Eh là qui voilà ? Une auteure coupable ! Bon, bon, bon... Vous attendez depuis Avril que je poste la suite de cette histoire et je dois avouer que je m'attends aussi depuis Avril. Mais voilà, manque de motivation. Je suppose qu'il me manquait une bonne soundtrack puisque j'ai passé la soirée a écouter du Sleeping at Last.. Je trouve que le style suit bien May : on s'y attache facilement et ce n'est pas agressif. Au fil des mois j'ai eu quelques reviews et des visites mais après toute cette absence, je ne suis pas sûre de retrouver les lecteurs au rendez-vous. Enfin, on verra. Viendra qui voudra. Un spécial remerciement a Traffy-D-Lamy, I Am The Chocolate Surgeon et Conteuse-emeraude pour leurs reviews qui m'ont fait chaud au coeur. J'en avais bien besoin..
Bonne lecture.
Chapitre 7.
Je me lève et commence à débarrasser le petit-déjeuner. Je repose la brosse sur le bar et prends le panier à linge et vais le poser sur le lit. Je range le linge. A la moitié du panier, j'entends la porte de la salle de bains s'ouvrir. Et ses pas viennent vers moi. Je tourne la tête et le vois habillé de la même tenue qu'hier. La pensée qu'il lui faudrait de nouveaux vêtements pour son confort et le désir qu'il se fonde dans la masse me traverse l'esprit, je la garde, un sourire aux lèvres puis retourne à ma tâche tandis qu'il s'assieds sur le bord du lit.
-J'ai été surpris du fait que vous ayez du savon basique comme produit. D'habitude, les femmes préfèrent une odeur délicatement parfumée, non ?
Je hausse les épaules et baisse le casque sur mon cou.
-Néanmoins, ça m'a été utile. De quoi aurais-je eu l'air si je sentais la framboise ?
Je baisse la tête en tentant de cacher mon sourire puis je sens sa main sur mon poignet, je tourne la tête et l'observe.
-De quoi aurais-je l'air, May ?
Je prends mon carnet dans la poche arrière de mon jean et un stylo, y dépose la date et écris.
"D'un pirate qui sent la framboise."
-Ça serait dramatique pour ma réputation.
"Soit cela vous ridiculise, soit vous en faites un atout et vous terrifiez la population."
Un sourire amusé franchit ses lèvres et il lève un sourcil.
-Avec de la framboise ?
"Qui a dit que les pirates devaient sentir le mâle viril et la testostérone ?"
-Vous gagnez ce point mais je pense sincèrement que vous portez mieux le parfum de framboise que moi.
"Vous n'avez pas tout à fait tort."
Je retourne a ma tâche, mon sourire ne voulant pas quitter mes lèvres. Puis une fois le panier vide, je le dépose près de la bibliothèque. Je me tourne ensuite vers lui et hésite à m'asseoir sur le lit, avec lui. Mais l'idée clignote de plus belle dans ma tête et il fait beau dehors.
-A quoi pensez vous ?
"On va aller faire quelques achats."
-Et si je ne veux pas venir ?
Je lève un sourcil. Il sourit.
-Je vous taquine. C'est d'accord.
J'acquiesce et remplit mon sac puis noue mes lacets et met une veste en cuir, j'enfile ma besace sur l'épaule alors qu'il termine de mettre ses chaussures. Il met son étrange bonnet et je l'attends, le trousseau de clés dans les mains. On sort de l'appartement et on descend les cinq étages.
On sort et je permets au soleil de me réchauffer pendants quelques instants puis je me tourne vers Law et lui fais un signe de tête. Il acquiesce et on se met en marche. Je le conduis trois rues plus loin et m'arrête devant une boutique de vêtements masculins.
-Pourquoi des vêtements ? J'en ai déjà.
Je sors mon carnet et écrit.
" 1. Tenue de rechange.
2. Sorte de camouflage, personne ne doit savoir d'où vous venez.
3. Ca sera rapide."
Il soupire et cède, je range mon carnet dans ma poche et l'entraîne par le poignet a l'intérieur. La vendeuse nous salue, j'incline la tête. Puis je le lâche et me rends au rayon des sweats. Alors qu'il me rejoins, je l'observe pour déterminer sa taille puis fouille dans les portants. Après quelques minutes, je trouve mon bonheur et compose deux tenues a peu près similaires. Je le prends a nouveau par le poignet et l'entraîne aux cabines d'essayage. J'accroche les cintres dans une cabine et il me regarde, confus.
-Pourquoi les essayer ?
"Je veux savoir si ça vous va. Vous essayez l'une des deux et vous me montrez le résultat."
Il soupire à nouveau mais rentre dans la cabine. Je souris, victorieuse et veille a fermer le rideau derrière lui. J'écoute les bruits du tissu et attends patiemment. Mais juste a côté des cabines, se trouve le rayon des manteaux. Je me poste devant et regarde un instant les manteaux avant d'hésiter entre un blazer et un manteau un peu plus chaud. Je me décide finalement et reviens alors qu'il tire le rideau et sort. Il se regarde dans le grand miroir face a lui. Puis se tourne vers moi, un sourcil levé. J'approuve de la tête puis lui tends le manteau qu'il enfile. Je prends mon carnet.
"Est-ce la bonne taille ?"
-C'est confortable.
Je souris et hoche la tête.
"Vous pouvez vous changer."
Il acquiesce et commence par me donner le manteau. Quelques minutes plus tard, on passe en caisse, la vendeuse nous sourit et prends les vêtements puis les glisse dans un sac.
-250 $.
Je commence a sortir mon porte-feuille mais il m'interrompt.
-Vous êtes sûre ?
Je le regarde et acquiesce puis paye.
-Bonne journée.
Je remercie la vendeuse de la tête et prend le sac. On sort et et après avoir dépassé la boutique, je m'arrête pour écrire.
"Vous voulez continuer ou rentrer ?"
-On peut rentrer ?
J'acquiesce avec un grand sourire. Alors qu'on est sur le chemin du retour, il se met a pleuvoir. On court le plus vite possible mais en arrivant dans le hall, on est trempés. On monte les escaliers et j'ouvre la porte. Une fois déchaussée, je me précipite sur les serviettes et et lui en tends une. Il me remercie avec un hochement de tête et je soupire en me séchant les cheveux. Il s'assieds et je sens son regard sur moi mais l'ignore.
Dérangée, je me retourne vers lui et ne vois que ses mains qui sèchent ses cheveux. Je hausse les épaules et vais voir dans l'armoire. Je prends un jogging et un gros pull et vais à la salle de bains. Je me change dans ce nouvel ensemble confortable puis le rejoint sur le canapé. Mais a peine suis-je assise qu'il se lève a son tour, je hausse les sourcils surprise et il se met a faire les cent pas, l'air pensif.
Puis il se met à marmonner et à faire de nombreux gestes, je l'observe un instant, confuse par son comportement changeant. Je prends mon carnet et écris rapidement, je me lève et m'interpose dans ses allers retours entre la cuisine et le salon. Il s'arrête brusquement devant moi et son regard croise le mien mais il s'empresse de détourner les yeux, je lui tends mon carnet et il soupire en lisant la phrase.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? Tout. Cette situation, moi et ce monde ! Rien ne va. Et au lieu de m'aider, vous n'avez fait que m'expliquer des concepts totalement abstraits ! Et je reste avec vous alors que je dois rentrer dans mon monde, je dois retrouver mon équipage ! Je ne sais même pas s'ils vont bien et je ne sais pas si je pourrais les retrouver ! Ils sont peut être morts ou mal en point a l'heure qu'il est et je dois aussi continuer mon voyage. J'ai des choses a faire mais je reste ici... Bon sang ! Qu'est-ce qu'il m'a pris de vous demander de l'aide alors que vous ne pouvez clairement rien faire pour moi ?! A part m'entretenir bien sur ! Depuis quand vous me payez des vêtements alors que vous ne me connaissez même pas ?! Et pire encore, vous m'invitez chez vous alors que vous ne savez rien de moi ! Vous ne savez pas ce que j'ai fait et vous me faites confiance. Vous êtes vraiment naïve, May.
Je montre la fenêtre de la main et il regarde la pluie qui semble s'intensifier mais hausse les épaules et me regarde d'un air désolé alors que je sens les larmes me monter aux yeux. Il baisse les siens et secoue la tête.
-Je dois partir. Au revoir, May Carter.
Il va remettre ses chaussures et enfonce son bonnet nordique sur ses yeux. Mes larmes débordent alors que la porte se referme derrière lui et que j'entends ses pas dans l'escalier. Mais je ne pleure pas pour ce qu'il m'a dit. Je suis triste pour lui, il doit se sentir perdu dans ce nouveau monde et je ne l'ai pas vraiment aidé en lui donnant encore plus d'énigmes. Mais si je ne le rattrape pas, il va vraiment se perdre dans New York et personne n'osera l'aider.
J'essuie mes larmes d'un geste de la main et vais enfiler mes chaussures a mon tour ainsi qu'un ciré de pluie. Puis j'attrape mes clés et sors a mon tour, claquant la porte derrière moi, je me lance dans les escaliers, priant pour ne pas louper une marche alors que j'entends la porte d'entrée se refermer. Je finis par arriver sur le palier et regarde a gauche et a droite dans l'espoir d'apercevoir un bonnet tacheté mais l'immeuble étant en bout de rue, il a rapidement disparu.
Je serre les dents et décide de prendre le coin de la rue et observe le carrefour, essayant de distinguer une silhouette se détachant du reste mais le rideau de pluie s'obstine. Je traverse alors que le feu piéton passe au rouge et que les conducteurs pressés démarrent dès qu'ils en ont l'autorisation. Je cours tout en regardant autour de moi, sentant le désespoir m'envahir alors que le temps passe, que la pluie s'efforce de me tremper et que le vent se met a souffler. De plus, les passants empressés de retrouver leur maisons et leurs familles me bousculent, comme si je n'étais qu'un fantôme.
Après tout, c'est tout comme. Je ne parle pas, je fais moins de bruit que la plupart des gens et personne ne m'attend, chez moi. Je baisse la tête, un vieux chagrin solitaire me reprend et ralentit automatiquement mon pas.
La tête grise de sombres pensées et le cœur lourd, je me laisse tomber sur un banc détrempé d'un petit parce que je reconnais être celui en face du café. Au bout de quelques minutes, quelqu'un vient s'asseoir a côté de moi. Agacée et surtout curieuse, je jette un regard au pantalon. Qui serait assez fou pour s'asseoir sous une averse avec un fantôme détrempé ?
La réponse prend la forme d'un jean clair parsemé de petites taches noires. Mes lèvres s'étirent un large sourire alors que je reconnais ce style unique porté par l'unique pirate que je connais. Je pousse un soupir de soulagement et déboutonne mon imperméable. Je le lui passe autour des épaules en sachant pertinemment que c'est une taille trop petite pour lui mais il me laisse faire. Et alors que je courbe le dos pour poser mes coudes sur mes genoux, je sens quelque chose de doux atterrit sur ma tête. Je lève les yeux et vois des gouttes perler continuellement depuis la visière de ce que je reconnais être son bonnet nordique.
En silence, je me redresse jusqu'à sentir le banc contre mon dos et renifle bruyamment, ne pouvant empêcher les larmes de déborder sur mes joues. Malgré ça, je continue de sourire. Deux émotions contradictoires me submergent et je laisse ce bordel émotionnel engloutir mes pensées les plus tristes.
-May... Je suis désolé pour ce que je vous ai dit. Vous avez fait de votre mieux et je ne vous ai même pas remerciée.
Mon sourire s'étire, je me lève et pose une main sur le bonnet nordique tandis que je lève la tête pour recevoir les gouttes de pluie en plein visage. J'ouvre mon autre main et attends quelques instants avant de sentir sa main entourer la mienne. Je tourne la tête vers lui et hausse les épaules puis lui indique le chemin de mon appartement d'un signe de tête.
Il me regarde avec étonnement et fronce les sourcils, confus.
-Après ce que j'ai fait, vous voulez que je revienne chez vous ?
J'acquiesce simplement et il soupire, l'air sidéré.
-Je vous suis a une condition. J'aimerai que vous m'expliquiez comment vous faites pour vouloir encore d'un être aussi insupportable que moi.
Je hoche la tête, remarquant a quel point son estime personnelle est basse. Mais vu que je ne suis pas mieux, ce n'est pas a moi de juger.
Il pose l'imperméable sur mes épaules alors que le ciel se calme, faiblissant la pluie au cours des minutes qui passent et réduisant le vent a un subtil murmure. Le ciel reste gris mais l'atmosphère est tranquille, les rues sont désertes. Les gens sont rentrés chez eux et j'entraine Law sur le chemin du retour. Il a laissé son bonnet sur ma tête et ainsi honorée, je garde la tête haute tout le long du trajet, un sourire aux lèvres.
