Disclaimers: Shin Kidousenki Gundam Wing, personnages et produits dérivés appartiennent à Sunrise, Bandai, Sotsu Agency et aux parties associées.
Genre : UA, Schoolfic, OS terminé, tapé, posté en quatre parties.
Rating : T. Le reste, vous verrez bien.
Pour qui : petite Lilith de moi ! C'est ton cadeau de concert et puis et puis voilà quoi :p
Résumé : Chat échaudé craint l'eau froide.
Mici : à toutes les personnes qui m'ont reviewée, j'ai répondu à tout le monde même si ffnet merde encore.
C'est toi le chat
¤
3ème et avant-dernière partie : Le parasite.
¤
Chat est bien grand à présent et pourtant,
Chat ne dit rien qui vaille la peine d'être écouté, sa question restait sans réponse.
Chat était un bon fils.
¤
- Qui êtes-vous ?
- Ça se voit pas ?
¤
Ce type faisait de l'esprit, en plus, alors qu'il était plié en deux à faire le futon, les fesses en arrière, la tête tournée sur le côté à le toiser par-dessus son épaule.
Puis il s'était retourné finir de tirer les draps comme si le chat n'existait pas, se payant même le luxe d'augmenter le son de ses écouteurs.
¤
- Ouiii, ouiii, ouuiiiii… moi vouloir être chat… quand dehors il fait… AAAAAAAAARRRGH !
¤
Chat avait perdu l'habitude d'être ignoré, depuis bien longtemps,
depuis qu'il avait décidé d'ignorer son entourage, il était tout petit.
Différent, donc remarqué.
Distant, donc rapidement oublié, relégué au stade de décor puisqu'il ne souhaitait se mêler à personne.
Ne savait pas comment faire peut-être ? Ne voulait pas le faire en tous cas.
Les chatons avaient beau être méchants, la différence rendait snob.
¤
- Mais ça va pas, non ? ça coûte cher ces trucs !
¤
Quand Minet avait refusé d'être ignoré, quand il était venu à lui, chat s'était ouvert au monde.
s'était décidé à en faire parti plutôt que l'observer.
Puis chat était tombé du toit du monde. La suite il la connaissait, vous aussi.
Ce que qu'il ne savait plus c'était qu'on pouvait l'ignorer contre son gré.
¤
- Euh j'ai besoin de mon bras pour finir le lit le plus bordélique de l'histoire. Ce serait sympa de le lâcher. Maintenant.
- Pour la dernière fois…
¤
Il avait beau avoir appris, avec les années et les coups durs, à tout contrôler autour de lui,
ce qu'il disait, ce qu'il dégageait,
rien ne l'avait préparé au choc d'un simple vent.
Chat était conscient pour la toute première fois qu'il n'existait pas, que sa voix ne comptait pas, qu'il ne contrôlait pas.
Le chat parlait à son cul – en l'occurrence c'était le cas puisqu'il ne s'était même pas redressé pour lui répondre -.
Pour qui ce parasite se prenait-il ?
¤
Chat n'allait pas se passer comme ça.
Chat n'allait pas laisser passer ça.
Chat l'avait donc attrapé par sa blouse bleue,
redressé et retourné vers lui d'un coup sec,
et arraché les écouteurs.
Personne n'ignorerait le chat sous son toit.
Plus personne ne se moquerait de lui.
Mais le parasite n'avait pas eu peur et plus ou moins envoyé balader,
avant de vivement dégager son poignet d'un mouvement du bras, faisant un pas de côté sans le dévisager.
¤
- Qui êtes-vous.
¤
Non, il lui souriait.
…
C'était un peu moqueur. Le parasite devait être fou. Il ne devait pas avoir eu conscience qu'il était à deux doigts de le défénestrer.
¤
- Vous voyez un mec en blouse, charlottes aux panards en train de tirer des draps et un truc roulant avec des produits ménagers industriels près de votre mur, vous pensez quoi ? Que c'est le papa Noël qui vous apporte des cadeaux ?
- …
¤
Chat, devant l'échec de sa démonstration de force avait croisé les bras,
plissé ses yeux bleus et toisé l'intrus des bon trois centimètres qu'il avait de plus que lui. (Semelles chaussures et touffe de cheveux comprise).
En vain.
Le parasite avait répondu, taquin.
¤
- La fac ça doit bouffer le cerveau. Je suis le nouvel homme de ménage. Et ça c'est mon lapin, Poupoune.
¤
En effet, un petit lapin blanc était venu se frotter à la pointe de ses baskets avant de venir réclamer une caresse chez son propriétaire.
¤
- Les animaux sont interdits.
- Vous vivez bien ici, vous. Et ce n'est pas un animal, c'est Poupoune. Et il ne vit pas ici.
- Je ne vous avais jamais vu.
- Je l'ai dit, je suis nouveau. En plus la fac rend sourd.
- …
- Vous alors vous riez jamais ?
- Où est Hélène ?
¤
Le sourire taquin s'était un peu éteint, mais une lueur s'était allumée à un certain prénom.
Le parasite avait des yeux bizarres, le chat les voyait de plus près qu'auparavant.
Il avait redéposé son animal avant de répondre.
¤
- Elle est malade. Le doc a dit qu'elle se fatiguait de trop. Alors elle se repose et moi je la remplace.
- Vous n'êtes pas son remplaçant habituel.
- Non, je la dépanne en fait. Je suis l'un de ses fils, Duo.
- Vous ne lui ressemblez pas.
¤
La remarque du chat avait été dite avec un tel naturel que le sourire du parasite était revenu, plus taquin que jamais et il avait secoué la tête.
Ses yeux d'une drôle de couleur s'étaient plissés et oui de près il pouvait confirmer son observation précédente :
Ils étaient bien couleur permanganate de potassium.
Et à cette distance il pouvait voir que ce n'était pas des lentilles.
¤
- Normal, j'ai été adopté. Faîtes pas cette tête, je l'ai toujours su, mais dîtes-moi ? Z'avez pas un cours ? Parce que l'heure tourne et puis j'ai pas que votre chambre à faire, m'sieur Yuy.
- ?
¤
Chat était parti avec des questions plein la tête, un livre dans les mains et un regard violet rieur en prime.
En rentrant il avait tout trouvé dans sa chambre, rangé, propre et rien ne manquait.
Le chat s'était écroulé sur un futon à la bonne odeur de pêche blanche.
'Sentait bon…
Le parasite avait changé de lessive sans son autorisation.
Le chat s'était endormi en fronçant les sourcils.
Malgré sa journée trop bien remplie, il avait eu le temps de vérifier les dires de l'imbécile.
C'était étrange.
Il avait rêvé.
Il ne s'en rappellerait pas.
¤
¤
Le chat n'avait revu le parasite que le lendemain, toujours la même tenue, toujours le même sourire, toujours le même caranougat dans la bouche.
Toujours avec Doudoune et son museau qui frétillait devant ses baskets.
Le chat était en jeans-basket-t-shirt bleu et devait partir en cours d'ici une petite demi-heure.
Il était 10h00.
¤
- Hello vous !
- Revenez dans 30 minutes.
- C'est ça ouais, si je devais attendre le bon vouloir de tous les étudiants je ferais jamais mon job. Bougez-vous j'ai pas que ça à faire, c'est lourd ce truc.
- …
¤
Le chat n'avait même pas eu le temps de protester qu'il fut obligé de se pousser s'il ne voulait pas se prendre le chariot.
Le chat avait refermé la porte et était parti pour ignorer le parasite, le nez dans un quelconque bouquin.
Il fallait qu'il reste là pour le surveiller tout en n'ayant pas l'air de le faire.
Le parasite avait posé le chariot dans un coin, s'était lavé les mains et était parti directement dans la kitchenette avec un sachet rempli de choses que le chat ne pouvait pas bien voir.
Le parasite se laissait difficilement ignorer.
¤
- Devenir Cheyeeeenne, combaaattre quand mêêêêême. Devenir Cheyeeeeeeeenne, regagnez les plaiiiiiines… .
- …
¤
Il chantait et faisait beaucoup de bruit, si bien que le chat fut obligé d'aller voir ce qu'il se passait.
Discrètement bien sûr.
Le parasite était de dos, semblant ne pas entendre de bruits derrière lui.
Le chat était secrètement… content de surprendre.
¤
- Au fait je vous ai fait un en-cas pour le petit-déj : mini sandwich pain au lait, beurre et chocolat avec une barre de céréales, une pomme et une bouteille d'eau. Et puis je vous ai mis des caranougats ça rend aimable. C'est sur la table.
- …
¤
Un geste vague de la main.
Effet de surprise 0.
¤
- Et là je vous prépare vite fait un petit plat pour ce midi : des lasagnes. Il vous en restera même pour ce soir.
- Ça ne va pas non ?
- Très bien, pourquoi ? Maman dit que vous mangez pas alors je vous nourris rapidos.
- Sortez d'ici, vous n'avez pas autre chose à faire ?
- Sisi, le ménage ! Mais pour nettoyer il faut d'abord salir. Et donc je salis la cuisine avant de la nettoyer. Je suis pragmatique.
- Vous êtes stupide.
¤
…
Il surveillait la cuisson en nettoyant la cuisine, répondant.
¤
- Non, pas stupide, pragmatique j'ai dit. La fac ça rend sourd.
- …
- Je sens que vous êtes sceptique, normal vous êtes scientifique, vous étudiez même ce qui bouge pas.
¤
Le chat était rarement remis en question, surtout depuis qu'il étudiait une matière scientifique.
Même par sa mère.
D'ailleurs ils n'avaient plus discuté sciences depuis son laïus sur l'homosexualité pathologique.
Ridicule.
Et il allait le lui dire.
Le chat allait ramener sa science.
¤
- Tout corps est composé d'atomes et ceux-ci sont en mouvement perpétuel même si le corps en lui-même ne…
- On s'en fout, c'est pas le propos. Quand on est logique, on range que ce qui est dérangé. On nettoie que ce qui est sale ! On répare une caisse si elle a un pépin, quoique y a des arnaqueurs et je sais de quoi je parle je suis mécano.
- Vous réparez les aspirateurs ?
¤
Le chat était un peu ironique.
Le parasite s'était déplacé pour nettoyer le salon et les toilettes rapidement et avec une efficacité remarquable.
De la kitchenette s'échappait une odeur très agréable de tomates, de béchamel, de fromage et de viande hachée.
Même à 10h30.
Le parasite avait fini de nettoyer, il était revenu à la cuisine surveiller la cuisson.
¤
- A la base je suis mécano auto mais ma boîte a plus de taf, je suis en licenciement économique.
- ?
¤
Le chat ne comprenait pas.
¤
- J'allais me chercher un job quand maman est tombée malade et elle a besoin de ce boulot. Je bosse pour pas qu'elle le perde.
- …
- Poupoune s'ennuie de maman et comme à l'hosto elle peut pas la prendre ben je l'emmène avec moi.
- C'est à dormir debout.
- Demandez à l'intendant.
- C'est déjà fait. Et arrêtez la cuisine, je ne mangerai pas.
¤
Le chat avait une sensation de déjà-vu en même temps que du jamais-ressenti.
Le parasite avait répondu sans se retourner, un petit sourire dans la voix.
Un sourire un peu moins taquin, un petit peu plus doux.
¤
- Non, ça finit de cuire. Et puis j'ai une mission.
- ?
- M'occuper de vous. Maman m'en voudrait si : « Heero ne mangeait pas comme il faut ».
- …
- A y est c'est cuit. Je dois y aller, je dois amener quelques affaires au pressing. On dit que les asiatiques ont le sens de la propreté ben c'est de la SF. C'est ptet la faute au côté pas asiatique. Pas scientifique ?
¤
Un clin d'œil.
¤
- Ça fait du bien un peu de bordel, sinon j'aurais pas de taf ! Allez salut, bonne journée. Poupoune ? M'en veux pas vieux, y a pas de lapin dans la farce !
- …
¤
Le parasite était parti, laissant le chat les yeux écarquillés
¤
- Mes affaires !
¤
Mais le parasite était déjà loin.
Le chat laissa le plat de lasagnes intouché, ainsi que l'en-cas préparé.
Par contre il avait eu soif de trop parler, même un peu, c'était beaucoup pour lui.
Alors il avait pris de l'eau.
Mais par pur esprit de contradiction, il avait pris celle du robinet.
Le chat avait eu faim toute la journée lors de son stage.
¤
¤
Le parasite avait été bien plus loin qu'Hélène ne l'avait été.
Si dans les premiers temps le chat laissait le repas intouché – parce que, bien entendu, la préparation d'en-cas avait été systématique, le parasite ne se formalisant pas d'un non,
comme il continuait à systématiquement lui préparer des repas, il avait bien été obligé de manger à un moment.
¤
-Tôt ou tard, vous mangerez.
- Foutez-moi la paix.
- Seulement si vous mangez.
- J'adore le lapin.
- J'adore vous faire suer.
- …
- Moins vous mangerez, plus vous en laisserez et je viens d'une famille nombreuse : je sais préparer des plats pour dix. Dix fois plus de gaspillage.
- Vous parlez trop.
- Vous aussi. Je vous entends penser. Et vous pensez trop.
¤
Le chat détestait le gaspillage, c'était sa plus grande faiblesse.
Et ce n'était pas la première fois que l'on s'en servait.
Deux mois après le chat ne comprenait toujours pas ce qu'il se passait. Et puis il faisait des rêves.
Le parasite le tutoyait. Et malgré toute la distance que le chat pouvait mettre, il n'en démordait pas.
Le parasite avait les dents aussi longues que les cheveux.
Le parasite n'était pas ordinaire.
¤
- Le ménage se fait le matin, pourquoi venir le soir ?
- Pourquoi pas ? Qu'est-ce que tu me parles de ménage tu le fais jamais ?
- …
- Quand t'apprendras à sortir de chez toi, je squatterais pas ! Et puis t'as qu'à pas m'ouvrir !
- Vous avez la clé.
- Ah ouais, c'est vrai. Appelez la police ?
- Vous avez la clé.
- Ah ouais, t'es deg hein ? Allez mange, ça va refroidir. Joyeux Noël, ciao. Poupoune, dis au revoir à la basket bleue. Et on laisse les lacets tranquilles.
¤
Le parasite ne se contentait pas de nettoyer, squatter, cuisiner, noon.
Il avait un avis sur tout, un commentaire sur tout.
Le chat n'écoutait pas mais il était obligé d'entendre.
Le fils de la tornade parlait, ne le laissait pas l'ignorer.
Le fils de la tornade refusait d'être ignoré lui aussi, quoique parfois il savait être insoupçonnable.
En cela le chat et le parasite avaient un point commun.
Le parasite était exaspérant.
¤
-Tu devrais mettre des cadres, ton mur est trop… je sais pas, gris ?
- Mon mur me regarde.
- Et il doit vachement s'emmerder à te voir faire du yoga ou réviser. Au fait j'ai changé tes draps.
- C'est votre job.
- Je veux dire, tes draps noirs tout le temps ça va dix semaines. T'en ai mis des verts. Vu que t'as du mal à te rappeler à quoi ressemble un légume, je t'ai pris des couvertures couleur brocolis.
- …
- Me remercie pas.
¤
Petit à petit, semaine après semaine, une sorte de rituel s'était installé entre eux.
Même si le parasite ne remplacerait jamais Hélène.
Même si elle ne serait jamais aussi exaspérante que lui.
Il n'était rien et pourtant il s'y habituait à ce rien un rien trop bruyant.
Nuisible. Corrosif. Chiant.
Et il le faisait imperceptiblement sourire avec sa répartie. Un petit peu.
Sur les nerfs. Sur les dents. Sur les rotules. Toujours au dessus du lot, hors de l'eau.
Le parasite se frayait plus ou moins un chemin dans son univers, malgré lui.
¤
- Tu révises quoi ?
- Mes cours.
- Ha, ha, ha, tiens, mange, ce sont des légumes. Tu sais comme tes draps ?
¤
Il lui rappelait Hélène mais n'était pas Hélène.
Peut-être était-ce pour cela qu'il le laissait ?
¤
- Et vous, vous ne mangez pas ?
- Si bien sûr ! Chez moi, pourquoi, j'ai une maishmph ?
- On ne parle pas la bouche pleine.
¤
Jamais le chat n'avait mangé avec Hélène.
D'ailleurs…
Le chat devait le savoir. Il n'avait pas posé la question par pudeur, peut-être par tranquillité.
Mais là cela faisait quatre mois et le parasite n'en parlait jamais.
Ce n'était pas parce qu'il lui poserait une question que le parasite se prendrait pour son ami, hein ?
Il n'en voulait pas.
Il avait Dorothy à qui il n'avait rien raconté, sinon il n'aurait pas fini de parler.
¤
Rien n'avait changé à sa routine, ses rares coups de fil, ses parents, son yoga.
Il y avait juste… une nuisance.
Un…
¤
- Qu'a exactement Hélène ?
- Pourquoi ? T'en as marre de ma gueule ?
- Baka.
¤
Baka ?
Depuis quand le chat n'avait pas appelé quelqu'un comme ça ?
C'était sorti tout seul.
¤
- Toi-même. Je sais pas ce que ça veut dire mais ça a pas l'air top.
- ¤ lève les yeux au ciel ¤
- Maman est épuisée et anémique. Elle n'est plus toute jeune et elle a besoin de repos. Elle fait pas ses soixante-cinq piges mais elle les a. Voilà.
- Elle revient quand ?
¤
L'anémie n'était pas la fin du monde et la question était vraiment posée sans aucune méchanceté, ni compassion surfaite.
Le parasite a eu l'air d'apprécier.
¤
- Normalement maman revient d'ici deux mois, quand elle sortira de l'hôpital je serais plus précis, parce que faut compter la convalescence.
- …
- Fais pas cette tête, elle est pas morte ! Et puis maman a dit de rien dire, surtout à toi, avec tes exams. Elle a dit que t'étais trop sensible même si tu le cachais très bien. L'avait raison.
- N'importe quoi.
- Tiens un caranougat ça rend aimable.
- Je n'aime pas les sucreries.
- Tu y viendras. On vient toujours à la douceur.
¤
Quand il passait le soir, trois fois par semaines – il ne venait pas tous les soirs, le parasite avait une vie et lui des révisions aussi -, le parasite ne portait ni blouse, ni natte, mais un simple jean, un t-shirt ou une chemise – il aimait le noir, le bleu, le blanc et le rouge – et des petites baskets assorties.
Et une longue queue de cheval.
Par contre il avait toujours ce fameux caranougat et l'indécrottable Toutoune qui laissait ses crottes un peu partout.
Mais le parasite nettoyait derrière lui.
¤
¤
Au bout de cinq mois, le chat avait « fait avec » dixit le concerné, « pris des habitudes » dixit Quatre, le seul à être plus ou moins au courant, à demi-mot.
Et le chat savait que Quatre était homosexuel.
Il le lui avait dit pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté.
Certains hétéros n'aimaient pas ne pas savoir où ils mettaient les pieds.
La stupidité n'avait pas disparu avec les années et le savoir.
¤
- Non mais cet imbécile d'homme de ménage a…
- Duo ? Bête ? On ne doit pas parler du même ?
- En plus il a changé les draps et Moumoune a chié partout sur le futon. Tu devrais voir…
- Parlant de voir. A la page 74 du PCEM il est dit que…
¤
Et puis, le parasite n'était pas méchant, juste casse-pieds, borné et contestataire.
Et déterminé.
Et…
¤
- Tu devrais te couper les cheveux.
- Vous d'abord.
- Nan, moi ça va. Toi faut les couper, on voit pas assez tes yeux.
- Quoi mes yeux ?
¤
Le lapin dont il ne se rappelait jamais le nom était sur les cuisses du parasite, recouvertes d'un jean noir, assorti au t-shirt, à la chemise et aux chaussettes.
Le parasite avait une queue de cheval s'était assis quelques minutes sur une petite chaise de cuisine placée dans le salon.
Le chat, lui, en jogging, révisait quand on lui avait fait cette remarque.
Il avait relevé la tête de ses notes pour entendre la réponse à sa question.
¤
-'sont beaux tes yeux, tant mieux qu'ils soient pas cachés par tes oreilles.
- N'importe quoi.
- Je blague pas ! 'Sont bleu-gris, en amande, j'aurais les mêmes je les montrerais !
- Mes cheveux sont… qu'est-ce que vous faîtes ?
- Je me lève et je te bouscule… nan je blague. Oops, pardon Poupoune. Je vais dans la salle de bains prendre la paire de ciseaux que t'as dans ta pharmacie. Et hop je débroussaille.
- Vous n'avez rien de mieux à faire ? Une petite amie ? Vous avez dû vous faire jeter à ce rythme.
- Si j'ai mieux à faire je viens pas, je squatte pas tous les jours nan plus. Et je viens le soir 3 fois par semaine, nuance. 4 si t'es sage.
- …
- Et si j'avais un copain et qu'il ne comprenait pas ben il serait pas mon copain. Tu devrais changer tes rideaux au fait, le gris prison c'est moche. T'en apporterais de bleus comme tes yeux.
- Baka.
- Non, Duo. C'est si difficile à prononcer ? Arrête de bouger, je vais te rater.
¤
Quand on ne l'avait jamais prononcé ?
Oui.
¤
- Ce n'est pas un prénom.
- Parce que Heero ça existe ?
- Oui c'est japonais. Et Duo ce n'est pas dans le livre des prénoms.
- Parce que tu as cherché ? Tu sais que t'es très mignon quand on s'y attend le moins ?
¤
Non le chat n'avait pas un peu rougi.
Non le chat n'allait pas changé de sujet.
Non le chat n'intégrait rien à son univers, ne participait pas au monde qui l'entourait.
¤
- D'où ça vient, Duo ? Hélène était hippie ?
¤
Un doux sourire.
Un caranougat dans une poche déballé et suçoté.
¤
- Pas que je sache. T'ai dit que j'avais été adopté. En fait ma famille était partie en vacances en Moselle, à Metz, chez Mémé.
- …
- Nan, te raconte pas ma life, enfin si, vite fait. Mes frères pour aller en ville étaient passés par le pont de Seille.
- ?
- Tu sais pas où c'est et je m'en fous, te situe le truc. Là ils ont trouvé un couffin bleu pourri avec un chiard braillard. C'était le truc en face de toi.
- …
- Alors ils l'ont rapporté à maman et avec papa ils ont fait des recherches tout en s'occupant de moi. Personne m'a réclamé après des mois donc ils m'ont adopté.
¤
Le parasite avait l'air heureux et nostalgique.
¤
- Et « Duo » c'est la marque du couffin ?
¤
Le parasite fit alors une chose qu'il n'avait jamais faîte jusque là.
Il avait éclaté de rire, un rire qui n'était pas taquin, un rire beau, surpris et le chat s'était lui-même surpris à être plus ou moins…
Satisfait de l'avoir surpris.
Et ce regard…
Le permanganate de potassium n'avait jamais eu une couleur si vivante.
S'il avait su qu'il pouvait la transformer pour obtenir un ensemble si intéressant, il en aurait approfondi l'étude au collège.
¤
- Nan mais ça aurait pu. J'avais pas de prénom. Comme Dorianne, Ulrich et Omer m'avaient trouvé, ils ont très dignement décidé de m'appeler Dorianne Ulrich Omer Maxwell.
- …
- Sauf que quand j'ai fait pipi dans l'œil de Dorianne, elle a consenti, du haut de ses 9 ans, à humblement permettre qu'on virilise mon prénom. Dorian, eurk. Duo ça va plus vite. Te marre pas, crétin, ça se sent un sourire, même petit et de dos.
- Je ris pas.
- Menteur. Vala tes cheveux sont nickels, tu pourras plus te cacher.
¤
A l'oreille.
¤
- On passe inaperçu que si on le veut. On est vraiment seul que parce qu'on le cherche un peu aussi. Ou on le cultive. Bonne nuit Heero. Poupoune s'est endormi.
¤
Le chat n'avait pas dormi cette nuit-là.
Peut-être les mots.
Peut-être l'esquisse d'émoi causée par le toucher.
Peut-être les mois passés sous silence.
Le chat avait rêvé cette nuit-là et s'était réveillé en sueur, incapable de se rappeler pourquoi.
En sueur et moite, excité, comme cela ne lui était pas arrivé depuis…
Le chat s'était surpris à sourire malgré lui, un peu.
Un peu tous les jours.
Et à dépasser son temps de parole, même s'il restait court.
Le parasite était attachiant.
¤
¤
Le sixième mois, le chat parlait à Quatre du mémoire à écrire.
L'année était passée bien, bien vite et en même temps…
¤
- Cet imbécile laisse des sucreries partout, comme sa mère, c'est à se demander pourquoi il fait le ménage.
- …
- Il en laisse même dans mes bouquins, quoi, non mais vraiment… quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Eh bien tu m'as l'air privilégié. Je ne vois Duo qu'en coup de vent quand il nettoie et il ne laisse jamais rien.
- Je te l'ai dit, il fait ça pour Hélène, elle est très mère-poule.
- C'est vrai. Ça fait quoi… six mois qu'elle est en arrêt ? Elle devrait revenir bientôt ?
¤
Un silence court.
¤
- Oui
¤
Un regard entendu.
¤
- Tu devrais lui dire, Heero.
- Dire quoi ?
- Dire à Duo que tu l'apprécies.
- D'où ça sort ?
¤
Un regard turquoise doux, inquisiteur, des cheveux blonds, un jeans et des chaussures beiges, une chemise et une veste en cuir caramel.
Un « je peux » avec les yeux, suivi d'un accord.
Une cigarette portée délicatement aux lèvres, allumée et fumée doucement, avec raffinement.
¤
- D'où, Heero ? De tes yeux quand tu les lèves au ciel quand tu penses à lui. De ta bouche quand tu parles de lui. Quand tu parles tout court.
- Tu fatigues, Quatre.
- Tu me fatigues, Heero. On se connaît depuis plus de trois ans et on se parle peu. J'ai appris plus de toi ces derniers mois que durant toute notre scolarité.
-…
-Tu n'as que Duo à la bouche, il serait ptet temps que tu le goûtes, non ? J'ai l'impression que tu as quinze ans.
¤
Quinze ans.
Chat sortit ses griffes.
Chat rentré dans sa coquille.
¤
- A quinze ans on est con.
- Oui ! Tu me saoules et c'est génial !
¤
Une main sur l'épaule, brièvement.
¤
- Tu vis, Heero. Avant j'étais à côté de toi sans te voir.
- ?
- On ne connaissait rien de l'autre et on ne connaît pas grand-chose aujourd'hui et j'ai envie de te connaître. Aujourd'hui tu m'agaces, tu me fais rire… tu me touches…
- …
- Tu vis, Heero, c'est comme si tu étais allumé de l'intérieur. La lumière n'est pas violente, mais elle est là.
- Ta cigarette doit être coupée avec autre chose.
- Je sais ce que je vois mais tu es le seul à savoir ce que tu ressens, ce que tu veux faire de ta vie. Ça te regarde. Mais je te dirais juste un truc.
- Un, seulement ?
- Si c'est lui qui te rends comme ça, ne le lâche pas. Duo ne sera pas là éternellement, Heero. A quinze ans on est con tu dis. Y a pas d'âge pour l'être, je dis.
¤
Le chat réfléchissait à toute vitesse.
Son binôme disait n'importe quoi, il déduisait mal.
Le parasite ne serait pas là éternellement, heureusement.
Il était troublé. Sûrement le stress des examens.
A quel moment... ?
Un humour mordant.
Des cheveux caramel.
Des yeux permanganate de potassium.
Un sourire ivoire avec un bout de canine cassé et un caranougat dedans.
Des fossettes même sur le bout du nez.
Un joli corps même s'il ne l'avait vu qu'habillé, même s'il…
¤
Même s'il y a quelques jours il s'était rappelé certains de ses rêves… .
Visage dans l'ombre, toujours.
Pas de voix, mais un souffle dans l'oreille.
Une odeur de nougat…
¤
- Non.
¤
Des nuits sans sommeil, sans mémoire…
Six mois ?
Six mois qu'il se laissait ronger sans comprendre ?
Non.
En tant que scientifique il savait une chose :
Le permanganate de potassium pouvait se révéler dangereux.
¤
- Non.
¤
Non, surtout pas. Pas ça. Pas ça.
Il était resté cinq ans sans ça.
Il était très bien sans ça.
Sans cette partie de lui. Cette partie-là.
Chat n'avait pas besoin de ça.
Chat retomberait sur ses pattes.
Chat resterait un bon fils.
Chaperlipopette…
¤
¤
Tsuzuku
Voilà, voilà !
L'histoire est terminée je vous rassure, tapée, corrigée et tout donc elle sera postée. Elle est scindée parce que les parties sont différentes entre elles, il y a vraiment un grand écart au niveau des années donc c'est mieux comme ça.
Après concertation avec Lunanamoi, je la posterai en quatre parties, afin que les parties entre elles soient équilibrées. J'avais hésité et finalement j'ai eu raison et vous comprendrez en lisant. En OS d'un seul coup ça aurait fait paquet. La fin la semaine prochaine !
J'espère que cette histoire vous plaît, surtout à toi petite Lilith de moi ! Te papouille ma choupie.
Merci pour vos petits mots et à bientôt,
Mithy ¤ s'est cassé les deux orteils et ça douille sévère ¤
