Bonjour à tous ! Voilà la suite du chapitre 3 !
Comme d'hab' merci pour vos review (auxquels je n'ai pas répondu ce mois-ci mea culpa). Le syndrome de la page blanche continue, mais je ne désespère pas de retrouver l'inspiration. Merci également à Clhook, qui a corrigé ce chapitre ! Voilà ! Bonne lecture !
Chapitre 3bis : Secret, partie 2
- Bon, alors, tu nous racontes ? S'impatienta Daphné.
Harry, Blaise, Daphné et Drago étaient confortablement installés dans le Poudlard Express.
La fin du séjour chez les Weasley avait été aussi plaisant que possible pour Harry. Il avait reprit un peu de poids et de couleurs, semblant finalement en bonne santé. Harry et Ron avait bien sympathisé, ce qui allait sûrement devenir le désespoir de Drago, et les jumeaux Weasley avaient décrété que Harry serait toujours le bienvenu, surtout pour tester une de leur blague. Molly Weasley lui avait donné un sandwich pour le voyage avant de le broyer contre sa poitrine maternelle. Arthur Weasley s'était contenté de lui souhaiter chaleureusement un bon voyage et une bonne rentrée scolaire en lui serrant la main, ce en quoi Harry lui était reconnaissant.
Désormais, il était assis avec ses amis dans le train, sous leurs regards scrutateurs, avides de savoir ce que le jeune garçon leur cachait.
- Il n'y a pas grand chose à dire Daphné, mentit effrontément Harry.
- Pas grand chose ? S'étrangla la jeune fille. Tu ne reçois pas nos courriers, tu ne nous écris pas, et on te retrouve un mois et demi plus tard sur le Chemin de Traverse avec les Weasley, que tu ne connaissais pas jusqu'ici. Mais sinon, il n'y a pas grand chose.
Harry déglutit. Cette fois, il allait devoir dévoiler une partie de la vérité. Ses amis n'étaient pas comme Edward Tonks qui se laissait manipuler complaisamment par un enfant, ni les Weasley qui avaient décidé de ne pas le bombarder de questions. Cette fois, il avait à faire à des Serpentards, rodés aux conversations mondaines à double sens, qui sentaient le mensonge à des kilomètres.
Pour toute réponse, Harry serra les dents.
- Ok, on va le faire différemment, intervint Blaise avant que Daphné n'explose littéralement. Sais-tu pourquoi tu n'as pas reçu nos hiboux ? Réponds juste par oui ou non, vu que tu as quelques difficultés à parler de ton été.
- Oui.
Cela ne sembla pas du tout améliorer l'état de Daphné qui rougit brutalement de rage.
- Est-il possible que tu nous dises pourquoi, en quelques mots ? Continua Blaise coupant l'herbe sous le pied de Daphné. Pas en détail, hein, pas d'explications. Juste la raison.
Harry déglutit. S'il disait pourquoi, ses amis allaient se faire tout un tas de films, croire n'importe quoi, peut-être même en parler à un adulte. Après un moment à se mordre les lèvres, Harry prit une inspiration.
- Vous ne le direz à personne ? Demanda-t-il d'une voix dure qui ne lui ressemblait pas.
Cette requête déstabilisa les trois autres qui se regardèrent, gênés.
- D'accord, finit par acquiescer Blaise se faisant porte-parole du groupe.
- Les hiboux ne pouvaient pas entrer dans ma chambre, à cause des barreaux à la fenêtre.
Cette fois, Daphné perdit toute couleur. D'une voix faible et tremblante, elle demanda.
- Mais, tu pouvais sortir de ta chambre, n'est-ce pas ?
Harry eut un rire froid.
- Oui, bien sûr. Une fois par jour, pour utiliser les toilettes et la douche.
- Mais, balbutia la jeune fille totalement refroidie. Mais pourquoi ?
Harry ne répondit pas, se contentant de regarder le paysage défilant par la fenêtre.
- Il faut que tu en parles à quelqu'un, Harry, dit Drago après quelques instants de silence.
- Non ! S'exclama-t-il. Et vous trois, vous avez promis !
- D'accord, d'accord, tempéra Drago. Comme tu voudras. C'est ton choix, mais tu ne m'enlèveras pas de l'idée que tu devrais en parler à quelqu'un.
- A qui ? Grinça Harry. Dumbledore me voit comme un héros en herbe, capable de gérer toutes les crises possibles. Snape me hait, ton père aussi d'ailleurs, même si je ne sais pas pourquoi. De toute façon, la question ne se pose pas. Je suis ici maintenant. Quelqu'un est venu me chercher. D'ailleurs …
Il s'arrêta brusquement.
- Quoi ? Fit Blaise.
- D'ailleurs, reprit Harry plus lentement, il semblait savoir pour le courrier qui n'arrivait pas jusqu'à moi.
- On s'inquiétait Harry ! S'exclama Daphné. Nos lettres revenaient, tu n'adressais aucun signe de vie. On a prévenu quelqu'un.
- Qui ?
Daphné et Blaise se regardèrent, gênés.
- Qui ? Insista Harry.
- Snape, dit simplement Blaise.
- Super, souffla le jeune garçon. Il a dû prévenir Dumbledore, et c'est comme ça que j'ai atterris chez les Weasley.
- Comment c'était chez les Weasley ? Demanda Drago autant pour changer de sujet que pour détendre l'atmosphère.
- Étonnamment bien, répondit Harry avec un sourire. Ils sont très gentils, même si vraiment très nombreux, et bien trop Gryffondors pour moi. Mrs. Weasley est même un peu étouffante à se prendre pour ma mère, mais en un sens, c'est assez agréable.
- Je ne vois pas ce que tu trouves de sympa à te faire aduler par toute une tripotée de belettes, ricana Drago.
- Malfoy, ta gueule, répondit violemment Blaise.
- Un problème Zabini ? Répliqua le jeune aristocrate d'un ton condescendant quoiqu'un peu surpris.
Daphné poussa un gros soupir, prit Drago par le bras et l'entraîna sans cérémonie dans le couloir du wagon. La jeune fille claqua la porte du compartiment trop fort, si bien que celle-ci rebondit, laissant un espace d'à peine un centimètre. Un centimètre qui permit à Blaise et Harry d'entendre les remontrances que Daphné fit à Drago.
- Tu es dépourvu d'humanité Drago ou tu es juste stupide, siffla-t-elle entre ses dents.
- Mais qu'est-ce qu'il te prend ? S'étonna le blond.
- Ce qu'il me prend ? Harry vient de nous expliquer que sa famille le retenait prisonnier et toi tu te permets de faire des remarques douteuses sur le fait qu'il a apprécié son séjour chez les Weasley ! Fais fonctionner ta cervelle Drago ! Un orphelin te dit qu'il a aimé avoir un semblant de famille, et tu te moques de lui ! Voilà ce qu'il se passe !
Il y eu un silence pesant. Harry regardait passionnément le bout de ses chaussures usées, pour ne pas croiser les yeux de Blaise assit en face de lui.
- Je ne l'avais pas vu comme ça, dit faiblement Drago. Je suis désolé.
- Vas t'excuser auprès de Harry, espèce d'andouille. Et ne me réplique pas qu'un Malfoy ne s'excuse pas, sinon, je t'étripe.
L'insulte et la menace étaient là, mais le ton de Daphné était beaucoup plus doux.
Les deux amis retournèrent bientôt dans le compartiment. Les joues de Drago étaient bien plus roses qu'à l'ordinaire, mais avant qu'il n'ouvre la bouche, Harry lui coupa l'herbe sous les pieds.
- C'est rien Drago.
- Harry, je suis …
- C'est rien je te dis, l'interrompit Harry d'un ton sec.
Le silence revint dans le compartiment.
Harry se sentait mal. Ses amis étaient maintenant au courant que sa famille n'était pas aimante et protectrice, mais le jeune garçon n'en était pas soulagé. Il avait peur que ses amis le plaignent. Il savait qu'il méritait ce traitement, spécialement depuis qu'il avait tué Quirrell. La seule chose qu'il estimait ne pas mériter était l'apitoiement de ses amis.
L'ambiance était désormais tendue, et chacun des enfants n'osait dire un mot de peur de provoquer quelque chose. Une explosion, une tempête, une attaque terroriste, quelque chose de terrible risquait d'arriver si l'un d'entre eux ouvrait la bouche.
En définitive, Harry demanda d'une voix faible comment s'était passé l'été de chacun, et les discussions reprirent. Drago raconta ses vacances dans un château dans la toute nouvelle République de Russie.
- Les politiques Moldue et Sorcière sont beaucoup plus poreuse là-bas qu'ici, à cause de la grande superstition des gens. Du coup, il y a beaucoup de sorciers à des postes clefs du gouvernement russe. C'était déjà le cas pendant l'URSS, mais désormais, le chaos ambiant aide à ce que le monde sorcier contrôle le monde Moldu afin de préserver le Secret.
Harry haussa un sourcil.
- Je n'arrive pas à savoir si tu trouves que c'est une bonne chose ou pas, fit-il avec un sourire espiègle.
- Et bien, c'est une bonne chose pour le Secret Magique, de là à dire que c'est une bonne chose pour les moldus, hésita Drago. Je ne sais pas. Mon père est enchanté, bien sûr. Il dit que c'est le premier pas vers la suprématie sorcière totale, mais …
- Mais ? L'encouragea Daphné.
- Mais si les sorciers étaient vraiment supérieurs aux moldus, je veux dire intrinsèquement, nous les dominerions déjà.
- T'es sérieux ? Lança Blaise en riant. Intrinsèquement ? Tu sors vraiment des mots incompréhensibles !
- Je dirai même plus, renchérit Daphné avec le plus grand sérieux, ce terme est totalement abscons.
Blaise poussa un gros soupir résigné, et les trois autres se mirent à rire.
- Au fait Harry, dit Daphné en reprenant un air plus digne. Puisque tu ne recevais pas nos courriers, tu n'as pas eu nos cadeaux d'anniversaire.
Le jeune garçon piqua un fard et marmonna une phrase qui ressembla à 'mèvouzétiépazobligé', que ses amis ignorèrent parfaitement.
Après une courte fouille dans leurs affaires respectives, Drago, Blaise et Daphné lui tendirent chacun un paquet. Harry attrapa celui de Drago. C'était un petit paquet rectangulaire, comme aurait pu l'être un livre, mais qui semblait plus dur. Harry l'ouvrit et en sortit un miroir.
- C'est un miroir à double-sens, expliqua Drago. Les miroirs enchantés sont des spécialités russes depuis des siècles, il y en a de toutes sortes. Le miroir à double-sens permet de communiquer avec son jumeau, que je possède. Il suffit que tu regardes dans le miroir et que tu dises mon prénom. Quand j'essayerai de te contacter, le miroir chauffera légèrement. Tiens, pose ta paume de main gauche sur le miroir et dis : Вы принадлежите мне
- Pardon ?
- Вы принадлежите мне, répéta Drago lentement. Cela veut dire, 'Tu m'appartiens'. Ou quelque chose dans ce goût là.
Harry s'exécuta, et après quelques ratés dû à sa mauvaise prononciation, il parvint à faire fonctionner le miroir.
- Génial ! Je te vois !
- Ça à l'air de bien marcher, dit Drago simultanément devant lui et dans le miroir.
- Merci beaucoup Drago, fit-il avec un splendide sourire.
Harry rangea son cadeau avec un petit sourire triste. Ce cadeau lui aurait été bien utile cet été … s'il l'avait reçu.
Le jeune garçon se saisit du cadeau suivant, celui de Daphné.
Cette fois, il s'agissait bien d'un livre. 'Conte de Beedle le Barde'.
- C'est un livre pour enfant, dit Blaise perplexe.
- Exactement ! S'exclama Daphné. Avec ton cadeau de Noël, Harry, j'ai vraiment pris conscience que je ne connaissais rien à la culture populaire moldue, et que toi, au contraire, tu ne connaissais rien à la culture populaire sorcière. Du coup, j'ai voulu commencé par les bases. Comme l'indique le titre, ce sont des contes. Chaque petit sorcier et chaque jeune sorcière a grandit en écoutant ou en lisant ces contes.
Bizarrement, cette attention toucha Harry plus qu'il ne le pensait et sa gorge se serra. Peut-être à cause de tout ce qu'il avait manqué en devenant orphelin.
Il étreignit Daphné, qui ne fit aucune remarque sur son apparente émotion.
- Et, le meilleur pour la fin, dit joyeusement Blaise en lui tendant son présent.
- Crâneur, fit Drago avec un sourire.
Harry déballa le cadeau et … fut prit d'un fou rire incontrôlable. Le cadeau de Blaise était un jeu d'échec, façon sorcier. Quand ils s'en aperçurent, Drago et Daphné se mirent à rire aussi, bientôt suivit de Blaise que l'hilarité générale avait finit par atteindre.
Après quelques instants, le calme revint dans le compartiment, et les quatre enfants purent essuyer leurs larmes de rire.
- Au fait, fit Drago soudainement excité. Je vais entrer dans l'équipe de Quidditch !
- C'est pas possible, fit Blaise, on n'est même pas à Poudlard, tu n'as pas pu passer les essais.
- Techniquement, non, mais la famille Flint et la mienne se connaissent bien.
- Je vois, se renfrogna Blaise.
- A quel poste tu vas jouer ? Demanda Harry content que son ami soit aussi dans l'équipe.
- Poursuiveur. Je ne suis pas censé vous le dire, ce ne sera officiel que demain. Mais c'est pas grave. Et puis, pour fêter ça, mon père fait un cadeau à l'équipe. Nous auront tous de nouveaux balais, des Nimbus 2001.
- Ça coûte une fortune ! S'exclama Harry.
Drago eut le bon goût de rougir un peu.
- Oui, enfin, tout est relatif, hein. La famille Malfoy est une des plus riche du Royaume-Uni.
Ce qui n'améliora pas l'humeur de Blaise.
- Ne fait pas la tête, Blaise, rit Daphné. C'est une bonne chose pour Serpentard d'avoir de nouveaux balais.
- J'imagine, concéda le jeune métisse.
ooOOOoo
Harry regarda son assiette désespérément vide, d'un œil désolé. Il avait faim, les Weasley l'ayant habitué pendant ces quelques semaines à manger à heures fixes et beaucoup. Enfin, beaucoup pour lui.
McGonagall était arrivée avec le Choixpeau et une longue file de Premières Années. Harry dut se faire violence pour suivre au minimum la Répartition. Deux ou trois élèves étaient déjà passés quand Marcus Belby fut envoyé à Serdaigle, Miles Bletchley à Serpentard, puis Ritchie Coot et Colin Crivey (un petit garçon minuscule) firent un doublé pour Gryffondor. Harry replongea dans ses pensées, jusqu'à ce que Daphné lui donne un léger coup de coude quand Ellie Harper fut envoyée à Serpentard. Quelques murmures réveillèrent Harry de ses ruminations, quand une fille blonde aux allures étranges se présenta devant le Choixpeau. Ce qui faisait chuchoter les élèves était les radis qu'elle portait en boucles d'oreilles. Le Choixpeau n'hésita pas longtemps avant d'envoyer Luna Lovegood à Serdaigle, à la stupéfaction de ceux-ci. Enfin la dernière de la liste, Weasley Ginny, fut répartie à Gryffondor, le Directeur présenta à tous les élèves leur nouveau Professeur de Défense Contre les Forces du Mal (Lockart fut longuement applaudit, surtout par la population féminine de Poudlard) et enfin, le festin pu commencer. Pour finir dans la joie et la bonne humeur. Mais alors que Harry et ses amis se dirigeaient vers les cachots, le petit groupe fut intercepté par leur Directeur de Maison.
- Potter ! Le héla Snape. Le Directeur souhaite vous voir.
- Pourquoi ? Ne put s'empêcher de demander Harry.
- Je crois que vous connaissez la réponse à votre question, répliqua Snape d'un ton dur.
Harry ferma la bouche et suivit son Professeur jusqu'à une gargouille au deuxième étage. La statue représentait un diable cornu extrêmement repoussant, tirant la langue et menaçant, deux mains crochues encadrant sa tête. Le Professeur Snape s'arrêta devant et dit 'Sorbet Citron' d'un ton pincé. C'était de toute évidence le mot de passe, car aussitôt la gargouille s'écarta, laissant le Professeur et son élève passer.
L'hideuse sculpture cachait un escalier en colimaçon. Lorsque Harry posa un pied dessus, les marches se mirent à monter toutes seules, tel un escalator de pierre. Arrivés en haut, Snape ouvrit une porte de bois, faisant entrer Harry dans une sorte d'antichambre, ou une salle d'attente. Harry était nerveux. Malgré ses ruminations dans la Grande Salle, il ne savait pas si son mensonge allait satisfaire la curiosité de Dumbledore et de son Directeur de Maison.
Après quelques instants d'attente angoissante, Harry fut invité à pénétrer le Cénacle de Poudlard, le bureau Directorial.
- Bonjour Harry, dit Dumbledore.
Le Directeur était assis derrière son bureau, les mains jointes dans une attitude détendue et confiante. La pièce en elle-même était plutôt grande, ronde, et les murs étaient tapissés d'étagères et de bibliothèques jusqu'à mi-hauteur, et de tableaux représentants des personnes toutes assez âgées, dormants profondément dans leurs cadres. Sur les étagères, se côtoyaient toutes sortes d'objets magiques dont Harry ignorait l'utilité, mais qui devaient être très précieux.
- Bonjour, Professeur, répondit timidement Harry.
Le jeune garçon put sentir Snape entrer derrière lui et refermer la porte du bureau. Dumbledore le regarda par dessus ses lunettes en demi-lune. Harry eut l'impression d'être passé aux rayons X.
- Sais-tu pourquoi tu es ici, Harry ? Demanda le Directeur de sa voix douce et calme.
- Je … Je crois que oui, balbutia l'enfant qui rougit un peu.
- Pourquoi alors ? Le poussa gentiment Dumbledore.
- C'est à cause des lettres ?
Dumbledore sourit avec indulgence.
- En effet, c'est à cause des lettres, dit-il. Peux-tu expliquer pourquoi les lettres de tes amis n'arrivaient pas jusqu'à toi ?
Harry devint encore plus rouge et fixa le bout de ses chaussures sans répondre.
- Harry, comprends bien que tu n'es pas ici pour te faire gronder, reprit le Professeur Dumbledore de sa voix douce.
- D'accord.
Le garçon releva un peu la tête.
- Mon Oncle et ma Tante ne voulaient pas laisser sortir Hedwige ni laisser d'autres hiboux entrer dans la maison. Ils ne sont pas très compréhensifs. Mon Oncle surtout, il pense que ce que j'apprends à Poudlard ne me servira pas pour trouver un bon emploi.
- Je vois, dit lentement le Directeur. Ton séjour chez les Weasley s'est bien passé ?
Le visage de Harry s'éclaira.
- Oui, Professeur !
- Bien, je pense que nos inquiétudes sont désormais apaisées. Tu peux retourner dans ton dortoir, Harry. Bonne rentrée.
- Merci Professeur. Bonne soirée.
Le garçon s'en fut sans demander son reste.
Seuls, Severus Snape et Albus Dumbledore se lancèrent des regards alarmés.
- Il ment, c'est indubitable, dit Snape. Mais c'est un bon menteur.
- La question est, que veux-t-il nous cacher ? Ted Tonks et les Weasley étaient formels. Harry n'était ni heureux, ni en bonne santé.
- Avez-vous utilisé la Legilimencie ? Demanda Snape
- Légèrement, pas suffisamment sans doute. Il était bien trop concentré sur son mensonge pour penser à la vérité.
- Je vois, dit froidement Severus Snape.
- Peut-être va-t-il falloir que je m'entretienne personnellement avec Mr. Et Mrs Dursley, fit Dumbledore plus pour lui-même que pour son vis-à-vis.
- Pourquoi ne pas le mettre dans une autre famille ? Questionna Snape. Après tout, la maltraitance est quasi-avérée, et la tutelle de l'enfant peut facilement vous revenir.
- A cause de la protection du sang, mon garçon.
- Je ne suis pas votre garçon, le coupa Snape.
- Les barrières magiques mises en place par Lily Potter lors de son sacrifice sont bien trop puissantes pour ne serait-ce qu'envisager le faire déménager, continua Dumbledore comme si Severus ne l'avait pas interrompu.
- Même à Poudlard ?
- Même à Poudlard. Pour trouver un équivalent de la protection du sang, il faudrait trouver une personne partageant le sang de Lily, or, si je ne m'abuse, Pétunia Dursley est la dernière famille vivante de Harry du côté Evans. Tant que Harry n'est pas mis en danger immédiat par sa famille j'ai bien peur qu'il doive rester avec son Oncle et sa Tante jusqu'à sa majorité.
'Une personne partageant le sang de Lily'... Severus pensa avec tristesse à l'acte fou et, ô combien inconsidéré que Lily et lui avait fait pendant leur première année à Poudlard. Un léger sourire désenchanté fleurit sur ses lèvres.
- Vous pensez à quelque chose ? Demanda Dumbledore.
- Les frères et sœurs de sang peuvent-ils être prit en compte dans les personnes partageant le sang sacrificiel ?
- Vous me prenez un peu au dépourvu, mais cela vaudrait peut-être le coup de chercher. Vous connaissez un frère ou une sœur de sang de Lily Potter ? Interrogea Dumbledore une lueur malicieuse dans le regard.
- Assez, oui. C'est moi.
- Puis-je vous demander en quelle circonstance avez-vous été amener à mettre en place un tel lien ?
- Nous avions onze ans, c'était notre première année à Poudlard et nous avions conscience que tout jouait contre notre amitié. A aucun moment l'un d'entre nous n'a pensé que l'échange de sang pouvait avoir des conséquences magiques à long terme.
- Êtes-vous prêt à prendre en charge Harry Potter si nous devions lui trouver de nouveaux tuteurs ?
- Albus, vous n'êtes pas sérieux. Je n'ai jamais été doué avec les enfants. Si la question devait se poser, je le ferai par devoir, pas parce que je le voudrai.
- Très bien. Merci Severus. Je vais essayer d'en savoir plus à propos de cette histoire de frère et sœur de sang. Bien sûr, vous serez le premier informé de mes découvertes à ce sujet.
- Bonne soirée Albus.
- Bonne soirée mon garçon.
Severus expira bruyamment pour signifier son exaspération.
En descendant dans les cachots, Severus ressassait la fin de son entrevue avec le Directeur. Il savait qu'il n'avait pas donné la réponse qu'espérait Albus, mais Severus voulait être honnête avec lui-même. Il n'avait pas envie de prendre en charge un enfant, encore moins le fils de James Potter. Bien sûr, il ne pensait plus que le jeune garçon était pourri gâté par sa famille, mais il estimait toujours qu'Harry Potter avait un penchant trop Gryffondor pour être honnête.
ooOOOoo
Harry jeta un œil sur l'Emploi du Temps que venait de distribuer le Professeur Snape et poussa un soupir dramatique.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Daphné.
- Trois heures de Défense avec Lockart (1), fit Harry. Ça va être une torture.
- Tu ne lui laisse même pas le bénéfice du doute ? Le taquina Daphné avec un sourire.
- Non. Vu comment il s'est comporté à Fleury et Bott, je ne préfère pas lui concéder une once de crédibilité ou même de légitimité. J'ai jeté un œil dans ses livres, et ça parle plus de lui que de Défense.
- S'il a vraiment fait ce qu'il avance dans ses livres, dit Blaise, il a peut-être le droit de prendre la grosse tête.
- On verra.
Et en effet, ils virent.
Après un cours de Sortilèges agréable, où les élèves purent réviser les cours de l'année passée, après un cours particulièrement salissant de Botanique, où ils durent rempoter des jeunes plants de Mandragore, vint l'heure du premier cours de Défense.
Ce cours était chaque année très attendu, pour plusieurs raisons. D'abord, le Professeur changeait d'une année sur l'autre depuis tellement longtemps que la rumeur disait que le poste était maudit. Ensuite, parce que la Défense Contre les Forces du Mal était une des spécialités de Poudlard, et que donc, les élèves espéraient y avoir un bon niveau d'enseignement.
L'année précédente, le Professeur Quirrell, malgré son bégaiement, et le fait qu'il se promenait avec Voldemort derrière la tête, faisait des cours très complets et utiles. La grande question qui était sur toutes les lèvres en ce début d'année était : Lockart est-il réellement aussi bon dans la réalité que dans ses livres.
Les élèves entrèrent dans la salle de classe, et s'assirent en attendant que le Professeur les rejoigne. Lockart pénétra solennellement dans la salle par la porte du fond, un immense sourire au lèvre. Il posa un de ses livres sur un présentoir sur le bureau, afin que chaque élève puisse le voir (alors que les élèves avaient tous en leur possession une copie du même livre). Une photo de lui-même faisant des clins d'œil à la classe recouvrait la couverture du livre.
- Ça, c'est moi, déclara-t-il avec emphase le sourire plus large que jamais. Gilderoy Lockart, Ordre de Merlin troisième classe, Membre honoraire de la Ligue de Défense Contre les Forces du Mal et cinq fois Lauréat du sourire le plus charmeur décerné par les lectrices de Sorcière Hebdo. Mais ne parlons pas de ça. Ne croyez pas que j'ai pu me débarrasser du spectre de la mort avec un simple sourire.
Il illustra son propos avec un sourire ultra-bright. Il n'y eut aucune réaction dans le 'public' mais le Professeur ne se démonta pas.
- Je vois que vous avez tous acheté la collection complète de mes livres, c'est parfait. Nous allons commencer ce premier cours par un petit questionnaire. Rien de bien méchant, histoire de vérifier que vous avez lu mes livres, et que vous en avez retenu quelque chose.
Il fit signe à Vincent Crabbe.
- Prenez cette moitié des copies pour les distribuer.
Quand chacun eut un parchemin devant les yeux, il annonça.
- Vous avez une petite demi-heure.
Harry jeta un œil sur les questions :
1- Quelle est la couleur préférée de Gilderoy Lockart ?
2- Quelle est l'ambition secrète de Gilderoy Lockart ?
3- A votre avis quel est le plus grand exploit réalisé par Gilderoy Lockart à ce jour ?
Et la liste des questions défilait, toutes plus absurdes les unes que les autres, jusqu'à la cinquante-quatrième : 'Quelle est la date d'anniversaire de Gilderoy Lockart et quel serait à ses yeux le cadeau idéal ?'. En regardant autour de lui, Harry remarqua qu'il n'était pas le seul à trouver le questionnaire parfaitement ridicule.
Sans aucune motivation, il commença à remplir les parchemins comme il put, sautant les questions les unes après les autres, essayant de deviner pour certaines (la couleur préférée, ce n'était pas compliqué, c'était le Lilas comme le prouvait sa tenue vestimentaire encore ce jour-là).
Une demi-heure plus tard, Lockart ramassait les copies. Après les avoir lu en diagonal, il fit quelques remarques.
- Je vois que personne ne se rappelle que mon ambition secrète serait de voir disparaître les Forces du Mal pour ainsi me consacrer à la création d'une gamme de produits capillaires (2), et que mon cadeau d'anniversaire idéal serait l'harmonie entre tous les hommes, bien que je ne dirai pas non à un grand cru d'Hydromel des Elfes, Miss Bullstrode.
Il envoya un clin d'œil à la classe.
- Et maintenant, au travail !
Harry entendit Blaise derrière lui grommeler qu'il n'attendait que ça. Lockart posa une grande cage sur son bureau, recouverte d'un drap.
- Il est de mon devoir de vous armer contre les créatures les plus répugnantes qui soient connues dans le monde sorcier, dit-il avec grandiloquence. Vous aurez peut-être, dans cette classe, les plus belles peurs de votre vie.
Harry pensa qu'après Voldemort l'année dernière, Lockart avait du chemin à parcourir avant de lui faire connaître des appréhensions pareilles.
- Mais sachez que rien de fâcheux ne peut vous arriver tant que vous êtes en ma présence. Tout ce que je demande, c'est de garder votre calme. Les cris peuvent les énerver.
A côté de Harry, Drago haussa un sourcil, perplexe. Qu'est-ce que Lockart avait bien pu mettre dans la cage pour faire de telles recommandations.
D'un geste théâtral, Lockart découvrit la cage, mettant brusquement en pleine lumière de petits êtres ailés, bleus électriques, qui poussaient des cris très aiguës.
- Comme vous pouvez le constater, ce sont des Lutins de Cornouailles, fraîchement capturés.
Harry se demanda si c'était lui-même qui les avait capturé ou si Hagrid s'était chargé de la tâche.
- Ce n'est pas très dangereux, fit remarquer Blaise d'un ton ennuyé.
- N'en soyez pas si sûr, dit Lockart en agitant l'index comme s'il tançait un enfant de quatre ans. Ces créatures peuvent être de parfaites petites pestes terriblement diaboliques. Je pourrait vous raconter des histoires qui ne se terminent pas forcément bien pour leurs victimes, où à seulement quatre ou cinq, les lutins jetaient de pauvres promeneurs dans des lacs profonds, dans le seul but de s'amuser.
Il balaya la classe du regard.
- Qui peut me donner les caractéristiques des Lutins de Cornouailles ?
Le cours continua assez lentement au goût de Harry.
Le soir même, les rumeurs dans les couloirs de Poudlard parlaient du premier cours des deuxième année de Gryffondor qui avaient eu la malchance d'avoir Lockart pour leur premier cours de l'année. Apparemment, le Professeur avait lâché les Lutins dans la classe, et, se rendant compte de son incommensurable bêtise, il avait appliqué le fameux proverbe "Courage ! Fuyons !", laissant quelques élèves se charger de les remettre en cage. Un élève avait finit à l'infirmerie, et c'était Hermione Granger qui avait finalement réussit à lancer un sortilège suffisamment puissant pour immobiliser les Lutins restants.
Les rumeurs avaient été corroborées par un Ron Weasley hilare, qui avait raconté à Harry que Granger avait essayé de défendre Lockart en disant qu'il s'agissait juste de travaux pratiques.
- S'il continue à nous donner des travaux pratiques dans ce goût-là, avait conclu le rouquin, il ne va pas faire long feu, les élèves vont le mettre dehors à coup de Sortilèges au derrière !
Le lendemain matin, alors que Harry se rendait en cours de Métamorphose avec Drago, il croisa un groupe de première année de Gryffondor. L'un d'entre eux pila, les yeux écarquillés, fixant Harry. Drago lança un regard interloqué à son célèbre ami.
- Euh … fit intelligemment Harry au premier année figé. Tu veux quelque chose ?
- Tu es Harry Potter ! S'exclama l'enfant.
- C'est vrai, dit lentement Harry hésitant.
- Je peux prendre une photo avec toi ? S'écria le garçon d'une voix surexcité. Est-ce que tu pourras me la dédicacer ? Continua-t-il sans attendre de réponse.
- Euh, je... c'est que …
- Super !
Il sortit un appareil photo de son sac et le tendit à un autre garçon qui l'accompagnait. A ce moment, surgit une envolée de robes turquoises.
- Qui dédicace des photos ? Fit Lockart d'un air jovial.
Puis, apercevant Harry, il sourit deux fois plus.
- J'aurais dû m'en douter ! Ah, Harry, Harry. J'ai une idée. Nous allons faire la photo tous les deux.
Le Professeur prit d'autorité Harry par l'épaule, et en quelques secondes, il y eut un flash, une exclamation de joie de la part du minuscule blondinet qui avait voulu la photo, et le couloir fut dégagé. Seuls restèrent Harry, Lockart, toujours accroché à son épaule et Drago qui faisait des efforts surhumains pour ne pas éclater de rire en public, ce qui serait éminemment anti-Malfoyen.
- Monsieur Malfoy, dit Lockart en exhibant ses dents plus blanches que blanche. J'aimerais m'entretenir avec Monsieur Potter.
- Bien Professeur, parvint à articuler l'aristocrate.
Isolé ainsi avec le Professeur le plus médiatique de Poudlard, Harry eut un très mauvais pressentiment.
- Ah, Harry, Harry, Harry, fit Lockart de manière tragi-comique. J'aurais dû m'en douter.
Ledit Harry n'avait absolument aucune idée de quoi parlait son professeur, si bien qu'il opta pour la solution de facilité. Il se tut.
- C'est de ma faute, j'en suis conscient.
- Euh, Professeur, fit Harry hésitant. J'ai cours de Métam...
- Ce n'est pas grave, je te ferai un mot. Ce que je voulais te dire, c'est que je suis lucide. Je sais que je t'ai refilé le virus.
Harry resta pantois. Mais de quoi parlait-il ?
- Je t'ai refilé le goût de la publicité. C'est cela Harry. Mais ta carrière n'est pas encore suffisamment avancée pour faire des séances de dédicaces.
Lockart déblatéra encore quelques minutes sur le fait qu'il était plus célèbre que Harry Potter et que donc il pouvait lui donner des leçons et des conseils pour sa carrière. Enfin, le Professeur prit un morceau de parchemin, de l'encre violette et une plume de paon, pour faire un mot d'excuse à destination du Professeur McGonagall, et Harry put partir en courant.
En arrivant dans la salle de classe, il essaya tant bien que mal de faire fi des sourires goguenards de Drago et Blaise, et put enfin s'asseoir.
Harry passa le reste de la journée à éviter soigneusement le petit Gryffondor, Colin Crivey, et Lockart.
ooOOOoo
Le Vendredi matin, Marcus Flint, le capitaine de l'équipe de Serpentard, réveilla son équipe à l'aube. Il avait obtenu une autorisation du Professeur Snape pour entraîner son nouveau Poursuiveur, Drago Malfoy.
Alors que les joueurs commençaient leurs échauffements, un autre groupe arriva sur le terrain. L'équipe de Gryffondor.
- Flint ! Aboya Dubois le capitaine de l'équipe adverse. Tu n'as rien à faire là, j'ai réservé le terrain pour ce matin !
- Tout doux, répliqua Marcus avec un sourire rusé. J'ai une dérogation du Professeur Snape pour entraîner mon nouveau poursuiveur.
- Qui ça ?
- Moi, fit Drago avec un sourire suffisant.
Drago étant Drago, il ne put s'empêcher de continuer de crâner.
- Et regarde ce que mon père a offert à Serpentard.
Il exhiba son balai tout neuf, un Nimbus 2001. Les joueurs de Gryffondor ouvrirent de grands yeux.
- Pas mal, non ? Ricana Drago et il désigna du menton les vieux balais des frères Weasley. Mais peut-être que l'équipe de Gryffondor va réussir à trouver un peu d'or pour acheter de nouveaux balais, elle aussi. Vous pourriez donner vos Brossdur 5 à une tombola. Il y a peut-être un musée que ça intéressera.
La plupart des Serpentards éclatèrent de rire.
- Au moins, aucun joueur de Gryffondor n'a payé pour être dans l'équipe, dit Patricia Stimpson l'Attrapeuse de Gryffondor d'un air hautain. C'est pour leur talent qu'on les a choisit.
Les Gryffondors hochèrent la tête en cœur, mais Drago ne supporta pas qu'on puisse insinuer qu'il ne méritait pas sa place dans l'équipe.
- Personne ne t'a demandé ton avis, à toi, espèce de Sang-de-Bourbe, cracha-t-il.
A cette insulte, les jumeaux Weasley sortirent leurs baguettes et la brandirent vers Drago.
- Comment oses-tu ? Hurla Alicia Spinnet une Poursuiveuse de Gryffondor.
Un instant plus tard, le premier sort fut lancé sur Drago, mais le chaos ambiant ne permit pas de déterminé précisément qui avait lancé le sortilège. Harry tira vivement sa baguette également, mais son bracelet protecteur fit du bon boulot et lui évita nombre de maléfices.
- Assez ! Cria une voix impérieuse.
Madame Bibine arrivait en courant sur le terrain de Quidditch.
Les deux capitaines commencèrent à vouloir s'expliquer, mais l'entraîneuse de Quidditch les fit taire.
- Je ne veux pas le savoir Messieurs. C'est la première et la dernière fois que je vois un comportement pareil ! Retenue pour tout le monde demain après-midi ! Et je ne veux pas entendre de supplications ! Maintenant, il me semble que le Professeur Snape a donné exceptionnellement la priorité à l'équipe de Serpentard, donc les Gryffondors, vous attendrez ce soir pour vous entraîner. Vous serez avertis un par un demain matin de la teneur de votre retenue. Allez !
Les Gryffondors n'osèrent pas trop protester et quittèrent le terrain en traînant des pieds. La séance fut plutôt productive, Harry était satisfait de sa performance, et Drago s'était révélé assez bon joueur pour mériter sa place dans l'équipe. Malgré tout, le jeune garçon gardait une rancœur contre son ami. En arrivant à la table du petit déjeuner, quelques instants avant le début des cours, Blaise et Daphné remarquèrent immédiatement l'air sombre de Harry et le petit air coupable de Drago.
- Que s'est-il passé ? Demanda Daphné.
- Drago a fait son Malfoy, répondit Harry avec sarcasme.
Daphné lança un regard noir à son promis. Celui-ci leva les mains en l'air en signe de reddition.
- C'était stupide de ma part, je l'admets.
- T'as fait quoi ? Aboya Daphné.
- Il a insulté Stimpson de Sang-de-Bourbe, dénonça sombrement Harry.
Malheureusement pour Daphné, ils étaient encore dans la Grande Salle, et donc ne pouvait faire de scène.
- Que s'est-il passé ensuite, demanda Blaise avec un formidable sang froid.
- Bagarre générale, Madame Bibine est intervenue. Nous écopons tous d'une retenue demain.
Le reste de la journée se déroula de façon plutôt lugubre, et Harry ne décoléra pas contre Drago. Il avait conscience de laisser ce sentiment prendre possession de lui, mais, d'une certaine manière, il ne voulait pas donner d'excuse au garçon blond. L'expression 'Sang-de-Bourbe' était on ne peut plus raciste et Harry, qui avait été élevé chez les moldus, se sentait insulté lui-même. De toute façon, sa propre mère était une Née-Moldue, il avait bien le droit d'être outré.
Le contenu de leur retenue arriva le lendemain matin au petit déjeuner sous la forme de hiboux postaux de l'école.
Drago apprit que sa retenue avait lieu l'après-midi même avec le Professeur Snape.
- Ce n'est pas la mer à boire, fit Daphné sans lever son nez de son bol de porridge. Snape ne donne pas de retenues horribles aux Serpentards. A part à Harry bien sûr.
- Peut-être, mais c'est aussi mon parrain, et je vais avoir le droit à une engueulade dans les règles.
- Et toi Harry ? Demanda Blaise. Ouh, ça n'a pas l'air de te plaire.
En effet, en lisant les quelques lignes que contenait la note, Harry avait blêmi.
- Je suis en retenue avec Lockart, fit-il d'une voix amère. Ça va être l'enfer. Je crois que je préférerai astiquer les chaudrons de Snape.
Blaise éclata de rire, bientôt suivi par Daphné, mais un regard noir de la part de Harry dissuada Drago de faire de même.
Daphné et Blaise avaient bien compris que Harry en voulait terriblement à Drago, aussi, aucun des deux ne fit de commentaire. Ils s'arrangèrent même pour les séparer. Daphné traîna Drago pour travailler à la bibliothèque, tandis que Blaise proposa à Harry d'étrenner son jeu d'échec version sorcier. Les deux enfants n'étaient pas suffisamment bon stratèges pour avoir un jeu intéressant, si bien que la partie fut rapide mais serrée. Ils rirent beaucoup cependant, en essayant de se déconcentrer mutuellement. Les pièces n'étaient pas en reste et contestaient à peu près toutes les décisions des joueurs, augmentant leur fou-rire. Malheureusement pour Harry, le temps passa trop vite, et ce fut bientôt la fin de l'après-midi, l'heure de sa retenue.
L'humeur redevenue sombre, il se dirigea vers le bureau du Professeur Lockart, et frappa la mort dans l'âme.
- Entrez ! Fit la voix de Lockart à l'intérieur. Ah ! Harry, s'exclama le Professeur quand le garçon entra dans la pièce. Tu dois être plutôt content de passer ta retenue avec moi. Après tout, ce doit être moins fatigant que de récurer les chaudrons du Professeur Snape. C'est ce que je me suis dit quand je me suis proposé pour te prendre en retenue.
Harry fut obligé de se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas réagir.
- Viens, entre, mets-toi à l'aise.
Harry obtempéra, déposa son sac et s'assit en face de son professeur.
- La retenue ne sera pas très compliquée, continua Lockart sans se départir de son sourire. Tu vas m'aider à répondre à mon courrier. Le principe est simple. Des admiratrices, je dis admiratrices parce que ce sont principalement des femmes, m'envoient une lettre. Parfois j'y réponds personnellement, mais c'est autre chose. La plupart du temps, j'envoie en retour une photo dédicacée de moi. Tu n'auras qu'à écrire les adresses sur ces enveloppes. Considère cela comme un entraînement pour ta futur carrière de célébrité.
Lockart tendit à Harry un encrier lavande (de la même couleur que ses robes du jour), et un épais tas d'enveloppes, ainsi qu'une liste de noms et d'adresses.
Avec l'énergie du mollusque neurasthénique et la motivation d'un gratte-parchemin du Ministère un lundi matin, Harry se mit au travail. Pendant ce temps, son célèbre Professeur continuait de parler.
- Un jour arrivera Harry, où ta carrière sera suffisante pour que tu te promènes avec des photos de toi dans les poches pour les dédicacer. Mais pas maintenant, Harry, les gens penseraient que tu as la grosse tête.
Puis, il passait à un autre sujet.
- Tu en es à quelle adresse ? Ah, oui, Guillema Hood, une de mes plus grandes admiratrices. Elle m'écrit presque chaque semaine.
Ou encore :
- La célébrité est mauvaise conseillère Harry. Pour les conseils, il vaut mieux engager un agent.
Le temps passait à une lenteur ahurissante aux yeux de Harry. Le soir tomba, l'heure du repas était arrivée, mais Lockart ne semblait pas s'en apercevoir. Jusqu'à ce que :
- Tuer … Je veux tuer … Du sssang …
Harry, qui commençait à papillonner des yeux eut un sursaut brusque.
- Quoi ? S'exclama-t-il.
- Je te demande pardon ? Fit Lockart qui avait lui-même bondit au cri de son élève.
- Euh … je … balbutia Harry se rendant compte que Lockart ne pouvait pas avoir dit ça. Vous avez entendu ?
- Entendu quoi ? Demanda Lockart perplexe.
- Désolé, s'excusa le garçon. J'ai dû m'assoupir.
- C'est moi qui suis désolé, s'exclama le Professeur Lockart. Je t'ai gardé bien plus que de raison. C'est même bientôt la fin du repas. Vite, file, avant qu'il n'y ait plus rien à manger.
Harry ne se le fit pas dire deux fois et s'en fut avec à peine un au revoir.
Dans le couloir, il essaya de tendre l'oreille, mais il n'entendit rien de plus. Il avait sûrement rêvé.
Cette histoire de voix tarauda Harry pendant quelques jours, puis il finit par l'oublier. Il avait également arrêté de faire la tête à Drago, et le blond, conscient d'avoir froissé son ami faisait de gros efforts pour ne pas être insultant.
La routine des cours étaient rassurante d'une certaine manière. Harry n'avait pas de difficultés particulières en Métamorphose et en Sortilèges. Il peinait un peu plus en Botanique et en Astronomie, coulait carrément en Histoire de la Magie et arrivait à se maintenir tant bien que mal en Potions, quand le Professeur Snape n'était pas de trop mauvaise humeur lors des corrections des copies. Potions, où Harry travaillait pourtant d'arrache-pied, mais sans se faire d'illusions.
Quant à la Défense Contre les Forces du Mal, Lockart était un piètre pédagogue, un égocentrique de première, mais il donnait des sujets de recherche intéressants. Ses cours portaient invariablement sur une créature magique ou sur un aspect des Forces du Mal qu'il avait lui-même combattu et vaincu (en tout cas dans ses livres), et il racontait ses exploits. Puis, il donnait souvent comme devoir un essai ou une dissertation sur la-dite créature, permettant inconsciemment à ses élèves de maintenir un niveau correct dans son domaine.
Cela n'empêchait évidemment pas les élèves en question de râler sur la qualité du cours. Les Serpentards avaient conclu assez vite que l'homme était un affabulateur, et que ses livres étaient des mensonges éhontés. Avis partagé autour d'un thé dans la cabane de Hagrid avec Ron Weasley et Neville Londubat.
Drago n'avait toujours pas accepté de venir prendre le thé chez le Garde-Chasse. Trop mal à l'aise ou trop orgueilleux, il déclinait systématiquement l'invitation. Il voyait d'un mauvais œil l'amitié qui liait doucement Harry à Ron Weasley, mais, soucieux de ne pas vexer son ami à nouveau, il n'avait encore rien dit.
Si la fin Septembre était maussade, Octobre fut encore pire. La pluie dégringolait quasiment sans s'arrêter, et quand enfin elle ne tombait plus, un brouillard réfrigérant recouvrait tout, empêchant de voir la Forêt Interdite des fenêtres de Poudlard.
Octobre, si pluvieux qu'il fut, passa vite, et bientôt ce fut la veille du jour des morts. Bizarrement, depuis qu'il connaissait l'histoire de la mort de ses parents, Harry se sentait plus triste à l'approche de cette date que d'accoutumée. Le matin d'Halloween, Drago, qui avait bien vu que Harry déprimait un peu, lui proposa d'aller faire un tour au bord du lac.
- Il pleut, Drago, fit remarquer Harry peu convaincu.
- Et alors ? Ça fait un mois qu'il pleut. J'en ai marre de devoir rester enfermé. Et toi, tu as besoin de prendre l'air. Ne pense même pas à me contredire. Cela fait deux jours que tu es démoralisé.
- Tu as peut-être raison, concéda le brun.
- J'ai toujours raison, rectifia Drago avec un sourire satisfait.
C'est ainsi que les deux enfants se retrouvèrent à marcher sur un chemin boueux, en direction du lac et de son Calamar géant. Mais le sol était traître, et tout à coup Drago glissa dans une flaque et tomba à la renverse. Il atterrit brutalement sur le postérieur dans un glapissement de douleur.
- Ça va ? S'enquit immédiatement Harry.
Mais voyant l'air misérable de Drago, trempé et aspergé de boue, le garçon ne put cacher son sourire.
- C'est ça, gémit Drago. Moque-toi de moi !
Ces mots eurent pour effet de provoquer un véritable fou rire chez Harry. Vexé Drago se releva et continua son chemin le plus dignement possible. Mais Drago restait un Serpentard, et si la vengeance n'est pas toujours un plat qui se mange froid, c'est l'occasion qui fait le larron. L'occasion se présenta sous la forme d'une immense flaque d'eau boueuse. Sans une hésitation, et d'un coup de pied habile, Drago envoya une grande gerbe d'eau sale sur son ami qui émit un cri indigné.
Mi-furieux, mi-hilare, Harry répondit à son tour et arrosa le blond à son tour. La situation dégénéra, et les deux enfants furent très occupés pendant quelques instants à envoyer le plus d'eau limoneuse vers son adversaire. Puis ils se coururent après, riants. Le terrain, déloyal et glissant ne leur simplifiait pas la tâche et ils tombèrent l'un sur l'autre dans la bourbe qu'était devenue le parc de Poudlard.
Finalement, ils n'atteignirent jamais le lac, mais c'est ruisselants et dégoûtants qu'ils rentrèrent au château. Le sourire joyeux qui ornait leurs lèvres s'évanouit quand ils virent qui les attendait dans le Hall.
- Venez avec moi, grinça Rusard.
- Mais, Monsieur, on n'a rien fait, se défendit aussitôt Harry.
- Et ça ! S'écria le Concierge de sa voix de porte rouillée en montrant les traces de boue que les garçons laissaient copieusement derrière eux. Qui va nettoyer ça, croyez-vous ?
Les deux jeunes baissèrent les yeux, encore partagés entre leur allégresse et la honte d'avoir été prit à faire des saletés.
Ils suivirent donc Rusard et Miss Teigne dans les couloirs, jusqu'à la Conciergerie.
C'était un bureau étroit dont les murs étaient recouverts de placards abritant des casiers de bois où étaient méticuleusement rangés toutes les fiches de punitions et de retenues des élèves. Sur chaque placard, un écriteau indiquait l'année et les parchemins étaient rangés par ordre alphabétique des élèves fautifs.
Drago et Harry se tenaient devant le lourd bureau de Rusard, très raides, attendant qu'on leur dise à quelle sauce ils allaient être mangés. Contrairement aux placards où tout semblait être à sa place, le bureau de Rusard croulait sous différents objets, les uns sur les autres, dans un bazar chaotique et chamarré. Derrière Rusard, il y avait une porte qui menait dans une réserve où le concierge stockait les parchemins de punition, des plumes, de l'encre, et des produits d'entretien magiques.
Ne trouvant pas ce qu'il lui fallait sur le bureau, Rusard sortit donc du bureau pour la réserve laissant les deux garçons momentanément seuls.
Drago profita de l'absence du Concierge pour regarder l'amas de choses sur le bureau en face de lui et se saisi d'un parchemin qui dépassait d'une pile de livres abîmés.
- Laisse ça Drago, le réprimanda Harry en chuchotant.
Le blond se contenta de lui sourire et jeta un œil sur ce que disant le parchemin dans un éclatement d'encres de couleurs.
Vous vous sentez déboussolé dans le nouveau monde de la magie ? Vous n'osez plus jeter de sort en public par peur de paraître ridicule ? Tout le monde éclate de rire quand on vous voit tenir votre baguette magique ? IL EXISTE UNE SOLUTION À VOS PROBLÈMES ! VITMAGIC est une méthode entièrement nouvelle, rapide, facile, aux résultats garantis. Des centaines de sorcières et de sorciers en ont déjà bénéficié !
Drago haussa un sourcil, mais il n'eut pas le temps d'en lire plus. Du bruit dans la réserve l'obligea à reposer le parchemin en vitesse au dessus de la pile de livres.
Rusard refit son apparition, en maugréant contre les délinquants qu'hébergeait ce Château, et s'apprêtait à leur annoncer la teneur de leur retenue quand son regard se posa sur le parchemin aux couleurs vives au dessus de la pile de livres.
- Vous avez vu ? Vous avez lu ? Demanda-t-il mi-inquiet mi-furieux.
Harry lança un regard interloqué à Rusard.
- De quoi parlez-vous ? Questionna le garçon.
- N'en parlez à personne ! Rugit-il. Dehors !
Effrayés, les deux garçons prirent leurs jambes à leur cou, et retournèrent illico dans leur dortoir.
- Mais qu'est-ce que c'était ? Fit Harry perplexe en enlevant ses vêtements crottés.
- C'était une publicité pour personne ayant peu de pouvoir magique, dit Drago en faisant de même. J'ignorais que c'était un Cracmol.
- Un quoi ?
- Un Cracmol. C'est l'inverse d'un Né-Moldu. C'est quelqu'un dont les parents sont Sorciers, mais qui n'a pas de pouvoir magique.
Sur ces mots, Drago attrapa des sous-vêtements et se précipita dans la salle de bain pour être le premier sous la douche.
Peu après leur toilette tardive, Harry et Drago rejoignirent Blaise et Daphné et passèrent une excellente après-midi, même si parfois, Harry arborait un air un peu triste. Puis, ce fut l'heure du festin d'Halloween. Blaise était surexcité à l'idée de manger des tonnes de sucreries ce qui faisait râler Daphné.
Harry rechignait un peu à aller au festin, arguant qu'il n'était pas très sucreries mais ses amis le forcèrent à rester avec eux. Daphné, perspicace comme d'habitude, avait touché deux mots à Drago et Blaise sur la portée symbolique du 31 Octobre pour Harry. Non seulement il s'agissait de la Fête des Morts, poussant Harry à regretter une famille qu'il ne connaîtra jamais, mais en plus il s'agissait de la date anniversaire de la mort de ses deux parents, rendant le moment plus douloureux encore.
Les trois compères avaient donc décidé de contraindre Harry à se changer les idées, et le Festin semblait être une bonne opportunité.
En traînant des pieds, le jeune garçon suivit ses amis dans les couloirs. Il était perdu dans ses pensées, quand du bruit lui fit relever brusquement la tête.
- Faim … Sang … tuer … tuer …
- Vous avez entendu ? S'exclama Harry.
Les trois autres se retournèrent vers lui.
- De quoi tu parles ? Demanda Blaise.
- Ça ! Cette voix !
- Quelle voix ? Fit Daphné au moment où Drago demandait
- Tu entends des voix ?
Harry rougit brutalement, de honte et de colère. Oui, il entendait des voix, mais elles n'étaient pas dans sa tête.
- Laissez tomber, lâcha-t-il d'un ton dur. J'ai dû être tellement plongé dans mes pensées que j'ai imaginé des choses.
Les trois autres haussèrent les épaules, et Drago lança un regard un peu alarmé à Harry, mais ils ne firent pas de commentaires.
Durant le repas, Drago et Blaise se taquinèrent, Daphné rit beaucoup et Harry parvint à sourire vraiment à de nombreuses reprises. Mais bien vite, il tomba de fatigue. Seulement, il n'était pas le seul. Drago non plus semblait avoir moins de répartie, et les deux garçons, conscients qu'ils avaient dû attraper quelque chose pendant leur bagarre du matin, décidèrent de quitter la table avant la fin du repas pour se reposer.
En passant devant un escalier secondaire, qui menait dans les étages, Harry remarqua de l'eau qui coulait sur les marches. Curieux, il commença à monter. Drago râla. Il avait envie de retrouver le confort chaleureux de ses draps et pas partir à nouveau à l'aventure. Mais Harry ne l'entendait pas de cette oreille et continua son ascension.
L'eau les conduisit au deuxième étage. À ce niveau, la fuite d'eau était beaucoup plus conséquente, une flaque recouvrait une grande partie du couloir. Mais ce n'était pas cela qui frappa les deux élèves. Quelque chose était pendu à une torchère. En s'approchant, Harry put voir qu'il s'agissait de Miss Teigne, la chatte du Concierge. L'animal était suspendu par la queue, le corps étrangement raide. En dessous du chat, une phrase en lettres rouges brillait à la lueur des torches.
LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE ! ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE !
(1) Pour information, l'Emploi du Temps de Harry et ses amis ressemble à ça :
Lundi : 8h-10h : Métamorphose
10h-12h : Botanique
13h-15h : Potions (en double avec les Gryffondors)
15h-16h : Sortilèges (en double avec les Serdaigles)
Mardi : 8h-10h : Potions
10h-12h : Histoire de la Magie
13h-14h : Métamorphose
21h-23h : Astronomie
Mercredi : 8h-10h : Sortilèges
10h-12h : Botanique
13h-16h : Défense Contre les Forces du Mal
Jeudi : 8h-10h : Métamorphose
10h-11h : Histoire de la Magie
13h-14h : Potions
Vendredi : 8h-10h : Défense Contre les Forces du Mal
10h-12h : Histoire de la Magie
13h-15h : Sortilèges
15h-16h : Botanique
(2) Aussi incroyable que cela puisse paraître, je n'invente rien.
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