Serpentard ce soir là. Ils étaient trop nombreux pour tous passer sous la Cape d'Invisibilité, mais en faisant peu de bruit, et en étant extrêmement attentifs, ils atteignirent le deuxième étage sans encombre. Sitôt devant Touffu, Harry commença à jouer de la flûte que Hagrid lui avait offerte.
En quelques secondes, le formidable Chien à trois têtes s'endormit profondément. Harry continuait à jouer quand les trois autres déplacèrent les pattes du chien pour ouvrir la trappe. Harry passa la flûte à Drago. 'Il joue bien mieux que moi' ne put s'empêcher de penser le garçon.
- Bien, chuchota Harry. Je passe en premier. Si tout va bien, je vous crie de me suivre.
Sans laisser la possibilité aux autres de lui répondre, Harry se laissa tomber dans l'ouverture que formait la trappe béante.
Quelques instants plus tard, les trois autres entendirent:
- On atterrit sur une sorte de plante, donc faîtes attention, mais elle amortit la chute.
Blaise, Daphné et enfin Drago, suivirent.
- Une sorte de plante ? Fit Daphné. Dis-moi Harry, qu'est-ce que tu fabriques en Botanique ? C'est un Filet du Diable. Regarde toi, tu comprendras pourquoi c'est une plante dangereuse.
- En effet, Harry était prisonnier de la plante jusqu'à la taille et celle-ci continuait à grimper, maintenant le long de son torse. Il foudroya Daphné du regard.
- Et toi qui es si intelligente, comment je fais pour me sortir de là ?
- Il faut faire du feu. Drago, tu connais des Sortilèges de flammes ?
En guise de réponse Drago incanta 'Incendio' et la plante se rétracta subitement dans un coin de la pièce. Cela permit aux quatre enfants de découvrir une porte qui n'attendait plus qu'eux. Ils tombèrent sur une salle dotée d'un plafond très haut. Vraiment très haut. Il y volait des dizaines, des centaines de ...
- Ce sont des clefs, fit Daphné.
- Je suppose que l'une d'entre elles ouvre la porte là-bas, dit Drago en désignant une petite porte au fond de la salle.
- Il est vraiment très haut ce plafond, murmura Harry.
- C'est magique, lui répondit discrètement Blaise.
- Comment on fait pour l'attraper cette clef à ton avis ? Demanda Daphné à Drago.
Comme s'il n'attendait que cette question, un balai apparut au centre de la pièce.
- Je crois que celui qui va s'y coller est tout trouvé, ricana Drago en regardant Harry. Tu es le plus jeune Attrapeur de Poudlard depuis un siècle, à toi l'honneur !
Dubitatif le garçon se rapprocha du balai.
- C'est bien gentil de faire de moi un volontaire désigné, mais je cherche quelle clef ? On va pas toutes les essayer ? Si ?
- Non, répondit Drago.
Il examina quelques instants la porte puis rendit son verdict.
- Il faut une clef ancienne, en argent, un peu oxydée, épaisse.
- D'accord.
Harry monta sur le balai et s'éleva vers le plafond. Il scrutait les amas de clefs sans trouver quoi que ce soit, jusqu'à ce que son regard se pose dans un coin sombre. Une grosse clef d'argent, épaisse et un peu noircie par le temps semblait se cacher. Une de ses ailes était tordue et Harry eut la désagréable impression que la clef avait peur. Il s'approcha doucement de la cachette de la clef. Celle-ci le vit ou en tout cas quelque chose l'alerta, et elle tenta de s'enfuir. Mais Harry fut plus rapide qu'elle, aidé sûrement par son aile abîmée. Il descendit vite pour donner la clef à Drago.
- Elle a déjà été utilisée, énonça-t-il platement.
Cette simple phrase glaça les trois autres. Si elle avait déjà été utilisée, alors Voldemort se trouvait peut-être derrière cette porte. En tout cas, il n'était pas loin. Les quatre enfants se regardèrent hésitants, jusqu'à ce que Harry pousse le battant de la porte d'autorité. Ce n'était pas Voldemort qui les attendait derrière. Ils ne surent pas tout de suite où ils étaient. L'endroit était très sombre, et les torches s'allumaient très lentement, comme pour faire durer le suspens. Quand la luminosité fut suffisante, Drago eut un sourire.
- On est sur un échiquier. Je suppose qu'il faut gagner la partie pour passer de l'autre côté.
- Super, soupira Harry. Je ne sais pas jouer aux échecs.
- Tu as de la chance, répliqua Daphné, les échecs font partie de l'éducation des parfaits Sang-Purs il paraît.
Drago la foudroya du regard.
- Donc tu sais jouer ? Fit Harry à Drago les yeux plein d'espoir.
- Bien sûr. Je suis plutôt bon. Même si Daphné est plus forte que moi.
Un peu soulagé, Harry se laissa guider par ses amis. Il prit la place de la Reine, Drago prit la place d'un Cavalier, Daphné d'une Tour et Blaise d'un Fou. Et la partie commença. Harry n'avait jamais vu d'échecs version sorcier, il n'était pas préparé à ce qui suivit. Quand une pièce se faisait prendre, elle était détruite. Violemment. Harry ignorait en quoi les pièce étaient fabriquées, mais il n'avait pas du tout envie de prendre un morceau en pleine tête, et il lui fallut toute sa concentration pour ne pas être blessé par un éclat volant trop près de lui. Malheureusement, Blaise n'eut pas cette chance et un morceau de pierre lui ouvrit l'arcade sourcilière. Ce n'était pas très grave, mais le sang s'écoulant sur son visage était impressionnant. Finalement, Daphné et Drago gagnèrent la partie. Le Roi adverse jeta sa couronne sur le damier de marbre dans un bruit de ferraille qui résonna longtemps.
Harry soutint Blaise, mais il apparut vite qu'il ne pouvait plus continuer. Sa blessure l'avait sonné et il n'avançait plus très droit.
- Mon pauvre Zabini, se moqua Drago, tu nous es bien inutile en définitive.
Mais le ton n'était pas mordant. Il était même inquiet.
- Repose-toi, dit Harry. Quand tu auras repris tes esprits, fais demi-tour et essaye de contacter un Professeur. Maintenant qu'on a la preuve que quelqu'un est passé avant nous, que ce soit Voldemort ou pas, on aura bien besoin de renforts.
Blaise hocha la tête, visiblement trop sonné pour répondre.
- Je vais rester avec lui, décréta Daphné d'autorité. Je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose.
Les deux autres garçons acquiescèrent, et passèrent la porte suivante. Une odeur pestilentielle les accueillit, les prenant à la gorge, et les faisant presque tousser. Un Troll énorme, plus gros que celui qu'ils avaient vaincu à Halloween, gisait à terre. Se dépêchant de traverser la pièce, Drago et Harry n'essayèrent pas de savoir s'il était vivant ou mort, mais ils étaient soulagés de ne pas à avoir à mener ce combat-ci.
Quand ils passèrent la porte au fond de l'arène, elle se ferma d'elle même et des flammes violettes s'élevèrent, leur coupant toute retraite. L'autre porte était elle aussi condamnée par des flammes noires. La pièce où ils avaient atterri était plutôt petite en comparaison de celles qu'ils avaient traversées. Au centre, il y avait une petite table et disposés en ligne, des flacons de Potions. Un parchemin accompagnait les Potions. Drago lu rapidement le parchemin et eut un rire.
- Une épreuve de logique, fit-il. Et concocté par mon Parrain lui-même. Je suppose que l'échiquier était l'œuvre de McGonagall, et que les clefs étaient le travail de Flitwick.
- Et le Filet du Diable une surprise de Chourave. Sans compter que Touffu est le Cerbère d'Hagrid, ajouta Harry. Le Troll, ce doit être Quirrell.
- Tu crois que cet incapable aurait pu enfermer un Troll des Montagnes de cette taille ici ?
- Il n'est pas Professeur de Défense pour rien. Je suppose qu'il doit avoir au moins une qualité. Sinon, je vois mal pourquoi Dumbledore l'aurait embauché.
Drago se reconcentra sur l'énigme.
Devant est le danger, le salut est derrière.
Deux sauront parmi nous conduire à la lumière,
L'une d'entre les sept en avant te protège,
Et une autre en arrière abolira le piège,
Deux ne pourront t'offrir que simple vin d'ortie,
Trois sont mortels poisons, promesse d'agonie,
Choisis, si tu veux fuir un éternel supplice,
Pour t'aider dans ce choix, tu auras quatre indices.
Le premier : si rusée que soit leur perfidie,
Les poisons sont à gauche des deux vins d'ortie,
Le second : différente à chaque extrémité,
Si tu vas de l'avant, nulle n'est ton alliée.
Le troisième : elles sont de tailles inégales,
Ni naine ni géante en son sein n'est fatale.
Quatre enfin : les deuxièmes, à gauche comme à droite,
Sont jumelles de goût, mais d'aspect disparates.
Harry fronça les sourcils, et avec l'aide de Drago, ils parvinrent à résoudre l'énigme. Une bouteille ronde et mauve permettait de passer les flammes violettes et de faire demi-tour. Une minuscule bouteille noire permettait de poursuivre l'aventure. Enfin, selon eux.
- Il n'y a qu'une gorgée dans celle-là, dit Harry en désignant la fiole noire. Je vais la prendre et continuer. Toi, prends l'autre et pars aider Daphné et Blaise. Je m'en sortirai.
Drago lui donna une accolade émue.
- Fais attention Harry. Prouve nous que tu mérites ton surnom de Survivant.
- Promis, répondit Harry la voix étrangement basse.
Ils se séparèrent. Drago avala une gorgée du flacon violet et traversa les flammes de la même couleur. Quand il l'eut perdu de vue, Harry prit son courage à deux mains, avala le contenu de la minuscule fiole, et passa les flammes noires.
Il déboucha sur une vaste salle, vide, ou presque. Harry reconnut en son centre le Miroir du Riséd. Et devant le Miroir, se tenait le Professeur Quirrell. Harry chercha frénétiquement de tout côté, mais la salle n'offrait aucune cachette, aucun abris.
- Potter ! S'exclama Quirrell quand il le reconnu. C'est très aimable à vous de venir nous tenir compagnie.
Apparemment, le professeur déraillait. Il parlait de lui à la première personne du pluriel. Schizophrène ? L'idée amusa brièvement Harry, jusqu'à ce que le professeur-schizo lui envoie un sort sans prévenir.
- Petrificus Totalus !
Dans une piètre tentative de se défendre, Harry leva les bras devant son visage, mais le sort ne l'atteignit jamais. Son bracelet l'arrêta. Ce qui mit Quirrell en rage. Il lança à nouveau un sort, et cette fois, ce furent des cordes qui immobilisèrent Harry, alors que celui-ci essayait de les éviter. Malheureusement, son entreprise fut soldée par un échec, les cordes lui enserraient les chevilles et les poignets.
Quirrell se détourna de Harry pendant que le garçon faisait tourner ses méninges à toute vitesse. S'il comprenait bien les marmonnements de son Professeur, le Miroir était la dernière étape avant d'accéder à la Pierre.
- Où est-il ? Demanda Harry pour que Quirrell ne reste pas trop concentré sur cette énigme.
- Qui ça Potter ? Dit Quirrell d'un ton exaspéré.
- Voldemort.
Quirrell eut un sursaut violent et se tourna vers Harry furieux.
- Ne prononcez pas son nom, Potter, siffla-t-il dans une grimace de rage. Vous n'en êtes pas digne !
- Où il est ? Insista le garçon.
- Pas très loin, répondit Quirrell mystérieux. Mon Maître est toujours avec moi. Où que j'aille.
Cela sonnait comme la profession de foi d'un fanatique. Dieu Tout-Puissant qui ne me quitte jamais. Mais Harry eut l'intuition horrible que cela pouvait être vrai quand une voix glaciale et sifflante s'éleva dans les airs.
- Sers-toi du garçon, disait la voix.
Et la voix sembla sortir de Quirrell lui-même. D'un geste agacé, le Professeur claqua des mains et les liens qui immobilisaient les pieds et les mains de Harry disparurent. Quirrell agrippa Harry au colback, et le força à s'installer devant le Miroir.
- Qu'est-ce que vous voyez Potter ?
Harry resta muet. En réalité, il ne comprenait pas vraiment ce qu'il voyait. Il s'était attendu à revoir ses parents, mais à la place, il était seul, souriant. Son reflet lui envoya un clin d'œil, plongea la main dans la poche de son pantalon et en sortit une pierre lisse, rougeoyante. Quand son reflet remit la Pierre dans sa poche, Harry sentit sa propre poche être subitement lestée d'un poids. La Pierre Philosophale.
- Alors, Potter ? S'impatienta Quirrell. Que voyez-vous ?
- Je suis plus vieux, inventa Harry au hasard. Je suis Capitaine de l'Équipe de Serpentard, et nous venons de remporter la Coupe de Quidditch. Daphné, Blaise et Drago sont avec moi pour fêter la victoire.
Des rêves de gloire, bien éloignés de ce que pouvait voir Harry habituellement dans le Miroir du Riséd.
- Il ment, siffla la voix. Laisse-moi lui parler.
- Mais Maître, fit Quirrell à lui-même. Vous êtes encore trop faible !
- Je suis suffisamment fort pour parler à ce garçon ! Laisse-moi lui parler !
- Bien Maître, capitula Quirrell.
Lentement, celui-ci commença à défaire son turban. L'odeur nauséabonde qu'il dégageait devint plus forte, écœurante. Puis, les derniers centimètres du ruban tombèrent à terre, et Quirrell se retourna. Harry eut une véritable vision d'horreur. Un deuxième visage était visible à l'arrière du crâne du Professeur de Défense. Mais ce visage n'avait rien d'humain. Ses pupilles étaient d'un rouge luisant et malsain, et il n'avait pas de nez, seulement deux fentes à la manière d'un serpent. Immédiatement, Harry sut qu'il s'agissait de Voldemort. Et alors qu'il réalisait cela, la cicatrice de Harry se mit à le brûler férocement.
Harry Potter, siffla le visage. Tu vois ce que je suis devenu à cause de toi ? Je suis obligé de posséder de petits animaux pour survivre. Mes préférés sont les serpents bien entendu. Le Sang de Licorne a contribué à me redonner quelques forces. Le fidèle Quirrell s'en est abreuvé pour moi. Mais rien qui n'arrive à me redonner vie comme le Philtre de Longue Vie. Maintenant, Harry Potter, donne moi cette Pierre que tu caches dans ta poche.
Horrifié, Harry fit un pas en arrière, mais cela mit Voldemort dans une grande colère.
- Ne sois pas stupide Harry Potter ! Tu ferais mieux de sauver ta vie et de me rejoindre.
- Jamais, cracha Harry avec un courage qu'il ne se connaissait pas.
- Tu connaîtras alors le même sort que tes parents. Ils sont morts en me suppliant pour leur vie.
A ces mots, une bouffée de rage et de haine envahit le garçon. Il ne savait pas comment, mais il savait que ses parents n'avaient pas supplié pour leur vie.
- MENTEUR ! Cria Harry.
Essayant de se soustraire de l'emprise de la douleur qui lui broyait la tête, Harry fit à nouveau un pas en arrière.
- Tu es courageux, Harry Potter, ricana le visage. C'est émouvant cette loyauté envers tes parents. Mais tu as raison. J'ai tué ton père assez vite. Il a tenté de résister, mais rien n'arrête Lord Voldemort. Puis j'ai tué ta mère. Ce n'était pas prévu, mais elle essayait de te protéger. Alors je l'ai abattue. Maintenant, fais honneur à leur sacrifice, et vis. Donne moi la Pierre.
- JAMAIS ! Cria Harry et il sembla qu'en criant la douleur de sa cicatrice diminuait.
Le visage de Voldemort se crispa de frustration, et Harry tenta un nouveau pas en arrière de se rapprocher de la porte de sortie.
- Attrape-le ! Siffla Voldemort à Quirrell.
Le Professeur se retourna à nouveau pour faire face à Harry. Il tenta de saisir son poignet, mais dans un réflexe fulgurant, Harry parvint à s'échapper. Quirrell envoya quelques sorts dans sa direction, un ou deux furent déviés par le bracelet offert par Drago, mais l'un des Sortilèges fit tomber Harry. Quirrell en profita pour le saisir par la peau du cou. Sa poigne fut brève car il le lâcha presque immédiatement dans une exclamation de douleur. Harry avait eu brièvement l'impression que son crâne s'ouvrait en deux, il fut donc soulagé que Quirrell le lâche. La peau de la main du Professeur de Défense était devenue rouge vif, et elle fumait.
Harry entendait Voldemort ordonner à Quirrell de l'attraper, mais celui-ci semblait en être incapable. Comprenant que c'était sa seule chance d'en sortir vivant, Harry se jeta sur son Professeur et appliqua ses mains sur son visage, son cou, au hasard.
Le Professeur hurla de douleur. Harry aussi. Mais si la douleur de Harry résidait essentiellement dans sa tête et au niveau de sa cicatrice, il put constater que son contact faisait brûler Quirrell. Littéralement.
Pendant ce temps, Voldemort hurlait de le tuer. Tuer qui ? Lui ou Quirrell ? Harry n'était plus sûr. La douleur dans sa cicatrice était atroce, et sa vision était trouble. Son professeur, grièvement blessé gisait à terre, prit de convulsions. Harry se laissa tomber lui aussi au sol, et une douce inconscience l'emporta, loin de toute douleur, et de tout danger.
Il rêvait. Ou alors il était mort. Car ses parents le regardaient, un sourire fier aux lèvres, penchés sur lui. Mais quelqu'un l'appelait. Quelqu'un d'autre. Il n'arrivait pas à mettre un nom sur la voix qui l'appelait. Il ouvrit les yeux pour voir qui l'appelait ainsi.
Dumbledore était penché sur lui, l'appelant avec une voix douce. Harry papillonna des yeux, et le Directeur lui tendit ses lunettes.
- Que s'est-il passé ? Demanda Harry en chaussant ses lunettes.
En disant ces paroles, les événements lui sautèrent au visage. Il écarquilla les yeux.
- Voldemort ! La Pierre ! Il faut empêcher Quirrell de …
- Harry, calme-toi, le coupa Dumbledore. Il n'y a plus lieu de s'inquiéter. Voldemort s'est enfui avant d'avoir pu récupérer la Pierre Philosophale.
Harry poussa un soupir de soulagement. Un tas impressionnant de friandises semblaient l'attendre sur une petite table à côté de son lit.
- Comment va Blaise ? Demanda Harry un peu coupable de l'avoir oublié. Et Daphné ? Et Drago ?
- Monsieur Zabini est parfaitement remis de ses blessures. Quant à Miss Greengrass et à Monsieur Malfoy, ils vont parfaitement bien. Ils étaient un peu inquiets pour toi bien entendu, mais nous allons pouvoir les rassurer maintenant que tu es réveillé.
- Combien de temps ai-je dormi ?
- Trois jours.
- Mais, et le match contre Serdaigle ?
- J'ai bien peur qu'en l'absence de leur Attrapeur vedette, l'équipe de Serpentard n'ait perdu ce match.
- Marcus va m'en vouloir à mort, marmonna Harry.
Dumbledore sourit.
- Si tu as des questions par rapport à ce qu'il s'est passé, je peux essayer d'y répondre, offrit Dumbledore.
- Qu'est devenue la Pierre ?
- Elle a été détruite.
- Détruite ? Mais, et Nicolas Flamel ?
- Ah, tu connais l'existence de Nicolas ? Et bien, après avoir discuté longuement, nous en sommes venus à la conclusion que c'était mieux ainsi. Son épouse et lui ont encore suffisamment de Philtre pour mettre leurs affaires en ordre, et après ils vont mourir.
- C'est atroce, décréta Harry.
- Pour un esprit jeune comme le tien, la mort est atroce. Mais pour un esprit équilibré qui a vécu, la mort n'est que le début d'une autre aventure.
- Cela ne va pas l'arrêter n'est-ce pas ? Vol... euh Vous-Savez-Qui ?
- Tu peux l'appeler Voldemort, Harry. La peur d'un nom ne fait que renforcer la peur de la chose elle-même. Nomme toujours les choses par leur nom alors les choses seront moins terrifiantes. Pour répondre à ta question, oui, j'ai bien peur que cet échec n'arrête pas Voldemort et qu'il fasse d'autres tentatives pour revenir. Il est toujours là quelque part. C'est à nous désormais qu'il appartient d'être vigilants pour que tout ceci ne se reproduise pas.
- Quirrell, souffla Harry. Qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Voldemort, en abandonnant le corps du Professeur Quirrell, a aggravé ses blessures. Quirinus Quirrell était déjà mort quand je suis arrivé dans la salle au Miroir.
Harry sentit un bloc de glace tomber au fond de son estomac. Quirrell était mort de ses blessures, qu'il lui avait lui-même infligées. Il avait tué quelqu'un.
Comme si Dumbledore avait lu dans ses pensées, il dit doucement
- Tu n'y es pour rien Harry. Quirrell a tenté de te tuer, tu l'as blessé en légitime défense. De plus, ce ne sont pas ces blessures là qui l'ont tué, mais bien le départ de Voldemort de son corps. Voldemort est responsable de la mort du Professeur Quirrell. Pas toi Harry.
Harry ne sut pas bien s'il arrivait à croire le Directeur, mais tout était encore trop embrouillé dans sa tête.
- Voldemort, il a dit qu'il a tué ma mère parce qu'elle voulait me protéger. Pourquoi voulait-il me tuer ?
Dumbledore soupira.
- La vérité est toujours belle et terrible. C'est pourquoi elle doit être abordée avec précaution. Je ne peux pas répondre totalement à cette question. Un jour, tu sauras, quand tu seras prêt à entendre cette réponse.
Un peu frustré, Harry fronça les sourcils.
- Pourquoi Quirrell ne pouvait-il pas me toucher sans se brûler ?
- Ta mère est morte pour te sauver la vie. Ce genre de sacrifice n'est jamais sans conséquence. Et s'il y a une chose au monde que Voldemort ne comprend pas, c'est l'amour. Avoir été aimé si profondément te donne à tout jamais une protection contre les autres, ceux qui te haïssent. Cet amour est présent dans ton sang, dans ta chair. Quirrell était plein de haine et de colère, de cupidité et d'ambition. Il partageait son âme avec Voldemort. C'est pour cela qu'il ne supportait pas ton contact.
Harry se sentit soudain très ému, et le Professeur Dumbledore eut la délicatesse de ne pas remarquer les larmes qui avaient perlé aux coins de ses yeux.
- Et ma Cape d'Invisibilité ? C'est bien vous qui me l'avez envoyée à Noël ?
- Ah, ta Cape. Tu es perspicace. Il se trouve que ton père l'avait laissée en ma possession, et j'ai pensé que tu aimerais peut-être l'avoir. Elle peut être parfois utile. Ton père s'en servait quand il était élève pour aller voler de la nourriture aux cuisines.
- J'ai une dernière question. Pourquoi le Professeur Snape me déteste ?
- En vérité, ce n'est pas toi que le Professeur Snape déteste, mais le fils de James Potter.
- Je ne comprends pas. Mon père et lui se détestaient ?
- C'est assez peu de le dire. Ils étaient constamment en rivalité. Et un jour, ton père a fait quelque chose d'impardonnable aux yeux du Professeur Snape. Il lui a sauvé la vie.
- Quoi ?
- C'est curieux comment les gens peuvent réagir parfois. Le Professeur Snape ne supportait pas l'idée d'avoir une dette envers ton père. S'il a fait tant d'efforts pour te protéger cette année, c'est peut-être pour éponger cette dette et pouvoir haïr le souvenir d'un James Potter adolescent en paix.
Harry resta en silence quelques instants. Encore une fois, il avait du mal à avaler toutes ces informations. Sa tête lui faisait toujours un peu mal, et ses idées étaient encore dispersées.
- Encore une dernière chose. Comment j'ai fait pour récupérer la Pierre ?
- Ah, une de mes plus brillantes idées et ce n'est pas peu dire. Seul quelqu'un qui désirait trouver la Pierre, pas l'utiliser seulement la trouver, pouvait accéder à elle. Les autres ne verraient que leur désir, comme si le Miroir n'avait pas abrité la Pierre. Maintenant, suffit les questions. Que dirais-tu d'ouvrir un paquet de Chocogrenouille ?
Au cours de la journée, Harry eut la visite de Blaise, Daphné et Drago qui vinrent s'enquérir de sa santé. Après les avoir rassurés, Harry les pressa de questions sur ce qu'il se disait dans le Château.
- Tout le monde sait que tu as empêché quelqu'un de voler la Pierre Philosophale, mais personne ne semble savoir qui a tenté de la voler, expliqua Daphné. Et les péripéties avant d'y arriver sont connues aussi. Le Cerbère, le Filet du Diable, les Clefs, l'Échiquier, l'Énigme. On est presque aussi célèbre que toi du coup !
Harry fut dispensé d'examens, mais les Professeurs lui donnèrent des exercices à faire pendant sa convalescence. Néanmoins, il fut autorisé à participer au Banquet de fin d'année, malgré la désapprobation évidente de l'Infirmière. Avant de partir pour la Grande Salle rejoindre ses amis, Harry reçut une dernière visite. Hagrid se tenait courbé dans l'encadrement de la porte. Il s'approcha de Harry et fondit en larmes.
Harry ne sut pas trop quoi faire, et tapota maladroitement le bras du Garde-chasse.
- C'est … c'est de ma faute, hoqueta Hagrid entre deux sanglots. J'ai dit à ce misérable comment faire pour passer devant Touffu. Tout ça pour un Dragon. Tu aurais pu en mourir ! On devrait me renvoyer et m'envoyer vivre chez les moldus.
- Hagrid, tempéra Harry en essayant de comprendre le discours décousu du Garde-Chasse. C'était Voldemort. Il aurait fini par trouver un moyen.
- Tu aurais pu en mourir, répéta Hagrid pas très cohérent. Et ne dit pas ce nom.
- VOLDEMORT ! Cria Harry.
Cela fit un tel choc à Hagrid qu'il arrêta brutalement de pleurer.
- Je l'ai vu, je l'ai combattu, je peux bien l'appeler par son nom. Ne vous en voulez pas Hagrid. La Pierre n'a pas été volée et elle est détruite maintenant. Tenez, prenez une Chocogrenouille. J'en ai encore plein.
- Ça me fait penser que j'ai quelque chose pour toi, dit Hagrid en essuyant ses larmes.
Il fouilla dans ses immenses poches et en sortit un livre, relié de cuir. Harry l'ouvrit. Il était rempli de photos de sa mère et son père.
- J'ai envoyé des hiboux à tous les amis d'école de tes parents en leur demandant des photos pour toi. Je savais que tu n'en avais pas. Ça te plaît ?
Cette fois, c'était au tour de Harry d'essuyer ses larmes avec ses manches. Il fut incapable de parler, et Hagrid le comprit très bien.
Ce soir là, au banquet, l'ambiance était à la fête à la table de Serpentard. Non seulement ils étaient en tête du classement, mais en plus Dumbledore leur avait attribué des points de dernière minute. Pour Drago, Blaise et Daphné, dix points chacun. Harry se vit attribuer trente points pour son combat et son sang froid. C'était une belle soirée pour Serpentard.
Mais le moment de rentrer chacun chez soi arriva bien trop vite aux yeux de Harry. Son air sombre rendait ses amis perplexes. Quand ils furent seuls dans un compartiment du Poudlard Express, Daphné explosa.
- Bon ! Tu vas nous dire ce qui ne va pas !
Harry la regarda, interloqué, comme les deux autres garçons. Mais Blaise approuva bien vite.
- Daphie Jolie a raison Harry. Ça fait des jours que tu fais la gueule. C'est si terrible que ça chez toi ?
Harry ne répondit pas et se mordilla la lèvre. Finalement, sentant le regard pressant des trois autres, il lâcha du bout des lèvres :
- Mon Oncle et ma Tante ne m'aiment pas vraiment.
Puis il ferma la bouche, contracta sa mâchoire, et ne dit plus un mot pendant un long moment. Les autres ne le pressèrent pas de questions, même si ces questions se bousculaient sur leur langues.
Finalement, ils arrivèrent à dérider Harry au moins un peu, jusqu'à la Gare de King's Cross. Il reprit une tête d'enterrement, prit sa malle et descendit en silence. Sur le Quai 9 ¾, il dit au revoir à ses amis, leur promit de leur écrire, puis se dirigea seul vers la barrière qui menait au monde Moldu. Après un peu de recherche, il finit par apercevoir son Oncle Vernon. A ce moment là, il fut certain de passer un été horrible.
Le deuxième chapitre est fini, et nous retrouverons Harry dans un mois. L'histoire va peu à peu se décollé du scénario original, ne vous inquiétez pas, les différences pour le moment sont minimes et vont devenir de plus en plus importes ;)
Il est minuit passé de onze minutes, mais on va faire comme si j'avais posté ce chapitre à 23h59, d'accord ?
A dans un mois !
