Hello tout le monde ! Voici la dernière partie qui était plus longue que prévu, près de 7000 mots.
Merci encore pour vos reviews et vos encouragements. J'espère que vous aimerez la fin qui clôt ce magnifique OS.
Encore une fois, rien n'est à moi, tout est à , et l'histoire appartient à Batsutousai, j'ai juste fait la traduction.
Bonne lecture !
Harry fit une pause le dernier vendredi d'octobre. Il venait de regarder dans le miroir pendant son cours de Défense contre les Forces du Mal- Rogue était étonnamment indulgent à ce sujet- quand il aperçut la photo d'un jeune homme bien connu. « Oh ! » souffla-t-il en se redressant.
« Un problème, Potter ? » fit Rogue, ses yeux noirs s'attardant involontairement sur le front nu de Harry.
Celui-ci leva les yeux, momentanément pris au dépourvu, avant de hocher la tête et de ranger à la hâte ses affaires dans son sac. « Permission d'aller voir le directeur, monsieur ? »
Les yeux de Rogue se rétrécirent. « Accordé »dit-il finalement.
« Merci » Harry s'en alla, emmenant l'épée de Gryffondor avec lui. Il avait la permission de Serpentard de la porter quand il le désirait.
« Vous ne pouvez pas le suivre, Weasley » ajouta le professeur de potions quand Ron ouvrit la bouche. Indigné, le rouquin poussa un juron, faisant perdre des points à sa maison.
Harry prononça le mot de passe devant la gargouille qui cachait l'escalier secret, puis il grimpa les marches à tout allure en criant « Salazar ! Salazar ! »
Le Fondateur s'écarta de son bureau, ses traits inquiets quand le garçon arriva en haut des escaliers. « Que se passe-t-il ? » demanda-t-il, s'efforçant de paraître calme.
Harry prit un moment pour reprendre son souffle avant de lâcher d'une voix excitée : « J'ai vu une photo de Grindelwald dans le miroir ! »
Serpentard regarda immédiatement le portrait de Dumbledore. « Une vieille femme avec une photo de Grindelwald ? »
Albus Dumbledore fronça les sourcils, la mine pensive. « Cette femme » dit-il à Harry. « portait-elle des boucles d'oreilles en argent en forme de larmes ? »
Repensant à vieille dame qu'il observait depuis près d'un mois, le jeune garçon acquiesça. « Je crois que oui, elle en avait. Il y a avait même des petits pierres précieuses au bout. »
Dumbledore poussa un long soupir. « Alors, il s'agit de Bathilda Tourdesac. Sa maison se trouve à Godric's Hollow. »
« Godric's Hollow ? » répéta Salazar Serpentard, l'air méfiant.
« On dit que c'est le lieu de naissance de Godric Gryffondor et qu'il a donc pris son nom. »
Les lèvres de Serpentard se pincèrent. « Je connais cet endroit. » Il regarda Harry. « Je suppose que tu veux partir tout de suite ? »
Le garçon réfléchit quelques minutes et il retira son sac de la chaise qu'il occupait habituellement lorsqu'il prenait le thé après son entraînement à l'épée. « Ron va probablement m'en vouloir et bouder, mais si tu es occupé... »
« Ce n'est pas le cas. Laisse-moi envoyer un message à Minerva pour lui dire que nous quittons l'école durant un moment, ensuite nous pourrons partir. »
Fleur était dans la Cabane Hurlante quand Harry et Serpentard émergèrent du passage, elle leur adressa un sourire en les apercevant. « Bonjour 'Arry » salua-t-elle en s'avançant et en embrassant les joues de Harry. « Monsieur Serpentard. »
« Madame Weasley » répondit Serpentard d'un ton courtois. « Vous nous pardonnerez de devoir partir sur le champs, mais nous avons des affaires à régler. »
« Aucun problème » sourit la jeune fille.
Harry lui adressa un sourire à son tour tandis qu'il prenait le bras offert par Serpentard. « A bientôt, Fleur ! » cria-t-il avant de transplaner.
Ils arrivèrent dans un coin tranquille qui donnait sur une petite place bordée de quelques boutiques. « Je ne sais pas par où commencer » admit le Fondateur balayant les parages de son regard perçant. « Je pourrais te montrer le lieu où se trouvait la maison de Godric, mais j'ignore où habite cette Bathilda Tourdesac. »
Sortant sa baguette, Harry murmura : « Dirige-moi vers Bathilda Tourdesac ». La baguette se mit à tourner dans sa paume. Ils la fixèrent un long moment alors qu'elle semblait tourner éternellement jusqu'à ce que Harry annule le sort. A la place, ce dernier ordonna : « Montre-moi où se cache Nagini. »
La baguette pointa immédiatement vers une route à gauche de l'église.
« Hmm, plutôt inquiétant » marmonna Serpentard. Il attrapa l'épaule du garçon avant qu'il ne parte. « Un déguisement s'impose, je pense » commenta-t-il, jetant rapidement un sort pour assombrir les yeux de Harry et lui teindre ses cheveux en bond. « Après tout, tu es toujours un homme traqué »
Le visage de Harry se fendit d'une grimace. « Aller normalement aux cours me l'avait fait presque oublié » admit-il en reprenant la route.
De nombreux passants leur jetèrent un regard étrange en voyant la robe sombre de Harry, la tunique de Serpentard et les épées brillantes qui pendaient à leurs ceintures. Harry avait réussi à convaincre le sorcier plus âgé de raccourcir sa tunique et de porter un pantalon, histoire de ne pas trop attirer l'attention plus qu'ils ne le faisaient déjà.
La baguette les guida jusqu'à une demeure ancienne qui aurait bien besoin d'un rafraîchissement de façade et ils allèrent frapper à la porte. Ils patientèrent un certain temps et enfin quelqu'un vint leur ouvrir. C'était la vieille femme que Harry avait vu dans le miroir. « Bathilda Tourdesac ? » supposa-t-il et la femme hocha la tête. « Je suis Harry Potter. »
Bathilda Tourdesac leur fit signe d'entrer, sans prononcer un mot. Salazar et Harry se regardèrent, méfiants puis ils entrèrent à l'intérieur, Salazar refermant la porte derrière eux. Ils la suivirent dans le salon que Harry connaissait presque par cœur à présent à force de voir la vieille dame y déambuler. Bathilda s'arrêta, tournant un visage neutre dans leur direction.
Serpentard sortit sa baguette, murmurant : « Montre-moi Naguini » et la baguette pointa directement la vieille dame. « Harry » l'avertit-il dans un souffle.
« Oui, je sais » répondit Harry qui avait déjà compris. Il brandit sa baguette à son tour. « Nagini, ravi de te revoir."
La femme laissa échapper un sifflement furieux : Comment me connais-tu, garçon ?
« Nous te cherchions » répondit simplement Harry.
Alors tu m'as trouvé, cracha-t-elle et la peau de sa gorge se fendit en deux, faisant apparaître un long et puissant serpent.
« En arrière ! » ordonna brusquement Salazar Serpentard. Harry se dépêcha de s'écarter tandis que le Fondateur tirait son épée et tranchait la tête du reptile d'un geste leste. Le corps de Nagini glissa à terre, juste à côté du cadavre de Bathilda Tourdesac. Le regard de Serpentard s'attarda sur les restes du serpent. «Normalement, ce devrait être bon. Mais il vaut mieux que tu enfonces sa tête avec la pointe de l'épée de Grodric pour nous assurer que l'horcruxe est réellement parti. »
« Très bien » obéit le garçon en s'exécutant. Un filet sombre s'échappa de la tête de Nagini, s'enroulant autour de la lame. Il grésilla doucement dans l'air avant de s'évaporer. « Un horcruxe de moins »
« En effet. » Serpentard lança un sort de nettoyage, rengainant son épée. « A présent, partons d'ici avant que mon soi-disant héritier ne se pointe. Je ne doute pas qu'elle l'ait prévenu. »
« C'est sûr » approuva Harry comme il glissait dans sa gaine sa propre épée.
Il y eut tout à coup un gros choc sur la porte d'entrée, et, sans prendre la peine d'échanger un regard, Harry et Serpentard transplanèrent à la Cabane Hurlante en vitesse.
« Regarde dans le miroir » jeta d'emblée le Fondateur à Harry.
L'image sur le miroir prit forme en quelques secondes à peine et Harry grimaça de douleur quand Voldemort exprima toute sa fureur dans la maison de Bathilda Tourdesac. De nombreux objets explosaient tout autour de lui et des murs se fendaient de tous les côtés. « Il n'est vraiment pas content » déclara Harry d'un ton sinistre. « Tu crois qu'il va venir ici ? »
« Seulement une fois qu'il aura réalisé que tu es là » répondit Serpentard, puis il se tourna vers Fleur. « Prévenez les membre de l'Ordre. Ensuite, appelez tous les élèves qui traînent encore ici et dites-leur de rejoindre les salles du château sur le champs. Harry, il va falloir commencer l'évacuation des premières années dans la Chambre des secrets. »
« Mieux vaut prévenir que guérir » approuva Harry et les deux sorciers sortirent précipitamment de la Cabane pendant que Fleur s'emparait de l'équipement de radio apporté par les membres de Potterveille et envoyait un message codé aux membres de l'Ordre à l'extérieur de l'école.
L'évacuation se déroula remarquablement bien, grâce à des semaines d'explications sur ce qu'il se passerait une fois qu'ils auraient été avertis que Voldemort serait en route. Les sixièmes années s'occupèrent de conduire les élèves les plus jeunes dans la Chambre des secrets tandis que les septièmes années vérifiaient que toutes les protections du château étaient en place. Après cela, les septièmes et les sixièmes années qui ne voulaient pas se battre- c'est à dire environ la moitié des sixièmes années et le quart des septièmes années- se rendirent à la Chambre des secrets avec Irma Pince et Argus Rusard pour rassurer les élèves et les aider à rester calmes.
Une fois les protections en place, élèves et professeurs tentèrent de créer une sorte de poste médical, et Poppy Pomfresh ainsi que sorciers guérisseurs appartenant à l'Ordre commencèrent à s'y installer.
Harry resta avec Salazar Serpentard et Minerva McGonagall pendant que le poste médical était préparé, observant Voldemort se déplacer sur toutes les cachettes où il avait dissimulé ses horcruxes. « Il sait. » murmura-t-il au Fondateur alors que la directrice des Gryffondor dirigeait un groupe d'élèves qui déplaçait une des tables de la Grande Salle pour s'en servir comme barricade. « Il est en train de vérifier ses cachettes. »
« Cela lui aura pris du temps » commenta froidement le Fondateur. « S'il n'avait pas aussi stupide ou ambitieux, il n'aurait jamais divisé son âme autant de fois, et il l'aurait remarqué bien plus tôt. »
« Tom a toujours été un brin paranoïaque » observa Harry. « J'aimerais bien savoir comment il s'y est pris pour créer ses horcruxes d'ailleurs. »
« Mieux vaut que tu ne le saches jamais. » fit Severus Rogue, rejoignant les deux sorciers.
Serpentard haussa un sourcil, mais demanda : « Est-ce que l'Ordre se trouve au complet derrière les boucliers ? »
« Oui » acquiesça Rogue. « Lupin et sa femme viennent de passer et ils étaient les derniers. »
Le Fondateur inclina la tête et alla se positionner devant les portes ouvertes de l'école. Il tira son épée et s'en servit pour toucher la pierre au centre même de la voûte, puis se mit à chanter en gaélique. Ceux qui étaient dans le hall d'entrée stoppèrent ce qu'ils faisaient et se retournèrent pour regarder la pierre se colorer d'une lueur verte. La lumière émeraude se déplaça lentement sur la voûte jusqu'à atteindre les dalles. Là, elle se répandit sur toute la surface, glissant sous leurs pieds et remontant les murs et les portes, les tables et les bancs. Les élèves furent eux-mêmes recouverts par la lumière et elle monta rapidement les escaliers, faisant briller les rampes tandis que les escaliers s'immobilisaient.
Harry baissa les yeux sur le miroir qu'il tenait dans les mains et fut surpris de le trouver également brillant. Il se rappela que Serpentard lui avait raconté, il y a de ça plusieurs semaines que les meilleurs miroirs pour la divination étaient ceux qui n'avaient pas de magie en eux. Il retourna le miroir, et remarqua au verso, une inscription gravée dans une autre langue.
Jusqu'au moment où il allait toucher l'écriture sombre, tout ce que la lueur avait touché retomba brusquement à son état d'origine.
Le garçon cligna des yeux, chassant les taches lumineuses qui éblouissaient sa vision, puis il releva subitement la tête en entendant un cliquetis métallique, un son qu'il connaissait bien désormais, après des semaines de pratique avec le Fondateur. A travers sa vision encore éblouie, il vit l'homme agenouillé sur le sol, le visage en sueur. « Salazar ! » cria Harry en rangeant son miroir dans sa poche et en courant vers l'homme.
« Trop de magie » souffla Salazar Serpentard comme Harry s'agenouillait à ses côtés.
« Allons voir Madame Pomfresh. »
Serpentard secoua la tête. « Je vais bien- »
« Non, ça ne va pas du tout ! » le coupa fermement Harry. Il regarda par-dessus son épaule et cligna des yeux jusqu'à ce qu'il puisse distinguer les visages autour de lui. « Ron ! » appela-t-il. « Ron, aide-moi à porter Salazar ! »
Serpentard laissa échapper un soupir, se reposant contre le garçon. « Je vais bien » insista-t-il, mais sa voix semblait faible et ne convainquit guère Harry.
« On l'emmène voir l'infirmière ? » s'enquit Ron en s'agenouillant de l'autre côté du Fondateur.
« Oui. »
« Tu peux prendre son épée ? »
Harry ramassa l'arme tombée sur les dalles pendant que Ron aidait le Fondateur à se lever. Dès que Harry fut debout, l'épée de Serpentard rangée dans son fourreau et accrochée à sa ceinture, ils l'emmenèrent directement à l'infirmerie.
Madame Pomfresh leur montra un lit où installer Serpentard pendant qu'elle farfouillait dans sa réserve de potions. Une fois que le Fondateur se retrouva assis sur le lit, Harry posa son épée près de la table de chevet et sortit le miroir, observant la course folle de Voldemort à travers la campagne. « Il est de plus en plus proche. » chuchota-t-il, reconnaissant quelques endroits familiers.
« Ces sorts devraient le tenir occupé un petit moment » souffla le Fondateur, les traits très pâles.
Madame Pomfresh revint avec plusieurs potions dans les mains, lançant d'une voix sèche : « Poussez-vous Monsieur Weasley » et Ron obéit sans discuter.
L'infirmière examina Salazar d'un œil expert puis s'empara de l'une de ses potions. «Très bien. Monsieur Potter, aidez-moi à lui donner ça. »
Harry l'aida à faire avaler au Fondateur les trois potions que l'infirmière avait préparé pour lui. « Il ira bien, maintenant, n'est-ce pas ? »
« Avec un peu de repos » répondit Madame Pomfresh. « Il ne pourra pas se battre aujourd'hui, mais devrait être normalement sur pieds dès demain. Si son état le permet. »
Harry toucha doucement l'épaule de Serpentard. Celui-ci cligna des paupières, luttant contre le sommeil. Harry lui adressa un sourire. « Tu peux dormir à présent. On se chargera de veiller sur l'école. »
Une lueur affectueuse passa dans les beaux yeux de l'homme tandis qu'il levait la main pour lui serrer l'épaule. « Je sais que tu le feras, mon petit serpent » chuchota-t-il avant de fermer les yeux et de s'endormir.
Harry posa la main sur la sienne, avant de la reposer auprès de Serpentard.
« Hey Harry » fit Ron d'une voix hésitante. Son ami levant les yeux vers lui, il ajouta : « Nous devrions nous diriger vers nos positions de combat. »
Harry opina de la tête et prit son miroir pour vérifier ce qu'il se tramait une dernière fois- Voldemort avait rejoint son armée à l'extérieur de l'école- puis le posa sur le matelas près de l'oreiller. « C'est d'accord, allons-y. »
« Tu sais » plaisanta Ron comme ils sortaient de l'infirmerie. « tu devrais apprendre à espionner Tu-Sais-Qui avec le son qui accompagne l'image comme ça on saurait tout ce qu'il planifie. »
« Je sais déjà ce qu'il mijote » répliqua Harry avec un sourire rusé. « Le connaissant comme je le connais, il va sans doute faire une attaque frontale et projeter des sorts jusqu'à ce que les boucliers cassent. »
« Si c'est son seul plan, alors il nous trouvera sur son chemin » assura Minerva McGonagall qui les avait rejoint. « Avez-vous regardé ce qu'il se passe dehors ? »
Harry et Ron échangèrent un regard avant de se ruer vers la fenêtre la plus proche.
Le ciel au-dessus du château était éclairé de vert, grâce aux puissants sortilèges du Fondateur. Ils illuminaient le lac noir et la forêt interdite. Terres, lacs et arbres s'étaient également parés d'émeraude, transformant l'atmosphère en une féerie verdoyante.
« Cela te dirait une partie d'échecs ? » proposa Ron à Harry.
OoOoOoO
Il fallut à Voldemort et à son armée trois jours pour faire tomber leurs défenses. Serpentard se réveilla quelques heures avant de replonger dans l'inconscience, ayant été bien plus épuisé qu'ils ne l'avaient pensé.
Avant que leurs boucliers ne soient brisés, les professeurs et les membres de l'Ordre avaient eu un peu de temps pour apprendre aux élèves un certain nombre de sorts utiles au combat. Les guérisseurs leurs enseignèrent également à guérir des blessures superficielles, permettant ainsi aux combattants de tenir plus longtemps et de soulager un peu le poste médical et l'infirmerie. Harry en profita aussi pour s'entraîner avec son épée, apprenant à Ron quelques attaques et parades, en lui donnant la réplique de l'épée de Gryffondor.
Les élèves étaient en train de prendre leur déjeuner quand Serpentard, qui était enfin sur pieds, se glissa près de la place libre à côté de Harry et les informa sombrement. « Les protections ne vont pas tarder à être brisées. »
« Sérieusement?! » s'exclama Ron, manquant s'étouffer avec son casse-croûte.
Salazar Serpentard arqua un sourcil sarcastique vers lui. « Pensais-tu qu'elle dureraient éternellement, petit lion ? »
« Ça y est, revoilà les surnoms » fit Harry en roulant des yeux. « Cela m'avait manqué. »
Serpentard lui lança un sourire en coin et tendit son miroir. « J'ai l'impression qu'il y a des géants. »
Harry plongea son regard dans la surface miroitante et observa les boucliers qui n'allaient pas tarder à céder sous les assauts nombreux des sbires de Voldemort. Quelque chose cognait dessus avec force mais il n'arrivait pas à voir ce que c'était.
« Ce sont des géants, Harry » lui rappela Serpentard en voyant le garçon plisser les yeux.
« Oh ! » Harry tourna les yeux vers les masses qui attaquaient le bouclier. « On dirait qu'il y en a quatre. Je pense aussi qu'il y a environ deux cents sorciers accompagnés de loup-garous. »
Ron poussa un gémissement. « On est morts... »
« Est-ce qu'il y a un moyen de briser les boucliers de façon à blesser les ennemis placés derrière ? » demanda Hermione en levant les yeux du livre qu'elle avait emprunté dans le bureau de Serpentard pendant qu'ils attendaient que les boucliers cèdent.
Serpentard considéra silencieusement sa question, puis haussa les épaules. « Je peux toujours essayer, mais il faudra que tout le monde se tienne prêt à l'attaque dès que je les briserais. »
En entendant cela, Ron grimpa sur la table, s'adressant à l'assemblée : « Hey ! » cria-t-il pour faire taire les brouhahas. Lorsque tous les regards convergèrent vers lui, il enchaîna : « On va essayer de briser les protections de façon à blesser les combattants de Vous-Savez-Qui, et il faudra alors vous tenir prêt et nous aider. »
« Ron » l'interpella alors Harry, un brin amusé. « Je pense qu'un peu d'encouragement ne ferait pas de mal. »
Le rouquin laissa échapper un rire nerveux. C'est sûr. » Il balaya la mer de visages devant lui dont certains affichaient de grands sourires. « Peut-être que nous n'avons pas autant d'expérience que Vous-Savez-Qui et que nous ne connaissons pas autant de sortilèges que lui. Mais nous sommes unis, nous sommes soudés. Contrairement à lui, nous savons ce qu'est l'espoir et l'amitié. Et aujourd'hui ce seront nos plus grandes forces ! Nous pourrons faire face à n'importe quelle armée, n'importe quel géant, et ce n'est pas un imbécile sans nez qui nous soumettra ! »
Les élèves poussèrent des acclamations assourdissantes, applaudissant Ron qui rougissait, avant de se précipiter vers leurs positions.
« Un excellent discours Monsieur Weasley » complimenta Minerva McGonagall alors qu'elle s'approchait de leur table. « Salazar, êtes-vous sûr que cela va marcher ? »
« C'est tout ce que nous avons malheureusement » admit celui-ci. « Il ne leur reste que quelques heures avant d'arriver à faire éclater nos défenses. Autant faire le premier pas et les prendre au dépourvu. Si Harry peut m'aider à me diriger vers la plus grande concentration de leurs troupes, je devrais être capable de faire un maximum de dégâts. »
« Je ferais ce que je peux » promit Harry, invoquant une image en 3D de ce qu'il se passait derrière les boucliers alors qu'il regardait dans le miroir. Sur l'image, il pouvait positionner leurs troupes et celles de Voldemort, un peu comme le ferait un général stratège.
Hermione et Ron se dépêchèrent de suivre Minerva McGongall jusqu'à leurs postes de combat. Ginny, quant à elle, s'arrêta pour toucher l'épaule de Harry. « Bonne chance » murmura-t-elle en lui embrassant la joue.
« Hey » Harry baissa le miroir et agrippa son bras. Ils partagèrent un long baiser. « Bonne chance à toi aussi » lui sourit-il.
Tandis que la rouquine courrait rejoindre les autres, Harry retourna à sa carte. Serpentard se tenait près de lui, examinant attentivement les différents points où se trouvaient les troupes de Voldemort.
« Je pense que j'ai trouvé » fit le garçon en se rasseyant. « Il y a une légère oscillation ici... » indiqua-t-il en montrant une partie de l'image qu'il avait examinée sous toutes les coutures. « Le reste est plutôt statique. »
« Merci » dit le Fondateur, plaçant de nouveaux points de repères sur l'image. « Je devrais être en mesure de nous débarrasser d'au moins deux géants et d'une grande partie de ce groupe » déclara-t-il en désignant un attroupement d'à peu près cinquante sorciers.
« Je vais te laisser faire alors, il faut que j'aille au niveau des portes. »
« Et tu t'en vas comme ça ? Sans même un baiser pour nous porter chance ? » lâcha Serpentard avec le plus grand sérieux.
Harry se figea sur place et observa l'homme dont les épaules s'étaient tendues, comme s'il attendait d'être frappé par la foudre ou par une malédiction. Il fallut à peine une seconde à Harry pour peser le pour et le contre avant de presser ses lèvres sur la joue douce du Fondateur. « Bonne chance, Salazar » souffla-t-il, puis il tourna les talons et sortit de la Grande Salle, les joues brûlantes.
Serpentard resta immobile un long moment, incrédule, avant de retrouver ses esprits et de se concentrer sur l'image en 3D de Harry. «Bien ,essayons de nous débarrasser d'au moins trois de ces géants... » dit-il à mi-voix, avant de fermer les yeux et de se focaliser mentalement sur ses boucliers.
Harry venait juste d'atteindre le pas de la porte en compagnie des professeurs et de ses amis lorsque les boucliers se fendirent, puis se brisèrent violemment. Ils retinrent tous leurs souffles. Le choc fut tel que plusieurs membres des forces adverses furent renversés sous le choc, certain furent tués sous le coup. Les trois géants, grièvement blessés, prirent la fuite sur la pelouse du parc.
Du haut des remparts et des fenêtres, élèves, et professeurs ainsi que les membres de l'Ordre poussèrent des hourras, enhardis par la fuite des trois grandes créatures.
« Tu as vu, il y en avait un à qui il manquait un nez. On va finir va croire que c'est contagieux chez les troupes de Tu-Sais-Qui » ricana Ron. Hermione leva les yeux au ciel, lui donnant un coup de coude. « Aie ! C'est eux que tu es censé frapper, pas moi ! »
« Garde ce genre de blagues pour tes frères » conseilla Harry avec un sourire en coin.
« Voilà les forces aériennes » avertit la voix rauque de Kingsley juste derrière Harry. Ils levèrent tous les yeux pour suivre des sorciers et des sorcières ennemis juchés sur des balais. Ils filèrent dans le ciel et passèrent en trombe devant le château. Dès qu'ils furent suffisamment proches, des sortilèges fusèrent des fenêtres du château, les touchant de plein fouet. Certains réussirent à s'échapper et à riposter, renvoyant sort sur sort.
Puis, au sol, les forces ennemies se rassemblèrent et marchèrent dans leur direction. A la tête du groupe qui gardait les portes de l'école se tenait Minerva McGonagall. Celle-ci clama haut et fort : « Pour notre avenir ! » avant de s'emparer de sa baguette, les yeux brûlant de détermination.
« POUR NOTRE AVENIR ! » rugirent les élèves à sa suite, se lançant dans le combat. Juste avant de les rejoindre, Harry prit sa baguette dans sa main gauche et tira son épée de l'autre. Serpentard lui avait appris quelques tours, lui permettant entre autre de créer un bouclier avec sa baguette tout en brandissant son épée avec la main droite. C'était assez ardu mais Harry arrivait à se débrouiller.
La bataille se transforma en véritable chaos dès que les deux camps se heurtèrent. Autour de Harry, les sorts pleuvaient de toutes parts et il avait beaucoup de mal à savoir qui était allié et qui était ennemi. Il espérait simplement que ses alliés se souviendraient de sa lame empoisonnée et resteraient ainsi hors de sa portée. A un moment donné, le garçon crut apercevoir une touffe de cheveux noirs suivi d'un éclat brillant et, l'espace d'une seconde, il espéra de tout cœur, que Serpentard allait bien avant de jeter un bouclier contre un sortilège pourpre et de trancher un bras sur sa droite.
Un peu plus tard, il crut voir un éclair de cheveux roux entre deux sorts qui volaient, mais quand il regarda à nouveau, il n'y avait plus rien. Harry aperçut également des cheveux bruns et emmêlés esquiver un sortilège mortel et il lui fallut tout son sang-froid pour continuer à se battre, aller porter secours à Hermione pourrait plus la gêner qu'autre chose.
Ce ne fut qu'après avoir abattu une dizaine d'adversaires qu'il se retrouva nez à nez avec Drago Malfoy. L'autre garçon se figea, mais Harry réagit en un quart de tour et le désarma. Un ennemi voulut en profiter pour le tuer par derrière, et il se retrouva aussitôt empalé par la lame ensanglantée de Harry. Celui n'éprouva toutefois pas la moindre émotion, trop emporté par la violence du combat. A la place, il se tourna vers Drago, aussi pâle que la Mort, et prononça doucement ces mots : « Je ne veux pas te tuer, Malfoy. Si tu rentres à Poudlard, désarmé, ils veilleront à ce que tu sois en sécurité. »
Drago le dévisagea un long moment avant d'incliner la tête, et de rejoindre le château, sans même prendre la peine de récupérer sa baguette.
Harry retourna au combat, désarmant ou tailladant ses adversaires.
Et enfin, Harry aperçut l'homme qu'il cherchait, même s'il n'avait plus rien d'un homme. Il passa au milieu de deux duellistes, tuant l'un d'eux au passage. Il entendit à peine les remerciements du duelliste survivant, une sorcière appartenant à l'Ordre du Phénix, les yeux rivés sur Voldemort.
« Harry Potter » salua froidement Voldemort et Harry rencontra ses yeux écarlates et malveillants. Autour d'eux, les cris et les hurlements des combattants semblèrent diminuer de volume comme si un épais nuage les avait brusquement séparé du reste du monde.
« Bonjour, Tom » répliqua Harry, arborant un rictus narquois quand le Seigneur des Ténèbres laissa échapper un sifflement furieux. « Si vous n'aviez pas mis un tabou sur votre nom, jamais je n'aurais eu à trouver cette alternative, vous savez » enchaîna le garçon.
« Je vais te tuer Potter » asséna Voldemort, levant une baguette inconnue.
« Ça j'en doute » répondit Harry, esquivant trois maléfices de la Mort et jetant un bouclier contre un sortilège de couleur bleuté. Son épée réussit à dissiper un nouveau sort mortel, puis une lueur émeraude courut le long de la lame. D'un coup sec, Harry transperça le ventre de Voldemort, sans le moindre remord.
Durant d'infinies secondes, son ennemi juré le regarda, les yeux incrédules, jusqu'à ce que Harry retire son épée, chuchotant : « Au revoir, Tom. »
Et le corps sans vide de Lord Voldemort s'effondra sur le sol.
Harry se tenait là, près du corps de l'homme qui avait fait de sa vie un enfer, alors qu'autour de lui, la bataille faisait toujours rage. Personne n'avait encore remarqué que Voldemort était tombé.
Quelqu'un, apparemment trop loin pour voir le cadavre aux côtés de Harry, poussa tout à coup un hurlement. Les combattants levèrent alors les yeux, et Harry les imita.
Au-dessus du champs de bataille, quelqu'un avait jeté la Marque des Ténèbres. Et elle s'était étrangement illuminée dans le ciel, ses traits se tordant, se déformant, se déchirant sous leurs yeux.
A quelque pas sur sa gauche, une élève de Poufsouffle de sixième année, le visage marqué d'une cicatrice sanglante, se mit à crier tout en pointant le corps aux pieds de Harry : « Il est mort ! »
Un silence abasourdi s'ensuivit. Au-dessus de leurs têtes, la Marque des Ténèbres éclata, s'embrasant, dans la voûte du ciel comme si on l'avait percé simultanément de centaines de maléfices de la mort. Puis elle disparut, balayée par le vent. « Il est mort ! » clamèrent alors des voix. « Harry Potter l'a tué, c'est fini ! »
Et Harry regarda le corps sans vie et il rit.
OoOoOoOo
Parvati Patil fut celle qui alla le trouver, les traits pâles et tirés, clopinant sur une béquille pour soutenir sa jambe cassée. « C'est Madame Pomfresh qui m'envoie » dit-elle comme Harry la soutenait.
« Tu devrais être au lit » répondit Harry, marchant doucement au milieu des décombres du château en ruine.
« Je sais, mais il fallait que je te prévienne. »
« Que je sois prévenu ? » lâcha le garçon, en tournant vers elle un regard interrogateur. « Pour quelle raison ? »
« C'est Ginny... » fit Parvati d'une toute petite voix. Ses lèvres tremblaient et elle n'osait pas le regarder en face. Harry lui, sentit son monde s'écrouler.
« Ginny ? » répéta-t-il, la gorge sèche, le cœur battant comme s'il allait exploser hors de sa poitrine.
« Tu devrais aller à l'infirmerie, Harry » murmura Pavati, les yeux humides de larmes. « Tout de suite. »
Harry ne se fit pas le dire deux fois.
Quand il poussa la porte de l'infirmerie, la première chose qu'il vit c'est tout un groupe de rouquin rassemblés autour d'un lit, lui tournant le dos. Les sanglots déchirants de Molly Weasley résonnaient dans la salle vide. Les mains de Harry se mirent à trembler violemment comme il fixait la scène sans oser bouger.
Fleur arriva derrière lui. Doucement, elle posa ses mains sur ses épaules, le poussant à avancer. « Vas-y » lui dit-elle.
Harry avala sa salive, se déplaçant d'une démarche presque mécanique tel une vulgaire marionnette accrochée à un fil, puis il se retrouva face à la forme pâle et immobile de Ginny. Molly Weasley tenait la main de sa fille dans la sienne et pleurait comme si son monde venait brutalement de s'arrêter, comme si les aiguilles de son horloge tournaient sur elles-même, dans un tournoiement macabre et infini.
Pour Harry aussi, le temps s'était figé. Il n'arrivait plus à parler, à penser, ou même à respirer. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était contempler le visage exsangue de Ginny.
La jeune fille était partie.
Partie pour toujours.
OoOoOoOo
Harry se réveilla dans le silence apaisant de l'infirmerie. Il cligna plusieurs fois des yeux, fixant le plafond aux couleurs floutées jusqu'à ce qu'une main douce se penche et lui glisse ses lunettes. Harry ouvrit les yeux pour de bon cette fois-ci et tomba sur le visage de Salazar Serpentard qui lui souriait d'un air fatigué, son bras gauche était noué dans une écharpe et une cicatrice rouge vive lui barrait la joue. « Salazar ? » articula Harry, grimaçant tellement sa gorge était sèche.
« Tu as dormi durant trois jours » dit calmement l'homme en prenant un verre d'eau avec une paille sur la table de chevet et en le tenant devant les lèvres de Harry. «Personne ne s'est rendu compte à quel point tu étais épuisé et blessé jusqu'à ce que tu t'évanouisses. »
Les souvenirs de Harry resurgirent alors dans sa mémoire : la mort de Voldemort, puis celle...de Ginny.
« Ginny » murmura-t-il d'une voix blanche.
Serpentard ferma les yeux et secoua la tête. « Je suis désolé » souffla-t-il. « Nous avons essayé. Nous avons tellement essayé. » Et quand il croisa les yeux de Harry, celui-ci aperçut un éclair de douleur et de tristesse passer dans ses iris vert pâle.
« Que s'est-il passé ? »
« Je ne peux pas en être absolument sûr » admit le Fondateur. « Je l'ai eue dans un coin de ma vision à un moment donné puis j'ai perdu sa trace et j'ai vu un sortilège voler dans sa direction. Quand je me suis retourné, elle était étendue sur le sol. Lorsque j'ai pu la rejoindre, Lupin était déjà auprès d'elle, en train de lui donner une potion. Alors j'ai décidé de m'occuper des autres assaillants pendant qu'ils battaient en retraite. Ce n'est que plus tard, après la disparition de la Marque des Ténèbres, que j'ai découvert qu'elle était morte peu après avoir reçu le sortilège. On lui a écrasé les poumons. »
Harry ferma brièvement les yeux, chassant les larmes qui perlaient sur ses paupières. Il se souvint que l'un des guérisseurs de l'Ordre avait dit que les poumons écrasés étaient quelque chose qui nécessitait des traitements spéciaux et particulièrement complexes, trop pour de jeunes élèves ou des personnes sans expérience. Et qu'essayer de les soigner pouvait provoquer plus de mal que de bien. Sur un champs de bataille, avoir les poumons écrasés conduisait à une mort horrible et douloureuse.
Harry n'avait même pas réalisé qu'il avait serré les poings jusqu'à ce que Serpentard pose une main réconfortante sur ses doigts crispés.
« Que t'est-il arrivé ? » s'enquit le garçon, levant les yeux vers le bras en écharpe du sorcier plus âgé.
« J'ai reçu un sort qui a commencé à me ronger la peau. Heureusement j'ai pu m'occuper du lanceur juste à temps et le sortilège a été neutralisé. Auquel cas, j'aurais pu perdre définitivement mon bras. » Serpentard fixa un moment le garçon, rajoutant d'une voix douce : « Tu as fait du bon travail, même si ce n'est pas la fin que nous espérions. »
Harry inspira profondément, lâchant dans un soupir. « Voldemort est mort. Je suppose que c'est tout ce qui compte, n'est-ce pas ? »
« Oui, il est mort, c'est vrai » fit Serpentard. « mais nous avons payé un lourd tribut : sur les soixante-quatre élèves qui se sont battus, vingt-trois sont tombés au combat. Dix membres de l'Ordre sont morts, ainsi que Filius et Irma. »
Harry se mordit les lèvres, luttant contre les larmes qui roulaient sur ses joues, entrelaçant ses doigts avec ceux de de Serpentard qui ne l'avaient pas lâché « Qui ? » murmura-t-il d'une voix enrouée.
Serpentard le fixa un long moment, puis commença à réciter des noms.
Et Harry écouta chacun d'eux, dans une promesse silencieuse. Jamais il ne les oublierait.
OoOoOoOoO
Le mémorial était immense. Se tenant près de la tombe blanche de Dumbledore, ils lurent les noms des défunts- défenseur de Poudlard ou bien membre des troupes de Voldemort- et firent flotter sur le lac des petits bateaux en papier en guise de souvenir. Le dernier sur la liste, sur l'insistance de Harry, était Tom Jedusor, et Harry plaça lui-même sur l'eau le bateau pour le Seigneur des Ténèbres, Serpentard restant à ses côtés.
Une semaine après la cérémonie du souvenir, ils décidèrent de faire une fête pour célébrer une nouvelle ère de paix. Le premier jour de la fête, Harry retrouva Ron et Hermione alors qu'ils essayaient de participer aux festivités, mais le cœur n'y était pas, alors il décida de passer le reste de la semaine auprès des élèves qui avaient perdu des proches ou un ami, tentant de leur remonter le moral. Lorsque des parents vinrent les chercher, Harry passa plusieurs soirées avec Salazar autour d'une tasse de thé où l'homme aux cheveux sombres lui raconta sa jeunesse, le faisant rire avec quelques souvenirs coquasses des Fondateurs.
Le dernier jour de la fête, Harry pénétra dans la Grande Salle pour trouver le nouveau ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt, discutant avec Serpentard, dont la bouche était plissée en une ligne de mécontentement. Quand il avisa le garçon, Kingsley fit ses adieux au Fondateur et se dirigea vers Harry. « Harry » salua-t-il.
« Bonjour, Kingsley » répondit prudemment Harry. « Que puis-je faire pour vous ? »
« Je ne suis pas Scrimgeour, tu sais » fit remarquer Kingsley, et Harry s'aperçut que ses épaules s'étaient tendues.
« Désolé » dit-il avec un petit rire. « Je n'ai jamais été en très bons termes avec le Ministère, mais je vais essayer de régler ce problème. » Il lui offrit un sourire quelque peu vacillant.
« Nous essayons de recruter des Aurors » expliqua Kingsley. « et je sais que tu désirais en faire parti »
Harry le dévisagea un instant, son rêve à portée de mains. Mais il se souvint des enfants avec qui il avait passé la semaine, des enfants qui resteraient tout seul à Poudlard durant l'été, à moins qu'un parent éloigné ne vienne les réclamer. Il se souvint des yeux aveugles de Rogue, touché par un puissant maléfice, et du fait qu'ils se retrouvaient une fois de plus sans professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il se souvint des soirées passées avec Serpentard dans son bureau, des regards échangés et des sourires partagés. Il se souvint enfin combien la mort de Ginny lui avait paru moins douloureuse à chaque fois qu'il s'était réchauffé dans des iris vert pâle.
Et Harry secoua la tête. « Merci, mais non. »
Les sourcils de Kingsley se soulevèrent. « Je ne pourrais sans doute pas te promettre à nouveau cette offre, Harry. Ron a déjà accepté, vous pourriez être partenaires.»
« Je sais » répondit Harry. Son meilleur ami ne quitterait les Aurors pour rien au monde. « Mais ma place est ici. »
L'expression du nouveau ministre de la magie s'éclaircit comme une lueur compréhensive brillait dans ses yeux. « Je comprends. Tu sais où me trouver si jamais tu as besoin d'aide. » Il lui tendit la main.
« Oui, oui, je sais. » Harry serra la main de Kingley et, pour la première fois de sa vie, il sentit qu'il pouvait faire confiance à un ministre. « Merci. »
« Assure-toi de nous envoyer quelques Aurors à ta place » plaisanta Kingsley et Harry se mit à rire.
« Je vais voir ce que je peux faire » promit ce dernier. Kingley partit et Harry se dirigea vers l'endroit où Serpentard était assis, le soulagement clairement visible sur les traits de son visage.
« Tu n'as pas pris ce travail ? » s'étonna Serpentard alors que le garçon glissait sur une chaise voisine, aucun d'eux ne se souciant du fait qu'il était toujours, techniquement du moins, un élève.
« Je me suis dit que tu aurais davantage besoin d'un professeur de Défense contre les Forces du Mal qu'un Auror recouvert de médailles »
« Mais tu m'as dit que devenir un Auror était ton rêve » insista Serpentard. « Je peux trouver un autre professeur si tu préfères... »
« Salazar » coupa Harry en souriant. « Être un Auror est mon rêve, mais devenir professeur l'est aussi. Et Poudlard est ma maison. » Il posa sa main sur celle de Serpentard. « Veux-tu m'avoir à tes côtés ? »
« Oui. » souffla doucement Serpentard, se penchant en avant et pressant doucement ses lèvres contre celles de Harry.
Quand le Fondateur recula, Harry posa une main derrière la nuque de l'homme aux cheveux sombres, déposa un baiser chaste et tendre sur ses lèvres avant d'approfondir le baiser.
«Je suppose que nous n'avons plus besoin de trouver un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal ? » les interrompit Minerva McGonagall en toussotant derrière eux.
Les deux sorciers se séparèrent rapidement, Harry, les joues d'un rouge vif, alors que Serpentard se raclait la gorge, le visage presque aussi écarlate. « En effet » dit-il pourtant d'une voix très calme.
« Très bien » déclara Minerva McGonagall qui faisait comme si de rien n'était. Elle s'assit et s'empara d'un bol d'œufs brouillés qu'elle leur offrit. « Des œufs, messieurs?»
« Volontiers » accepta Harry en s'emparant du bol.
Ils passèrent le reste du repas à échanger des clins d'œil et des sourires coquines sous l'œil amusé de Minerva McGonagall. Quand ils quittèrent la Grande Salle, Serpentard monta dans son bureau et Harry l'y accompagna, allant signer des papiers qui l'indiqueraient dorénavant comme le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal.
Oui, se dit Harry alors que Salazar rangeait les papiers et vint le retrouver pour finir ce qu'ils avaient commencé dans la Grande Salle, rester à Poudlard était nettement plus agréable.
FIN
