Disclaimers: Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.

Genre : UA, Schoolfic, OS terminé, tapé, posté en quatre parties.

Rating : T. Le reste, vous verrez bien.

Pour qui : petite Lilith de moi ! C'est ton cadeau de concert et puis et puis voilà quoi :p

Résumé : Chat échaudé craint l'eau froide.

Mici : à toutes les personnes qui m'ont reviewée, j'ai répondu à tout le monde même si vous ne l'avez pas encore reçu, c'est la faute à ffnet. Je ne m'attendais pas à ce que cette fic plaise autant, je suis agréablement surprise.



C'est toi le chat

¤

2ème partie : La tornade.

¤

Le temps a passé.

Chat est bien grand à présent.

Il a 23 ans et est en Master Recherche biologie cellulaire, dans l'une des plus prestigieuses institutions, aussi bien privée que publique.

Il a effectué toutes ses études supérieures à l'université Pierre et Marie Curie.

¤

- 19,89 ! Heero je suis si fière de toi ! Quand ton père saura ça !

-…

- L'Ecole Doctorale de Rouen est cotée. Tu as de la chance d'avoir ta fac dans la même ville que toi, d'autres font des kilomètres !

- Maman.

- Oui ? Je m'emballe, je sais, tu viens d'avoir ton bac, tu n'es même pas en vacance que je te parle de rentr…

¤

S'il était très bon élève en primaire et secondaire, à l'université le chat était excellent,

ne se dispersant jamais, travaillant d'arrache-pied,

pour ne pas le perdre.

Pas le temps de penser.

Ne plus jamais se faire avoir.

Jamais.

¤

- Je suis un bon fils, maman.

¤

Le chat s'est éloigné de tout ce qui lui rappelait son erreur :

Sa famille,

¤

- Je monte à Paris. J'ai demandé à effectuer mes études de bio à Pierre et Marie Curie.

- Mais pourquoi ? Nantes, Rouen et Rennes n'ont rien à envier à Paris sur les sciences ! Tu avais dit…

- J'ai changé d'avis. Et Paris dispense les options qui m'intéressent.

- Et tu comptais me le dire quand ?

- Je te le dis.

- Ne sois pas insolent ! Comment feras-tu pour te loger ? C'est…

- Le Crous.

- Tu n'es pas boursier ! Et Paris c'est…

- Non. Mais j'ai une mention très bien et je m'y suis pris très tôt.

- …

- Ne t'inquiète pas. Papa a suffisamment acheté son absence toutes ces années pour que j'ai les moyens de me payer mon logement. Sur Paris je trouverai du travail.

- …

- D'ailleurs ces trois prochains mois, je donne des cours à quelques élèves de prépas, à temps plein.

- Heero tu as changé… je…

- Non maman. Je suis redevenu comme avant. Pragmatique.

- …

- Tu pourras toujours me rendre visite maman.

- Heero…

- Mais appelle avant.

¤

Ses nouveaux amis,

¤

- Heero t'as eu ton bac c'est super ! Après tu fais quoi ?

- Je vais en fac sur Paris.

- Où ça ?

- Sur Paris.

- Ah… tu vas nous manquer dis ! Tu m'écriras ? T'as mon adresse ! Attends mon portable sonne. Allo ? Oui c'est Réléna…

- Non.

- Non quoi ? Ah tu l'as pas ? Bouge pas, je te l'envoi par sms. Ah je crois pas que j'ai ton portable… si, si je t'écoute, je parle à Heero.

- Donne-la plutôt à quelqu'un qui va s'en servir. La correspondance ce n'est pas mon truc.

- Mais…

- Félicitations pour ton bac. Et bonne chance pour le reste.

¤

Son ex, qui était transparent

¤

« ding-dong »

- Je vais ouvrir, Maman.

- Heero.

-…

- Attends, ferme pas, ferme pas !

-…

- Je…

-…

- Pas comme ça. Me regarde pas comme ça… ¤ comme si je n'étais rien… ¤

-…

-…

-¤ referme la porte doucement devant un Erwann glacé ¤

-¤ Monte dans sa chambre brûler méthodiquement les derniers souvenirs qui lui restent de son illusion, pensant détruire les derniers vestiges de son homosexualité. ¤

¤

Sa ville.

Son passé.

Tout.

¤

¤ Dans le train corail pour Paris, ses lunettes sur le nez ¤

- Un bon fils.

¤

Le chat n'était pas reclus ni ermite. Il aimait juste sa tranquillité.

Le chat était redevenu solitaire, donc, mais il ne se sentait pas seul.

Il avait ses livres, une montagne chaque année et toujours plus, les sciences étant en constante évolution.

Il avait un binôme, Quatre, qui avait sympathisé avec lui en deuxième année, tout en gardant ses distances.

Ni intrusif, ni particulièrement amical. Travailleur. Agréable. Parfait.

¤

- Heero Yuy ?

- Oui.

- Quatre Winner. On m'a dit que le professeur Kushrénada t'a désigné pour travailler avec moi. Je n'étais pas en TD la dernière fois.

- Oui.

- Bien. J'ai déjà rassemblé divers éléments susceptibles de nous intéresser…

¤

Il avait ses recherches. Il aimait la biologie cellulaire, il ne savait pas exactement quel métier exercer mais il savait au moins dans quelle branche il voulait travailler.

Peut-être serait-il chercheur au CNRS qui sait.

Le chat ne sortait pas de chez lui, sauf pour ses stages rémunérés (le chanceux) à l'hôpital.

Son studio de 25m2 était composé d'une unique pièce fourre-tout avec un futon pour dormir, une kitchenette et d'une micro salle de bains avec douche, lavabo, toilettes et bidet.

Pas de télé, pas besoin.

Quand il voulait se détendre il faisait son yoga, activité qu'il pratiquait assidûment depuis ses 17 ans.

Ce sport lui avait donné un corps beaucoup plus souple, tonique et réveillé ses muscles et abdos qui menaçaient de s'endormir à la rupture.

Le chat n'était pas le plus grand des sportifs, mais à l'époque où il fréquentait minet, il s'était mis au sport, parce que minet en était féru.

¤

- Je ne suis pas très sport.

- C'est parce que tu n'as jamais essayé.

- J'ai fait E.P.S. Je n'aime pas le sport.

- Et moi, tu m'aimes ?

- …

- Allez, un effort, chaton, tu y arriveras à mettre le ballon dans le panier.

-¤ loupe le panier ¤

-¤ éclate de rire ¤ Tu es mauvais perdant Heero.

- C'est parce que tu gagnes.

- Allez, viens-là…

¤

Tennis, Squash, basket, volley…

Et quand le chat avait rayé le minet de sa vie, il avait rayé le reste aussi.

Et le chat avait failli faire une croix sur ses nouveaux abdos.

¤

Il n'était pas seul, non.

Il avait la minette aussi, Dorothy, qui faisait les beaux-arts en Italie.

Et qui voyageait à travers l'Europe mais jamais dans la soi-disant capitale de l'art.

Elle ne l'appelait pas souvent mais elle l'appelait quand même.

Les vies changeaient et les personnes souvent, parfois.

Elle, non.

¤

- Chouchou ?

- …

- Attends, raccroche pas ! Comment tu vas ?

- Ne m'appelle pas chouchou. Je vais bien. Toi ?

- Super ! Wu Fei est un amour, il essaie de me voir, lui.

- Il est dans le même PAYS que toi c'est plus facile.

- Mouais excuses, excuses… sinon quoi de neuf à part tes cours et ton stage ?

- Rien. La femme de ménage est passée et elle a mis le bordel dans mon bordel.

- Tu veux dire qu'elle a rangé ?

- Je retrouve plus rien.

- La routine quoi. Sinon c'est tout ce que tu racontes ? Tu sors un peu ? T'en roules des pelles ? T'as pas oublié comment on faisait ?

- On croirait entendre ma mère en moins élaboré. Je n'ai pas le temps pour ça.

- J'espère que t'as pas oublié d'être homo avec tes conneries. Et puis on a toujours le temps de lever la proue de son navire.

- Tu lèves celle de Chang ? Tu contribues à rendre le futur avocat d'affaires internationales « droit comme la justice » ?

- Euh nan la sienne elle part plutôt en live sur le côté… un champignon recourbé. L'est trop mignonne. On dirait une maison de Schtroumpf.

- …Dorothy ? Tu m'appelles d'où sur mon portable ?

- Milan pourquoi ?

- Je n'ai pas le forfait monde. Je casque. Rappelle-moi dans un mois quand me forfait redémarrera.

- Ok. Prends-soin de toi, Heero, s'il te plaît. Et dis bonjour à ta mère de ma part ! Oh, et Wu Fei t'embrasse. Wu Fei ne fais pas cette tête.

-¤ click ¤

¤

Le chat avait effectivement une femme de ménage.

Enfin.

Il y avait plutôt une femme de ménage au sourire gentil, qui passait nettoyer les apparts 6 jours sur 7.

C'était pas la sienne d'appropriée.

Le Crous avait placé le chat dans un studio somme toute commun mais dans le plus convoité des logements d'étudiants.

C'était l'un des cadeaux qui allaient avec sa mention très bien au bac.

Les appartements étaient prisés parce qu'ils étaient les plus près de l'université.

En plus ils étaient rénovés.

Et pour garantir qu'ils resteraient rénovés – comprendre que les appartements soient toujours impeccables en cas de contrôle sanitaire ou de visites d'étudiant souhaitant intégrer une fac et inspecter les appartements aux alentours -, le Crous avait décidé prendre une entreprise de nettoyage il y a trois ans, pendant sa deuxième année.

Il avait dix-neuf ans.

Elle avait un caranougat dans la bouche. Une sorte de carambars qu'il n'avait jamais mangé parce qu'à l'époque ce n'était pas bon pour ses dents.

Et il n'avait pas la dent sucrée.

¤

¤ toc toc ¤

-…

- Bonjour ! Oh qu'il est mignon ce jogging, on dirait celui de mon fils ! Et ce petit air endormi ooh on dirait un chat tiens !

- …Qui êtes-vous.

- La nouvelle femme de ménage.

- Je n'ai pas de femme de ménage.

- Tout à fait mon garçon, tu n'as pas de femme de ménage, je suis trop chère pour toi.

-¤ haussement de sourcil ¤

- Par contre la résidence universitaire oui, à partir d'aujourd'hui !

- Ce n'est pas avec mes 350 € de loyer que je vais avoir une femme de ménage.

- Ecoute, si tu ne me crois pas appelle la loge mais fais le vite parce que je n'ai pas que ta chambre à faire !

- …

¤

Elle avait des cheveux blonds Schwarzkopf avec de belles boucles courtes, des yeux verts et un léger embonpoint.

Elle était petite, à peine 1m60 quand lui mesurait bien 1m80, et elle devait avoir une quarantaine d'années, quarante-cinq ans tout au plus.

Elle portait une longue blouse bleue, le pantalon qui allait avec, des baskets blanches avec des charlottes bleues au pied, pour ne pas laisser de traces.

Elle était très maternelle.

¤

- Coucou Heero ! Alors tu as mangé ?

- Hn.

- Mais si, tu as faim. Tiens, je t'ai ramené des cochonneries.

- Je n'aime pas.

- Tu as déjà goûté ?

- Non. Bougez-vous de la porte, je dois y aller.

- Ok. Tiens ¤ enfourne dans la bouche sans ménagement ¤

- Biscuits au gingembre. C'est bon pour la virilité, ça. A ton âge on en a besoin ! Tu as une copine ? Et puis c'est bon pour les révisions.

- …

- J'ai pas mes caranougats aujourd'hui ! Un jour je t'y ferai goûter, c'est délicieux !

-…

- Bonne journée ! Travaille bien à la bibliothèque !

¤

Elle prenait de ses nouvelles rapidement quand ils se voyaient, ses horaires ne le permettant pas toujours – mais elle avait la clé-.

Le chat avait volontairement mis sa mère de côté, même si elle venait lui rendre visite de temps en temps.

Maman Chat venait toujours en journée, ne restant jamais pour dormir, se sentant mal à l'aise auprès de son fils qu'elle aimait tant mais qu'elle n'arrivait plus à cerner.

Qu'elle n'était jamais arrivé à vraiment cerner, elle s'en était aperçu avec le départ de son fils pour la capitale. Ou peut-être avant.

¤

- Heero ! Comment vas-tu !

- Bien.

- Les cours sont difficiles ?

- Non.

- Ton père t'embrasse.

- Passe-lui le bonjour. Dorothy t'embrasse.

- Merci, pareillement. Apparemment c'est sérieux avec ce Wu Fei.

- Hn.

- Et toi ? Tu as rencontré une gentille fille ?

- Je ne m'intéresse pas aux femmes, maman.

- Ah. Oui. Tu ne t'intéresses qu'à tes études.

- C'est comme ça depuis l'adolescence.

- Je sais.

¤

Toutes les émissions du monde ne pouvaient pas lui expliquer ce que son propre enfant refusait de lui dire.

Toutes les émissions du monde ne pouvaient pas traduire un silence personnel, un douleur personnelle.

Toutes les émissions du monde ne pouvaient lui ouvrir ni les yeux, ni les oreilles, si elle n'était pas prête à les ouvrir.

Toutes les émissions du monde ne pouvaient ouvrir des lèvres désespérément scellées, désespérément parce qu'on ne savait ni quoi dire, ni quoi faire, ni quoi penser.

Ne restait que le malaise. La tristesse. L'impuissance. La peur. La mauvaise foi. Le ressentiment. Et l'amour malgré tout.

¤

- Prends soin de toi, Heero…

- Ne t'inquiète pas.

- Tu es mon fils. Mon fils unique.

- Je suis un bon fils.

¤

Alors sa mère était venue deux fois par an au début. Puis le malaise avait réduit à un an.

Mais elle l'appelait au début très souvent, c'était son seul fils et elle avait peur.

Peur de la grande ville, peur qu'il ne change encore, peur qu'elle ne le reconnaisse encore moins.

Puis elle s'était mise à l'appeler moins souvent, mais elle restait présente. Aujourd'hui elle l'appelait deux fois par mois.

Son père l'appelait pour son anniversaire. Et encore, quand sa mère lui rappelait.

Il ne lui en voulait pas. Il aurait fallu qu'il l'ait vu plus de 20 fois en plus de 20 ans pour lui en vouloir.

Pour le chat, il fallait connaître un minimum les gens pour être touché par eux.

Le chat ne connaissait presque pas son père, après tout.

Par contre il connaissait ses cadeaux.

¤

La femme de ménage lui parlait très souvent de ses fils, et il y en avait un qui avait à peu près son âge.

¤

- Bien tiens, mes fils je les ai bien éducaillés, eux. Ils mangent et ils font le ménage ! Mieux que ma fille d'ailleurs.

- C'est propre.

- Ton linge propre ressemble à ton linge sale.

- Non. Ce n'est pas la même pile.

- En tous cas c'est le même salon et ça n'a rien à faire là.

- De quoi je me mêle ?Je n'ai pas quitté mes parents pour qu'on me brasse sur mon linge. Et vous laissez vos sucreries traîner pour vous donner du travail ou quoi ?

- Mes aïeux, quel débit ! Je laisserais un peu plus de papiers de caranougats pour te faire parler tiens !

-…

- Ah pas de ça avec moi, hein ! T'as besoin de mots, mon petit, le mutisme ne te va pas. ¤ Tu as vraiment besoin de mots pour guérir tes maux. ¤

- Pourquoi vous venez tous les jours ?

- Tu veux te débarrasser de moi ? Le Crous a dit : « au prix où on vous paye autant passer tous les jours ». Ils n'ont juste pas compris que ceux qui encaissaient n'étaient pas ceux avec le balai et...

- ... ¤ part ¤

- Mais qu'est-ce que j'ai encore dit ?

¤

Elle était un véritable moulin à paroles et en même temps elle était un petit soleil.

Si dans les premiers temps elle l'agaçait et qu'il lui répondait par politesse

– quand il était d'humeur -au bout de quelques années – Rome ne s'était pas faîte en une journée –

le chat avait fini par lui dire quelques mots somme toute de bon cœur, même s'il restait distant.

¤

- Bonne journée Heero !

- Vous aussi.

¤

Elle était toujours là, 6 jours sur 7 sauf quand elle avait ses vacances, en été et pour les fêtes de fin d'années, même si elle lui laissait un petit souvenir.

¤

¤ Petit. Voici le fameux gâteau au chocolat de ma grand-mère. Enfin, j'ai trouvé sa parfaite réplique au supermarché au rayon bio. Tu aimes l'utiles alors ça se mange et c'est bon. Ça se conserve en plus. Joyeux Noël ! ¤

¤

Il ne retournait pas chez ses parents pour Noël. Pourquoi faire ?

Elle était là quand il avait eu son deug.

¤

- Bravo ! Tu veux pas un caranougat pour fêter ça ?

- Non. Je n'aime pas le nougat. Je ne suis pas un gosse.

- Ce n'est pas du nougat. Ça a le goût du nougat. C'est chimique. Les adultes y ont droit aussi.

- …

- Un jour tu y viendras.

¤

Elle était là pour sa licence et son entrée en Master.

¤

- Bravo champion !

- ... Merci. Un problème ?

- Juste un peu fatiguée. Ça va aller, Heero. Merde j'ai oublié les caranougats.

¤

Elle était là pour sa deuxième année et allait l'être pour la validation de son diplôme…

Il n'avait jamais été très bavard après tout et il ne le serait probablement jamais.

La femme de ménage était ce qui se rapprochait d'une famille, pour le chat, même s'il ne le cherchait pas.

Elle lui préparait même ses repas du soir ou sa gamelle du midi, de temps en temps.

Et si les six premiers mois il laissait le tout intouché,

¤

- Je ne le mangerai pas.

- Non. Mais un jour tu y viendras.

- Vous dîtes toujours ça.

- La soupe c'est bon pour toi et tu m'as l'air patraque.

- Allez saouler quelqu'un d'autre.

- Ton langage, jeune homme. Si tu n'es pas content, fais-moi virer !

- Ne me tentez pas.

- Je l'attends avec impatience le motif de renvoi : « oblige un élève à se nourrir pour son propre bien ». Elle est belle la cause réelle et sérieuse. Je me ferais du blé à l'œil.

- …

- Bienvenue dans la vie active. Allez mon grand, c'est pas tout ça mais j'ai d'autres chambres à nettoyer de pensionnaires bien plus sympas que toi, mais beaucoup moins mignon.

- …

- Si la nourriture ne te plait pas, trouve un sdf et donne-la lui ou donne-le à un de tes camarades.

- Déjà essayé. Il n'y en a pas.

- De camarade ou de sdf ?

- …

- Alors tu sais ce qu'il te reste à faire.

¤

le fait qu'il tenait le gaspillage en horreur – éducation - avait fini par plus ou moins adhérer au concept.

Mais il ne touchait jamais au sucré. Il ne voulait pas goûter à la douceur.

¤

- Le surgelé, ce n'est pas de la nourriture, c'est une abomination créée pour les feignants stupides. On peut préparer de très bon plat pour pas cher…

- Je suis le prêtre du culte du poil dans la main pour les choses inutiles. Perdre mon temps dans une cuisine, par exemple.

- … et en un rien de temps ! Tu peux sortir tes tomates…

- J'ouvre le frigidaire, je sors mon surgelé, je réchauffe. Economie de mouvement.

- Hmph. Esprit de contradiction.

- Non.

- Ah, tu vois ?!

¤

Elle était folle de caramel et de nougat, elle en avait toujours à la bouche quand elle prenait son service.

Elle avait beau lui en laisser pour le « récompenser de ses efforts », il n'en prenait jamais.

C'était ridicule.

C'était plus que ses propres parents ne faisaient.

Plus qu'ils ne savaient faire.

¤

Et même, il avait fini par volontairement partir un peu plus tard pour la voir juste un petit peu.

Une minute ou deux, pas plus.

On aurait dit qu'il aimait bien la voir, oui, même s'il ne le lui dirait jamais, même si quelque part il ne l'admettait pas.

Elle était comme un horoscope auquel on ne croyait jamais mais qu'on lisait systématiquement quand il était sous la main.

Elle était juste là et le chat faisait avec.

Et un lundi elle n'était pas là.

Ni le mardi, d'ailleurs.

Ni le mercredi.

Début octobre...

¤

Au début il avait cru à un congé décalé.

Puis il s'était dit « enfin tranquille », qu'il allait retourner à ses deux ans de tranquillité et de vie solitaire.

Puis il s'était dit que l'indécrottable était peut-être un peu malade.

Puis il s'était dit que c'était peut-être plus grave.

Son nom n'était pas au tableau de la grille de ménage près de la loge.

Pendant ses révisions, le chat a eu un picotement.

¤

On pouvait croire que le chat parlait beaucoup, hors il ne voyait la femme de ménage que 10 minutes par jour au grand maximum, le matin.

A part cela il ne parlait pas, sauf à son binôme, pour les projets à monter. Et encore.

Sinon chat avait passé sa vie sous silence. Et la femme de ménage n'était là que depuis trois ans.

Le chat avait donc passé deux ans dans un quasi mutisme. Mutisme qui se ressentait quand on pouvait écouter le silence.

L'écouter et le craindre parce qu'il était presque redevenu étranger.

Le silence lui-même pouvait être aussi réconfortant que dangereux.

A double tranchant.

¤

Le jeudi, chat avait enfilé sa tenue attitrée, jeans et baskets noirs, t-shirt bleu et chemise blanche à manches courtes et il avait filé comme le vent, sans manger.

Chat était en retard.

Mais il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation, et il avait oublié le livre qu'il devait rendre à la bibliothèque impérativement aujourd'hui.

Il était donc revenu sur ses pas et avait trouvé la porte ouverte.

¤

Au début, chat avait cru à un voleur, mais hormis l'ordinateur portable qu'il avait sur lui, il n'y avait strictement rien à voler.

Puis il avait cru au retour d'Hélène et il avait été secrètement soulagé, même s'il ne lui dirait pas.

C'était qu'on s'y habituait à « faire avec ».

Au lieu de cela le chat voyait bien quelqu'un faire le ménage chez lui, oui.

¤

D'abord des baskets blanches oui, comme Hélène, dans des petites charlottes bleues pour empêcher de salir.

Puis un bas de jogging gris qui ressemblait au sien, avec par-dessus la longue blouse bleu foncée de l'entreprise de nettoyage.

Enfin, le chat remonta la colonne vertébrale où siégeait une immense tresse africaine, qui caressait la pointe des fesses à travers la blouse à mesure que l'inconnue faisait son lit.

Une inconnue à présent pliée en deux à soulever le matelas.

La blouse avait caché les formes. Mais elle ne cachait plus les bras, à présent que les manches étaient remontées.

Un homme était en train de faire son futon. Et il mâchouillait de manière peu discrète, des écouteurs sur les oreilles.

¤

- Moi vouloir être chat... me glisser au creux de tes draps... «pa pi dou pi dou »

¤

Chat était méfiant et l'intrus, qui avait fini par sentir sa présence, se tourna avec un grand sourire plein de caranougat et de fossettes.

Et des yeux rieurs. Couleur permanganate de potassium, comme au collège. Entre indigo et violet.

¤

- Qui êtes-vous ?

¤

Haussement de sourcils.

Une voix grave.

¤

- Ça se voit pas ?

¤

Le temps a passé.

Chat est bien grand à présent et pourtant,

Chat ne dit rien qui vaille la peine d'être écouté, sa question restait sans réponse.

Chat était un bon fils.

Chachacha...

¤

¤

Tsuzuku



Voilà, voilà !

L'histoire est terminée je vous rassure, tapée, corrigée et tout donc elle sera postée. Elle est scindée parce que les parties sont différentes entre elles, il y a vraiment un grand écart au niveau des années donc c'est mieux comme ça.

J'ai posté la suite comme promis avant mon départ sur Lyon, demain. Après concertation avec Lunanamoi, je la posterai en quatre parties, afin que les parties entre elles soient équilibrées. J'avais hésité et finalement j'ai eu raison et vous comprendrez en lisant. En OS d'un seul coup ça aurait fait paquet. La suite la semaine prochaine !

J'espère que cette histoire vous plaît, surtout à toi petite Lilith de moi ! Te papouille ma choupie.

Merci pour vos petits mots et à bientôt,

Mithy ¤ s'est cassé les deux orteils et ça douille sévère ¤

Ps : ils ne prennent pas de femmes de ménage au Crous c'est juste l'excuse pour faire interagir les bishôs XD.

Lexique francophones : C.R.O.U.S : Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires : Etablissement public à caractère administratif sous la tutelle du Ministère chargé de l'enseignement supérieur.

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